samedi 11 mars - par Emile Mourey

Les noces de Cana de Véronèse... mais où sont les mariés ?

Réponse :

Il n'y a pas de mariés, le tableau du Louvre est un pamphlet, une proclamation, ou un avertissement contre la censure de l'époque, un rappel des grands noms de la peinture et un éloge de la Renaissance (image en grand, voir Wikipédia).

Nous sommes vers la fin du XVIème siècle, en Renaissance tardive. Suite à l'affairisme de certains dignitaires religieux qui avaient abusé de leur position en commercialisant le culte des images et en accordant des indulgences indues et absurdes, et après la scission des protestants et des dévots opposés aux nus, l'Église s'est trouvée dans l'obligation de se réformer en clarifiant ses dogmes et ses règles mais avec le risque, en encadrant l'Art, de le stériliser. Alors qu'elle avait été particulièrement violente jusqu'au Vème siècle, l'Inquisition perdure tout en se modérant jusqu'au début du XIXème où elle fut abolie.

Retour aux sources : les "Noces de Cana" dans l'évangile de Jean.

Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée en présence de la mère de Jésus. Celui-ci avait été invité ainsi que ses disciples. Or, le vin commençant à manquer, la mère de Jésus se tourna vers lui et lui dit : « Ils n'ont plus de vin (ils n’ont plus de foi). » Jésus lui répondit : « Femme, pourquoi t'adresses-tu à moi ? Mon heure n'est pas venue. » Se tournant vers les serviteurs, elle leur dit : « Allez vers lui et faites tout ce qu'il vous dira. » Il leur dit : « Remplissez d'eau ces jarres. » (c'étaient des jarres réservées pour les ablutions, il y en avait six). Ils les remplirent à ras bord. « Puisez maintenant, leur dit-il, et servez le président du banquet. » Celui-ci ayant goûté l'eau qui s'était transformé en vin, le trouva bon (il en ignorait l'origine, mais les serviteurs, eux, savaient). Il appela le marié et s'étonna : « D'habitude on sert le bon vin en premier et le moins bon ensuite lorsque les convives sont ivres. Mais toi, tu as gardé le bon vin. » Tel fut le premier signe de Jésus. Il le fit à Cana de Galilée. C'est ainsi qu'il révéla sa gloire devant ses disciples, afin qu'ils croient en lui. (Jn, 2)

Interprétation classique d'après le tableau ci-dessus.

Dans la salle obscure des banquets qu'un rectangle de ciel éclaire, tout en haut, à gauche, sur un balcon, un musicien joue. Assise à la place d'honneur sous un dais de parade décoré de guirlandes, la mariée est triste ; il n'y a plus de vin. A sa gauche, son père la console. A sa droite, le marié, en retrait, baisse la tête. Un indicible sentiment de gêne se lit sur le visage des parents et des beaux-parents tandis qu'un proche de la famille se donne une contenance en consultant la carte des vins. Le désordre se met dans le rang des invités. Ils se retournent sur leurs bancs, s'inquiètent, se posent des questions. Certains tendent leur verre en disant : « Donnez-nous à boire ! » A l'extrême droite, la mère de Jésus se tourne dignement vers un serviteur pour lui donner des instructions. Assis à sa gauche devant des jarres vides, Jésus fait discrètement un signe dans le dos de l'intendant. Et voilà, ô miracle, que l'eau qu'on verse dans les jarres devient rouge. Sur la table qu'une nappe d'un bleu immaculé recouvre, au milieu des entremets délicats, la tarte décorée du dessert et le plateau de dragées attirent le regard. (1)

 Mais où sont les mariés dans le tableau du Louvre que Véronèse a peint en 1562-1563 ?

Il faut se rendre à l'évidence, il n'y en a pas. Il n'y a donc pas de mariage. Certes, le Jésus perdu dans la foule du tableau précédent est bien revenu au centre pour satisfaire pleinement au canon officiel mais son regard est lointain, inexpressif, comme absent. En collant à plat sa main droite à la table - curieusement, il n'y a pas de pain à consacrer - il dit clairement que, si le concile de Trente ne libère pas les artistes des contraintes imposées par le Saint-Office, il renonce à célébrer la noce. Également perdue dans la foule du précédent tableau, sa mère qui l'a rejoint a quitté son voile blanc pour un voile noir. Non seulement, il n'y a pas de vin dans le verre qu'elle semble tenir mais il n'y a pas de verre. Son regard est dans le vide. On sait que les commanditaires du tableau ont versé le solde du contrat le 6 octobre 1563. On sait également que le concile s'est clos le 4 décembre 1563. On peut donc supposer que lorsque Véronèse a pensé et peint son tableau, il était dans l'incertitude concernant les décisions du concile, vers plus de censure ou vers plus de liberté, d'où le regard inexpressif de Jésus et le verre absent et encore sans vin de Marie.

