lundi 19 septembre 2011 - par morice

La goutte d’Or... ou Guéant en Garcimore !

Notre petit préfet des Hauts de Seine du temps de Charly Pasqua devenu superministre de l'intérieur a encore raté sa communication. Le jour même où il annonçait un énième serrage de vis avec les prières de rue, un accord était signé avec ceux qui demandaient depuis des lustres un local pour effectuer leur culte ; voilà Guéant, trop "décontrasté", sans doute, devenu en une seule journée Garcimore : "encore raté" ! Quelques irréductibles tenteront bien de saboter ce règlement, mais comme le dit le Figaro lui-même, au final le calme semble être revenu ("globalement respectée" dit la presse, sauf dans les villes où le même problème se pose encore, faute de local à disposition). Guéant, dans la démarche sarkozienne de se réapproprier l'extrême droite, avait cru bon de remettre une louche sur le sujet. Pendant que sa rivale dans le même domaine draguait de plus en plus ostensiblement la droite dure, faisant des appels du pied aux identitaires qui pourraient lui apporter les 76 voix qu'avait engrangé son candidat Arnaud Gouillon, celui qui vient de se retirer de la course présidentielle. Marine le Pen n'étant toujours pas assurée d'obtenir ses 500 voix de parrainage, on peut parler de manœuvre (*). L'ouverture d'une mosquée dans une ancienne caserne prive également le mouvement Riposte Laïque, d'un des ses arguments majeurs de campagne islamophobe. A bien y regarder, ce n'était pas un hasard si ce mouvement infesté de fascisants avait choisi la Goutte d'Or comme symbole de sa "lutte" : tout le quartier résonne d'un passé qui ne peut que le gêner dans son vain espoir de convaincre les masses que le multiculturalisme est néfaste. Voyage dans un petit bout du monde qui a toujours fait un bras d'honneur aux racistes et aux xénophobes, bienvenue à la Goutte d'Or !

L’extrême droite, incapable d’imagination, fonctionne par principes simples : il lui faut des points d’encrage pour ces thèses racistes, des personnes ou des endroits, et ne va pas les chercher bien loin le plus souvent. Dans son vocabulaire aussi, les expressions sont figées depuis longtemps. Combien de fois n’a-t-on pas entendu ici-même le mot "hallogène" par exemple : il a remplacé celui d’indigènes, qui lui même a été précédé par un registre bien plus dégradant, tel que "nègre", "macaque", et autres non plus qu’injurieux, etc... On a affaire désormais à un racisme de salon, à un néo-nazisme en costume : c’est plus feutré mais ça veut toujours dire couleur de peau différente. Fabrice Robert l’a très bien compris, en abandonnant la cagoule et la barre de fer pour le costume gris, mais en parlant toujours (**) (entre deux zézaiements) de la suprématie de la race blanche.  A ces gens-là, certains quartiers de Paris ne peuvent plaire. Les quartiers "cosmopolites" disent-ils,ou sont brassés ce qu’ils appellent aujourd’hui des "ethnies" et que leurs aïeux d’extrême droite appelaient des "races". Et parmi ces quartiers qu’ils détestent, celui de la Goutte d’Or, le plus vivant de tous les quartiers de Paris, celui des blanchisseuses du début du siècle.

Dans le vocabulaire des auteurs droitiers du début du XXeme siècle, le mot "cosmopolitisme" était déjà présent. Chez leurs penseurs tels que Maurras ou Céline, les villes le sont toujours, "cosmopolites", plutôt que "bigarrées" comme on l'écrivait aussi parfois. Le mot cosmopolitisme fait tellement partie du vocabulaire de la droite extrême qu’on le retrouve dans un site proche de ces idées : chez Causeur.fr, par exemple, qui se livre le 14 février 2009 à une explication de textes assez surprenante à son sujet :"Chez Maurras, Drieu la Rochelle, Céline aussi bien que chez Barrès, le cosmopolitisme désigne surtout la philosophie des Lumières, à laquelle ils opposent le nationalisme. Passé le Rhin, chez Carl Schmitt, le cosmopolitisme n’est pas non plus associé prioritairement aux juifs, mais à la mollesse toute kantienne que la république de Weimar met à défendre les intérêts allemands contre le reste du monde… Quant à Hitler, il confesse, au début de Mein Kampf, qu’influencé par les idées de son père il a été lui-même cosmopolite, avant de se reprendre. Pour le malheur du monde. Il faudra, en réalité, attendre l’après-guerre pour que le terme cosmopolitisme ait réellement des relents antisémites". Pour le site de droite, c’est obligatoirement en URSS que les deux mots vont être associés : on ne se refait pas, chez eux (et chez Elisabeth Levy, qui y écrit également).
 
