lundi 13 mars - par Aimé FAY

Les machines (*) en général, les robots en particulier

""Malédiction sur les robots ! chaque année leur puissance progressive voue au paupérisme des millions d'ouvriers en leur enlevant le travail, avec le travail le salaire, avec le salaire le pain ! Malédiction sur les robots !"

Voilà le cri qui s'élève du préjugé vulgaire et dont l'écho retentit dans les journaux.

Mais maudire les robots, c'est maudire l'esprit humain !

Ce qui me confond, c'est qu'il puisse se rencontrer un homme qui se sente à l'aise dans une telle doctrine.

Car enfin, si elle est vraie, quelle en est la conséquence rigoureuse ?

C'est qu'il n'y a d'activité, de bien-être, de richesses, de bonheur possibles que pour les peuples stupides, frappés d'immobilisme mental, à qui Dieu n'a pas fait le don funeste de penser, d'observer, de combiner, d'inventer, d'obtenir de plus grands résultats avec de moindres moyens. Au contraire, les haillons, les huttes ignobles, la pauvreté, l'inanition sont l'inévitable partage de toute nation qui cherche et trouve dans le fer, le feu, le vent, l'électricité, le magnétisme, les lois de la chimie et de la mécanique, en un mot dans les forces de la nature, un supplément à ses propres forces, et c'est bien le cas de dire avec Rousseau : "Tout homme qui pense est un animal dépravé."

Ce n'est pas tout : si cette doctrine est vraie, comme tous les hommes pensent et inventent, comme tous, en fait, depuis le premier jusqu'au dernier, et à chaque minute de leur existence, cherchent à faire coopérer les forces naturelles, à faire plus avec moins, à réduire ou leur main-d'œuvre ou celle qu'ils payent, à atteindre la plus grande somme possible de satisfactions avec la moindre somme possible de travail, il faut bien en conclure que l'humanité tout entière est entraînée vers sa décadence, précisément par cette aspiration intelligente vers le progrès qui tourmente chacun de ses membres.

Dès lors il doit être constaté, par la statistique, que les habitants du Lancastre (Nord-Est de l'Angleterre), fuyant cette patrie des robots, vont chercher du travail en Irlande, où ils sont inconnus, et, par l'histoire, que la barbarie assombrit les époques de civilisation, et que la civilisation brille dans les temps d'ignorance et de barbarie.

Évidemment, il y a, dans cet amas de contradictions, quelque chose qui choque et nous avertit que le problème cache un élément de solution qui n'a pas été suffisamment dégagé.

Voici tout le mystère : derrière ce qu'on voit, gît ce qu'on ne voit pas. Je vais essayer de le mettre en lumière.

C'est un penchant naturel aux hommes, d'aller, s'ils n'en sont empêchés par la violence, vers le bon marché, - c'est-à-dire vers ce qui, à satisfaction égale, leur épargne du travail, - que ce bon marché leur vienne d'un habile producteur étranger ou d'un habile producteur mécanique (le robot). L'objection théorique qu'on adresse à ce penchant est la même dans les deux cas. Dans l'un comme dans l'autre, on lui reproche le travail qu'en apparence il frappe d'inertie. Or, du travail rendu non inerte, mais disponible, c'est précisément ce qui le détermine.

Et c'est pourquoi on lui oppose aussi, dans les deux cas, le même obstacle pratique, la violence. Le législateur prohibe la concurrence étrangère et interdit la concurrence mécanique (robotique). - Car quel autre moyen peut-il exister d'arrêter un penchant naturel à tous les hommes que de leur ôter la liberté ?

Dans beaucoup de pays, il est vrai, le législateur ne frappe qu'une des deux concurrences et se borne à gémir sur l'autre. Cela ne prouve qu'une chose, c'est que, dans ce pays, le législateur est inconséquent.

Cela ne doit pas nous surprendre. Dans une fausse voie on est toujours inconséquent, sans quoi on tuerait l'humanité. Jamais on n'a vu ni on ne verra un principe faux poussé jusqu'au bout. J'ai dit ailleurs : l'inconséquence est la limite de l'absurdité. J'aurais pu ajouter : elle en est en même temps la preuve.

