samedi 23 janvier 2016 - par roman_garev

Gare à Victoria Nuland !

Formellement les États-Unis ne participent pas au processus du règlement au Donbass (connu en tant que Minsk-2), mais en fait ils y jouent un des rôles déterminants, en agissant directement sur Kiev. Victoria Nuland est un personnage clef de ce schème, et surtout un personnage bien influent et dangereux.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Victoria_Nuland

http://en.wikipedia.org/wiki/Victoria_Nuland (en anglais, plus détaillé)

 

Mentionnons la conversation téléphonique entre Victoria Nuland and Geoffrey Pyatt, ambassadeur des ÉU en Ukraine, le 4 février 2014, dix-sept jours avant le coup d’État ukrainien :

http://www.youtube.com/watch?v=WV9J6sxCs5k (sous-titré en anglais) 

Victoria Nuland parle des protagonistes de la crise et de la formation du prochain gouvernement ukrainien, comme si elle dépendait de l'issue de cette discussion, les noms d'Arseniy Iatseniouk désigné sous le pseudonyme de « Yats » et de Vitali Klitschko (« Klitsch ») revenant plusieurs fois dans la discussion (qui serait plutôt un monologue nulandien aux instructions, Pyatt n’intervenant que pour dire « Okay »).

À partir de 2:45 Nuland dit à Pyatt :

“Ah, I can’t remember if I told you this or if I only told Washington this, but when I talked to Jeff Feltman [at the UN] this morning, he had a new name for the UN guy – Robert Serry. […] He’s now gotten both Serry and [UN Secretary General] Ban Ki-moon to agree that Serry could come in Monday or Tuesday. So that would be great, I think, to help glue this thing and to have the UN help glue it and, you know… f..k the EU”.

La dernière phrase signifie en français : “De sorte que cela [l’arrivée du représentant de l’ONU Robert Serry] serait favorable, je pense, à arranger cette affaire et à obtenir l’aide de l’ONU pour l’arranger, et, je pense… [avec animation et véhémence soudaines] pour enc… l’UE ! »

À bon entendeur européen : cette femme aux yeux couleur gris d’acier, censée être un simple fonctionnaire moyen du Département d’État (des ÉU), qui distribue, avec tant de bonhomie et de complaisance, des petits fours de son paquet de polyéthylène (incarnant le sac du Père Noël) aux manifestants sur le Maïdan de Kiev, est en fait en train d’enc… avec rage et en connaissance de cause (s’ayant munie préalablement de vaseline prêtée gentiment par Ban Ki-moon et autres fonctionnaires de l’ONU) vous tous, avec vos présidents et vos monarques, vos chanceliers et vos députés.

C’est comme ça que « cette affaire de l’Ukraine » a été « arrangée » (« glue »)… Les petits fours servis par Nuland n’étaient en fait que des résidus de 5 milliards de dollars versés par les ÉU pendant des années pour que « la démocratie triomphe en Ukraine ». La démocratie à l’étasunienne, bien sûr. Avec des « Yats » et des « Klitsch » (beaux sobriquets pour ces sous-ordres de néocons !) amenés au pouvoir. (À noter que les européens, eux, n’ont été honorés d’aucun petit four nulandien, même de miette.)

Le blogueur russe Evguéniy Kroutikov met en garde ses lecteurs de ne point voir Mme Nuland d’un œil satirique, comme une telle « dame aux petits fours ».

http://www.vz.ru/politics/2016/1/21/789704.html (en russe)

Les collègues européens de Nuland depuis longtemps caractérisent son style de gestion d’affaires comme « trop droit », « irréfléchi » et « pas diplomatique ». Pourtant à Washington on la considère justement comme diplomate de carrière, quoique la plus grande partie de sa carrière (d’ailleurs, directement liée à l’URSS et à la Russie) elle s’occupait non de la diplomatie, mais de l’idéologie.

Nuland travaillait successivement dans les deux administrations, démocrate et républicaine. Malgré la proximité évidente des vues et l’intimité avec Hillary Clinton, elle s’acquittait de sa tâche du temps du vice-président Dick Cheney. Elle gardait toujours son style de contact – brusque, parfois même brutal (lorsqu’il s’agissait de ses collègues européens). Elle énonçait ouvertement ce qui n’était pas admis à énoncer selon les règles diplomatiques. C’est qu’elle ne pratiquait pas de diplomatie telle quelle, mais portait au monde une idéologie spécifique dont le contenu exigeait l’attitude impériale envers des « partenaires subalternes ». Finalement, elle est devenue une superstar dans l’ « establishment » de Washington, mais en même temps le personnage le plus haï dans celui de l’Europe.

La transformation de Nuland en personnage principal de la diplomatie étasunienne sur l’arène européenne a eu lieu d’une façon plutôt fortuite. Son chef direct, Wendy Sherman, le sous-secrétaire d’État chargé de questions politiques, s’est plongé pleinement, durant des années, dans le problème nucléaire iranien, de sorte qu’il n’avait pas le temps ni forces de s’occuper de tout le reste. De ce fait la gestion de tous les problèmes européens était remise à Nuland, suite à quoi son poids administratif et son importance ont décuplé. En surplus on lui a laissé toute latitude, ce qui lui a permis de s’occuper non de la diplomatie, mais de l’idéologie, avec laquelle elle essaie jusqu’à présent de réformer la planète entière.

L’auteur de cette idéologie était son mari Robert Kagan, chef de file des néo-conservateurs et cofondateur avec William Kristol du think tank Project for the New American Century (PNAC, Projet pour le Nouveau Siècle Américain). Le PNAC pose en principe fondamental la considération selon laquelle le « leadership américain est à la fois bon pour l'Amérique et bon pour le monde » et apporte son soutien pour une « politique reaganienne de puissance militaire et de clarté morale ». Parmi les « pères fondateurs » du projet on peut citer Richard Perle, Paul Wolfowitz, James Woolsey, Elliott Abrams et John Bolton. C’étaient ces gens-là qui ont de facto déclenché la deuxième guerre en Irak. Avant cela ils avaient terrorisé l’administration de Clinton par des « lettres ouvertes » et par des « estimations d’experts ». Clinton n’a pas envahi l’Irak, car l’ONU y a opposé son veto, et à l’époque l’administration démocrate tâchait d’estimer les lois internationales. Par la suite les participants du projet et Robert Zellick qui s’est rangé de leur côté sont devenus les idéologues de l’invasion en Irak sous Bush-fils, et leurs documents écrits pour l’administration du Président (p. ex., leur projet de réorganisation des forces armées), devenaient tout de suite des « instructions d’agir » pour le pouvoir exécutif. C’étaient justement Kagan et Perle qui ont formulé le principe de responsabilité inexistante de Saddam Hussein de l’acte terroriste de 9/11 : « même en absence de preuves directes de participation du pouvoir irakien aux actes terroristes, toute stratégie visant l’extermination du terrorisme et de ses sponsors doit comprendre des mesures pour la révocation de Saddam Hussein de la présidence en Irak ; l’inaptitude d’entreprendre telles mesures sera considérée en tant que la défaite dans la guerre contre le terrorisme international ». Ce qui signifie : d’abord on tire, ensuite on regarde sur qui on a tiré. Et pour quelle raison on a tiré, cela n’a déjà aucune importance.

