mardi 10 novembre 2020 - par beo111

La démocratie directe

Bonjour, nous allons nous intéresser au concept de démocratie directe, voir ce qu'il a d'illusoire dans la société française actuelle. Mais pour ne pas être totalement négatifs nous introduirons le concept constituante citoyenne, qui donne un chemin à ceux qui veulent vivre en démocratie directe.

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Alors d'abord, de quoi parlons-nous ? La démocratie directe, ou démocratie pour certains, est un système politique qui a fonctionné à Athènes entre le Vème et le IIIème siècle avant notre ère. À l'époque et à cet endroit, les citoyens habilités à porter les armes votent directement les lois, il définissent même l'ordre du jour de l'Assemblée, appelée Ecclesia. Bien entendu, les esclaves n'ont pas besoin de porter les armes pour l'accomplissement de leurs tâches, pas plus que les étrangers, les métèques du reste. Quant-aux femmes, elles sont déjà suffisamment redoutables comme ça.

Alors, on voit bien que pour cette raison, la démocratie directe est complètement impossible en France, car les citoyens étant désarmés, ils ne peuvent faire respecter quoi que ce soit de politique qui ne leur soit reconnu par la Constitution. On le voit par exemple le 4 février 2008, lorsque le Congrès piétine la résolution référendaire du 29 mai 2005. Autour du château de Versailles, des mécontents qui manifestent, mais cela ne change strictement rien face à l'arbitraire présidentiel.

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Une autre raison qui rend illusoire toute velléité pour la démocratie directe, c'est le nombre. Une démocratie directe avec 30000 citoyens athéniens armés, cela peut se comprendre, mais avec 60 000 000 de Français libres et égaux en théorie c'est tout de suite plus compliqué. Les humeurs du peuple étant changeantes au gré des émotions partagées, il est à craindre que les ordres, contres-ordres, seraient encore plus légions que ceux dispensés par notre gouvernement préféré. Enfin, ouvrez les yeux, la démocratie est garante du respect de la volonté populaire, mais certainement pas de l’efficacité de l'état.

Or l’efficacité de l'état, c'est important tout de même. S'il n'est pas efficace, il ne sert à rien. Or, et nous pouvons être fiers de cela en France, la Constitution ne met pas d'entrave significative à l'efficacité de l'état. Déjà, on sait qui est le chef. Je fais cette remarque, car chez d'autres peuples pourtant plus puissants mais organisés en fédérations, la question est beaucoup plus délicate. On le voit notamment dans les difficultés actuelles aux États-Unis d'Amérique. Mais aussi dans la protection sociale, qui est beaucoup plus avancée en France que chez l'oncle Sam.

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Alors me direz-vous, quel est le problème ? Ben le problème vous le savez bien, c'est la corruption des élus. Et c'est pour cela même que des gens qui découvrent la politique sont tant séduits par l'idée de la faire sans élu, en démocratie directe. Ce à quoi je réponds, soit, mais pourquoi ne pas prendre le problème à la racine, et s'attaquer à la corruption des élus ? Parce que franchement, le peuple n'est pas très honnête lorsqu'il se plaint de la corruption des élus, car les élus, c'est lui qui les choisit. Donc le peuple, c'est le mec qui fait mal son travail et qui après dit que c'est de la faute des autres.

Qu'il faudrait faire sans eux... Non, je pense réellement qu'il faut prendre la chose de manière plus apaisée, et qu'il faut demander au peuple ce qu'il empêche de choisir plus correctement ses élus. Alors bon, nous n'allons pas répondre à la place du peuple, mais munis d'une certaine expérience pratique de la chose, nous savons nous, ce qui nous empêche parfois de bien choisir.

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Déjà le choix, ce n'est pas nous qui choisissons les candidats, ce sont les partis. Cela est particulièrement vrai aux Présidentielles et aux législatives. Mais on retrouve cela dans des scrutins plus locaux comme les régionales ou les départementales. Avec il est vrai une exception de taille au municipales dans les petites communes, où ce sont des citoyens non encartés qui incitent la bonne poire des lieux à se présenter.

Le choix, que pouvons nous faire là dessus ? Pas facile de répondre, mais les citoyens concernés peuvent trouver des moyens pour désigner de bonnes candidatures citoyennes. Il peuvent par exemple, comme la loi le permet le plus souvent, demander aux mairies les listes électorales des communes de la circonscription. Et par la suite tirer au sort quelques électeurs de la circonscription, leur demander individuellement qui ils verraient bien conseiller départemental par exemple. Enfin, parmi les candidats consentants, stimuler ceux qui ont le plus conscience des enjeux et des difficultés.

