vendredi 12 mai - par Tom Personne

Pensée positive et guerre de classes

 Notre nouveau président, celui qui veut nous servir par amour, a été élu sur une ligne « ni, ni » (ni droite, ni gauche). A première vue, cela peut paraître étonnant, car les élections présidentielles des dernières décennies ont plutôt montré qu'un positionnement centriste n'était viable qu'en vue d'assurer une force d'appoint à l'un des deux partis dits de gouvernement.

 Historiquement, les centristes ont été les alliés traditionnels de la droite. Cela s'est encore vu lors du spectacle de cabaret de la primaire « de la droite et du centre ». Néanmoins, un basculement s'était déjà opéré en 2012 lorsque François Bayrou, girouette en chef président du MODEM, avait appelé à voter pour le candidat « socialiste » François Hollande.

 Le triomphe de notre nouveau pharaon président semble montrer que, désormais, la positionnement centriste est central (1), et que les forces d’appoint sont plutôt les partis dits de gouvernement. Sommes-nous donc enfin arrivés à cette Arcadie utopique où les affrontements « stériles » sont dépassés une fois pour toutes, et où chacun peut prendre l'autre par la main pour aller de l'avant de façon constructive ? L'aboutissement rêvé de la pensée positive !

 

Pensée positive

 

 Mes amis, qu'il est doux de penser printemps ©, en sirotant un Latte à la terrasse d'un Starbucks ™, tout en glissant ses doigts manucurés sur la surface stylisée d'un iPad ™, et en feuilletant négligemment des pages de papier glacé, après une séance de fitness ou de yoga (tonifiante ou apaisante, c’est selon), avec pour seul tracas de trouver où passer son prochain week-end ! Londres ? Berlin ? Stockholm ? Rome ? Trouville ? Cherchez l'erreur !

 Eh oui, que notre style de vie est beau lorsqu'il nous permet d'ignorer jusqu'à l'existence même de ces ploucs et autres beaufs de Trouville, Pouilley-les-Vignes ou Nogent-le-Rotrou ! Ces ignares mal dégrossis qui regardent le football en buvant de la bière bon marché, ou le JT en buvant du rouge qui tâche, et qui, horreur, ont voté en masse pour Marine Le Pen !

 En fait, la seule nouveauté de cette élection, c’est que les masques sont enfin tombés : de droite ou de gauche, peu importe quand il est avant tout question de protéger les intérêts des nobles contres la menace des manants. Et tant pis si le cirque « anti-fasciste » prend de moins en moins, tant qu’on peut encore faire un autre tour de piste.

 S’il est malheureux que le premier parti d’opposition soit historiquement d’inspiration vichyste, il n’en demeure pas moins qu’il est objectivement dans l’intérêt des classes populaires de voter pour ses représentants. C’est que derrière le positivisme du président Macron ™, se dissimule une guerre de classes sociales, dont le premier instrument est l’Union Européenne.

 

Guerre de classes

 

 Limiter la « liberté fondamentale » de circulation du capital dont résultent directement les délocalisations ? Dans l’intérêt des classes populaires. Limiter la « liberté fondamentale » de circulation des personnes dont résulte directement le recours aux travailleurs détachés ? Dans l’intérêt de classes populaires. Etc.

 Le problème, c’est que ce qui nuit aux classes populaires est aussi ce qui bénéficie aux classes aisées et aux classes moyennes supérieures. Des sociologues, tels que Christophe Guilluy, ont bien analysé les tenants et les aboutissants de la mondialisation, dont la construction européenne n’est qu’une déclinaison continentale.

 Pour les classes supérieures, cela se traduit par la métropolisation : la richesse se concentre dans les grandes capitales qui agissent comme des centres de contrôle de la mondialisation. Pour les classes inférieures, c’est la relégation : dans les zones trop éloignées des grands centres urbains, l’industrie périclite et le chômage explose, puisqu’en régime d’économie ouverte, il est plus profitable de produire dans les pays à bas coûts.