 
Bref, le mot "cosmopolite", vu par certains, a vite des relents bien nauséabonds, si l’on n’y fait attention, à en croire la droite elle-même, et dès qu’on évoque le terme au sujet d’un quartier, on a le droit automatiquement à l’arrivé de l’extrême droite, attirée par cette constante : celle du mélange des populations, sa phobie véritable, celle, maladive, du Bloc Identitaire qui repose avant tout sur la non-mixité des peuples, l’absence de brassage qui sous entend une thèse racialiste"Assumant notre héritage, nous refusons de nous vautrer dans l’autoflagellation pour les crimes supposés de nos parents. Nous sommes fiers de notre civilisation européenne et, de la même manière que l’on considère l’Afrique comme le " continentnoir ", revendiquons sans ambiguïté notre appartenance au continent blanc". Le bloc identitaire repose bien sur une théorie raciale, puisque reposant sur "l’opposition totale au métissage ethnique et à la culpabilisation permanente des peuples européens...." pour Stéphane François, le discours du bloc identitaire est même franchement "mixophobique"... Et islamophobe, car avant tout mixophobique ! L’islamophobie n’étant qu"un paravent à un nouveau racisme, cela on le sait et ça se lit chez un Geert Wilders par exemple, comme j'ai pu vous le décrire récemment (ici et) !
 
 
Hier, c’était les juifs qui étaient "cosmopolites", aujourd’hui, ce sont les musulmans qui le deviennent.... Sur un autre site de bonne vieille droite, la description du quartier de la Goutte d’Or hérite même de guillemets pour décrire son mélange de populations : "le projet d’un "apéro géant saucisson-pinard dans le quartier de la goutte d’or à Paris", quartier dit "métissé" ou "cosmopolite"... dit le blog. Même son de cloche chez BFMTV, on l’on passe vite dans un reportage de "cosmopolite" à "multi-ethnique" (à 0’22 du début du reportage)... pour revenir au premier terme en fin de reportage (à 1’31 du début).... Et à Paris, le quartier qui l’est le plus, "cosmopolite", justement, depuis l’avènement de l’industrie, c’est bien la Goutte d’Or, si bien chantée par Aristide Bruant par exemple. Retrouver donc un mouvement qui se définit comme opposé aux mélanges de peuples dans un quartier qui en réunit des dizaines n’est donc pas un hasard et c’est donc bien une provocation : il s’agît de montrer au reste de la France qu’un quartier pareil ne peut fonctionner ou être agréable à vivre. Le choix de la Goutte d’Or qu'avait fait Le Bloc Identitaire et Riposte Laïque était donc tout sauf anodin. C’est à Paris, c’est facile à couvrir pour les médias, et pour ce qui est des populations qui y vivent on n’a que l’embarras du choix...
 
Il fallait faire de la Goutte d’Or un repoussoir : or c’est un quartier très agréable à vivre, et j’en suis le témoin : deux de mes amis y résident depuis des années, pas loin de la rue Léon (j'aime beaucoup ce nom), qui croise la Rue d'Oran et la rue Marcadet, et d’autres personnes célèbres y vivent où y ont vécu. Des "blancs" autant le préciser à nos lecteurs racistes, un homme et une femme, les deux vivant seuls. La dame n’a jamais subi de quelconque problème dans son immeuble où cinq types de population sont représentées, sur 12 appartements : bien au contraire : on s’y échange chaque jour de quoi faire la cuisine, et des gamins dévalent constamment les escaliers pour aller jouer chez l’un ou chez l’autre. Bref, ça vit. "Le bruit et l’odeur" (***), a dit un jour Chirac, qui lui aussi a été tenté un temps par les sirènes de l’extrémisme raciste, pour finir par nous faire un magnifique musée des Arts Premiers. Comme quoi, "se promener avec Alain Juppé", ça ne ramène pas que de saines idées... Les deux récidiveront... tranquillement, discrètement : le vieux fond de racisme ordinaire, n’est jamais très loin chez eux... Et la Goutte d’Or, c’est un quartier qui a désormais son historien, sa mémoire et son conteur, qui s’appelle.... Maurice Goldring, "professeur émérite en études irlandaises", qui y habite depuis plus de vingt ans. Or il est né à Lille, le 10 janvier 1933, notre historien du quartier !
 
