mardi 14 février - par rosemar

Donne-moi mille baisers...

Pour la Saint Valentin... un éloge du baiser...

         
Dans un de ses poèmes les plus célèbres, Catulle, auteur latin du premier siècle avant J. C., fait l'éloge du baiser et de l'amour : "Donne-moi mille baisers" écrit-il, en s'adressant à sa jeune maîtresse...
 
"Vivons, ma Lesbie, aimons-nous et, à tous les commérages des vieillards trop sévères, donnons la valeur d'un sou.
Les rayons du soleil peuvent mourir et renaître ; pour nous, une fois que la brève lumière s'est éteinte, c'est une seule nuit éternelle qu'il faut dormir.
Donne-moi mille baisers, et puis cent, et puis mille autres, puis une seconde fois cent, puis encore mille autres, puis cent.
Ensuite, lorsque nous nous serons embrassés des milliers de fois, nous brouillerons les comptes pour ne plus les reconnaître, de peur qu'un esprit malin ne puisse nous jeter le mauvais oeil, lorsqu'il connaîtra le nombre de nos baisers."
 
"Vivamus, mea Lesbia, atque amemus,
rumoresque senum severiorum
omnes unius aestimemus assis.
Soles occidere et redire possunt ;
nobis cum semel occidit brevis lux,
Nox est perpetua una dormienda.
Da mi basia mille, deinde centum,
dein mille altera, dein secunda centum,
deinde usque altera mille, deinde centum.
Dein, cum milia multa fecerimus,
conturbabimus illa, ne sciamus,
aut ne quis malus invidere possit,
cum tantum sciat esse basiorum.
 
On retrouve un éloge du baiser, empli de poésie, dans le Cantique des Cantiques :
 
"Qu'il me baise des baisers de sa bouche !
Car ton amour vaut mieux que le vin,
 Tes parfums ont une odeur suave ;
Ton nom est un parfum qui se répand..."
"Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée !
Comme ton amour vaut mieux que le vin,
Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates !
 Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ;
Il y a sous ta langue du miel et du lait,
Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban."
 


Issu du verbe latin "basiare", et du nom "basium", le mot "baiser" résonne de sonorités éclatantes : la labiale "b" qui se prononce avec les lèvres rapprochées semble être l'image même du baiser, la sifflante sonore "s" apporte une note de douceur, et les voyelles forment comme un écho...
Il existe quelques variantes de ce mot : "bise, bisou, bécot", jolis mots avec des suffixes de diminutif à valeur affective : le "bécot" est un dérivé du nom "bec".
 
Le terme "bécot" est plus particulièrement familier et sympathique : il nous rappelle une célèbre chanson de Georges Brassens...

Et chaque fois, on retrouve la labiale "b" à l'initiale de ces mots qui dessinent, ainsi, l'image du baiser amoureux.
En latin, le nom "osculum" qui signifie "petite bouche" était employé, aussi, pour désigner le baiser... Le suffixe de diminutif -culum comporte, à nouveau, une valeur et une nuance affectives.
 
En Grec ancien, le mot "φίλημα, le baiser"est associé à l'amour et vient du verbe φιλώ, philo, "aimer".
 
On peut utiliser, aussi, le verbe "embrasser", "enlacer de ses bras", geste plein d'affection qui implique une intimité.
 
Le baiser associé à l'amour, à l'affectivité, à la sociabilité, marque une familiarité, un rapprochement.
Le baiser permet une proximité, il peut être discret ou plus appuyé : il peut s'accompagner d'un claquement des lèvres qui suggère le bruit du baiser.
Le baiser peut être amical, amoureux : il signe une ambiance chaleureuse.
 
Le mot "bise" désigne, aussi, curieusement un vent glacial : on est loin de la douceur du baiser ! On perçoit, là, une homonymie étrange et étonnante ! Un même mot peut évoquer, ainsi, en français, des réalités très différentes ! 
Le mot "baiser" empoyé comme substantif, lui, ne laisse place à aucune ambiguité !
 
N'oublions pas l'usage du baiser qui a tendance à se perdre dans le monde moderne... tout juste si on serre la main des gens !
 
Le baiser amoureux aurait, en plus, des vertus inégalables : il offre un bien-être, une détente, il a des effets relaxants inouis.
 
Le baiser peut se multiplier à l'infini : une façon de décupler ses effets bénéfiques, comme le suggère Catulle dans son poème !
 
Enfin, tous ne sont pas de cet avis : on connaît la célèbre chanson : un baiser, pas sur la bouche !


 

 
 
Pour réhabiliter le baiser, la chanson de Brassens...

 
 
Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-donne-moi-mille-baisers-125529821.html

 



5 réactions


  • cétacose2 14 février 13:18

    A Rosemar :En ce jour de saint Valentin ,ses admire à tort pourraient lui susurrer  : « Valentine ,si tu le veux bien ,on pourrait en remettre une couche...... » Tes Ripolins .....pour l’Avi ....


  • francesca2 francesca2 14 février 14:48

    Saint-Valentin pour les bêta, les Lupercales pour les alpha !! smiley 


    bonne purification à tous aux ides de februa. 

    • rosemar rosemar 15 février 18:43

      @francesca2

      Voilà un souhait à l’antique bienvenu !

  • Ridipayass Ridipayass 14 février 21:06

    On peut préférer la forme originelle des Lupercales


    « On célébrait la fête des Lupercales, qui, selon plusieurs écrivains, fut anciennement une fête de bergers, et a beaucoup de rapport avec la fête des Lyciens en Arcadie. Ce jour-là, beaucoup de jeunes gens des premières maisons de Rome, et même des magistrats, courent nus par la ville, armés de bandes de cuir qui ont tout leur poil, et dont ils frappent, en s’amusant, toutes les personnes qu’ils rencontrent. De nombreuses femmes, même les plus distinguées par leur naissance, vont au-devant d’eux, et tendent la main à leurs coups, comme les enfants dans les écoles ; elles sont persuadées que c’est un moyen sûr pour les femmes grosses d’accoucher heureusement et, pour celles qui sont stériles, d’avoir des enfants. »(Plutarque, « Vie De César », LXI.)

    Avant le banquet qui se tenait pour clore les festivités, on organisait une sorte de loterie amoureuse, placée sous les auspices de Junon  : les jeunes filles inscrivaient leur nom sur une tablette qu’elles déposaient dans une jarre, et chaque jeune garçon tirait au sort le nom de celle qui l’accompagnerait tout au long du repas.

    On dit qu’Antoine eut, ce jour de 44 av JC , un geste bien plus inconvenant .....Une de ses maitresses n’avait-elle pas fait incendier la Curie ?



    ÉVOLUTION DES LUPERCALES VERS LA SAINT-VALENTIN. La dimension sexuelle de la fête des lupercales est flagrante. Outre les luperques entièrement nus, les femmes mariées elles-mêmes se dénudaient partiellement pour être flagellées. Auguste y mit cependant le holà

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