samedi 14 juillet 2012 - par Daniel MARTIN

Monétarisme et Coup d’état institutionnel des Banquiers en Europe…

… « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières au combat. Si le peuple américain permet un jour que les banques contrôlent sa monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleurissent autour des banques priveraient les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise »…

 Voilà ce qu’écrivait Tomas JEFFERSON président des États-Unis d’Amérique en 1802, qui en plus du philosophe était un visionnaire.

 

Les Oligarchies spéculatives Bancaires et Financières n’ont plus besoin de faire appel aux Militaires, avec le Monétarisme la Démocratie suffit à nourrir désormais leurs ambitions…

Jusqu’à il y a encore 30 / 40 ans, lorsque par les élections les états se dotaient de gouvernements pouvant compromettre leur appétit financier spéculatif gargantuesque, les oligarchies bancaires et financières pour renverser ces gouvernements et asseoir leur pouvoir dictatorial au sein des économies occidentales utilisaient l’armée et des groupes para militaires d’extrême droite.

Depuis la fin des années 70 La politique monétariste qui s'est imposée progressivement à l'ensemble des économies Occidentales a dépossédé le pouvoir politique, c'est-à-dire l’Etat, de son droit de contrôle et régulation de l’économie, au profit de la bourse et des agences de notation. Elle lui a également fait perdre sa souveraineté monétaire, car le droit d’émettre de la monnaie relève désormais de la seule compétence des banques centrales et des banques privées qui n’ont aucun ordre à recevoir ni de compte à rendre aux gouvernements. Aujourd’hui pour imposer leurs politiques financières spéculatives, ces oligarchies financières n’ont d'ailleurs plus besoin d'avoir recours aux coups d'état militaires, ils peuvent désormais se servir avec subtilité de la démocratie …

 Pour le plus grand plaisir des spéculateurs, grâce aux nouveaux moyens de communication, mais aussi avec la complicité des agences privées de notation, les milieux financiers organisent des crises successives de telle sorte que la bourse en jouant au yoyo leur procurera des gains pharaoniques y compris en ayant recours à un ingénieux système de cavalerie avec création de monnaie inflationniste. Mais comme toute opération de cavalerie a ses limites à un moment il faut se rétablir et alors là ce sont les états et leur population qui sont mises à contribution… Grâce à des médias et une classe politique des plus serviles, plus besoin de faire appel aux militaires et à l’extrême droite qui peut se reconvertir à l’idée de Démocratie, les oligarchies spéculatives bancaires et financières vont précisément jouer avec la démocratie…

 Après en avoir créer les conditions en imposant à des gouvernements des politiques d’austérité telles qu’ils perdront tout crédit auprès de leur population et devront démissionner pour être remplacé par des ‘’gouvernement techniques’’ d’union nationale, dont la direction sera assurée directement par les anciens dirigeants, mais toujours en service commandé, des plus puissantes banques de la planète… EX dirigeants, conseillers et même traders, par exemple, de la banque américaine ‘’GOLDMAN SACHS’’, symbole des dérives de la finance, les DRAGUI, MONTI, PAPADEMOS tous démocratiquement élu se retrouvent au pouvoir dans les pays clés européens pour gérer la crise financière comme sauveur des banques ...

 On peut fort bien imaginer qu’en France, d’ici quelques temps, l’on est à faire face à une crise sociale confinant au chaos organisée par les marchés financiers, telle que le directeur de la BCE, et celui du FMI profitant de ‘’l’aubaine’’ ordonnent par un simple coup de fil à HOLLANDE de procéder à un remaniement Ministériel suggérant un ‘’gouvernement technique d’union nationale’’ et voila que sans la moindre résistance on s’empressera de nommer, pourquoi pas TRICHET ou ATTALI comme premier Ministre… A l’évidence, ce n’est pas le rapport de force issu des Présidentielles qui permettra de pouvoir imposer une rupture avec les politiques monétaristes. Dans tous les cas de figure, entre dette financière et dette écologique qui est la plus grave de toute, la vie écologique et économique ne sera pas un long fleuve tranquille…

Avec la Bourse, les agences de notation privées sont la clé de voûte de la politique monétariste qui s’est désormais imposée comme nouvelle Bible de l’économie.

