La France vient de perdre son triple A.
C'était prévisible, mais les politiques d'un bord comme de l'autre ne peuvent s'empêcher de se jeter les uns à la figure des autres leur propre incurie au cours de toutes ces années, alors qu'il conviendrait qu'ils se taisent, par pudeur, et retournent à leurs études. Le fait que cette note secoue autant la classe politique française montre bien à quel point celle-ci dans son ensemble est inféodé aux « marchés...
A eux, je rappellerai cette citation de Ruy Blas, acte III scène 2 :
« RUY BLAS Bon appétit, messieurs ! Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison »
A ceux qui mettent tout sur le dos du président actuel, rappelons que par exemple, la LOLF, une des dernière mesures du gouvernement Jospin, eut pour des conséquences sociales importantes.
Je crois que l'on peut parler à ce sujet de bonnet blanc et de blanc bonnet...
Et je ne parle même pas des extrêmes qui sont là pour amuser la galerie et faire le spectacle ceci afin de distraire le peuple des vraies questions qui se posent
Le pays oscille généralement entre deux politiques depuis 1974, un hyper-libéralisme teinté de quelques mesures sociétales et curieusement de quelques scories colbertistes, consistant à placer ses favoris quand on a les manettes du pouvoir en main, quand c'est la droite dite parlementaire qui est au pouvoir, une sociale-démocratie (par ici un résumé intéressant, sans aucun esprit partisan, sur la politique menée depuis mai 1981) surtout marquée par là encore des mesures sociétales phares.
D'un côté comme de l'autre, on s'entend pourtant pour soutenir la construction de l'Union Européenne sur un socle exclusivement libérale et monétariste, qui a eu pour conséquence une hausse considérable des prix, les uns pour satisfaire les intérêts des marchés financiers, et des multinationales, les autres par aveuglement, idéologie et utopie.
A ce lien on notera que le PS a cru bon de créer sa propre agence de notations interne...
A droite comme à gauche, on bombe le torse, on joue les matamores et on se soumettra sans problème aux diktats des agences de notation le moment venu.
On envie presque la Belgique, qui n'a pas eu de gouvernement depuis des mois, les représentants du peuple n'arrivant pas à s'entendre, le pays a été géré par des personnes qui ont fait preuve de bon sens, ont relancé l'économie, et finalement, la Belgique a rarement été aussi prospère du fait de cet empirisme.
Et pourtant la France recèle encore un beau rêve, la France c'est Athos coincé dans la cave d'un aubergiste félon, se démenant, se battant comme un beau diable, tout en vidant ladite cave.
Et la France c'est aussi ce cauchemar qui s'éternise, un géant agonisant sur lequel se nourrissent encore plusieurs espèces de charognards de toutes espèces, de toute taille, chacun selon la peur qu'il inspire à l'autre.
Les charognards ne comptent pas d'ailleurs arrêter de se goinfrer sur le dos de ce cadavre, ils comptent bien continuer le plus longtemps possible. Il y a les charognards qui emportent les meilleurs morceaux et se servent en premier, et les petits ou tout petits qui se contentent d'un petit peu de restes voire des os que les plus puissants consentent à leur laisser.
Pour les charognards tout petits, leur attitude serait excusée par le fait qu'ils sont tout petits, mais un charognard petit ou gros est un charognard.
Mais ni les uns ni les autres n'entendent renoncer à ces morceaux, fussent-ils des bas morceaux, et puis de toutes façons comme tout le monde le fait pourquoi se priver ? Chacun met en avant ses petits ou ses grands privilèges, ses prérogatives complètement absurdes ou obsolètes en 2012, les présentant comme autant d'acquis inattaquables, et le pire est que ça passe comme une lettre à la poste auprès des citoyens qui sont autant de « cochons de payants ».
Il ne faut surtout pas que ce « cochon de payant » s'arrête de payer, même si cela doit mener à la précarisation totale de ce qui reste de la classe dite moyenne, à savoir ces ménages qui pouvaient espérer bénéficier encore il y a peu de « l'ascenseur social » et qui savent maintenant que leurs enfants ou petits enfants vivront moins bien qu'eux.
On se rappelle, c'était il y a peu, de l'attitude des dirigeants syndicaux de Seafrance osant se plaindre de leur sort alors que tous deux propriétaires prospères.
Cette République des copains et des coquins n'a pourtant jamais autant aussi marquée, encore maintenant, par la mainmise des idéologies sur à peu près toute la société française, ces idéologies incapables d'empirisme justement, qui ne sont bien qu'un cache-sexe misérable pour des bourgeois vivant sur le dos du pays en train de mourir qui parent leur égoïsme de belles intentions.
Maintenant, ils ne donnent même plus comme bonne intention hypocrite le fait qu'ils ont le souci du bien commun du pays, car ils ont abandonné tous les symboles nationaux, voire la fierté de la culture française, à d'autres, toutes choses montrées par eux comme ringardes ou symbole du "retour ders z-heures les plus sombres de notre histoire". (TM°)..
Ce qui domine chez les idéologues c'est leur sectarisme, leur fermeture totale et quasiment complète à tout ce qui n'est pas leur opinion, leur vulgate, leur « doxa » théorique, la plupart du temps très abstraite et sans aucun lien avec le réel.
J'entends déjà leur objection principale à ce texte qu'ils verront comme « poujadiste » car tout texte, tout discours, toute intervention qui remet en cause ne serait-ce qu'un peu leurs privilèges est ou populiste, ou « poujadiste »...
ci-dessous un message d'espoir