En fait ce groupe dirige de l’ombre, durant une vingtaine d’années, la politique extérieure étasunienne et vient d’atteindre le sommet de son influence.

Victoria Nuland a raconté dans une interview qu’elle s’était éprise de son futur mari après leurs « causeries au clair de la lune » sur le rôle des ÉU dans le monde contemporain, sur son fardeau de responsabilité du pays élu devant la civilisation entière, sur la mise en œuvre de ces idées à coup de la diplomatie et de la guerre.

Actuellement Nuland est le seul fonctionnaire de l’administration étasunienne à appeler les alliés européens à livrer l’armement à l’Ukraine. La position officielle de la Maison Blanche reste la même : aucune livraison de l’armement létal, vu l’absurdité de cette entreprise (du point de vue du Pentagone, on a beau prêter l’armement à Porochenko, car de toute façon il ne saura pas résister à la Russie). Mais c’était justement Nuland qui a tenu en Allemagne, en compagnie de Philip Breedlove, le commandant des troupes étasuniennes en Europe, le briefing secret pour la délégation de membres du Congrès, au cours duquel elle essayait de les convaincre d’adopter la loi sur la livraison de l’armement létal à l’Ukraine contre la volonté du Président Obama en se guidant sur les « intérêts suprêmes ».

Le Congrès n’a pas, heureusement, adopté cette loi, mais Victoria Nuland la fanatique devient un personnage très dangereux pour la paix en Europe, surtout après la présidence d’Obama. 



38 réactions


  • Le p’tit Charles 23 janvier 2016 13:51

    Sans les dollars américain (et les euros de l’UE) ce pays serait déjà dans les oubliettes de l’histoire...


  • JMBerniolles 23 janvier 2016 14:01
    Merci. Tout cela était connu.
    Là nous vivons la suite....
    Le problème de ces personnes de la mouvance neocons est d’abord que ce ne sont pas des foudres de guerre sur le plan intellectuel.
    Ils vivent dans un monde qu’ils imaginent et qu’ils ne voient pas évoluer. Ils restent sur la certitude que les rapports de force, militaires, financiers et économiques sont totalement en la faveur des USA.

    Une des vérités qui semble échapper à cette Victoria Nuland est que l’Ukraine est en faillite et qu’il est demandé à l’Europe de la sortir de ce gouffre. Cela se fait à travers des prêts, mais ceux-ci nécessitent que les pays des institutions européennes dégagent des fonds... Ce qui leur est de plus en plus difficile.

    Tout cela a été apparemment été anticipé par la Russie qui connaît parfaitement la situation de l’Ukraine.

    Mais il est à craindre que les USA ne pratiquent la fuite en avant, comme leurs affidés au Moyen Orient, Turquie, Arabie saoudite et Israël (qui par le sionisme détient une partie du pouvoir aux USA)

    Donc nous entrons dans une période extrêmement dangereuse...

  • leypanou 23 janvier 2016 16:07

    Bel article qui fait connaître quelqu’un dont les MSM parlent peu en France.

    De toute façon, ces pauvres Ukrainiens n’en ont pas fini de voir : ils -une partie- ont voulu faire partir Yanukovitch à cause de la corruption, ils ont obtenu pire avec Porotchenko ; le système de santé est en train d’être privatisé totalement comme dans tout système « libéral » ; la ministre des Finances est même une fraîchement naturalisée états-unienne, prétendûment impliquée dans une affaire de détournement de fonds.

    Heureusement encore que le FMI aux ordres continue de soutenir, sinon cela aurait dû être le défaut déjà.

    Voilà ce que donne la libération par l’empire, la Libye -ou l’Irak- en sait quelque chose.


  • Pierre Pierre 23 janvier 2016 18:32

    Bonjour Roman-garev,

    Je suis la situation en Ukraine d’assez près et je suis évidement d’accord avec le contenu de votre article.
    J’essaie cependant de voir un peu plus loin et je me demande, comme beaucoup de gens qui s’intéressent à ce pays, ce qui va arriver dans les prochains mois.
    D’abord, quelques constations.
    - Yats bat des records d’impopularité. 1 ou 2 % d’Ukrainiens qui lui sont favorables.
    - Mortadelle est entre 15 et 20 %
    - L’homme le plus populaire en Ukraine est ... Mikhael Saakachvili.
    - Ce sont encore toujours les oligarques qui font la pluie et le beau temps à la Rada. Les députés se font acheter leurs votes encore plus qu’avant.
    - La propagande antirusse est plus violente que jamais.
    - Toute opposition est étouffée ou éliminée (physiquement).
    - Les Ukrainiens sont devenu nationalistes, surtout dans l’Ouest et dans le Centre.
    - Les Ukrainiens commencent à ressentir fortement les effets de la libéralisation de leur économie. 
    - L’augmentation du prix de l’énergie n’en est qu’à ses débuts.
    - On pourrait penser que l’Ukraine va connaître une situation comme la Russie à la fin du communisme mais ici la situation est différente.
    - Presque tout a déjà été partagé entre les oligarques. Il reste encore quelques beau morceaux comme les ports ou les gazoducs mais on sent que que cela va-t-être une lutte à mort entre les oligarques et les compagnies américaines.
    - Sans la Crimée et sans le Donbass, l’Ukraine a l’impression d’être amputée.
    - La droite nationaliste et néo-nazie détient un pouvoir énorme en étant associée au pouvoir.
    - Les meilleurs ingénieurs et techniciens ukrainiens prennent le chemin de la Russie où ils peuvent gagner quatre fois plus en ayant un emploi garanti. (Surtout dans l’armement.)
    - L’Ukraine a perdu le meilleur débouché (la Russie) pour ses produits industriels.
    - Victoria Nulland et Joe Biden font des va-et-vient à Kiev pour dispenser la parole des Etats-Unis avec comme résultat une grande confusion dans les esprits des dirigeants ukrainiens.
    - Vladimir Poutine attend son heure pour donner le coup de grâce.

    Bon, voila une bonne partie des données. Bien malin celui qui peut prédire ce qu’il va se passer dans les prochains mois.
    En ce qui me concerne, j’y renonce.



     



    • wesson wesson 24 janvier 2016 04:09

      @Pierre
      Bonsoir Pierre, 


      j’avais fait une réponse trop longue, je vais résumer. 

      Les USA ont l’administration Ukrainienne directement sous tutelle, et sans eux (et les salaires qu’ils paient), il n’y aurait tout simplement plus d’état fonctionnel.

      Tous découvrent (ou font mine de découvrir) que cette affaire va coûter affreusement cher : 20 milliards par an juste pour tenir le pays à flot. Et bien entendu, personne ne veut les payer (c’est d’ailleurs la véritable raison du refus du congrès Américain, sinon en parole, ils sont même plus extrêmes que Nuland.

      Et, pour couronner le tout une véritable tuile se profile en Europe : l’évolution de la Pologne qui est autrement plus inquiétante pour l’UE et les USA que ce qui se passe en Ukraine.

      Bref, je les voit tenir encore 1 an tout au plus (ou 20 milliards si on préfère), et après ils laisseront tomber le pays, qui va devenir un état carrément mafieux. Un Kosovo, mais avec une population de plus de 40 millions. 