 
On résume ainsi son livre : "depuis L’Assomoir (E. Zola), le quartier n’a pas bonne réputation. Il a été construit entre 1830 et 1860 et s’est peuplé, dans un premier temps, des candidats à l’exode rural puis d’une main d’œuvre provinciale venue s’embaucher pour les grands travaux parisiens. Par la suite, est venue une main d’œuvre étrangère : Belges, Italiens, Polonais, Maghrébins, Africains... Le quartier compte aujourd’hui 20 à 30 000 personnes, selon les limites territoriales retenues. C’est un quartier jeune : 20 % de la population a moins de 20 ans. ¼ de la population est composée de familles nombreuses. Il y a deux fois plus d’étrangers que dans n’importe quel quartier parisien". Un endroit qui vit, car il approvisionne toutes les ethnies présentes : " Au niveau commercial, la Goutte d’Or est un véritable marché, spécialisé dans les produits maghrébins et africains. On vient de loin pour s’y approvisionner. Toutefois, les populations « françaises » (il faut entendre par ce terme « qui n’est pas issue de l’immigration récente »), soit la moitié de la population du quartier, ont du mal à y faire leurs courses. C’est grâce au commerce que la Goutte d’Or n’est pas un ghetto mais un lieu d’intégration. Il se maintient une mixité sociale et ethnique. C’est un lieu de transition pour les immigrés". 
 
Maurice Goldring (****) a en effet bien compris ce pourquoi ce quartier pouvait être détesté et par qui : ceux qui ne supportent pas la présence de l’étranger, ou celui qui paraît l’être en ayant sa carte d’identité française mais une couleur de peau différente. "Il démontre que la Goutte d’Or n’est pas un ghetto (à l’instar de Harlem) en raison de la mixité sociale (pas toujours facile à vivre pour tout le monde, il le conçoit), d’un bon équipement culturel et de bonnes liaisons avec les autres quartiers parisiens. Il entend par mixité sociale, non pas un mélange harmonieux et une absence de conflits, mais la coexistence de différentes couches sociales et ethnies. La Goutte d’Or n’est pas la banlieue. Elle n’a d’ailleurs pas brûlé à l’automne 2005. Si ce quartier parisien est stigmatisé, c’est qu’il subit une ghettoïsation par le haut. Les habitants de Neuilly ou du V° arrondissement se battent pour repousser la pauvreté hors de leurs frontières"... En résumé, le mélange des populations, ce qu’on appelle aussi mixité sociale, ne peut que déplaire aux personnes du bloc identitaire et aux fascisants de Riposte Laïque désormais Fasciste, et leurs critères raciaux. Pensez-donc ! On y vit, on y mange, on y prie : non, ça ne peut pas aller, ça fiche tout leur système en l’air : déjà qu’en mettant deux identitaires l’un à côté de l’autre, vous avez déjà deux courants (c’est pire qu’au PS) vous pensez bien que pour eux l’alchimie de la diversité qui sort de la Goutte d’Or résulte de la magie africaine ou du vaudou !
 
Des personnes célèbres y vivent vous disais-je : il y en avait une, en particulier : Alain Bashung (voir la vidéo en fin d'article), décédé le 14 mars 2009, et qui a fait l’unanimité en France. Il habitait en effet en pleine Goutte d’Or, rue Poissonnière. Mais combien savaient que son père était un kabyle (*****) et sa mère bretonne ? Que sa femme était elle aussi Lilloise ? Un Bashung parti Chevalier de la Légion d’Honneur, honoré par la République Française ? Lors de sa mort, au détour d’un reportage, la télévision était tombée par hasard sur une autre personne pour parler de lui. Une passante, habitant tout près de chez lui : par un curieux hasard, c’était aussi une chanteuse, et pas non plus une inconnue pour ceux qui suivent la musique en général. Nabila Mokkedem, une choriste ayant fini par rejoindre le groupe mythique Djurdjura, celui qui dans les années 70 était à la pointe de l’émancipation féminine algérienne et kabyle !  Un groupe alors salué par tout le monde, et entendu pour la première fois, pour ma part chez Claude Villers, à France-Inter, aux temps de sa splendeur et de son intelligence. Un groupe encensé également dès sa sortie par Télérama pour son... féminisme ! En 1990 encore, en effet, le phénomène de la pesante tradition existait déjà ! Un groupe n’ayant pas oublié Lounes Matoub, mort assassiné par le pouvoir algérien, et non par le GIA. Un Lounes qui chantait un "Allah Akbhar" si ironique : Lounes était bien un apôtre de la... laïcité !!!.... "Je refuse" disait-il !! "je ne suis pas obligé d’être musulman", disait-il dans une émission de Michel Field !!!
 