 Tristement, cet antagonisme des classes sociales n’est plus tempéré par l’existence d’un consensus quant à ce qu’elles auraient en commun, et qui pourrait les rassembler. Quelque chose comme l’attachement à leur patrie par exemple… La métropolisation induit un semblant d’autonomisation des urbains diplômés et acculturés, qui voient comme des semblables, moins leurs concitoyens que les habitants des autres grandes capitales.

 

 Il en découle que les rapports de force politiques expriment désormais un double clivage :

 • conservateurs contre progressistes,

 • cosmopolites contre patriotes.

 

 En représentant ces clivages sur quatre quadrants, il n’est pas difficile de voir pourquoi notre nouveau président l’a emporté.

 

 

Oui, je vous le dit, mes amis : le printemps des uns est l’automne des autres. L’adhésion aux « idées » de droite ou de gauche n’a plus aucune importance pour les classes aisées et les classes moyennes supérieures. Craignez le jour où il en ira de même pour les classes populaires !

 

(1) Oui, c’est facile, mais je l’ai fait quand même.



39 réactions


  • Taverne Taverne 12 mai 09:59

    La politique, cela restera toujours de la politique...
    Voici mon slogan :

    « Pense pas printemps, pense à plein temps ! »


  • Etbendidon 12 mai 10:32

    Article conspirationniste
     Eh oui, que notre style de vie est beau lorsqu’il nous permet d’ignorer jusqu’à l’existence même de ces ploucs et autres beaufs de Trouville, Pouilley-les-Vignes ou Nogent-le-Rotrou !
    Beuhhhhhhh
    Trouville et ses beaufs ????????????????????
    OUAF OUAF Trouville qui jouxte DEAUVILLE !!!!!!!
    meme clientèle que Neuilly sur fric, paris XVI et saint mandé Tourelle
    Agoravosse c’est vraiment trop FORT
     smiley


    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 12:19

      Conspirationniste ? A moins que ce ne soit ironique, je serai curieux de savoir en quoi.
      Quant à Trouville, j’ai toujours eu une appréciation toute personnelle du nom de cette commune. Je pourrais mettre Triffoullie-les-Oies, mais sur Agoravox, il faudrait resoumettre l’article à la modération. Je ne peux donc pas faire de corrections ultérieures comme sur mon blog.
      D’ailleurs, à ce sujet, je suis preneur de tous termes de substitution pour l’opposition patriotes/cosmopolites. Je n’arrive toujours pas à trouver ce qui décrirait au mieux la situation.


    • epicure 12 mai 17:55

      @Tom Personne

      Le FN est plus nationaliste que patriote.
      Les opposition à l’europe de bruxelles, à la mondialisation, etc... n’ont pas les mêmes motivation entre Mélenchon et le FN. Le premier est motivé par l’autonomie démocratique, mais ouvert aux coopérations avec les autres pays , alors que l’autre est motivé par le clivage nationaliste, qui défend en fait un capitalisme national.
      Par rapport à macron et ses marcheurs c’est un opposition triangulaire en fait.


    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 18:40
      @Epicure
      Je ne dis pas que FN et FI sont sur les mêmes positions, mais si on les compare aux partis de gouvernement, ils sont tous deux également « euro-sceptiques » et anti-oligarchiques.

  • Zolko Zolko 12 mai 11:20

    « conservateurs contre progressistes »
     
    ranger le PS dans les progressistes est assez gonflé, alors que c’est le parti de bobos bien-pensants qui défendent le statu-quo et leur petites économies. Du coup, c’est tout votre raisonnement qui tombe à l’eau.


    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 12:20

      Je comprends l’objection, mais la politique est moins une affaire de finesse intellectuelle que de mécanique des masses. Par contraste avec la droite de François Fillon, la gauche de Benoit Hamon peut effectivement se décrire comme progressiste, même si je vous accorde que les terme est on ne peut plus galvaudé.


    • epicure 12 mai 17:48

      @Zolko

      Le programme de Hamon était progressiste, comme celui de Mélenchon, après il y avait des divergences de point de vu sur certains points, sur les moyens pour certains buts, etc.... , et le PS est historiquement progressiste, contrairement aux RP/UMP/LR.