Venons à notre démonstration ; elle ne sera pas longue.

Jacques Bonhomme avait deux francs qu'il faisait gagner à deux ouvriers.

Mais voici qu'il imagine un arrangement de cordes et de poids qui abrège le travail de moitié.

Donc il obtient la même satisfaction, épargne un franc et congédie un ouvrier.

Il congédie un ouvrier ; c'est ce qu'on voit.

Et, ne voyant que cela, on dit : "Voilà comment la misère suit la civilisation, voilà comment la liberté est fatale à l'égalité. L'esprit humain a fait une conquête, et aussitôt un ouvrier est à jamais tombé dans le gouffre du paupérisme. Il se peut cependant que Jacques Bonhomme continue à faire travailler les deux ouvriers, mais il ne leur donnera plus que dix sous à chacun, car ils se feront concurrence entre eux et s'offriront au rabais.

C'est ainsi que les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Il faut refaire la société."

Belle conclusion, et digne de l'exorde !

Heureusement, exorde et conclusion, tout cela est faux, parce que, derrière la moitié du phénomène qu'on voit, il y a l'autre moitié qu'on ne voit pas.

On ne voit pas le franc épargné par Jacques Bonhomme et les effets nécessaires de cette épargne.

Puisque, par suite de son invention, Jacques Bonhomme ne dépense plus qu'un franc en main-d'œuvre, à la poursuite d'une satisfaction déterminée, il lui reste un autre franc.

Si donc il y a dans le monde un ouvrier qui offre ses bras inoccupés, il y a aussi dans le monde un capitaliste qui offre son franc inoccupé.

Ces deux éléments se rencontrent et se combinent.

Et il est clair comme le jour qu'entre l'offre et la demande du travail, entre l'offre et la demande du salaire, le rapport n'est nullement changé.

L'invention et un ouvrier, payé avec le premier franc, font maintenant l'œuvre qu'accomplissaient auparavant deux ouvriers.

Le second ouvrier, payé avec le second franc, réalise une œuvre nouvelle.

Qu'y a-t-il donc de changé dans le monde ? Il y a une satisfaction nationale de plus, en d'autres termes, l'invention est une conquête gratuite, un profit gratuit pour l'humanité.

De la forme que j'ai donnée à ma démonstration, on pourra tirer cette conséquence : "C'est le capitaliste qui recueille tout le fruit des robots. La classe salariée, si elle n'en souffre que momentanément, n'en profite jamais, puisque, d'après vous-même, elles déplacent une portion du travail national sans le diminuer, il est vrai, mais aussi sans l'augmenter."

Il n'entre pas dans le plan de cet opuscule de résoudre toutes les objections. Son seul but est de combattre un préjugé vulgaire, très dangereux et très répandu. Je voulais prouver qu'un robot nouveau ne met en disponibilité un certain nombre de bras qu'en mettant aussi, et forcément, en disponibilité la rémunération qui les salarie. Ces bras et cette rémunération se combinent pour produire ce qu'il était impossible de produire avant l'invention ; d'où il suit qu'elle donne pour résultat définitif un accroissement de satisfaction à travail égal.

Qui recueille cet excédant de satisfactions ?

Qui ? c'est d'abord le capitaliste, l'inventeur, le premier qui se sert avec succès du robot, et c'est là la récompense de son génie et de son audace. Dans ce cas, ainsi que nous venons de le voir, il réalise sur les frais de production une économie, laquelle, de quelque manière qu'elle soit dépensée (et elle l'est toujours), occupe juste autant de bras que le robot en a fait renvoyer.

Mais bientôt la concurrence le force à baisser son prix de vente dans la mesure de cette économie elle-même. Et alors ce n'est plus l'inventeur qui recueille le bénéfice de l'invention ; c'est l'acheteur du produit, le consommateur, le public, y compris les ouvriers, en un mot, c'est l'humanité.

Et ce qu'on ne voit pas, c'est que l'épargne, ainsi procurée à tous les consommateurs, forme un fonds où le salaire puise un aliment, qui remplace celui que le robot a tari.