Matoub, lâchement assassiné en pleine Coupe du monde 1998 : résultat, on n’en a pas entendu hélas parler de ce côté de la Méditerranée. Les jeunes fans de Matoub, et ils sont nombreux, ne deviendront jamais terroristes islamistes, mais bien tout le contraire : le sait-on ici, où l’on mélange tout ? Ou on ne distingue pas un algérien d’un berbère, par racisme simplificateur ? Où l’on mélange aussi islam et terrorisme, notamment ? Matoub, l’idole de ceux qui ne se plient pas à un pouvoir dictatorial, ni à une religion ! Et encore moins à un Fabrice Robert ! Douze ans après, la ferveur est intacte, chez les jeunes kabyles.   Nabila, ce n'est peut-être pas non plus un hasard, est elle aussi Lilloise d’origine, et présente un autre particularisme : en revenant à des racines kabyles, elle effectuait un grand cercle : son père étant un militaire français d’origine algérienne, un harki si vous préférez. La preuve que rien n’est si simple que cela, la preuve que ceux qui hérissent des barrières de couleur de peau ou de civilisations se trompent sur toute la ligne. L’identité, ce n’est pas se déclarer blanc aux yeux bleus, et aux cheveux blonds, et vouloir mépriser tous les autres. Alain Bashung, "Résident de la république" et résident de la Goutte d’Or était bien là pour amplement le prouver ! Un Bashung qui ne ratait jamais l’occasion de venir vendanger à Montmartre ! quel symbole, pour les affreux qui ont osé y proposer leur apéro provocateur !
 
La Goutte d’Or, devenue circuit touristique désormais. Le mardi 25 mai 2010 dernier, à 15h, il y en avait un de circuit à faire, décrit ainsi  : "Sur les traces de Gervaise et de Nana de l’Assommoir de Zola. Les surprenants cottages de la Goutte d’or ! Le dernier séchoir en bois encore en place dans le quartier, témoignage du Paris laborieux et ouvrier. La très belle église Saint-Bernard (ici en photo) et tout sur l’affaire des sans-papiers et Monseigneur Gaillot. Les communautés orientales et leurs commerces exotiques avec leurs doux parfums d’orient. Les rues "tendances" et les rues branchées". La Goutte d’Or, décrite par Zola et si bien amoureusement dépeinte par Maurice Goldring, est bien un symbole, celui de la convivialité ouvrière depuis un siècle au moins. Un autre grand écrivain l’avait dit : Michel Tournier (*****), qui écrivait dans "Le vent Paraclet" : « Oui, j’aurais voulu dédier ce livre à la masse énorme et silencieuse des travailleurs immigrés de France, tous ces Vendredi dépêchés vers nous par le tiers monde, ces trois millions d’Algériens, de Marocains, de Tunisiens, de Sénégalais, de Portugais sur lesquels repose notre société et qu’on ne voit jamais, qu’on n’entend jamais, qui n’ont ni bulletin de vote, ni syndicat, ni porte-parole » (p236).
 
 
Tous ces Vendredis de la Goutte d’Or que des Robinson Crusoé racistes voudraient tant voir déguerpir, alors que sans eux, ils ne sont riches de rien... Réécoutons donc plutôt celui qui avait repris si justement Bruant, chantre d"un quartier vivant, déjà détesté par l'intelligentsia parisienne droitière, qui y venait pourtant s'y encanailler en douce, et qu'adorait ce chanteur indispensable qui s'appelait François Béranger.
 