      Par contre valls progressiste, pas trop.

      Les bobos « bien pensants » sont progressistes..... ils défendent les libertés individuelles, sont contre les idées réactionnaires ( sexisme, racisme, etc... ).

      Les conservateurs sont à droite, et surtout très à droite, car il y a un lien entre l’autoritarisme ( conserver le pouvoir des autorités anciennes ) , et la pensée identitaire du rejet de l’Autre. De nombreuses études le mettent en avant.

      En fait le bobo est prit entre deux feux : celui du progressisme lié à son individualisme, la défense de libertés et droits pour les individus , et celui de l’égoïsme bourgeois qui abandonne les classes populaire à leur sort.
      Avec hollande c’est l’égoïsme bourgeois qui a dominé le quinquennat avant tout. Cela s’est traduit par des réponses économiques plus libérales, y compris ordo-libérales.

      L’aspect individualiste/progressiste, vient avant tout de l’éducation (pour simplifier) , alors que l’égoïsme bourgeois est lui déterminé par les conditions socio-économiques, favorisant la perception de la réussite sociale et de l’appartenance du groupe de ceux qui gagnent.

      Les bourgeois éduqués de façon conservatrice sont conservateurs eux même en général, comme filllon ou boutin.


    • Zolko Zolko 12 mai 23:06

      @Tom Personne : « la gauche de Benoit Hamon »
       
      ben justement, c’est Benoît Hamon qui a été lâché par le PS.
       
      @ epicure : "Les bobos « bien pensants » sont progressistes..... ils défendent les libertés individuelles, sont contre les idées réactionnaires ( sexisme, racisme, etc... )."
       
      En tout cas, ils ne défendent pas la liberté d’expression, comme on peut le voir avec les cas de Dieudonné ou d’Etienne Chouard ou de Soral. Leur idées progressistes s’arrêtent assez vite quand on les contredit. Par contre, quand il s’agit de faire la guerre, les progressistes sont les premiers à crier avec les loups, toujours sous couverts d’humanisme.


    • Tom Personne Tom Personne 13 mai 11:08
      @JL
      J’ai commencé à écouter l’émission, et dès le début, j’ai noté une réflexion de Finkielkraut que j’avais déjà entendu dans une autre émission : il demande si, à la droite et à la gauche, ne se substituent pas aujourd’hui les conservateurs et les progressistes. Pourquoi pas, mais dans ce cas, que sont la droite et la gauche (hormis des découpages partisans arbitraires) ?

    • JL JL 13 mai 11:49

      @Tom Personne
       

       il faut distinguer idéologies et partis politiques constitués.
       
      Finkielkraut parlait à mon avis, de partis politiques, autrement dit, de nouveaux clivages, et par conséquent, de nouveaux domaines idéologiques. 
       
      Que deviennent la droite et la gauche ? éclatées dans les différents nouveaux partis. D’un point de vue négatif, j’appellerai ça la récupération ; plus positivement, une évolution.

    • epicure 14 mai 00:12

      @Zolko

      En fait tu reproche d’être intolérants vis à vis des porteurs d’idées intolérantes comme soral.
      Mais c’est la base de la défense de la tolérance.

      Faudrait trouver d’autres exemples plus convaincants.

      Et surtout, bon tu prends pour un bloc général, ce qui relève du comportement de certains.


  • JL JL 12 mai 11:37

    Bonjour Tom Personne, 

     
     vous avez réalisé avec talent le petit schéma explicatif du nouveau paysage politique que je me proposais de faire depuis un moment, mais moins joli et avec une nuance : j’aurais inversé les axes ; j’aurais mis « progressistes » en haut, « conservateurs » en bas ; et « cosmopolites » à gauche, « patriotes » à droite.
     