Et pourtant, l'eau se change en vin, mais ce n'est pas sur le signe discret du Jésus du tableau précédent mais sur celui de Soliman le Magnifique placé en bout de table. L'épagneul du sultan est sur ses genoux. C'est à lui que les esclaves abyssins présentent la première coupe. Imperturbable, le prince côtoie une belle et riche italienne (Venise, la sérénissime) au regard innocent et absent dont une autre femme (la Hongrie) et un homme à l'abondante chevelure en forme de casque et au pendentif princier convoitent le bijou (Jean Ier, roi de Hongrie, récemment décédé). Les huit personnages forment un groupe. Derrière eux, dans l'ombre, conseillers et serviteurs portent le bonnet persan. C'est l'image d'un monde ottoman secret que le juif Judas, la main posée sur sa bourse, voit comploter avec inquiétude. (2)

Véronèse n'est pas seul à signer le pamphlet. Il a convoqué ses soutiens qu'il a placés au premier plan. Dans une position avantageuse bien mise en évidence par l'importance de l'instrument, Titien est peint de profil en rouge, arc-bouté sur une grande violone, ancêtre du violoncelle. Il est âgé de 72 ans et porte bonnet. Le jeune homme qui est à côté est celui que le maître a peint en 1542, vingt ans plus tôt. En 1542, ce jeune homme avait 12 ans. En 1562, à la date du tableau, il est âgé de 32 ans. Il est représenté jouant délicatement d'une petite viole, portant au cou la croix pectorale et à l'annulaire droit l'anneau épiscopal. Il s'agit du cardinal Ranuccio Farnèse, protecteur des arts et grand mécène. Derrière lui, son bouffon.

Le jeune joueur de flûte appartient au groupe qui suit. Que signifie ce groupe qu'enserre de son long bras gauche, comme pour le protéger, un mystérieux personnage à l'ample manteau rouge portant turban vénitien ? Jusqu'à la main droite à la trompette d'or ? Pourquoi cet enfant au visage d'ange ? Pourquoi, au même niveau, cet enfant plus âgé s'exerçant à jouer du pipeau ? La solution de l'énigme ne se trouverait-elle pas dans la partition musicale que Véronèse a placée contre l'oreille du premier enfant ? Que va décider le concile ? Interdire à l'enfant de s'éveiller à la musique et aux autres formes de l'art ? Confisquer ses premières flûtes ? Ce grand manteau rouge, ne serait-il pas le symbole de la Renaissance ? 

À côté de l'autel du temps qui passe, Véronèse s'est représenté au centre de son tableau, dans une position avantageuse, faisant face à son ami et protecteur, le grand Titien, comme en pendant. Il s'est représenté avec Tintoret jouant de la même viole de gambe. Il s'agit probablement d'une alliance de circonstance, pour la bonne cause, mais il a placé malicieusement son rival derrière lui, ce qui n'est pas sans arrière-pensée. Bref, c'est bien Véronèse qui ouvre le concert au son plaintif de sa viole. Et pour bien montrer qu'il s'agit d'une pétition avec menace de grève, les peintres ont quitté leurs pinceaux pour des instruments de musique jouant un air de circonstance. Nous sommes en plein débat, dans la phase finale du concile de Trente. Il s'agit pour le monde de la culture de faire pression sur les pères conciliaires pour une plus grande liberté de création et la levée des interdits.

