Pour participer à la course au pouvoir, il faut sortir dans les trois grands corps : L’Inspection Générale des Finances, le Conseil d’Etat ou la Cour des Comptes.
Les Inspecteurs des Finances sont les enfants chéris de la république. Ils incarnent la quintessence de ce que peut produire le système éducatif Français.
Parce qu’ils sont censés être les meilleurs, les plus fiables moralement, les plus honnêtes, l’Etat leur confie -de manière aveugle- la mission essentielle de penser et d’administrer l’économie Française.
Puis de gérer nos plus grandes entreprises, s’ils en font la demande -et ce pour les trois Corps précités- après avoir passé quatre années obligatoires aux services de l’Etat. Dans le jargon d’Énarque, cela se nomme le pantouflage, qui consiste pour un fonctionnaire à quitter le service de l’Etat pour le privé, certes plus rémunérateurs.
Une pratique très courante à la fin du XIX ième siècle, car l’Etat contrôlait cette oligarchie.
Aujourd’hui, le rapport des forces a basculé en faveur du privé. La raison ? Faire de l’argent ! Ces patrons avec jet privé, très courtisés, et admirés sont de nos jours les parrains du système. Recrutés à la base pour veiller sur l’argent public, ces Hauts Fonctionnaires sont devenus des mercenaires du CAC 40.
Jacques Chirac et François Hollande sortent de la Cour des Comptes, Nicolas Sarkozy n’a pas cette prétention.
Ensuite au-delà du quinzième rang de sortie de l’ENA, l’avenir devient moins radieux.
Mais revenons à nos chers Inspecteurs des Finances et surtout à ceux qui ont choisi de pantoufler dans le privé, pour diriger le fleuron de nos plus grandes entreprises.
LE BILAN ?
Un Etat affaibli, désorganisée, épuisé, qui a perdu toute capacité d’action. Une fonction publique démobilisée, dégoutée, mal gérée. Des déficits chroniques, un endettement record, des dizaines de contribuables qui quittent le pays, un chômage endémique, des scandales en série.
Qu’est-il arrivé à ce Corps qui a longtemps fait la force de l’Etat Colbertiste et la fierté de l’Etat ?
« A l’Inspection, on n’enseigne pas la conduite du changement »
« L’Inspection est un Corps de conseil pas de management »
« Dans la conduites des affaires, il ne faut pas seulement savoir et évaluer une situation, mais diriger les opérations »
Dixit Elisabeth Lullin, brillante Major de la Promo 1991
Gérer une organisation, verrouiller, ponctionner, les Inspecteurs des finances savent le faire. C’est le scorpion sur le dos de la grenouille !
En revanche, Analyser un business plan de manière pertinente, Imaginer l’économie de manière dynamique, Flairer les tendances lourdes de la société, bref Anticiper, Sentir, Réfléchir et Agir…….Ce n’est pas leur culture !
« A l’ENA on n’emmagasine pas des connaissances, on apprend à ordonner des idées, à bâtir des théories sur papier. A modeler la réalité, pas à la maitriser. On travaille uniquement sur l’intelligence théorique ».
Dixit Véronique Morali, Inspecteur des Finances
Décidément, l’ENA est une étrange école.
Comme si, une fois la stratégie inventée, la mécanique lancée, plus rien n’existait pour eux, ni les hommes, ni les contingences, ils foncent sans voir les obstacles.
« Quelle est la différence entre un Inspecteur des Finance et un TGV ? Quand un TGV déraille, il s’arrête, pas un Inspecteur des Finances ! »
Trois scandales financiers, dont la démesure dépasse la pensée illustrent bien cette devinette, non moins humoristique.
MESSIER, BON et BILGER
Ces trois Inspecteurs des Finances dans la gestion de leurs entreprises, démontre parfaitement, chacun à leur manière, la façon dont cette caste a exercé le pouvoir. D’en Haut !
