jeudi 4 mai - par Amaury Grandgil

Poujadisme qu’ils disaient

Quand un électeur de droite, ou de gauche, ça arrive aussi, ou un éditorialiste, ou un journaliste, évoquait même de manière timide, nuancée, argumentée, la collusion, la connivence, pourtant plus qu'évidente :

Entre les médias et la plupart des oligarques,

entre les politiques issus des partis de gouvernement,

entre tous les obligés de la caste, on leur objectait immédiatement un des mots « magiques ». On les objecte toujours même si cela n'a plus l'effet terrorisant d'avant sur les populations.

Ils étaient soient poujadistes soient populistes, ou démagogues. Très vite on enchaînait sur le fait que cela rappelait les heures les plus sombres de l'histoire politique française, que c'était une idée « nauséabonde » ou tortueuse. Celle ou celui l'exprimant était forcément un nostalgique du nazisme caché, ou du régime de Vichy, un « antidreyfusard », un antisémite forcément. Il est en clair excommunie de l'église des bons apôtres, il est hors du monde, rejeté dans les limbes de la « France périphérique » avec les « ploucs »...

Curieuse chose d'ailleurs d'imaginer que des pensées, des convictions aient une odeur...

Notons que c'est principalement à gauche, en particulier la gauche dite morale, et donc moralisatrice, que l'on se souvient de Pierre Poujade de son mouvement appru en 1953, et dont Jean-Marie le Pen fût un des députés, le plus jeune de l'époque. A part qui se rappelle de Poujade ?

Quand c'était Jean-Marie le Pen qui représentait le Front National et ses électeurs ils avaient beau jeu. Le Pen porte sur lui son passé de « soldat perdu » de l'« Algérie Française », d'activiste groupusculaire, de type trouble. D'où le fameux « plafond de verre » indépassable, les électeurs n'osant pas voter pour lui car il sentait beaucoup trop le soufre enchainant les petites phrases provocatrices et les dérapages plus ou moins contrôlés.

Autour de lui on pouvait trouver quelques types pas très nets, des anciens « crânes rasés », des passionnés d'histoire allemande un peu trop démonstratifs, des révisionnistes. Cela s'est encore vérifié lors de son défilé pour Jeanne d'Arc pendant lequel furent interviewés quelques uns de ces spéciments par un « journaliste » du « Quotidien » de Barthès trop content de filmer ça bien que se faisant traiter de « bougnoule ». Ce qui je le concède est impardonnable...

 

Mais là, dans ce genre de cas, l'amalgame est non seulement permis mais

indispensable, ce genre d'individus était forcément représentatif des électeurs de Marine le Pern.

 

Depuis le premier tour c'est toute l'oligarchie, à commencer par Fillon qui pourtant n'avait pas de mots assez durs contre lui qui appelle à voter Emmanuel Macron et qui se mobilise pour lui. Bien sûr on tortille un peu des fesses, on fait des mines, on se donne le genre citoyen concerné mais cela ne trompe personne. C'est toute la France du « pays légal » complètement coupée, volontairement, du « pays réel », qui est derrière lui, la France des nantis ravis de la mondialisation, ravis de la fracture sociale, ravis de reléguer les plus précaires au plus loin des centres des villes.

Cela n'empêche pas de conserver quelques « pauvres » que l'on se choisit.

Bien entendu, on a le droit de voter pour le pantin des oligarques mais il ne faudra pas venir se plaindre ensuite...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration empruntée ici



14 réactions


  • Lugsama 4 mai 10:42

    Un article remplit d’élément de language sans queue ni tête, quel est le propos ?


    • Buzzcocks 4 mai 11:48

      @Lugsama
      Un article d’Amaury Machin se lit avec délectation comme un télé 7 jeux où il faut retrouver dans la grille une liste de mots définis à l’avance.
      Dans son gloubi boulga, vous devez retrouver les mots « bobo », « merdia », « nanti », « bienpensance », « droit de l’hommiste ».
      Vous avez 5 minutes.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 4 mai 13:09

      @Buzzcocks
      je n’emploie jamais les mots merdias (j’adore le journalisme) ou droit de l’hommiste, ou bobo (je préfère bourgeois pédagogue)


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 4 mai 13:10

      @Lugsama
      C’est que tu es mauvais ma petite fauvette


    • Arcane Arcane 4 mai 18:30

      @Buzzcocks

      j’ai trouvé en 2 minutes !
      Avec en bonus « pays réel » qui est une perle à lui tout seul smiley

      J’espère gagner un abonnement gratuit à la prose quotidienne du nauteur. Celui-ci sera bien gentil de me l’envoyer à domicile puisqu’il a mon nom et prénom smiley