    • Pierre Pierre 24 janvier 2016 13:01

      @wesson
      Bonjour Wesson,

      J’espère qu’il y a encore un petit espoir pour l’Ukraine. On sait que la seule solution passe par une décentralisation ou une fédéralisation du pays. J’exclus une victoire militaire au Donbass et une reprise de la Crimée qui serait aussi une solution de sortie de crise. Sauf effondrement inattendu de la Russie, Vladimir Poutine ne le permettra pas .Ce qui me rend perplexe, c’est le manque de réalisme des dirigeants ukrainiens. L’échec de la mobilisation générale et le nombre d’Ukrainiens qui ont fui leur pays prouvent que la grande majorité de la population ne croit pas dans les discours bellicistes des partis nationalistes. C’est dans cela que j’ai encore un petit espoir pour le pays mais je ne vois aucun relais politique pour porter ce réalisme qui serait pourtant salutaire pour le pays.
      Je nuancerais un peu votre comparaison avec le Kosovo. L’Ukraine est un pays profondément pieux surtout l’Ukraine profonde qui veut préserver ses valeurs traditionnelles. Il y a une oligarchie mafieuse mais tout de même pas dans les domaines du trafic de drogue ou de la traite de femme pour la prostitution comme au Kosovo.
      L’Ukraine pourrait payer ses fonctionnaires en faisant tourner la planche à billet avec comme conséquence un effondrement de la hryvnia façon Zimbabwe à plus long terme. L’aide du FMI permet aussi de sauvegarder une partie du pouvoir d’achat de la classe moyenne (consommatrice de produits occidentaux comme les voitures par exemple) et de se tourner vers l’Occident pour ses achat d’énergie.
      C’est pour cela que l’aide du FMI est liée à l’interdiction de créer de la nouvelle monnaie et d’avoir une politique monétaire qui maintient le niveau de la Hryvnia à son taux actuel ou à peu près.

    • JC_Lavau JC_Lavau 24 janvier 2016 14:08

      @Pierre. « Mortadelle » , Là je ne déchiffre pas. Un indice ?
      La traduction russe ne me donne que « saucisson de Bologne ».


    • Pierre Pierre 24 janvier 2016 16:06

      @JC_Lavau
      Un président ukrainien. (lien)

      Tranches de mortadelle. (lien)
      Ne cherchez pas sur Internet, je viens de l’inventer. smiley
      Je sais, ce n’est pas très glorieux de s’en prendre à l’apparence physique de quelqu’un mais j’ai un tel mépris pour ces oligarques que je ne peux m’en empêcher quand je vois ce qu’ils ont fait de leur beau pays. 
      J’ai fait beaucoup de voyages en Ukraine et en Russie, à l’époque communiste et après, pour mon job et sur invitation et enfin librement en 2011. 
      C’est en Ukraine que j’ai vécu les repas « vodka » les plus inoubliables. Les hommes se lâchaient sur leurs dirigeants et sur ceux du monde. A la fin, il y avait toujours une babouchka qui se mettait chanter un air traditionnel repris en chœur par les autres femmes et un baryton qui imposait sa voix de stentor.
      Puis quelqu’un sortait un accordéon de je ne sais où et un autre se mettait à danser le kasatchok. Cela se terminait par des polkas endiablées que j’étais incapable de danser mais on m’y entraînait quand même de force. Les Ukrainiens étaient pauvres suivant nos standards mais il y avait une telle richesse de chaleur humaine que je ne pouvais parfois que les envier.
      A l’époque, les Russes étaient leurs frères. Là aussi, je pourrais en raconter des anecdotes.
      Je n’aurais jamais cru que ce pays en vienne à glorifier les collaborateurs des nazis qui ont fait énormément plus de victimes ukrainiennes que la famine des années 32-33.
      Non, aujourd’hui je ne reconnais plus ce pays et ces gens que j’ai beaucoup aimé. J’espère que l’image qu’on nous montre de ce pays ne représente pas la réalité profonde de l’Ukraine.

    • JMBerniolles 24 janvier 2016 19:23
      @Pierre


      Oui. Vous voyez bien combien, partout, les hommes sont écrasés par le système.



  • Plus robert que Redford 23 janvier 2016 20:12

    Personnellement, je traduirais « Fuck the UE » par « Que les Européens aillent se faire foutre », ce qui serait légèrement moins grossier, mais, bon, je ne suis pas non plus spécialiste...

    Il n’en reste pas moins que la dame est tout à fait dans le style Trump / Palin que nous aimons tant chez les Américains...


  • porcinet 23 janvier 2016 23:16

    Cette Nuland représente surtout l’entrisme idéologique et conspirateur des milieux juifs ultra-sionistes nord américains et israéliens en Ukraine, eux-mêmes très liés avec les milieux ultraconservateurs et bellicistes US. Elle a des alliés chez les oligarques et chez les néo-nazis ukrainiens comme si, (mais c’est vraiment le cas) ce petit monde se trouvait de nouvelles affinités dans des projets aventuristes extrêmement dangereux contre la Russie et plus tard la Chine.

    Utiliser les salafistes et les takfiristes dans ce complot, avec l’aide de quelques pays de l’est otaniens farouchement anti-russes pour arriver à leurs fins, ne leur fait pas peur, tout comme cela a été fait (Daech+ Al Nosra et autres groupes soutenus par les« alliés ») dans le vilain jeu du Moyen Orient. 

    Un joli panier de crabes qui n’attendent que l’entrée en guerre des USA et des « alliés » contre la Russie comme en 1940 en commençant par établir une tête de pont définitive en Ukraine. Par ses outrances, la Nuland se dévoile, mais pas encore assez semble-t-il pour les Européens qui suivent tout ça d’un œil distrait. 


  • Parrhesia Parrhesia 24 janvier 2016 06:25

    Excellent article et excellents constats, entre autre, de Pierre, hier 23, à 18H 32..

    Me permettra-t-on d’y ajouter une chose bien connue de chacun mais que nous ne répéterons jamais assez : "Les États-Unis ont manifestement décidé de faire supporter en partie la note de l’annexion de l’Ukraine par l’actuelle contre Europe et par le FMI sans que quiconque tant à Bruxelles que dans les principales capitales européennes n’élève la moindre protestation officielle.

    Et bien sûr, cette belle harmonie sur ce sujet ne s’étend pas seulement de Bruxelles aux capitales européennes (ou devrions-nous dire désormais "aux capitales mondialisées« de l’Europe »), mais aussi à la presse « main Stream » dans sa totalité, puis au pouvoir de madame Nulland aux States, puis à celui de la finance mondialiste, puis à celui des organismes internationaux au premier rang desquels l’OTAN et le FMI !

    Et pour compléter la liste, la même harmonie de Bruxelles avec les capitales mondialisées de l’Europe et consorts, s’étend aussi aux jugements portés sur les différents conflits autour de la planète, aux saccages de nos modes de vie et de nos cultures traditionnelles dont nos langues nationales, à la paupérisation des populations au titre de l’austérité, au passage de nos régions à la moulinette et au droit des peuples en général à disposer d’eux-mêmes !

    Et j’en passe !

    Mais à ce stade, il ne faut surtout pas soupçonner l’existence du moindre complot derrière une telle liste de coïncidences ! Surtout pas ! Il ne faut même pas soupçonner l’existence de la moindre connivence !!!

    Ce ne serait que du « complotisme » !

