mercredi 2 novembre 2016 - par Paul ORIOL

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Face aux gros partis de gauche en très mauvais état, quel que soit le jugement qu’on porte sur leur ligne politique, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Les Verts, le Front de gauche (FdG) ont pensé, chacun à son tour, que le moment était venu de prendre une initiative pour se développer. Avec le même insuccès. C’est, aujourd’hui, le cas de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Les résultats électoraux du Parti communiste (PC) se détériorent depuis 1978. Cette baisse continue s’est accentuée avec la victoire de François Mitterrand et la disparition de l’Union soviétique. Le PC n’incarne plus l’espoir de classes populaires.
Quant au Parti socialiste (PS), en cette fin du quinquennat de François Hollande, il est dans un désarroi pire que celui qui a suivi le passage au pouvoir de Guy Mollet : sans ligne politique, sans candidat naturel, ni légitime qui fasse une relative unité dans ses rangs et avance des propositions pour l’avenir du pays.
De ce relatif vide politique est née l’idée qu’il existe un espace à coté ou à la place des partis traditionnels.

Le moment LCR
La décadence électorale du PC peut se lire aussi bien au niveau du résultat des présidentielles que des législatives. La baisse du nombre de députés et de mairies est moins importante que celle du nombre de voix par suite de la persistance de quelques isolats, plus forts, et d’accords électoraux.

Tableau 1 : Pourcentage des suffrages exprimés obtenus par le PC aux élections présidentielles

1981

1988

1995

2002

2007

15,35

6,76

8,64

3,37

1,93

Tableau 2 : Pourcentage des suffrages exprimés et nombre de députés obtenus par le PC aux élections législatives

 

1978

1981

1986

1988

1993

1997

2002

2007

2012

Voix en %

20,61

16,17

9,78

11,32

9,30

9,92

4,82

4,29

6,91

Nb députés

86

44

35

27

24

35

21

15

7

Le relatif succès du candidat de la LCR, Olivier Besancenot, à deux présidentielles successives 1 210 562 voix soit 4,25 % des suffrages exprimés en 2002 et 1 498 541 voix soit 4,08 % en 2007, a fait du parti trotskyste le deuxième parti de gauche quand le PC, avec Marie-George Buffet, s’effondrait à 1,93 % ainsi que Lutte ouvrière (LO), l’autre parti trotskyste, avec Arlette Laguiller à 1,33% en 2007 contre 5,72 % en 2002.
La LCR décide alors de se dissoudre, de s’ouvrir en créant le Nouveau parti anticapitaliste  (NPA). Lors de sa création en février 2009, il compte 9 123 cartes, soit près de 3 fois les effectifs de la LCR.

Si les résultats des élections européennes de 2009, 840 713 voix, soit 4,88 %, malgré l’absence d’élu, sont dans le prolongement de ceux des présidentielles de 2002 et de 2007, ils ne constituent pas la percée espérée. Les élections suivantes vont signer l’échec de l’ouverture : 3,4 % lors des régionales de 2010 et 1,15 % à la présidentielle de 2012 (Philippe Poutou remplaçant Olivier Besancenot). Et lors des élections européennes de 2014, le NPA ne dépasse pas 1 %.
Échec confirmé, au niveau de l’organisation, le nombre d’adhérents du NPA, lors du congrès de 2013, 4 ans après sa création, tombe à 2 500.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

La poussée électorale de la LCR, avec la candidature d’Olivier Besancenot a précédé la tentative de mutation mais n’a pas eu de suite. LO a connu une poussée identique lors des élections présidentielles de 1995, 5,30 % et 5,72 % en 2002 avec Arlette Laguiller et le même retour à la normale en 2007 avec 1,33 %.
Ces bons résultats de LO d’abord, de la LCR ensuite tiennent probablement plus à la personnalité d’Arlette Laguiller et d’Olivier Besancenot qu’à leur programme bien que, en 2002, leurs résultats associés atteignent presque 10 %.

La tentative de mutation du NPA, nature et pratique, élargissement et transformation, verdissement de la ligne rouge révolutionnaire/anticapitaliste, n’a porté ses fruits ni au niveau électoral, ni au niveau militant. Il n’a pas réussi sa percée comme meilleur et nouveau parti révolutionnaire d’opposition.

