Avec sa progression, voilà que les ralliements à Bayrou s'accélèrent. Pas seulement les ralliements, il y a aussi des appels du pied et pourtant nous sommes encore loin du but, et Bayrou non assuré d'être au second tour. Ce qui m'amuse dans cette histoire qui s'accélère, peut-être ne sera-ce qu'un feu de paille, mais pour l'instant c'est plus vers un épaississement que l'on va que vers une peau de chagrin pour faire plaisir aux littéraires du pouvoir, ce qui m'amuse donc ce sont ces commentateurs un peu haineux qui sont de ce genre de mauvais joueurs et tricheurs qui vous proposent ce jeu de la pièce que l'on jette en l'air avec cette règle bien à eux : pile tu perds et face je gagne. En effet Bayrou, pour eux, ne peut que se trouver, toujours et quelle que soit celle-ci, dans la pire des situations : soit il est seul (pile tu perds) soit si on le rejoint, ce sont des tocards et pour de mauvaises raisons (face je gagne).
En fait il y a deux vagues d'élus qui se sont éloignés de Bayrou après mai 2007. La première les soupards qui sont allés se faire élire avec l'UMP. Ensuite il y a eu un petit chapelet d'élus, réellement peu nombreux mais dont la presse en a fait comme la confiture : moins on en a plus on l'étale. Des noms ? Cavada, Boulanges, Arthuis, Lepage, Mercier et quelques blogueurs sans rayonnement qui croyaient qu'ils avaient un avenir, le premier d'entre eux au sein du MoDem et pour qui ce parti tout neuf étaient un beau piédestal. Du reste tous ces aboyeurs reviennent dans le bercail, cependant ils intéressent bien moins, bien moins que quand ils tapaient sur Bayrou, maintenant qu'ils le soutiennent ce n'est plus intéressant. Mais qui d'autres ? Pas beaucoup. En contre partie cette presse ne s'est pas étalée quand un nombre plus important d'autres ont rejoint Bayrou et le MoDEm, ou comme récemment seulement Bayrou. Des noms, entre autres ?
Sylvie Goulard, ancienne Présidente du Mouvement Européen-France de 2006 à 2010 et actuellement membre du bureau. Le Mouvement Européen-France est la plus ancienne association de défense de l'idéal européen, pluraliste.
Fadila Mehal, présidente fondatrice des “Marianne de la diversité”, elle a été membre de plusieurs cabinets ministériels dans les domaines de l’intégration et de l’égalité des chances. Elle est directrice régionale du Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations de 1996 à 2004. Elle a également siégé au sein du Conseil économique, social et environnemental.
Rober Rochefort, Député européen. Considéré comme l'un des meilleurs spécialistes des pratiques de consommation des Français, il siège depuis 2009 dans la commission du Marché Intérieur et de la protection du consommateur. Il a dirigé le Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC) de 1995 à 2009. Il est vice-président du Mouvement Démocrate.
Véronique Fayet qui futco-présidente du Conseil National des Villes de 2002 à 2006.
Jean-Luc Bennhamias, fut secrétaire national des verts
Yann Wehrling, fut secrétaire national des verts
Jean Peyrelevade, situé dans la mouvance du PS.
Tous ceux-ci qui avaient rejoint Bayrou l'avaient fait il y a quelque temps déjà. Ils étaient plus nombreux que les petites fuites - après la vague des députés - distillées ici et là et sans cesse rallongées par la presse et remises sur la table. En revanche ces arrivées n'étaient jamais célébrées, jamais rappelées. Bayrou était seul, ceci était le mot d'ordre tant de ceux du pouvoir que de la presse. Il fallait que ce soit ainsi alors on le répétait à l'envi. Peut importe qu'il y ait des milliers d'élus, peu importe qu'il y ait des dizaines de milliers d'adhérents, peu importe qu'il y ait des millions de personnes qui votent pour le MoDem car même à 7 % dans certaines élections cela fait du monde. Le mot à la bouche de tout bon journaliste paresseux qui se respecte était Bayrou est seul. Et ceci au grand mépris, non de Bayrou mais de tous ces élus, de tous ces militants et sympathisants, de tous ces votants à qui on disait : vous êtes de la merde, vous n'existaient pas, vous ne représentaient rien. Dégagez. Rien o voir.
