vendredi 18 novembre 2011 - par RogerTroutman

Le Nouvel Ordre Européen : de la crise à la dictature

Dans une République rongée par une crise de sécession, et profitant de la corruption généralisée et des divergences entre les différentes nations sur la question du règlement du conflit, le sénateur Palpatine fait un discours devant le Sénat de la République galactique et promet d’apporter une solution définitive à la guerre si on lui donne le pouvoir nécessaire. C’est sous des ovations qu’il obtient les pleins pouvoirs par un vote unanime du Sénat et devient Chancelier Suprême, puis Empereur auto proclamé.

Cette scène du film « Star Wars – La guerre des clones » ne vous rappelle rien ?

Le 13ème des innombrables sommets « exceptionnels » réunissant les 17 membres de la zone euro, le 26 octobre, avait été repoussé deux fois « en raison de divergences entre la France et l’Allemagne ». Nicolas Sarközy de Nagy Bocsa et Angela Merkel, triomphants, nous promettaient néanmoins une « réponse globale et ambitieuse ». Les accords annoncés au petit matin les traits tirés et les poignées de mains ostentatoires nous donnaient l’impression que nos élites se décarcassent pour nous tirer d’une situation dont nous, Grecs comme Italiens et Français, sommes responsables avec « notre train de vie » bien trop luxueux : « nous avons perdu une part de nos richesses [...] sans rien changer à notre façon de vivre, alors, nous nous sommes endetté » (François Fillon, 31 176 € par mois).

 Le président hongrois Nagy Bocsa et la chancelière Merkel parlaient de « travaux techniques concernant les banques, le fonds de soutien et les possibilités d'utilisation de ce fonds ». L’expression vague « travaux techniques » leur permet d’éviter d’expliquer, tout en sous-entendant que ce serait de toute façon trop compliqué pour que la plèbe comprenne. En réalité, Sarközy est à la tête d’un pays à court de liquidités et il veut faire tourner la planche à billets pour renflouer les banques comme le font les USA, alors que Merkel se bat contre l’inflation qui reste une phobie dans son pays depuis l’épisode de Weimar.

Au meilleur de leur forme, nos deux dirigeants ont travaillé au rythme de 3 à 4 sommets par semaine, soit en couple soit avec les 17 pays membres, mais dans tous les cas à huis clos et conclus par explications vaseuses, permettant au passage aux bourses de « rebondir ». Le Figaro écrivait le 20 octobre que Merközy allait annoncer « la mise en oeuvre opérationnelle des nouvelles modalités d'intervention du FESF, un plan de renforcement du capital des banques européennes et la mise en place de la gouvernance économique de la zone euro et le renforcement de l'intégration économique ». Dans cette prose floue et gluante qui ne donne délibérément ni chiffre, ni date, ni moyen, on retiendra quand même les mots clefs : « FESF », « renforcement du capital des banques », et « gouvernance économique ».

 

La mise en place des armes – FESF et MES

 Comme toute guerre, celle qui se déroule en ce moment même contre la Démocratie et les peuples souverains, sous les yeux hébétés d’une population ramollie par des décennies de propagande pro-européiste, commence par une mise en place stratégique des troupes et de l’armement.  

Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. Sun Tzu, L’Art de la Guerre

Nous n’avons rien vu venir, pourtant tout était sous nos yeux. Le fait que la Commission Européenne regroupe deux pouvoirs (exécutif et législatif) et qu’aucun de ses membres de soit élu, cela aurait du nous mettre la puce à l’oreille.

Le Conseil Ecofin, qui regroupe les ministres des Finances européens, a créé, sans vous consulter cela va de soi, le Fonds Européen de Stabilité Financière. Le FESF est un fonds conçu pour garantir les prêts consentis aux pays endettés, afin de rassurer les banques acheteuses d’obligations et les agences de notation qui l’ont noté AAA. Le fonds n’a cependant aucun fondement juridique dans les traités européens.

Les interminables discussions de ces dernières semaines ont permis de transformer les 440 milliards du FESF (dont 90 apportés par le contribuable français) en 1000 milliards, par un « effet de levier ». « Effet de levier » est une formule pompeuse pour désigner une forme de prêt qui vous permet d’investir plus que ce que vous possédez en fonds propres. La réponse à la crise de la dette est donc une fois de plus l’endettement, mais cette fois-ci en endettant des nouvelles structures créées pour l’occasion. La Slovaquie, qui s’était opposée à ce suicide, a eu droit à une leçon de démocratie puisque Sarközy l’a obligée à revoter jusqu’à ce qu’elle approuve le fonds illégal. 