Le Moment Les Verts

Presque en même temps, une autre partie est en cours chez Les Verts, après les élections municipales de 2008, pour élargir leur audience. Daniel Cohn-Bendit propose de constituer des listes ouvertes Europe-Écologie pour rassembler largement les écologistes aux élections européennes de 2009. Elles obtiennent des résultats remarquables, 2 803 759 voix soit 16,3 %, arrivant en troisième position, juste derrière le PS (2 838 160 voix et 16,48 %). Et devant dans l’Île de France. Avec 13 députés européens pour Europe-Écologie, 14 pour le PS, 3 pour le PC et 1 pour le Parti de gauche (PG).
Aux régionales de 2010, Europe Écologie récolte, au 1er tour, 2 372 379 voix soit 12,2 % des suffrages exprimés.

En novembre 2010, Les Verts disparaissent pour donner naissance à Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) qui regroupe les Verts et tout ceux qui veulent participer à l’aventure sans adhérer aux Verts. Mais dés le départ des tensions, entre les anciens Verts et la « coopérative », regroupant les nouveaux adhérents, montrent que la fusion n’a pas eu véritablement lieu entre les anciens et les nouveaux.

Aux élections européennes de 2014, EELV n’obtient que 8,95 % des voix, au lieu de 16,28 en 2009 et seulement 6 députés. Mais, il est vrai, Daniel Cohn-Bendit qui portait Europe Écologie en 2009, s’est déjà éloigné.

Comme pour le NPA, le plus grand succès de EELV, élections européennes de 2009, précède sa création, officialisée en 2010. Lors de l’élection présidentielle de 2012, après une primaire qui l’a élue comme candidate, Eva Joly n’obtient que 2,31 % (828 345) des voix au premier tour, supérieur au score de Dominique Voynet en 2007 (576 666 voix soit 1,57%) mais nettement inférieur aux espérances et au projet d’EELV.

Cependant, grâce au PS, EELV fait élire 10 sénateurs en 2011 et 17 députés avec le soutien du PS dans une soixantaine de circonscriptions aux législatives de 2012. EELV obtient ainsi un groupe parlementaire au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Victoire à la Pyrrhus ? Car, désormais, EELV est engagé dans un partenariat conflictuel avec le gouvernement qui va entraîner des remous et l’affaiblir : participation au gouvernement dans un premier temps (2012-2014), refus de participation dans un second (avril 2014, gouvernement Valls), dissidence de parlementaires et de la secrétaire nationale qui entrent au gouvernement…

Proportionnellement au nombre d’adhérents, EELV est, probablement, le parti qui a fourni le plus de ministres durant le quinquennat. Pour un parti qui voulait faire de la politique autrement... Ces variations serpentines ne donnent satisfaction ni aux partisans d’une totale autonomie vis à vis du du PS, ni à ceux qui veulent un alignement sur celui-ci et participer au gouvernement. D’où fuite des adhérents, démission de parlementaires et de certaines personnalités...

Si les effectifs de EELV varient suivant les interlocuteurs de 3 000 adhérents d’après Emmanuelle Cosse, ancienne secrétaire nationale, à 8 000 selon Sandrine Rousseau, porte-parole, contre 16 000 en 2010... la comparaison du nombre de participants au premier tour des primaires en 2011 et en 2016, ouverte aux sympathisants, permet de se faire une idée du rayonnement de l’organisation.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Sur le tableau 3, on peut de voir que le nombre d’inscrits et de participants a diminué de moitié entre ces deux dates. Certes, le duel Eva Joly-Nicolas Hulot constituait une affiche incitant plus à la participation que la compétition entre Cécile Duflot, seule candidate de la primaire à être connue nationalement du fait de ses anciennes fonctions à EELV et au gouvernement et 3 concurrents aussi peu connus, en dehors des militants, que les députés européens en France, quelles que soient leurs qualités. Ce que confirme le pourcentage des suffrages favorables aux 2 candidats arrivés en tête : 90 % en 2011, 66 % en 2016.

Tableau 3 : Résultats de la primaire organisée par les Verts en vue de la présidentielle en 2011 et 2016.