À la droite du Christ, entre lui et sa mère, apparaît l'apôtre Jean. Aucune hésitation, c'est sa place obligée dans l'évangile et dans tous les tableaux évoquant la dernière Cène. À gauche du Christ, Simon-Pierre, plus âgé, converse amicalement avec la figure caractéristique d'un saint Paul chauve et barbu. Face à eux et en dessous, Saint Thomas, l'incrédule, montre à un sceptique, ainsi qu'au spectateur, l'endroit où il a mis le doigt dans la plaie du Christ. Diogène se fait remarquer par son habit d'homme du peuple et par la lanterne dont il se servait pour chercher un "homme" en plein jour. Suivent les représentants des arts complémentaires, le célèbre architecte Andrea Palladio qui a rénové le réfectoire avant que Véronèse y peigne son tableau et, derrière lui, probablement un autre contributeur. Viennent ensuite les deux hommes qui sont au centre du débat avec leurs thèses opposées : le chanoine Johannes Eyck, et le protestant Luther. L'affrontement culmine en 1521, puis se poursuit par la publication, notamment de deux bibles qui s'opposent, nourrissant un débat de plusieurs années, et donc jusqu'à l'époque du tableau.

Faisant pendant à Diogène, sur la droite du Christ, saint Augustin, le doigt levé vers le ciel, dialogue avec une Afrique du Nord placée derrière lui, symbolisée par un homme au turban facilement reconnaissable. Un saint Augustin célèbre pour sa Règle dont s'inspireront plusieurs ordres religieux. Coiffé de son chapeau de feutre recouvert d'un voile, Michel-Ange apparaît dans l'ombre (4). Leur succèdent le cardinal saint Bonnaventure et saint Thomas d'Aquin représentés en plein débat théologique devant un sablier mesurant le temps qui passe. L'évêque Charles Borromée qui prit une part active au concile de Trente n'a pas été oublié. En le représentant, Véronèse évitait de représenter le pape, Charles Borromée étant son neveu. Le jeune garçon en vert est peut-être un séminariste. Au retour de table, une belle et jeune femme en âge de mariage s'ennuie en mâchonnant un bâton de réglisse. Un peu plus bas, le jeune et discret Raphaël l'ignore et préfère nous regarder comme il le fait dans la fresque de son École d'Athènes.

En revenant sur la gauche du Christ, saint François d'Assises, fondateur de l'ordre des Franciscains, voit une apparition dans le ciel. C'est l'extase bien connue des peintres. À sa droite, c'est l'ordre des Jésuites qui est honorée en la personne indiscutable d'Ignace de Loyola ; puis, c'est un Léonard de Vinci à la barbe et à la chevelure broussailleuses qui est mis en évidence avant que Véronèse intercale entre lui et saint François le portrait d'Ignace de Loyola, suite à un repentir. Un Léonard de Vinci protégé d'un autre François, François Ier, roi de France.

 

À gauche de saint François, nous avons le groupe des ordres missionnaires. Le premier tient dans sa main droite la palme du martyre. Il voit le ciel ouvert. Le suivant a les yeux tournés vers l'Afrique, à moins que cela soit vers les Amériques ou les Indes. Le troisième est en pleine discussion avec un marabout qui montre sa main vide. Indiquant la direction du ciel, le missionnaire essaie de le convertir au dieu chrétien céleste, source de bienfaits qui lui seront donnés en retour. En bout de table, faisant pendant à Soliman, un important personnage nous regarde en biais. Le vert de sa robe n'est pas un bon signe. Peut-être s'agit-il d'un représentant du tribunal de l'Inquisition ? Il siège sur un banc de justice.

Enfin, dans le coin des jarres ornées de la figure de Bacchus, le peintre a représenté un groupe de quatre hommes dont le membre probable d'une confrérie, reconnaissable, vu de dos, à sa tenue ; ainsi qu'un enfant qui s'éduque à la culture en buvant le vin nouveau. De ce groupe émerge un personnage scintillant levant sa coupe à la gloire d'une peinture éclatante de couleurs, libérée de toutes entraves et interdits. Ce personnage scintillant, c'est là encore Véronèse mais davantage de profil. Il lève son verre à la gloire de la peinture. Face à lui, l'Aretin lui explique le miracle de l'eau changée en vin en dirigeant sa main droite vers les jarres. De la main gauche, il tient le bâton rouge du maître de cérémonie, montrant par là qu'il est l'organisateur de la fête, ou tout au moins son inspirateur, étant mort six ans avant la réalisation du tableau.(3)

Côté Soliman, qui est cet important personnage habillé de vert comme le méchant inquisiteur, portant grand poignard de corsaire, la main sur la bourse de ses rapines, le turban en bataille - opposé au turban rouge vénitien - la bague au pouce droit ? Il s'agit du célèbre pillard barbaresque Barberousse que l'on identifie sans aucune hésitation... par sa barbe rousse. Dans le dos du Florentin habillé de soie bleue florentine qui converse avec Raphaël, il présente à Soliman un pan de son manteau en signe d'allégeance. Derrière lui, un autre corsaire tend le bras droit vers la table du festin mais le bras de Raphaël l'en empêche. Est-ce suite à un repentir que Véronèse, ou quelqu'un d'autre, aurait repeint le personnage de Barberousse en un bleu moins agressif ? un bleu que les restaurateurs ont effacé pour faire réapparaître le vert d'origine.