 Il y a encore seulement moins d'une dizaine d'années qui entendait parler de ces fameuses agences de notation et à quoi servent-elles ?... 

Les agences de notation financière se chargent d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs. Les emprunteurs, dans ce cas précis, peuvent être des entreprises privées ou publiques, des Etats, des collectivités locales comme les départements ou les régions, des communes. Le rôle de ces agences de notation est de mesurer précisément le risque de non remboursement des dettes que présente l'emprunteur.

Les agences de notation donnent au public et aux épargnants les informations sur la solidité des entreprises emprunteuses sur le marché. Comme depuis plus de 20 ans les Etats ont de plus en plus emprunté sur les marchés les agences se sont également mises à les noter. Officiellement leur rôle est purement technique, leurs analystes évaluent la solvabilité des emprunteurs, entreprise ou Etat. La question que l’on peut se poser est de savoir si ces équipes techniques, que l’on peut estimer compétentes pour les entreprises, le sont pour évaluer la solidité financière des Etats qui ont d’autres mécanismes et d’autres possibilités que les entreprises. Quand elles notent les Etats c’est à la fois pervers et anti-démocratique. On arrive à une gouvernance des agences de notation qui imposent leur dictat à des états.

 On peut par ailleurs s’interroger sur leur fiabilités, car c’est un des problèmes compte tenu de l’extrême réactivité des marchés qui fait qu’en quelques secondes des milliards peuvent se déplacer sur la base d’infos plus ou moins solides. Peut se poser la question de la crédibilité des agences. Si on estime qu’elles le sont pour noter des institutions privées, elles ont d’ailleurs été créées pour cela. Mais par ailleurs elles sont nuisibles car leurs notes sont utilisées par les banques et les assurances pour valider la solidité d’un certain nombre de crédits. Ce qui est choquant, c’est que c’est celui qui est noté qui paye les agences de notation. Il y a un vrai conflit d’intérêt : le noté est le payeur…Avec parfois des effets nocifs, les agences ont ainsi passé beaucoup de temps à noter les produits dérivés, dont certains étaient toxiques, tout en leur attribuant des triple A. Or ces produits sont à l’origine de la crise. On a même vu des agences de notation aider des entreprises qu’elles notaient à construire des produits. Les agences de notation sont donc utiles et nuisibles à la fois.

 Que se passe-t-il lorsque la note d'un pays est dégradée ?

 Lorsqu’elles notent les Etats, même l’on considère que c’est à la fois pervers et anti-démocratique, dans un système Monétariste l'appréciation des agences de notations c’est comme un thermomètre qui mesure la fièvre. Ce ne sont pas elles qui sont la cause de la maladie, elles en sont seulement l'un des révélateurs. Lorsqu'un pays voit sa note de confiance dégradée, fatalement les investisseurs vont être plus craintifs quant à la solvabilité du pays en question et vont, soit prêter à un taux d'intérêts plus élevé, soit ne plus prêter du tout.

Si la note de la France a baissé, c’est parce que notre situation économique s'est dégradée, mais peut-il en être autrement ?... Nos docteurs DIAFOIRUS nous proposent tous des remèdes, toujours plus inefficaces les uns que les autres, sauf pour les spéculateurs qui au fond sont à la source du mal grâce à la politique monétariste qui s’est désormais imposée comme nouvelle Bible de l’économie. Le monétarisme est un terme apparu à la fin des années 60 pour qualifier un courant de pensée économique initié par l’école de Chicago, dont Milton FRIEDMAN (né à New York en 1912 , il est mort le 16 Novembre 2006 à l’age de 94 ans. Ses idées ultras - libérales ont fait l'objet de nombreuses polémiques) pour lequel l'action de l'État en matière monétaire est inutile voire nuisible. FRIEDMAN, conseiller particulier de REAGAN, dénonça les excès liés à l'inflation et réussit progressivement à imposer ses vues et à convaincre le gouvernement américain de la nécessité d'une politique monétariste. Les idées monétaristes se sont dès lors imposées dans les politiques économiques de REAGAN, TATCHER, mais aussi de celles de MITTERAND et font aujourd'hui autorité dans quasiment tous les pays industrialisés comme un instrument essentiel d’une politique économique criminogène.

