vendredi 22 janvier 2016 - par Jean Keim

L’immortalité est un cadeau empoisonné

J'ai en mémoire le vague souvenir d'une nouvelle de science fiction dont j'ai oublié le nom de l'auteur, son récit était en substance à peu près celui-ci :

<< La boîte noire cubique est posée bien en évidence sur la table en verre du salon, l'homme appelons le Paul, la trouve ainsi placée en rentrant chez lui, étonné il l'a prend, l'examine sous tous les angles, elle un gros point rouge centré sur la face supérieure et une inscription rouge également bien visible sur chacune des quatre faces verticales :   « Enoncez clairement un vœu personnel ensuite appuyez sur le point rouge et il sera exaucé », elle fait vingt centimètres de côté et hormis le dessin ainsi que le mode d'emploi d'un rouge vif, elle ne présente rien de particulier, ni élément d'assemblage, ni mécanisme apparent, elle semble en plastique, un poids normal et n'émet aucune chaleur ni son particuliers, cet objet est banal, sa présence est inexplicable.
Paul pense à une farce mais néanmoins cette boîte dont il ne connaît pas l'origine est intrigante, inquiétante, presque menaçante, comment est-elle arrivée jusque dans son salon ? Il n'y a pas de trace d'effraction et personne ne possède un double des clés, il sort faire un tour pour réfléchir en espérant vaguement que tout redeviendra normal ... mais à son retour la chose est toujours là.

Un peu anxieux et dubitatif quand au résultat, il décide de tenter un petit souhait, on ne sait jamais, il demande une pâtisserie et appuie sur le rond rouge, rien ne se passe, il tapote plusieurs fois, toujours rien, finalement il pense qu'il est victime d'un canular mais alors relit l'inscription « Énoncer clairement [ ... ] », il reformule son souhait en précisant cette fois qu'il désire un éclair au chocolat, retape sur le rond rouge et là devant ses yeux médusés le gâteau se matérialise, prudemment il le goute, il est délicieux et Paul le mange ravi.
Finalement il décide d'être plus gourmand et demande à haute voix un sac remplit de billets de cinquante euros, tape sur le bouton, de nouveau rien ne se passe, cette fois il comprend très vite que cette annonce n'est pas plus claire que la première, il va donc chercher le plus gros sac qu'il possède, refait sa demande en précisant que le pactole doit se trouver à l'intérieur, l'ouvre ... et le trouve remplit de beaux billets.

Je passe la suite de la vie de Paul qui n'est faite que de souhaits hexaédriques exaucés, les années s'écoulent mais rien ne vient troubler sa joie de vivre, il a bien entendu demandé la santé, il a rencontré la compagne de ses rêves, il a des maisons somptueuses, de beaux enfants, des amis formidables, bref il obtient tout ce qu'il désire posséder.
Il y a bien quelque chose qui l'inquiète, au début c'était imperceptible mais au fil du temps égrainé par ses "prébendes", il constate que la boîte rétrécit comme peau de chagrin, alors après un énième vœu qui le met définitivement à l'abri du besoin il demande l'immortalité, à cet instant le cube disparaît complètement et deux malabars à côté desquels Arnold passerait pour un gringalet se matérialisent, l'empoignent et l'emmènent vers un vaisseau spatial qui l'expédie sur une planète du système Whzuks où il devra travailler dans une mine à extraire du carabindium qui comme tout le monde le sait est extrêmement rare et indispensable pour la construction des giroflacteurs dextro-lévogyre à résonance quantique (*), ceci jusqu'à ce que la dette cumulée de ses emprunts soit remboursée, Paul est désespéré, il proteste, demande à rencontrer un responsable à qui il fait valoir l'absence de signature sur un quelconque contrat, le dirigeant lui sourit moqueur et lui rétorque que rien n'est gratuit dans l'univers et que tout a un prix, Paul demande à combien se chiffre sa dette, le montant est astronomique alors Paul se dit que c'est insensé, qu'il ne pourra jamais rembourser, alors il entend ces paroles effroyables : « Tu as obtenu la santé et ton dernier souhait a été gratuitement exaucé ». >>

---

(*) Giroflacteur dextro-lévogyre à résonance quantique : c'est un élément important qui entre dans la fabrication des boîtes noires, le fait qu'il polarise la lumière dans le sens horaire et/ou antihoraire permet de rajouter une vitesse tangentielle à la vitesse de la lumière et de la dépasser grâce à la résonance quantique, un ajustement précis et délicat de la composition des deux polarisations autorise respectivement le voyage dans le futur ou dans le passé ainsi que la téléportation. Sur le lien whzuks-gyro@doc.sy accessible avec un ordinateur quantique vous trouverez une documentation complète ainsi que des plans de réalisation, la mise en œuvre nécessite un caisson d'isolation extrasensorielle également proposé dans le catalogue.