Nous sommes bien dans l'avant-scène de la table d'un festin, ce que confirme le nain et son perroquet, les chiens qui s'ennuient, le chat qui joue, sans oublier les jarres en désordre, sommairement sculptées à gauche, plus richement à droite.

Dix ans plus tard, Véronèse peint le repas chez Lévi.

Le 18 juillet 1573, alors qu'il vient de peindre un autre grand tableau, celui de Venise, représentant la Cène de l'Évangile, Véronèse est convoqué et interrogé, non pas à l'initiative des inquisiteurs, mais suite aux plaintes des moines du couvent. Ces moines reprochent à l'artiste les libertés qu'il prend par rapport aux textes sacrés. Suit l'extravagant vaudeville relaté dans le procès-verbal de l'interrogatoire, les inquisiteurs reprochant, à juste titre, au peintre les libertés qu'il prend avec le texte et le contexte historique, Véronèse plaidant pour la liberté de création. L'accord se faisant en changeant seulement le titre du tableau en "repas chez Lévi".

Des secrets d'atelier. Les secrets d'atelier des peintres existent de tous temps, mais, en ce temps-là, cela ne concernait pas seulement la nature et la composition des liants mais aussi quelques astuces pour créer un effet chez un spectateur qui croit voir la réalité alors qu'elle ne l'est pas. C'est ainsi qu'en créant des perspectives différentes, le spectateur dont le regard se dirige au début sur le Christ et la table du festin, presqu'à l'horizontale, doit s'élever au niveau supérieur pour voir le peuple ordinaire dans la réalité toute prosaïque de la préparation d'un repas pascal, et cela, jusqu'à s'élever dans le ciel. Le repas christique apparaît alors en contre-bas dans une atmosphère irréelle de catacombes. https://www.youtube.com/watch?v=gpHlWwR-8K4

Renvoi 1. L'apparition des dragées remonte à l'époque des Croisades quand les Croisés ramenèrent d'Orient un sel curieux et tout blanc, le sucre... un cuisinier astucieux eut la bonne idée de rouler amandes, fruits et épices dans du sucre concassé et de les présenter à la fin du repas comme " digestifs "... Au Moyen Age, les dragées constituaient un véritable luxe. Lors des grands événements et des festins royaux ou seigneuriaux, elles étaient présentées dans des sortes de coupes sur pied reposant sur un bassin ou un plateau qui avaient pour nom drageoirs. http://vivre-au-moyen-age.over-blog.com/article-13518252.html. Alors que les dits plateaux de dragées ne semblent pas se trouver dans les peintures bibliques conventionnelles des "Francken", ce qui serait, en effet, un anachronisme pour l'époque des évangiles, il est étonnant qu'ils figurent dans nos deux tableaux, ce qui laisse supposer une intention commune de s'affranchir des conventions établies par le Saint-Office.

Renvoi 2. Le prince oriental évoque très certainement Soliman le Magnifique. Il avait alors 67 ans. Pourquoi Véronèse ne le représente-il pas âgé, avec la coiffure de sultan qu'il porte dans ses nombreux portraits ? À côté de sa femme habillée à l'orientale ? En réalité, c'est l'empire ottoman qu'il faut voir dans le symbole du personnage, un empire ottoman en pleine expansion avant sa grande défaite maritime de Lépante de 1571. En plein débat du concile de Trente, est-ce une main tendue de Véronèse vers un Soliman le Magnifique, protecteur des Arts, ou un chantage envers les pères conciliaires ?

