jeudi 4 février 2016 - par Michel DROUET

4 millions de plus pour les agriculteurs

C’est le montant des dégâts causés par les agriculteurs en Bretagne lors des récentes manifestations. Il a été communiqué par le Préfet de Région : réfection de chaussées, remise en place de glissières de sécurité, enlèvement des ordures déversées. C’est ce montant que le contribuable est prié de payer.

Cette somme vient s’ajouter aux dizaines de millions débloqués pour maintenir en vie un système de production animale et laitier et céréalière moribond.

Ne soyons pas naïfs : cette information vient à point alors que les agriculteurs et éleveurs s’apprêtent à « donner l’assaut » à des équipements de la grande distribution et est destinée à jeter l’opprobre sur une corporation habituée à tous les débordements pour faire entendre sa voix.

Une corporation turbulente pour ne pas dire violente

Cela fait des décennies que les syndicats agricoles nous ont habitués à un scénario bien rodé. A chaque crise de surproduction, ou de manque de débouché de leurs produits, on entend le même mot d’ordre : « l’Etat - c’est-à-dire le contribuable - doit nous aider ». C’est plus facile que de se poser la question de la structuration de la profession ou bien celle du rôle des industriels de la transformation et de la distribution, ou des attentes des consommateurs.

Et pour bien « motiver » les politiques, on casse, on jette les déchets des exploitations sur les routes ou devant les préfectures quand on ne met pas le feu aux centres des impôts. Pour ceux qui se sont souvent présentés comme incontournables pour l’entretien des paysages, cela fait un peu désordre.

Ajoutons à ce tableau un syndicalisme très politisé à droite à l’origine mais qui voit peu à peu ses troupes s’éloigner et rejoindre progressivement l’extrême droite et qui se contente de compter les points.

Produire

C’est le leitmotiv de la profession, même si cela implique l’utilisation d’antibiotiques pour que les élevages concentrationnaires évitent les épidémies qui conduisent aux abattages massifs de bêtes, et même si cela se traduit par la destruction des sols gavés d’engrais et de pesticides et même si cela conduit à la pollution de nos rivières par les nitrates. Rappelons à ce sujet que la France est le premier consommateur en Europe de pesticides qui font la fortune des actionnaires de multinationales chimistes qui invitent complaisamment nos parlementaires à débattre autour d’un bon repas (bio, sans doute).

On ne parle plus de ferme, mais d’exploitation, c’est tout dire ! Les exploitants ont l’œil rivé sur le compte d’exploitation, sur les cours des « produits ». Ils sont prisonniers d’un système économique qu’on leur a présenté comme libéral et qui n’est rien d’autre que de la dépendance vis à vis des banques.

Vendre

Une fois produites ces viandes bodybuildées, ces céréales dont le rendement est tributaire des pesticides, il faut les vendre et « équilibrer les comptes et se sortir un revenu » et là, notre « agriculture », première exportatrice il y a quelques années, se trouve confrontée à la concurrence internationale, au blocus décidé à l’encontre de la Russie, à la crise économique en France, aux habitudes de consommation qui se modifient et à la rapacité de la grande distribution.

Achetez Français, nous disent-ils, en oubliant parfois qu’eux-mêmes privilégient pour leurs investissements des produits fabriqués à l’étranger.

Une équation difficile à résoudre

Lorsqu’une entreprise ne vend plus ses produits parce que ceux qu’elle propose sont obsolescents ou ne sont plus conformes aux normes de sécurité, elle est condamnée à fermer ses portes avec la cohorte de licenciements et de drames individuels que cela provoque, à moins qu’elle ne s’adapte…

Une partie de la profession agricole fait aujourd’hui le pari d’une agriculture propre et des circuits courts et cela s’avère souvent gagnant. Cela passe par l’éducation du consommateur qui commence par celle des enfants dans les cantines scolaires et donc par un investissement politique des élus locaux. Cela passe également par une responsabilisation de la grande distribution, et là tout reste à faire. Enfin, la transformation, grande utilisatrice de viande importée par camions polluants entiers, d’Allemagne ou du Danemark, devra se poser également la question de savoir ce qu’elle produit et des marges qu’elle génère et là aussi la marche est haute.