En faisant de la croissance externe à marche forcée, sans se préoccuper le moins du monde des autorités de contrôle, des conseils d’administration. En négligeant le consommateur ou les clients.
« Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend fou absolument »
Si les échecs de MESSIER, BON et BILGER ont autant exaspéré la France d’en bas, c’est parce que ces trois hommes issu d’un système révolu, se sont servis au lieu de servir, ont spolié les citoyens au lieu de les protéger.
Début Juillet 2002, Messier l’Inspecteur le plus doué de sa génération est démis de ses fonctions. Six ans après son arrivé à la tête de Vivendi Universal, le groupe affiche un endettement record de 60 Milliards d’Euros. Il n’y a plus un sous en caisse !
« Bonaparte a fini à Waterloo »
Mais malheureusement l’histoire se répète. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Deux mois et dix jours après la chute de Jean Marie Messier, le 12 Septembre 2002, un autre Inspecteur est limogé, le très élégant Michel Bon, président de France Télécom. La situation financière de l’entreprise qu’il dirige depuis sept ans, est elle aussi catastrophique. L’endettement de ce fleuron de l’industrie Française se chiffre au bas mot à 70 Milliards d’Euros.
Un record Mondial !
Mais jamais deux sans trois, dit le dicton. Mars 2003, dix mois après Jean Marie Messier, six mois après Michel Bon, Pierre Bilger le patron du groupe Alstom est lui aussi contraint de s’en aller. Au lendemain d’une séance ou l’action a dévissé de 50 %, Bilger passe la main et anticipe de quelques mois son départ à la retraite.
« Alstom, le plongeon à très grande vitesse »
C’est le troisième patron à être éjecté de la présidence d’une entreprise du CAC 40 en quelques mois. Le troisième Inspecteur des Finances.
La loi des séries tourne au tragique.
Il s’agit des plus grandes faillites de l’histoire du Capitalisme Français, avec des records mondiaux d’endettement. Des Milliards partis en fumée, des licenciements en séries, des actionnaires ruinés, des salariés brisés. C’est trois entreprises étaient dirigées par des Inspecteurs des Finances. L’élite de l’élite Française.
De plus en 1997, quarante pantouflages ont généré vingt catastrophes Bancaires, dont celle de Jean Yves Haberer aux commandes du Crédit Lyonnais, avec un endettement de plus de 100 Millions de Francs.
Source : Le Nouvel Economiste, ainsi que la journaliste Sylvie Hattemer-Lefébre
Un bon Inspecteur des Finances, avant de faire l’ENA, fait Science PÔ et reste aux services de l’Etat. Alors que pour être un bon patron, l’Inspecteur des Finances, avant l’ENA, devrait faire HEC.
Ils considèrent que ceux qui sortent des grandes écoles ont tous les atouts en main pour diriger la France. Mais notre gouvernement est un gouvernement composé uniquement de fonctionnaires, il est très représentatif de l’ENA. Il se compose entre autres de trois énarques qui gèrent des ministères importants.
L’économie est attribuée à Pierre Moscovici, les affaires étrangères à Laurent Fabius, le travail à Michel Sapin. François Hollande lui-même est énarque, son directeur de cabinet l’est évidement aussi. On trouve autour du président des gens qui sont issus du même sérail.
Aucun de ses membres n’a connu l’entreprise. Quand on s’aperçoit qu’il ne s’agit que de Hauts Fonctionnaires et que personne n’a connu la compétition du marché et les contraintes qui pèsent sur les entreprises, je pense que c’est un gouvernement qui risque de vivre en dehors des réalités économiques.
François Hollande est-il bien entouré ? Sera-t-il bien gérer le « pantouflage » comme il en a déjà fait écho ? Le gouvernement Ayrault est en action sur le terrain depuis peu, je ne peux donc en tirer des conclusions. L’avenir proche nous le dira !
Combien ont échoué par incapacité de savoir déjouer le tir face aux aléas ? L’imprévu, « Ce trouble-fête de la réalité » disait l’historien Marc Bloch


