mercredi 17 octobre 2012 - par Betrav75

Face aux sondages, Hollande applique les recettes de Chirac

Il est d’ores et déjà statistiquement le Président de la Vème République le plus contesté dans les études d’opinion. C’est une véritable descente dans le tartare des mauvais sondages qu’a vécu François Hollande depuis le début de son mandat.

D’après une étude de BVA pour Orange, l’Express et France Inter, 53% des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de François Hollande.

Une autre étude cette fois de LH2 affirme que la cote de confiance de François Hollande a reculé de neuf points. Ainsi, seules 40% des personnes interrogées déclarent avoir « une opinion positive » de François Hollande. Ce chiffre était de 49% à la mi-septembre.

François Hollande fait pire que son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui avait mis un an à atteindre des résultats proches.

 

Des résultats peu intéressants mais dégageant une tendance

 Au final, les résultats de ces différentes études sont bien peu intéressants. Premièrement, tout le monde les lit et les commente, mais personne ne leur accorde de crédit. Ce que les instituts de sondage ont bien du mal à comprendre, c’est que la rigueur scientifique de leur exercice est fondamentalement contestée dans l’imaginaire collectif, et cela s’exprime largement dans les espaces médiatiques consacrés aux commentaires des internautes. Ainsi, il est peu intéressant de commenter la perte de quelques points de François Hollande d’une semaine à l’autre.

 En revanche, la tendance, elle, est viable quelle que soit la statistique. En effet, il est par contre juste et observable de dire que François Hollande dégringole dans les sondages beaucoup plus rapidement que Nicolas Sarkozy. A partir du moment où la cote de popularité des deux intéressés a été mesurée selon le même procédé, et que la mesure est assez récente (entre 2008 et 2012), on peut en déduire qu’il se passe quelque chose de fondamental à l’échelle de l’opinion de la société française.

 

La première de ces transformations, c’est ce que certains ont appelé « attente », qui est en réalité plus que ça, une forme d’impatience. Impatience car les gens n’hésitent plus à se déclarer mécontents avant même l’apparition de résultats, et avant même le laps de temps nécessaire au développement de ceux-ci. Il ne convient pas de discuter de la légitimité de cette impatience, ni même de la contester. La constater est par contre nécessaire pour juger de ces métamorphoses sociétales.

Parler de métamorphose pourrait aussi être un contresens : finalement cette impatience, n’a-t-elle pas toujours caractérisé le peuple Français ? Le biais, que ne prennent pas en compte ces instituts de sondage, c’est la surinformation et la rapidité de transmission de l’information, qui est forcement différente en 2012. Le développement sans cesse appuyé de nos réseaux de télécommunications, l’apparition de réseaux sociaux permettant la remontée qualitative de l’information (une idée exprimée en mots) et quantitative (un nombre de retweet ou de j’aime) change fondamentalement la donne. La grogne est perceptible beaucoup plus fidèlement, et rapidement qu’il y a encore quelques années.

 

Face à ces logiques de communication, les bonnes vieilles recettes ?

 François Hollande, et ses conseillers, sans doute abusés par ce biais, ne maitrisent pas pleinement le nouveau jeu de la communication politique. L’affaire du tweet de Valérie Trierweiler est un aveu de faiblesse dans ce domaine. 

Alors que faire face à ce rugissement populaire aussi inattendu qu’incontrôlable ? Nicolas Sarkozy avait choisi d’observer et de réagir en fonction. A coup de sondages sans cesse plus nombreux, il essayait de se plier à la volonté de la foule, sans même comprendre que le sondage était un outil inefficace, obsolète, pas à la mesure de l’enjeu de communication politique auquel il faisait face.

François Hollande, lui, semble reprendre les bonnes vieilles recettes chiraquiennes : se donner une posture en allant à l’étranger, délaisser l’intérieur pour conquérir du prestige à l’international. Cette stratégie, il la met en place grâce à son voyage en Afrique francophone, mais aussi dans le bourbier européen.

Nicolas Sarkozy n’avait compris, que trop tard, que cette combine de Chirac était la seule payante : sa guerre en Lybie et son combat contre la crise n’auront jamais vraiment été crédibles aux yeux de l’opinion.

 

Gageons que François Hollande continuera d’appliquer les recettes de son mentor de Corrèze, jusqu’à retrouver les faveurs de l’opinion.


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