François Béranger : A la Goutte d’Or

En ce temps-là dans chaque famille

On blanchissait de mère en fille

Maintenant on blanchit encor

A la Goutt’ d’Or

Elle était encor’ demoiselle, 

Grand-Maman, la belle Isabelle

Quand elle épousa l’grand Nestor, 

A la Goutt’ d’Or

Et maman Pauline était sage

Le jour qu’elle se mit en ménage

Avec papa le p’tit Victor

A la Goutt’ d’Or

A cette époque-là toutes les fillettes

Les goss’lines, les gigolettes

S’mariaient avec leur trésor

A la Goutt’ d’Or

A’s s’contentaient l’jour de leur noce

D’un’ petit’ toilett’ pas féroce

Et d’un’ jeannette en similor

A la Goutt’ d’Or

Leur fallait pas un mari pâle

Mais un garçon d’lavoir... un mâle...

Bien râblé... même un peu butor

A la Goutt’ d’Or

Aujourd’hui faut à ces d’moiselles

Des machins avec des dentelles

Et des vrais bijoux en vrai or

A la Goutt’ d’Or

Leur faut des jeunes hommes en casquettes

Des rouquins qu’ont des rouflaquettes

Collés sur un’ tête d’hareng saur

A la Goutt’ d’Or

Et v’là pourquoi toutes les fillettes

Les goss’lines, les gigolettes

S’marient pus avec leur trésor

A la Goutt’ d’Or, A la Goutt’ d’Or, 

 


Alain Bashung : La nuit je mens (Olympia 2008)

 

(*) l'autre candidat gênant pour Marine le Pen devenant Frédéric Nihous, le chasseur et son ralliement de poids en la personne de Bruno Laribière, roi du drapeau tricolore et du saucisson... chez Ménard. "la résistance, Mr Ménard, aujourd'hui, c'est cela"...

 

(**) déclaration de Fabrice Robert  : "Non, M. Besson, nous ne sommes pas une nation de métis. Ces nations existent en Amérique du sud, ce sont des pays où le racisme est roi. Car la vérité est là. Que ce soit à Cuba ou à Roi, plus il y a de métissage, plus la question raciale se pose. Au contraire, les pays sans immigration sont des pays paisibles". "Non seulement les mots de race blanche, de culture greco-latine, de catholique, ne nous font pas peur. Mais, même, je dirais, ils nous font du bien parce qu’il est bon de savoir qui on est et d’où on vient". Il a bien employé, vous l'aurez noté l'expression "race blanche". A partir de sa là, sa grande amie Tasin peut toujours nous jouer un air de violon comme quoi son mouvement n'est pas raciste !

(***) tout le monde, j’espère, aura remarqué que l’endroit que citait Chirac n’était autre que... la Goutte d’Or !"Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d’or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris]"... on remarquera qu’en 1991, chez Chirac, être musulman c’est faire partie d’une ethnie ! La palme du cire-bottes à ce discours raciste revenant à Gérard Longuet, ancien du GUD avec un "Jacques Chirac a parlé cru, mais parlé vrai. […] Il s’est fait le porte-parole de tous ceux qui trouvent que les merguez, c’est bien, mais pas tous les jours" un propos que ne renierait pas aujourd’hui le Bloc Identitaire.... Remarquez, aujourd'hui, il a tout oublié, je parie, Chirac  !

(****) Maurice Goldring est aussi l’auteur d’un ouvrage qui rend hommage à un autre grand personnage méconnu, à ne jamais oublier"Pierre Pradier, un homme sans frontières", livre touchant sur l’un des fondateurs de Médecins du Monde, mort prématurément. Mais aussi de"Renoncer à la terreur " sur le terrorisme irlandais et de l’ETA. Goldring est un homme très CLAIR. Très clair.

(*****) un autre grand né de père kabyle nous bouleverse également régulièrement. "Coco belles nattes", alias Daniel Prévost : "depuis la découverte de ses racines kabyles, Daniel Prévost a toujours brandi sa kabylité avec une fierté sans bornes. L’histoire de cette découverte il l’a racontée dans son livre, intitulé : Le Pont de la révolte, où l’authenticité événementielle est traversée, de bout en bout, d’une émotion indescriptible, tellement la souffrance, la douleur, la joie, alternent dans le cœur d’un homme (Daniel Prévost) qui assiste à la naissance de sa propre identité, alors que lui-même est né il y a plus de quarante ans.Le récit de son voyage en Kabylie, avec sa femme et ses enfants, leur séjour mémorable, au sein des « leurs », est d’une sensibilité à vous nouer la gorge".

 (*****) Michel Tournier, auteur également d’un hallucinant La Goutte d’Or." Etonnant ouvrage, à recommander.
 

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