Renvoi 3. Pierre l'Arétin est le personnage incontournable de Venise. Écrivain, dramaturge, redouté des puissants à cause de ses satires et, pour cela, comblé d'honneurs, il est l'auteur d'ouvrages sur le christ des évangiles. Citation : Pour Véronèse et ses contemporains, un autre texte a très certainement éclairé leur lecture de l’Évangile selon Saint-Jean : il s’agit de l’étonnant commentaire de Pierre L’Arétin, paru à Venise en 1535, qui magnifie le festin nuptial selon une lecture parfaitement vénitienne  : "En ces jours en la Cana de Galilée se célébrèrent les noces où avec une pompe royale comparurent les plus graves, les plus nobles et les plus gaillardes personnes de la Cité. Et pour la plus grande solennité y furent conviés le Christ, ses frères, et Marie : stimulée par le désir de le voir, elle était alors arrivée là. Et les tables étaient mises, et sur celles-ci de la vaisselle d’or et de pur argent ciselé ; et les sièges ornés étaient confortables. Les plus dignes et les plus vénérables contemplaient le Christ, lequel recueilli dans sa propre humilité s’était mis dans le lieu le plus bas aux côtés de la Mère." Cela semble une parfaite description du tableau de Véronèse ! … sauf peut-être la position humble et discrète du Christ à laquelle le peintre ne pouvait souscrire et qu’il a changée pour une place d’honneur. https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00158860/document (la position humble est dans le premier tableau que j'ai présenté).

Renvoi 4. Michel-Ange : Il était de grandeur moyenne, large d’épaules, fortement charpenté et musclé. Le corps déformé par le travail, il marchait la tête levée, le dos creusé et le ventre en avant. Ainsi nous le montre un portrait de Francisco de Holanda (1517-1585) : debout, de profil, vêtu de noir ; un manteau romain sur les épaules ; sur la tête, une chappe d’étoffe, et, sur cette chappe, un grand chapeau de feutre noir, très enfoncé. Romain Rolland http://agora.qc.ca/documents/michel-ange—michel-ange

Emile Mourey. www.bibracte.com, 23/2/2017. Illustrations : extraits de Wikipédia. Copie à musée du Louvre.

 

Portraits de référence (Véronèse ne semble pas vouloir rechercher une resemblance absolue)

Soliman le Magnifique

Vénitienne par Titien, voir aussi "La Belle Nani" de Véronèse

Véronèse par lui-même

Titien, de profil

Tintoret par lui-même

Ranuccio Farnèse à 12 ans par Titien

 

 

 

 

 

architecte Andrea Pallacio

Docteur Johanes Eyck

Luther

saint Augustin

par Botticelli

 

 

saint Bonnaventure portrait

saint Thomas d'Acquin

Michel-Ange

 

 

 

 

 

 

saint Charles

Borromée

 

saint François par la Greco

 

 

 

 

Ignace de Loyola

Léonard de Vinci par lui-même

 

 

 

 

L'Arétin par Titien

 

 

 

 

Barberousse, portrait

saint Paul , mosaïque ancienne

 

 

 

 

 

 



39 réactions


  • Crab2 11 mars 10:02

    ’’ couvrez-moi ce sein que je ne saurais voir ’’ - la nudité dans la Rome Antique était vécue comme chose normale, naturelle, mais depuis la fin de la " Pax Romana " ceux-et celles pudibond-e-s, autant dire sous-influences, soumis ou impactés par les...

    Suites :

    http://laicite-moderne.blogspot.fr/2017/03/liberte-et-censeurs.html


  • Agafia Agafia 11 mars 10:08

    Bonjour M Mourey,


    Dans le tableau de Véronèse, je croyais que le manteau de Barberousse avait été repeint en rouge,et non en bleu, avant la restauration qui lui a redonné sa teinte verte d’origine.

    Quelle merveille de talent ces tableaux !!!! 

  • Alren Alren 11 mars 12:48

    Quelle formidable culture, M. Mourey ! Je suis épaté !


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 13:09

      @Alren

      Merci. Reste à convaincre le ministère de la Culture et le musée du Louvre que lorsqu’on détient une oeuvre de cette qualité - dans des conditions plutôt contestables, d’ailleurs - la moindre des choses serait qu’on l’explique correctement aux touristes qui viennent la voir.

  • rogal 11 mars 15:55

    Magnifique promenade dans ce chef d’œuvre, pour l’esprit autant que pour les yeux. Félicitations et merci pour cet article remarquable.