Comme d’habitude, l’espoir viendra sans doute des consommateurs eux-mêmes et cela prendra du temps.

En conclusion, la profession agricole et ses syndicats doivent se poser les bonnes questions quitte à devoir abandonner le modèle actuel, polluant, ruineux et destructeur pour ceux qui vivent au quotidien les affres du « marché » de l’agriculture.

Les consommateurs seront sans doute très intéressés par des propositions qui pourraient être faites par des agriculteurs éclairés. Ils ne comprendraient pas par contre de devoir payer les réparations des exactions commises lors des manifestations et la quasi impunité de leurs auteurs contrairement aux syndicalistes ouvriers récemment condamnés à de la prison ferme.



40 réactions


  • alain_àààé 4 février 2016 15:59

    mais qu ils changent de syndicats car le responsable de se syndicat est responsable d usines agroalimentaire et multimiladaire qui dirige le credit agricole qui va reclamer au 1e ministre des sous mais ce syndicaliste refuse de payer plus chere le prix du porc


    • aimable 4 février 2016 16:35

      @alain_àààé
      s’ils ne partageaient pas les mêmes idées que les représentants de ce syndicat , ils seraient a la confédération paysanne
      en temps qu’ éleveurs , ils prennent l’ état , c’est a dire , les contribuables pour une vache a lait qu’ils peuvent traire comme bon leur semble
      pour le matériel , leur achats , pour la plupart , sont déraison parce que se sont des kékés


    • Le421... Résistant Le421 4 février 2016 20:02

      @alain_àààé
      A noter qu’ile part pas en week-end avec Mélenchon ce type là. Avec Sarkozy, pas de problème !!

      Alors continuons.

      Et surtout, quand on est responsable de son malheur, on devrait fermer sa gueu.. !!


  • zygzornifle zygzornifle 4 février 2016 16:08

    Quand on voit la taille des mains du ministre Le Foll on se demande bien a quoi elles lui servent lui qui n’a jamais travaillé de sa vie .... ha oui a palper les enveloppes .....


  • troletbuse troletbuse 4 février 2016 16:44

    Ne dites pas agriculteurs, ca n’existe plus. Il ne reste que des conducteurs d’engins qui seraient bien incapables de se servir d’un outil à main car trop fatigant ? En plus, ils ne connaissent rien du tout à l’agriculture ou à l’élevage. Ils écoutent ce qu’on leur souffle et achètent les graines où on leur dit, les pesticides chez Monsanto. On se demande même si ils savent ce qu’ils sèment. Ils touchent les primes PAC payés par tous mes impôts payés par les Français et donnés à l’europe qui en garde une bonne partie(au moins 20%). Ils emmerdent le monde sur les routes, pôlluent, salissent. Ce sont des assistés qui gémissent constamment. Mardi, ils bloquaient les routes en faisant des feux avec des pneus -bonjour la pollution-, des tonnes de lisier en ville mais je n’ai vu à aucun moment un membre des forces de l’ordre.


  • jacques 4 février 2016 18:39

    C’est au delà du scandale ce truc, des syndicalistes « autres » vont en prison ou certains manifestant comme à Sievens sont carrèment « tués » et là , no problemo. J’ai assisté au saccage d’un magasin Aldi par ces soudards, ils ne savent même pas ce qu’ils font et ne sont pas poursuivis comme il le faudrait, une honte.


    • Pere Plexe Pere Plexe 4 février 2016 19:43

      @jacques
      Depuis des décennies la répression syndicale ne s’exerce que contre les employés !

      Les taxis agriculteurs marins et autres patrons routiers jouissent d’une impunité quasi totale.