Annuit Cœptis

 Bien entendu, nos élites européistes sont parfaitement conscientes que les 1000 milliards d’euro du FESF ne suffiront pas à garantir les prêts accordés à la Grèce, à l’Italie, à l’Espagne, à la France et aux autres pays en difficulté. Et puisque le fonds arrive à expiration en 2013, Sarközy, Van Rompuy et la clique souhaitent remplacer le FESF par le Mécanisme Européen de Stabilité, un fonds permanent, irrévocable et couvert par l’immunité juridique. Son rôle serait le même que celui des banques centrales et du FESF, à savoir endetter plus pour rembourser plus.

Le traité établissant le MES a donc été signé par les États membres le 11 juillet 2011. La création du MES a nécessité des modifications du Traité de Rome en douce afin de le rendre légal. Vous n’avez pas été consulté ? Non, et c’est bien normal, et d’ailleurs ce ne sont que 20 milliards qui sortent de vos poches.

La gestion de cette super-banque chargée de renflouer les déficits avec l'argent du contribuable sera confiée à la BCE. A-t-on informé les citoyens des conséquences d'un transfert massif de souveraineté budgétaire des Etats vers un organisme supranational qui jouit d'une totale autonomie de décision ? Non. Quant à la BCE, par quel processus démocratique la a-t-elle été constituée, et lequel de ses membres est-il élu ? Aucun. Qui contrôle l’exécution du mandat de son président, nommé pour 8 ans ? Personne.

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Logo du Conseil de l’UE

La mise en place des généraux

 Les choses s’accélèrent, après des mois d’une mascarade grecque dont l’apothéose fut quand le premier ministre, qui a eu le culot de suggérer qu’il fallait laisser la démocratie faire son travail, s’est ravisé après avoir passé 2 heures en tête à tête avec Merkel et Sarközy. La Grèce était une République parlementaire dont le premier ministre Papandréou avait été élu en octobre 2009. Le nouveau premier ministre, Papadémos, formé aux USA et ancien vice-président de la BCE et de la Banque Centrale grecque à l’époque ou celle-ci a truqué ses comptes avec l’aide de Goldman Sachs, a été nommé le 11 novembre.

 Puis est venu le tour de l’Italie. Le président du conseil Silvio Berlusconi a démissionné lui aussi, après avoir été forcé d’imposer à son pays un programme de rigueur. Mario Monti, formé aux USA et conseiller pour Goldman Sachs depuis 2005, a été nommé président du conseil le 13 novembre, sans passer par la case vote et sans avoir obtenu la majorité au Parlement, comme le voudraient les règles de la Démocratie italienne.

Le 18 octobre, à 3 jours du G20, Standard & Poor's a dégradé la note de l’Italie avec une perspective négative et Moody's a aussi dégradé 24 banques italiennes. Excellent timing pour mettre la pression sur les états et pour que le MES apparaisse comme la seule et unique solution. Tout se passait comme prévu : le taux obligataire à 10 ans s’envolait à 7,42%, le spread Italie-Allemagne à 10 ans atteignait 572 points de base, les CDS s'envolaient, et la BCE est la seule à acheter du papier italien. Or l’Italie a 2 000 milliards d'euros d’obligations en circulation, et doit trouver 192 milliards d'euros cette année, 168 milliards en 2012 et 100 milliards en 2013. Heureusement que le MES existe. L’année 2012 s’annonce douce pour l’Italie : réduction des budgets de la santé, de l’éducation, de la justice, des retraites, et augmentation des impôts.

 Puis il y a l’Espagne. Le monde de la finance sait depuis des années que la situation économique et budgétaire de l’Espagne est catastrophique. Mais Moody’s a décidé d’attendre le 18 octobre 2011 pour dégrader la note espagnole de 2 crans, à trois jours du G20. En onze jours, les agences Fitch, Standard & Poor et Moody’s ont baissé la note de l'Espagne de deux crans, et au 18 novembre, le taux de ses obligations à 10 ans est à 6,42%. On se demande juste qui, parmi les anciens de Goldman Sachs formés à Yale, sera nommé chef du gouvernement, et quand ?

