jeudi 5 novembre 2015 - par Aimé FAY

La plus-value marxiste en quelques mots

Pour Karl Marx (1818-1883) "la plus-value est le symbole de l'exploitation du travailleur par le capitaliste." 1

Marx précise : "La plus-value, c'est-à-dire cette partie de la valeur totale de la marchandise où est incorporé le surtravail, le travail impayé de l'ouvrier, voilà ce que j'appelle le Profit." 2 "Il [le capitaliste] fera donc travailler le fileur [l'ouvrier], mettons douze heures par jour. En outre et en sus des six heures qu'il faut pour produire son salaire ou la valeur de sa force, l'ouvrier aura donc à travailler six autres heures que j'appellerai heures de surtravail, lequel surtravail se réalisera en une plus-value et en un surproduit." 3. "L'ouvrier a donc travaillé une moitié du jour pour lui-même et l'autre pour le capitaliste." 4

L'idée que l'ouvrier travaille une unité de temps (12 heures dans l'exemple de Marx) et ne reçoit que la moitié en salaire, n'est pas de Karl Marx. Le lecteur acharné que Marx était, a tout simplement "emprunté" cette idée à John Francis Bray (1809-1895), chartiste et socialiste américain. Marx avait 21 ans quand Bray écrit, en 1839 : "The workmen have given the capitalist the labour of a whole year, in exchange for the value of only half a year, […]5. Bray parle même de "vol éhonté, mais juridiquement légal." 6

Bray est aujourd'hui un illustre inconnu. Marx doit pourtant une grande partie de sa renommée mondiale au traitement de la plus-value (ou survaleur), c'est-à-dire du profit… qu'il a "emprunté" à Bray. Plus-value, thèse centrale du célèbre ouvrage marxiste : Le Capital (livre I, 1867).

Quoi qu'il en soit, Bray et Marx pensaient que la totalité de la plus-value, c'est-à-dire des gains réalisés par l'entreprise, devait aller à l'ouvrier, c'est-à-dire au prolétariat. Mais, aucun d'eux n'a expliqué comment le capitaliste entrepreneur (terme de Marx) 7 se "rémunère du risque qu'il a pris en mettant ses propres capitaux, son argent… ses économies, pour créer son entreprise. De même, comment cet entrepreneur capitaliste rémunère les épargnants qui lui ont fait confiance et prêté des capitaux pour développer l'entreprise et créer des emplois. Pas non plus comment, des capitaux sont dégagés pour faire de la recherche et développement, de l'innovation, etc. Pas non plus comment, l'entreprise met en réserve des fonds pour renouveler son outil de production [ses équipements] devenu obsolète au bout de quelques années et devant impérativement être remplacé par des machines plus modernes… pour rester compétitif." 8 ou tout simplement pérenne.

Marx, immense lecteur d'Adam Smith (1723-1790) et de beaucoup d'autres − comme sûrement Bray l'a aussi été −, aurait-il, avec Bray, mal interprété Smith à propos du revenu du travail. Smith écrivait : "Dans l'état initial qui précède l'appropriation de la terre et l'accumulation du capital, la totalité du produit du travail appartient au travailleur. Il n'a ni propriétaire ni maître avec qui partager." 9. Smith évoquait ici la terre sauvage, libre de tout droit… avant l'avènement du droit de propriété.

Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov, 1870-1924) écrivait en mars 1913, reprenant Marx (et Bray) : "L'ouvrier emploie une partie de la journée de travail à couvrir les frais de son entretien et de celui de sa famille (le salaire) ; l'autre partie, à travailler gratuitement, en créant pour le capitaliste la plus-value, source de profit, source de richesse pour la classe capitaliste. La théorie de la plus-value constitue la pierre angulaire de la théorie économique de Marx." 10

Aujourd'hui, certaines personnes pensent encore que Bray et ses copieurs Marx, Lénine… ont raison. C'est-à-dire que les salariés doivent avoir 100% de la plus-value et qu'il convient de ne rien laisser à celui (ou ceux) qui a créé l'entreprise qui les emploie. D'autres, désormais beaucoup plus nombreux − ceux qui ont accepté l'économie de marché − se demandent comment l'idée d'un inconnu, John Francis Bray, a pu être prise pour argent comptant par des millions de personnes durant des décennies ?

Ébauche d'une réponse : enseigner le B.A.-BA de l'économie dès le collège, pour apprendre aux enfants qu'une entreprise du secteur marchand, qui ne fait pas de profit (la plus-value selon Bray, Marx… Lénine) ne peut pas créer d'emplois, car elle ne trouvera personne pour mettre de l'argent dans sa structure [capital social] ou bien le lui prêter pour qu'elle investisse, qu'elle innove… ou simplement puisse faire face à ses creux de trésorerie, notamment en fin de mois, pour payer ses salariés.

