lundi 21 octobre 2013 - par GéraldCursoux

Le quinquennat : une erreur

Pourquoi les politiques sont le jeu des médias ?

Passons sur cette affirmation sans appel de Jacques Chirac lors de son premier mandat pour justifier l'abandon du septennat (en substance :) « le quinquennat c'est moderne » . On ne voit pas très bien ce qu'il y a de moderne dans cette affaire, mais l'argument n'a pas été contesté, ni par la classe médiatique ni par l'opposition, qui d'ailleurs voyait là un moyen de propulser plus rapidement l'un des siens à l'Elysée. Or il s'agit rien de moins d'une rupture avec l'esprit de la Vème, sans pour autant en appeler à De Gaulle, à ses mannes et à ses œuvres. La lecture attentive de la Constitution et l'observation des pratiques institutionnelles, notamment sous les deux cohabitations, ne plaident pas en faveur de ce raccourcissement de deux ans du mandat présidentiel. Rien en fait ne justifie le passage au quinquennat si ce n'est la boulimie médiatique, le besoin des journalistes d'avoir plus fréquemment un événement de cette importance pour alimenter leur fonds de commerce. Pourquoi pas trois ans au lieu de cinq ?, ou au moins quatre comme aux Etats-Unis... toujours pour faire moderne ! Absurde.

Le Président en septennat avait son domaine réservé (à géométrie variable qu'il adaptait à ses goûts) et pouvait présider avec la hauteur attachée à la fonction. Son poids au sein du Conseil de l'UE tenait pour une part à cette stabilité qu'offrait le renouvellement de son mandat (7 ans comme Mitterrand ce n'est pas rien !), et cela se sentait forcément aussi en politique étrangère où ceux qui ne font que passer ne compte pas beaucoup. Donner du temps au temps, c'était finalement le premier mérite du septennat, et en cas de non renouvellement comme l'a vécu VGE il restait encore des traces profondes dans l'histoire. Mais au-delà de cet aspect c'est aussi la distance par rapport aux affaires courantes, par rapport à l'intendance, qui d'une certaine façon sanctuarisait la fonction présidentielle, le Premier Ministre étant là pour faire le job et prendre les coups. On n'attendait pas la parole présidentielle à propos de tout et n'importe quoi : il avait le choix des thèmes et du calendrier ; ce n'étaient pas les journalistes qui l'interpellaient suivant les besoins du JT, de leurs journaux... Il avait tout au moins la possibilité de ne pas répondre ou de les éconduire comme l'a fait plusieurs fois Mitterrand, allant jusqu'à leur dire les yeux dans les yeux qu'il n'y avait jamais eu d'écoutes téléphoniques à l'Elysée (je vous mens, je sais que vous savez que je vous mens... mais je m'en fiche ! Circulez y a rien à voir !). En quinquennat cette attitude n'est plus possible : ce sont les médias qui mènent le bal, le Président se devant de leur répondre puisque son Premier Ministre n'est, qu'il le veuille ou non, que son collaborateur. Les journalistes font danser les politiques comme le cook les champignons dans sa poêle !

Hollande put-il reprendre cette distance vis à vis du quotidien ?, l'affaire Leonarda est la démonstration du contraire ! Ce sont les journalistes qui ont monté cette affaire d'expulsion on ne peut plus banale, et contraint les Président à parler. Ils ne l'auraient pas lâché !

Sarkozy n'est pas pour rien dans cette dérive, lui le Président prométhéen qui entendait pendre tout à bras le corps ; malgré son talent et sa force de travail il a échoué. Serait-il intervenu dans cette affaire, probablement oui, car cela correspond à son tempérament d'une part, et d'autre part parce qu'il avait modelé le quinquennat dans ce sens. En septennat, on peut imaginer un Premier Ministre aux manettes, et un Président forcément éloigné ; et si le Premier Ministre se casse la figure, il saute : le fusible c'est lui.

Et il en est de même de tout ce qui fait l'écume des jours... que ce soit en politique extérieure, en économie, sur le social etc., etc. C'est pitié que de voir ça dans le Royaume de France !, mais c'est ainsi : 5 ans c'est trop court pour définir une fonction présidentielle. Quelque soit l'homme désigné par le suffrage universel, il sera bouffé par la machine médiatique qui ne voit plus que lui – les autres sont là pour faire des couacs que l'on provoque habillement en posant aux différents Ministres des questions qui ne peuvent que les opposer. C('est ça le métier du journaliste : poser des pièges à cons !)