2011

2016

Candidats

Voix

%

Candidats

Voix

%

Eva Joly

12 571

49,74

Yannick Jadot

4 395

35,61

Nicolas Hulot

10 163

40,22

Michèle Rivasi

3 723

30,16

Henri Stoll

1 269

5,02

Cécile Duflot

3 013

24,41

Stèp. Lhomme

1 172

4,64

Karima Dellii

1 212

9,82

Inscrits

32 896

100

Inscrits

17 146

100,00

Participation

25 437

77,33

Participation

12 582

73,38

Exprimés

25 274

22,67

Exprimés

12 343

98,10

Les résultats de cette primaire permettent de dire que la candidate considérée par beaucoup comme la plus légitime, certains pensaient qu’elle serait élue au premier tour, a été rejetée par plus de 75 % des suffrages exprimés. Qu’il faudra beaucoup de talents au candidat ou à la candidate de EELV pour se faire entendre lors de l’élection présidentielle. Que le rêve d’un élargissement a échoué au moment où l’écologie est, plus que jamais après les accords de Paris, sur la place publique et dans l’esprit de tout un chacun.

Le Moment FdG

Le NPA voulait devenir un parti révolutionnaire qui compte, comme le PCF à une certaine époque. EELV voulait entrer dans la cour des partis à vocation gouvernementale dépassant le stade du strapontin. Le FdG avait une autre ambition devenir la première force à gauche.
La méthode est aussi différente. La LCR voulait une croissance sous contrôle, pour se dépasser : la LCR en plus grand. EELV a été impulsé par une forte personnalité qui était plus à l’extérieur que dans le parti des Verts et qui voulait modifier à la fois sa ligne et son fonctionnement. Qui était plus imaginatif que structurant.

Le FdG était un cartel électoral pour les élections européennes de 2009, au départ… Il regroupe plusieurs organisations dont la principale est le PC et son réseau national de militants et d’élus, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU). Puis la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), République et socialisme, Parti communiste des ouvriers de France, Gauche anticapitaliste et Convergence et Alternative, venues du NPA, et Alternatifs.

Le FdG obtient des résultats variables suivant les élections mais loin de son ambition : 6,47 % et 5 élus aux européennes de 2009 (3 PC dont 2 sortants, 1 PG, Jean-Luc Mélenchon, 1 élue de la société civile) ; 5,84 % aux régionales de 2010 ; 10,38 % aux cantonales de 2011 : 6,91 % et 10 élus (7 PC, 2 FASE, 1 PG) aux législatives de 2012.

Ce qui fait date, c’est le résultat de l’élection présidentielle de 2012 où le candidat du FdG, Jean-Luc Mélenchon, obtient 11,11 % des suffrages soit 3 985 298 voix, et se classe en quatrième position. Pour la première fois, depuis l'élection présidentielle de 1981 et les 15,35 % de Georges Marchais (PC), un candidat à la gauche du PS franchit la barre des 10 %. Ce succès n’a pas de suite lors des élections suivantes : 6,61 % et 4 élus aux européennes de 2014 et aucune liste n’obtient 3 % lors des régionales de 2015.

Ces résultats exacerbent les désaccords entre le PC qui cherche des alliances larges, surtout en direction du PS pour s’assurer l’élection ou la réélection d’élus locaux, et une ligne autonome en opposition avec le PS. C’était déjà visible aux régionales, cela devient évident pour les municipales de 2014 où les alliances sont différentes suivant les villes, en fonction des intérêts locaux, enlevant toute cohérence à une ligne FdG.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Le Moment La France Insoumise

La présidentielle approche. Les primaires de la droite et du centre, de EELV, du PS occupent l’espace médiatique. Le PS est un champ de ruines en plein désarroi. A bout de souffle. Va-t-il continuer, faisant les fonds de tiroir à chercher un candidat ou une candidate expiatoire ayant le courage d’assumer toute la misère du PS. Et son enterrement pour un bout de temps. Ou l’urne magique de la primaire livrera-t-elle un candidat ou une candidate capable de tracer un nouveau projet et faisant l’unité de toutes les écuries du PS ? Le PC est-il prêt à une alliance avec le PS, quelle que soit son orientation, pour assurer la survie difficile de quelques mairies et sièges parlementaires ?

Constatant la mort de fait du FdG, Jean-Luc Mélenchon quitte la direction du PG, confirme, en février 2016, sa candidature à la présidentielle en dehors de tout parti et lance le mouvement citoyen la France insoumise.