 Quant à la France ? De combien a-t-on besoin pour rembourser la dette (et ses intérêts) qui finance nos guerres en Libye, et des suites à 37 000 dollar la nuit à Cannes ? 190 milliards d'euros en 2011, 182 milliards en 2012, puis 174 milliards en 2013. Notre triple A est une fantaisie qui ne tiendra pas longtemps puisque les taux des OAT sont plus du double de ceux des obligations allemandes, elles aussi notées AAA. Et pendant qu’on nous promet la rigueur, votre argent est intelligemment dépensé : lors du premier plan de sauvetage de la Grèce en mai 2010, la France a apporté 16,8 milliards d'euros (plan total de 750 milliards d'euros), et 15 milliards d'euros lors du second plan du 22 juillet 2011 (plan total de 158 milliards d'euros). Le sauvetage raté de la Grèce seule a donc coûté 31,8 milliards d'euros aux contribuables français.

 La solution à tous vos problèmes 

Une seule solution pour nous éviter que l’austérité digne de 1945 que nous a promis Fillon ne dure pendant des décennies : le MES, assorti d’un supra-gouvernement européen qui n’aurait de comptes à rendre à personne. Les politiques, les économistes et même les bhlosophes sélectionnés scrupuleusement par les grands médias nous vantent à l’unisson un gouvernement économique européen, un ministère européen des finance, et des obligations européennes. Sarközy, Van Rompuy (président du conseil européen), Trichet, Draghi (président de la BCE), Attali et les autres nous expliquent tellement bien ce qui est bon pour nous que le récent sondage du Figaro « êtes vous pour l’instauration d’un ministère européen des finances le plus vite possible » a été très largement dominé par le Oui...à moins qu’il n’ait été truqué pour nous dire quoi penser

En résumé, une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance. George Orwell, 1984.

Pour être investit des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, Philippe Pétain lui avait promis qu’il ramènerait la paix en signant l’armistice du 22 juin 1940 avec le IIIe Reich.

Le 12 octobre, Trichet a déclaré que la crise « a atteint une dimension systémique », une expression dramatique reprise par Barosso (président de la Commission européenne) le 17 novembre, avant d’évoquer une « surveillance accrue » des budgets des pays membres. Van Rompuy a lui proposé de modifier les traités européens pour « améliorer le fonctionnement de la zone euro » en « approfondissant notre union économique et en renforçant notre discipline budgétaire ». Angela Merkel déclare que l'Europe est confrontée à "son heure la plus sombre depuis la Deuxième Guerre mondiale". Plus proche de nous, le premier ministre François Fillon avait déclaré qu'un échec du sommet du 26 octobre « pourrait faire basculer le continent européen vers des terres inconnues ». Rien que ça. Et le 6 novembre il nous dévoilait son « budget de rigueur jamais vu depuis 1945 pour conserver notre crédibilité financière ». Toutes ces références aux « heures les plus sombres de notre histoire » font peur.

De son côté, Jürgen Stark, économiste en chef de la BCE, suggère que les États sollicitant l’aide du MES devront être placé sous « tutelle financière ». Pour détendre l’atmosphère il a quand même terminé son allocution par une blague hilarante : « des institutions fortes et indépendantes au niveau de la zone euro et au niveau national encouragent la transparence et augmentent la pression pour [...] contrecarrer d'éventuelles tendances à la négligence des règles budgétaires par un État. » Sacré Jürgen !

Parlement européen

Parlement Européen

Les gouvernements ne sont évidemment pas les seuls à faire monter la pression. Les banques, premières intéressées, croient savoir que si on ne les renfloue pas il y aura la guerre. Au mois de septembre, la banque UBS a publié un rapport intitulé "Euro break-up – The consequences" (par Stephane Deo, Paul Donovan et Larry Hatheway). La conclusion de ce rapport est la suivante : "il est important d’observer qu’aucune union monétaire de monnaie fiduciaire récente n’a éclaté sans provoquer ensuite l’apparition de gouvernements autoritaires, militaires ou de guerres civiles." C’est un mensonge, mais le message est clair : soit vous acceptez l’euro, le MES, l’austérité et toutes les mesures de nos élites géniales, soit vous aurez la guerre et la dictature. Le MES, c’est donc une question de guerre ou de paix.

 Vous n’êtes toujours pas convaincu du bien fondé du MES ? Attendez que le défaut de la Grèce soit prononcé officiellement. Les adorateurs de l'euro vont redoubler de grands discours, et ils auront le monopole de la parole grâce à la complicité des médias. Ils nous conteront à loisir les conséquences fantasmées d'une sortie de l'euro : le danger que représente pour le dollar une dévaluation des monnaies européennes, la perte de compétitivité de nos travailleurs face aux esclaves à la Chine et aux émergeants, et bien sûr la guerre et les menaces terroristes de l’extrême droite qui, comme chacun sait, sont à nos portes... Ils omettront bien entendu de vous conter l’Argentine ou l’Islande.