 

1. Dans : Le capital en quelques mots, de Platon à nos jours (L'Harmattan, Paris, 2015), p. 181.

2. Karl Marx (1818-1883) : Salaires, prix et profits, chap. XI : les différentes parties… la plus-value, p. 67.

3. Id. Chap. VIII : la production de la plus-value, p. 60.

4. Karl Marx : Le capital, livre I, 3ème section, chap. IX : le taux de la plus-value, p. 168.

5. in : Labour's Wrongs and Labour's Remedy (published by David Green, Briggate, Leeds, 1839), p. 48.

6. Id. "a barefaced though legal robbery", p. 50.

7. Le Capital (livre I, section V à VIII), 7ème section : accumulation du capital, introduction, p. 47.

8. Le capital en quelques mots, de Platon à nos jours (L'Harmattan, Paris, 2015), p. 181.

9. Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), Livre 1, Chap. 8 : Le salaire du travail, p. 73, ligne 3 à 5. Texte original (The wealth of nations) : "In that original state of things which precedes both the appropriation of land and the accumulation of stock, the whole produce of labour belongs to the labourer. He has neither landlord nor master to share with him."

10. Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme (1913), chap. I, p. 8.

 

Crédit photo : Labadie Photograph Collection, University of Michigan

 



40 réactions


  • Robert GIL Robert GIL 5 novembre 2015 10:09

    Derrière l’agitation superficielle du marché, il y a le lieu : l’atelier ou l’usine, ou le travailleur se fait détrousser de la plus value. Le travailleur n’a que sa force de travail à vendre, et cette « marchandise » a une vertu fabuleuse : en se consommant elle crée de la valeur ! Et une foie que cette force de travail est vendue, l’employeur a légalement le droit de la faire fonctionner aussi longtemps que possible. Dans le mode de production capitaliste, le temps de travail du prolétaire se divise en temps de travail nécessaire et temps de surtravail. Le travail nécessaire est le travail que le travailleur effectue pour assurer la production et la reproduction de sa propre force de travail, c’est-à-dire le travail qu’il lui faut fournir pour satisfaire ses besoins et se reproduire. Le surtravail est le travail accompli au-delà du temps de travail nécessaire, donc effectué gratuitement pour le compte du détenteur du capital qui achète la force de travail. C’est l’enjeu premier de la lutte des classes  !
    .
    Et pour bien comprendre l’escroquerie de la novlangue liberale, lire :
    LES VOLEURS DE PLUS VALUE


  • Hecetuye howahkan howahkan Hotah 5 novembre 2015 10:11

    salut

    je lis ceci : D’autres, désormais beaucoup plus nombreux − ceux qui ont accepté l’économie de marché − se demandent  etc..

    alors bienvenu dans un monde de conflit permanent, de vol permanent, de violence permanentes, de guerres permanentes, de misère qui tue, de famines et de chômage voulus et organisés, de tortures physique et mentales..bref bienvenu chez ce qu’est devenu l’humain...un dément et un criminel parfait..

    qui dit...c’est pas moi ou si c’est moi c’est pas de ma faute...

    disparu, à la trappe le libre arbitre..
    alors si c’est le seul monde proposé, armons nous tous et sus à l’ennemi et supprimons toutes les lois....car notre nature est d’être criminel..L’Origine au delà du temps aurait accouché d’un tel cafard ? impossible...ma rencontre avec l’énergie Originelle est la paix totale....

    cadeau, des mots du temps ou nous ,enfin certains, avaient encore un cerveau ...

    Rappelle-toi Barbara
    Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
    Et tu marchais souriante
    Epanouie ravie ruisselante
    Sous la pluie
    Rappelle-toi Barbara
    Il pleuvait sans cesse sur Brest
    Et je t’ai croisée rue de Siam
    Tu souriais
    Et moi je souriais de même
    Rappelle-toi Barbara
    Toi que je ne connaissais pas
    Toi qui ne me connaissais pas
    Rappelle-toi
    Rappelle toi quand même ce jour-là
    N’oublie pas
    Un homme sous un porche s’abritait
    Et il a crié ton nom
    Barbara
    Et tu as couru vers lui sous la pluie
    Ruisselante ravie épanouie
    Et tu t’es jetée dans ses bras
    Rappelle-toi cela Barbara
    Et ne m’en veux pas si je te tutoie
    Je dis tu à tous ceux que j’aime
    Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
    Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
    Même si je ne les connais pas
    Rappelle-toi Barbara
    N’oublie pas
    Cette pluie sage et heureuse
    Sur ton visage heureux
    Sur cette ville heureuse


