mardi 4 avril - par Taverne

Qu’est-ce que « trahir » ?

Les ralliements réguliers au candidat Emmanuel Macron sont l'occasion de témoignages d'indignation et d'accusation de trahisons. Plutôt que de s'interroger à chaque coup en se demandant si Untel a trahi, ne vaut-il pas mieux énoncer le problème comme suit : "qu'est-ce que trahir" ? Voilà pour l'effort d'objectivité, mais ne faut-il pas aller encore plus loin et, pour éviter la trop grande promptitude du jugement, poser une exigence de temps et insérer des étapes de réflexions avant le moment (trop souvent fulgurant) de la conclusion ?

Il faut toujours, en bon cartésien, poser des étapes préalables dans la résolution d'un problème, avant de déduire et de conclure. Il convient aussi de diviser la question en autant de questions nécessaires à la clarté du raisonnement. Qu'est-ce que la trahison ? Disons, pour faire simple, que c'est la rupture d'une fidélité et/ou d'un engagement. Mais tous les engagements se valent-ils ? Le degré de trahison est aussi fonction du but poursuivi.

1 - Un conflit de fidélités

Chacun est fidèle à des choses de natures et de niveaux différents. Fidèle à ses parents, à son pays, à Dieu, à ses opinions, etc. Mais qui ne s'est jamais trouvé confronté à un conflit de fidélités, voire même à des dilemmes ? Certaines personnes très engagées ont juré fidélité à une Cause, à un parti. Ces personnes-là verront de la trahison dans tout écart de l'idéologie de la Cause ou du Parti. Manuel Valls et Martine Aubry semblent entrer dans ce cas de figure.

Il n'est pas toujours aisé de choisir une fidélité au détriment d'une autre. La foi, en revanche ne se discute pas et ne se dispute pas. Les croyants ne cèderont pas à cette fidélité absolue pour une fidélité moindre (à des idées politiques, par exemple). L'exemple ici serait celui de François Bayrou qui, sans trahir sa foi ni se convictions politiques, a rejoint Macron sous conditions.

Il est des fidélités qui sont appelées à durer pour la vie : la fidélité dans le mariage religieux, par exemple. D'autres fidélités sont liées à des alliances d'intérêts temporaires. Il en va ainsi de la fidélité jurée par Manuel Valls à son compagnon Benoît Hamon. Valls a beau jeu, dès lors, d'invoquer des fidélités bien supérieures, en l'occurrence la défense de la république face aux extrémismes. Son profil laisse penser qu'il est honnête sur ce point. Mais nous verrons qu'il ne l'est pas pour tout...

2 - La qualité de l'engagement

Je pense qu'il est assez juste de dire que le degré de la trahison dépend de la force de l'engagement. Or, un engagement n'est jamais absolu : il est circonstancié dans le temps et dans l'espace. Un engagement peut valoir pour la vie entière ou pour une période bien déterminée : un an, un mois, un jour.

L'engagement de Valls avait pour périmètre la durée de la Primaire et du premier tour de la campagne électorale présidentielle. Quant à l'étendue dans l'espace de cet engagement, il se limite aux électeurs des Primaires de gauche. On peut donc très bien admettre que son engagement envers la totalité du corps électoral et envers son pays (ne serait-ce que par son image d'ancien premier ministre) est d'une valeur plus élevée que cet engagement "de circonstance". Enfin, un ralliement est-il un plein engagement ? Le plus souvent, on se rallie par la force des choses et non par enthousiasme. Un tel engagement peut être rompu au nom des valeurs supérieures, des enjeux exceptionnels (la faiblesse des candidats des partis face à Marine Le Pen).

Jusqu'ici Manuel Valls passe l'épreuve de l'examen, mais voyons la suite.

3 - La bonne foi

Un engagement, cela s'appuie sur la bonne foi de celui qui s'engage. Cela veut dire que celui qui s'engage sait parfaitement à quoi il s'engage, dans quel but, en présence de quels enjeux et dans quel contexte, et qu'il adhère en connaissance de cause à la proposition de s'engager. Manuel Valls savait tout cela et, circonstance aggravante, que Benoît Hamon défendait des propositions très à gauche qui ne sont pas les siennes. Sa bonne foi paraît donc difficile à défendre sur ce terrain, sur le thème : "s'apercevant de la gauchisation de Hamon, Valls a décidé de rompre avec lui". Non !