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Mais le manque de candidatures citoyennes n'est pas la seule chose qui le restreint dans son choix. Car le peuple, son choix, il est dans ce qu'il voit. Donc la question est aussi celle des candidatures visibles. Alors, comment rendre visible une candidature citoyenne ? La réponse la plus simple, c'est qu'il suffit qu'elle soit soutenue par un parti. Je ne parle pas de candidature de parti, je parle de candidature individuelle soutenue par un parti. Quoique, cela peut aussi être la candidature d'un parti, après tout, les politiciens ne sont pas forcément tous pourris.

Car en fait, ce qui les pourrit, c'est ce à quoi ils doivent leur élection. Or plus ils doivent tout à leur parti, plus ils sont dans la main de ceux qui aident le parti. C'est pourquoi une petite légitimité citoyenne, même si elle ne vient que d'un citoyen tiré au sort sur les listes électorales, peut aider à faire la différence entre plusieurs apparatchiks prétendants à l'investiture. Mais dans ce cas, le candidat doit beaucoup au tiré au sort, ce Français lambda qui l'a désigné. À lui de s'en souvenir.

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Voilà, c'est ce qui s’appelle la constituante citoyenne : des citoyens aident le peuple à choisir ses représentants. Tout cela reste informel, car sitôt cela deviendrait formel, sitôt le pouvoir en place s'en emparerait pour resserrer les liens de la dictature. Par contre, les citoyens qui se bougent les fesses pour aider leurs concitoyens à voter, eux font usage de leur pouvoir qui n'est pas que de voter. Eux sont dans la démocratie directe.



28 réactions


  • sylvain sylvain 10 novembre 2020 16:12

    Voilà, c’est ce qui s’appelle la constituante citoyenne : des citoyens aident le peuple à choisir ses représentants.

    J’ai pas compris votre truc, c’est quoi en pratique cette constituante citoyenne, et quelle est la différence que vous voyez entre les citoyens et le peuple .

    Je pense aussi que vous, si vous posez les problèmes fondamentaux de la démocratie directe, vous ne faites pas le procès du pouvoir central . Par exemple vous dites que le problème est la corruption et qu’il peut être résolu avec un peu de bonne volonté . C’est en réalité un problème aussi fondamental que celui d’aggréger des millions de voies différentes , et il existe depuis que le pouvoir existe : pourquoi une personne qui a tous les pouvoirs devrait ne penser qu’aux autres , sachant qu’en plus son altruisme lui fera perdre ce même pouvoir au profit d’un aute égoiste . Et ce qui là dedans empêche le citoyen de voir pour qui il vote est, outre les raisons que vous exposez , le fait qu’une personne ne peut en connaitre des millions d’autres

    C’est exactement le même type de problèmes . Si j’ai compris votre proposition vous proposez en quelque sorte qu’il y ai des citoyens un peu plus éclairés que les autres, comme chouard par exemple qui guident les gens . On peut de la même manière mais en mode democratie directe imaginer des citoyens qui agrègent les désirs de petites assemblées et les apportent à de plus grands ensembles . Le risque est le même, que les choses s’institutionnalisent comme vous dites et que le pouvoir corrompe ce fonctionnement


    • beo111 beo111 10 novembre 2020 20:26

      @sylvain

      Merci d’avoir lu mon texte.

      Le peuple, je lui donnerais une définition historique, quasi-spirituelle, mais on peut se contenter je pense de la définition politique d’Onfray : ce sur quoi s’exerce le pouvoir. Sachant que d’un point de vue formel, le chef de l’État n’a aucun pouvoir sur le peuple. Il est le chef des fonctionnaires, mais pas des gens. Par contre, c’est le chef des armées, et il domine les gens via le monopole de la violence légale.

      Les citoyens alors ? Les citoyens sont une sorte d’élite culturelle du peuple. Élite que le peuple que le peuple est obligé de sécréter, s’il ne veut pas disparaître sous l’arbitraire du prince. Ce n’est qu’une image bien entendu, mais je verrais bien le prototype du citoyen moderne comme une sorte de Saint-Rémy laïc et informel. Le citoyen est celui qui n’a pas le pouvoir, mais qui le donne. Et comment peut-il donner quelque chose qu’il n’a pas ?