  • Pere Plexe Pere Plexe 4 février 2016 19:37

    C’est incroyable comme la compétitivité, la rentabilité ou le libre marché,les piliers de notre monde libérale encensé par la FNSEA deviennent des gros mots des qu’ils s’appliquent aux agriculteurs...

    Curieux non ? 

    • Pere Plexe Pere Plexe 4 février 2016 19:50

      ...leurs soutiens politique largement libéraux eux aussi feignent avec une facilité déconcertante de ne pas y voir de contradictions.

      La concurrence, la mondialisation c’est bon.
      Mais surtout pour les autres.

    • Le421... Résistant Le421 4 février 2016 20:00

      @Pere Plexe
      Politique de droite par définition.
      Et le jour où les paysans voteront à gauche, ils se feront mordre au mollet par les poules dans la cour... C’est tout. Ramasser les fruits de sa bêtise et voir qu’ils sont pourris !!


  • Le421... Résistant Le421 4 février 2016 19:58

    Problème numéro un de l’agriculture industrielle. Elle produit de la merde à bas coût dont les gens normaux se méfient comme de la peste, tout en salopant joyeusement la nature environnante.
    Problème numéro deux. Pour bien s’enfermer dans le système productiviste et crever les petits copains qui refusent de produire à tout va, ils créent des organismes genre Cooperl qui devaient leur garantir des prix... les plus bas possible !! Piège à cons !!
    Problème numéro trois. Gueuler sur un gouvernement pour des raisons politiques sur des garanties de prix alors que ceux-ci sont libres et ne peuvent donc être fixés par décret relève de la bêtise crasse.
    Problème numéro quatre. Comme dans la production industrielle française, il faut savoir s’adapter à la demande. Depuis des lustres, nous dénonçons, à gauche, la politique stupide de l’offre prônée par tous les gouvernements de droite qui se succèdent dans ce pays, y compris bien sûr le Parti Socialiste qui s’est inscrit depuis le début dans cette fuite en avant stérile.
    Problème numéro cinq. Le petzouille de base pense depuis des lustres qu’il est une personne importante et à considérer, chef d’entreprise influente et possesseur du bien terre qui est la source de toute richesse. Voter pour des gauchistes spoliateurs prêts à lui voler son pécule, plutôt la mort !! Quelques exceptions commencent à montrer qu’en travaillant de façon raisonnée et surtout raisonnable, sans tout dégueulasser et en proposant des bons produits à des gens informés, on peut gagner sa vie, et en plus, sans trop se faire chier. Marrants, ces gens sont plutôt Confédération Paysanne !!
    Figurez-vous qu’aux States, ils viennent de découvrir qu’en faisant brouter les vaches dans les prés, elles sont moins malades et nécessitent moins de dépenses...
    Le progrès quoi !!
    Maintenant, si les bretons attendent que des gens comme moi achètent leur merdouille de cochon industriel, ils vont continuer à dépérir les pauvres...
    En attendant, les pinpins comme moi, on va cotiser pour payer la casse.
    Et personne en taule. Pas de CGT chez les paysans. C’est la FNSEA, pas touche !!


    • Michel DROUET Michel DROUET 4 février 2016 20:28

      @Le421
      Petit complément au problème numéro 3 : ça fait près de 40 ans que j’observe ce manège et qu’à chaque fois, le gouvernement quelle que soit sa couleur, donne ce que demande la FNSEA.


