mardi 16 mai - par VICTOR Ayoli

Macron chez Frau Merkel : et de trois !

Macron est le troisième président français a aller écouter les chants plus ou moins mélodieux de l'inoxydable Lorelei d’outre-Rhin. Puisse-t-il être plus efficace que ses prédécesseurs Sarko et Hollande !

L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au-delà de toute espérance. Dès lors, faut-il que ces deux grands pays se diluent dans une construction complexe, sans ambition ni frontières qui les met au même niveau que Malte, Chypre ou la Lituanie ? Certainement pas. Le Non français au projet de constitution européenne d’inspiration ultralibérale — en cassant cette marche vers la simple zone de libre-échange appelée de leurs vœux par les Anglais — aurait dû inciter France et Allemagne à avancer dans le sens d’une intégration politique, militaire et diplomatique réelle sous peine d’être reléguées au rang de la Hongrie ou du Portugal. Ça n’a pas été le cas.

Après l’épisode Merkozy, où la France n’était que la carpette de l’Allemagne, on aurait pu croire en la diplomatie tranquille de François Hollande pour faire bouger les lignes. Il n’en a rien été.

Macron fera-t-il mieux ? Les temps ont changé. Le rejet de l’Europe est la conséquence évidente de cette cassure béante entre les peuples de l’Union Européenne et ses institutions. Ce rejet génère la montée constante d’une vague nationaliste d’extrême droite dans tous les pays de l’Union. Le pays le plus important de l’Europe – la France – a vu passer le boulet très près. Si rien ne change, la prochaine salve sera fatale. Frau Merkel – hélas bien partie pour un nouveau mandat – semble cette fois l’avoir compris, qui envisage devant Macron une possible révision des traités allant dans le sens d’une plus grande démocratie de l’Europe, afin qu’elle soit mise au service des peuples et non plus seulement des entreprises et de la finance.

Arriveront-ils par réalisme à conduire France et Allemagne à un mariage de raison à défaut d’amour ? Il serait temps, car la tentation de cavalier seul de l’Allemagne réveille partout en Europe un anti-germanisme de fort mauvais aloi. Cette tentation est due pour une bonne partie au décrochage économique de la France par rapport à son grand partenaire. Pourtant, hors de cette imbrication entre les deux pays, pas de salut.

Pourront-ils ranimer la flamme entre les deux vieux amants terribles ? Cette Françallemagne, englobant évidemment la Belgique, cohérente géographiquement, atteindrait la taille critique tant en matière démographique (autant que la Russie) qu’économique (autant que le Japon). Elle constituerait une entité stratégique réelle capable de parler d’autant plus haut et fort qu’elle pourrait s’appuyer sur une puissance militaire conséquente, restant à bâtir (faut pas être angélique). Dès lors le siège de la France — de la Françallemagne — au Conseil de sécurité de l’Onu ne pourrait plus être contesté. Et le reste de l’Europe aurait un noyau fort autour duquel se constituer politiquement. La fuite des Anglais - farouchement opposés cette perspective - ouvre bien des perspectives dans ce sens.

Si cette utopie ne devient pas réalité rapidement, l’histoire montre que les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers…

Ne cauchemardons pas. Merkel et Macron en sont presque aux bisous ! C’est plus rassurant !

 

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13 réactions


  • Buzzcocks 16 mai 15:24

    Je suis toujours un peu gêné par cette europe qualifiée d’ultra libérale. l’UE, c’est au contraire, une sorte de Golem ultra rigide avec des fonctionnaires non élus qui font passer des réglementations dont les peuples se passeraient bien. A nuancer toutefois mais je ne vais pas écrire un post de 50 pages.

    Par exemple, en ce moment, je bosse sur un projet de directive européenne qui impose aux agents des banques à être qualifié à la vente de crédits immobiliers. On doit donc fournir un niveau de compétence de nos personnels en fonction de leurs diplômes et/ou de formations reçues, et l’UE ne souhaite plus que n’importe quel margoulin puisse accorder un crédit immobilier. 