    Cette pluie sur la mer
    Sur l’arsenal
    Sur le bateau d’Ouessant

    Oh Barbara
    Quelle connerie la guerre
    Qu’es-tu devenue maintenant
    Sous cette pluie de fer
    De feu d’acier de sang
    Et celui qui te serrait dans ses bras
    Amoureusement
    Est-il mort disparu ou bien encore vivant
    Oh Barbara
    Il pleut sans cesse sur Brest
    Comme il pleuvait avant
    Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
    C’est une pluie de deuil terrible et désolée
    Ce n’est même plus l’orage
    De fer d’acier de sang
    Tout simplement des nuages
    Qui crèvent comme des chiens
    Des chiens qui disparaissent
    Au fil de l’eau sur Brest
    Et vont pourrir au loin
    Au loin très loin de Brest
    Dont il ne reste rien.






  • antyreac 5 novembre 2015 12:07

    A bon de parler de plus value marxiste étant donné que ce système a complètement échoué économiquement partout où il s’est installé.


    • antyreac 5 novembre 2015 13:33

      @antyreac
      A quoi....


    • CN46400 CN46400 5 novembre 2015 13:35

      @antyreac


      Avant de parvenir à s’imposer, le capitalisme a mis beaucoup de temps(des siècles) pour démonter sa supériorité sur le féodalisme....

    • antyreac 5 novembre 2015 14:17

      @antyreac
      Le marché libre ainsi que la production de type capitaliste existaient bien avant le féodalisme qui n’était que passager.


    • CN46400 CN46400 5 novembre 2015 19:25

      @antyreac


      J’ai écris : « avant de s’imposer.... » comme maintenant une solution communiste gère déjà une partie de notre vie : la sécurité sociale, ce qui ne veut pas dire que le communisme s’est d’ore et déjà « imposé »...

    • Spartacus Spartacus 6 novembre 2015 08:45

      @CN46400

      « la sécurité sociale » une grande réussite cosmétique.....
      L’important n’est pas que ce soit social, c’est que les gens « croient que c’est social ».....

      Les gauchistes se bouchent les yeux par religion idéologique pour ne pas revenir a un système assuranciel bien plus responsable.

      Un système qui rembourse bien le visible mais se branle de l’invisible.
      Très bien remboursé une consultation commune que chacun pourrait se payer sans sécu et très mal remboursé les besoins indispensables que moins de gens peuvent se payer comme 7€ un inlay ou 10€ des lunettes et la sécu n’y est pour rien.

      Un système qui pousse au suicide les dépassés du système, les indépendants poursuivit même s’ils ne peuvent payer.

      Un système clientéliste ou les proches de l’état sont les statutaires qui défendent la sécu n’en veulent même pas pour eux et préfèrent les régimes spéciaux...

      Un système aliénant ou les coincés dans un système qui les enferme sont obligé de le faire continuer car il a absorbé la moitié des ressources de leur vie.

      Un système qui ne fait même plus illusion et démontre que chaque génération qui précède endette les générations futures dans une pyramide de ponsi.

      Un système ou la 1ere génération n’a rien payé et laisse sa dette sur la dernière génération qui paiera au prix fort la sortie.

    • CN46400 CN46400 6 novembre 2015 09:15

      @Spartacus


      Vous mis à part, je n’entends guère les partisans du capital, traditionnel, financier ou même ultra libéral, tous partis confondus, préconiser, ouvertement, le retour aux assurances sociales privées......

  • rocla+ rocla+ 5 novembre 2015 13:00

    Il a créé combien d’ entreprises ce rigolo de Marx , combien d’ emplois ?


  • rocla+ rocla+ 5 novembre 2015 13:02

    Avait-il prévu la révolution numérique  cet espèce de ...  ?


    • CN46400 CN46400 5 novembre 2015 13:38

      @rocla+

      Bien sûr et même les révolutions post-numériques, jusqu’à la disparition de l’exploitation de l’homme par l’homme et vice versa.....

  • Robert GIL Robert GIL 5 novembre 2015 13:04

    Et parce qu’une photo vaut mieux qu’un long discours ...


  • rocla+ rocla+ 5 novembre 2015 14:37

    Marx estime que de toutes les classes existantes dans la société moderne, seule la classe ouvrière est réellement capable de transformer la société.


    On attend . 

    La classe ouvrière a niqué le port de Marseille 
     
    La CGT de la classe ouvrière a coulé la SNCM .

    Les grands syndicats possèdent des châteaux . 

    Ils sont réellement capables , en effet ... smiley

  • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 5 novembre 2015 15:11

    Le système capitaliste repose sur la propriété privée du capital.

    Dans ce système on peut

    -  gagner de l’argent à partir de son capital, c’est même la règle pour que le système fonctionne bien.