Quand vous entendrez ces discours, souvenez-vous du Patriot Act, du réseau Echelon, des fouilles dans les aéroports, des hommes en arme dans les gares, de Hadopi, de Loppsi 2, de la prolifération des caméras de surveillance dans les rues... Les crises, et les crises financières y compris, ont toujours été utilisées dans le but d'imposer de nouvelles règles de protection en convaincant la population que c'était pour son bien. La légende raconte même que les crises financières ont été calculées et déclenchées volontairement pour imposer des changements qui n’auraient pas été acceptés en temps de paix. C'est cette subtilité qui différencie l'UE de Junker-Sarközy-Rothschild-Goldman d'une dictature brutale à la Kim Jong Il. 

 
 

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. Benjamin Franklin

 

Gardez à l’esprit que la gouvernance européenne, et mondiale à plus long terme, dont on nous vante les mérites ne signifie en fait qu’une chose : plus de pouvoirs sur plus de peuples dans les mains d'un plus petit groupe d' « élites » que vous n’aurez pas choisies. Savez-vous qui est élu démocratiquement à la Commission Européenne, organe cumulant les pouvoirs législatif et exécutif, ou à la BCE, organe qui décide de votre endettement ? Personne, tous sont nommés via un mélange de népotisme, de ploutocratie, et d’oligarchie. 

Gardez à l’esprit que le « plus de centralisation et d’harmonisation » que l’on nous prêche est un piège mortel puisque c’est la centralisation et l’harmonisation qui a mis l'Europe dans ce pétrin, par l'harmonisation des taux d'intérêts pour que les Grecs et les Italiens puissent emprunter plus.

 La perte de souveraineté et l’asservissement de l’Europe

 Non contents d’avoir subtilisé la démocratie de leur pays respectif pour donner les pleins pouvoirs à l’UE, les dirigeants européens ont aussi décidé de prostituer cette dernière au reste du monde. La France, l’Allemagne et les autres ont mendié auprès du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, et de l’Afrique du Sud. La Chine serait d’accord pour apporter une contribution au FESF à hauteur de 100 milliards de dollars, et n’oubliera pas de nous le rappeler lors d’un éventuel désaccord à l’ONU par exemple. Les autres hésitent encore.

Lorsqu’on sait que l’étude de UBS conclue que le coût politique pour l’Europe en cas de division de la zone euro serait de réduire le pouvoir de l’UE sur la scène internationale, il y a de quoi rire.

 Mais avant d’être la serpillière du monde, l’UE est d’abord la pute des banques. Lors de la réunion des ministres des Finances du G20 le 15 octobre, une liste de 51 banques « affaiblies » (snif, les pauvres) et à recapitaliser « soit par leurs propres moyens soit par les gouvernements » (ndlr : lol) à été dressée. La facture est évaluée à 108 milliards d'euros, et doit permettre aux banques de porter à 9 % leur ratio de fonds propres « core tier one ». Les banques ont annoncé qu’elles feront appel à leurs actionnaires privés, à des fonds publics « si nécessaire », et que le FESF n'interviendra qu'en ultime ressort (ndlr : mdr). Avec le « haircut » de 50% qui a été appliqué sur leurs créances grecques, il y a fort à parier que l’ultime ressort sera dégainé.

Le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, s’est empressé de promettre qu’il ne fera pas appel à l’argent public. On le croit sur parole. D’autant plus que le gouvernement français a indiqué que le régulateur pourrait leur interdire bonus et dividendes en cas de promesse non tenue. Mais...ils n’avaient pas déjà dit tout ça en 2009, avant qu’Oudéa ne reçoive 150 000 stock-options à 24,45 euros pièce alors que la SG était aidée par l’Etat ?

 

 Pendant ce temps, le 31 octobre l’ESMA (Autorité Européenne des Marchés Financiers) enregistrait DBRS, Fitch Ratings, Moody’s Investor Service, et Standard & Poor’s en tant qu’agences de notations pouvant opérer dans l’Union Européenne (http://www.esma.europa.eu/popup2.php?id=8035). "Afin de pouvoir exercer leur activité dans l'Union européenne, la réglementation de l'UE sur les agences de notation requiert qu'elles soient enregistrées", rappelle l'ESMA. Il faut donc comprendre que ces agences de notation étaient jusqu’à présent illégales en UE.