    Ben voyons !!!


  • JC_Lavau JC_Lavau 24 janvier 2016 13:34

    Homme de peu de foi ! Renégat ! Apostat ! Héréticque ! M’enfin ? Tu ne sais donc pas que quand tous les politichiens seront remplacés par des politichiennes, tout ira bien et les petits oiseaux chanteront partout ! Et pourtant ton téléviseur et tous les media aux ordres te le serinent partout !

    Aux Etats, la religion d’état est que l’enculeuse d’Europe est une victime avant tout, une sublime victime qui doit donc se venger, et a raison par définition.


  • Pierre Pierre 24 janvier 2016 14:22

    Je voudrais brièvement revenir à Victoria Nuland et au bilan qu’elle laissera.quand elle quittera son poste.

    Mon analyse de la récente rencontre entre Victoria Nuland et Vladislav Sourkov à Kaliningrad est que cela a été une profonde humiliation pour cette dame. 
    En effet, Vladimir Poutine a envoyé son proche conseiller qui est le pire idéologue anti-intérêts-américains du Kremlin. C’est notamment sous ses conseils que Vladimir Poutine s’est lancé dans l’opération « Crimée ». 
    Je crois qu’il y a eu 6 heures d’entretiens sans communiqué de presse final. C’est dire à quel point elle a dû céder du lest quant-aux intérêts nationalistes des maîtres de Kiev. Ce n’est pas officiel mais il faut aussi parfois interpréter les résultats au vu de l’absence de communication. 
    C’est tout le contraire des rencontres entre John Kerry et Sergueï Lavrov qui se termine par de larges sourires et de chaleureuses poignées de mains.
    Nous avons presque deux ans de recul depuis le rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Russie. Le gain stratégique pour la Russie est énorme, surtout dans le contexte de l’intervention en Syrie. Avant 2013, le nombre de navires russes attachés à Sébastopol était limité et ce qui n’est plus le cas à présent. La Crimée est devenue un immense porte-avions terrestre qui contrôle toute la mer Noire.
    Le Donbass et son charbon sont perdus pour l’Ukraine. Elle doit à présent l’importer. L’Ukraine se désindustrialise à grande vitesse et encore plus depuis la fermeture de son débouché traditionnel, la Russie, en ce début d’année. Le coût financier pour l’Occident va-t-être pharaonique sauf à laisser l’Ukraine s’effondrer.
    Victoria Nuland risque de laisser un bilan catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis à son départ. Les Etats-Unis et l’Europe pouvaient s’arranger avec Viktor Ianoukovitch vu qu’il mangeait aux deux râteliers comme on dit et l’Ukraine aurait pu devenir un pont entre l’Est et l’Ouest. 
    Avec ses conneries, l’est de l’Ukraine aspire à rejoindre la Russie et le reste du pays risque de s’effondrer économiquement à la vitesse grand V sans les milliards de dollars qu’on est obligé d’y injecter.
    Merci Madame Nuland. Je vous souhaite une paisible retraite à Bruxelles où vous résidez avec votre mari. Faites-vous oublier le plus vite possible, l’Europe s’en portera d’autant mieux.

    • roman_garev 24 janvier 2016 15:40

      @Pierre
      Bonjour Pierre,

      D’accord sauf le rôle de Sourkov. Tout d’abord je suis persuadé que pour la Crimée Poutine n’avait aucun besoin de conseils de qui que ce soit. De telles questions, il les traite à lui seul, et surtout pas avec Sourkov comme conseiller. Il aurait plutôt reçu des conseils (de la part de personnes du calibre de loin plus supérieur) de l’ordre pratique, telles que la tactique concernant 18000 des militaires de l’armée ukrainienne et du SBU siégeant en ce moment en Crimée et les « gens polis » russes. Ces questions-là étaient (et restent) pas du ressort des petits intriguants de la cour.
      Secundo, l’épithète lui attribué de « pire idéologue anti-intérêts-américains du Kremlin » me paraît pour le moins discutable, sinon opposé à la réalité.
      Sourkov est responsable d’élaborer des détails, de réaliser au plan pratique la politique de Poutine envers le Donbass. De sorte que Poutine n’avait pas à envoyer Sourkov spécialement pour humilier Mme Nuland, car c’était justement le rôle de Sourkov de s’entretenir avec elle (le rôle d’ailleurs très bien connu par les étasuniens).


    • Pierre Pierre 24 janvier 2016 16:40

      @roman_garev
      Bonjour Roman_garev,

      Pour une fois, on a un petit point de désaccord Vladimir Poutine consulte beaucoup avant de prendre ses décisions et je pense que l’avis de Sourkov a dû peser.
      Quand je parle du pire idéologue anti-intérêts-américains, je ne voulais pas dire que Vladislav Sourkov serait obsédé par une volonté de nuire aux intérêts des Etats-Unis. Je considère que la façon dont il s’y prend dans la gestion des conflits gelés entrave les plans des néo-conservateurs étasuniens.
      Enfin, vous confirmer vous-même que Vladislav Sourkov est un petit intrigant de la cour. Je pense qu’il est humiliant pour Victoria Nuland de devoir négocier avec quelqu’un de ce rang qu’on lui a imposé. Elle qui est la responsable étasunienne Secrétaire d’Etats assistant pour l’Europe et l’Eurasie et qui a fait la pluie et le beau temps à Kiev. C’est vrai que là aussi Joe Biden vient parfois mettre de l’ordre dans la politique des Etats-Unis.

    • roman_garev 24 janvier 2016 16:49

      @roman_garev

      À propos du conseil présumé de Sourkov sur la Crimée, je dirais, par contre, que plusieurs en Russie croient Sourkov être justement parmi ceux qui essayaient de dissuader Poutine de cette décision.
      J’aurais plutôt cru que c’était grâce à Sourkov & Co que Poutine a reconnu la junte de Kiev et surtout a failli rendre le Donbass aux « bonnes grâces » des nazis. 


    • roman_garev 24 janvier 2016 17:03

      @Pierre

      On s’est croisé. Mais je m’en tiens à l’opinion de gens bien informés du processus donbassien sur le rôle plutôt douteux de Sourkov (pour ne rien dire de plus).


      Et le rang du Sourkov n’est nullement inférieur au rang de Nuland. Tout au contraire, étant un aide officiel du Président (et précédemment le chef de l’administration du cabinet et premier ministre adjoint), il est nettement plus hautement placé q’un fonctionnaire auprès du Secrétaire d’État.

      Les deux intrigants se rencontrent, c’est normal. Qui envoyerez-vous au lieu de Sourkov pour parler à Nuland ? Lavrov ? Medvedev ? Poutine ?


