mardi 21 mars - par Jeussey de Sourcesûre

Mais où allons-nous ? Une écrivaine au Bac ! On aura tout vu !

Suite à des réclamations de mouvements féministes sur le sexisme et un « excès de testostérone » dans le système scolaire, une écrivaine a été inscrite pour la première fois dans la liste des livres d'études obligatoires pour le baccalauréat de la littérature française depuis la réforme de l'examen il y a plus de 20 ans. « La Princesse de Montpensier » de Madame de Lafayette figure désormais parmi les sujets. Les lycéens qui passeront leurs examens en 2018 devront avoir étudié ce roman du XVIIe siècle ainsi que le film du livre de Bertrand Tavernier de 2010.

Le baccalauréat français a connu diverses formes depuis le 13ème siècle, période de création de l'Université de Paris et de la Sorbonne. L'examen sous sa forme actuelle a été remodelé dans les années 1990. L'option littéraire (Bac L) a été créée en 1995, mais cette option ne prenait pas en compte jusqu'ici l’existence d’écrivaines.

L'inclusion de Madame de Lafayette dans le corpus est le résultat d'une pétition signée en 2016 à l’initiative de la Professeure Mme Françoise Cahen, qui enseigne dans un lycée d'Alfortville : "Nous ne demandons pas la parité entre les auteurs masculins et féminins, nous aimerions simplement que les grandes écrivaines telles que Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir, George Sand, Louise Labé ... soient également régulièrement étudiées pour nos étudiants. Dans les sections littéraires où il y a souvent une majorité de filles et où les professeurs sont pour la plupart des femmes, quel message subliminal envoyons-nous ?".

Mme Cahen précise qu'il ya deux ans, une étudiante du lycée avait mis en place sa propre pétition pour protester contre le « sexisme latent » dans les programmes scolaires et que les écrivaines qu'elle proposait d'étudier n'étaient pas « particulièrement intéressantes, mais parce qu'elles méritaient d'être étudiées pour l'important apport qu'elles ont légué à la littérature et à la société ».

La pétition de Mme Cahen a recueilli 20 000 signatures et a abouti à la ministre de l'éducation, Mme Najat Vallaud-Belkacem, qui a pris un intérêt personnel pour inclure des auteurs féminins (le mot « auteur » n’est pas encore féminisé) dans le programme du bac L.

Madame de Lafayette, dont le nom complet était Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de Lafayette, est née dans une petite famille noble liée à celle du cardinal de Richelieu.

« La Princesse de Montpensier » fut le premier livre de Mme de Lafayette et fut publié anonymement. C’est l'un des premiers romans français à avoir été publié.

L'histoire est basée sur les événements de la cour de Charles IX en 1562 alors que les guerres religieuses françaises faisaient rage. L'héroïne du roman, Marie de Mézières, amoureuse d'un homme mais fiancée à un autre, est au cœur d'une bataille violente et passionnée entre rivaux qui souhaitent l’obtenir en mariage.

Si on continue comme ça, le bac S aura au programme Marie Curie…. Pffff !



13 réactions


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 21 mars 09:51

    Il faut former des moutons et pas des individus doués de sens critique.


  • Buzzcocks 21 mars 11:54

    Quand j’ai passé le bac, il n’y avait pas de listes de livres établis par le ministère. Chaque prof choisissait X oeuvres ou textes selon son bon vouloir. L’examinateur avait la liste et nous demandait de parler d’un texte ou livre étudié durant l’année.

    Et je ne comprends pas très bien pourquoi en France, tout doit venir d’un état central qui décide donc de tout.

    Si un prof n’aime pas madame de machin, je ne vois pas pourquoi on doit le forcer à l’enseigner. Autant en maths, il parait difficile de dire à un prof de faire l’impasse sur telle ou telle notion, en littérature, il y a quand même moyen de laisser un peu de liberté au prof.

    Et en latin, on étudie que des textes écrits par des hommes du coup, on fait comment ?


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 mars 12:02

      @Buzzcocks

      à moins qu’un prof de maths « n’aime pas » le théorème de Pythagore ?

    • Le Panda Le Panda 21 mars 12:45

      @Jeussey de Sourcesûre
      Bonjour,

      Il me semble qu’il manque juste une petite précision peut-être. Je l’attendais même que je l’ai pulsé rires mais réalité !

      Il y a des SDF qui ont Bac +5 et errent dans les rues. Ma mère n’avait que son BEPC. Mais quelle culture. Un fait se dégage entre le bac créé par Bonaparte et celui qui existe de nos jours, cela ne sert à rien. Il semblerait plus utile de se baser sur la totalité du parcours des 5 années écoulées.

      Puis ensuite effectivement chacun peut choisir son cap ? Pas dans la pétaudière actuelle !

