mercredi 22 février - par Amaury Watremez

Un article bien saignant sur la viande « halal »

Depuis que Marine le Pen a lancé la polémique, ils sont nombreux parmi les commentateurs à avoir affirmé un peu partout que ce n'est pas si grave, et qu'ils se fichent de manger de la viande « halal » ou « cascher » (selon les rites de la cacherout) ou pas, que cela n'a aucune importance contre la laïcité, que ce n'est pas une atteinte contre la laïcité, ce qui corrobore l'idée qu'elle est finalement applicable de différentes manières selon les religions finalement.

Alors certes oui, il y a plus grave en ce moment, ainsi la situation économique, mais ces attaques contre la tradition laïque de la France et cette montée en puissance des communautarismes sont inquiétants.

Cet irrespect total de la laïcité va dans le sens du libéralisme, produire de la viande « halal » en grande quantité sans le dire au consommateur permet de baisser les coûts et de vendre plus. On note dans la plupart des grandes enseignes commerciales françaises on trouve des rayons « confessionnels ».

C'est une affaire juteuse si j'ose dire, puisque les viandes « confessionnelles » ne seront jamais saignantes.

Je ne parle pas de ces villes ou ceux qui ne sont ni musulmans, ni juifs, sont obligés de manger selon des rites qui ne sont pas les leurs dans les enseignes de restauration rapide, ce qui implique donc le paiement d'une taxe religieuse.

 Ils oublient une première chose, je doute pour cette raison que ce soit des bons vivants, la viande abattue selon ces rites n'est tout simplement pas bonne et sans goût, ce qui fait le goût de la viande c'est qu'elle soit « persillée » et qu'elle ne soit pas vidée de son sang.

 Ils en oublient une seconde, qui est encore plus importante vis à vis de la laïcité qui est que produire de la viande « halal » ou « casher » signifie verser une dîme aux autorités religieuses qui vérifient, parfois pour de rire, que la viande est préparée comme il convient.

 La certification halal est donc surtout une taxe religieuse, prélevée dès l'abattage, de 10 à 15 centimes d'euros le kilogramme de viande.

 En France, la mosquée de Paris, celle d'Évry et celle de Lyon sont les organismes habilités à délivrer les habilitations.

 C'est donc bien un impôt religieux réclamé sans lui demander son avis au consommateur qu'il soit musulman ou pas (liste des organismes de contrôle « halal » au niveau européen).

 La certification casher (signalée par un « K » ou un « U » entouré) se fait à l'échelle européenne, elle rapporte les mêmes sommes que la certification halal (voir ici ce qu'elle rapporte). C'est une affaire fructueuse. En Amérique du Nord, 70 % environ des ingrédients utilisés par les transformateurs nord-américains sont conformes aux règles casher, et l'on estime qu'entre 40 % et 50 % des aliments transformés sont conformes aux exigences de certification casher, sans que l'on demande là encore son avis au consommateur qu'il soit juif ou non.

 Ces deux certifications ne concernent pas seulement l'interdiction traditionnelle du porc, elles concernent aussi quasiment tous les autres produits, jusqu'aux glaces vendues dans le commerce voire les bonbons, les fruits de mer.

 Cela va jusqu'à l'interdiction de la sauce au chocolat sur les « sundae » dans les « Mac Do » car celle-ci étant préparé avec de la gélatine de porc.

 L'interdiction du porc, c'est assez facile à deviner, est une mesure essentiellement hygiénique concernant les pays orientaux soumis à un climat chaud, la viande de porc se conservant très mal au soleil. Et vider l'animal de son sang permet de le garder plus longtemps.

 Ces deux prescriptions « divines » sont donc essentiellement d'origine bien humaines et de bon sens.

 Dans les rites « cacherout » d'autres viandes sont interdites comme le lapin, et la plupart des fruits de mer, et il est inconcevable pour un juif respectant ces rites donc de déguster une excellente entrecôte bien saignante avec une sauce au roquefort, sans parler de l'alcool.

 Et je ne parle pas de tous les rites concernant les couverts qui doivent être nettoyés de manière bien spécifique.

 En Islam, on interdit principalement le porc et l'alcool, au départ surtout pour des raisons de sécurité publique : les premiers musulmans utilisaient du vin pour leurs ablutions juste après l'Hégire, mais vu quelques débordements que cela avait entrainé, il a été proscrit.

 Bien sûr certains me rétorqueront que les chrétiens mangent du poisson le vendredi et que dans la plupart des cantines de France, il y a du poisson au menu le vendredi. Je précise qu'il n'y a pas d'interdits alimentaires dans la religion chrétienne, ou d'interdiction de l'alcool même si des premiers chrétiens mangeaient en appliquant la cacherout.


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