On peut concevoir des cas de prises de conscience qui nécessitent une certaine maturation, si bien que l'on reste engagé dans un premier temps puis, la montée à la conscience venant, on comprend ce que l'on veut vraiment et on change de cap. La prise de conscience se faisant alors de manière progressive. Mais, ce n'est pas le cas de Manuel Valls qui n'a jamais été dans le camp des idées de Hamon. Alors pourquoi s'est-il engagé en réaffirmant à plusieurs reprises son soutien indéfectible ? Cela apparaît comme une faute sérieuse et un calcul politique intéressé.

Un engagement = 2 euros ?

Tel est le prix d'un reniement national pour la militante qui a déposé une plainte auprès de l'organisation des Primaires de gauche. Un reniement à un engagement de ce niveau ne vaudrait ainsi que deux euros ! A ce prix-là, on peut se permettre de trahir à tour de bras ! Mais trêve de petite plaisanterie, glissons vers la conclusion.

4 - Instruction à charge et à décharge du cas Manuel Valls

On s'est efforcé d'instruire à charge et à décharge, d'un point de vue philosophique, le cas Manuel Valls. Nous avons décortiqué la question et l'avons divisée. Mais, cela ne suffit pas, d'autres questions demeurent :

- La trahison en politique n'a-t-elle pas une nature différente de l'idée que nous nous en faisons dans la vie courante ?

En effet, le mensonge est-il évitable en politique ? Il semble que l'on ne puisse se faire élire en ne disant que la vérité. On habille cette vérité à son avantage, on omet délibérément certains détails, etc. Si le mensonge est légion en politique, c'est qu'il est utile et, par conséquent, la trahison n'y est pas rare. Simplement, c'est une question de dosage dans l'acte de tromper. Celui qui trahit de façon inélégante ou trahit trop systématiquement en suivant son seul intérêt, excède cette dose raisonnable admise dans ce milieu.

- Les trahisons mêlées

La trahison n'apparaît pas clairement, d'une façon pure, quand elle est réciproque ou dans une chaîne de trahisons. Cette considération conduit à nuancer la position intransigeante que j'ai d'abord eue envers Manuel Valls. J'aurais tendance à dire que lorqu'il y a trahison réciproque, les trahisons s'annulent.

En conclusion

Je laisse à chacun le soin de se faire son idée à partir de cette trame. Récapitulons. Il faut, pour examiner une question aussi délicate (si bien sûr on recherche la vérité), suspendre momentanément ses passions et passer le cas au crible des critères après avoir reformulé la question : non pas "Untel a-t-il trahi ?" mais "qu'est-ce que trahir" ?

Ensuite, à la lumière des critères indiqués (fidélité, engagement, bonne foi) se demander dans quelle sphère se place la supposée trahison (si c'est celle de la politique, nous devons relativiser), quel but poursuivait cette trahison ? L'engagement était-il de qualité, solide ? Quel périmètre avait-il ? Certains engagements contiennent en eux-mêmes la trahison à venir. Le problème ne se situe pas alors dans l'engagement lui-même, le moment de la rupture n'étant que logique et inévitable.

Mais au-delà de tous ces aspects extérieurs, il y a la conscience. Seul celui qui rompt un engagement peut en fin de compte évaluer le degré de trahison de son acte.

 



41 réactions


  • Louve de France Louve de France 4 avril 11:15

    Les classes politiques qui se sont succédées au pouvoir depuis le General de Gaulle sont de fins connaisseurs en matière de trahison. 


    La France a été trahie par nos politiciens qui ont ouvert nos frontières et ruiné notre pays. 

    • Taverne Taverne 4 avril 11:24

      @Louve de France

      C’est votre opinion et surtout c’est du lapidaire sans argumentation. Mon article tend à défendre au contraire un examen profond de la notion de trahison. Je dis, par exemple, qu’une part de trahison est inhérente au monde politique. Cette part est irréductible. On ne peut donc pas parler de façon identique de la trahison dans la vie de la société et dans la pratique de la politique. On sait très bien que tout président « trahit » ses électeurs une fois élu.

      Sinon, notre pays n’est pas ruiné !


    • rogal 4 avril 11:36

      @Taverne

      Pas ruiné avec une dette publique à 100 % du PIB ? À combien l’est-on ?


