vendredi 19 mai - par Robert Bibeau

Les cent jours d’entrainement du président

Le 8 novembre 2016, une faction du Grand capital étatsunien dévoilait au monde le nom de son nouveau Président embrigader pour diriger ses affaires politiques et gérer ses intérêts économiques au gouvernement des États-Unis

 

Retour vers le futur à la Maison-Blanche.

Le 8 novembre 2016, une faction du Grand capital étatsunien dévoilait au monde le nom de son nouveau Président embrigadé pour diriger ses affaires politiques et gérer ses intérêts économiques au gouvernement des États-Unis d’Amérique. Le 8 novembre 2016, une autre faction du Grand capital américain apprenait avec stupéfaction que leur candidate, donnée gagnante tout au long de la mascarade électorale, était battue par un parvenu, milliardaire, animateur de shows de téléréalités, comme quoi le monde du spectacle mène à tout pourvu qu’on y reste. Veuillez noter que le choix d’Hillary ou de Donald n’avait pas grande importance pour la classe hégémonique américaine, si ce n’est de maintenir le principe de l’alternance (Démocrate – Républicain) entourant le mythe de l’État fétiche. En effet, les lois de l’économie politique capitaliste sont imparables et impitoyables, et elles s’imposent inexorablement, quelle que soit la personnalité de l’administrateur des affaires de l’État désigné pour occuper le Bureau ovale. Mais cela Donald le néophyte politique prendra cent jours pour l’apprendre, suivons-le dans les méandres de la Maison-Blanche.

Reprenons le bilan que nous présentions suite à cette élection « Le 8 novembre dernier la mascarade électorale américaine se terminait dans l’effroi pour la faction du capital financier de la Côte Est et dans l’allégresse pour le cartel industriel et militaire ayant forgé et mené au pinacle son cheval de guerre « l’imprévisible candidat anti-establishment » (sic), le soi-disant self-made-man (sic) encadré et dirigé par ceux qui l’on choisit et fait sacré par la populace des électeurs après une année de campagne déroutante, une suite de palinodies et un milliard de dollars de dépenses électorales en faveur de la « démocratie » populiste (sic). Aussitôt, une deuxième course contre la montre s’engageait pour le pugiliste heureux d’accomplir la mission qui lui avait été assignée par son clan, rediriger l’économie politique étatsunienne afin de ramener les alliés récalcitrants dans le giron de la superpuissance et effrayer les concurrents émergents » (1). Rien à redire à propos de ce bilan.

 

L’intronisation mouvementée.

Ce n’est que le 20 janvier 2017 que le 45e administrateur élu des affaires gouvernementales au service du Grand capital fut intronisé, remplaçant le Prix Nobel de la paix, Barack Obama, criminel de guerre avéré. Auparavant, Donald Trump s’était amusé à effrayer les bobos américains et les gouvernements étrangers en signant des décrets, habituellement sans effet, et en « Twittant » ses sentiments sur les réseaux sociaux, terrifiant la petite-bourgeoisie du pays (les esclaves salariés, au travail ou en chômage, n’ont pas le temps de jouer à « twitter » totalement occuper qu’ils sont à trimer pour leurs deniers). 

 

L’alternance mythique pour le contrôle de l’État fétiche.

Quelques jours avant l’intronisation, nous répétions ce principe de l’économie-politique capitaliste « Le 45e président de la République des États-Unis d’Amérique sera bientôt intronisé, assermenté, muni des papiers lui conférant la légitimité et lui attribuant les « pleins pouvoirs » incombant à sa charge… et après ? Après, « Business as Usual » (…) un Président des États-Unis n’est ni plus ni moins que le maillon d’une chaine qui emprisonne l’ensemble de la nation américaine (…) de manière que ce soit la classe capitaliste hégémonique qui soit au pouvoir à travers ses plumitifs politiques. (…) Après la rhétorique électoraliste présentée aux paumés pour les attirer, ces pauvres gens qui s’échinent au travail et sont toujours prêts à en découdre avec ceux qui les opprime, maintenant que cette salade du milliardaire populaire a donné les votes escomptés, qu’elle a été gobée et qu’elle a portée la potiche blonde au Capitole il est temps de passer aux choses sérieuses … l’attaque contre le prolétariat étatsunien » (2).