    -  -disposer librement de son capital. On peut placer son argent comme on veut, là où ça rapporte le plus, le déplacer si on trouve plus profitable ailleurs, monter des entreprises, les revendre, etc.

    Cen’était pas le cas dans le système précédent, le système féodal, où le crédit et le droit d’entreprendre étaient très limités. Le capitalisme n’a rien de naturel mais comme tous les autres systèmes économiques, découle de choix politiques.

    Le capital peut prendre diverses formes : capital commercial, capital industriel, financier, il peut prendre la forme de marchandises, d’entreprises, la forme de brevets, de crédit, mais le capital aujourd’hui dominant, celui auquel peuvent se réduire toutes les autres formes de capital, c’est le capital financier, composé d’actifs financiers, qu’on appelle aussi des titres.

    La majeure partie des actifs sont des titres de créances, des reconnaissances de dettes, du crédit, de l’argent qu’on prête, de l’argent qu’on peut aussi placer dans des banques ou des caisses diverses, qui elles mêmes le prêtent et qui rapporte des intérêts. Ces titres peuvent bien sûr se revendre sur les marchés financiers.

    Le capital financier, c’est de l’argent qui rapporte de l’argent.

    A l’époque de Marx, le capital dominant était le capital industriel. L’exemple type marxiste, était le filateur, propriétaire de son entreprise, qui économisait sur ses profits pour acheter une machine à filer supplémentaire pour faire encore plus de profit. Ce type d’entrepreneur n’est plus aujourd’hui la norme, et l’entreprise appartient aujourd’hui à ses actionnaires.

    Pour ces entreprises et leurs actionnaires, il n’y a pas d’un côté un capital industriel et de l’autre un capital financier, les actions sont l’équivalent financier du capital industriel.
    Maintenant, ce sont les actionnaires qui sont les propriétaires des entreprises, ce sont les actionnaires qui font la loi à son Conseil d’administration et qui la dirigent dans le sens de leur profits. Le plus souvent, celui qu’on appelle le patron, même s’il est grassement payé et intéressé aux profits de l’entreprise, n’est que l’employé des actionnaires, et s’il veut conserver son poste il faut que l’entreprise dégage de bons profits pour verser de bons dividendes.

    Le profit est l’unique motivation pour acheter du capital, c’est à dire en même temps pour financer l’économie. S’il y a des risques quand on place son argent, les actions peuvent chuter, les crédits peuvent faire défaut. D’ailleurs, plus les risques de défaut de crédit sont élevés, plus les taux d’intérêts montent, on le voit en ce moment avec les exemples de l’Irlande et de la Grèce. Si l’espoir de profit est insuffisant face aux risques encourus, personne ne veut acheter des titres. Dans ce cas l’économie n’est plus financée et c’est la crise.

    La crise actuelle est une crise systémique, c’est à dire qu’elle découle directement de la logique interne du système capitaliste, directement de son fonctionnement normal, de ses propres fondements économiques. C’est aussi une crise qui concerne l’ensemble du système, et c’est une crise sans issue définitive tant que l’on ne touchera pas aux fondements mêmes du système, c’est à dire à la propriété privée du capital.

    Certains que le capitalisme peut être sauvé, que le capital peut indéfiniment trouver de nouveaux débouchés pour s’accumuler, que la crise n’est que conjoncturelle et qu’on va s’en sortir comme des précédentes par un judicieux mélange de mesures libérales et keynésiennes. 

    Mais malgré toutes les mesures prises, la crise est toujours là ! Les quelques signes d’amélioration possible ne sont jamais durables. Le chômage grimpe, les conséquences sociales s’aggravent, la pauvreté se répand. Chacun voit bien que ces mesures ne font rien d’autre que repousser l’échéance, tout en aggravant les déséquilibres et les contradictions, sans jamais rien régler sur le fond du problème. Le système s’enfonce dans une infernale fuite en avant, à plein gaz dans l’impasse du capitalisme mondialisé. Dit autrement : on va dans le mur ! Le capitalisme et pourra toujours rebondir. Seulement, il ne pourra vraiment le faire qu’après une bonne purge, une purge à la hauteur de la suraccumulation de capital financier la plus énorme que l’on n’ait jamais connue. Avec, à la clé, une récession économique et sociale sans précédent et des risques de conflits majeurs qui ont commencé à s’enclencher, le tout aggravé par une crise écologique à laquelle le capitalisme est dans l’incapacité d’apporter des réponses.

    La seule issue est le dépassement du capitalisme en donnant un nouveau statut à l’entreprise, qui ne doit plus avoir le statut de propriété privée, mais celui d’une association de travailleurs, qui la gèrent eux-mêmes. Et qui sera financée par du crédit public. Ce qu’on appelle aussi l’autogestion socialiste.