      C’est là son secret. Et dans son secret, c’est qu’il a un peu de pouvoir tout de même, et c’est tout l’objet de l’article. Maintenant toute la magie c’est comment un petit pouvoir dans ses mains peut-il devenir un grand pouvoir dans les mains d’autrui ? C’est que le citoyen le combine avec la culture politique du pays, dont la cristallisation est atteinte notamment dans la Constitution mais aussi dans d’autres artefacts culturels. Le citoyen est une sorte de magicien, un petit sorcier de l’action.

      C’est d’ailleurs ce qui permet de faire le lien avec la définition profane du citoyen. Il y a le citoyen formel, le citoyen de papiers, et le citoyen actif. C’est évidemment ce dernier qui m’intéresse. Car lui agit en sur la culture politique. André Malraux disait que la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert. C’est sans doute vrai pour la culture en général, mais en France pour la culture politique c’est un peu différent. La culture politique s’hérite, elle se transmet, elle se raffine, elle se travaille, elle s’améliore. Et c’est ça la constituante citoyenne.

      Les citoyens actifs font évoluer la culture politique de leur pays. Elle consiste en tous des artefacts que ces petits sorciers de l’action déploient pour créer du pouvoir. Vous mentionnez le concept d’agrégation de mouvements, et c’est évidemment une très bonne idée, que vous n’êtes pas le premier à avoir, mais après tout dépend de la manière. Tout dépend aussi du milieu, à mon avis cela marche surtout dans les environnement assez politisés, où les gens ayant fait le tour de pas mal de choses sont prêts pour converger vers une sorte de fédéralisme à la Proudhon.

      Ce que je propose c’est juste une technique de base, une technique par défaut pour trouver des candidats moins facilement corruptibles. Mais il y en d’autres, beaucoup d’autres, c’est évident.


    • sylvain sylvain 10 novembre 2020 22:24

      @beo111
      du coup votre idée serait d’avoir des citoyens tirés au sort qui soient garant des candidats, en qui les gens puissent avoir confiance car ils ne rentrent pas dans les processus de pouvoir ??
      Désolé d’insiter, mais j’aime bien votre article et vous dites qu’il contient une proposition concrète mais je ne la vois pas clairement formulée


    • beo111 beo111 10 novembre 2020 23:14

      @sylvain

      C’est pas vraiment une proposition, c’est ce que je vais faire aux prochaines départementales dans mon canton. D’abord je vais récupérer les listes électorales des communes concernées. Ensuite je vais tirer au sort quelques électeurs là dedans. Pour ce faire, j’utiliserai sans doute une variante simplifiée du programme que j’avais écrit pour les législatives. Ensuite il va falloir contacter mes grands électeurs, vraisemblablement par courrier. Je pense que j’utiliserai du papier à entête de Decidemos, ça fait toujours mieux de faire croire qu’il y a une organisation derrière. J’espère que certains grands électeurs voudront en savoir plus, qu’ils voudront me rencontrer autour d’une bière par exemple, pour tirer tout cela au clair.

      Ensuite évidemment si plusieurs électeurs désignent, sans se concerter, la même personne du canton, et qu’en plus elle est consentante, eh ben c’est elle que je vais soutenir à ces élections.

      Voilà, en fait c’est un mode opératoire.


    • sylvain sylvain 11 novembre 2020 10:33

      @beo111
      vous avez bien raison de vous prendre par la main . Beaucoup trop de gens ont de bonnes idées qui ne voient jamais le jour .
      Jespère que vous nous direz ce que ca va donner


    • tonimarus45 11 novembre 2020 15:47

      @beo111-bonjour--- «  »«  »Enfin, ouvrez les yeux, la démocratie est garante du respect de la volonté populaire, mais certainement pas de l’efficacité de l’état.«  »«  » en fait « d’efficacite de l’etat » le mieux serait la dictature ???????????quand a la democratie est ou n’est pas ;la « democratie indirecte » n’est pas la « democratie » ; pour etre plus clair et toute proportion gardee c’est comme si je disais « democratie repressive » ou « democratie dictatoriale » .Des que l’on ajoute un mot a democratie, ce n’est plus «  »LA DEMOCRATIE« C’est un peu lorsque l’on ajoute un mot a socialisme par exemple »sociaux democrates« ou pire »national socialisme", ce n’est plus du socialisme


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 20:04

      @tonimarus45

      ça c’est parce que la nation est un concept beaucoup plus large que la démocratie. Le socialisme je sais pas, mais la démocratie c’est clair. Donc du coup effectivement, il ne peut y avoir d’état-nation démocratique au sens où vous l’entendez.