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 16:17

      @rogal


      Merci. Un vrai chef-d’oeuvre que les responsables de la Culture et du Louvre n’ont fait aucun effort pour l’expliquer correctement. Décadence...

  • soi même 11 mars 16:57

    Mon grand Émile c’est pour quand que vous allez arrêter de jouer au con ?

    Lissez les Évangiles et vous pourrais peut être donné de comprendre symboliquement les prémisses de l’Alchimie Spirituel de l’eau changé en vin .


    • cathy cathy 11 mars 17:47

      @soi même
      Oui le vin n’est pas associé à la foi comme l’auteur le prétend, mais bien au sang. Dans la Parole de Dieu, son peuple est toujours associé à la vigne. Je ne sais vraiment pas qui est Emile Mourrey, mais manifestement, il semble s’embarquer dans des sujets qu’’il ne maîtrise pas du tout. 


    • Alren Alren 11 mars 18:30

      @cathy

      Oui le vin n’est pas associé à la foi comme l’auteur le prétend, mais bien au sang.

      La communion, l’eucharistie est le sacrement fondamental du christianisme, le fondement de la foi.
      Or l’hostie contient le corps et le sang du Christ.
      Donc l’eau changée en vin par le Christ et qui représente son sang est bien associé à la foi.

      Votre attaque tatillonne est ridicule. Relever ce petit détail quand on mesure l’éclairage extraordinaire que l’analyse de M. Mourey apporte sur une œuvre majeure du Louvre, dénote un bien petit esprit ...


    • cathy cathy 11 mars 18:41

      @Alren
      Non


    • cathy cathy 11 mars 18:45

      @Alren
      Non, « l’eucharistie » ne contient pas le sang du christ. Prendre le pain et le vin, c’est une communion entre chrétiens, cela doit se faire en souvenir du Christ qui a donné son sang (son âme) pour sauver ceux qui l’acceptent.


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 18:51

      @cathy


      Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement la fermentation fait éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »
      Marc 2, 18-22

      Si vous ne comprenez pas que dans les noces de Cana, jésus se propose de réveiller la foi dans une pensée renouvelée qui sera le nouveau testament, c’est que vous avez encore beaucoup à apprendre de votre religion.

    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 18:55

      @Cathy


      Le Christ qui donne son âme ? où avez-vous lu ça ?

    • cathy cathy 11 mars 20:14

      @Emile Mourey
      Le sang est l’âme. 

      Genèse 9:4
      Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, c’est à dire son sang.

      Quand aux noces de Cana, vous pouvez lire le passage dans l’évangile de Jean, l’époux et l’épouse ne sont pas présents. 

      En donnant lui-même du vin destiné aux invités, Jésus prend la place de l’époux, bien silencieux par ailleurs. La remarque du maître du festin au marié, à qui il attribue le mérite d’avoir gardé le meilleur vin pour la fin, semble indiquer que c’était au marié que revenait une certaine responsabilité quant au vin !

      Par ailleurs rien n’est dit quant à l’épouse. Quand on demande où est la mariée dans cette scène champêtre au village de Cana, on est bien en peine de répondre… Jean ne la décrit pas, ne signale pas sa présence. Cet indice invite à rechercher la dimension spirituelle que Jean a voulu donner à son récit.


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 21:10

      @cathy

       
      Non ! dans Gn 9,4, le sang n’est pas l’âme dont un essai de définition ne commence qu’avec Platon, mais la vie , selon le concept ancien erroné que c’est le sang qui contient l’essence (divine) de la vie.

      L’époux est présent puisque Jésus s’adresse à lui après le miracle. Et puisque c’est un repas de noces et que l’époux est présent, l’épouse l’est aussi ; cela va de soi.

      Non ! Il n’est pas dit que Jésus prend la place de l’époux. Si vous voulez dire par là que l’épouse est Jérusalem et que Jésus est le nouvel époux, je veux bien mais, au début de l’évangile de Jean, c’est peu croyable.

      Merci toutefois d’avoir implicitement reconnu votre erreur : quand l’évangéliste fait dire à la mère de Jésus : ils n’ont plus de vin ; il est bien évident que cela ne veut pas dire : ils n’ont plus de sang. Enfin, entre « ils n’ont plus de foi » et « ils n’ont plus d’âme » suivant votre raisonnement, avouez qu’il n’y a pas lieu de fouetter un chat.