 Selon Friedman, le fléau de l’économie c’est l’inflation. Elle sape le pouvoir d’achat et pénalise les épargnants. Pour l’ancien conseiller de Reagan, les causes de l’inflation sont simplement monétaires : "L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire, en ce sens qu’elle est, et ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production. L’argent n’est qu’un bien comme un autre et sa valeur dépend de l’offre et de la demande de monnaie. La demande dépend de la production (du PIB) tandis que l’offre dépend de la quantité de crédit et de l’action des Banques centrales. Lorsque ces dernières installent des taux directeurs trop faibles, elles encouragent le recours à l’emprunt, donc la création monétaire. Des taux trop faibles sont, selon Friedman, les causes de l’inflation.

 Le présupposé de Friedman était qu’en retirant la création monétaire de la main des Etats, l’inflation serait maîtrisée, voire supprimée. En réalité c’était supprimer le lien encore possible de la démocratie créatrice de l’Etat « démocrate » avec la création monétaire. C’est à dire : par cette rupture du lien, la privatisation définitive et totale de la création monétaire. Et pour tout dire : la négation de la démocratie.

 En France Le 3 janvier 1973, Georges Pompidou, ancien de la banque Rothschild, président de la République fait adopter une loi portant réforme des statuts de la banque de France. En son article 25 celle-ci dispose que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France ». En d’autres termes, la Banque de France se voit interdire d’accorder des crédits (par définition non grevés d’intérêts) à l’État, celui-ci est dès lors condamné à emprunter sur les marchés et aux taux que ceux-ci jugent adéquats. Cela revient à dire que l’État abandonne à partir de l’année 1973 le droit de « battre monnaie » et transfère cette faculté souveraine au secteur privé dont il devient le débiteur volontaire. Les principales Banques étant toutefois nationalisées, l’Etat pouvait encore maîtriser les émissions de monnaie et les taux d’intérêts. Depuis, avec la privatisation de toute les banques Française et au niveau Européen, avec l'article 123 du récent traité de Lisbonne, ratifié suite à un déni de démocratie qui stipule : "il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des États membres (...), d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales (...) ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite". la B.C.E et les banques centrales des Etats n’ont pas le droit de prêter directement aux Etats, mais doivent le faire à des banques privées qui prélèvent un intérêt au passage pour prêter ensuite aux états, avec des taux qui sont déterminés par les agences privées de notation.

 L’inconvénient d’une vision uniquement monétaire de l’inflation, c’est qu’elle ne tient pas compte de l’impact du prix des matières premières sur les prix de tous les produits. On a pu le constater lors de la récente hausse du prix de ces matières qui, dans un premier temps, répond à la loi de l’offre et de la demande. Croire que la monnaie est le seul levier de l’économie ne rend pas compte de toutes les situations.

 Le monétarisme se caractérise par l’abandon des politiques permettant aux états de mettre en place des règles fixes de contrôle et de régulation. Les Etats sont devenus volontairement impuissants, Les marchés financiers et les banques ont pris le gouvernail de l’économie. La bourse et les agences de notation privées dictent les politiques aux états qui ont capitulé. Ce n’est pas seulement le gouvernail de l’économie, mais le pouvoir politique, via la mise en place de ‘’gouvernements techniques’’ à leur solde et la direction des affaires internationales avec des guerres d’assujettissement à leur domination que les dirigeants des Banques ont pris.

 Le monétarisme repose sur la logique suivante : Si la croissance économique ralentit, l'offre de monnaie sera excédentaire et les taux d'intérêt diminueront, permettant une reprise de la croissance. Si la croissance accélère au delà du rythme prévu (surchauffe), l'offre de monnaie sera insuffisante et les taux d'intérêt augmenteront, ce qui freinera la croissance. Ainsi, grâce au Marché, les politiques conjoncturelles des états, de relance ou de rigueur sont inutiles, et les risques d'inflation ou de récession sont éliminés. Problème, l’accélération où le ralentissement de la croissance qui se feraient au bon gré des banques centrales pour satisfaire le Marché et les hordes de spéculateurs n’est désormais pas réalisable du fait que notre modèle de développement économique fondé sur la croissance, fût-elle teintée de vert, est impossible.

