vendredi 13 janvier - par VICTOR Ayoli

Les Dalton-Wildenstein sabrent le champagne !

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Lacordaire.

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Lacordaire.

Le bon juge Olivier Géron, président de la XXXVII° chambre correctionnelle de Paris, devait, n’en doutons pas, avoir ces fortes paroles de Henri-Dominique Lacordaire à l’esprit lorsqu’il a relaxé, le 12 janvier de cette année 2017, les huit prévenus de fraude fiscale, complicité ou blanchiment de fraude fiscale, parmi lesquels Alec et Guy Wildenstein, milliardaires de leur état. A la tête d'une montagne de 3 à 4 milliards essentiellement constituée de biens immobiliers, de galeries d’art et de toiles de maître.

Que leur était-il reproché à ces braves gens auxquels la Justice vient de rendre leur honneur ? D’avoir consciencieusement soustrait au fisc de notre pays, génération après génération, quelques centaines de millions. Allons, allons, il faut raison garder et « faire confiance en la justice de notre pays » selon la formule consacrée. 500 millions ? Mais caisse ? (Pardon… qu’est-ce ?). Une « négligence », tout comme celle de Dame Lagarde, blanchie par la belle justice de notre grand pays pour les 410 millions « négligemment » partis de la poche des con-tribuables dans celle de Nanard Tapie.

500 millions par là, 400 millions par ci, mais caisse ? Enfin, soyons justes : ces prévenus n’ont pas déchiré de chemises de DRH comme les terroristes d’Air France, que je sache ! Ils n’ont pas « séquestré » des cadres comme les huit bandits de Goodyear !

Que reprochait-on à ces braves gens ? Écoutons les juges : « Il ressort en effet du dossier que, et ce depuis au mois trois générations, des membres de la famille Wildenstein ont pris soin de dissimuler derrière des constructions juridiques inconnues du droit français, un patrimoine considérable qui échappait ainsi en grande partie à l’impôt. Cette volonté très claire de dissimulation explique à la fois les manœuvres de toute nature ayant pour objet de maintenir l’opacité autour des biens et les indéniables inquiétudes manifestées dans plusieurs écrits. Elle révèle incontestablement, nonobstant les dénégations des prévenus directement concernés, une claire intention d’évasion patrimoniale et fiscale. Néanmoins, l’existence d’une intention qui pourrait être qualifiée de frauduleuse, ne suffit pas pour retenir l’existence d’une infraction en l’absence d’élément légal. »

On retrouve bien là la formule de Lacordaire… façon Rantanplan ! D’accord, cette famille s’est fait une spécialité de dissimuler des montagnes de fric par le truchement de « trusts » aux Bermudes, aux îles Caïmans, aux Bahamas, dans l’État de New York, à Guernesey et aux îles Vierges britanniques, ces constructions commercialo-juridiques servant uniquement à passer à travers les mailles du fisc.

Mais si les armées de juristes au service de ces escrocs ont réussi à passer à travers les mailles du filet fiscal français, c’est bien parce que les mailles en sont suffisamment lâches pour permettre d’y passer à travers, si on a les moyens ! En effet, ce n’est que le 29 juillet 2011 que la France s’est dotée d’une législation sur la fiscalité des biens logés dans des trusts, ces entités juridiques de droit anglo-saxon qui servent à transmettre en grugeant le fisc les gros patrimoines. Donc, en droit, les magouilles des Wildenstein antérieures à ces lois passent à travers. On ne peut reprocher aux juges les carences dues aux législateurs !

Et voilà que l’on retrouve le "pittoresque" Conseil constitutionnel ! Le registre public des trusts, qui avait été créé en juillet 2016 pour lutter plus efficacement contre la fraude fiscale, a été supprimé le 21 octobre par le Conseil constitutionnel, au motif qu’il portait « une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée ». Ben voyons !

Cette énième affaire montre la déliquescence d’une république pourrie à tous les niveaux, une Cinquième république faite pour un géant et salopée jusqu’à la gadoue par des gnomes sans foi ni loi.

Il est temps de passer à autre chose : la Sixième.

 

Sources :

http://ccfd-terresolidaire.org/infos/partage-des-richesses/registre-public-des-5670

https://www.mediapart.fr/journal/france/120117/proces-wildenstein-relaxe-generale-pour-l-evasion-fiscale-du-siecle?page_article=2

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Lacordaire

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12 réactions


  • rogal 13 janvier 13:49

     « On ne peut reprocher aux juges les carences dues aux législateurs ». N’est-ce pas la fonction de la jurisprudence que de passer outre à de telles carences ? Éclairez-nous, juristes.