    • cathy cathy 11 mars 21:16

      @Emile Mourey
      Non, l’épouse n’est pas Jérusalem, mais l’église du Christ. 

      Vous êtes juif ?

    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 21:27

      @cathy 


      J’ai supposé que c’étiez vous qui le pensiez suivant Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.(Apocalypse 21.2). Dans l’évangile de Jean, Jésus ne peut pas être l’époux d’une église qui n’existe pas encore. Vous mettez la charrue avant les boeufs.


    • kalachnikov lermontov 11 mars 21:29

      @ cathy

      Le vin et le pain chrétien viennent des mystères égyptiens. On les trouve dans le livre des morts, de même que le divin enfant, la résurrection, etc.

      Le vin désigne les menstrues (d’où le rouge) = principe féminin et le pain le sperme = principe masculin. Car c’est en effet sous l’angle non pas de la sexualité mais de la sexualité conceptuelle qu’il convient d’étudier tout ça. La Vierge, l’immaculée conception, le Fils, le Père, Joseph le géniteur (différence entre chair et esprit). Etc, etc.


    • cathy cathy 11 mars 22:15

      @Emile Mourey
      Que voulez vous : Jésus n’a ni commencement, ni fin.


      Elle s’est préparée comme une épouse, cela signifie qu’elle ressemble à la véritable épouse.



    • kalachnikov lermontov 11 mars 23:17

      « ...Si le défunt a appris ce chapitre, il pourra atteindre les champs des bienheureux. Il trouvera sur l’autel de la grande divinité la boisson et le pain consacrés. Il pourra atteindre les champs des bienheureux après avoir revêtu toutes les formes qu’il lui plaira ; il pourra enfin y circuler à tout moment, réellement, éternellement... » [in livre des morts]

      Ce n’était pas du vin, mais une bière de couleur rouge.

      "Dans la notion de dualité égyptienne, on trouve des nombreuses oppositions, telle que celle entre le rouge et le blanc, expression de complétude et de perfection (comme dans la couronne d’Egypte, union de la couronne blanche et de la couronne rouge)."

      La résurrection était la grande affaire des Egyptiens ; la traduction littérale du livre des morts, c’est ’livre pour venir au jour’ = livre pour ressusciter.


  • Richard Schneider Richard Schneider 11 mars 18:04

    Merci Monsieur Mourey pour ce bon moment de lecture.


  • Antenor Antenor 11 mars 21:27

    La transformation de l’eau en vin pendant les noces de Cana est à placer dans la continuité allégorique de l’épisode où Moïse chasse les bergers qui empêchent les filles de Jethro d’accéder au puits. L’eau du puits n’est pas la Loi puisqu’elle ne sera divulguée qu’ensuite. Il ne peut donc s’agir que de la foi. L’eau transformée en vin par Jésus est une foi « augmentée ».

    L’allégorie est encore développée avec le vin que Jésus compare à son sang. Le vin anime les croyants comme le sang anime le corps du Christ. Ce corps du Christ, c’est précisément l’assemblée des croyants et qu’est-ce qui l’anime sinon la foi ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 21:31

      @Antenor


      Oui, le rapprochement est très intéressant.

    • kalachnikov lermontov 11 mars 21:57

      @ Antenor

      C’est quoi la foi, concrètement ?

      Il faut être un peu sérieux, heureux les simples d’esprit. La parole du Christ s’adresse à une populace qui n’a rien de philosophe et de lettrée.


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 22:12

      @Antenor

       La foi ? Excellente question.
      La foi dans l’histoire de la Bible, c’est http://visionneuse.free.fr/visioxml/index.htm?ref=Hb%2011.11
      Pour Cathy, je ne sais pas.
      Dans le sens originel latin, c’est le sentiment d’agir dans la bonne direction.
      Pour mes ancêtres paysans, c’est celle des gens simples : faire confiance à ce qui nous dépasse.

    • cathy cathy 11 mars 22:25

      @Emile Mourey

      Dans Hébreux 11, nous avons l’explication de la foi :
      1 Or, la foi est une ferme attente des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit point. 

      Le récit des noces (dans Jean) a le symbolisme de l’appel de la nation physique d’Israël, le sacrifice du Messie, et fait ressortir le fait des personnes qui composeraient le corps de l’Église.