Le quinquennat c'est finalement le coup de grâce à la Vème République. Vivement la VIème pour qu'on redéfinisse les conditions dans lesquelles la représentation de l'Etat doit se faire. Les Anglais ont évité cet écueil avec leur Reine ; les Allemands comme les Suisses et les Italiens ont un Président discret dont on ne connaît pas le nom... Sans les imiter, ou revenir à Cotty, on doit trouver quelque chose de plus satisfaisant que ce quinquennat ridicule qui met le Président à la merci de journalistes médiocres, de ces envoyés spéciaux et correspondants souvent insignifiants et trop souvent pervers.



17 réactions


  • fcpgismo fcpgismo 21 octobre 2013 12:01

    Un seul et unique mandat et non renouvelable, d’ une durée de six années pour toute élection politique, associative ou toute autre forme. Des citoyens formés à la vie politique tout au long de la vie et on en finira avec cette France mafieuse.


  • Dwaabala Dwaabala 21 octobre 2013 12:08

    Il vaut mieux se mettre au quinquina.


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 21 octobre 2013 12:37

    Quand on voit les rigolos qui ont occupé le poste :

    Giscad d’Estaing
    Mittrand
    Chirac
    Sarkozy
    et maintenant Hollande

    on se demande si ce ne serait pas mieux de se passer de la fonction et de transférer tous les pouvoirs au premier ministre.

    Ce serait plus moderne non ?


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 21 octobre 2013 13:19

      Cerise sur le gateau, on n’en aurait que un à vomir au lieu de deux comme c’est le cas maintenant !

      Dire qu’il y en a qui moinssent !

      Non mais franchement vous aimez les types de la liste des présidents ?

      Moi pas !

      Reusement qu’ils ne sont pas mes voisins : il y arait perpétuellement des troubles de voisinnage !


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 octobre 2013 14:36

      Eh l’autre là hein !

      Il faut que tu apprennes à .... LIRE , bon sang !

      Le premier ministre serait élu par le parlement ce qui serait plus moderne.

      Et quand au plus grand bienfaiteur de l’humanité, il me semble que c’est plutôt le soit disant prophète mahomet qui a essayé de fourger son vil et mensonger coran : 1300 ans de guerres et d’opression à cause de lui et c’est pas fini !

      Quant au deuxième c’est Karl Marx dont les émules sévissent encore de nos jours dans plusieurs dictatures.



  • unandeja 21 octobre 2013 12:54

    ...le quiquennat....une bénédiction vu la présidence actuelle...nous aurons un immonde boulet au pieds pendant 2 ans de moins.

    sinon ce n’était pas forcément une bonne idée car chaque élection apporte une instabilité économique et les 6 mois précédentl a présidence sont très souvent associées à un ralentissement notable des dépenses et investissements.


  • BarbeTorte BarbeTorte 21 octobre 2013 13:21
    Le quiquennat : une erreur

    Je confirme...

    Enfin, on dit plutôt une fote.


  • ZenZoe ZenZoe 21 octobre 2013 13:47

    Faux débat à mon avis. Ce qui compte, c’est la qualité du président et de son programme, pas la durée du mandat. Quand un président est bon, il est bon, et il va s’arranger pour faire tenir son programme dans le temps imparti sans se soucier des media.


  • jef88 jef88 21 octobre 2013 14:41

    le problème c’est la coordination entre les élections , président et députés.....
    il faudrait décaler de 2ans et demi .....
    le parlement aurait une indépendance et le gouvernement des contraintes !


  • Sergueï Dabur Sergueï Dabur 21 octobre 2013 15:52

    Le président a (avait ?) pour principale fonction de définir une stratégie à long terme pour la nation qu’il dirige.

    Cela est bien évidemment impossible à mettre en oeuvre sur 5 ans.

    Tout ceci était prévu, dans le seul but de diminuer le pouvoir du politique au profit d’instance européennes mondialistes.

