mardi 8 novembre 2016 - par Verdi

Le procès de Sarkozy toujours d’actualité

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris se prononcera le 16 novembre sur la recevabilité des recours déposés, dans l’affaire Bygmalion. L’ouverture d’un procès en correctionnelle contre Sarkozy reste d’actualité, après la primaire de la droite.

Initialement prévu, le lundi 7 novembre, l’examen des recours, déposés par un des mis en examen et une partie civile, a été reporté au mercredi 16 novembre. Un retard qui entretient la tension dans le camp sarkozyste, et laisse toujours planer le doute sur l’éventualité de l’imminence d’un procès en audience correctionnelle.

Cette affaire Bygmalion, devenue l’affaire du dépassement (1), pour ne pas dire l’explosion, des dépenses de campagne de Sarkozy, en 2012, –50 millions d’euros, au lieu des 22,5 millions autorisés- implique 13 autres mis en examen. Ce qui peut expliquer la relative -et certainement nécessaire- lenteur de la procédure.

Il n’en demeure pas moins vrai que, campagne de la primaire de la droite ou pas, la justice devra bien suivre son cours. Un renvoi en procès, avant le premier tour, le 20 novembre, paraît, d’ores et déjà, exclu, du fait de la mise en délibéré de la décision de la chambre de l’instruction, qui peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Ancien président ou pas, Sarkozy doit être jugé

Cependant, juridiquement, rien n’interdit une décision rapide de la part des juges de la chambre d’instruction. Eu égard au trouble que ce délit grave, -qu’il est reproché à un ancien chef-d’Etat d’avoir commis-, créé dans l’opinion publique, qui s’agace du traitement de faveur dont pourrait bénéficier le justiciable Sarkozy, un dénouement sans retard lèverait le doute sur le sentiment répandu de partialité de la justice, quand il s'agit de politiciens.

D’autant plus que, en situation de pouvoir retrouver l’immunité présidentielle, pendant cinq ans, Sarkozy est soupçonné, par cette même opinion publique, de vouloir se faire élire pour échapper à la sanction judiciaire, qui le rendrait probablement, outre les peines encourues, inéligible.

L’éventualité d’un procès demeure donc d’actualité. Qu’il intervienne, avant - ce qui est peut envisageable désormais - ou après la primaire de la droite, l’important est que ce procès sanctionne le comportement d’un politicien qui, parvenu au sommet de l’Etat, au lieu de montrer l’exemple, a utilisé des moyens illégaux, pour s'y maintenir.

Ancien président ou pas, Sarkozy doit répondre, comme tout le monde, de ses actes, si ceux-ci sont condamnables.

 

La décision sur un éventuel procès Bygmalion retardée

 

(1) Le financement illégal de campagne électorale est passible d'une peine de 3.750 euros d'amende et d'un an de prison. 

 

Verdi

Mardi 8 novembre 2016



21 réactions


  • fred.foyn 8 novembre 2016 12:07

    Le « VOYOU » deux fois mis en examen, fanfaronne devant les caméras et les bas du front qui pourrissent votre pays !


  • adeline 8 novembre 2016 12:23

    pour qu’il soit jugé, il faut déja que le délit soit constitué non ?


    • Fergus Fergus 8 novembre 2016 17:41

      Bonjour, adeline

      N’importe quel chef d’entreprise ayant, même en prenant le soin de n’avoir pas donné d’ordres par écrit, directement tiré profit de magouilles financières visant à donner à sa boîte un avantage exorbitant sur l’entreprise concurrente aurait d’ores et déjà été, non seulement mis en examen, mais probablement lourdement condamné.

      Or, l’affaire Bygmalion n’est rien d’autre qu’un avantage exorbitant donné à l’entreprise Sarkozy sur l’entreprise Hollande dans le cadre d’un appel d’offres décisif pour la survie du vainqueur.

      Des faits aggravés dans le cas de la présidentielle 2012 par la violation délibérée, d’une part, du code électoral, d’autre part, des règles démocratiques. Le genre de faute qui, dans la plupart des pays occidentaux, aurait déjà valu à Sarkozy une exclusion définitive de la vie politique.