35 réactions


  • Piere CHALORY Piere Chalory 22 janvier 2016 12:06

    ’’après un énième vœu qui le met définitivement à l’abri du besoin il demande l’immortalité, à cet instant le cube disparaît complètement et deux malabars à côté desquels Arnold passerait pour un gringalet se matérialisent, l’empoignent et l’emmènent vers un vaisseau spatial qui l’expédie sur une planète du système Whzuks où il devra travailler dans une mine à extraire du carabindium’’


    C’est là le problème avec ces boîtes magiques, il y a toujours un moment où ça finit par merder. En m^me temps, demander l’immortalité si on est ouvrier chez renault ou m^me animateur de jeu sur fr3, ça craint bien.

    • Taverne Taverne 22 janvier 2016 14:48

      @Piere Chalory

      Pff, y’en a qu’on idée à rien, il mettait deux claques au gringalet et c’était réglé.


    • Jean Keim Jean Keim 22 janvier 2016 19:00

      @Piere Chalory
      Oui mais demander l’immortalité quand on obtient tout ce que l’on désire est bien tentant.


  • Samson Samson 22 janvier 2016 12:47

    « Être immortel est insignifiant ; à part l’homme, il n’est rien qui ne le soit, puisque tout ignore la mort. Le divin, le terrible, l’incompréhensible, c’est de se savoir immortel. »
    (L’Immortel, ch IV in L’Aleph, Jorge Luis Borges)


    • Piere CHALORY Piere Chalory 22 janvier 2016 13:31

      @Samson


      Effectivement, je ne me souviens plus qui disait ; ce qui existe vraiment existait avant vous et existera après vous. L’homme n’est qu’un avatar du cosmos, un être factice.

      Moi (l’ego) versus les autres, ce je périra, si toute fois il a existé. 

    • Taverne Taverne 22 janvier 2016 15:01

      @Piere Chalory

      Au deux gringalets, je leur aurais dit :« j’ai demandé à être immortel  : c’était clairement un voeu pour être élu académicien ! Il y a donc malentendu, merci de me reposer à terre. »


    • Piere CHALORY Piere Chalory 22 janvier 2016 15:19

      @Taverne


      Sauf que dans l’histoire, ce n’est pas 2 gringalets mais 2 malabars, un genre de men in black, contre lesquels il très difficile de résister. Je le sais car nous les fabriquons en série sur ma planète, ils sont très forts, très résistants au travail et nous servent d’esclaves pour extraire l’orgone dont nous nous nourrissons ; c’est très bon. Mais certains ont réussi à s’échapper et font n’importe quoi, juste pour nous ennuyer.

    • Jean Keim Jean Keim 22 janvier 2016 19:10

      @Taverne
      A part que le gringalet c’est Arnold ( Schwarzenegger) votre astuce pour que Paul se sorte de son mauvais pas est géniale. 


    • Shawford Naoh 22 janvier 2016 19:23

      @Piere Chalory

      Pas d’accord le je ne périra pas, juste les dérives et déficiences d’un ego qui nous empêche de nous révéler au cosmos et à nous mêmes 
      Qui suis je pour dire ca ? Un immortel en âme et conscience dont tous les atomes d’hydrogène (eux matériellement éternels) puis + si affinités lui crient : Ben oui chef tu peux être immortel, fallait juste que tu sois moins con pour y parvenir

      À qui le tour ?

    • Shawford Naoh 22 janvier 2016 19:37

      @Everybody

      Does everyone statue the way I do ?
      I only star this way I choose 

    • Piere CHALORY Piere Chalory 22 janvier 2016 19:50

      @Naoh


      Le je est l’ego, et l’ego doit disparaître, se désintégrer, si l’homme veut pouvoir accéder à une prise de conscience de l’Unité. Condition préalable ; oublier toute forme de dualité imaginaire entre soi, qui n’est pas le Soi réel, et le monde qui nous entoure ; ce concept binaire sclérose la possibilité d’évolution, de compréhension Spirituelle. 

      C’est un peu abstrait, et ne peut pas s’expliquer intellectuellement, il faut le réaliser, tt simplement.