    • Jean Pierre 4 février 2016 22:48

      @Michel DROUET

      Les industriels et les notables de l’agriculture (comme Beulin justement) ont le plus grand besoin d’une armée de petits paysans au bord de la faillite ou du suicide. Quand les prix des produits sont bas, ces derniers descendent tout casser et obtiennent des aides proportionnelle à la taille des exploitations. Le désespoir des petits, c’est tout benef pour les gros. 
      Quand les petits n’obtiennent rien ou pas assez, ils mettent la clef sous la porte et les notables de l’agriculture (dans chaque département c’est une petite poignée de famille, toujours les mêmes) qui siègent au Crédit Agricole, aux Chambres d’agriculture, aux Safer, sont aux premières loges pour récupérer les terres des expulsés au meilleur prix. Qui peux mettre sur la table, rapidement et avec la caution de la banque, assez d’argent, sinon les gros ?
      Avec les terres des mis en faillite et des suicidés, les gros peuvent ensuite monter des fermes de 1000 vaches (par exemple. Ce genre de projet dément est soutenu par la mafia FNSEA). La taille des exploitations et l’intensification permet ensuite de produire du lait, de la viande, du blé à moins cher. Et hop, la concurrence jouant à plein,on remet des petits au bord de la faillite pour l’étape suivante. 
      Ce qui est hallucinant dans cette arnaque, c’est de voir la majorité des agriculteurs continuer à faire confiance à un syndicat dominant dont le véritable bilan est la disparition de milliers d’exploitations et 500 suicides par an. Il y a là dedans quelque chose qui m’échappe.

    • aimable 5 février 2016 07:31

      @Michel DROUET
      dans les années 50, quand la M S A a été obligatoire, il y a eu une « jacquerie », retraite et soins d’accord mais payer des cotisations , un crime de lèse majesté,


    • Michel DROUET Michel DROUET 5 février 2016 07:53

      @aimable
      Oui c’est ce qu’on appelle l’égoïsme ou bien le sentiment que tout est dû en raison d’un particularisme auto proclamé


    • Michel DROUET Michel DROUET 5 février 2016 08:37

      @Jean Pierre
      Un peu comme le troupeau de moutons qui se jette du haut de la falaise parce que le premier a pris le mauvais chemin et que le berger n’a pas fait son boulot.


    • Le421... Résistant Le421 5 février 2016 13:51

      @Michel DROUET
      Comme pour le Medef.
      Des décennies qu’ils demandent des aides, des décennies qu’ils les touchent (avec un record sous Hollande !!) et des décennies qu’il ne font rien pour l’emploi.


    • aimable 5 février 2016 16:21

      @Le421
      pour les aides , la Suisse est un grand pays d’accueil


  • files_walQer files_walQer 4 février 2016 20:58

    Les mesures de rétorsions prises à l’encontre de la Russie, n’ont aucune justification. La responsabilité russe de cette guerre ne résiste pas à l’analyse.


    Soutien total à nos agriculteurs, victimes de la politique étrangère de ce qui reste de la France. Doivent être moins fier qu’en 2003(*) au Quai d’Orsay. 

    (*) refus d’aller en Irak.

    • Michel DROUET Michel DROUET 5 février 2016 08:44

      @porcinet
      « gouvernement responsable » : quel bel oxymore !
      Depuis 40 ans, toujours le même schéma : les cours s’effondrent, les exploitants sortent leurs tracteurs et déversent leurs saloperies devant les préfectures foutent le feu à la MSA ou au centre des impôts, bloquent la circulation, le tout devant les« forces de l’ordre » qui justement ont ordre de ne pas bouger pendant des heures.
      Après, réunion à la Préfecture et sortie du carnet de chèque pour calmer les ardeurs guerrières et retour à l’exploitation jusqu’à la prochaine fois.
      40 ans que je vois ce même scénario et 40 ans que les contribuables comme moi sont priés de raquer pour réparer les dégâts et maintenir artificiellement un système de production agricole non viable.
      Combien de temps durera encore ce scandale ?


