lundi 31 juillet - par Gérard Faure-Kapper

La justice des banquiers : une nouvelle institution criminelle voit le jour

 

Par Gérard Faure-Kapper

 

"Quand vous vous faites baiser par votre banquier, c'est souvent le baiser de la mort"

(Paul-Ange Martinotti)

Le ciment de notre Société, la première valeur démocratique, la garantie de nos Libertés, c'est une seule JUSTICE.

 

C'est l'honneur des juges de rester indépendant de toutes influences.

 

Un match de foot intéressera les foules si son arbitre est juste, impartial et indépendant. Ses décisions seront respectés de tous.

 

Peut-on imaginer sur un terrain, qu'il y ai plusieurs arbitres. Un pour chaque équipe, un pour la Fédération, un pour le propriétaire du stade, un par équipe de supporter.

 

Le match n'aura plus aucun intérêt.

 

 

Pour la Justice, c'est exactement pareil.

 

Or, et ce n'est pas nouveau, les banquiers ont organisé une justice parallèle, avec ses propres lois, souvent contraire à l'intérêt commun.

 

Les banques sont devenus un monde à part, qui s'est libéré des lois et des contraintes des règles républicaines.

 

Un peu comme les tribunaux islamiques qui naissent un peu partout pour régler les différents dans la communauté.

 

Un peu comme les tribunaux mafieux où les litiges sont réglés comme il se doit, en toute discrétion.

 

Un peu comme les tribunaux d'exception, dont les motivations échappent aux justiciables.

 

Un peu comme les tribunaux de la Sainte Inquisition qui échappent à toute rationalité.

 

Nous en revenons à l'Ordalie. C'est le "jugement de Dieu" qui consiste à mettre à l'épreuve l'accusé. Par exemple vous avez un différent avec quelqu'un. Vous l'aspergez d'essence. S'il s'en tire sans la moindre trace, alors il avait raison. par contre s'il ressemble à un vieux pneu calciné, c'est qu'il avait tort.

 

 

Le problème, c'est que les banques sont au cœur de la Société, régissent les règles économiques et concernent tout le monde.

 

 

Voici quelques exemples, les plus flagrants, qui montrent que cette Justice parallèle s'implante avec la bénédiction des pouvoirs publics.

 

D'abord les juges. Grace à l'AFUB, les banques ont mis en place des juges qu'elles nomment et que souvent elles salarient. Ce sont les MEDIATEURS. Certes, leur recours n'est pas une obligation, mais tend à le devenir. Exemple, le décret du 1er avril 2015 qui rend obligatoire une démarche auprès de la banque avant d'avoir recours aux tribunaux. Bientôt on se passera du tribunal.

 

Ensuite un article de la loi Macron autorise les huissiers à se passer du tribunal pour établir des actes exécutoires. Sachant qu'un huissier à deux fonctions : officier ministériel assermenté, mais aussi cabinet de recouvrement. le conflit d'intérêt n'est même plus caché.

 

Dans le cas du Crédit Mutuel, un article des statuts permet au Conseil d'Administration de prononcer l'exclusion d'un Sociétaire sans raison précise, sans que celui-ci puisse s'exprimer. 

 

Certes, la victime a la possibilité de faire appel devant l'Assemblée Générale, mais il ne peut être présent. Il doit rédiger un mémoire qui sera lu par le Président, son accusateur.

 

Personne n'a le droit de poser de question. Au moment du vote, le Président va sortir des pouvoirs en blanc, dont le nombre est supérieur au nombre de présents.

 

Il faut savoir que l'exclusion d'un sociétaire oblige ce dernier à rembourser tous ses prêts, y compris immobiliers, sur le champs. Ce qui mène automatiquement à la saisie de sa maison.

 

Cette loi bancaire passe au dessus du Droit à la Consommation et au dessus du Code Civil. L'exclusion passe aussi au dessus de la Banque de France et des textes sur le surendettement.

 

J'ai recherché dans l'histoire des règles comparables. Je n'ai trouvé que l'exemple de la rue Lauriston qui décidait de la même manière la spoliation des biens des citoyens de confession israélite.