Ainsi, en reprenant l'exemple ci-dessus, Jacques Bonhomme obtient un produit en dépensant deux francs en salaire. Grâce à son invention, la main-d'œuvre ne lui coûte plus qu'un franc.

Tant qu'il vend le produit au même prix, il y a un ouvrier de moins occupé à faire ce produit spécial, c'est ce qu'on voit ; mais il y a un ouvrier de plus occupé par le franc que Jacques Bonhomme a épargné : c'est ce qu'on ne voit pas.

Lorsque, par la marche naturelle des choses, Jacques Bonhomme est réduit à baisser d'un franc le prix du produit, alors il ne réalise plus une épargne ; alors il ne dispose plus d'un franc pour commander au travail national une production nouvelle. Mais, à cet égard, son acquéreur est mis à sa place, et cet acquéreur, c'est l'humanité.

Quiconque achète le produit le paye un franc de moins, épargne un franc, et tient nécessairement cette épargne au service du fonds des salaires : c'est encore ce qu'on ne voit pas.

On a donné, de ce problème des robots, une autre solution, fondée sur les faits.

On a dit : Le robot réduit les frais de production, et fait baisser le prix du produit.

La baisse du produit provoque un accroissement de consommation, laquelle nécessite un accroissement de production, et, en définitive, l'intervention d'autant d'ouvriers ou plus, après l'invention, qu'il en fallait avant. On cite, à l'appui, l'imprimerie, la filature, la presse, etc.

Cette démonstration n'est pas scientifique.

Il faudrait en conclure que, si la consommation du produit spécial dont il s'agit reste stationnaire ou à peu près, la machine nuirait au travail. Ce qui n'est pas.

Supposons que dans un pays tous les hommes portent des chapeaux.

Si, par un robot, on parvient à en réduire le prix de moitié, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'on en consommera le double.

Dira-t-on, dans ce cas, qu'une portion du travail national a été frappée d'inertie ? Oui, d'après la démonstration vulgaire. Non, selon la mienne ; car, alors que dans ce pays on n'achèterait pas un seul chapeau de plus, le fonds entier des salaires n'en demeurerait pas moins sauf ; ce qui irait de moins à l'industrie chapelière se retrouverait dans l'économie réalisée par tous les consommateurs, et irait de là salarier tout le travail que le robot a rendu inutile, et provoquer un développement nouveau de toutes les industries.

Et c'est ainsi que les choses se passent. J'ai vu les journaux à 80 F, ils sont maintenant à 48. C'est une économie de 32 F pour les abonnés. Il n'est pas certain ; il n'est pas, du moins, nécessaire que les 32 F continuent à prendre la direction de l'industrie du journaliste ; mais ce qui est certain, ce qui est nécessaire, c'est que, s'ils ne prennent cette direction, ils en prennent une autre. L'un s'en sert pour recevoir plus de journaux, l'autre pour se mieux nourrir, un troisième pour se mieux vêtir, un quatrième pour se mieux meubler.

Ainsi les industries sont solidaires. Elles forment un vaste ensemble dont toutes les parties communiquent par des canaux secrets. Ce qui est économisé sur l'une profite à toutes. Ce qui importe, c'est de bien comprendre que jamais, au grand jamais, les économies n'ont lieu aux dépens du travail et des salaires."

 

(*) Ce texte est celui du célèbre économiste français Frédéric Bastiat (1801-1850), publié en 1850 dans : Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, Chap. VIII : Les Machines.

Trouvant que ce texte se suffisait très largement à lui-même, nous avons juste remplacé le mot "machine" par celui de "robot", plus évocateur aujourd'hui. Aucun commentaire non plus, car ce texte est toujours d'actualité, surtout en cette période électorale où des personnes, candidates à l'élection présidentielle, disent de nombreuses contrevérités, démagogiques et populistes, pour attirer un électorat pas toujours formé à la matière économique.

