vendredi 7 septembre 2012 - par Verdi

Retraite à 60 ans pour tous, la tromperie de Hollande

Sans illusions, beaucoup de Français ont voté Hollande pour se débarrasser de Sarkozy. Malgré le reniement du candidat socialiste sur le droit au départ à la retraite à 60 ans, nombre d'entre eux espéraient néanmoins du président, une fois élu, le rétablissement pour tous, de ce droit fondamental, emblématique d'une gouvernance humaine et sociale. La déception est à la mesure de l'espoir que les gens entretenaient !

Presque sans surprise, J.M. Ayrault, le Premier ministre, s'est satisfait d'une disposition d'affichage, à travers un décret sans contenu concret pour des millions de Français, sauf pour une centaine de milliers d'entre eux, qui parviendront « à prouver » le nombre de trimestres « cotisés » désormais exigés pour prétendre toucher sa pension de base.

Bien évidemment, c'est très décevant pour les autres ! Ceux qui sont dans des situations limites très proches des nouvelles règles. La déception est de toute façon à la mesure de l'espoir que pouvaient entretenir, notamment ceux, de plus en plus nombreux, ne pouvant réunir, du fait de carrières hachées par des périodes sans emploi, ou de sous emploi, les fameux trimestres cotisés, quel que soit l'âge de leur début de carrière.

Ainsi, aujourd'hui, beaucoup sont ceux qui ont commencé à travailler dès 16, 17 ou 18 ans et qui, malheureusement ne peuvent faire valoir leur parcours ou carrière pour partir à la retraite au moins à 60 ans.

Une fois encore les plus défavorisés sont pénalisés... Mais cette fois, non par un président d'extrême-droite fascisant, mais par un président censé défendre et pérenniser le progrès social.

Hollande fait du Sarkozy sans s'en rendre compte

Hollande et les socialistes commettent là une erreur politique qu'ils paieront à l'occasion des futures échéances électorales. Le sens de l'histoire des peuples n'est pas la poursuite des règles ultra-libérales reagano-thatchéro-sarkoziennes, consacrant la loi de la jungle économique destructrice de vies humaines à grande échelle, mais la reprise en main par les peuples de leur autorité sur leur destin et leur mode de vie. Une évolution inéluctable ! Le mouvement planétaire des « indignés » en est la manifestation annonciatrice.

Olivier Besancenot, ancien chef de file du NDA, qui vient de publier « On a gagné... et puis après » ne s'y trompe pas, en appelant à une mobilisation sociale contre la politique libérale de Hollande. Pour sa part, Mélenchon, patron du Front de Gauche, est sur la même ligne d'opposition ferme, en particulier à propos du Traité Européen, dont il dénonce le carcan qui étouffera les peuples.

Bref, lucides sur la dangerosité de Sarkozy, les Français s'en sont débarrassés avec soulagement. Beaucoup attendent d'ailleurs que celui-ci réponde de ses méfaits devant la justice. Reste que, pour le peuple de gauche, celui qu'ils ont placé à l'Elysée doit se comporter en homme de gauche. La lassitude est perceptible. Hollande ne doit pas s'attendre à la paix sociale si celle-ci n'est pas méritée.

Rétablir un DROIT, celui de partir à 60 ans, foulé aux pieds par la droite fascisante sarkozienne, n'a ou n'aurait rien d'infamant, au contraire, Monsieur le Président !

Ils ont affirmé qu’ils rétabliraient le droit au départ à 60 ans

François Hollande (aujourd’hui président de la République), débat télévisé, sur France 2,le 12-10-2011 : « La première décision que je prendrai sur cette question des retraites, c’est de permettre à ceux qui ont cotisé 41 années et qui ont 60 ans de partir […] Ça veut dire qu’on rétablira l’âge légal. Les salariés qui n’ont pas cumulé 41 annuités (pourront partir en retraite à 60 ans) mais ils auront une décote. »

Marisol Touraine (aujourd’hui ministre), dans Libération, le 14-10-2011 : « On redonnera la liberté à tout le monde de partir à 60 ans, avec une décote pour ceux qui n’ont pas toutes leurs annuités. » 

Benoit Hamon (aujourd’hui ministre), sur RTL, le 14-06-2010 : « Nous prenons l’engagement aujourd’hui de rétablir l’âge légal de départ à la retraite. […] La majorité des Français a besoin aujourd’hui de pouvoir se dire qu’elle peut partir à 60 ans, et c’est justice sociale. » 

L’un des seuls à s’y opposer n’est autre que le sarkozyste Valls, aujourd’hui ministre de l’Intérieur, qui a déclaré le 05-10-2011, au cours du 3ème débat PS : « Il faut dire sans ambigüité que nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle a été instaurée. »

Verdi

Jeudi 6 septembre 2012


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