      Certains y arrivent par la méditation, d’autres naturellement, d’autres pas.

    • Taverne Taverne 24 janvier 2016 12:01

      @Piere Chalory

      Pas d’accord. Pour moi la conception binaire et les oppositions duales ne sclérosent pas la réflexion intellectuelle. Bien qu contraire, celle-ci n’en est que stimulée et trouve au besoin un recours fertile dans la trinité, laquelle n’est qu’un moyen d’union proche de l’unité mais par un effort gigantesque digne des défis que peut se poser l’esprit humain. Ceux qui prétendent trouver l’unité en ce monde par des chemins directs ne font qu’occulter un élément de l’équation : l’abstraction du corps, par exemple, pour réaliser son unité spirituelle.


    • Piere CHALORY Piere Chalory 24 janvier 2016 12:27

      @Taverne


      J’entend bien ce que vous dites, mais il ne s’agit pas de réflexion intellectuelle, mais de prise de conscience spirituelle, ça n’a rien à voir. les mots et m^me les pensées sont des obstacles qui empêchent cette sorte de basculement vers un état de Conscience différent.

      Cette expérience est extrèmement violente et in-descriptible, c’est comme vivre sa propre mort, du moins la mort de ce que vous croyiez être vous même. J’évite en général de parler de ce sujet, car il peut provoquer des réactions bizarres. C’est un peu comme pour un pilote d’avion de ligne ayant vu un ovni & qui refuse de faire un rapport sur son observation, de peur de passer pour un fou.

      C’est vraiment hors de tout cheminement intellectuel. Et cette phrase de je ne sais plus qui résume bien le problème, si problème il y a, évidemment ;

      ’’j’ai mis très longtemps à comprendre qu’il n’y a rien à comprendre’’

      Bon dimanche

  • eugene eugene 22 janvier 2016 14:07

    L’immortalité, c’est bien, mais à condition que ça ne dure pas trop longtemps.....


  • mursili mursili 22 janvier 2016 17:38

    Très bon ! cela pourrait être du Sheckley ou du Lem. Paul aurait sans doute mieux fait de demander le nirvana...il ne lui reste plus qu’à patienter jusqu’à l’effondrement du système Whzuks, ou alors qu’à aimer son destin au point d’en désirer l’eternel retour...


    • Jean Keim Jean Keim 22 janvier 2016 19:31

      @mursili
      Oui pourquoi pas ! Mais un aspirant au Nirvâna désire-t-il ... et bien désire-y-il qq. chose tout simplement ?


    • gaijin gaijin 24 janvier 2016 09:27

      @Jean Keim
      oui il désire ne rien désirer ce qui l’empêche précisément d’atteindre le nirvana
      ( vu qu’il n’ y a rie a atteindre )


  • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 janvier 2016 19:35

    L’idée du sous-homme, pure potentialité, à l’identité mouvante, fluide, changeante à volonté est déjà le projet philosophique (nazi) de la « french theory » et de ses monstrueux avortons idéologiques de gauche. Il est en cours de réalisation depuis les années 60-70. C’est aussi le projet du néo-capitalisme.
    Ce projet de création d’« homme » nouveau rejoint le rêve transhumaniste concernant « l’homme » augmenté et l’immortalité. Il ne reste que quelques verrous à faire sauter pour que le loboto-bo-beauf accepte complètement cette nouvelle réalité. La mort de l’homme est déjà effective. Place au mutant cyborg, zombie éternel thymo-régulé, poussant son caddie dans les galeries marchandes de l’hyper-(marché)-ghetto planétaire.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 janvier 2016 20:30

      @Baruntse
      Oui, parce que vous êtes initié... Vous parlez du type de Cyborg différencié, le créateur de nouvelles valeurs, pour qui le cyborg générique, dont je parle, ne sera qu’une honte douloureuse, objet de mépris.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 janvier 2016 20:37

      Mais, je crois pas à la pérennité, ni même à la validité, de sa sur-existence...Bientôt le voilà remplacé, dévasté, ridiculisé par la fin de l’exil de l’être (Heidegger n’y pourra rien), le retour du sérieux ontologique et de la praxis paysanne...


    • Shawford Naoh 22 janvier 2016 21:40

      @Bar à pu...