    • César Castique César Castique 5 novembre 2015 16:16

      @M de Sourcessure

      « Ce qu’on appelle aussi l’autogestion socialiste. »



      Ça va être chouette, on va passer de la régulation de la production par la demande et l’offre, à la planification étatique, ou « mieux », planétaire. Ne serait-ce que pour éviter les gaspillages et la surproduction.On aura jamais rien connu de plus tyrannique... smiley

  • Norbert 5 novembre 2015 15:48

    Cet article peut être résumé en un seul mot : nul

    L’auteur est ignorant ou malhonnête et peut-être les deux. Évidemment Marx a toujours expliqué que dans le cadre d’une société socialiste une partie de la plus-value devrait servir aux infrastructures nouvelles et à l’investissement au sens général.

    Il existe peut-être des objections à faire valoir contre la pensée marxiste mais pas celle pointée par l’auteur. Avec si peu de rigueur il est facile en effet de traiter beaucoup de sujets....en quelques mots.

    Le concept de plus-value tel qu’utilisé par Marx aurait été cogité avant lui par d’autres ? Mais c’’est le lot commun de toutes les idées importantes d’être popularisées par d’autres que leur concepteur originel. Il y a une mode depuis plusieurs années pour expliquer que la Relativité c’est pas Einstein mais Poincaré, que la musique de Bach c’est Vivaldi etc. Il y a toujours un peu de vérité car les idées ne naissent pas à partir de rien et se développent comme des organismes vivants (à ce propos avec toute les attaques qu’elle doit subir on voit bien que la pensée de Marx n’est pas encore morte).


    • César Castique César Castique 5 novembre 2015 17:10

      @Norbert

      « (à ce propos avec toute les attaques qu’elle doit subir on voit bien que la pensée de Marx n’est pas encore morte). »


      Elle n’est pas encore morte, parce qu’elle est perpétuée par des farfelus qu’elle fascine, en leur offrant une explication du monde confortable, rassurante.

      Mais il se garde bien de considérer que toute la Weltanschauung de Marx s’articule autour d’une société où le prolétaire consacre, lorsque les récoltes permettent de maintenir le prix du pain à un niveau raisonnable, la moitié de ses revenus à l’alimentation.

      C’est ce qui permet à Marx de dire que la bourgeoisie n’octroie au salarié que le minimum permettant de reconstituer sa force de travail et de perpétuer l’espèce, et à Engels d’affirmer que, dans la société sans classes, le commandement « Tu ne voleras point », sera obsolète, étant entendu qu’il y a aura assez de tout pour tout le monde. 

    • CN46400 CN46400 6 novembre 2015 09:23

      @César Castique


      On compare parfois Marx et le Christ, mais au nombre de résurrections Marx court nettement en tête. Mais aussi, certes, au nombre d’enterrement en grande pompe. En économie il n’y a que deux manières de faire parler de soi, enterrer Marx ou le déterrer.....

  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 5 novembre 2015 15:55

    Qu’on enterre définitivement toutes ses idoles !!


  • sleeping-zombie 5 novembre 2015 17:30

    Hello,

    Je ne suis pas économiste, mais quand je lis ça, je me sens moins bête :

    Ébauche d’une réponse : enseigner le B.A.-BA de l’économie dès le collège, pour apprendre aux enfants qu’une entreprise du secteur marchand, qui ne fait pas de profit (la plus-value selon Bray, Marx… Lénine) ne peut pas créer d’emplois, car elle ne trouvera personne pour mettre de l’argent dans sa structure [capital social] ou bien le lui prêter pour qu’elle investisse, qu’elle innove… ou simplement puisse faire face à ses creux de trésorerie, notamment en fin de mois, pour payer ses salariés.

    Ebauche d’une réponse à la réponse : comme à peu près un salarié sur 10, je bosse dans une association. Qui n’a pas de « propriétaire », ni « d’actionnaire » ou « d’investisseurs ».
    Et pourtant, on est passé de 140 salariés en 98 à près 400 en 2015.
    Et pourtant, notre matériel est renouvelé.
    Et pourtant, on a une trésorerie pour pallier à un éventuel « creux de commande ».
    (Et pourtant, on a des inégalités de salaires entre employés).

    Bref, « pas de capitaliste » ne veut pas forcément dire « pas de capital ».


    • Aimé FAY Aimé FAY 6 novembre 2015 07:17

      @sleeping-zombie
      ATTENTION : ne pas confondre entreprise et association (voir : « Le capital en quelques mots, de Platon à nos jours »)


    • sleeping-zombie 6 novembre 2015 07:28

      @Aimé FAY
      Quelle différence ?
      Un employeur, un emploi, un service rendu, un client... La seule chose qui change, c’est « un propriétaire ».
      Le monde associatif, de part sa simple existence, prouve que la notion de « propriétaire » n’est pas indispensable à un système économique. De la même manière que la république a prouvé qu’un pays peut se passer d’aristocratie...