    • Pierre Pierre 24 janvier 2016 17:57

      @roman_garev

      Si Poutine n’a pas reconnu l’indépendance de la RPD et de la RPL grâce aux conseils de Sourkov c’est à mettre à son actif. Je devrais vérifier pour la reconnaissance de la junte mais je ne crois pas que Poutine l’a fait. Poutine avait dit que Ianoukovitch était fini, cela c’est vrai. Si je me souviens bien, il n’a reconnu le nouveau président qu’après les nouvelles élections. Si c’est grâce aux conseils de Sourkov, c’est aussi à mettre à son actif. C’est du réalisme et tactiquement bien joué.
      Pour son rôle dans le rattachement de la Crimée, n’oubliez pas qu’il est justement sanctionné par les Occidentaux pour cela.
      Pour l’influence de Nuland dans la politique étasunienne en Ukraine, elle avait quasiment carte blanche de la part d’Hillary Clinton. L’enseignement qu’on peut tirer de sa conversation complète avec Pyatt est que c’est elle qui prenait les décisions.sans se référer au président. Il me semble que c’est avoir beaucoup de pouvoir pour une fonctionnaire secondaire. Pensez-vous que Sourkov avait le même pouvoir ?
      Je pense vraiment qu’elle était prise dans une euphorie de toute puissance et que la conversation avec Surkov lui a fait prendre conscience de la réalité. Il y a des fuites qui vont dans ce sens.

    • wesson wesson 24 janvier 2016 20:06

      @Pierre
      « Pour son rôle dans le rattachement de la Crimée, n’oubliez pas qu’il est justement sanctionné par les Occidentaux pour cela. »


      Pas si évident que cela.

      Si vous vous en souvenez bien, les sanctions ont été prises pas à propos de la Crimée, mais au nom de l’accusation en responsabilité faite aux Russes pour le MH17. C’est cela qui a déclenché les sanctions, et pas autre chose.

      Car ce n’est pas le moindre des problèmes du camp occidental : au sujet de la Crimée, il n’y a rien de juridiquement établi qui la mettait sous souveraineté Ukrainienne. En particulier le mémorandum de Budapest qui est tout le temps invoqué porte effectivement bien son nom : un mémorandum, et personne ne l’as en réalité ratifié pas même l’Ukraine. Il s’agissait juste alors de refiler la patate chaude du démantèlement du parc Nucléaire, et surtout de refiler la note à la Russie exclusivement. Personne ne s’intéressait à autre chose que cela à l’époque.

       Je m’égare. En définitive, l’argument de la réunification de la Crimée ne peut être réellement invoqué car juridiquement il est bancal. C’est d’ailleurs pourquoi il n’y a pas - en dehors de l’UE qui a clairement choisi le camp de la Russophobie - de procédure lancée auprès des juridictions internationales pour faire reconnaître la légitimité Ukrainienne sur la Crimée.

      La réalité est que les Américains peuvent sanctionner qui bon leur semble, les médias occidentaux arriveront dans tous les cas à trouver la narrative pour le justifier.

    • roman_garev 24 janvier 2016 21:41

      @Pierre

      Ce thème si complexe dépasse le cadre de commentaires.
      Rien que quelques traits.
      Donbass : ne pas avoir reconnu son indépendance, c’est la moindre des choses. Ce n’est que des paroles. Il s’agit des choses plus sérieuses, à savoir que le Donbass a failli tomber, il n’a tenu qu’à un cheveu. Grâce aux conseils de toute une camarilla de se contenter de la Crimée pour ne pas trop agacer les « partenaires ». Presque malgré Poutine. Il n’est pas Dieu tout voyant et tout puissant.
      Nuland : son pouvoir de facto, son euphorie, son mari chef des néocons ne changent rien dans son insignifiance de jure. Aucun Lavrov n’est possible à être son interlocuteur.
      Sourkov : encore une fois, on parle de compétence de jure des deux. Il est un aide officiel du Président. Quelques-uns voient en lui un tel cardinal gris. Difficile de savoir juste. 

    • roman_garev 24 janvier 2016 22:05

      @Pierre« 

       »Je devrais vérifier pour la reconnaissance de la junte mais je ne crois pas que Poutine l’a fait. Poutine avait dit que Ianoukovitch était fini, cela c’est vrai. Si je me souviens bien, il n’a reconnu le nouveau président qu’après les nouvelles élections.« 
      C’est bien ce qu’on lui reproche. Incohérence complète et évidente.
      S’il a dit (et le dit toujours) que le 21 février 2014, c’était un coup d’État illégitime et incostitutionnel, que c’était la junte qui a pris pouvoir en fusillant elle-même les manifestants et les policiers au Maïdan, comment peut-on reconnaître un président élu à chaud (et à cause !!!) de ce coup d’État, au moyen des élections organisées par cette même junte sous presque peine de mort, au moyen de terreur absolue contre le peuple et ses activistes non-consentants, tous autres partis interdits ou dissolus (et le Donbass et la Crimée n’y ayant pris aucune part) par cette même junte restée toute entière au pouvoir ?
      S’il n’avait pas reconnu Porochenko, on n’aurait peut-être pas des dizaines de milliers de morts à Donbass.
      Je suis sûr que si on était en 2015 au lieu de 2014 (çad après l’intervention en Syrie, après la lancée de Calibres), Poutine n’aurait jamais reconnu ce »président". 

    • wesson wesson 25 janvier 2016 00:08

      @roman_garev
      Je crois que la raison profonde de la reconnaissance par la Russie du coup d’état Ukrainien est que au fond, les Russes n’étaient vraiment pas intéressés par l’Ukraine hors Crimée, voire même qu’ils en avaient assez soupé de la financer chaque années d’environ 10 milliards de $.


      C’est pourquoi je pense qu’ils l’ont laissé filer le cœur léger en se disant « bon ben voilà, maintenant c’est les Européens qui s’en occupent et qui vont payer, une bonne chose de faite ». 

      Tout au plus, il y a peut-être eu du coté Russe une sous-estimation de la volonté de Kiev d’en finir militairement avec le Donbas pour définitivement ancrer le pays à l’Ouest. 

      En tout cas, je trouve qu’il est bien présomptueux de dire qu’il n’y aurait pas eu autant de mort au Donbas dans le cas contraire : Reconnaissance de l’élection Ukrainienne ou pas n’implique pas non plus qu’il y aurait eu un accord de défense passé entre le Donbas et la Russie plus important que celui qui existe actuellement.

      Traditionnellement, la Russie n’aime pas intervenir à l’extérieur, et ne le fait que si elle est forcée. Sans Maidan, la Crimée aurait pu rester Ukrainienne encore bien longtemps. Sans ce couillon de Saakachvili qui est allé bombarder tskhinvali de nuit, l’Abkhazie et l’Ossétie seraient toujours Géorgiennes. etc etc. Leur réaction en Ukraine (mais aussi en Syrie) s’inscrit parfaitement dans cette optique : réaction à minima, et que si on est vraiment obligé de le faire. Dans le Donbas ils ont ouvert le Voentorg quand il le fallait, et l’ont refermé dès que ça commençait à parler de contre-attaquer jusqu’à Kiev.

      Bref, je crois que la Russie n’est pas prête de bouger le petit doigt pour l’Ukraine maintenant, même si cette dernière s’effondre totalement. Tout juste ils aideront à minima à ce que la Novorossia soit une entité viable en cas d’implosion de l’Ukraine, mais ils n’iront absolument pas plus loin que cela.