N.B : Si le mot "robot" avait existé à l'époque de Bastiat… ou de David Ricardo (1772-1823), − qui finit par reconnaître le bienfait des machines, dans : Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1821), Chap. XXXI −, ils l'auraient employé.

crédit photo : robots Kuka en Allemagne (hepcoautomation.co.uk)



30 réactions


  • foufouille foufouille 13 mars 09:49

    un peu léger actuellement car si presque tout peut être robotiser, tu n’as plus de travail pour tout le monde et une faible redistribution.


    • Aimé FAY Aimé FAY 13 mars 10:02

      @foufouille

      Ce n’est pas le robot qui mène au chômage, mais son absence qui y conduit, semble-t-il ! Exemples : la Corée, le Japon, l’Allemagne…


    • Trelawney Trelawney 13 mars 10:09

      @Aimé FAY
      Ce n’est pas le robot qui mène au chômage, mais son absence qui y conduit,


      Des hypothèses comme celles çi je peut vous en faire des tonnes du genre : La majorité des pays les plus pauvres sont autour de l’équateur et dans les zones chaudes. Donc l’excès de soleil conduit à la pauvreté.

      c’est un peu l’histoire de la lune et du doigt

    • foufouille foufouille 13 mars 10:57

      @Aimé FAY
      si justement puisque cet emploi est supprimé sans solution obligatoire de remplacement.
      ne me dit pas que tous les ouvriers deviendront médecins ou ingénieur car c’est ridicule.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mars 19:40

      @Aimé FAY


      On veut ce que le travail produit ; le travail en soi est une malédiction. Une minorité a réussi - par la force d’abord, puis par la ruse - à s’approprier la production, puis a n’en distribuer que ce qu’elle veut en échange du travail... qui déterminera la part de chacun. 

      On a rendu ainsi le travail « désirable », mais avec l’abondance qu’a crée l’industrie, on a eu moins besoin de travail, alors que la production devait toujours être distribuée pour consommation. On a donc cessé de travailler pour produire et commencé a produire pour travailler....  

      Mais on peut alors feindre de travailler. Tout le monde triche, et il est devenu bien plus simple de tricher quand on ne transige plus qu’en symboles... Peu a peu, on a brisé le lien entre ce que chacun fait et ce qu’il reçoit. Avec assez de ’capital ’ on n’a plus besoin d’autres travailleurs que ceux qui fabriquent des « travailleurs ». Travailleur, en Russe, ça se dit ROBOT... 

      Le travail devient presque totalement indésirable. La consommation devient le seul but. Le commerce ou l’arnaque la seule activité raisonnable, hors la recherche, la santé, la formation et le loisir.... Un autre monde. Mais qui déterminera la part de chacun ? Je ne crois pas que la solution Hamon de donner la meme chose a ceux qui travaillent et ne travaillent pas soit la bonne.

      PJCA







        



  • sleeping-zombie 13 mars 10:18

    Le second ouvrier, payé avec le second franc, réalise une œuvre nouvelle.

    Ca, c’est l’exemple qui marche : le capitaliste vertueux qui ré-investit l’intégralité de son bénéfice...

    Qui s’oppose au capitaliste français de la fin du 20eme siècle, lequel utilise sont bénéfice pour :
    -s’assurer l’exclusivité d’un bien en le rendant inabordable
    -faire exploser le prix (arbitraire) de l’immobilier pour créer une muraille (d’argent certes, mais muraille néanmoins) entre lui et son dernier ouvrier
    -entretenir une armée de policier/comptables/agents-administratif qui ne créent aucune richesse globale, mais dont la seule fonction est de s’assurer que personne ne franchit cette muraille.

    (et du coup, il pleure face au capitaliste allemand qui n’a pas encore trop pris le même chemin)

    Si Bastiat était vivant de nos jours, il n’écrirait certainement pas la même chose...


    • Yaurrick Yaurrick 13 mars 13:02

      @sleeping-zombie
      Sauf qu’en France, l’état fait tout pour organiser la pénurie de logements, et l’absence de concurrence.... Et ça Bastiat le disait et le dirait toujours actuellement.