    • Taverne Taverne 4 avril 11:44

      @rogal

      Vous connaissez beaucoup d’états qui ne sont pas endettés ? Les intérêts de cette dette sont gérables tant que l’on reste dans la zone euro. Si l’on en sort, avec retour au Franc, la dévaluation de notre monnaie nationale par rapport aux euros nous ruinera véritablement, nos créanciers exigeant un remboursement en monnaie forte (en euros et non en francs). Il en ira de même pour les dettes des entreprises dont beaucoup feront faillite et seront rachetées par les pays étrangers, exactement le contraire du patriotisme prôné par le FN.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 4 avril 11:45

      @rogal

      Tu sauras qu’on est ruinés quand Bouygues, Pinaud, Lagardère, Arnaud, Dassault, Bolloré, Berger et Drahi prendront leurs valises pour aller s’installer en Suisse.

    • Louve de France Louve de France 4 avril 11:55

      @Taverne

      C’est juste un constat, les chiffres de l’immigration et de la dette exponentielle sont parlants. 

      Le gouvernement ne dit pas ce qu’il fait ; il ne fait pas ce qu’il dit, mais dit ce qu’il ne fait pas ; et il fait ce qu’il ne dit pas. 

      Nous avons des gouvernements qui se succèdent en trompe l’œil. 

    • rogal 4 avril 13:19

      Taverne,
      M’étant mal exprimé je me permets de reformuler ma question.
      Quel que soit le pays, quel que soit l’unité monétaire et que ce soit en capital ou en service de la dette, n’y a-t-il pas des limites indépassables de toute nécessité, sauf à faire banqueroute ?


    • Taverne Taverne 4 avril 14:06

      @rogal

      Plutôt que de limite qui, en matière d’argent (dette sou profits, par exemple) ne paraît plus avoir le moindre sens, je parlerais d’équilibre à trouver de façon pragmatique entre la nécessité de maîtriser l’évolution de notre dette et le besoin de soutenir la croissance. On a vu que l’austérité excessive détruit la croissance. Mais Fillon ne semble tenir aucun compte de cette expérience vécue par les Grecs. Un homme qui n’a aucune confiance dans l’avenir (un sombre pessimiste) ne peut prôner que les sacrifices et les larmes. Sauf pour lui-même, ce qui est une haute trahison.


    • rogal 4 avril 15:45

      @Taverne
      « Plutôt que de limite qui, en matière d’argent (dette sou profits, par exemple) ne paraît plus avoir le moindre sens, je parlerais d’équilibre à trouver de façon pragmatique entre la nécessité de maîtriser l’évolution de notre dette et le besoin de soutenir la croissance. »
      Cette nouvelle ligne économique me plaît parce qu’elle nous rapproche de la sagesse grecque (antique) : de la mesure en toutes choses. Cherchons donc l’équilibre, avec pragmatisme.


  • Tall Tall 4 avril 11:16

    Personne n’a trahi au PS ...c’était prévu depuis l’été dernier tout ça.


    Grâce aux sondages des RG, Hollande sait depuis+ d’un an déjà qu’il ne serait pas réélu, et que le PS passerait à la trappe en 2017.
     
    Le plan : faire porter le chapeau du quinquennat hollandiste à certains membres du PS, pour mieux en exorciser d’autres qui feraient alors figure de « sauveur » tout en poursuivant la même politique européiste, bien sûr.
     
    La méthode : on organise une primaire à la quelle le sauveur désigné ( Macron ) ne participe pas, de manière à lui décoller l’étiquette PS du front.
    Dans cette primaire, les + proches de Hollande ( Valls ) sont éliminés au profit d’un frondeur d’opérette ( vu qu’il reste au PS ) : Hamon. Celui-là se prépare pour 2022 en fait.
     
    Valls savait qu’il était le sacrifié de cette primaire, et son ralliement à Macron était prévu.

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 4 avril 11:27

      @Tall

      Donc, les bulletins dans les urnes des primaires socialistes ont été mis par des supplétifs déguisés en militants ou bien chaque votant a reçu une enveloppe pour acheter son vote ?

      Ton interprétation est séduisante mais désespérante : si les primaires fonctionnent comme ça, pourquoi les scrutins officiels fonctionneraient-ils autrement ?