     De sorte que la France Insoumise serait en haut à gauche. Pour une petite satisfaction personnelle. Mais puisque vous en avez la primauté, je ne dirai plus rien.
     
     smiley

    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 12:22

      S’il est plus clair, faites le votre ! Cela dit, je reste insatisfait des termes patriotes et cosmopolites. Après tout, le cosmopolitisme me semble tout à fait positif lorsqu’il reste simplement culturel.


    • JL JL 12 mai 12:38

      @Tom Personne
       

       en relisant, je note un quiproquo : ’’moins joli et avec une nuance’’’ c’était pour le mien. Je trouve le votre très joli.
       
      Cosmopolites et patriotes pourraient être remplacés par libre échangistes et protectionnistes, ou mercantilistes.
       
       

    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 14:16

      Je n’avais pas pris la remarque négativement.
      Libre-échangistes et protectionniste, c’est pas mal en effet.
      Je cherche quand même quelque chose qui reflète plus la dimension politique du positionnement.
      Il y a souverainiste, mais ça ne me convainc qu’à moitié, et je ne sais pas quoi mettre en face.


    • JL JL 12 mai 14:53

      @Tom Personne
       

      On a le choix :
       
      Fédéralistes   vs Souverainistes (ou unionistes)  ?
      Fédéralistes   vs patriotes (ou nationalistes) ?
      Souverainistes vs patriotes (ou nationalistes) ?

      ’’Le clivage idéologique entre fédéralistes et unionistes existe dès avant le début de la construction européenne : il oppose ceux qui veulent créer une fédération européenne à plus ou moins long terme et ceux qui prônent une union confédérale, fondée sur la coopération entre États souverains. Bien que fondamental, ce débat n’est toujours pas tranché, l’Union européenne étant un mélange d’aspects fédéraux et confédéraux. Retour sur la chronologie et les différents mouvements de ces 2 courants.’’

    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 15:48
      C’est bien le problème. En fait, la division verticale n’est pas si claire, surtout pour la FI, où j’ai l’impression qu’il y a 2 lignes :
       - ceux qui sont favorables à l’UE mais qui veulent la réorienter dans un sens pro-social, via rapport de force,
       - ceux qui pensent que c’est plié depuis l’échec de Syriza en Grèce.
      Pour ma part, je pense que l’Etat-nation reste indépassable à ce jour, mais la question de la souveraineté nationale ne semble pas très importante pour les électeurs de gauche (grosse erreur selon moi).
      Quand au schéma, je suis en train de me dire que la distinction verticale devrait être moins chargée. Ce pourrait être :
       - populistes contre élitistes (la plus évidente, en fait),
       - euro-critiques contre euro-crédules,
       - voire même, nationalistes ou internationalistes contre supranationalistes.

    • JL JL 13 mai 09:51

      @Tom Personne
       

       vous devriez écouter l’émission d’Alain Finkielkraut ce matin, consacrée à ce sujet (FC, 9H à 10H)

    • Tom Personne Tom Personne 13 mai 11:09

      @JL
      Je me suis planté, j’ai mis ma réponse plus haut.


  • Durand Durand 12 mai 11:58


     

     Pour info...


     Déclaration de Marion Maréchal Le Pen en Russie à la fin de l’année dernière :





    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 12:22

      Comme quoi il n’y a pas que Florian Philippot qui reprend les analyses de l’UPR ! Il est évident que Marion Maréchal est plus brillante que sa tante, mais elle est aussi sur une ligne identitaire et traditionnaliste que je ne peux pas partager.


    • Durand Durand 12 mai 14:03

      @Tom Personne


      Je pense que MLP est beaucoup plus saine d’esprit que les tenants de la ligne identitaire et traditionaliste dont elle a hérité en acceptant le FN des mains de son père. Ce faisant, elle a commis une erreur majeure qui aujourd’hui, finit de briser sa carrière politique.

      Désormais, elle doit se retirer de la vie politique car la énième preuve est faite qu’il est impossible de rassembler une majorité derrière le nom « Le Pen » et/ou FN, entachés définitivement des tares que vous dénoncez et que les médias-Système montent en épingle entre les deux tours pour faire élire son opposant à chaque présidentielle, fut-il une chèvre...