    • sleeping-zombie 13 mars 13:28

      @Yaurrick
      1. je ne vois pas ce que fais l’état français et que ne fait pas l’état allemand (même si la comparaison n’est pas aisée)
      2. l’état français étant aux mains des capitalistes, s’en plaindre c’est accuser la main droite de ce que fait la main gauche...


    • Yaurrick Yaurrick 13 mars 23:46

      @sleeping-zombie
      1. Tout simplement laisser une offre immobilière se développer plutôt que de la limiter artificiellement, donc moins de restrictions sur le foncier, et moins d’empilement de taxes et de normes qui encouragent plus de bailleurs privés.
      2. C’est du bon capitalisme de connivence, symptôme évident d’un état qui ne s’en tient pas à ses fonctions régaliennes et accorde des privilèges.


  • sarcastelle 13 mars 10:20

    Les sociétés sont continuellement en temps de transition, et c’est la transition qui empeste la vie individuelle qu’elle rend instable et imprévisible. Le luddisme est parfaitement logique à l’échelle d’une vie humaine. 


  • oncle archibald 13 mars 10:30

    Pas un mot sur la régulation que peut apporter l’intervention de l’état pour que l’heureux propriétaire du robot et le malheureux travailleur envoyé au chômage puissent continuer à cohabiter dans une société harmonieusement organisée.

    Car le franc que l’industriel ne dépense plus en salaire, ce franc de bénéfice supplémentaire dont il n’a nul besoin puisqu’il vivait déjà très bien avant la mise en place du robot, l’état peut lui en reprendre une grande partie pour réorganiser la vie de ceux qui ont été privés d’emploi par le robot, leur donner une nouvelle formation, leur permettre de continuer à vivre en un mot jusqu’à ce qu’ils retrouvent un emploi normalement rémunérateur.

    Vous souvenez vous que du temps de de Gaulle et Pompidou la tranche résiduelle de l’impôt sur le revenu était à 65% ? Au temps des ordinateurs il serait sans doute très facile de multiplier les tranches d’imposition à l’infini pour que la « fraternité » inscrite sur les frontons de nos mairies retrouve son sens.


    • Yaurrick Yaurrick 13 mars 13:21

      @oncle archibald
      On voit bien actuellement que l’intervention de l’état n’est pas la panacée : ne croyez vous pas qu’il serait plus facile d’avoir un emploi (et de les créer) si l’état justement laissait un peu tranquille les entreprises, au lieu de complexifier et de renchérir le travail ?
      Au passage, la responsabilité et l’intelligence des humains devrait aussi conduire à anticiper le phénomène de chômage (c’est donc logique de s’assurer contre le chômage et de se former en continu).
      La fraternité, ça ne devrait pas consister à s’accaparer les revenus des autres sous prétexte d’une prétendue « égalité »... Fraternité qui au passage n’est pas le fort des français, du fait de l’infantilisation des citoyens par l’état.


    • oncle archibald 13 mars 14:19

      @Yaurrick :l’impôt ne devrait pas affecter les entreprises mais au bout de la chaîne les personnes physiques. L’Isrpp par tranches à taux progressif est le seul impôt juste. Il ne prive pas, il écrête le superflu. À certains niveaux de revenus que je qualifierai d’indécents qui peut prétendre avoir besoin de plus, ou même simplement l’utilité de plus ? Un prélèvement des deux tiers voire plus dans ces tranches la ne me paraîtrait nullement anormal. Ne jamais oublier que ca n’est pas 66% des revenus qui sont prélevés, mais 66% de la partie des revenus qui sont dans cette tranche.


    • Yaurrick Yaurrick 13 mars 23:58

      )@oncle archibald
      En effet, l’impôt est in-fine payé par les personnes physiques, ce qui pourrait être traduit par ce que les états appellent « un manque à gagner » mais appliqué aux personnes physiques.
      Par contre je ne suis pas d’accord, le seul impôt juste est celui qui est payé par tous dans les même proportions (on peut en revanche parler de son taux) , d’ailleurs c’est celui qui rapporte le plus à l’état : la TVA c’est environ la moitié des recettes.