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 5 mai 07:53

      @Arcane
      Oh mais vous allez bientôt avoir du courrier


  • Bartneski Bartneski 4 mai 11:06

    Nous sommes le nombre



  • Christian Labrune Christian Labrune 4 mai 16:05

    @Amaury Grangil
    Que Macron soit un homme de paille à l’image de toute une mafia rosâtre gorgée de moraline, soutenue par une vermine de journaleux microscopique et au service, tout en faisant semblant de vouloir l’ignorer, d’intérêts qui ne sont pas du tout ceux d’une majorité de Français ni même des leurs, cela ne fait aucun doute. Après le « débat » d’hier soir, force est de constater que notre pays est devenue une espèce de république bananière condamnées à être n’être plus gouvernée que par des simulacres.
    Il reste que les turpitudes de la connerie géante et bien-pensante qui s’expose à nous ne blanchissent absolument pas les arrivistes de l’autre bord, lesquels surgissent comme des charognards sur le devant de la scène, traînant des casseroles historiques encore bien plus lourdes et bien plus mortifères : le passé qui les détermine n’est quand même pas de l’ordre de l’affabulation, tout cela fut bien réel. Votre propos me fait un peu penser au satanisme dans « Les Fleurs du Mal ». Je cite de mémoire :
    Qu’est-ce que Dieu fait donc de ce flot d’anathèmes
    Qui monte chaque jour vers ses chers Séraphins ?
    Comme un tyran gorgé de viandes et de vin,
    Il s’endort au doux bruit que font tous nos blasphèmes.

    Nous sommes, de fait dans la déréliction. « Perdus sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots », comme dit Mallarmé. Les « pauvres » dont vous parlez assez souvent, et non sans raison, paraissent ne plus savoir à quel saint se vouer. C’est qu’on est vraiment dans la merde, et ce sera pire encore dimanche, dans l’isoloir. 
    De là à fantasmer de se donner au diable par désespoir, ça me paraîtrait quand même bien fantaisiste. Ce serait fuir dans la métaphysique, laquelle n’a rien à voir avec le monde où il faut bouffer, travailler et dormir.


    • Christian Labrune Christian Labrune 4 mai 20:43

      ERRATUM
      Je vois bien, avec consternation mais trop tard, cinq ou six fautes, et pas des moindres, dans mon premier paragraphe, lequel en devient quasi incompréhensible. On voudra bien m’en excuser.


  • Arcane Arcane 4 mai 18:26

    « c’était une idée « nauséabonde » (...)

    Curieuse chose d’ailleurs d’imaginer que des pensées, des convictions aient une odeur... »

    Pour les problèmes de définition non comprise, le dico est un ami :

    Du latin nauseabundus (« qui éprouve le mal de mer, qui est dégoûté, qui a des nausées »).

    [1]

    Adjectif
    Singulier Pluriel Masculin nauséabond
    \no.ze.a.bɔ̃\ nauséabonds
    \no.ze.a.bɔ̃\ Féminin nauséabonde
    \no.ze.a.bɔ̃d\ nauséabondes
    \no.ze.a.bɔ̃d\

    nauséabond \no.ze.a.bɔ̃\

    1. Qui cause des nausées.

    2. (Figuré) Qui déplaît fortement, rebute, provoque le dégoût.
      • Paroles nauséabondes. propos indécents, choquants.
      • Littérature nauséabonde. romans, écrits qui heurtent la morale et le bon goût.
      • II connaît la propension d’Alcandre à inverser les signes, Alcandre parlera de sa foi comme d’un vice nauséabond et de son vice comme d’une ascension subtile. (Lawrence R. Schehr, Aimez-vous le queer ?, 2005)
      • Idées nauséabondes opinions qui provoquent l’indignation.
      • Les idées nauséabondes ne sont dangereuses qu’en l’absence d’hommes pour en défendre de meilleures. (Ayn Rand, Atlas Shrugged, 1957, trad. Sophie Bastide-Foltz La Grève, 2011.)

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 5 mai 07:54

      @Arcane
      autre exemple de dédain petit bourgeois smiley


      la gauche qui voit des idées nauséabondes est appelée avec justesse la gauche olfactive par Elisabeth Lévy, très bien vu...

  • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 mai 10:15

    .../..." véritable arme de classe, l’antifasciste présente un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste ; mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l’« ennemi fasciste » et donc la sur-médiatisation du Front national... aujourd’hui, on lutte donc contre le fascisme en faisant sa promotion. .../... Car le problème est que ce n’est pas le FN qui influence les classes populaires, mais l’inverse. Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de déligitimer leur diagnostic, un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle « populisme ». .../... la méthode est toujours la même : fasciser ceux qui donnent à voir la réalité populaire. .../... Christophe Guilluy Le crépuscule de la France d’en haut. page 173.


Réagir