Le but de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon, à l’évidence, n’est pas de renforcer un parti. Puisque c’est une initiative individuelle, sans base partidaire même si le PG et quelques petits partis de gauche apportent immédiatement leur soutien. Jean-Luc Mélenchon place la barre très haut. Il veut, par cette candidature gaullienne, au delà des partis, être qualifié au premier tour et ensuite élu à la présidence.

La France insoumise réunit toutes les personnes qui soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Elles doivent, à partir de L’Humain d’abord, programme électoral du FdG de 2012, élaborer le programme de 2017, L’Avenir en commun  : partage des richesses, planification écologique, sortie des traités européens et... du nucléaire… Plus de 3000 amendements ont été proposés par internet...
Une nouvelle étape a été franchie avec la réunion de la Convention, à Lille, avec un millier de participants dont 650 ont été désignés par tirage au sort, à parité, à partir de volontaires, parmi les 130.000 soutiens à la candidature. Les autres sont des syndicalistes, militants écologistes et sociaux et des membres de mouvements politiques.

La démarche de Jean-Luc Mélenchon est par certains cotés paradoxale : utiliser la monarchie constitutionnelle de la V° République pour passer à la Constitution de la 6°, s’engager dans une campagne hors des partis quand on a été militant pendant des décennies dans un parti…

Mais le moment France insoumise est bien différent des moments précédents. Quant aux méthodes, avec la participation des soutiens à la candidature, tirés au sort pour participer directement à la Convention, quant au programme qui a progressé en faisant de l’écologie une question centrale, quant à l’utilisation des moyens informatiques pour suivre la Conventions en direct... .

Reste à savoir si la France insoumise arrivera à déclencher une véritable révolution citoyenne, permettra à Jean-Luc Mélenchon de collecter les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle, les conflits avec le PC ne faciliteront pas les choses. Il a été dit récemment qu’il en avait 270. Il doit tripler le nombre de voix du premier tour de 2012 pour participer au second tour et bien plus pour être élu...
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que si, la présidentielle est la mère de toutes les élections, les législatives auront lieu peu après. La France insoumise doit se préparer, dès aujourd’hui, à présenter des candidats (choisis par tirage au sort ?) dans toutes les circonscriptions pour organiser le soutien au nouvel élu en cas de victoire ou la résistance en cas de défaite.

Le moment La France insoumise est en cours, pour aboutir, il lui faut susciter une véritable révolution citoyenne !

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?


31 réactions


  • alinea alinea 2 novembre 2016 10:12

    Cela veut sans doute dire que les Français sont heureux, mêmes s’ils râlent tout le temps, que la majorité d’entre eux aime à ronronner entre Juppé/Sarko, ou Hollande/Royale. C’est une bonne nouvelle au fond, puisque la démocratie se fout des minorités, en tout cas tant qu’elle n’adopte pas la proportionnelle.Et puis les vrai de vrai hors système ont trouvé leur solution, leur tête et leur projet !
    Les abstentionnistes sont rares à l’élection du roi.


  • Alpo47 Alpo47 2 novembre 2016 10:12

    La gauche ... la gauche ... Où peut-on trouver la vraie gauche ?

    Lorsque l’on constate que mis bout à bout tous ceux que l’on pourrait qualifier « de gauche » constitueraient une vraie opposition au système UMP-PS (20 ...25% ?) ... mais qu’ils sont incapable de dialoguer et se rassembler pour défendre leurs valeurs communes, on fait mieux d’oublier toute illusion. Le système en place n’est pas prêt d’être véritablement mis en cause par ceux là.
    LCR et NPA, à part les théoriciens de ces partis, Marx pour les uns et « Machin » pour les autres, qui peut dire la différence dans leur choix de société ? Et bien, ils sont des ennemis déclarés et persistants.
    Quand aux « Verts » ou « EELV », caricatures de politiciens, qui n’existent que dans leurs meetings, les placer à gauche est très hasardeux. Ils sont d’abord là où ils pourront avoir de « bonnes places » à Paris. Où et quand défendent-ils vraiment l’écologie ? Jamais. Par contre les dernières « guignolades » où ils se sont vu attribué 4 (?) ministères les montrent sous leur vrai visage. Et nos concitoyens ne se laissent pas tromper, ils ne représentent rien aux élections. Ils servent juste à « racoler » les voix pour le PS.

    Mieux vaut éviter de penser qu’un changement viendra de « ceux là ».