  • Pascal L 5 novembre 2015 18:04

    Marx était bien plus prêt de la théorie classique que ce que beaucoup prétendent car il écrivait que « la plus-value est elle-même dérivée d’une valeur d’usage « spécifique » de la force de travail qui lui appartient exclusivement. Chez moi, la valeur d’usage joue un rôle important complètement différent de celui qui prévalait dans l’économie politique auparavant. » (Karl Marx « Marginal notes on A. Wagner »). Il ajoute « Chaque marchandise se présente sous le double aspect de valeur d’usage et de valeur d’échange. » (Paul M. Sweezy, citant Marx). Marx traitait lui-même les marxistes d’obscurantistes.


  • soi même 5 novembre 2015 18:47
    La plus-value marxiste est pourtant simple à comprendre, diviser pour Régné à noté que c’est Louis XIV qui là vraiment conceptualisé la théorie.

    L’autre aspect de de la plus-value marxiste, c’est comme ils ses pressent aux pauvres et aux opprimer, les personnes les plus toucher par leurs intentions ne remarque pas qu’ils ont affairent aux pires bourgeois roturier de l’histoire.

    D’ailleurs leurs avenirs radieux est un cauchemar pour ceux qui l’on vécus.


    • izarn izarn 5 novembre 2015 20:48

      @soi même
      Faut etre taré pour ne pas comprendre que la plus-value, ou simplement le sur travail demandé du fait de l’esclavagisme du travailleur, c’est de l’extorsion de fond à main armé. Du hold-up de bas étage.
      Marx voulait faire disparaitre le prolétariat, et non pas le mettre sur un piédestal.
      Prolétariat=Esclave. Marx.
      La propriété (capitaliste des biens de production) c’est le vol. Proudhon.
      Que dire de plus ? C’est encore parfaitement exact.
       


    • soi même 5 novembre 2015 21:12

      @izarn, non je ne suis pas taré conne vous semblez me faire comprendre finement ; pour vous le Goulag cela évoque quoi ?


  • Claude Simon Gandalf 5 novembre 2015 20:16

    Il aurait du faire avec la théorie de la moins-value, il aurait invité la démocratie du prolétariat.


  • izarn izarn 5 novembre 2015 20:28

    Ben c’est pas compliqué, les SCOP ça existe ; pas besoin du Capital à rénumerer pour exister.
    Allons plus loin : Etes vous sur que l’activité humaine depuis 50 000 ans a besoin du capital pour exister ?
    Bon, si je dis, voila j’ai une épée, tout ça est à moi : Tu dois etre à mon service, sinon je te tue.
    C’est pas le capitalisme ça ? C’est pas la définition de la propriété capitaliste des biens de production ?
    Pourquoi obéir au capitalo, sinon qu’il te menace de prison, de famine ?
    C’est ça le libéralisme ?
    C’est pas se foutre du monde, peut-etre ?


  • coinfinger 5 novembre 2015 20:50

    Je reprends , je ne sais pas si c’est passé . Peu importe , la part de plus value . C’est ce qu’on en fait qui importe . Faudra toujours , administrer , penser , reserver une part aux détours de productions .
    Peu importe les mots et comment . Ce qui importe c’est que ce soit au service de tous .


  • eric 5 novembre 2015 21:10

    A l’auteur, non mais là, vous avez une approche semblable à celle de Marx et de votre américain...

    Parce que vous oubliez complètement que dans la plus value, les impôts, les charges sociales et autres prélèvements, taxes, surcouts liés aux règlementation sont aussi à imputer sur la « plus value du travail du travailleur ».

    Pour mémoire, les administration nous taxent d’un gros 50% et dépensent un petit 60% de mémoire de notre PIB.

    Vous me direz, oui, mais le travailleur en récupère une partie sous forme d’aides sociales de services publics,etc...

    C’est vrai. La grande question est de savoir si il en a pour son argent.

    Le profit du capitaliste doit frôler les quelques pourcent après taxes, transferts et inflation. L’état, c’est la moitié et plus. C’est donc bien sur ce morceau là qu’il faut se poser de vraies questions.

    C’est difficile pour des marxistes. Un type comme Marx, et la classe sociale qui lui a succédé, a toujours vécu sur une part de la plus value extorquée aux travailleurs ( en occurrence, c’est son pote Engels qui utilisaient les profit de la boite familiale). Les lettres amères de Karl, se plaignant de ne pas recevoir assez de fric pour entretenir son niveau de vie de petit bourgeois gavé, ont été un enseignement pour toutes les gauches, il n’est pas bon de dépendre de sponsors privés. Aujourd’hui, les socialistes se servent en direct à travers l’appareil d’Etat.