 Nos Docteurs DIAFOIRUS, outre la dette écologique qui est bien la plus grave, devraient prendre conscience que tous les remèdes qu’ils ont fait ingurgiter aux peuples et ceux qu’ils proposent resteront inefficaces tant qu'ils ne permettront pas aux états (le pouvoir politique) de reprendre les leviers de l’économie par les mesures suivantes :

 - 1- Outre la prise de participation majoritaire dans le capital des principales banques privées Européennes, ou procéder à des nationalisations locales coordonnées dans le cadre d’un schéma de cohérence Européen, les Etats doivent jouer sur les deux leviers que sont la reprise de leur souveraineté monétaire, c’est dire le droit d’émission de la monnaie et le retour à la spécialisation bancaire (interdire aux banques de dépôt de spéculer par des opérations boursières, pour les opérations boursières il y a des banques d’affaires).

 - 2- Autoriser les Etats Européens à emprunter directement auprès de la B.C.E. et des banques centrales des Etats, ce qui suppose une révision du traité de Lisbonne et l’abrogation de son article 123.

Des monnaies alternatives, également comme solution, à condition d’éviter certains écueils. 

La monnaie n’est qu’un outil de transaction, On ne la recherche pas pour elle-même mais parce qu’elle donne la possibilité de se procurer des biens et des services

 Une monnaie locale est d’abord une monnaie « interne », créée par une association, une coopérative, une collectivité territoriale pour servir exclusivement des échanges locaux de biens et services, inspirés par les SEL (Systèmes d’Échanges Locaux). Ce sont des monnaies non convertibles et fondantes, c’est-à-dire qu’elles perdent leur valeur avec le temps, comme les tickets - restaurant, ou les bons d’achat ou de réduction des enseignes commerciales qui ont une validité limitée.

Excepté les SEL qui ne sont pas appuyés sur la monnaie officielle, car on se trouve dans un cas de figure inverse à celui qui préside dans nos sociétés, en effet on n’a pas besoin de posséder de la monnaie pour accéder à un bien ou un service qui est partagé (une forme comptabilisée de troc par le travail en cycle continu), puisque la communauté qui décide de la mettre en place crée purement et simplement son unité de compte sans rapport et sans convertibilité possible avec l’euro, le dollar… Les autres monnaies alternatives sont appuyées sur la monnaie officielle.

Une monnaie alternative, dont le but est de la faire circuler le plus rapidement possible pour revitaliser l’économie locale doit, toutefois, éviter l’écueil du consommer toujours plus pour produire encore et toujours plus, ce qui peut supposer des dépenses parfois inutiles, car excessives en regard des besoins de consommation, même si cette consommation est écologiquement équitable, toute consommation a un coût énergétique, ainsi qu’en rejet de GES (Gaz à Effet de Serre).

Adossées à la valeur des monnaies officielles (Euro ou Dollar) et pouvant ainsi contribuer en final à une hyper inflation, lors de leur conversion, les monnaies alternatives locales doivent être imaginées de telle manière à ce qu’elles puissent pallier à cet écueil, tout en offrant des moyens efficaces d’échanges, y compris dans le cas d’un effondrement éventuel du système bancaire.

A noter qu’en permettent aux états membres de pouvoir agir sur leur économie, cela ne leur interdit pas, dans le cadre légal actuel, de créer des monnaies alternatives internes.  Chaque pays pourrait donc légalement créer une monnaie alternative nationale qui serait, au sens de la définition de sa valeur, adossée à l’euro et présenterait les mêmes caractéristiques que les monnaies alternatives locales. En France l’utilisation du franc, valable sur l’ensemble du territoire, mais contrairement à la période antérieure à 2002 où l’euro n’était pas encore une monnaie fiduciaire, il serait défini et géré selon les mêmes principes que les monnaies alternatives locales, de manière à leur être complémentaire.

Ne jamais oublier qu’une monnaie n’est qu’un outil de transaction qui ne doit servir qu’à échanger ou se procurer des biens et, ou, des services et qu’elle doit le rester, à fortiori quand il s’agit d’une monnaie alternative locale morale…

 


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