  • sarcastelle 2 novembre 2016 10:45

    Faut-il à tout prix une gauche ou faut-il seulement se garer des abus de la droite ? Se garer des abus de la droite exige-t-il une gauche dans le genre gauche-à-tout-prix ? Faudra-t-il ensuite une droite pour se débarrasser de la gauche-à-tout prix ? Un kilogramme de satisfaction morale d’avoir la gauche au pouvoir est-il aussi lourd qu’un kilogramme de marchandises et d’énergie sortis d’une usine de droite ? Vastes débats...



  • fred.foyn 2 novembre 2016 10:49

    Au rond-point....tournez à gauche..tout droit jusqu’à la fosse septique !


  • jaja jaja 2 novembre 2016 12:08

    Ce que disait Daniel Bensaïd à propos des « gauches » en 2008 est toujours d’actualité :

    « Leurs gauches et la nôtre

    Les derniers seront les premiers. Aucun doute, nous sommes une arrière-garde, « et non seulement une arrière-garde, mais une arrière-garde un peu isolée, quelquefois un peu abandonnée [1] ». Et nous sommes si infimes, si petits à leurs yeux, en « masse politique et sociale », qu’ils ne nous aperçoivent pas, que « nous n’existons pas pour eux [2] ». Comme l’a dit Gérard Miller, quiconque n’est pas invité au mariage d’ouverture d’un dirigeant socialiste peopeulisé, n’existe pas socialement.

    Du moins n’y a-t-il dans notre carrière « aucun rebroussement, aucun renoncement ». Des erreurs, sans doute. Des défaites, bien sûr. Mais pas de débâcles morales, pas de défaites honteuses. Des défaites honorables, qui autorisent à garder les armes et à recommencer. Honte, en revanche, à cette gauche qui a « désappris le socialisme pour apprendre à gouverner », à cette gauche d’opinion et non plus de militance et de conviction. »

    La suite ici pour les intéressés :

    http://danielbensaid.org/Leurs-gauches-et-la-notre


  • jaja jaja 2 novembre 2016 12:20

    Pour moi tout programme qui se dit « de gauche » et qui ne propose ni la socialisation de toutes les banques et institutions financières, après expropriation des actionnaires capitalistes, ni l’annulation de la dette permise par la socialisation du Crédit et qui ne dit pas non plus qu’il socialisera les grandes entreprises... n’est pas un programme de gauche...mais un simple enfumage...

    Et qui parle de ces socialisations indispensables à un vrai changement de vie pour les travailleurs et les chômeurs ?


    • LE CHAT LE CHAT 2 novembre 2016 13:18

      @jaja

      la ruine du pays assurée , avec l’établissement d’une dictature comme seuls les rouges savent faire , personne en France ne veut devenir la nouvelle Corée du Nord


    • jaja jaja 2 novembre 2016 13:33

      @LE CHAT

      Moi non plus smiley


    • Armelle 2 novembre 2016 17:44

      @jaja
      "Pour moi tout programme qui se dit « de gauche » et qui ne propose ni la socialisation de toutes les banques et institutions financières, après expropriation des actionnaires capitalistes, ni l’annulation de la dette permise par la socialisation du Crédit et qui ne dit pas non plus qu’il socialisera les grandes entreprises... n’est pas un programme de gauche...mais un simple enfumage...« 

      Eh bien vous pouvez attendre longtemps !!!
      C’est bien pour cela que la »gauche« est un leurre
      Par définition la »gauche" prend fin là où se termine l’argent des autres
      Et ce que vous décrivez est encore pire, ça s’appelle le communisme !!! Une forme de dictature qui, dans l’histoire a juste fait 100 millions de morts !!! Ho c’est vrai c’est une bricole.
      Ces idéologies sont d’un autre temps... La préhistoire en somme..., le cadavre est bien mort et que d’espérer le voir renaître relève de la naïveté. Plus personne ne veut de cette saloperie mortifère !!!


    • Alren Alren 2 novembre 2016 18:40

      @LE CHAT

      l’établissement d’une dictature comme seuls les rouges savent faire

      C’est vraie que Hitler, Franco, Mussolini, Sukarno, Pinochet, Videla etc. etc.n’ont pas su établir une véritable dictature avec arrestations arbitraires, tortures, ni tué leurs compatriotes, ni les quarante millions de morts de la seconde guerre mondiale !!!

