samedi 30 avril 2011 - par Lorelei

La lettre de Rémy L., le suicidé de France Télécom : « Je suis de trop »

La lettre de Rémy L., le suicidé de France Télécom : « Je suis de trop »

Lu sur médiapart : En septembre 2009, Rémy L., l'employé de France Télécom Orange qui s'est immolé mardi par le feu, lançait une « lettre ouverte » à son « employeur » et à l'Etat. Dans ce document transmis sur Frenchleaks, il dénonce en termes crus sa « mise à la poubelle ».

Voir la lettre de 6 pages sur ce PDF :

http://www.atlantico.fr/sites/default/files/lettreouverte.pdf

Dans cette lettre sur http://www.frenchleaks.fr/ » il écrit : « Continuons tous, employeur, Etat actionnaire et décideur, syndicats, salariés, à ignorer les vraies causes profondes : dans dix ans on sera encore à traiter de ce même sujet.... enfin non... une certaine catégorie du personnel aura disparu par départ en retraite ou par suicide : et le problème sera réglé, enfin ! (...) Cette situation est endémique du fait que rien n'est fait pour y faire face : le suicide reste comme étant LA SOLUTION !".

Sa lettre de 2009 décrit un climat social dur et délétère, un management niant l’humain et qui pousserait certains salariés à se suicider. Il parle de son "harcèlement" puis sa "mise à la poubelle" et estime "être de trop". Il explique que le management inhumain dur sans aucune conscience ni autres préoccupations que le profit immédiat ajouté à un encadrement suppressif sont la cause des suicides qui affectent l'entreprise.

Ce management considère visiblement l’homme comme une sorte de robot une machine sur laquelle il suffit de presser le bouton.

Dans cette ultime courrier il ajoute : « Les cadres supérieurs (...) ont compris qu'il vaut mieux vivre au jour le jour, prendre du gâteau tant que le plat est posé devant soi ! Le restant, ce ne sont que des emmerdes qui ne peuvent que nuire à la carrière. On vit, on cueille la rémunération et l'on oublie sa lâcheté managériale ! Lâcheté, indigence, manque de responsabilité managériale ». Et il continue en ajoutant : « Actuellement ces situations se concluent par une action violente tournée vers les personnes elles-mêmes, je me demande jusqu’à quand ? »

Les attitudes du mauvais management sont pléthores mais certaines d’entre elles sont justes des idées reçues…

1. " Parce que je suis le chef, tu ferais mieux de me respecter... Ou bien !"

2. "Les gens sont paresseux ; je dois les forcer à travailler."

3. "Parce que je suis le patron, je peux faire ce que je veux."

4. « Si vous travaillez pour moi, vous devez vous soumettre."

5. "Si vous n'aimez pas la façon dont je dirige les choses, vous pouvez partir".

Cette vision menaçante du  management rend les gens improductives en réalité et engendre un climat social amorphe, apathique, avec en filigrane une société où règne une sourde violence, le désir de tout fichtre en l’air…

 Le quotidien  sur cette planète consiste en inflation, crise, pauvreté en augmentation,  faillites, dettes nationales, grèves, chômage et pauvreté. Tous ces symptômes sont le début du déclin et de l’instabilité économique, ce sont en fait les signes d’un problème bien plus profond : un cruel manque de savoir-faire dans le domaine de la gestion.

Face aux effondrements de l’économie et à l’instabilité des structures sociales et gouvernementales, l’urgence de la situation est telle que l’idéal serait que les sociétés et les gouvernements actuels comprennent et appliquent de façon compétente les principes de base de l’organisation et de l’administration. Il est vital d’Insuffler les codes et doctrines d'éthique dans les affaires et principes de gestion.

Une clé de la réussite du leadership c’est la conscience que l’on est là pour servir…aussi étonnant que cela puisse paraitre un bon manager, un bon leader est capable d’assumer l’idée et de comprendre l’essence de ce précepte, « il est là pour servir »…il  sert sa communauté, son équipe ainsi de suite…or on est dans l’inverse, on a complétement inversé les valeurs et ainsi mis en place un management de « déshumanisation », brisant l’esprit et le corps comme on peut le voir dans cette histoire tragique… L'art du leadership implique un ensemble de connaissances, de valeurs, de compétences et de comportements. Par ailleurs, le respect vient de la reconnaissance des qualités que sont l'inspiration, la détermination et la compétence et non par la terreur managérial que l’on peut trouver dans un grand nombre d’entreprises.

Pourtant quelques mesures de bases comme l’introduction de l’éthique dans le monde des affaires, qui mis en place apporteraient un climat plus serein dans le monde du travail. Ensuite si nous regardons de près les capacités demandées à un manager elles peuvent se résumer en quelques points

"1-Un leader, un manager devrait avoir un ensemble de connaissances dans le métier. Le leader doit être la référence de l’équipe ; il doit être capable de répondre aux questions et de gérer les urgences.

2- Savoir mener et travailler en équipe. Le leader doit avoir de l’influence et savoir se faire respecter et cela est le corollaire de sa capacité à communiquer à inspirer et à faire coopérer les gens entre eux.

3. Pouvoir assurer de hautes responsabilités. Il ne faut pas se laisser influencer. Le leader est la « tête » de l’équipe, c’est lui qui prend les responsabilités. S’il se trompe, il doit savoir assumer ses erreurs.

4- Savoir communiquer et dynamiser ses troupes. Il faut être capable de gérer les conflits et les problèmes au sein du groupe. Un bon leader peut organiser des rendez-vous avec ses collègues hors du travail, des week-ends évasion par exemple, où tout le monde apprend à se connaître. Ceci renforce les équipes.

5- Savoir superviser une équipe. L’idéal est de finir la semaine par une réunion de travail. Le leader convoque toute son équipe ou ses chefs d’équipes et ils discutent ensemble des problèmes rencontrés dans la semaine, mais également ils font profiter à tout le monde de ce qui s’est bien passé. Ainsi, chacun peut apporter une solution aux problèmes des autres. Savoir parler de ceux qui fonctionnent dans l’entreprise et savoir reconnaitre la valeur des autres et écouter leurs solutions aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer…

6- Savoir déléguer le travail. Personne ne peut tout faire. Le leader doit en priorité « diriger » ; les autres tâches sont réparties entre les autres
personnes."

 

Il suffirait de peu pourtant, pour changer le déclin d'un monde qui se dirige sur ce pente de plus en plus nocif pour les gens et tendre vers une scene idéale où travailler est un plaisir où "l'effort" n'est pas une lourdeur asphyxiante mais un jeu...une coopération entre gens de bonnes volontés.


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