    L’alter post néo marxiste Emmanuel Todd affirme que les personnels publics pompent un euro de frais de fonctionnement pour un euro redistribué ( plus mauvais ratio d’Europe). Mais je pense qu’il sous estime. Lui même à passé sa vie à émarger à l’INED en pondant des bouquins vendu à son propre bénéfice et je ne croit pas qu’il se soit inclut dans les frais divers de l’état.

    La question du partage de la plus value aujourd’hui, c’est celle du partage entre les entreprises, travailleurs et investisseurs compris, face aux prélèvement des castes bureaucratiques et le rapport qualité prix de ces dernières.

    Ici, nous avons deux indication incontournables : ils pompent de plus en plus ( pourcentage croissant d’un PIB croissant) ils sont de plus en plus mauvais : tous les syndicats vous le diront, « on assiste depuis 40 ans à une baisse inexorable de la qualité des services publics, faute de moyens et de postes.... »


    • CN46400 CN46400 6 novembre 2015 08:17

      @eric*


      « La question du partage de la plus value aujourd’hui, c’est celle du partage entre les entreprises, travailleurs et investisseurs compris »

      En admettant que le partage serait équitable, toujours peu évident (euphémisme), pourquoi le capital dispose de tous les pouvoirs et les salariés d’aucun ?
         Les frais de gestion de tous le services publics français sont largement comparables à ceux des entreprises publiques qui agissent ailleurs (SS = 
      6% ,assurances privées US = 11%). La qualité de service baisse au fur et à mesure que la gestion se privatise.... « petit bourgeois gavé »

    • rocla+ rocla+ 6 novembre 2015 10:14

      @eric


      C’est difficile pour des marxistes. Un type comme Marx, et la classe sociale qui lui a succédé, a toujours vécu sur une part de la plus value extorquée aux travailleurs ( en occurrence, c’est son pote Engels qui utilisaient les profit de la boite familiale). Les lettres amères de Karl, se plaignant de ne pas recevoir assez de fric pour entretenir son niveau de vie de petit bourgeois gavé, ont été un enseignement pour toutes les gauches, il n’est pas bon de dépendre de sponsors privés. Aujourd’hui, les socialistes se servent en direct à travers l’appareil d’Etat.

      Exactement ce que font les salariés EDF , ils font payer ce 
       qu’ ils consomment en électricité par les usagers captifs . 

      Le marxisme est une saloperie mondiale aux mains de voyous sans
      foi ni loi .

    • CN46400 CN46400 6 novembre 2015 11:03

      @rocla+

      Et pourtant, et pourtant, l’électricité française est la moins chère d’Europe, surtout par rapport aux fournisseurs privés qui demandent, tous les jours, l’augmentation des tarif EDF......

  • Osis Oxi gene. 6 novembre 2015 05:14

    En quelques mots :

    Nul, indigeste, facile, portes ouvertes, mauvaise foi, réclame, etc.


  • Sarah 6 novembre 2015 14:05

    @l’auteur


    La note de l’article à cette heure-ci montre combien sont, non, même pas imbibés de marxisme, ce serait un trop grand mot, mais manquent de notions de comptabilité : c’est ce qu’il faudrait, dès l’école primaire, et non des problèmes d’initiation à l’arithmétique du style : « Un commerçant vend 10,95 euro une tasse qu’il a acheté 4,87 euro, quel est son bénéfice ? » ( un exercice concret de soustraction avec virgule.)


    Résultat : trop d’élèves arrivent dans la vie en ignorant tout des notions de charges, produits, capital, chiffre d’affaire, marge, excédent brut et net d’exploitation, bénéfice avant et après impôt etc.


    Pourtant la comptabilité concerne tout le monde, même ceux qui ne sont pas dans le commerce, et devrait faire partie des connaissances de base.


  • Michel Maugis Michel Maugis 6 novembre 2015 15:18

    Article complètement nul, dont la mission est de semer la confusion sur la perversité scientifique du capitalisme.

    La perversité du capitalisme (pour ses ennemis) n’ est pas de faire du profit.

    Karl Marx, Lenine, et les marxistes n’ont jamais pensé cela. 

    Ce sont les profiteurs égoïstes du capitalisme qui sèment cette confusion imbécile dans le peuple. Ce qui démontre la profonde malhonnêteté des laudateurs du capitalisme.


    C’ est que ce profit est PRIVÉ et donc détourné de sa finalité sociale, pour être utilisé par une extrême minorité de profiteurs au détriment du développement de la société humaine.