  • abcd 4 février 2016 22:42

    L’agriculture c’est un peu comme le foot, il y a 60 millions de pseudos entraineurs (dont certains n’ont jamais eût d’ampoules mais sont quand même capable d’expliquer comment les éviter), mais beaucoup moins de personnes sur le terrain.
    Refaisons le topo, l’exploitation minière c’est arrêté suite à la CECA, pour les pays du Nord de l’Europe (plus productif), le textile c’est arrêté suite à la ratification de l’OMC, ainsi que les manufactures, puis l’informatique puis les constructeurs automobiles ont suivis (Peugeot faisait sa 206 en Pologne, comme quoi les robots cela ne suffit pas).
    Évidement on continue de consommer tous ce qui était produit chez nous, mais puisque les pays qui produisent non pas notre modèle social, notre consommation exploite toujours plus de pauvres (ailleurs), donc notre consommation global a de moins bonnes conditions que si elle était produite chez nous (les Chinois ne font pas 35 heures, ils n’ont pas une mutualisation de la santé, c’est pareil à l’Est)
    Mais l’agriculture c’est pas pareil, bah non hein, là il y a toujours de recettes miracles, le choix n’est pas entre une agriculture française et des importations qui seront pires au niveau social et environnemental.
    Non, le choix est entre une agriculture haut de gamme pour ce déculpabiliser d’habiter dans un bunker anti-nature (une ville c’est cela, éloigner la nature en se protégeant avec du béton) et importer de quoi remplir les supermarchés (95% de l’alimentation vient des 5 centrales d’achat et de la restauration collective, mais on va plutôt oublier la consommation de masse et ce la raconter parce qu’on a acheter une fois un potiron local).
    Et vu que ce que l’on importera, on verra pas comment c’est fait, ce sera encore mieux (rien que le textile, la pollution des teintures, bah suffit d’attendre un reportage et râler sur les multinationales et puis on passera à autre chose sans ce formaliser sur la provenance de nos vêtements).
    Et bien sur si la Pologne (par exemple) grâce à une main d’œuvre moins couteuse, une monnaie plus faible (oui elle n’est pas dans l’Euro) veut prendre des parts de marchés sur le bio, les gens les achèteront leurs produits bios (Polonais) aux supermarchés et n’auront plus de temps à perdre dans des circuits courts.
    Cela s’appelle la mondialisation, la consommation de masse, dommage qu’aucun commentateur ne reprenne une ferme. Ah mais oui je sais vous connaissez quelqu’un qui a une petite ferme et qui s’en sort très bien (bizarre que tout le monde le connaisse mais ne suive son exemple, cela ferait quelques millions de paysans), vous vous êtes jamais dit qu’il avait mal au dos ?, qu’il n’avait plus de loisir ? (ni le temps d’aller sur ce site) et que si il vous disait cela c’était juste pour que vous lui achetiez son produit ? (parce qu’il a aussi besoin de thunes), le commerce c’est faire plaisir au client, c’est pas bon de faire de la politique, encore moins de contrarier le ravis de la crèche avec fromage bio.
    Enfin bon, paysan c’est partout dans le monde (et dans l’histoire le métier) que tout le monde quitte dés qu’il le peut (c’est-à-dire quand les rendements le permettent pour habiter les villes), est-ce vraiment utile de taper sur ceux qui restent ?


    • pemile pemile 4 février 2016 23:11

      @abcd "Ah mais oui je sais vous connaissez quelqu’un qui a une petite ferme et qui s’en sort très bien, vous vous êtes jamais dit qu’il avait mal au dos ?, qu’il n’avait plus de loisir ?"

      Renseignes toi, tu caricatures, en vente directe locale y’a moyen de vivre bien mieux qu’un employé de banlieue !


    • Michel DROUET Michel DROUET 5 février 2016 07:55

      @abcd
      On a simplement le droit de dire que l’on ne veut plus payer pour ce système qui ne nous convient plus et qui coûte cher à la société


    • Le421... Résistant Le421 5 février 2016 13:58

      @pemile
      Ce qui est étonnant chez les agriculteurs - qui étaient sensés représenter le « bon sens » de la terre plutôt que celui du Crédit Agricole - c’est qu’ils ont oublié que le premier sou gagné, c’est celui qu’on n’a pas dépensé...


    • pemile pemile 5 février 2016 14:33

      @Le421 « le premier sou gagné, c’est celui qu’on n’a pas dépensé... »

      D’où la nécessité d’être un bon bricoleur et d’avoir une réflexion sur l’organisation de son travail , d’avoir un bon réseau d’entraide et de partage, et pour les producteurs de viandes de posséder des terres pour produire soi même les aliments.