    Et dans tous les domaines, vous avez quantités de normes qui régissent la construction, le droit des affaires ... bref, rien à voir avec le libéralisme. Bien au contraire.

    Même si on peut penser que toutes ces normes sont effectivement voulues par les lobbys patronaux les plus puissants, car c’est une façon d’écraser la concurrence. Si vous voulez entrer dans un marché, il vous faut une armée de juristes pour comprendre le magma bureaucratique imposé. Et quand vous êtes un petit entrepreneur, vous n’avez pas les moyens de payer une armée de juristes ou avoir les moyens informatiques pour prouver aux législateurs européens que vous respectez leur préconisation.

    Bref, l’UE n’est pas ultra libéral, mais je vous concède volontiers qu’elle n’est là que pour favoriser les plus puissants.


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 16 mai 16:11

    Après l’épisode Merkozy, on aura la mère Macrel.



    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 16 mai 16:35

      @Jeussey de Sourcesûre
      Macron s’est rendu chez Merkel AVANT la formation du gouvernement et AVANT les législatives. C’est ki ki commande ?


    • Ouallonsnous ? 16 mai 18:11

      @Jeussey de Sourcesûre

      Apparemment, ce n’est pas lui qui commande, par contre la modé nous gratifiant de 6 articles sur Macron sur 21 pour aujourd’hui, je penses qu’il a noyauté Avox,

      Il fait ce qu’il peut le Mirliflores à la couguar !


  • JL JL 16 mai 18:38

    ’’Si rien ne change, la prochaine salve sera fatale. Frau Merkel – hélas bien partie pour un nouveau mandat – semble cette fois l’avoir compris, qui envisage devant Macron une possible révision des traités allant dans le sens d’une plus grande démocratie de l’Europe, afin qu’elle soit mise au service des peuples et non plus seulement des entreprises et de la finance.’’

     
    Cette évolution des choses nous la devons à la France Insoumise qui a fait de la révision des traités son leitmotiv de campagne présidentielle, en dépit des défaitiste de l’UPR, du FN et des autres.
     
    C’est pourquoi il faudrait que la FI soit la nouvelle majorité à l’Assemblée nationale, afin que le premier ministre qui sera en charge du changement soit son leader.

  • TSS 16 mai 20:31

    Comme ses deux prédécesseurs il est parti aux ordres... !!


  • troletbuse troletbuse 16 mai 22:46

    Frau Makrel, ce sera sa seconde Maman
    Tiens, Olivier Delamarche viré de BFM TV. La dictature arrive à grands pas.


  • troletbuse troletbuse 16 mai 22:51

    @ l"auteur
    Que faîtes vous là ? Vous justifiez votre vote ? Mais vous avez eu ce que vous souhaitiez en restant dans l’opposition mais pas à Macron.


  • baldis30 17 mai 10:50

    bonjour,

    ben quoi pas de quoi en faire un fromage ... naturellement au lait stérilisé et aseptisé ...

    macron est allé chez Merkel rendre compte de la mission qui lui était impartie : préparer le futur anschluss de la France par l’Allemagne ... c’est clair !

    cela avait échoué par le référendum en Alsace ... alors conformément aux vœux de l’hitléro-stalinienne commission de bruxelles aux ordres de la chancelière du IVème reich née sous l’ère Kronecker en RDA on va recommencer autrement ....


  • Pyrathome Pyrathome 17 mai 12:30

    Macron est allé chercher ses ordres à la kommandantur........


  • Samson Samson 18 mai 18:38

    "Macron est le troisième président français a aller écouter les chants plus ou moins mélodieux de l’inoxydable Lorelei d’outre-Rhin."
    Quand en €urocratie, la seule alternative républicaine à l’épouvantail brun-Marine se réduit au choix du giton de Rothschild comme Gauleiter de France et de Navarre, quoi de plus normal qu’il présente en priorité ses serments de féauté et hommage à la chancelière du IVème Reich ?


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