    • roman_garev 25 janvier 2016 11:03

      @wesson

      Voyez-vous une certaine contradiction dans vos propos ?
      Vous dites : « Sans ce couillon de Saakachvili qui est allé bombarder tskhinvali de nuit, l’Abkhazie et l’Ossétie seraient toujours Géorgiennes ».
      Mais plus haut vous dites :
      « Reconnaissance de l’élection Ukrainienne ou pas n’implique pas non plus qu’il y aurait eu un accord de défense passé entre le Donbas et la Russie plus important que celui qui existe actuellement. »
      Pourtant, une fois la junte et ses élections truqués n’étant pas reconnus, on aurait la situation identique à celle de Géorgie-2008, ce même couillon (portant cette fois-ci le nom de Tourtchinov et ensuite, après les élections, Porochenko) qui est allé bombarder cette fois-ci le Donbass. Quelle est la différence ?
      Mon avis personnel, c’est que la seule différence réside justement dans cette reconnaissance. Une fois la junte reconnue en tant que légitime, le bombardement du Donbass a devenu pareil (aux yeux de plusieurs) à celui de Grozny par Moscou. La même opération anti-terroriste dans les deux cas. C’est pourquoi la Russie n’avait pas pu soutenir le Donbass qu’en cachette, sans troupes armées ni aviation ni missiles, en niant obstinément son soutien.
      Bien sûr, on peut résumer toute cette histoire de Donbass en une phrase : « On ne veut pas que le Donbass russe ou prorusse, on veut l’Ukraine toute entière russe ou prorusse (sauf peut-être ses régions de l’Ouest qui reviendraient à la Pologne, à l’Hongrie, à la Roumanie qui en seraient énormément reconnaissantes) ». Dans ce cas l’inexplicable s’explique.

  • JMBerniolles 24 janvier 2016 20:32
    Je ne peux prétendre connaître bien la question ukrainienne.... en dehors d’évidences comme le fait que ce n’est pas un pays uni et qu’il y existe des forces centrifuges, vers la Russie et vers l’ouest...

    Malgré tout on peut déduire de l’état actuel, un certain nombre de choses.
    La plus évidente est que Minsk II est du au fait que la solution militaire a plus qu’échoué à ce moment là. D’où la nécessité de s’adresser à Poutine pour qu"il calme les gens du Dombass.
    Comme c’était un peu humiliant, les USA ont envoyé Hollande et Merkel dont il serait naïf de penser qu’ils puissent être indépendants de leur maitre sur cette affaire. Même si je pense qu’en sous-main l’Allemagne ne veut pas vraiment rompre avec la Russie.

    Evidemment la guerre est toujours l’option privilégiée. Je ne crois pas qu’elle soit très populaire dans la partie pro occidentale. Et l’autre en souffre beaucoup. Mais dans la situation de faillite du régime de Kiev cela peut devenir l’option d’une fuite en avant.

    Pour l’instant ce sont les russes qui encaissent les défauts de paiements. Cela va rapidement s’étendre... comme les problèmes ne sont pas réglés en Grèce et que d’autres pays peuvent basculer aussi dans le défaut (cela peut nous arriver aussi pour peu que les taux de nos emprunts augmentent sérieusement) je ne vois pas l’Europe prêter à l’Ukraine, sans dépeçage du pays.



  • wesson wesson 25 janvier 2016 01:02

    Au passage, j’ai entendu aujourd’hui Macron dire que la France était pour une levée des sanctions contre la Russie « si Minsk 2 est respecté » Il ne le sera pas, mais j’ai l’impression que on va faire comme si.


    En gros les comptes des sanctions ont été fait : pour la France 5 milliards en 2014, et 10 en 2015. Mais ce n’est pas le pire : les sanctions ont provoqué en Russie un désendettement massif du secteur privé, qui est pratiquement terminé en fait, mais également une réorientation forcée de l’économie vers la production intérieure. Associé à un prix du rouble hyper faible, la compétitivité des produits Européens en Russie est déjà très mauvaise, mais risque bien de le rester durablement non compétitif.

    C’est pourquoi il est urgent pour l’Europe de siffler la fin de la récré, pour ne pas perdre définitivement un excellent client et le transformer en fournisseur compétitif. Le patronat Allemand s’y est mis, Macron qui est la chose du patronat Français a suivi le mouvement. 

    Les Ukrainiens vont devoir se faire une raison : l’Europe finira par reconnaître la Crimée, qui je pense sera la condition posée par Moscou pour que de leur coté ils lèvent les contre-sanctions Européennes.

    • wesson wesson 25 janvier 2016 01:35

      @wesson
      sur la réalité économique Russe et l’effet réel des sanctions, on peut lire par exemples Forbes qui n’est pas vraiment connu pour une Russophilie excessive.


      En résumé, l’article dit que effectivement l’économie Russe est touchée et en récession, mais que ses réserves de changes sont stables (de 18 à 22 mois d’importations) pendant que son secteur financier s’est massivement désendetté à l’extérieur, t(out en réussissant la prouesse de présenter encore une balance commerciale positive, ce qui implique une diminution massive des importations pour compenser les pertes à l’export. Bref, ça ne ressemble en rien à un pays sur le point de s’effondrer, mais tout à voir avec une réorientation de l’économie vers la production intérieure. Si d’un autre coté le gouvernement Russe arrive à tordre un peu le bras des banques pour leur faire prêter à des conditions intéressantes aux PME et aux entrepreneurs, tout ceci se transformera en boom économique pour ce pays. 

      Une chose que l’Europe vient peut-être de réaliser qu’elle se doit d’en être. 

      PS : sur le dernier point que j’évoque (les banques Russes), c’est là le véritable point bloquant : leur système bancaire est directement hérité de la période Ieltsine, et à ce titre il préférera toujours les marchés financiers à l’économie réelle. L’arraisonnement de cette hydre est une condition siné qua none pour un renouveau économique. Le gouvernement s’y emploie (voir par exemple la semaine dernière le retrait de la licence bancaire à Vneshprombank), mais ça prendra du temps et surtout du doigté, car le pouvoir de résistance des banques à l’élaboration de politiques publiques qui leur déplaisent n’est pas une vue de l’esprit.

    • roman_garev 25 janvier 2016 10:35

      @wesson

      Bonjour wesson.
      Complètement d’accord, surtout sur ça :
      « Bref, ça ne ressemble en rien à un pays sur le point de s’effondrer »
      Ce qui dépasse l’entendement de russophobes de toute sorte, qui se frottent déjà les mains en rêvant et goûtant d’avance une révolte d’un peuple russe affamé, une chute inévitable de Poutine, une décomposition de la Russie, etc.

  • Pierre Pierre 25 janvier 2016 03:57

    @Romab_garev,

    @wesson,
    C’est vrai que ce thème dépasse le cadre d’un commentaire. Vouloir démontrer que Vladimir Poutine a voulu humilier Victoria Nuland ou pas, c’est pinailler sur des détails.
    En revanche, Vladislav Sourkov a bien fait partie d’une deuxième liste de sanctionnés qui touchait des personnalités liées au rattachement de la Crimée.
    Je pense que cet article d’Atlantico vous intéressera. (lien)
    Je crois que nous sommes d’accords pour dire que la Kremlinologie a toujours été faite de beaucoup de spéculations et de l’interprétation de petits détails factuels. Il en est encore de même aujourd’hui.
    Les deux interviewés ne sont pas 100 % sur la même longueur d’onde mais c’est ce qui est intéressant.
    Wesson évoque l’effet des sanctions contre la Russie ou plutôt ses effets limités. Je crois qu’on est d’accord, la Russie a eu presque deux ans pour se défendre en prenant des contre-mesures plus ou moins efficaces. 
    Je voudrais ajouter à ce qu’a dit wesson l’idée de la création de la banque orthodoxe. (lien) C’est un article très intéressant, la note du Saker aussi.
    Je ne sais pas si c’est réalisable mais si oui, c’est encore une idée qui va contrarier les desseins néo-conservateurs.
    Mon analyse est que l’idée de l’administration Obama était d’isoler petit à petit Vladimir Poutine en exerçant des pressions de plus en plus forte sur lui et sur la Russie pour qu’il jette finalement le gant ou qu’il démissionne. 
    Le problème, c’est qu’on avait besoin de lui pour d’autres dossiers et que son tournant vers l’Asie a déstabilisé les Occidentaux... enfin surtout les Européens.
    Barack Obama n’a pas osé choisir l’autre option qui s’offrait à lui : une rupture brutale avec la Russie et son exclusion immédiate des organismes financiers internationaux. Il n’aurait de toute façon pas fait l’unanimité car c’était aussi l’époque de la fronde du Pentagone et de la crise des armes chimiques en Syrie.

