mercredi 12 avril - par Christophe Bugeau

Quelle situation économique trouvera le prochain Président ?

La France est aujourd’hui dans une situation tendue et le contexte international ne va pas faciliter les choses, les vents vont commencer à devenir contraire : taux d’intérêt, prix du pétrole, commerce international, la situation économique mondiale va avoir à nouveau un effet négatif alors même que nous sommes dans un contexte de faible croissance et de fort chômage.

La France ne va pas bien mais elle bénéficiait ces dernières années d’un contexte favorable : taux d’intérêt faibles, pétrole peu cher, mais il se pourrait que la situation change prochainement. Les taux d’intérêt d’abord, car ils ont une forte influence sur la capacité d’emprunt des entreprises, des particuliers et de l’Etat. Ces deniers ont très faibles et permettent d’emprunter à long terme à des niveaux très intéressants. Mais la situation risque de ne pas durer, la banque centre européenne souhaiterait les maintenir à un tel niveau mais ne le pourra guère : son influence à quand même des limites et les allemands ne sont pas favorables à des nouvelles injections de liquidités dans le circuit.

Résultats : nous pourrions avoir une hausse des taux qui poserait de multiples problèmes à la France : cette dernière a une dette publique qui tourne autour de 2200 milliards d’euros et représente environ 100 % du PIB. Cela pose un problème mineur quand les taux sont faibles, cela risque de se compliquer rapidement en cas de remontée de ces derniers : la différence d’emprunt entre la France et l’Allemagne commence à s’élargir modestement : nous empruntons à 1,04 % sur 10 ans quand l’Allemagne emprunte à 0,37 %. D’autre part, cela risque d’affecter le marché immobilier : une hausse des taux aura pour effet de diminuer la solvabilité des acquéreurs.

La remontée des prix du pétrole risque aussi de poser problème : cette dernière n’en est probablement qu’à ses débuts. Un pétrole à 56 dollars est désormais considéré comme normal, mais pour les pays du golfe qui ont de forte dépenses sociales (Arabie Saoudite), c’est un créve-cœur qui ne peut durer et il faudra que les pays du golfe et la Russie s’entendent pour faire remonter les prix : c’est pour eux une priorité. Et c’est pour nous un vrai problème car notre balance commerciale accusera un déficit encore plus sévère. Il était déjà de 48,1 milliards en 2016, soit quasiment 2,5 % du PIB quand les allemands ont un excédent de 7 %.

Dernier risque : la guerre commerciale qui vient et qui était difficilement évitable : le Président Trump est en train de renier une partie de ses promesses, mais il essaiera probablement de rapatrier aux Etats-Unis une partie de sa production. Le fera-t-il au détriment de la Chine, cela reste à prouver. La volonté de libre-échange de l’Union Européenne est telle que cette dernière peut accepter des restrictions américaines sans répliquer et même si ce n’est pas nous qui sommes les plus exportateur vers les Etats-Unis, nous pourrions être en définitive les dindons de la farce.

On l’aura compris, le futur président (ou la future) va arriver dans un contexte difficile et n’aura guère d’état de grâce. Pour compliquer les choses notre situation interne est fort difficile : 6 millions de chômeurs en réalité, et une croissance qui reste faible : 1,1 % en 2016, or nous ne créons vraiment d’emploi qu’à partir de 1%.

Le dilemme est donc clair : si nous continuons sur la lancée des politiques qui sont menées depuis 30 ans la situation du pays risque fort de se dégrader encore. Les candidats des républicains et du centre droit et du PS : Fillon, Macron, Hamon nous promettent de mourir guéri, mais ils risquent fort de nous amener à une situation explosive. Si nous décidons d’un changement majeur, que ce soit avec Mélanchon ou Le Pen, nous irons vers des conflits d’intérêts importants avec nos voisins allemands. Mais n’est-il pas temps et nécessaire de poser les choses et de faire enfin entendre nos intérêts au lieu de céder systématiquement devant ceux des autres ? 



6 réactions


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 12 avril 18:55

    Surtout une dette colossale qui tient l’état par les couilles ^^
    ...
    ..
    .
    et nous en dessous, ça c’est moins marrant smiley


  • eric 13 avril 09:12

    6 millions de chômeurs en réalité,

    Et encore, comme c’est nous qui avons le plus d’agents publics et qu’on rapporte en général le nombre à la population active pour déterminer le taux, au lieu de le rapporter à la population à risque, on a une vision presque idyllique.

    En effet, même dans le privé, il y a des gens un peu à l’abri. Le nombre de chômeurs par rapport à ceux qui risquent vraiment fortement de l’être est difficile à calculer, bien sur, mais doit nous placer très très loin devant tous les autres pays d’Europe.

    Ce n’est pas un hasard si nombre de jeunes français peu diplômé en étaient réduit, jusqu’au brexit, à chercher en grande Bretagne, les petits boulot qu’on leur interdit en France par idéologie.

    C’est pourquoi il faut choisir Filon ; Un peu d’austérité pour ceux qui peuvent, peut être, mais au nom de ceux qui ne peuvent pas dut out. D’autres pays ont vraiment éradiqué le chômage avec les méthodes qu’il préconise. Nous n’avons pas le droit de poursuivre dans la préférence socialiste pour le chômage et l’emploi public clientéliste.

    Voter Fillon , c ’est faire enfin, le choix de plus de justice sociale.


  • MagicBuster 13 avril 09:58

    On nous saoule avec l’Europe — on a voté NON — et le résultat c’est l’Afrique ?!

    Si les migrants étaient cannibales — nos corrompus légaliseraient le cannibalisme.


  • Buzzcocks 13 avril 11:24

    Ca fait plus de 40 ans que je suis dans ce putain de pays, et 40 ans que j’entends qu’on est mort, que c’est la crise, que rien ne va plus. Déjà à l’école dans les années 70/80, j’avais des profs qui claironnaient que plus tard, on serait tous chômeurs.

    Baverez écrit un bouquin par an, depuis 20 ans, sur la France qui tombe... Bon, il aura forcement un jour raison, mais en attendant, être déclinologue lui permet de vendre le même livre tous les ans.


    • Sozenz 13 avril 15:07

      @Buzzcocks
      Déjà à l’école dans les années 70/80, j’avais des profs qui claironnaient que plus tard, on serait tous chômeurs.

      ils ne pouvaient pas avoir complétement raison, mais on a bien avancé ...
      il va falloir un peu plus perfectionner la robotisation pour passer à l’échelle au dessus.
      Mais avec un peu d effort ; on va y arriver .


  • egos 13 avril 23:04

    Un avant goût des discussions à venir :



    Autant dire que même si la France proposait de mutualiser sa force de frappe nucléaire, son siège permanent à l’ONU ou son domaine maritime en contre partie d’une mutualisation des dettes souveraines voire de l’adoption d’une devise commune, 
    elle se heurterait à mur.

    Ce qui signifie, à terme, la disparition de l’€,
     précédant de peu celle de l’UE telle que nous la connaissons.

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