      Comme le dit l’article, plus on prélève de richesses, moins les créateurs des dites richesses sont incités à le faire ou vont le faire à l’étranger... au final tout le monde y perd, et les moins biens lotis en sont les premières victimes. Et surtout à quel moment décidez-vous que tel ou tel revenu est superflu ? Ce ne sont pas les inégalités qui sont un problème, c’est la pauvreté : et ça se combat en créant de la richesse.


    • oncle archibald 14 mars 09:26

      @Yaurrick

      Il existe bien un SMIC le salaire minimum que ceux qui ont le pouvoir de décision ont décrété étant le revenu le plus bas en dessous duquel on ne peut pas vivre. On pourrait définir les tranches de taux d’imposition de l’ISRPP en multiples de SMIC, sans limitation, avec un taux qui tend vers 100/100 sans jamais l’atteindre quand les revenus tendent vers l’infini. 

      Quant au taux fixe il abolirait totalement la notion de solidarité et de fraternité. Le taux fixe c’est la loi du plus fort qui a l’air de bien vous plaire. Prendre 10% de ses revenus à un smicard c’est l’empêcher de vivre, prendre 10% de ses revenus à un mec qui gagne 150 fois le smic ça ne le privé de rien, il ne s’en rend même pas compte ! 

      Enfin j’insiste largement sur le phénomène de tranches à taux variable : sur un revenu de cent mille euros celui qui gagne 10 000 000 d’euros paie exactement le même impôt que celu qui gagne 100 000 euros. C’est juste.


    • Yaurrick Yaurrick 14 mars 13:46

      @oncle archibald
      Le problème majeur du SMIC est qu’il condamne au chômage les moins productifs (donc souvent les moins qualifiés et les jeunes... on peut se vanter d’être productif quand on exclut une grande partie des statistiques). Au lieu de gagner même modestement leur vie (quitte à être éventuellement aidé) et finir par progresse en compétences, les chômeurs sont complètement à charge de la collectivité et s’enferment dans des trappes à pauvreté.

      Ce n’est pas de la solidarité, c’est juste du vol légitimé par la force ... la loi du plus fort c’est l’état qui l’applique. En conséquence de quoi la vrai solidarité française est une des moins généreuses au monde. En outre, du fait de la pression fiscale, le pouvoir d’achat est raboté de façon conséquente : dans un pays plus « libéral » vous auriez bien plus de pouvoir d’achat même en étant pauvre relativement, et vous pourriez vous acquitter de vos impôts (ce qui au passage détruit l’illusion de gratuité des services publics.)


    • oncle archibald 14 mars 14:34

      @Yaurrick

      Nous n’avons pas la même vision du SMIC. Pour moi c’est le salaire, justement, des moins qualifiés et des jeunes. Le C en fin de sigle signifie Croissance. Autrement dit un jeune devrait être embauché au SMIC s’il est peu qualifié et ensuite par le biais de sa formation interne à l’entreprise par l’ancienneté ou acquisition de nouvelles compétences son salaire devrait évoluer. Personne ne devrait rester au SMIC.

      Dans les faits il en est tout autrement. Il y a des quantités de personnes bien plus qualifiés qu’un débutant qui continuent à être payées au SMIC. C’est la loi du marché direz vous sans doute, moi je crois que c’est la loi du profit sauvage.

      J’ai travaillé dans le bâtiment. J’ai eu l’occasion d’admirer le talent on ne peut pas dire autrement d’un carreleur d’une cinquantaine d’années. Je lui ai fait part de mon admiration et il m’a répondu que j’admirerai sans doute moins sa feuille de paye qu’il est allé chercher dans sa veste. Il était payé 1,25 SMIC ! A cinquante piges, avec son savoir faire, après avoir bousillé ses genoux pour avoir passé sa vie à quatre pattes depuis l’age de 17 ans.

      l y a beaucoup à dire sur la rémunération du travail, l’échelle des rémunérations dans l’entreprise, et les taux de l’ISRPP. Ce ne serait pas un malheur si les candidats à la présidentielle nous disait ce qu’ils en pensent, mais on trouve plus judicieux de les questionner sur ce qu’ils pensent du fait que Mr Fillon ne paie pas lui même ses costumes.