      LE CHAT vous êtes un rigolo !


    • jaja jaja 2 novembre 2016 20:05

      @LE CHAT

      Et la Armelle avec smiley


    • sarcastelle 2 novembre 2016 21:08

      @Alren

      .
      Les dictatures rouges sont les plus solides et ont le désavantage de durer plus longtemps. 

    • LE CHAT LE CHAT 3 novembre 2016 12:50

      @Alren
       une véritable dictature avec arrestations arbitraires, tortures, ni tué leurs compatriotes

      c’est ce qui existe dans tout pays communiste !

      au top ten des criminels de l’histoire, il y a Mao tse tung et ensuite Staline

      je suis pas « rigolo » , seulement simplement lucide


  • biquet biquet 2 novembre 2016 16:56

    « Il doit tripler le nombre de voix du premier tour de 2012 pour participer au second tour et bien plus pour être élu... »
    C’est totalement faux, en fait il y a de fortes chances que seule Marine Le Pen obtienne plus de 20 % des voix. Au contraire de 2002, le FN a toutes les chances d’arriver en tête du premier tour, tant le discrédit de la classe politique est fort dans l’opinion. Derrière MLP, il n’y que 2 candidats possibles Juppé ou Mélenchon. Si Sarko gagne la primaire alors Mélenchon sera devant Sarko.


  • tf1Groupie 2 novembre 2016 17:59

    Melenchon est aussi peu crédible que ces partis dits de la vraie gauche : comme eux il n’a pas pour objectif de gagner la présidentielle, car être Président ça oblige à prendre des responsabilités et regarder la réalité en face.

    Alors que c’est tellement plus agréable de se faire plaisir, proposer des programmes irréalisables et faire des tas de promesses dont on sait qu’on n’aura pas à les tenir ni les renier.


    • alinea alinea 2 novembre 2016 18:24

      @tf1Groupie
      Il veut juste espérer que tu t’impliqueras, groupie, en tant que citoyen ; c’est bien beau de parler démocratie et attendre le mec hors paire qui nous bordera dans notre lit et nous paiera de bonnes godasses ! c’est contradictoire,non ? si les gens bougent leurs fesses, prennent leur destin en main, en n’oubliant pas le bien commun et le vivre ensemble, aucune raison pour que ça foire ; et si les premiers temps seront durs parce qu’il faut tout réinventer et que les gros marchés nous feront un caca nerveux, si on veut les virer je ne vois pas comment l’éviter !


    • Armelle 2 novembre 2016 19:09

      @alinea
      « si les gens bougent leurs fesses, prennent leur destin en main »

      Le premier mot de votre phrase donne le ton !!! En effet le « si » est tout à fait approprié car cette espérance relève de la fiction, il y a juste à observer ce qui se passe en terme d’emploi !!! Les gens crient haut et fort « on a droit à un travail » (déjà le fond est absurde) et attendent bêtement l’hypothétique patron qui voudra bien les embaucher, au lieu de, comme vous dites « se bouger les fesses » pour créer leur emploi. Oh mais ça non ! c’est trop compliqué, trop risqué !!! et on ressort nos bons vieux slogans de l’époque du front populaire

      Dites Alinéa, c’est avec « ça » que vous espérez que le peuple prenne son destin en main ? Vous voulez rire je suppose ? C’était une blague non ?


    • Coriosolite 2 novembre 2016 19:31

      @alinea
      S’impliquer, se prendre en main et ne pas attendre l’homme ou la femme providentiel(le).

      Oui tout à fait d’accord. Mais s’impliquer etc. pour la victoire de JLM (que j’aime bien) me parait être une voie peu prometteuse de vrai changement.

      Les maux qui minent notre pays, individualisme, hyper-consommation, déracinement, communautarisme, entre autres, ont été tellement intégrés par une large partie de la population, que la déliquescence du pays parait être une situation normale.

      Est-ce qu’arriver à la tête d’un Etat bureaucratisé, infiltré dans tous ses rouages par les fidèles serviteurs des multinationales et du mondialisme, serait suffisant pour changer la donne ?

      Je ne le crois pas. Je crois plus à une démarche individuelle qui passerai par plusieurs étapes.

      Premièrement décoloniser l’imaginaire (voir S. Latouche sur le sujet). Recréer sa propre norme et ne plus subir le lavage de cerveau publicitaire et médiatique.

