jeudi 19 janvier - par VICTOR Ayoli

En direct du « Parasites-club » de Davos

Ça y est. Ils sont de retour. C'est la grande migration annuelle des vautours populophages. Ils viennent du monde entier en volant. Pas en volant à la façon des hirondelles, non, plutôt à la façon des banquiers, ou des mafieux ! Ils se donnent, au temps des grands frimas, rendez-vous dans une petite station de ski des Grisons, en Suisse, bourrée de flics et transformée en camp retranché pour l'occasion. Qui sont ces « ils » ?

« Ils », c'est le « Parasite-Club » mondial. ce sont les 1 % qui accaparent pour eux seuls l'essentiel de la richesse mondiale. Ce sont les bénéficiaires d'une économie au service des grandes entreprises multinationales et des individus les plus riches, qui parasitent les 99 % et exacerbent les inégalités en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires. A eux seuls, huit milliardaires détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, ce qui représente 3,6 milliards de personnes. Les dix plus grandes entreprises génèrent désormais des bénéfices supérieurs à ceux de 180 gouvernements pris dans leur ensemble. En France, les 1 % les plus riches détiennent 25 % des richesses nationales.

Ils se prétendent les grands décideurs de la planète. Ils pensent et régissent le monde « pour le bien du peuple » bien sûr. Et surtout pour celui des actionnaires.

Mais qui sont-ils ces soi-disant « maitres du monde » pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a choisis ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ? Ils sont les représentants de quelques centaines d’officines financières et de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent au quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, qui saccagent la planète au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Elus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administrations ».

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la dérégulation sans freins, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules, la défaite des démocraties, le règne des dictatures, l’abrutissement des foules par l’obscurantisme religieux. Quant aux « politiques » qui se montrent à ce bal des sorcières, ils ne sont que les marionnettes de ces crapules.

2.500 participants dont 1.500 chefs d'entreprise, plus de 50 chefs d'Etat y compris des pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Mexique, etc.). Tout ce beau monde représenté par des ministres des finances, du travail ou de l'environnement. Mais aussi les patrons de Google, Facebook, Microsoft, Alibaba, Baidu, Uber et Airbnb, mais encore les représentants des principales ONG mondiales, sans oublier des universitaires, 300 journalistes et quelques guignols du chaubiz.

Cette année, ils se prosternent devant l'empereur Chinois Xi Jinping… Cette année aussi, les guignols jouent à se faire peur. Sans crainte du ridicule, certains ont participé à une « simulation de la vie de réfugiés ». Non, ce n'est pas une blague. Ils se sont déguisés en pauvres fuyant la guerre ou la misère. Ils font semblant de vivre sous des tentes improvisées faites de bâches en plastique, ils rampent, se mettent à quatre pattes, feignant de fuir des armées en marche. Ils ont dû « subir » les (délicates) brutalités de pseudo gardes chiourmes armés, ils ont fait semblant de subir les affres des plus pauvres des réprouvés. La mise en scène de la détresse des réfugiés est devenue un événement couru du Forum de Davos. Spectacle abominable pour richards sans vergogne. C’est une honte, cela montre le niveau d’absurdité, d’arrogance et d’étroitesse d’esprit des ces petits êtres avec tout cet argent.

S'ils veulent bien, l'espace d'un moment entre deux cocktails et trois conférences, tenter de savoir comment survivent des damnés de la terre, ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi ils sont dans cette détresse. Ils ne leur vient pas à l'idée que la cause pourrait être le destruction de l'Irak, la destruction de l'Afghanistan, la destruction de la Libye.

Une fois qu'ils se sont donnés quelques frissons, ils se retrouvent entre eux pour parler bizness. A quoi servent-ils ? A rien. Enfin si, à échanger entre gros rapaces des cartes de visites utiles ! Á oui, j’oubliais : ils vont œuvrer à la « stabilité mondiale » !

Ce qu’ils appellent « stabilité mondiale », c’est le maintien sans trop de problèmes de leur mainmise sur l’économie du monde. Que les pauvres s’appauvrissent un peu plus, ils s’en branlent complètement. Mais ils ne sont pas tranquilles, comme s’il y avait des cailloux dans leur caviar. Ces cailloux, ce sont la crise des matières premières, l’effondrement du prix du pétrole, la poudrière du Moyen-Orient, le terrorisme islamique, les ratés du moteur chinois, le déferlement des migranvahisseurs, la montée de la dictaturocratie en Europe, sans oublier le bordel généré par le changement climatique. etc.

Et ça coûte des thunes ce raout ! Beaucoup de thunes. A moins de 5 milliards de chiffre d’affaire, une entreprise ne peut prétendre à ce que son patron fasse partie du sérail. Puis il y a la cotise annuelle. C’est plus cher qu’au club bouliste de l’Estaque : 40.000 euros de cotisation annuelle versée à la Fondation Davos basée à Genève, ce qui donne droit à une entrée au Forum. Il faut encore casquer des frais d'organisation : 16.000 euros hors frais d'hébergement et de transport. Ainsi, envoyer entre deux et cinq représentants pour les quatre jours de conférence coûte de 200.000 à 400.000 euros, selon le niveau de notoriété. Mais c’est de l’investissement productif ça, Coco ! Ça permet de se claquer les salsifis directement avec les « maitres du monde » !

Restons optimiste et espérons que les avalanches et les tremblements de terre qui ravagent l'Italie remontent vers Davos !

 

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6 réactions


  • mollard lionel mollard lionel 19 janvier 14:27

    Tout est dit...


  • macchia 19 janvier 14:42

    Tout le monde s’est plaint des « populistes ». Ils en ont peur. Mr. Padoan a affirmé que parmi les populistes il y a « beaucoup de gens bien », c’ est à dire que beaucoup (la majorité ?) ne le sont pas.


  • Jeekes Jeekes 19 janvier 15:29

    « Mais qui sont-ils ces soi-disant « maitres du monde » pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? » 

    Des enculés !

    « Qui les a choisis ? » 
    Leurs potes.

    « Qui les a élus ? » 
    Leurs potes.

    « Qui représentent-ils ? » 
    Leurs potes et eux-mêmes.

    « Devant qui sont-ils responsables ? » 
    Leurs potes.

    D’autres questions ? 


  • lloreen 19 janvier 16:49

    Des infos à connaître et à diffuser massivement.
    Le 26 janvier 2015 un collectif canadien (COMER) a intenté une action en justice contre la loi Rothschild (1973) et en a obtenu l’annulation pour inconstitutionnalité.
    http://pourquinousprendton.blogspot.fr/2015/03/si-les-banques-regnent-en-maitre-absolu.html


  • kssard kssard 19 janvier 23:41

    L’écart de richesse se creuse dans le monde

    Klaus Schwab, le fondateur du forum de Davos, est conscient de la fracture. Il a placé cette édition 2017 sous le signe de la responsabilité des leaders, estimant qu’il fallait chercher « pourquoi les gens sont en colère et pas satisfaits ».


    ça me rappelle un peu les débats dans les merdias (c’est dans l’air, on est pas couché, etc...). On fait un plateau télé , on invite que des gens du même bord et on enfume les gogos à plein tube !!!!


  • Odin Odin 20 janvier 13:47

    « A quoi servent-ils ? »

    Ils viennent chercher les nouvelles directives définies, en amont, dans des cercles encore plus fermés comme le CFR, la Trilatérale, Bilderberg, les Ur-loges… afin de les mettre ensemble en application pour obtenir une meilleur synergie et donc un effet global.

     


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