lundi 20 février - par Amaury Watremez

Pas touche aux vaches sacrées de gauche !

Kléber Haedens le dit fort bien dans son "histoire de la littérature française", clamer en littérature et en politique son amour de la liberté, de la justice, de l'équité est extrêmement vulgaire car cela va, ou devrait aller, de soi pour un homme, une femme, libre.

image de deux "vaches sacrées" prise ici

En politique en France, nous vivons dans un perpétuel présent, bloqué dans l'immédiat après guerre, voire l'immédiate Affaire Dreyfus où les augures, grands et petits, vus à la télé ou pas, en sont toujours à protéger toujours les mêmes « vaches sacrées » qu'il est strictement inenvisageable de critiquer, et à ressasser les mêmes lieux communs qui deviennent un peu plus insupportables chaque jour.

Depuis l'Affaire Dreyfus, il n'est d'engagement ou d'intellectuel qu'à gauche, et seulement à gauche, et tout écrivain ou philosophe de droite ou croyant qui s'oppose à la injustice et aux totalitarismes est en quelques sorte considéré comme « rallié » ou « allié » même si c'est totalement abusivement, ainsi ceux qui mettent Bernanos dans le camp de gauche du fait des « Grands cimetières sous la lune ».

Le Bien absolu est à gauche, et seulement à gauche, c'est un fait entendu (voir ici un lexique de la signification des mots à gauche).

A droite, il n'y a que le diâââble, de pauvres hères esclaves des grands patrons perçus comme dans les caricatures soviétiques des années 30 (notons au passage que d'autres vieux démons hérités des années 30 sont d'ailleurs de nouveau à la mode, sous couvert d'antisionisme la plupart du temps, on prête au « sioniste » la volonté de diriger le monde en sous-main, d'être le véritable décideur de la politique économique actuelle, ce qui est dans l'état une resucée du « complot juif » et d'un certain anti-capitalisme qui se double pour quelques uns d'un antisémitisme certain, ni plus, ni moins...

On est toujours surpris de voir des hommes et femmes se réclamant du progrès social, d'une pensée libre, libérée de l'emprise réputée arbitraire et insupportable de l'Ancien Régime, asséner avec autant de conviction, et d'aplomb, des vérités qu'ils présentent comme absolues et intangibles de manière bien pire que certains inquisiteurs.

Les deux principaux étant les plus faciles à retenir et mettre en pratique :

Tout contradicteur de leurs dogmes politiques est un suppôt du fascisme en puissance, toute personne allant contre l'indignation sélective, le masochisme mémoriel et l'anti-racisme souvent niais, et absurde, l'étranger y étant toujours une victime, et seulement une victime, celui qui va contre tous ces partis pris érigé en principe est de toute manière un nostalgique des « ordres noirs » qui sont forcément de droite, le totalitarisme dans l'esprit des adorateurs des vaches sacrées étant obligatoirement de droite et rien que de droite.

Ne parlons pas des catholiques qui sont acceptés tant qu'ils sont "en phase" et bien gentils, tant qu'on peut leur faire la leçon gentiment, tant qu'ils peuvent servir de gentil candide à qui l'on explique la politique...

Les catholiques qui oseront remonter le courant seront des "intégristes".

Quand un totalitarisme avéré massacre ou génocide, ce n'est ni un massacre ni un génocide, mais des « dérives regrettables », mais enfin comme ça partait d'une bonne intention c'est moins grave..

Cela ne mange pas de pain et éviter d'argumenter ou de discuter plus avant avec la personne qui ose, cette inconsciente, nager à contre-courant..

Et tous, chacun à son niveau, de répéter constamment les leçons bien apprises quitte à réécrire l'histoire ou être grotesque.

A ce propos, ceux qui parlent tout le temps des « minorités visibles » (ce qui sous entend donc que l'on distingue les personnes selon leur couleur de peau...), de représentation de celles-ci oublient qu'il y a quelques décennies, il y eut en France un président du sénat de couleur, Gaston Monnerville, sans que cela ne choque qui que ce soit à l'époque, et plusieurs députés élus sur leurs mérites, sans qu'il ne soit question de quotas, l'un d'eux inaugurant même l'exposition coloniale de 1931.

image des deux autres "vaches sacrées" prise ici

medium_sartre_beauvoir_la_coupole.jpgIl faut lire « la France Noire » de Pascal Blanchard pour voir que les choses étaient largement plus complexes, et plus ouvertes que ce qu'en disent les adorateurs des « vaches sacrées ».

Une bonne fois pour toute pour eux l'humanisme est forcément de gauche, il ne saurait y avoir de personnes de droites généreuses, ouvertes à la culture et aux autres. Tout est dans la pose, car finalement il ne s'agit pas de plus aider ceux qui sont au fond du trou, mais de se mettre en avant et profiter d'ailleurs à foison de la société spectaculaire et ses multiples écrans et/ou tribunes.

C'est plus télégénique de se présenter en rebelle, en adversaire du système, dont ces « rebelles » sont des maillons pas du tout faibles.

Ils y tiennent à ce système, ils en usent et en abusent, ils tiennent à pouvoir continuer à jouer les pythies au rabais, les prophètes de bazar, les diseurs de bonne aventure de « prisunic » sous le feu des projecteurs, se tromper jusqu'au bout, dénier le réel jusqu'à la fin, quitte à cirer les bottes de ceux qu'ils conchient en d'autres lieux, à jouer la connivence et la fausse complicité afin que l'on continue de voir leur binette dans le poste...


114 Messages de forum

Version web