 Les dessous du cas de la Grèce

 Avant de conclure ce long article, je voudrais revenir sur la mascarade du cas grec. Grâce à la ténacité de Sarközy, les banques se sont, selon la formule de la Pravda, engagées à renoncer volontairement à 50% de leurs créances grecques. Quelle générosité ! En fait, les banques ont prêté de l'argent à des insolvables, mais récupèrent quand même 50% de leur mise.

 Mais il y a pire. Sûres de leur coup, les banques ayant acheté beaucoup de dette grecque ont aussi émis beaucoup de CDS sur la Grèce. Les CDS sont des « titres d'assurance » qui protègent contre la faillite d'une entreprise ou d'un Etat : en échange d'une prime mensuelle fixe, un établissement s'engage à verser à l'autre partie au contrat une grosse prime en cas de faillite. Or les CDS ont été contractés avec des banques d'affaires, dont Goldman Sachs, dont on sait qu'elles ont aidé la Grèce à truquer son bilan pour entrer dans la zone euro en camouflant des milliards dans des contrats de Swaps de devises hors bilan afin de satisfaire les exigences européennes. J’insiste sur le fait que c’est Mario Draghi, actuel président de la BCE, qui était en charge du dossier grec chez Goldman Sachs à cette époque, et que Papadémos, le nouveau premier ministre, dirigeait la banque centrale grecque. Les banques d’affaires se sont donc jetées sur les assurances contre la faillite grecque vendues par les banques européennes, puisqu’elles savaient que le pays allait faire faillite. Il faut savoir que les CDS assurent contre un risque contre lequel vous n’êtes pas forcément exposé, c’est à dire qu’un particulier ne peut assurer que sa propre voiture, mais qu’une banque peut assurer la voiture de son voisin...après y avoir placé une bombe.

C’est pour ne pas avoir à payer cette prime que les banques vendeuses de CDS ont accepté une « décote » de 50% (voire 60%). En effet, selon la définition de l’ISDA (l’autorité financière en charge des swaps et produits dérivés), un CDS se déclenche (càd la prime d’assurance doit être versée) en cas d’« événement de crédit », et seule une restructuration complète et non-volontaire est considérée comme telle. En réalité ce n’est pas l’ISDA elle-même qui donne la définition d’ « événement de crédit », mais le Determinations Committee (DC) qui est composé de 10 banques (!) et 5 asset managers, et où l’ISDA (l’Autorité) n’est en fait qu’un simple observateur (source : ISDA - Greek Sovereign Debt Q&A – 31 Octobre 2011). Peut-on parler de conflit d’intérêts ? En tout cas, ce sont les créditeurs qui décident si oui ou non ils veulent perdre de l’argent ou en engranger plus. Donc l’accord européen a effectivement restructuré la dette grecque mais n’est pas considéré comme un événement de crédit car le lobby bancaire a fait en sorte que :

 - il émane d’une volonté commune des banques et de l’UE.

 - il ne s’applique pas à 100% de la dette, seulement à celle détenue par les banques mais pas celle détenue par la BCE.

Les CDS sont des produits totalement opaques, échangés de gré-à-gré hors des bourses et hors bilan des banques, mais on sait néanmoins qu'il y a 4321 contrats sur la Grèce pour un montant nominal total de 75 milliards d'euros (données disponibles sur le site internet de la DTCC). A titre de comparaison il y a 6298 contrats pour un montant nominal de 63 milliards sur le Japon, 6835 contrats pour 132 milliards sur la France et... 9337 contrats pour 309 milliards sur l’Italie. 
 

Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimés. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimés. George Orwell, 1984

 Alors renseignez-vous, trouvez des éléments de comparaison, et ne vous contentez pas de vous indigner, révoltez-vous : écoutez les candidats déclarés aux élections présidentielles de 2012 qui sont souverainistes, écoutez-les, trouvez votre candidat, et ne votez pas pour le système UMP/PS.

 

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Sur le même sujet :

 Nigel Farage :

http://www.dailymotion.com/video/xmee3f_nigel-farage-les-gouvernements-fantoches-installes-en-grece-et-en-italie-16-novembre-2011_news?start=10#from=embediframe

 

Eric Zemmour :

http://www.youtube.com/watch?v=4HQxbMChkHs&feature=player_embedded

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La haute finance et la crise - Pour aller plus loin :

 La mascarade de la Dette souveraine : 

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pourquoi-la-dette-n-est-pas-le-100634

 La renaissance programmée de Lehman Brothers :

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/lehman-brothers-n-est-pas-morte-103204

 Informations sur Goldman Sachs :

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/une-manipulation-de-goldman-sachs-103910


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