      Puis transcrire cette démarche de « sécession intellectuelle » (pardon pour l’expression pompeuse) dans sa pratique quotidienne.

      Modifier ses habitudes, recréer localement un esprit d’entraide. 

      Se poser la question : ce que je fais est-il juste, bon, est-ce que ça favorise l’autonomie, la coopération, la confiance ?

      Et aussi accepter ses limites. Je ne peux pas tout faire, ni toujours faire bien.

      Cette voie n’est pas spectaculaire, mais reste à l’échelle humaine. Et je pense que c’est ce qui nous manque le plus.


    • tf1Groupie 2 novembre 2016 19:48

      @alinea

      a-t-on besoin d’un homme providentiel pour s’impliquer ou se bouger les fesses ?

      Mais le vivre ensemble c’est une idée bien fumeuse, surtout en France où on a 65 millions définitions différentes de ce vivre-ensemble.

      Je crois que vous aimez les belles paroles, c’est pour ça que Mélenchon vous va si bien.


    • alinea alinea 2 novembre 2016 20:01

      @tf1Groupie
      Providentiel, je ne sais pas, mais il est évident qu’il y a besoin d’un catalyseur, un porte-parole , quelqu’un qui même symboliquement centralise les énergies ; cela dans le premier temps de rupture avec un ordre établi ; la société future je la vois bien auto organisée, en petits éléments gérables à échelle humaine. L’anarchisme met à bas le pouvoir, mais pour le mettre à bas il faut être organisés et savoir qu’il faudra du temps tant il y a de gens qui adorent le pouvoir qui les déresponsabilise.
      Mélenchon se bouge les fesses, mais il n’est pas seul et le vivre ensemble tient juste dans le fait que chacun peut avoir sa place, sa dignité ; seul celui qui veut exploiter, arnaquer les autres ne la trouvera pas ! Mais quand tout le monde aura compris que ce vouloir là est pathologique et que chacun voudra recouvrer la santé, alors, nous aurons un boulevard devant nous.
      Vous pouvez bien pensez et être ce que vous voulez, tant que vous ne m’empêchez pas d’être ce que je suis, je m’en fous ! On en est loin, le chemin est long, il me semble intelligent de l’emprunter le plus tôt possible.


    • tf1Groupie 2 novembre 2016 20:02

      D’ailleurs en matière de se bouger les fesses Mélenchon n’est pas spécialement exemplaire.
      Qu’a-t-il créé dans sa vie ?
      De ministre à sénateur et de sénateur à député Européen, sans trop poser son cul sur les fauteuils de l’assemblée européenne.

      Et le reste de la famille est pareil : ils bossent tous dans la politique, que ce soit sa fille, son gendre ou son ex-femme, cela sous le regard bienveillant de l’ex-sénateur.
      C’est cela se bouger le cul, changer de fauteuil politique ?

      Moi je juge sur les actes plus que sur les discours...


    • tf1Groupie 2 novembre 2016 20:07

      @alinea

      Ah c’est ça votre solution : l’anarchisme ? pffff !

      Pas besoin de Mélenchon : dans les banlieues on a ce qui faut ; si vous vous allez voir là-bas à quel point c’est beau l’anarchie et le non-droit.

      Avec vous au moins la question de la liberalisation du Cannabis sera réglée, et quand on sera tous « stone » le vivre-ensemble sera une réalité smiley


    • alinea alinea 2 novembre 2016 20:14

      coriosolite,
      Cette voie, je l’ai empruntée et y suis restée depuis plusieurs décennies ! pendant ce temps-là le monde s’est considérablement détérioré autour de nous ; elle ne suffit pas, nous n’avons pas le temps. Il faut déstabiliser ce mauvais ordre et, le faisant, savoir qu’il nous faudra vivre des difficultés, or, celles-ci sont plus faciles à assumer quand on les a voulues ; aujourd’hui on nous les impose, on en devient passifs, aigris, désabusés ou violents ! L’action commune déplace des montagnes, au mieux, l’action personnelle nous protège. personnellement, je n’arrive plus à me protéger.


    • tf1Groupie 2 novembre 2016 21:11

      @sampiero

      Méluche ne sait pas beaucoup plus que LePen de la conduite d’un Etat, d’ailleurs ce n’est pas un impératif pour être président.