      Il est à noter qu’il en aurait été de même pour Mélenchon,... le Système se serait alors déchaîné en l’accusant de bolchevisme ou autre lieux-communs usuels pour faire élire Macron.

      Cela confirme les analyses, le programme et le positionnement « rassembleur au delà des clivages gauche-droite » de François Asselineau comme les seuls pertinents pour débloquer cette situation politique et sortir du cercle vicieux des « partis-épouvantail »...





    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 14:20
      Dans les grandes lignes, je suis d’accord, à une objection près : F. Asselineau est un très bon analyste, mais pour la politique, il va devoir suivre des cours accélérés.
      Pour capitaliser sur sa percée médiatique, il faudrait qu’il trouve quelques beaux parleurs capables de se tirer de toute situation devant les caméras, tout en étant aussi capable d’expliquer les analyses et le programme de l’UPR (sans compter qu’à terme, il est surtout nécessaire de savoir bâtir des alliances).
      Bref, plus facile à dire qu’à faire.

    • Durand Durand 12 mai 14:55

      @Tom Personne


      Si l’on considère que dire la vérité est la seule option honorable, il n’a manqué à Asselineau « QUE » la médiatisation depuis 10 ans... Ces compétences politiques ne sont pas en cause, même si contrairement à lui, j’ai préféré prendre le risque MLP au second tour, seule option positive contre Macron. 

      Je regrette le refus des leaders souverainistes (à part NDA...) de participer au gouvernement d’union nationale proposé par MLP... C’était la seule possibilité de réunir une majorité (avec la FI...) contre Macron et en même temps de contrôler une MLP présidente...

      J’ai d’ailleurs quelques doutes sur la réelle motivation qui a présidé à la création de la FI car il était évident qu’une force importante d’extrême gauche, aussi eurosceptique soit-elle, refuserait tout rapprochement avec MLP/FN au sein du Gouvernement d’Unité Nationale dont MLP à peut-être eu tort de parler trop tôt, dès 2015, me semble-t-il...


    • Durand Durand 12 mai 15:19

      @Tom Personne


       En réalité, MLP proposait déjà un gouvernement d’union nationale pour les présidentielles de 2012... 

      Si cela a échappé à la plupart d’entre nous, Le Système dont je pense que JLM fait partie, a dû très certainement en prendre note et la FI pourrait être la principale contre-mesure pour le faire échouer...







    • JC_Lavau JC_Lavau 12 mai 15:35

      @Tom Personne. Outre que FA ne sait pas résumer ni déléguer ni former les cadres de demain, il manque totalement à l’UPR les méthodes et les outils pour diffuser puis fédérer un outil révolutionnaire : les Cahiers de Doléances de 1789. Seul moyen de préparer et définir une politique intérieure, dont FA s’est passé bien à tort.


      Dépouiller ? Férérer ? Depuis une douzaine d’années, voici une promesse que je ne tenais pas : écrire un article de vulgarisation sur les arbres de pertinence. Originaires du complexe militaro-industriel, leurs exemples portent sur des compétences techniques à usages d’armements, ce qui a de quoi rebuter. Toutefois quand on cherche à les interfacer avec les cahiers de doléances, un concept fondateur se dégage : chaque expert, ou paysan ou ouvrier ou retraité a non pas un niveau comme on en lui attribuait un d’autorité en milieu technocratique, mais des horizons de compétence et d’implication. Lesquels doivent faire l’objet d’une enquête et d’une description aussi minutieuse que le recueil de ses doléances et suggestions.
      Moralement seule l’UPR peut faire cela, si techniquement beaucoup reste à faire.

    • Remosra 12 mai 15:40

      @JC_Lavau

      Pour déléguer et former il faut des gens qui en ont les compétences.
      Ce qui jusqu’à hier n’était pas vraiment possible.
      Mais vu comment le parti a augmenté son nombre d’adhérents, il est fort probable que ça soit aujourd’hui une possibilité.
      Il faut des gens pour faire des choses, si vous avez 3 clampins et une chèvre, vous n’irez pas construire un barrage hydoélectrique avec ça !