    Nous vivons sous un réel TOTALITARISME permanent. Il conduit à une aliénation humaine que se charge d’ entretenir la SUPERSTRUCTURE ( presstituées du Grand Capital, Messe TV, BHL, Hollande, Sarkonazi, etc...)

    Si l’ abolition de la propriété privée des grands moyens de production ne peut selon l’ auteur que conduire qu’ à un totalitarisme, cela ne durera que le temps de l’ abolition, et non une fois que cette abolition sera complète, et les anciens exploiteurs exterminés politiquement.
     
    Ce sera la véritable démocratie.

    La démocratie bourgeoise ( celle des exploiteurs) est un oxymoron.





  • j-p. bédol 7 novembre 2015 07:23

    @l’auteur

    Vous paraissait préférer la Corée du Sud à la Corée du Nord et à Cuba. Moi aussi bien qu’homme de gauche et marxiste dans ma prime jeunesse.


  • philippe 5 février 15:42

    bonjour 

    vous écrivez que Marx pensait ’’ que la totalité de la plus-value, c’est-à-dire des gains réalisés par l’entreprise, devait aller à l’ouvrier, c’est-à-dire au prolétariat "

     ??????

    je suis presque tombé de ma chaise en lisant çà .

    Critique du programme de Gotha - Marx - extraits :

     ’’ Si nous prenons d’abord le mot « produit du travail » dans le sens d’objet créé par le travail alors le produit du travail de la communauté, c’est « la totalité du produit social ’’

    Là-dessus, il faut défalquer : Premièrement : un fonds destiné au remplacement des moyens de production usagés ; Deuxièmement : une fraction supplémentaire pour accroître la production ; Troisièmement : un fond de réserve ou d’assurance contre les accidents, les perturbations dues à des phénomènes naturels, etc.

    Ces défalcations sur le « produit intégral du travail » sont une nécessité économique, dont l’importance sera déterminée en partie, compte tenu de l’état des moyens et des forces en jeu, à l’aide du calcul des probabilités ; en tout cas, elles ne peuvent être calculées en aucune manière sur la base de l’équité.

    Reste l’autre partie du produit total, destinée à la consommation.

    Mais avant de procéder à la répartition individuelle, il faut encore retrancher :

    Premièrement les frais généraux d’administration qui sont indépendants de la production. Comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, cette fraction se trouve d’emblée réduite au maximum et elle décroît à mesure que se développe la société nouvelle.

    Deuxièmement : ce qui est destiné à satisfaire les besoins de la communauté : écoles, installations sanitaires, etc. Cette fraction gagne d’emblée en importance, comparativement à ce qui se passe dans la société actuelle, et cette importance s’accroît à mesure que se développe la société nouvelle.

    Troisièmement : le fonds nécessaire à l’entretien de ceux qui sont incapables de travailler, etc., bref ce qui relève de ce qu’ on nomme aujourd’hui l’assistance publique officielle.

    C’est alors seulement que nous arrivons au seul « partage » que, sous l’influence de Lassalle et d’une façon bornée, le programme ait en vue, c’est-à-dire à cette fraction des objets de consommation qui est répartie individuellement entre les producteurs de la collectivité.

    Le « produit intégral du travail » s’est déjà métamorphosé en sous-main en « produit partiel », bien que ce qui est enlevé au producteur, en tant qu’individu, il le retrouve directement ou indirectement, en tant que membre de la société. ’’ Marx

     Marx n est pas dans une critique ’’moralisatrice’’ du Capital ’mais dans son analyse comme ’’d un processus naturel et objectif ’’ -Ce processus crée le salariat ,de plus en plus qualifié , responsable ,et gestionnaire de son travail- transformation anthropologique de longue durée des facultés humaines et à terme donc de l’organisation de nos sociétés .

    c est le rapport social du Capital qui permet cela , et c est pourquoi Marx s est tant attaché à le comprendre en premier lieu -

    Déjà dans ’’le manifeste du parti communiste ’’ Marx et Engels font o combien l’éloge de la bourgeoisie capitaliste qui crée les bases du développement de la société émancipée de la féodalité et rend possible à travers le prolétariat , une humanité débarrassée de l’étroitesse de mentalités et besoins immédiats .

    confondre le point de vue de Bray et Proudhon avec celui Marx c est un gros contresens - c est Proudhon qui a écrit ’’la propriété c’est le vol ’’ - pas Marx ! (- cf ce que pensait Marx de l un et l autre dans ’’Misère de la philosophie ’’ )

    Quant à l origine de la plus-value ,elle n est pas explicable sans le concept central exposé dans ’le Capital ’du caractère double du travail : travail concret / travail abstrait -

    cordialement

    Philippe


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