       

      Le récit des noces est en corrélation avec la rédemption de l’humanité. Il montre que Christ est déterminant pour le plan du salut. Les noces représentent l’alliance de Dieu en cours. Nous voyons comment elle se poursuit et est donnée à l’Église, les serviteurs du Dieu Très-Haut. La pénurie de vin dans le récit fait allusion aux sacrifices d’animaux prenant fin, et le vin nouveau représente la nouvelle alliance à laquelle l’Église prend part.




    • Emile Mourey Emile Mourey 11 mars 22:57

      @cathy

      La première partie de votre phrase, c’est la foi du charbonnier, la deuxième partie, c’est de l’hébreu entre guillemets. Voyez mon précédent commentaire beaucoup plus complet.

      Pour les noces de Cana, vous avez tout faux. Jean n’avait pas l’esprit aussi compliqué. Il faut lire le contexte. Après le prologue qui annonce que la parole (créatrice pour Tresmontant) est descendue dans la chair du monde (ou plutôt dans les communautés esséniennes (cf Histoire du Christ de Jean), Cana, autre nom de Séphoris, capitale de la Galilée, était bien évidement, la première cité qu’il fallait convertir à la parole descendue.

      Je répète : la nouvelle église, c’est plus tard. Mais si vous parlez de nouvelle alliance, c’est une histoire bien plus compliquée et historique que vous le pensez.

    • cathy cathy 11 mars 23:22

      @Emile Mourey
      Il n’y a pas de différence entre le peuple de l’ancienne alliance et celui de la nouvelle, pour Dieu, c’est le même peuple. C’est par la foi que nous devons lui plaire.


      Premier homme a avoir eu la foi :
      Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, à cause d’elle il fut déclaré juste, Dieu rendant témoignage à ses offrandes ; et quoique mort, il parle encore par elle.

    • Emile Mourey Emile Mourey 12 mars 02:23

      @cathy


      Faux ! Si vous lisez bien le texte de la Genèse en l’interprétant comme toute personne intelligente peut le faire, vous devriez comprendre que, dans l’esprit de ce texte, la première cité d’Adam apparaît comme composée d’une population, Ève, et d’un conseil qui la gouverne, Adam. Plus personne sensée ne croit aujourd’hui à un Adam individu. Puis, cette cité enfante des paysans, Caïn (pour nourrir la cité), et des soldats (pour la défendre). Dieu dit seulement à Caïn que s’il ne lui accorde pas de récompense, c’est parce qu’il la trouve déjà dans son travail de la terre, s’il la cultive bien ou mal ; mais qu’en ce qui concerne Abel - les soldats - il faut bien lui payer une solde pour qu’il vive. Ce n’est qu’ensuite que Caïn est maudit, probablement parce que des paysans ont massacré des soldats dans une émeute ou un soulèvement.

  • zak5 zak5 12 mars 09:36

    Merci pour cet article
    Tout bien pesé, intellectuellement parlant, la peinture est bien supérieure à la photographie.
    J’aime bien le tableau de Véronèse, c’est un trésor pour les coloristes. Ce genre de transposition dans le temps qui touche même la religion et le dogme, c’est le départ de ce qui va devenir la civilisation occidentale. La civilisation occidentale ne tue pas le fils (comme en orient) elle tue le père


  • Emile Mourey Emile Mourey 12 mars 09:55

    @ cathy


    Dans un précédent commentaire, vous avez très imprudemment écrit " Je ne sais vraiment pas qui est Emile Mourrey, mais manifestement, il semble s’embarquer dans des sujets qu’’il ne maîtrise pas du tout. 

    Conclusion : je pense vous avoir montré que c’est plutôt vous qui ne maîtrisez pas le sujet.

  • Antenor Antenor 12 mars 11:31

    @Lermontov

    La Bible s’adresse à tout le monde, aux personnes très cultivées comme aux analphabètes. La foi dans ce contexte est l’intime conviction ou tout au moins l’espoir en l’existence du dieu d’Israël.

    Voyez l’épisode de la Samaritaine, pourquoi est-elle surprise qu’un Juif lui demande à boire ? Juifs et Samaritains ne s’appréciaient guère mais tout de même. En lui demandant allégoriquement à boire au puits de Jacob, Jésus demande en fait à la Samaritaine de lui expliquer sa foi et comment elle interprète l’histoire religieuse d’Israël. L’eau nouvelle que Jésus lui propose est une nouvelle foi.


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