    • Verdi Verdi 8 novembre 2016 18:10

      @adeline

      Comme l’a parfaitement souligné Fergus, la mise en examen n’est pas le fait du hasard, et dans d’autres pays, ce seul statut suffit à interdire l’accès à une élection. Pour rappel, voici ce que dit le code pénal en la matière : 

       La mise en examen (anciennement inculpation) vise la personne contre laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d’une infraction (article 80-1 du code de procédure pénale.) 

    • Robert Lavigue Robert Lavigue 8 novembre 2016 18:51

      @Fergus

      Or, l’affaire Bygmalion n’est rien d’autre qu’un avantage exorbitant donné à l’entreprise Sarkozy sur l’entreprise Hollande dans le cadre d’un appel d’offres décisif pour la survie du vainqueur.
      Peut-être bien que oui... Peut-être bien que non... La justice décidera de ce qu’il en est !

      la violation délibérée, d’une part, du code électoral, d’autre part, des règles démocratiques.
      Peut-être bien que oui... Peut-être bien que non... La justice décidera de ce qu’il en est !

      Je ne suis pas un fanatique de votre conception de la démocratie. Je le suis encore moins quand je vous lis. Le temps de la justice n’est pas celui des tchékistes modérés de la gauche morale.

      Heureusement que certains lecteurs du Canard Enchainé, des folliculaires citoyens et leurs comparses ne sont pas appelés à rendre la justice... La Loubianka tournerait à plein régime !


    • Fergus Fergus 8 novembre 2016 20:34

      Bonsoir, Robert Lavigue

      « Je ne suis pas un fanatique de votre conception de la démocratie. »

      Alors vous n’êtes tout simplement pas un fanatique de la démocratie !

      Ce que je veux, c’est que tous les caciques politiques - de quelque bord qu’ils soient - répondent de leur turpitudes avant de prétendre aux plus hautes fonctions dès lors que pèsent sur eux « des indices graves et concordants », ce qui est le cas au dans l’affaire Bygmalion, comme l’a rappelé Verdi.

      Cela s’appelle la Justice, tout simplement. Et elle doit pouvoir s’exercer aussi bien à l’encontre des humbles que des puissants.


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 8 novembre 2016 21:01

      @Fergus

      Alors vous n’êtes tout simplement pas un fanatique de la démocratie !

      Je ne m’en suis jamais caché, me semble-t-il.
      Mais, comme je sais faire la part des choses, je considère votre conception de la démocratie comme particulièrement controuvée ?

      Accumuler des indices graves et concordants relève de la police (même si elle agit sous les ordres d’un magistrat ou si c’est un magistrat qui se substitue à la police).
      C’est à une cour de décider s’il y a matière à condamner, AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS, selon une formule convenue (j’aime bien la notion de peuple français).
      Je dénie ce droit à un lecteur du Canard Enchainé, à un folliculaire de vos relations, aux tchékistes modérés de la gauche morale, etc.
      Vous et vos comparses n’avez aucune légitimité à parler AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS.

      Par ma part, je me contenterais que tous les caciques politiques - de quelques bord qu’ils soient - ne puissent prétendre à aucune fonction élective dès lors qu’ils ont été condamnés (on pourra facilement lister dans le code pénal les infractions qui justifient cette interdiction). Une simple loi doit suffire. Non ?

      PS : Ca me fait tout bizarre d’être devenu plus démocrate que vous... à moins que vous ne soyez entrain d’essayer de me déborder par l’extrême-droite modérée !


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 8 novembre 2016 13:01

    « un dénouement sans retard lèverait le doute sur le sentiment répandu de partialité de la justice, quand il s’agit de politiciens. »


    C’est rien de le dire !
    Quand il s’agit de politiciens, la presse continue peu ou prou à laisser des informations distillées habilement par le camp adverse (cf Cahuzac). Mais quand il s’agit d’industriels et de financiers, le black-out est total.
    Parler de partialité pour la « justice » est un euphémisme, et parler de « séparation des pouvoirs » est une imposture..

  • bevaux bevaux 8 novembre 2016 16:51

    A chaque élection une affaire vous commencez a nous emmerder. si il était coupable il y a longtemps qu’il serait en taule, mais vous n’avez rien la gauche vous êtes pire que lui, et rien sur juppe qui lui a été condamné


  • WALD 8 novembre 2016 17:01

    Excellent article, comme souvent.


  • rocla+ rocla+ 8 novembre 2016 18:25

    Elles sont halall    les frites , elles ont été égorgées selon le rite .