    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 15:54

      @Durand
      Malheureusement, je pense tout simplement que les planètes ne sont pas encore alignées !
      @JC_Lavau
      Il y a un moyen plus simple : développer un parti politique dont les adhérents soient réellement représentatifs de la population.
      En réalité, c’est très rarement le cas, raison pour laquelle il y en a toujours plusieurs (enfin, ça et les intérêts antagonistes entre telle et telle catégorie de population !)


    • JC_Lavau JC_Lavau 12 mai 22:11

      @Tom Personne. Représentatifs par génération spontanée ? C’est définitivement impossible. Un agriculteur, excepté s’il est retraité avec de quoi vivre, ne peut dégager aucun temps pour les activités politiques responsables. Il est submergé.

      Une commerçante énumérait son activité quotidienne en saison depuis l’aube jusqu’au soir « ... Et puis faut encore niquer le vieux ? Ah moi j’en peux plus ! ».
      En revanche, j’étais adhérent P.S. de 1972 à 1976 (officiellement 1977). La surreprésentation des instits et profs du secondaire était évidente, aveuglante.

      Il est impossible que la sociologie d’un parti soit représentative de celle du pays. On ne peut faire l’économie de maquettes de la population, sachant que c’est à la nation qu’on doit rendre des comptes, et pas aux seuls militants.

    • Tom Personne Tom Personne 13 mai 11:10
      @JC_Lavau
      N’ayant pas votre expérience, je vous crois sur parole.
      Une telle démarche pourrait alors aussi être entreprise par un organisation non partisane.

  • epicure 12 mai 18:19

    En fait les 4 blocs au niveau programmatique, idéologique étaient :

    lepen/FN : nationaliste
    fillon/LR : conservateur mondialiste
    macron/ EM : libéral libertaire
    Mélenchon/FI + Hamon/PS  : sociaux progressistes

    Les deux derniers cherchaient des buts identiques ( c’est ce qui caractérise une famille idéologique ) , mais avec parfois des moyens différents ( c’est ce qui la divise ) .
    Et il y avait surtout la question de l’Europe qui les divisaient, en plus du passif du PS.

    Il faut noter une forte structuration géographique des électorats, entre l’ouest et le sud ouest, avec les grandes métropoles , votant plus pour la gauche et macron, et l’est et le nord votant plus pour le FN ( mais entre PACA et le nord ce n’est pas la même chose ).


    • Tom Personne Tom Personne 12 mai 18:43
      Je me suis moins intéressé aux doctrines des différents partis (à supposer qu’ils en aient) qu’à leur positionnement relatif les uns par rapport aux autres.
      Sur mon blog, j’ai modifié le schéma pour remplacer l’opposition patriote/cosmopolite qui, à la relecture, me gène, par l’opposition populiste/élitiste.
      Idéologiquement, c’est moins parlant, mais c’est aussi plus factuel.

    • Alcyon 13 mai 09:23

      @Tom Personne : c’est ce découpage qui me gênait. Mais je comprenais le sens « naïf » derrière patriote, qui n’est pas celui des nationalistes.


    • Tom Personne Tom Personne 13 mai 11:12

      Dans le schéma, je me contente de positionner les partis selon 2 dimensions qui caractérisent un espace dans lequel s’expriment des philosophies politiques différentes.
      D’ailleurs, dans mon nouveau découpage, où la division verticale est élitiste/populiste, je placerais les démocrates sur la ligne horizontale.
      Mais les choses seraient quand-même plus simples si les partis annoncaient clairement la couleur, et nous expliquaient quelles sont leur philosophie politique et leur doctrine.
      Au moins, avec les communistes historiques, il n’y avait aucune ambiguïté à ce niveau.
      C’est probablement aussi la raison pour laquelle le FN ne brisera jamais son plafond de verre : implicitement, tout le monde le perçoit comme un parti à fondement ethno-nationaliste, position qui ne peut être que minoritaire en France.


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