    • Tall Tall 4 avril 11:49

      @Jeussey de Sourcesûre

       
      Mais non, tout le monde a voté naturellement aux primaires ...pas besoin de truquer

      Le bilan hollandiste incarné par Valls a été rejeté, et un « frondeur » a gagné .. c’est normal

      Ce qui comptait, c’est que Macron restait en dehors pour ne plus avoir l’air « PS »
      Et c’est le « frondeur » ( Hamon ) qui garde l’étiquette officielle du PS sur son front.

      Mais lui prépare 2022 en fait, il est le futur du PS. son revenu de base est déjà la marque de ce futur. C’est bien joué car la robotique va effectivement prendre de l’ampleur. 

  • agent ananas agent ananas 4 avril 11:19

    La vraie trahison dans cette histoire, c’est celle de candidats qui roule pour l’oligarchie et non le peuple, dont ils clament pourtant représenter.
    Le reste n’est que pour divertir (du mot diversion) la galerie.


    • Taverne Taverne 4 avril 11:46

      @agent ananas

      Le divertissement des pauvres à de tous temps existé. A chacun de faire en sorte de ne pas être dupe.


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 4 avril 11:23

    Quand César a dit à Brutus : « tu quoque fili mi », faisait-il un reproche à un fils adoptif) indigne qu’il considérait comme un de ses alliés et se révélait appartenir à la ligue de ses assassins ?

    On peut interpréter autrement la célèbre formule en lui dannant le sens suivant : « Toi aussi, mon fils, tu seras vieux et faible et subiras le même sort ».

    Bonne chance, Monsieur Valls.


  • Taverne Taverne 4 avril 11:30

    Ajout :

    Une idée m’est venue depuis la rédaction de cet article. Cette idée est qu’il est des cas où le chantage à la loyauté au sein de certaines organisations (partis, gouvernement...) fait des engagements qui ne sont pas tout-à-fait sincères, ce qui évidemment conduit ensuite à des « trahisons ». Souvenez-vous de ce que disait Sarkozy « on est avec moi ou contre moi ». Avec un tel chantage, ceux qui sont taxés de traîtrise sont légion. La trahison dépend donc de la valeur et de l’authenticité de l’engagement initial.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 4 avril 11:39

      @Taverne

      Le film de Coppola « le parrain » illustre très bien cette problématique.
      La sanction, c’est la mort, et on ne joue pas impunément avec les camps mafieux et l’utilisation des influences.
      Assimiler les partis politiques à des mafias peut être considéré comme un raccourci audacieus, mais j’ai l’audace de me livrer à cette comparaison.

    • Taverne Taverne 4 avril 11:59

      @Jeussey de Sourcesûre

      Oui, mais il y a un autre film qui m’a beaucoup marqué, c’est l’Armée des ombres où Ventura joue un rôle de résistant pur et dur qui n’hésite pas, à la fin du film, à exécuter la femme qui lui a pourtant sauvé la vie (incarnée par Simone Signoret). Le seul soupçon de trahison suffit à déclarer Mathilde comme une traître, alors qu’en l’occurrence cette femme n’avait pas trahi. La camarade est abattue froidement et sans remords. Ce film invite à une profonde réflexion sur les notions de fidélité et de trahison.

      Cette intransigeance apparaît aussi dans « Les Mains sales » de Sartre où le moindre doute exprimé sur la Cause du Parti et l’utilité de supprimer une vie, est immédiatement puni de mort pour trahison. C’est l’interdiction même de douter et donc de penser que l’on retrouve dans les partis de gauche dure.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 4 avril 13:13

      @Taverne

      « C’est l’interdiction même de douter et donc de penser que l’on retrouve dans les partis de gauche dure. »

      Que dans ceu-là ?
      Que dans les partis politiques ?
      La notion de foi (même étymologie que fidélité et féodalité) n’a-t-elle pas une origine religieuse ?
      Le parangon de « traitre » n’est-il pas Judas ?
      Et ne le paiera-t-il pas éternellement  ?