    Sinon  il y a des restaurants de couscous dans toutes les villes ... smiley

    Une fois , au Maroc dans un Hotel il y avait un grand buffet , et justement 
    il y avait pas de choucroute , c ’est scandaleux alors que je suis justement allé dans
    ce pays pour manger la choucroute et y en avait pas .


  • Spartacus Spartacus 8 novembre 2016 19:10

    OBSESSIONS : Ce sont des représentations mentales (une idée, un sentiment ou une tendance) s’imposant à l’esprit de façon répétitive et lancinante.

    Par curiosité il faut aller voir les écrits de l’auteur....

    Par exemple, on y voit par exemple 5 années avant ce billet, comme en 2011 des « Sarkogate, ou Sarkozy la fin »......Et c’est un défilé mensuel de détestation de Nicolas Sarkozy.

    L’auteur est obnubilé d’hostilité contre Nicolas Sarkozy dans une démesure depuis tellement d’années que c’est risible....
    Et on est à même de se poser des questions sur la motivation de l’auteur, vendre son bouquin ?

    Pas d’écrits sans déverser de la bile sur Nicolas Sarkozy ad personnam.

    Chacun peut juger en voyant les articles systémiques de l’auteur, Nicolas Sarkozy a envahit son esprit et atteins son psychisme.

    Monsieur Verdi, il vous faudrait consulter un professionnel, vous souffrez d’obsession idéative. 

    Il y a dans la vie autre chose que Sarkozy. Un professionnel psychologue vous permettra de vous rétablir dans une posture pragmatique naturelle qui vous rendra plus pragmatique...

    • Yohan Yohan 8 novembre 2016 20:24

      @Spartacus


      Verdi n’est que l’avatar d’Imhotep, un agent chargé de détruire l’adversaire. Il s’auto-détruira après mai 2017

  • Yohan Yohan 9 novembre 2016 09:54

    Eh oui on adore Sarko, on adore Trump et Poutine, si ça te défrise t’as qu’à sucer le teinté


  • WALD 9 novembre 2016 22:30

    Verdi, 


    En ce qui concerne la chose qui est le sujet de votre article, certains vous rétorqueront que vous en faites trop. Certes, mais il faut tenir compte d’une chose simple et qui change tout. Jamais un type pareil n’aurait du avoir de carrière politique après 2012. L’obsession est uniquement dans le camp de ceux qui s’imaginent, jusqu’au délire, qu’il est le seul homme qu’il faut à la France, et qu’aucun projet collectif du pays ne peut passer par autre chose que son rétablissement à l’Elysée. En effet, il ne reste après ça qu’à des gens comme vous pour rappeler périodiquement que ce type, qui aurait du tomber dans les poubelles de l’Histoire il y a des années, est une catastrophe ambulante. 

    Il me fait d’ailleurs penser, à titre personnel, au Tullius Detritus de l’album d’Asterix « La zizanie », même ordre d’idées, partout où il se pointe, partout où l’on parle de lui, il pourrit, salit tout, a l’art de réveiller les pires choses chez les personnes et de déclencher des foires d’empoignes, c’est d’ailleurs la seule chose à laquelle il soit bon. Faire surgir quelque chose de crapuleux, de sordide, de dégueulasse, certains ne peuvent exister au monde que par cela.


    • Verdi Verdi 10 novembre 2016 08:40

      @WALD


      Bonjour WALD,

      "Faire surgir quelque chose de crapuleux, de sordide, de dégueulasse, certains ne peuvent exister au monde que par cela."

      Cette seule phrase résume en effet le fond du problème. Ce qui nous renvoie à la notion du bien et du mal, une question philosophique qui alimente un débat sans fin entre les êtres humains. 

      Acceptons-nous de prendre le risque de confier l’organisation de nos sociétés humaines à des fous ? Quand c’est le cas, l’Histoire nous enseigne, qu’en termes de souffrance pour l’humanité, le prix à payer est immensément lourd. 

      Sarkozy représente-t-il le même danger que les pires dictateurs du siècle dernier ? Ma réponse est sans aucune hésitation : oui, car les ressorts de cet homme, comme vous l’avez très bien dit, plongent invariablement dans le mal. 

      Merci à vous, WALD, d’avoir parfaitement saisi l’essence de mon engagement. 

    • WALD 10 novembre 2016 12:43

      @Verdi

      Bonjour, 

      On se comprend parfaitement. 

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