    • Legestr glaz Ar zen 5 février 2016 19:56

      @abcd

      Vous partez de très loin avec la CECA. Je partage votre point de vue. Aujourd’hui, l’article 39 du TFUE ( reproduit un peu plus bas) ligote les paysans. Le modèle voulu et imposé par les traités européens est uniquement productiviste utilisant, pour ce faire, toute la chimie mise à leur disposition par ceux qui ont pris la suite de IG Farben. Si la France reste dans l’UE, le TAFTA, sur le point d’être signé, marquera la fin de l’agriculture française. Sortons de ce tas de fumier ! C’est un véritable désastre qui nous guette dans l’indifférence de notre classe politique. Si, il y a un parti, une seul, qui dénonce ce système infernal, c’est l’UPR. Ses analyses, sur le monde agricole, valent la peine d’être lues. Chacun se fera une idée de ce qui nous attend en restant dans l’UE.


    • abcd 5 février 2016 22:07

      @Ar zen, yep, mais tant que les CSP+ peuvent manger bio, avoir quelques « mains » en haute couture et ce payer quelques artisans pour rénover une demeure de maitre, ils expliqueront à la populace que le pas cher c’est bien...


    • abcd 5 février 2016 22:11

      @pemile je pars de la réalité, la vente directe c’est juste un moyen pour des CSP+ de pouvoir avoir une alimentation qui soit haut de gammes (globalement client bac +2 et plus, producteurs prolos en réinsertion et quelques bacs plus, mais ce n’est pas la majorité, loin de là).
      Pour la caricature il suffit de sortir un peu de son microcosme social, ceux qui s’en sortent sont plus commerçants que producteurs.


    • abcd 5 février 2016 22:23

      @Michel DROUET, la famine c’est pas coûteux et y à combien de pays développé sans intervention agricole ?, bah aucun les landers subventionnent encore plus, comme la suisse, les Belges collectent la TVA, l’ex-RDA maintient une sorte de droit d’ainesse (les fermes de 1000 vaches ne sont pas reprennables sans cela), les states subventionnent l’assurance prix de récolte (et à mon avis d’ici la fin de l’année cela va leurs coûter bien plus cher que la PAC), les danois ont un endettement de plus de 25 ans (et un âge moyen de 50 ans, c’est-à-dire qu’ils seront plumer à la retraite), les hollandais préfèrent payer les droits de pollutions que de produire moins, les Australiens subventionnent, ainsi que les Japonnais.Les Anglais ont sacrifiés leurs producteurs et importent même avec la PAC, quand au pays du Sud si vous aimez le corporatisme (hérité du cyberpunk) Neslé, Mosanto et autres sont vos amis pour la vie (ou pour la mort si vous ne remboursez pas le crédit).
      Si vous voulez croire qu’on peut protéger une culture vivrière sans politique (interventions, frontières, régulations), il va falloir me trouver le pays ou cela est possible, par conséquent il faut politiser le citoyen et pas espérer plus du consommateur ou du producteur.


    • pemile pemile 5 février 2016 22:30

      @abcd "la vente directe c’est juste un moyen pour des CSP+ "
      Pas dans les campagnes qui fonctionnent encore en réseau comme en bretagne.

      Avec internet qui permet de commander comme aux drives des grandes surfaces, ça permet à des producteurs de 70 ans de vendre à des employés de 70 ans !