Alors maintenant que des ralliements s'opèrent, il y a un autre mot à la bouche ou d'autres expressions, puisque le terme de solitude ne peut plus être vu que comme une grande rigolade et de la plus pure mauvaise foi, c'est que ces ralliements vont à la soupe soit ce sont des tocards.
La première expression m'amuse car l'aveuglement de ceux qui font du Bayrou bashing est tel que dire que ceux-ci vont à la soupe implique obligatoirement que Bayrou l'emportera, sinon ils ne vont pas à la soupe. Ils instillent donc, sans s'en rendre copte, dans l'esprit des Français la future victoire de Bayrou.
La seconde expression qui est de dire que ce ne sont que des tocards, du poison qui va couler un peu plus Bayrou, qui ne cesse de monter dans les sondages, est évidemment pour dire qu'il n'y a que les navets ou ceux qui n'ont pas eu de place qui rejoignent le leader du MoDem. Peut-être certains sont-ils des tocards. Peut-être est-ce par vengeance ou par dépit. Mais comme le dit Bayrou en politique il y a deux sortes d'hommes politiques. Ceux qui le font pour faire carrière, et sans doute une majorité d'entre eux - et ceux qui le font par conviction, une minorité, que l'on ne peut négliger ou railler. Il y a des vases communicants entre les deux. Des seconds qui se sont engagés par conviction, deviennent ensuite de jeunes loups pour terminer en vieux requins. Mais il y en a, parmi les militants et certains élus, qui restent droit dans leur bottes et qui poursuivent leur combat auquel ils croient. Ceux-là, on les voit quand la majorité va à la soupe et quand eux restent un peu plus isolés, mais fiers et en conscience fidèles à leurs idées. Ce sont ceux-là qui sont d'abord raillés, par ceux qui les ont trahis, par des observateurs bien intentionnés qui vievent dans le monde de requins et qui y sont à l'aise, les journalistes, les adversaires politiques aussi se moquent. Cependant quand la durée a montré leur force de caractère et leur intransigeance à leurs idées, les retournements s'effectuent. La population d'abord, les élus et la presse ensuite. Les premiers par constat et les autres par obligation et, certains, par intérêt aussi.
Alors ce qui est intéressant dans ces ralliements dont il faut dire un mot, si bien sûr c'est qui ils sont, mais surtout ce qu'ils disent. Il y a quand même quelques pointures dans ces ralliements. Par exemple Bernard Bosson, ancien ministre et personnalité importante de l'ancienne UDF. Anne-Marie Idrac, ancienne ministre mais aussi ancienne dirigeante de la RATP e de la SCNF, de très grandes entreprises. Philippe Folliot député du Nouveau Centre. Du reste on apprend que Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général du Nouveau Centre est en discussion avec Bayrou. Yves Pozzo di Borgo, sénateur du Nouveau Centre a aussi rejoint Bayrou.Jean Jacques Lasserre, sénateur et président de conseil général. Dominique Versini, a été jusqu'en 2011 défenseur(e) des enfants, un poste dont la fonction est essentielle, ancienne ministre, co-fondateur du Samu Social. Jean Arthuis dont on a parlé pendant des heures et des heures quand il a quitté Bayrou pour à peine en parler quand il le rejoint. Daniel Garrigue, ancien porte parole de Villepin qui a aussi rejoint Bayrou et son équipe. Mais ce n'est pas le seul du côté des villepinistes (Marianne2) : Dans le sillage de Xavier Jaglin, une quinzaine de cadres locaux élaborent depuis fin décembre une stratégie de « transition gaulliste », selon leur expression. Objectif ? « Constituer un régiment gaulliste de hussards » prêts à tout pour tenter de rallier à la cause bayrouiste les électeurs tiraillés entre le centre et l’UMP. « Nous sommes dans une logique de rassemblement des gens en déshérence qui ont envie de donner une chance à la France, explique l’un de ces cavaliers pour l’instant encore masqué. François Bayrou a un vrai rapport aux Français, il sillonne le pays depuis des années. » A la différence de Dominique de Villepin ? « Il a passé l'été en Libye alors que les gens l'attendaient dans leurs cantons », ironise un ancien cadre de RS.