    • VICTOR Ayoli VICTOR 13 janvier 14:03

      @rogal

      L’avis de juriste compétents serait effectivement éclairant.

      Dans ce cas, l’argumentation, à mon avis bidon, du juge est que les magouilles des Dalton-Wilkiki n’entrent pas exactement dans les clous de la loi. Mais enfin, les juges, surtout en correctionnelle, ont une certaine latitude pour agir. La décision qu’ils prennent contribue à la jurisprudence qui, justement est là pour pallier à certaines carences de la loi. Mais en l’occurrence, l’attitude du juge laisse penser à de la complaisance afin que les foudres de la Loi ne frappent pas les Dalton Wilkaka.

      Mondo cane !


  • Les cochons multiethnqiués du Supermarché n’ont pas d’idéologie autre que d’augmenter la jouissance individuelle de leur nature. Qui pleure l’Argent sert l’Argent.
     
    Gogocho est un crétin libidineux..... $$$ smiley
     
     
     
     
    « Toute grande impulsion nouvelle, toute révolution et toute réforme, toute élite nouvelle est le fruit d’une ascèse et de la pauvreté volontaire ou imposée, celle-ci étant avant tout renoncement au statu quo » Carl Schmitt La notion de politique.


  • petit gibus 13 janvier 15:23
    Je te pluche 5 étoiles devant ta juste indignation

    Que pouvons nous faire à part nous indigner ?

    Il semble bien qu’en dehors d’ une 6ème concoctée 
    par le peuple et pour le peuple, 
    c’est pas en nous promettant quelques réformettes
    que trop de blablateurs vont faire évoluer notre envieuse situation



  • oncle archibald 13 janvier 16:05

    Victor : Dans l’aïoli on mélange tout, mais en droit français ça n’est pas possible.

    Les Juges du PENAL ont parfaitement jugé qu’il n’y avait pas d’infraction pénale caractérisée vu les moyens frauduleux utilisés qui n’étaient pas visés par le code pénal à l’époque des faits. En revanche la fraude reste punissable à partir du code des impôts et sera poursuivie comme il se doit, l’amende encourue étant évaluée à une somme de l’ordre de un demi milliard d’Euros ....

    Tout baigne. Votre indignation n’a pas lieu d’être.


    • petit gibus 13 janvier 16:34
      @oncle Archibald

      « 
      Tout baigne. Votre indignation n’a pas lieu d’être. »

      Attendons la semaine des 4 jeudis pour que cette petite fraude
      soit puni smiley

  • jako jako 13 janvier 16:56

    Qu’ils finissent vite la bouteille, il va y avoir un nouveau procès.
    Merci de votre information Victor


  • Parrhesia Parrhesia 13 janvier 18:53
    Bonsoir VICTOR Ayoli,

    D’accord sur à peu près tout, sauf sur la dernière ligne !

    Je ne vois pas, en effet, comment une sixième, une septième ou même une quatre-vingt-troisième pourraient mieux fonctionner que la cinquième aussi longtemps que le pays gardera les mêmes cruches et les mêmes rongeurs aux commandes !!!

    Mais... bonne soirée quand-même.

    • Le421 Le421 13 janvier 19:08

      @Parrhesia
      Ah ??

      Qui va écrire une nouvelle Constitution ?
      Uniquement des planqués, des friqués ou des notables ?
      Certainement pas, renseignez-vous.

      Par contre, il faudrait voter FI, ce qui va être difficile dans un pays de trouillards.
      On se fait baiser, mais au moins, ceux-là, on a l’habitude, on sait comment ils sont montés.
      Tu vois pas que le nouveau il soit équipé comme un âne !!

      Et avec Fillon, en plus, il va falloir acheter la vaseline sans être remboursé par la Sécu !!  smiley


  • Odin Odin 14 janvier 14:46

    Ce n’est qu’une pauvre famille d’amateurs d’art, comme l’ex épouse de DSK, avec une collection en 1978 qui n’était constituée que notamment de :

    20 Renoir, 25 Courbet, 10 van Gogh, 10 Cézanne, 10 Gauguin, 2 Botticelli, 8 Rembrandt, 8 Rubens, 9 Le Greco, 5 Tintoret, et une grande quantité de Bonnard.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Wildenstein

     

    supprimé le 21 octobre par le Conseil constitutionnel, au motif qu’il portait « une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée » 

    Je me trompe peut-être, mais à la tête du Conseil, ce ne serait pas le fils d’un antiquaire « qui fait du bon boulot » et que les œuvres d’art ne sont pas intégrées à l’ISF ?


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