 

Cette règle de la spoliation arbitraire vient d'être appliqué à... Laval. Désolé, je ne l'ai pas fait exprès.

 

Je vois déjà le Président de cette Caisse courir chez le procureur pour m'accuser de diffamation.

 

Mais, Monsieur le Président, en plus j'ai un faisceau d'indice qui m'indiquent que vous avez été élu en violation des Statuts, notamment en dépassant le nombre de pouvoirs prévus pour les élections du Conseil d'Administration.

 

Alors, je demanderai au procureur de vérifier d'office votre légitimité.

 

J'ai beaucoup d'autres exemples sur la future prééminence d'un droit spécifiquement au service des banques et dont les juges seront inféodés à celles-ci.

 

Je me considère comme un lanceur d'alerte. Un de ceux qui est prêt à tout sacrifier pour que les citoyens sachent ce qui leur arrive et ce dont ils seront victimes tôt ou tard. 



4 réactions


  • HELIOS HELIOS 31 juillet 11:48

    ... les assurances sont exactement dans le même cas... et surement d’autres interets « economiques » en contradiction avec les normes démocratiques.


    ...euh..., c’est quoi une norme démocratique . séparation de l’executif et de la justice ? mais qui paye la justice ? ne dit -on pas que celui qui paye, commande ?

  • sirocco sirocco 31 juillet 14:26

    La subordination du parquet à l’exécutif est une forme de dépendance de la justice. Dans une « affaire », le parquet - donc l’exécutif - peut décider de poursuivre ou non. Avec le conflit d’intérêts et le mélange des genres (*), c’est une spécialité et même une exclusivité française.

     
    Depuis des lustres, les candidats à la présidentielle nos promettent de s’atteler, une fois élus, à l’indépendance du parquet. Evidemment ils n’en font rien et Macron ne dérogera pas.

     
    (*) Exemples de conflits d’intérêts dont la France est championne :
    - un député siégeant au conseil d’administration d’une grande entreprise vote des lois à caractère économique (encore plus scandaleux si c’est un ministre...) ;
    - une bavure a été commise... qui va enquêter sur les flics ? des flics !
    Vous pouvez rallonger la liste à votre guise.


  • QAmonBra QAmonBra 31 juillet 14:38

    Merci @ l’auteur pour le partage.


    Très intéressant, en vous lisant je découvre, effaré, la description et la mise en place d’une nouvelle justice de type féodal n’ayant rien à voir avec celle de Louis IX, dit Saint Louis.

    Héréditaire comme la précédente, une néo-aristocratie de la finance et du capital semble avoir remplacé celle de la terre et du territoire.

    Elle met sournoisement et progressivement en oeuvre une « justice » ad hoc, ce qu’un certain nomme privatisation généralisée au nom du marché et du nouvel ordre mondial. . .



  • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 31 juillet 16:59

    C’est ce que je soulignais en commentaire sur l’un de vos précédents articles, la célèbre formule d’un banquier devant le tribunal : « la banque n’a pas à justifier de son retrait ».

    Une petite entreprise, bénéficiaire, dont l’expert comptable présente un compte d’exploitation positif (ou plutôt tente de présenter au banquier ce compte mais ce dernier refuse de le consulter), dont les carnets de commande sont pleins pour des années etc... cette entreprise fonctionne en fin d’année sous le régime du Dailly (affacturage) depuis 9 années !!! Elle se voit soudainement retirer ce Dailly sans justification. Devant le tribunal la gérante demande simplement la raison de ce retrait. La banque réplique par sa formule ci-dessus et le président du tribunal entérine la réponse. En appel, même chose. La banque ne se donne même pas la peine d’argumenter, elle répète sa formule ... circulez y a rien à voir !
    Moralité, la banque peut tuer une entreprise sans avoir une raison, une cause, et sans avoir à justifier sa décision. Que l’entreprise soit saine ou pas.
    Oui, vous avez raison, vous et les intervenants sur cet article et sur les précédents, les banques ont tout pouvoir et la justice est aux ordres.
    Continuez à nous informer sur ces racketteurs, peut être qu’un jour les français s’éveilleront !?! Je n’y crois guère mais espérons. 

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