      Bérégovoy n’avait fait aucune études supérieures cela ne l’empêcha pas d’être un excellent ministre. Oui certains pourront dire , mais à quoi bon il s’est suicidé, cela reste encore à prouver.

      Puis sans emploi à quoi servent les études ?

      Cdt


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 mars 13:09

      @Le Panda

      ne vous inquiétez pas : ceux qui sortent des grandes écoles savent à quoi ça sert !

      la question traitée dans l’article n’était ni le bien-fondé des diplomes, ni même la supercherie du bac pour tous

      le but de l’article était de dénoncer la tendance lourde des dirigeants à donner en pâture au grand public des faux problèmes alors qu’on prend des mesures importantes (genre TAFTA) dans la plus grande discrétion, sinon le secret.

      la situation alarmante dans certains établissement scolaires (ex : Grasse) ne sera pas améliorée en présentant comme une grande victoire des idées progressistes le fait d’avoir reconnu qu’une femme a les mêmes capacités qu’un homme !

      mais pendant qu’on chipote là-dessus, on peut laisser se détériorer les conditions d’enseignement et subventionner en douce, directement ou indirectement, des structures réservées aux initiés

    • Le Panda Le Panda 21 mars 13:29

      @Jeussey de Sourcesûre

      la situation alarmante dans certains établissement scolaires (ex : Grasse) ne sera pas améliorée en présentant comme une grande victoire des idées progressistes le fait d’avoir reconnu qu’une femme a les mêmes capacités qu’un homme !

      mais pendant qu’on chipote là-dessus, on peut laisser se détériorer les conditions d’enseignement et subventionner en douce, directement ou indirectement, des structures réservées aux initiés
      « J’en ai parlé dans mon dernier article qui a soulevé, ce que vous dites si justement personne !!!! Je ne parle pas des grandes écoles mais du »bac« par ailleurs l’empêchement, d’avoir une transparence à des niveaux aussi important ne date point de nos jours.
      Je pense comme tous les autres avoir »ma« part de responsabilités. Il m’est arrivé à tort de recruter des personnes incapables de savoir lire, mais le système magouilles, il faudrait réellement pouvoir l’empêcher mais cela reste une autre paire de manche » 

    • velosolex velosolex 21 mars 21:47

      @Buzzcocks

      Il n’est de bon bec qu’à Paris, disait déjà Montesquieu...L’intérêt, au delà de la diplomite aigue qui caractérise ce pays, serait de développer l’envie de se cultiver, de rester ouvert à l’apprentissage. Ce qui me fait penser à « l’oeuvre au noir » d’ailleurs de Yourcenar, à l’heure ou j’écris ces lignes. Les années 70 plaçaient encore la littérature très haut, et les écrivains initiatiques faisaient florès ; Camus, Sartre, Hesse, Mann...En rapport avec les interrogations de cette époque privée de tweets.. Les quelques années d’études n’ayant pour but de préparer à cette belle épreuve qu’est la vie, une discipline que certains ignoreront toujours, restant d’éternels comptables, fidèle à l’éducation reçue, ayant une conception de la culture fidèle au permis de conduire : On a les papiers pour attester d’une capacité, ou ne les a pas..... Alors c’est sûr que la dedans le prof idéal ne serait pas un chef de chantier, vous passant l’ordre, venant de l’ingénieur, de remplir votre camion de telle matière, ou de telle autre, mais simplement vous donnant le gout de réfléchir à ce vous faites, afin d’éveiller la passion...

      Rien de mieux comme vous le dites que d’être un passeur, se servant de ses propres intérêts pour émerveiller les autres....L’école, du début à la fin, n’est qu’une succession de haies qu’il faut franchir au son du clairon. Qu’importe que vous soyez bon au saut en hauteur , ou au sprint, il faut attendre les autres. J’aurais rêvé d’une école où j’aurais pu flâner d’une classe à l’autre, me moquant des ages, sensible seulement à l’intérêt que j’éprouvais, et me fermant aux disciplines qui me rebutaient, pour y revenir sans doute plus tard, car tout se tient. Et les divisions entre les enseignements n’ont guère de sens. La vie se passe avec la tache de remplir les cases de ces mots croisés, où les mots horizontaux ou verticaux se donnent définitions les uns aux autres
      .Un professeur de français m’a encouragé. C’était un passeur, un de ces profs dont on se souvient toute sa vie, faisant sans cesse des digressions, hors sujet de tout, sauf celui de la vie. Il m’a donné un livre de Gide,« les nourritures terrestres », que j’ai emporté plus tard en voyage au bout du monde, sans avoir passé ce foutu bac, et dont je me souviens encore la première phrase : « Natanael, je t’apprendrai la ferveur ! »
      C’était de la poudre. Un livre qui m’a servi toute ma vie et qui fait encore sens, au delà de son contenu intrinsèque.

