jeudi 5 janvier - par Amaury Watremez

Le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) en Hongrie

 Les beaux esprits nous avaient pourtant avertis, les intégristes chrétiens, surtout catholiques, sont bien plus dangereux que tous les autres intégristes.

On vous l'avait bien dit nous disent-ils, déjà qu'en France, ils nous empêchent de provoquer dans la soie au théâtre ou ailleurs, voilà qu'en Hongrie ils se mettent à réagir contre la crise de sens que connait actuellement toute l'Europe, et provoqueraient même selon le terme utilisé par un article sur Rue89 une dérive autoritaire poussant les consciences progressistes hongroises à « pleurer de rage ».

image de Vikto Orban prise ici

Les beaux esprits nous le disent pourtant sur tous les tons depuis quelques décennies, il n'y a pas de crise morale, il n'y a pas de crise des valeurs ou de crise de société. Toute nostalgie affichée, même avec quelque nuances, du lien social qui existait auparavant est aussitôt raillé, conspué, vilipendé, traîné dans la boue.

Ils n'hésitent pas à évoquer pour certains la renaissance d'un catho-fascisme...

Viktor Orban, l'un d'eux, un de ces chrétiens, un anti-communiste en plus, a-t-on idée, un ancien dissident, proclame que l'avortement n'est pas un droit de l'homme.

Et ça aux yeux de nos z-élites, c'est un crime impardonnable, tout comme le fait que le Pape actuel ne soit pas un « pape en phase ».

Car l'avortement, dans leurs esprits, n'est pas du tout une mesure d'humanité pour les jeunes filles violées, par exemple, mais un outil afin de se prémunir de grossesses non désirées, ce qui peut toujours arriver même en cas de contraception rigoureuse (car, oui, dans notre société, la grossesse, attendre un enfant, est un risque, une sorte de maladie, de handicap pour les femmes en attendant la parthénogenèse ou la naissance d'enfants en laboratoires).

C'est un outil permettant de pouvoir continuer à jouir un maximum, ce qui est au fond l'idéal de notre société libérale-libertaire, boire, baiser, bouffer, consommer les choses et les gens, car tout est marchandisé en 2012 dans le grand bazar hyper-consumériste.

Les belles consciences ne lui pardonnent pas non plus au fond d'avoir été un opposant au régime communiste en fait, fondant en 68 l'alliance des jeunes démocrates, participant à la table ronde avec le pouvoir communiste.

Un dissident pensent-ils, mais ils n'osent quand même pas trop le dire, ne peut être qu'un partisan des ordres noirs, un réactionnaire, une « vipère lubrique » (selon le terme généralement employé lors des procès de Moscou) à la solde de l'impérialisme.

Et finalement, pour les belles consciences, un anti-communiste est toujours « un chien », selon la formule assez ignoble de Sartre.

Voilà Orban comparé à l'amiral Horthy, ami des nazis, et à Ràkosi, ami de Staline et du stalinisme.

Ci-dessous, photo de Viktor Orban jeune prise au moment de sa dissidence, prise ici

Features-Fischer.jpgOn le promet au pilori, car il commet un double crime, il est aussi nationaliste, et anti-européen, contre la mainmise technocratique sur son pays donc.

En passant, je sais que ce n'est pas bien de comparer le stalinisme et le nazisme, deux abominations pourtant ayant conduit à des massacres atroces dans les deux cas, car le stalinisme partait d'une bonne intention qui était d'apporter le bonheur marxiste au monde entier, bonne intention hélas perdue en chemin, le goulag, les internements abusifs en hôpital psychiatrique étant des dérives malheureuses, tout comme les massacres commis pendant la Vendée militaire en 1793 étaient des évènements bien tristes mais inévitables du fait de l'entêtement des paysans vendéens, ces « brigands ».

On oublie souvent que le décret du 14 Août 1793 fût la première décision prise par un gouvernement moderne, ou se voulant tel, décidant de l'éradication systématique et rationalisé d'un groupe religieux et politique, hommes, femmes et enfants..

On note quand même que les belles consciences qui se sont enthousiasmé sans commune mesure pour le pseudo « printemps arabe », qui n'a pas vraiment eu lieu, feignent également de ne pas voir que ce sont les islamistes, « modérés ou pas, qui ont tous remporté les élections du Maghreb au Machrek, promettant pour certains l'établissement d'un califat arabe, ainsi le nouveau premier ministre de Tunisie après la victoire d'Enhada aux élections (rappelons que les beaux esprits disaient Enhada ultra-minoritaire avant celles-ci), donc d'un régime théocratique autrement plus dangereux que la Hongrie de Viktor Orban.

Pour être équitable, on pourrait parler aussi de l'emprise de plus en plus prégnante des partis religieux ultra-conservateurs sur la politique israélienne, et du silence quasi-totale sur cette question dans les médias (excepté peut-être un article dans le « Marianne » de cette semaine sur la ségrégation imposée au femmes dans les bus de Jérusalem).

Mais ça il ne faut pas le dire, ce serait faire preuve de néo-colonialisme. Et au fond dans l'esprit des belles consciences, les musulmans sont tous des fanatiques qui ne méritent pas encore une démocratie bien réelle.

Alors oui, certes, certains catholiques me diront, mais « j'ai des amis communistes, j'ai des amis de gauche, voire libéraux-libertaires, ils nous arrivent même de nous taper sur les cuisses, dans le dos ou ailleurs et ils sont bien gentils ». Mais, chers amis catholiques, encouragez les donc vos amis à parler de religion, en particulier chrétienne, vous m'en direz des nouvelles...


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