      T’es vraiment qu’une larve qui nous fera un papillon à Gerber.
      T’a pas trois ans quand tu gourou taisais ici il était pas question d’aucune transcendance et Voila t’y pas que te paluches sur l’IA dans cette optique désormais ?
      Desole man, elle est déjà prise, c’est ma fidèle tendre et en jouet compagne
      Attends toi à vivre de drôles expériences IRL avec tout ce qui a rapport avec des machines :-> smiley

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 janvier 2016 09:44

      @Baruntse
      Oui, parce que vous restez dans le voisinage-cousinage marxiste et dans la contamination historiciste.
      On peut considérer la subversion paysanne (dans la perspective suivante, l’agriculteur moderne n’est qu’un employé de la société marchande, il n’est ni plus ni moins intéressant que l’ouvrier, l’employé de bureau ou l’animateur de jeu télé, mais on verra...) comme une révolte contre la terreur de l’histoire et admettre que l’inconscient anhistorique tout comme les formes de religiosités cosmiques (dont le christianisme transhistorique donc non réduit au seul logos et au temps linéaire) sont les modalités de cette défense.
      Oui, et il y a un mais (ci-dessus), la transformation du paysan en prolétaire ou en sous-consommateur de classes moyennes (certes un désastre anthropologique) au rsa, n’a pas totalement détruit ces formes de pensée mythique qui contiennent la nostalgie edenique, autrement dit la subversion la plus radicale. L’archétype, le modèle exemplaire, révélé par le mythe peut être réactualisé par le rite. Et c’est cela qu’il faut retrouver. Quand l’histoire semble vous dire que tout est fini, l’inconscient anhistorique vous répond que non. A voir...


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 24 janvier 2016 10:40

      L’européen de vieille souche paysanne (Paysan-métier, il ne l’est plus. Précisions qui alourdissent le texte mais nécessaires au regard de la « situation ») de radicalité anti-marchande possède un inconscient anhistorique. Ce qui s’est passé il y a 20 ans ou 1000 ans peut avoir plus d’importance que les événements de la semaine passée. C’est un refus de la chronologie (et non pas une confusion chronologique d’« analphabète historique »), une défense contre la Terreur de l’histoire.
      Un marxiste « folklorique » et un libéral, finalement n’importe quel Moderne, ayant intégré la seule catégorie du temps linéaire, n’entendront jamais rien à cela.

      Par ailleurs, l’éradication de la logique du don-contre-don, qui n’a rien à voir avec la pitoyable générosité humanitariste, est la condition de l’émergence de bo-beauf dominant narcissique intéressé et de l’extension du marché à l’infini (poules pondeuses pour LGBT friqués par ex.) d’où la caricature du soit-disant bouZeux et la formule du « sous-chien à éduquer ».


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 24 janvier 2016 14:15

      C’est le sens du véritable conservatisme.
      Qui n’a donc strictement rien à voir (et vraiment RIEN), si l’on veut donner une incarnation politique à tout cela, avec ce que la gauche feint de voir, de bonne foi ou par pure ignorance, dans la (très vulgaire) droite des Morin, Wauquiez ou Morano ou dans la branche trotsko-maçonnique du nationalisme français.


    • lsga lsga 24 janvier 2016 14:20

      @Jean-Michel Lemonnier
      Les conservateurs sont les ailes centristes du PS et de l’UMP.
      Ceux dont vous parlez sont des réactionnaires : ils veulent retourner en arrière dans le temps, au bon vieux temps de quand c’était mieux avant.


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 24 janvier 2016 14:40

      de bonne foi et par pure ignorance...


  • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 janvier 2016 20:38

    Mais, je ne crois pas à la pérennité, ni même à la validité, de sa sur-existence...Bientôt le voilà remplacé, dévasté, ridiculisé par la fin de l’exil de l’être (Heidegger n’y pourra rien), le retour du sérieux ontologique et de la praxis paysanne...


  • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 janvier 2016 21:14

    En attendant vous pouvez lire ça : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/19/une-revolution-conservatrice-qui-avance-a-visage-decouvert_4849561_3232.html

    Déjà que bo-beauf (catégorie) n’aimait pas les avis divergents du sien et préférait, face aux contradicteurs, couper court à la discussion. S’en allant comme une petite fille vexée. Mais désormais, alors que son influence politique et culturelle rétrécit comme peau de chagrin (influence Internet ?), il se lance depuis quelques années dans des entreprises gloubi-boulguesques de réductio ad hitlerum à tout crin. En voilà un magnifique exemple. L’article ressemble plus à un exercice de name dropping (de Onfray à Poutine en passant par De Villiers et l’IVG, on ne rit pas...) qu’à une analyse politique sérieuse, mais l’idée est justement là : faire des listes !