    Ou est passée la démocratie ?


  • vachefolle vachefolle 21 octobre 2013 18:28

    L’erreur ce n’est pas le quinquennat c’est le président Hollande.
    La chance justement c’est qu’il sera viré plus vite, et ne pourra pas dissoudre l’assemblée pour se refaire une virginité 2 ans avant la présidentielle, comme son illustre prédécesseur F.M.

    VIVE le quinquennat, plus que 1300 jours de Flamby, une paille.


  • CN46400 CN46400 21 octobre 2013 19:35

    Ce n’est pas une, erreur c’est une connerie ! Sept ans non renouvelable, c’est la solution pour se sortir du bipartisme et redonner le pouvoir au parlement.


  • sleeping-zombie 22 octobre 2013 10:08

    Hello,

    Je suis d’accord avec le titre, mais en profond désaccord avec l’analyse.

    Tu pointes la subordination des politiques aux médiatiques, en mettant ça sur le dos d’un mandat trop court. Je ne vois pas du tout le rapport. A mes yeux (qui valent ce qu’ils valent) cette dépendance aux médias n’est que le reflet d’une absence de pensée politique. Pas une cause, mais une conséquence. Cette absence de pensée politique, et même d’idéologie, qu’on pourrait traduire par « je me présente pour être élu » replaçant le « je me présente car j’ai telle vision de la société » vient elle même du mode de financement des partis. Actuellement, les financements des 2 partis dits « de gouvernements » sont majoritairement institutionnels : dotation de l’état.
    Selon la vieille règle « dis-moi qui te paies, et je te dirai ce que tu fais », on se retrouve ainsi avec une cohorte de carriériste, poussés pour occuper des sièges et récupérer du financement. Elle est loin l’époque où les finances des partis venaient des militants.
    Bref, la durée du mandat n’a rien à voir la dedans.

    Pour en revenir au quinquennat, ça a été une catastrophe pour nous (peuple) car cela a fait coïncider les présidentielles avec les législatives. 2 élections majeures la même année : l’une tue l’autre. D’ailleurs, nos « représentants » ne s’y sont pas trompés, car ils ont votés dans la foulée une petite inversion du calendrier électoral (initialement, les législatives devaient avoir lieu avant les présidentielles).
    Avec l’ancien système, présidentielle tous les 7 ans, et législatives tous les 5 ans, on avait la possibilité de changer de gouvernement tous les 3 ans et demie (en moyenne). Et on s’en privait pas, c’était même presque systématique.
    Avec le nouveau système, on ne peut plus le faire que tous les 5 ans : Perte de pouvoir pour le peuple.

    Le mandat présidentiel sur 5 ans, pourquoi pas, mais à condition que les législatives tombent à mi-mandat...

    ++


  • L'enfoiré L’enfoiré 22 octobre 2013 13:40

    Comme tout va plus vite, le système américain me parait le plus adapté à la situation actuelle.

    Quatre ans, renouvelable une fois.

  • Denzo75018 22 octobre 2013 14:51

    Erreur grossière !
    Ce n’est pas le Quinquennat qui est en cause, car un seul septennat n’aurait RIEN changé en effet ce n’est pas la durée du mandat présidentiel qui fixe le tempo de la 5ième république mais le monde qui nous entoure ! Beaucoup de Français pensent comme dans les fables d’Astérix & Obélisque que nous pouvons vivre reclus dans notre village gaulois ...


  • Xavxav 22 octobre 2013 16:29

    Le problème avec le septenat, ce sont les périodes de cohabitation pendant lesquelles un gouvernement est tenté de ne rien faire pendant deux ans car l’élection suivante est trop proche pour prendre le moindre risque. Regardez ce qui se passe aux Etats Unis, actuellement en situation de cohabitation. Le président est affaibli, il est ridiculisé par un shut down. C’est le risque en ayant un mandat présidentiel de 7 ans. Au moins, avec un mandat de 5 ans, c’est clair. C’est la même majorité à la présidence et au parlement. 


    • sleeping-zombie 23 octobre 2013 08:37

      Le problèmes des élections, c’est l’instabilité qui les accompagne. Supprimons-les et tout rentrera dans l’ordre.
      Enfin, un certain ordre.


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