    • Sozenz 4 avril 13:57

      @Taverne
      Une idée m’est venue depuis la rédaction de cet article. Cette idée est qu’il est des cas où le chantage à la loyauté

      oui , non à la loyauté pour une personne , mais à la loyauté d un programme défini depuis bien longtemps .. loyauté à une feuille de route ..
      Tant que la feuille de route dans le timing voulu est possiblement réalisable , tout est faisable ...
      Tu joues le jeu , tu continue à jouer . tu ne veux plus jouer la feuille de route . tu te retrouves sur le siège éjectable .
      A tous les niveaux ça fonctionne comme cela , politique , médias ...
      Tu signes ou pas en bas du Pacte.


    • Taverne Taverne 4 avril 13:59

      @Jeussey de Sourcesûre

      La trahison de Judas Iscariote fut motivée par l’argent. Il est vrai que je n’ai pas évoqué la motivation essentielle de la trahison dans mon papier : l’appât du gain ! Donc, méfiance à l’égard de Fillon aussi (comme cela, je tape à droite, content ?) Maudit argent !


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 4 avril 14:26

      @Jeussey de Sourcesûre

      « Je ne vous le fais pas dire » Bérégovoy


  • rogal 4 avril 11:44

    La réponse de Valls à la journaliste de radio qui lui demandait s’il ne trahissait pas : « Je prends mes responsabilités ». Serait-ce une nouvelle façon de dire « oui » ?
    – X, prenez-vous pour épouse Y ici présente ?
    – Je prends mes responsabilités.


  • LE CHAT LE CHAT 4 avril 12:56

    Trahir , c’est dissimuler aux électeurs ses vrais desseins , comme le fait Macron von Rotchild von Bilderberg qui a pour but de détruire notre pays pour le fondre dans la mondialisation sauce US , et transformer les français en simples consommateurs sous domination du medef et de la finance mondiale


    • Taverne Taverne 4 avril 13:06

      @LE CHAT

      Si « c’est dissimuler aux électeurs ses vrais desseins », alors le pompon revient au FN. Il n’existe dans aucun parti ou mouvement un décalage aussi gigantesques et trompeur entre la jolie vitrine racoleuse et les sombres desseins qui se trament en coulisses. Mais surtout, le voile est jeté pudiquement sur les conséquences désastreuses pour notre pays en cas d’application du programme délirant d’une dynastie familiale, qui règne sur l’opinion publique depuis plus de 50 ans en ruminant toujours les mêmes obsessions.


    • Alexis Toulet Alexis Toulet 5 avril 19:43

      @LE CHAT

      Je ne serais pas si dur que vous au sujet d’Emmanuel Macron.


      Les projets, les soutiens, les ficelles du personnage sont suffisamment évidentes pour qu’il soit difficile de s’y laisser prendre « à l’insu de son plein gré ».

      Qui est trompé par Macron veut l’être.

      Dans ces conditions, peut-on vraiment parler de malhonnêteté ?  smiley

  • riff_r@ff.93 riff_r@ff.93 4 avril 13:18

    On apprend aux petits enfants à respecter les règles du jeu même quand ils perdent et la plupart finissent par comprendre et accepter ce préalable. Moralité, Valls n’a pas la maturité d’un petit garçon de quatre ou cinq ans. Le problème avec ces gens-là c’est qu’ils prennent tous les autres pour des enfants. On a vu ça quand il a promis que lui président il n’y aurait plus de 49-3.


  • JL JL 4 avril 13:26

    De même qu’ils ne sont jamais coupables mais toujours présumés innocents, ces gens ne trahissent pas : ils exercent leur liberté de penser.


     Kolossales nuances !
     
     smiley

  • kalachnikov lermontov 4 avril 16:09

    La plus belle trahison, c’est celle qui a lieu en 2005. Une trahison de masse, un coup de maître.

    Cette trahison s’est passée à deux niveaux : celui transparent de l’élite, des décideurs (sic), qu’on appelle ce ramassis de cyniques et de vendus comme on veut. Et un plus subtil : celui d’un peuple tout entier qui a sombré dans le déshonneur, au point qu’aujourd’hui ce déshonneur est clairement assumé. Par exemple, certains candidats sont prêts à aller discuter avec les forces occupantes, ce que, bien sûr, de Gaulle en pleine montoirite n’aurait pas manqué de faire, il serait allé gentiment serré la paluche avec Hitler, faire valoir son point de vue d’occupé qu’est pas d’accord, etc.