Enfin deux autres personnes, parmi tant d'autres, Arnaud Dassier, ancien responsable Web de Sarkozy pour la campagne de 2007 et Philippe Douste Blazy, ancien président du groupe parlementaire UDF, co-fondateur de l'UMP. J'ai cité ces deux-là en dernier surtout par ce que cela veut dire.
Pour Dassier c'est par sa déclaration. Pour lui, évidemment, on va parler de déçu car il n'a pas eu sa place comme candidat aux futures législatives. C'est une raison, pas la meilleure. Son discours n'est-il peut-être que de circonstance. En attendant il a dit que c'est lors de l'émission de Bayrou sur France 2, des paroles et des actes qu'il a entendu un discours cohérent et rassembleur qui l'a convaincu. Il pense que la situation économique et la crise telles qu'il faut cesser les combats de clan contre clan et que le seul qui puisse rassembler et apaiser c'est Bayrou. Marianne2 : « Bayrou c’est la meilleure solution pour atteindre un bon nombre d’objectifs politiques indispensables pour entamer le redressement du pays. »
Pour Douste Balzy c'est, à mon sens, beaucoup plus important tant politiquement que philosophiquement. C'est important pour diverses raisons. Tout d'abord c'est Douste Balzy qui a dirigé la première migration de l'UDF vers l'UMP en 2002. Il fut le leader de ce mouvement de volatiles vers un ciel plus soi disant bleu, l'UMP. Il a été président du groupe parlementaire UDF, vice président de l'UDF. Il a été un membre politique éminent de cette mouvance. Et que dit-il ? Il dit que Bayrou avait raison en 2002. Et c'est là l'important. Non seulement cela est car il reconnaît que Bayrou avait raison, et pas seulement pour la dette, mais aussi pour son positionnement politique, mais cela l'est car alors tous les arguments des adversaires de Bayrou disant qu'il avait coulé l'UDF tombent et se délitent comme du sel dans l'eau. C'est fini. Bayrou n'a pas coulé l'UDF, mais bien ceux qui sont partis se fondre dans l'UMP. Et qui le dit ? Celui qui en a donné l'impulsion. Le Monde : J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement qui se construirait sur la base de nos idées et de nos valeurs. Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison. Pour ce rallié, on ne peut pas dire que c'est pour aller à la soupe. C'est parce qu'il l'a constaté. Son poids politique n'est peut-être plus que moins que zéro, - quoi que son poste actuel à l'ONU peut avoir un écho (secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des financements innovants pour les pays en développement et président d'Unitaid) - mais le simple fait que sa démarche est une preuve que Bayrou avait raison est une avancée immense. Et ce constat pour 2002, ce constat politique, est en train d'être fait par des députés du Nouveau Centre. C'est Bayrou qui avait aussi raison politiquement en 2007. Ceci veut donc dire que ces ralliements, s'ils sont de peu de poids électoralement dans l'immédiat, sont d'un poids considérable par les raisons invoquées et consolident avec puissance les positions antérieures de Bayrou et crédibilisent sa démarche de façon, sans doute peu voyante, mais bien plus profonde.
On oublie aussi un peu vite les appels du pied d'Eva Joly récemment mais surtout dans d'autres déclarations antérieures où elle trouvait la démarche de Bayrou intéressante. Comme on ne veut pas tenir compte des autres Wehrling et Bennhamias, pas plus que des Goulard, Rochefort, Versini, Mehal qui sont soit anciennement des Verts, soit dans le social (défenseur(e) des enfants, samu social, soit dans la société civile (Credoc, Mariannes de France) car ce serait équilibrer la vue de Bayrou. Les journalistes préfèrent le positionner bien à droite, mais les sondages disent le contraire. Et ensuite Hollande étant pour l'instant positionné en tête, il est évident que cette lumière-là, comme pour les papillons de nuit attire de façon irrésistible et empêche ceux qui voudraient, à gauche, suivre le mouvement, d'y aller… pour l'instant.
Tiens pour terminer, pour mes amis les Bayrou Haters ce tout dernier sondage (aujourd'hui dans Libé), qui a sa petite importance (Le Figaro) : François Hollande est largement en tête des souhaits de victoire à la présidentielle avec 41%, mais accuse une baisse de 5 points, devant Nicolas Sarkozy à 31% (+2) et François Bayrou qui avec 26% est en hausse de 6 points, selon un sondage Viavoice pour Libération à paraître demain.
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