Le problème qui se posait avec ce néophyte politique c’est qu’il ne comprenait pas sa mission, et il s’aventura à remettre en cause l’alliance historique avec l’Allemagne alliée et concurrente), l’entente militaire avec l’OTAN (que les USA finance grandement), à espérer un rapprochement avec la Russie – pour la détacher de la Chine – à souhaiter se retirer de la Syrie pour mener une vraie guerre à DAESH (une créature de la NSA), à bousculer ses alliés historiques dans le Golfe Persique et ceux de l’ALENA en Amérique, et à trop vilipender la Chine principal concurrent de l’impérialisme américain en déclin. Un programme de formation du larbin s’imposait donc. Le FBI et la CIA furent sommés de s’en charger.  

Nous le réaffirmons, un Chef d’État, fut-il Président des États-Unis (de France, ou de Russie), n’est qu’un pion dans l’engrenage d’une gouvernance étatique complexe et gigantesque, expressément forgée pour assurer que le Grand capital maintienne son hégémonie sur le pouvoir économique d’abord, politique, social, militaire, diplomatique et idéologique ensuite, et cela, au-delà des vicissitudes et des incertitudes d’une présidence constitutionnellement éphémère. C’est Donald Trump qui devra s’adapter aux exigences de « l’État profond » et non l’inverse. Cette appellation d’« État profond » est un euphémisme pour désigner l’immense appareil étatique fétiche dont se sont dotées toutes les sociétés régies par le mode de production capitaliste.

 

De l’État profond.

Un auteur décrivait en ces termes ce processus d’ajustement du pouvoir de gérance présidentiel virtuel à son pouvoir de gouvernance réelle : « Candidat, désireux de mettre fin aux ingérences américaines à l’étranger, Trump laissait prévoir une politique nouvelle en Syrie. Mais il est aux abois depuis son élection. L’establishment néoconservateur et néolibéral, maitre de l’« État profond », des services de renseignements et des médias, met à mal cet intrus par des allégations incessantes d’accointances coupables avec la Russie. Le président serait à la solde de l’étranger. Une épée de Damoclès pend au-dessus de sa tête, l’exposant au chantage, non de la Russie, mais de ses adversaires qui flairent la destitution (impeachment). L’opération consiste à le mettre au pas et le retourner ou, à défaut, sonner l’hallali. […] La lutte au sommet est impitoyable. Trump va d’échec en échec. Assiégé, l’étau se refermant autour de lui, il largue des collaborateurs honnis par les néocons, d’abord Flynn en février, ensuite Bannon deux jours avant l’attaque contre la Syrie. En bombardant la Syrie, Trump fait volteface et adopte la politique de ses adversaires pour alléger la pression qu’ils exercent sur lui. Est-il devenu l’exécutant apprivoisé de l’« État profond » ou est-ce une simple gesticulation d’un désespéré ? » (3)

Comme le déclarait le milliardaire, « Je croyais que ce serait plus facile  » (4). De fait, l’homme du Bureau ovale n’est pas au bout de ses peines, et avant la fin de sa peine (4 années bien comptées à moins que …) il risque de comprendre qu’une campagne électorale n’est qu’une mascarade qui vise à mobiliser les pèquenots et les bobos afin de les compromettre en choisissant le polichinelle (Démocrate ou Républicain) qui assurera l’intendance pour et au nom du Grand capital bancaire et fiduciaire, le reste étant « Business as Usual » quelle que soit la personnalité du locataire de la Maison-Blanche (tout autant qu’à l’Élysée).

Heureusement, la classe prolétarienne américaine (comme la classe ouvrière française l’a démontré récemment) est de plus en plus au fait des rengaines des croques mitaines de gauche comme de droite et se désintéresse totalement de ce « show de boucane » électoraliste auquel participe la confrérie gauchiste (5).

 

L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-cent-jours-denrolement-du-president/

 

NOTES

 

1. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/trump-un-president-comme-les-autres-donald-sen-va-ten-guerre/

2. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/america-comes-first-again-realite-ou-utopie/

3. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/syrie-et-lutte-pour-le-pouvoir-aux-etats-unis/

4. http://www.journaldemontreal.com/2017/04/28/je-croyais-que-ce-serait-plus-facile—donald-trump et http://www.leparisien.fr/international/etats-unis-trump-pensait-que-ca-serait-plus-facile-d-etre-president-28-04-2017-6898260.php

5. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/fute-le-proletariat-americain-comment-instrumentaliser-une-potiche/

 




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