mercredi 20 novembre 2013 - par GéraldCursoux

Pleyel... Help

Tycoons amateurs d'art, il faut sauver le soldat Pleyel !

Nos tycoons de l'industrie et des médias resteront-ils indifférents à la disparition du fabricant de pianos Pleyel ? L'un d'eux est un pianiste de talent, marié d'ailleurs avec une pianiste qui donne des concerts dans les plus grandes salles du monde sous la direction de chefs d'orchestres célèbres. Tous ont en commun une passion pour l'art, et certains dépensent des fortunes pour acquérir de « l'art contemporain » ; l'un d'eux a même reconstruit un palais à Venise pour y exposer sa collection. On peut sourire devant certains choix (comme les trucs dans le formole de Damien Herst) qui sont à l'art ce que le jambonneau est au caviar (mais on a le droit de préférer le jambonneau). Toutefois les sommes déboursées pour acquérir des toiles, sculptures, installations et autre, à la mode, sont aussi hilarantes que celles qui sont déversées sur la têtes des joueurs de foot (et de quelques autres sportifs), et là, on sent venir l'overdose, un mélange d'imposture et de colère. Ainsi, récemment, 140 millions de dollars ont été mis sur la table pour un triptyque de Bacon, et 105 autres pour une sérigraphie de Warhol ! (Combien de smics ?, faites le calcul !) On peut aimer l'un et l'autre, ces sommes son affligeantes et on se demande bien comment ces collectionneurs les ont réunies : par quel tour de magie, de défiscalisation et autre tour de passe-passe ils peuvent ainsi griller autant d'argent ! Car il s'agit bien de cela, au jeu de l'offre et de la demande sous le marteau du commissaire priseur : brûler du fric. La valeur de l’œuvre d'art ne se calcule pas dit-on, mais au-delà d'un certain chiffre on est dans l'univers du Père Ubu ; on y est, même si pour Bacon c'est du 3 en 1, et pour Wahrol un grand format ! Et ce n'est qu'un exemple : Raphaël, Vinci (Léonard, par le bétonneux), Michel-Ange, Botticelli... doivent perdre le repos éternel devant les dérives actuelles qui font le bonheur des marchands du temple ! Et on peut souscrire à cette critique en étant aussi un amateur d'art contemporain : aimer Calder, Christo (pas Ronaldo le fouteux, mais l'artiste qui emballe des monuments), Lischtenstein, Herst, Koons etc., ne signifie pas que l'on accepte la loi actuel du marché de l'art : quel musée national peut mettre 140 millions pour un Bacon ? Et pourtant leur place définitive n'est-elle pas au musée, toutes transactions de successions faites... tôt ou tard.

Tout ceci pour mettre en lumière le cas Pleyel – une étude de cas pour zénarques - : que représente le sauvetage de ce facteur de piano – le dernier en France – pour ces tycoons français qui investissent de telles sommes pour leurs collections ? Rien !, un souffle de bourse, la vente d'une toile, d'une sculpture, d'une installation...

Alors, après le soldat Ryan, avec une infime partie de ce fric investi (brûlé) dans l'art, sauvons Pleyel : ça en vaut la peine, non ? Il s'agit ni plus ni moins d'une industrie culturelle rare, unique. La culture ce n'est pas uniquement des expositions, un palais à Venise, des trucs et des machins pour attirer les foules, mais aussi des industries qui concentrent un savoir-faire, des talents, du génie parfois. Pourrez-vous messieurs aller à Pleyel écouter un concert si vous n'avez rien fait pour Pleyel ? Les mots pèsent ici de tout son poids : Pleyel, c'est notre patrimoine à nous tous Français : un nom, une histoire, notre culture. On ne va pas se condamner à acheter des pianos japonais !

Alors, tycoons amateurs d'arts, sortez votre carnet de chèques à 6 ou 7 chiffres pour améliorer le haut du bilan de cette société... qui le vaut bien ! Et votre nom sera inscrit sur les pianos, en lettres dorés à l'or fin...

 



6 réactions


  • Gabriel Gabriel 20 novembre 2013 16:25

    Laisser mourir Pleyel, c’est laisser mourir une partie de notre histoire, c’est fermer les yeux sur l’excellence d’un savoir faire hors norme de plus de deux siècles, c’est tuer une partie de la musique, tourner le dos à Chopin, Saint-Saëns, Diémer et Liszt. C’est un son unique que l’on enterre, une vibration de note qui se perd dans l’espace…


  • claude-michel claude-michel 20 novembre 2013 16:51

    Tous les grands pianistes concertistes jouent sur des pianos de concerts « STEINWAY »..pas sur des Pleyel.. !


    • claude-michel claude-michel 21 novembre 2013 10:06

      Les gens qui me mettent -5 ne doivent pas aller aux concerts bien souvent.. ?

      Pleyel c’est le passé..c’est du niveau de Renault...du moyen de gamme...aucun intérêt... !
      Allez donc jouer sur un Steinway de concert...vous verrez tout de suite la différence... !
      Bonne journée...

  • natacha 21 novembre 2013 00:29

    Bravo pour cet article, tout est dit !


    Je suis également indignée de la fermeture de Pleyel, en tant que pianiste, je trouve que c’est un massacre, et une idée vraiment insupportable !

    Je me bats depuis quelques jours pour réunir le maximum de monde sur Facebook a travers une page de soutien : https://www.facebook.com/pages/Contre-la-fermeture-de-la-manufacture-de-piano-Pleyel/1382015245375970?fref=ts


    Faites partager ces deux liens au maximum, je ne sais pas si cela sera suffisant, mais si chacun y met son petit grain de sel, on peut peut-être faire réagir !

    Bon courage !


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 21 novembre 2013 09:39

      Je vous suggère de contacter directement Bernard Arnault le PDG de LVMH. C’est lui le Tycoon pianiste que j’évoque. Pleyel pour lui, ce serait une belle danseuse !

      Bien cordialement. Et bonne chance !


  • antonio 21 novembre 2013 11:00

    Et que fait donc Aurélie Philipetti ?


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