    • Sparker Sparker 19 mars 22:30

      @Yaurrick
      « et ça se combat en créant de la richesse. »
      Vous ommetez la redistribution.


  • Aimé FAY Aimé FAY 13 mars 10:36

    "Dans un pays, l’emploi des machines ne pourrait jamais être découragé sans danger ; car si l’on n’autorise pas un capital à recueillir tout le revenu net que lui procurerait l’utilisation des machines, il ira à l’étranger.« …. »Si nous rejetions l’emploi des machines alors que tous les autres pays l’encouragent, nous nous trouverions contraints d’exporter notre monnaie en échange de biens étrangers jusqu’à ce que nous ramenions le prix naturel de nos marchandises au niveau appliqué dans les autres pays." David Ricardo (1772-1823), dans : Des principes de l’économie politique, Chap. XXXI. L’un des livres préférés de Marx et d’Engels.


    • oncle archibald 13 mars 11:59

      @Aimé FAY : et donc ? « Le capital » dit à son ouvrier : crève connard, je n’en ai rien à foutre. Si t’es pas content je me barre.

      Et un jour « le capital » est tout étonné de se retrouver face à une foule qui n’a qu’une idée, le pendre à la branche d’un chêne ou même pire ...

      Il a oublié « le capital » que l’argent ne devrait être qu’un outil pas un but en soi, qu’un homme en vaut un autre quel qu’il soit, et qu’il est peu de chose, comme tout un chacun, face à une foule affamée déterminée à se servir directement si elle ne peut pas obtenir ce qu’il lui faut pour vivre.


    • Aimé FAY Aimé FAY 13 mars 15:07

      @oncle archibald

      pour plus d’infos sur le capital, voir : « Le Capital en quelques mots, de Platon à nos jours. »


    • oncle archibald 13 mars 17:03

      @Aimé FAY je n’achèterai pas votre livre dont je ne doute pas qu’il soit très bien documenté, extrêmement érudit, plein de références historiques et d’exemples parlants. Ce que je crains c’est qu’à l’instar de nos hommes politiques vous soyez parfait dans la théorie, très brillant dans votre monde mais très peu instruit des problèmes de « la plèbe ». Les employés d’une entreprise ne peuvent pas être de simples pions que l’on déplace sur échiquier à son gré pour améliorer la compétitivité de l’entreprise.

      Quand on explique à un homme qui vient d’être mis au chômage parce que son employeur a restructuré son entreprise qu’il doit subir son sort sans broncher il ne s’agit plus de théorie mais d’un homme plein de bonne volonté et capable de travailler mais qui n’arrive plus à faire vivre sa famille. Ça n’est pas abstrait, on ne joue pas aux échecs, on ne peut pas le traiter comme un pion que l’on doit absolument sacrifier pour protéger la reine.

      Je comprends parfaitement que l’entreprise doit s’adapter pour survivre et donc continuer à employer mais Il faut que la société se sente solidaire envers le travailleur « sacrifié », qu’elle trouve comme je le disais plus haut le moyen de le former à d’autres métiers si le sien n’existe plus, le soutenir en attendant qu’il soit formé et à nouveau intégré à l’appareil productif.

      Demander un effort à ceux qui à titre personnel disposent des plus hauts revenus me parait une meilleure idée que d’augmenter les prélèvements sur le seul fruit du travail sous forme de cotisations sociales me parait le minimum minimorum de la « solidarité nationale » et de la « fraternité ». Cela permettrait à l’entreprise de rester compétitive et au salarié devenu inutile de trouver un nouveau travail et sa dignité.


    • Vipère Vipère 13 mars 19:11

      @oncle Archibald

      L’idée de progrès humain est probablement à l’origine de la mécanisation et plus tard de la robotisation, mais l’on s’aperçoit que l’homme libéré du travail, n’a plus de revenus !

      Quid de nos hommes politiques qui n’ont rien vu venir ?