    • roman_garev 25 janvier 2016 07:54

      @Pierre

      L’article d’Atlantico, c’est bon pour le public occidental.
      Pour essayer de connaître Sourkov et son rôle, il faut vivre en Russie. Pour le moins, lire en russe, p.ex. ici (suivre aussi des liens multiples en bas du dossier) et ici.
      Dans les années 90 on le voit au service des oligarques les plus répugnants, y compris Khodorkovsky.
      Il serait un technologue politique plutôt qu’un idéologue.
      N’oubliez pas l’essentiel : il a été viré par Poutine de son poste du vice-premier pour devenir quelques mois après un aide du Président chargé des questions de l’Ukraine, de Georgie-Abkhasie-Ossétie du Sud, tous étant loin d’être primordials à l’époque.
      Vladislav Sourkov (né Aslanbek Doudaev, du pere Tchétchène qui a quitté sa femme et son fils, lesquels ont ensuite quitté la Tchétchénie), a été très impopulaire pour avoir créé les termes fameux de « démocratie souveraine », de « verticale du pouvoir », du mouvement artificiel des jeunes « Les Nôtres » (« Наши », tout de suite appelés dans le peuple « nachistes », on comprend l’allusion). C’est surtout pour cela qu’il a été « honoré » d’être inclu dans la liste occidentale de « sanctionnés ».
      Un personnage très trouble et généralement haï de par tous les côtés, souvent diamétralement opposés.


    • roman_garev 25 janvier 2016 08:12

      @roman_garev

      À noter que c’est justement l’action étasunienne en Ukraine aboutie au coup d’État et aux nazisme ouvert dans ce pays qui a fait émerger Sourkov qui est redevenu indispensable dans les conditions d’une Russie entourée d’ennemis mortels (et cela, sans aucuns guillements). L’action engendre la contre-action. Sourkov qui venait de devenir presqu’inutile, sinon encombrant vers 2013, à l’époque du parasitisme paisible russe sur le pétrole follement cher, a été tiré des oubliettes en 2014, tel un fusil tiré des réserves.

    • Pierre Pierre 25 janvier 2016 09:55

      @roman_garev
      Je viens de lire la biographie de Sourkov que vous avez laissé en lien. Cela correspond à ce qu’on peut lire sur Wikipedia en français et en anglais, peut-être un peu plus détaillé.

      Je n’ai pas encore ouvert tous les liens du bas de la biographie mais les premiers ne me surprennent pas. 
      Il y a bien ce passage à vide de 2 ans mais l’important, c’est que Vladimir Poutine l’a rappelé. 
      Peut-être que Vladimir Pouitine n’avait pas besoin de Vladislav Sourkov pour prendre sa décision sur la Crimée. C’est possible mais ce qui est sûr, c’est que Sourkov a été bien utilisé comme interface pour conditionner les médias russes au sentiment patriotique grâce auquel ils acceptent une diminution provisoire de leur niveau de vie et acceptent de réduire volontairement leurs déplacements à l’étranger. (Pour des motifs fallacieux de sécurité)
      C’est bien joué, cela fait beaucoup de devises conservées en Russie..
      C’est de bonne guerre quand les temps sont difficiles. C’est la même chose en France.
      Je voudrais juste préciser pour ceux qui ne le savent pas que Vladimir Poutine est fondamentalement un libéral... comme Vladislav Sourkov. C’est contraint par les sanctions occidentales qu’il prend des mesures protectionnistes.

    • roman_garev 25 janvier 2016 10:14

      @Pierre


      D’accord pour tous ces points.

  • roman_garev 25 janvier 2016 10:12
    Tiré du blog de Tatyana Volkova.
    « La préparation de la provocation de l’armée ukrainienne au Donbass
    Après les pourparlers Sourkov-Nuland l’attaque des Forces armées de l’Ukraine (VSU) contre Donbass a été ajournée, mais pas du tout annulée, il ne faut pas se faire des illusions. L’humeur pacifique n’y est pour rien. Toutes les provocations préparées s’effectueront dans les délais préalablement établis.
    Tout de suite après cette rencontre à Pionersky (région de Kaliningrad) je me suis posée la question : pourquoi Sourkov qui ne jouissait pas jusque-là de la confiance particulière du Kremlin, a été chargé de cette mission informelle de coordinateur »responsable« du Donbass ? Une seule exlication que je trouve, c’est que grâce à son amitié de longue date avec V. Nuland et ses semblables, représentants odieux de la Maison Blanche on pouvait ne pas craindre son assassinat par des diversionnistes contrôlés par une des sociétés militaires privées (SMP) étasuniennes qui y regorgent. Et si quand même on le tue par hasard, ce ne fera pas de la peine. »

  • roman_garev 25 janvier 2016 11:22

    La conférence de presse en ligne de journalistes polonais après leur visite en Crimée :

    http://russian.rt.com/article/144026 (en russe et en polonais traduit en russe)
    Non seulement la Crimée, mais aussi l’Ukraine actuelle sont abordées (on y parle de « Bandéro-Maïdan », etc.)
    Très instructif, surtout en tenant compte que la Pologne en général reste un des pays les plus anti-russes dans le monde.

  • Laurent 47 25 janvier 2016 19:30

    Petit rappel historique :

    Le 17 Juillet 1959, le Congrès américain a adopté à l’unanimité la Loi Publique 86-90 dite des Nations Captives. Ce texte de loi reconnaît l’indépendance des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, en les séparant de l’Ukraine. Ce territoire a été appelé initialement Cossackia puis République du Dombass.
    Chaque année, à la date anniversaire, la loi a été reconduite, et le 17 Juillet, Barack Obama l’a entérinée à nouveau !
    Alors, c’est qui l’envahisseur ?