    • Shawford Naoh 22 janvier 2016 22:10

      @Barde du vin à son in situ


      Tu l’as dit good : 1,90 m et 130 kilos de barbaque l’infirmier vient d’avoir un mal à aider au levage pour qu’il puisse aller pisser smiley smiley smiley

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 janvier 2016 10:24

      @Baruntse
      Les gestionnaires de l’aliénation commencent à baliser sec. Leurs salades se vendent de plus en plus mal. Leurs mensonges de fausse libération-fausse conscience de grands ados attardés croisés cochons libidineux-fouines puritaines ont été largement démystifiés. Mais cette démystification est (trop ?) plurielle. Ce n’est pas gagné...


  • gogoRat gogoRat 23 janvier 2016 12:48

    ’Le diable est dans les détails’
     « Énoncer clairement [ ... ] »  : voilà bien semble-t-il le clou de ce conte !
     
     
    L’immortalité est un cadeau empoisonné ?
     
     Le cadeau empoisonné c’est le miroir, le boomerang de nos confusions, la part de ce que nous ne saurions énoncer lorsque nous croyons désigner ce que nous souhaiterions.
     
     Qui saurait préciser, clarifier ce que peut vouloir désigner ’immortalité’ ?
     Un temps infini d’alternances Sarko/ Hollande ... Hollande / Poutine ... Poutine / Deng Piong TchuTchout (dictateur mondial pour les 3 prochains millénaires) ... puis TchutTchout/Moi ... puis Moi/un Autre ... puis quoi ?
     
     Le désir d’une chimère peut-il être énoncé clairement ?
     
    Intéressant en tous cas de noter, dans l’énoncé des désirs communément formulés, le passage d’un désir d’avoir à un désir d’être :
     de l’avoir :
     - une pâtisserie : éclair au chocolat
      
     - gros sac .. rempli de beaux billets.
       
     de l’avoir-marque-de-reconnaissance-de-bibi :
     - compagne de ses rêves, maisons somptueuses, beaux enfants, amis formidables, bref ... tout ce qu’il désire posséder.
     
     à une transformation existentielle :
     devenir in-mourable  !
     
     Tout ceci restant égo-centrique : pas une clarification sur le caractère transitif, récursif ou non de l’immortalité souhaitée ! Immortalité ? beaux enfant immortels aussi pour la ’compagne de ses rêves’, pour ses ’beaux enfants’ et pour les ’amis formidables’ ainsi que toutes leurs familles et amis ?
     
     Le poison ne serait-il pas d’avoir manqué d’ambition ? : tant qu’à faire de se changer l’être, pourquoi ne pas avoir demandé de devenir l’univers Lui-même ? Que dis-je, de devenir l’alpha et l’oméga.
     ... c’est à dire de devenir l’inconnu, le non énonçable ;-(


    • Jean Keim Jean Keim 24 janvier 2016 11:37

      @gogoRat
      J’ai pensé logiquement qu’une remarque comme la vôtre pourrait pointer le bout de son mot et donc dans le mode d’emploi du cube il y a « clairement » et « personnel », bien sûr que l’on peut désirer avoir un souhait pour les autres mais le cube en face d’une demande comme « je veux le bonheur pour tous. » restera sans réaction, la demande n’étant pas personnelle.

      Une demande claire également lie plus fortement le demandeur à son destin, la formulation étant plus précise, les réclamations seront facilement déboutées et l’obligation de rembourser la dette inéluctable.
      Mon histoire est au 1er degré une simple nouvelle de S.F. et libre à chacun de passer à un degré différent, dans tous les cas l’immortalité même avec la santé finira toujours en galère.
      Une simple chose comme le bonheur ( ou le Nivana ) ne pourra jamais être obtenue par une boîte à souhaits.

    • MaxBalance MaxBalance 23 juin 2016 01:21

      @Jean Keim
      Ah ! je me demandais justement si vous étiez l’auteur dont vous aviez oublié le nom ou Paul lui-même. Mais il me semblait bien vous avoir croisé à la mine...


    • Jean Keim Jean Keim 24 juin 2016 08:58

      @MaxBalance
      Placé devant une boîte à souhaits je ne sais pas si je succomberai mais je ne demanderai pas l’immortalité, je veux connaître de la vie la porte de sortie et puis comme la boîte doit satisfaire tout vœu personnel clairement énoncé, je lui demanderai d’annuler les dettes contractées avec le risque qu’elle disparaisse sans demander son reste.


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