    • velosolex velosolex 21 mars 22:11

      @Le Panda
      De même Monory, ministre de l’économie de 78 à 81..Un type qui avait l’outrecuidance de ne pas avoir le bac...Il travailla à 15 ans dans le garage de son père, fut résistant pendant la guerre . Un parcours atypique qui le fait passer de l’industrie à l’économie. 

      Entre 86 et 88 il devient ministre de l’éducation, le seul je pense à accéder à cette responsabilité sans avoir le bac..
      Si je n’étais pas d’accord avec sa réforme qui créera bien des manifestations, et finalement un abandon de celle ci, j’avais trouvé par contre tout à fait stupide, simpliste, mais aussi très révélateur les pancartes brandis par certains manifestants. « MONORY PASSE TON BAC D’abord..... »
      Voilà un homme dont l’excellence du parcours, jumelé avec de hautes qualités d’engagement et de moralité, lui avait permis de triompher des difficultés de façon atypique, et d’accéder aux plus hautes charges de l’état, et à qui on reprochait de n’avoir pas coché une case, de ne pas avoir respecté un protocole social...Un peu comme un alpiniste à qui on reprocherait d’avoir fait une ascension, en se passant du parcours fléché, et les cordes. Voilà qui en dit beaucoup sur les moeurs d’un pays. Mais il est vrai qu’à l’heure où les gamines des ministres deviennent attachés parlementaires, la méritocratie semble de nouveau avoir de nouveau resurgi, par le fait qu’on semble se passer des diplomes au bénéfice des vrais capacités

  • troletbuse troletbuse 21 mars 13:32

    A des fins électoralistes, on donne le bacc à presque tous les lycéens pour entretenir l’idée que l’enseignement s’améliore. Mais on ne vous dit jamais le pourcentage de déchets à la 1ere année de fac. Il suffit de voir toute l’inculture des présentateurs et des journaputes. Plus personnes ne sait calculer, ni écrire correctement, et celà même en politique. Plus personne ne se cultive. Il suffit de voir le niveau des pgm télé.Ce qui veut dire aussi que le niveau des grandes écoles a baissé.
     Le niveau lamentable de l’’anglais de Hollandouille à Manille.
    https://www.youtube.com/watch?v=M2wyG8Kt3fA
    Alors ENA ou HEC, je me demande ce qui en sort. Sarkozy et Hollande n’ont aucune culture et quand on voit Macron, c’est une catastrophe. On se demande comment il a fait pour gagner 3 millions. Enfin, j’ai ma petite idée. smiley
    Y a-t-il des mathématiciens, des physiciens en politique ?, eh bien non


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 mars 14:33

      @troletbuse

      « Y a-t-il des mathématiciens, des physiciens en politique ? »

      Il y en a eu !
      Et le dernier dont je me souvienne, c’était pas triste !
      Claude Allègre, géochimiste, ancien ministre socialiste rallié depuis à l’UMP qui a fait évacuer pour rien la population guadeloupéenne pour échapper à une explosion de la Souffrière qui n’a pas eu lieu... comme Haroun Tazzief l’avait prévu.

      Les sciences « dures » ne sont pas des antidotes à la connerie, ni à l’arrivisme, et encore moins aux retournements de veste.

    • troletbuse troletbuse 21 mars 21:02

      @Jeussey de Sourcesûre
      Vous avez trouvé l’’exception qui confirme la règle. D’un autre côté, je suis d’accord avec lui quand il parle du réchauffement climatique du au CO². C’est comme les particules du gas-oil qui provoquent des milliers de morts .Mais pas les pesticidesn ni les additifs.


    • baldis30 21 mars 21:56

      @troletbuse
      bonsoir,

      « Y a-t-il des mathématiciens, des physiciens en politique »

      Oui il y en a eu ! En particulier Paul Painlevé, auquel on ne rend pas suffisamment hommage dans l’apport qu’il eut en matière aéronautique étant donné qu’à son époque évoquer les plus lourds que l’air ressemblait étrangement à ceux qui nient l’intérêt de l’énergie nucléaire.

      Puis Irène et Frédéric Joliot-Curie.... certes je sais encore des nucléaristes ... ça va hurler dans les chaumières qui s’éclairent avec 80% d’électrons sales produits par le nucléaire.

      Et on pourrait aller bien plus loin dans les efforts que bien des scientifiques ont fait pour réparer les âneries ( je reste poli) des politiciens .... en matière de physique ou de médecine


  • Coriosolite 21 mars 21:05

    C’est vraiment ahurissant de réaliser qu’aucune femme de lettres n’ait été au programme du bac.

    Et Marguerite Yourcenar, George Sand, Marguerite Duras, Nathalie Sarraute ? Oubliées ?


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