      Nos Sociétés industrialisés se sont construites sur la valeur travail, et du travail précisément, il y en aura de moins en moins !

      Comment faire pour résoudre cette équation compliquée ?


    • oncle archibald 13 mars 20:07

      @Vipère : quand je vois l’état des berges de la Clamoux après la crue qui a failli la voir entrer dans ma maison je me dis que pour enlever tous ces embâcles il en faudrait des bras. 


      Mais ces c..s vont faire des réunions et nommer des commissions qui que quoi donc ou et les embâcles vont rester la coincés dans les arbres des berges .... jusqu’à la prochaine crue ou ils vont aller se coincer contre les piles d’un pont et feront barrage au point que pont finira par cèdre et alors nous reverrons fleurir des panneaux qui vont annoncé que monsieur le Président du conseil général reconstruit le pont pour nous .... alors que le panneau devrait annoncer que le pont a été emporté faute d’entretien des berges et qu’il s’excuse d’employer notre pognon à une dépense qui aurait pu être évitée.

      Gestion calamiteuse à tous les étages de responsabilité. Du boulot utile à la collectivité et permettant d’énormes économies pour la collectivité il y en a, plein. Mais on préfère attendre le prochain gros orage qui va faire de nouveaux sinistrés puis annoncer que le coût de nos cotisations d’assurances vont augmenter en raison de l’augmentation des dégâts par « catastrophe naturelle ». Les politiques sont nuls. Ils ne prévoient rien. Ils n’ont même pas le simple bon sens d’un paysan. Errare humanum est persévérare diabolicum.

  • Ruut Ruut 13 mars 12:17

    L’industrie apporte la croissance.
    Quelle soir humaine ou robotique le bilan est toujours positif.
    C’est la délocalisation qui apporte la récession.
    Car un emploi délocalisé ne cotise pas, ne consomme pas et ne contribue pas, il retire juste une somme fixe et mensuelle aux bénéfices nationaux..

    L’ennemi n’est pas la robotique mais la délocalisation tant industrielle que des services.


  • alain_àààé 13 mars 14:25

    on ne peut pas dire que c est un excellent article car que l on ai remplacé le mot machine par le mot robot . cela ne change rien au probléme de notre avenir ou notre industrie.vous avez pris un exemple. moi je prendrais celui de l industrie sidérurgique qui c est éffondré comme un jeu de cartes. avec des milliers de pertes d emplois dont les personnes sont plus ou moins des chomeurs ou SDF


  • Jao Aliber 13 mars 16:20

    Les robots ne sont pas un problème mais le spécialisme qui fait qu’ une fois la spécialité du travailleur supprimé, il devient superflu.Il pourra se forme dans une autre spécialité mais toutes les spécialités sont en mouvement, en changement perpétuel.Il suffit de comparer les spécialités qui existaient dans les années 60, 70 avec les spécialités d’aujourd’hui.


    Il ne pourra garantir son existence que s’il devient un homme intégral sachant travailler et se mettre à jour dans n’importe quel branche.Il faudra donc abolir le spécialisme dans l’activité.


  • Jean Keim Jean Keim 14 mars 08:07

    Par le raisonnement on peut tout justifier et son contraire, mais à part partager et le travail et les richesses produites, je ne vois rien d’autre qui pourrait amener un réel progrès humain.




  • UnLorrain 19 mars 13:30

    Le libral,le libralisme...l eternel incompris,le supreme honneur d etre incompris.

    Ce pays est irreformable : Sarkozy...bien place fut il pour ce constat.

    Degraisser le mammouth : C. Allegre avec allegresse et bonhommie coutumieres semble t il...Quelques temps plu tard,bon gre de C. Allegre pourtant et qui disposa des MANETTES,le budget pachydermateux supplante celui de cet autre regalien,la defense,de plus,semble devenu totalement debile,avec entre autre la theorie du genre...Oui,cela se profil ce titre de billet de blogueur fort critique : l Etat,cette mafia qui veut votre bien a coup de poing dans la gueule. Autrement dit,l Etat vous Tysonne la teute...mais c’est pour vot bien qu on vous dit !!


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