    Je me demande comment le vainqueur va rendre ce haut fait de l’Histoire lorsqu’il va écrire le roman national à destination des futures générations, nos enfants : « en 2005, soulevés d’enthousiasme, les Français, comme un seul homme, plébiscitent la construction européenne. Dès lors, les vannes de la Félicité sont grandes ouvertes, plus jamais il n’y aurait de ces guerres qui ensanglantèrent longtemps le continent. L’Heure de la Grande Prospérité avait sonné, main dans la main le colosse allemand et le nain français regardaient le soleil nouveau se lever à l’horizon ».

    Ps : page de gauche, figure 1, une photo de Kohl et de Mimitte se tenant par la pogne. En cliquant sur un lien hypertexte présent sur la page - c’est que l XXIeme sera mystique ou ne sera pas, "l’hymne à la joie [walkyrie remix]’ retentit, solennel, martial, lourd d’histoire.

     


  • izarn izarn 4 avril 22:17

    Ha l’éloge de la trahison !

    Désolé, mais Valls est l’élu du PS, il est ministre PS, et participe de la primaire du PS....
    Et donne son vote à un candidat qui se dit pas socialiste...Et n’est pas socialiste.

    Trahison ?

    Normalement il devrait etre immédiatement exclu du PS. Ce que Cambadélis ne fait pas.
    Alors ?

    Vous racontez n’importe quoi pour divertir le populo ? Enfin le populo il s’est endormi avant de finir votre chef d’oeuvre d’illisible langue de bois...


    • Decouz 5 avril 09:41

      @izarn
      C’est aussi mon avis, ce genre d’attitude décrédibilise la primaire, les électeurs se sentent floués, sans compter toute l’énergie dépensée pour l’organisation.
      Les conséquences devraient en être pour le futur :
      -soit la suppression des primaires, qui peuvent aussi être manipulées et faussées par des adversaires d’un autre camp qui choisiraient délibérément le candidat le plus gênant ou celui qui a le moins de chances par la suite.
      -soir l’exclusion automatique du parti « latæ sententiæ » comme on dit au Vatican, du fait même, à inscrire dans les règles de la primaire. Qu’il puisse y avoir ensuite des réconciliations, c’est une autre affaire.


  • troletbuse troletbuse 5 avril 00:51

    Trahison par rapport à quoi ?. Le but de tous ces requins est de garder leurs privilèges et le parti sert simplement de marche-pied car sans parti, que feraient ces bons à rien ? Donc ils suivent celui qui leur permettra de continuer leur vie de parasites.


    • Taverne Taverne 5 avril 01:07

      @troletbuse

      « Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire ! »
      (Louis de Funès, La Folie des grandeurs (1971), écrit par Gérard Oury)


    • Sozenz 6 avril 12:12

      @Taverne
      ils ont des talents . autres que les manuels , les intellectuelles etc .. ce sont des « négociateurs »
      il n y a pas de capacités inutiles , il y a juste des capacités qui sont correctement employées ou pas .
      Quand je parle de correctement , c est cette capacité a faire ressortir le meilleur.
       c est aussi de pouvoir mettre le pire de nous meme en sourdine .
      ils sont ce qu ils sont . mais il faut qu’ ils prennent conscience que chaque vie est importante .
      Quand on prend ceci comme base . toutes les réflexions deviennent plus justes et plus saines.


  • Taverne Taverne 5 avril 01:05

    Il n’y a pas eu de trahison lors du débat des onze. J’ai trouvé tous les candidats intéressants.


    • Taverne Taverne 5 avril 01:16

      En fait, si ! Il a été question de trahison : « Moi, je n’ai pas trahi mes idéaux » dit Dupont-Aignan à Fillon, qui répond « moi, non plus » dans un échange assez inaudible.


    • Alexis Toulet Alexis Toulet 5 avril 19:47

      @Taverne

      Trahison ou non d’ailleurs. Chacun a en fait été fidèle... à ce qu’il a de plus cher.

      Dupont-Aignan à son idée d’une France indépendante, Fillon à sa carrière.

  • quid damned quid damned 5 avril 09:52

    @ à l’auteur
    Propos philosophiques intéressants sur la notion de relativité de la trahison. Cependant il n’y a pas lieu de tergiverser sur Valls, c’est un vil et sournois arriviste calculateur politicien. En ce qui concerne ses relatives trahisons ou fidélités, ce doit être un beau foutoir dans sa conscience, s’il en a une.
    Salutations.


Réagir