    • abcd 5 février 2016 22:34

      @Le421
      Tout est à crédit, mais la différence d’un crédit sur un tracteur avec celui sur une maison, c’est qu’à la fin il n’y a pas de plus-values, puisque comme une voiture cela ne vaut presque rien à la fin (le capital productif n’est pas un capital spéculatif, c’est même l’inverse).
      Vous avez remarquer qu’on parle de « chevaux » pour la puissance, cela ne vous rappelle rien ? si vous souhaitez que 1 à 2% travaillent comme au temps au début du siècle (2 couples de paysans ce nourrissaient eux-même plus un citadin) sans machine (et sans crédit) c’est que vous êtes le pire des esclavagistes, ou alors il faut détruire les villes et avoir 50 millions de paysans.
      Le bon sens c’est d’observer, le travail facile et bien payé à beaucoup de demandeurs (même contre sa dignité), le travail difficile et mal payé a peu de demandeurs (c’est marrant la démographie agricole baisse), à votre avis (crédit ou pas crédit) est-ce que vous conseilleriez à vos proches (ou à vous-même) de reprendre une ferme ?
      Il est où le bon sens, faite ce que je dis ?


  • Le421... Résistant Le421 5 février 2016 13:56

    En tant que modérateur, je tiens à saluer un intervenant qui écrit un article (quand plein de « braillards » sont incapables de le faire) et suit les différents posts en y répondant.
    Merci.


  • Legestr glaz Ar zen 5 février 2016 16:01

    Connaissez vous la teneur de l’article 39 du TFUE, traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui détermine les grands axes de la politique agricole commune ? Le voici, le voilà :

    " Article 39

    (ex-article 33 TCE)

    1. La politique agricole commune a pour but :

    a) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre,

    b) d’assurer ainsi un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l’agriculture,

    c) de stabiliser les marchés,

    d) de garantir la sécurité des approvisionnements,

    e) d’assurer des prix raisonnables dans les livraisons aux consommateurs.

    2. Dans l’élaboration de la politique agricole commune et des méthodes spéciales qu’elle peut impliquer, il sera tenu compte :

    a) du caractère particulier de l’activité agricole, découlant de la structure sociale de l’agriculture et des disparités structurelles et naturelles entre les diverses régions agricoles,

    b) de la nécessité d’opérer graduellement les ajustements opportuns,

    c) du fait que, dans les États membres, l’agriculture constitue un secteur intimement lié à l’ensemble de l’économie".

    C’est en language européen, de technocrates par conséquent, mais c’est tout de même compréhensible.

    Vous lisez bien que la politique agricole commune a pour but d’accroître la productivité de l’agriculture ! Il n’est nulle part question de qualité ou d’environnement. C’est très exactement le contraire. A votre avis que veut dire : « un emploi optimum des facteurs de production » ? Voulez-vous que je traduise ?

    Il faut donc « accroître la productivité » pour se mettre au niveau des USA. Il faut consommer des produits chimiques, parce que l’industrie chimique il faut bien qu’elle vive.

    Alors, de grâce, arrêtons de stigmatiser les agriculteurs que l’on a conduit à l’abattoir à travers ces mesures européennes. L’U.E ne laisse pas d’autre choix aux agriculteurs que de « produire » toujours plus, quel qu’en soit le coût social et environnemental.

    Alors, remettons les pendules à l’heure. Tant que la France sera dans l’UE, l’article 39 s’appliquera ! Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la faillite prévisible de l’agriculture française. Ce n’est pas une volonté des agriculteurs eux même de procéder de la façon dont ils procèdent. C’est l’Union européenne qui est à la baguette. L’ignorer, c’est faire la mauvaise analyse.


  • Nouri Nouri 11 février 2016 08:51

    Une bonne nouvelle certes mais le mal est peut-être plus profond. En effet comme l’a révélé une récente émission (Cash Investigation sur France 2), l’usage massif des pesticides tue aussi le monde agricole. Les atteintes sont neurologiques et peuvent induire des dépressions « effets neuro-cognitifs des pesticides tels que des troubles de la mémoire, l’anxiété, l’irritabilité, l’agressivité et la dépression » http://www.asef-asso.fr/mon-jardin/nos-syntheses/2124-l-usage-de-pesticides-quelles-consequences-pour-la-sante

    La situation nécessite une remise plat de toutes les pratiques actuelles...


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