  • Analis 28 janvier 2016 15:25

    La très regrettable Nuland frappe de nouveau : cette fois, elle sévit en Moldavie, où ont lieu d’immenses manifestations contre un gouvernement prévaricateur et inepte, dans une situation encore plus difficile qu’en Ukraine en 2013. Mais attention, là il ne s’agit pas du tout de satisfaire les aspirations du peuple à changer de gouvernement, mais de lui imposer le maintien de l’ancien à peine déguisé. C’est que cette fois, comme en Bulgarie en 2013, les manifestants protestent contre une orientation pro-occidentale, et tout « Maïdan » leur est donc interdit, les donneurs de leçons pontificateurs ne se manifesteront pas, sinon pour les rabrouer. La démocratie consiste pour nos dirigeants et pseudo-intellectuels à faire ce qu’ils ordonnent, toute opinion opposée est interdite :

    http://russiepolitics.blogspot.ru/2016/01/moldavie-on-ne-fait-pas-une-revolution.html#more

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    lundi 25 janvier 2016

    Moldavie  : on ne fait pas une révolution contre un pouvoir pro-européen

    Les manifestations en Moldavie ne se calment pas, bien au contraire le Parlement a été momentanément envahi et les députés évacués en urgence lorsque la population a appris que, dans son dos, un nouveau Gouvernement soi-disant pro-européen avait été confirmé dans ses fonctions. Mais pourquoi ces manifestations traînent, sans résultats depuis septembre ? Pourquoi les Etats Unis ont-ils fait le choix de soutenir des oligarques corrompus contre la volonté « sacrée » de la population ? Allant ainsi à l’encontre de tous les discours bienpensants prononcés à propos du Maïdan ukrainien.

    Suite à la ratification de l’accord d’association entre l’UE et la Moldavie, l’économie du pays a plongé, la politique sociale s’est effondrée et la corruption se porte toujours à merveille (voir notre analyse détaillée ici et ici). Les gens se sont massés dans les rues, demandent le départ de ces gouvernements « pro-européens » plus corrompus les uns que les autres, la cote de popularité des dirigeants est au plus bas. Selon l’étude faite en septembre par le centre d’analyse CBS-AXA, le Président est à 4% d’opinion favorable, le Gouvernement à 6% et la justice à 7%. Sans compter que 60% de la population soutient les mouvements de contestation et la part de population prête à entreprendre des actions radicales a grimpé à 8%.

    Au moins la politique soi-disant européenne de ces dirigeants moldaves a réussi à faire l’unanimité, contre eux. Mais étrangement, la vox populi ici n’a que peu d’importance, tout le monde n’a pas droit à son Maïdan. Et surtout, sans soutien extérieur il est flagrant que des mouvements populaires ne renverseront pas le pouvoir.

    Et justement à ce sujet, les Etats Unis ont fait leur choix. Si ce Gouvernement saute, c’est l’opposition « pro-moldave » qui arrive, remettant en cause l’accord avec l’UE, rétablissant des relations normales avec ses voisins, notamment la Russie. Et ça, ce n’est pas acceptable. Donc des élections anticipées ne sont pas possibles. La discussion est clause. La démocratie prend fin là où elle risque de porter atteinte aux intérêts supérieurs de la géopolitique.

    Donc, V. Nulland, au nom du département d’état américain, est allée entreprendre la Roumanie, qui finalement, a décidé de soutenir le choix politique « pro-européen » de la Moldavie et l’encourage à s’engager plus profondément dans cette voie. V. Nulland ayant bien insisté sur l’importance de la stabilité gouvernementale, le message a été transmis par le Président roumain.

    Le message est passé, un gouvernement ne tenant absolument pas compte des aspirations populaires a été nommé, en secret, après 36 minutes de délibérations au Parlement. Tous les députés n’ayant même pas été prévenus que le vote aurait lieu le mercredi soir et non serait discuté le jeudi comme cela devait être. La population apprenant la nomination secrète de leur nouveau Gouvernement a forcé l’entrée du Parlement et les députés ont été évacués par l’arrière, déguisés en policiers. Voici tout le poids de la légitimité de la représentation populaire.

    Ensuite, le Premier ministre a été nommé au milieu de la nuit par le Président, également en secret, sans que la presse ou que la société ne soient prévenues, comme P. Philip l’avait lui-même demandé - pour plus de sécurité. A minuit, en vrac, dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 janvier, la Moldavie a un nouveau Gouvernement. C’est un grand moment de politique européenne.

    https://www.youtube.com/watch?v=Io1gIKV6vkA

    Alors qu’en Ukraine, les Etats Unis et l’UE appelaient au respect de la volonté populaire, au dialogue avec l’opposition, ici les manifestants doivent se calmer, être raisonnables. Il est vrai que le pouvoir est déjà « pro-européen », ça change tout. L’opposition ne peut donc être légitime. La corruption est un argument devenu fallacieux. De plus, ici, à l’inverse de l’Ukraine, on ne voit que des drapeaux nationaux dans les manifestations. Et pour cause, elles regroupent différentes forces politiques qui ont en commun de vouloir en finir avec ce pouvoir corrompu.

    Un autre aspect de la question moldave est important. Avant la nomination de Pavel Philip le 21 janvier, les analystes s’interrogeaient sur l’avenir du pays. Le poids politique occupé dans l’ombre par Vlad Plakhotniuk, oligarque mafieux, dont l’actuel Premier ministre est la marionette, ouvre la porte à un rapprochement avec la Roumanie. La Roumanie a une politique expansionniste, notamment elle veut réintégrer la Moldavie, dont une partie de la population est ethniquement roumaine. La visite de Nulland en Roumanie avant la nomination du nouveau Gouvernement a été interprétée comme donnant le feu vers à ce scénario, qui par ailleurs n’a pas l’appui de la majorité de la population. Evidemment, malgré ce « détail » de l’histoire, personne ne pourrait ici parler d’annexion, puisque la voie est européenne. Voie qui présente, en effet, l’avantage de faire entrer d’un coup d’un seul la Moldavie non seulement dans la Roumanie, mais également dans l’UE, à moindre frais sinon pour l’UE, du moins pour la communauté internationale - j’entend les Etats Unis.

    Donc, le pari a été fait sur les oligarques comme Plakhotniuk , même si leur réputation est entâchée de prises de possession violente de biens ne leur appartenant pas, d’évasion fiscale, etc, comme en 2011 l’avait alors remarquée la justice britanique. Par ailleurs, il est accusé d’avoir volé 1 milliard $, soit 15% du PIB, ce qui est énorme pour le pays. Et les mouvements de masse ont commencé avec ce slogan, de rendre de milliard. Mais ici aussi, la communauté internationale fait la sourde oreille.

    La situation en Moldavie confirme certaines impressions. Les mouvements de contestations populaires ne peuvent conduire à un renversement du régime en place que lorsqu’ils sont soutenus activement de l’étranger et correspondent à une stratégie géopolitique. C’est la « démocratie populaire » aujourd’hui. Et ce scénario ne peut être lancé contre un pouvoir dit « pro-européen », aussi corrompu et inefficace soit-il, car le critère pour être maintenu au pouvoir n’est pas la volonté de la population ou la confiance populaire, la source du pouvoir a été exportée. Ainsi, tout un réseau d’états marionnettes se met en place dans l’espace post-soviétique.


    • roman_garev 28 janvier 2016 16:05

      @Analis

      Bonjour Analis,

      Merci pour ce commentaire très instructif.
      Comme cet article n’est plus visité (sauf par son auteur qui reçoit des e-mails chaque fois lorsqu’un commentaire paraît), je vous conseille d’en faire un article à part. Le thème le mérite, et vous pouvez proposer ce commentaire à la publication tel quel, tant il est développé (en ajoutant peut-être deux ou trois images).
      Sincèrement
      roman_garev

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