      Après que tu affirmes qu’elle n’est pas entourée de gens compétents c’est purement gratuit.

      Je ne pense pas beaucoup de bien de Marine LePen, mais contrairement à son père ou à Mélenchon elle veut le pouvoir, c’est déjà un début, car quelqu’un qui veut être Président doit être au moins prêt à en assumer les conséquences.

      Au final LePen et Mélenchon sont deux enfants du populisme donc ils prennent place dans des sacs similaires.


    • Coriosolite 2 novembre 2016 21:19

      @alinea
      Je ne nie pas l’importance du vote, et bien sur le choix d’un chef de l’Etat n’est pas indifférent.

      Mais prenons le cas de la Grèce. L’élection de Tsipras a soulevé beaucoup d’espoir. Malheureusement pour des résultats décevants.

      Si une partie des grecs ne s’était pas organisée spontanément, souvent à toute petite échelle, pour s’approvisionner, s’échanger des biens de consommation, hors des circuits marchands, leur situation aurait été bien pire.

      Tous les actes de notre quotidien, logement, travail, l’école de nos enfants, les commerces, nous laissent le choix soit d’engraisser la matrice et de se laisser formater, soit d’échapper au système ou de le contourner.

      On ne peut pas tout faire, bien sur, mais le savoir fait partie de sa prise d’autonomie : on redevient conscient de ses limites. Ce qui est une autre façon de s’opposer au « no limit » de la société de consommation.

      C’est concret et créateur de liens car on s’aperçoit qu’on est pas seul.

      Un électeur qui pose son bulletin de vote est seul, il ne sait même pas qui d’autre autour de lui a fait le même choix que lui.

      Et que restera-t-il de « la France Insoumise » si JLM ne passe pas le 1er tour ? On attend la prochaine élection ?


    • alinea alinea 2 novembre 2016 21:21

      Groupie,
      elle fait quoi Bernadette ?
      la politique, c’est pas haram, si ?
      Les actes ? quoi par exemple, changer un fusible ?
      Ne crois pas tout ce qu’on te dit !
      C’est qui ton truc/ Le PS ? tu n’hésites pas pour Marine.
      Qu’a-t-il créé ? Bonne question... et les autres ?
      Pas mal de paroles, écrites, déclamées, dites,, susurrées.Tout le monde n’est pas charpentier. et on ne lui demande pas de faire un toit.


    • alinea alinea 2 novembre 2016 21:24

      @tf1Groupie
      J’espère avec pas grand chose et j’en connais qui font avec pas grand chose, tout dépend de ses buts.
      Je ne veux pas mourir déprimée.


    • alinea alinea 2 novembre 2016 21:27

      @alinea
      fais chier la sélection imposée ; je répondais à Armelle. il faut faire gaffe à tout quand « on » pense pour nous ; quand je serai dictateur, je supprimerai toutes ces conneries. smiley


    • tf1Groupie 2 novembre 2016 21:33

      @alinea

       smiley
      Je suis d’accord, la première chose que je ferai quand je serai Président c’est d’interdire les cons sur les medias citoyens...mais bien sûr en tant que Président je ne serai pas concerné par cette mesure.


    • alinea alinea 3 novembre 2016 09:40

      @Coriosolite
      Je crois avoir spécifié « qu’elle ne suffisait pas » ; la démerde, l’entraide dans le malheur, vous le dîtes, tiens, en Grèce !
      Là d’où ils venaient, les Grecs, il aurait été très étonnant qu’ils réussissent du premier coup ; mais ce fut quand même pour, non pas un espoir vide et passif, mais un réveil ; la résistance grecque s’organise mais un jour où l’autre il faudra bien qu’ils mettent à bas le régime. Et je dis bien régime, pas seulement le gouvernement.
      Nous sommes nombreux dans le monde à en avoir besoin, de résistance, d’insoumission, de coordination,etc.
      Si on pinaille trop parce qu’on n’a pas « ce que l’on veut » et qu’on préfère « rien », c’est la violence qui viendra, et on sait tous comment ça finit.


    • alinea alinea 3 novembre 2016 09:43

      @tf1Groupie
       smiley !!
      Il y a une longue vidéo sur l’histoire de l’anarchisme, vous devriez prendre le temps de l’écouter, ça vous évitera de dire les conneries écrites plus haut ! smiley


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