    • Lucadeparis Lucadeparis 12 novembre 2020 19:15

      @beo111

      Je viens de retourner sur ton article « Le mandat impératif » afin de vérifier que tu n’avais pas contre-argumenté à mon dernier commentaire, du 7 octobre 22:53 : https://www.agoravox.fr/commentaire5871856. Je précise qu’en démocratie, je parle de mandat impératif pour des mandataires qui n’ont pas de programme venant d’eux, devant exécuter les décisions démocratiques, populaires.

       

      Pour utiliser le logo de Decidemos, il faudrait que tu en sois membre (ce qui n’est pas encore le cas d’après le listing) et que ton utilisation soit dans le cadre de ses statuts et autres décisions (c’est pourquoi il y a très peu de publications sous le nom de Decidemos).

      Actuellement tu fais partie de Décidons Nous-Mêmes et tu peux déjà utiliser cette participation.

      Nous laissons les citoyens des circonscriptions choisir librement et démocratiquement leur méthode de désignation de leurs candidats aux élections (élection sans candidat, tirage au sort…). Tant que tu es seul dans ta circonscription, tu peux faire selon ta méthode. Si d’autres démocrates te rejoignent, vous déciderez démocratiquement si vous poursuivez selon ta méthode ou une autre.

      Les candidats de Décidons Nous-Mêmes seront ceux qui s’engagent devront se soumettre à une charte des candidats et à un accord de coalition (actuellement surtout discuté avec Brest La Liste Citoyenne). L’accord de coalition suppose l’unanimité des groupes y participant. Cela m’étonnerait que les grands partis acceptent un choix local et démocratique des candidatures (en général l’essentiel du pouvoir dans les partis classiques est dans une oligarchie des commissions de désignation des candidatures, les copains coquins se distribuant les bonnes places…).


    • beo111 beo111 12 novembre 2020 22:41

      @Lucadeparis

      J’avais compris que tu comprenais ma réticence à changer la Constitution concernant le mandat impératif. Maintenant que tu mettes du mandat impératif dans une assoce, pourquoi pas. Mais c’est vrai que je n’ai pas envie d’être membre d’une telle assoce, c’est tout. Et je te laisse le dernier mot là dessus.

      Pour ce qui est du papier à entête effectivement ça m’a l’air compliqué, je vais me débrouiller autrement, merci. Surtout que les discussions avec les partis se feront une fois que j’aurai mes candidats-citoyens.


    • Lucadeparis Lucadeparis 13 novembre 2020 09:28

      @beo111
      Si on ne met pas de mandat impératif pour l’exécution des décisions populaires, il n’y a simplement pas de démocratie si le mandataire faisait ce qu’il voudrait comme c’est le cas actuellement, les promesses n’engageant pas celui qui les fait. Dans une démocratie, élu sans candidature, un mandataire n’aurait pas de programme électoral (et il n’y aurait plus besoin de partis puisque la raison de leur existence sont les campagnes électorales).
      Par contre, une assemblée de tirés au sort a plutôt un mandat représentatif (dans le cadre du respect des référendums passés, et de la constitution elle-même ne pouvant se décider que par référendums comme en Suisse), car elle est elle-même une représentation statistique de la société ou de la circonscription, et agit à peu près comme le ferait la population (ce que les référendums souverains permettent de contrôler)

      si elle avait le temps de s’occuper de tout.

      Je suis bien curieux (pessimiste à priori) des discussions que tu pourras avoir avec les partis classiques.


    • Lucadeparis Lucadeparis 13 novembre 2020 15:55

      @beo111
      Je précise que dans les statuts de Decidemos, nous défendons le mandat impératif parmi d’autres moyens démocratiques.
      Actuellement, il n’y a pas de mandat impératif en France, et donc ce sera aux citoyens quelle part d’impérativité ils voudront. 


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 10 novembre 2020 16:31

    Je trouve que c’est un très bon article, parce qu’il fait se poser plus de questions qu’il ne donne de réponses.

    Une première étape dans l’exercice de la souveraineté populaire serait de bien poser le cadre sémantique : quitter la représentation pour le mandat. « Mon » député n’est pas mon représentant, il est mon mandataire. il doit répondre de ses actes, et peut se voir retiré son mandat à tout moment s’il manque à ses devoir envers ses mandants.


    • beo111 beo111 10 novembre 2020 20:49

      @Opposition contrôlée

      Le problème de cette approche c’est qu’il faut changer la Constitution pour y apporter une sorte de mandat impératif, et j’ai déjà dit ce que j’en pensais dans mon précédent article.

      Mais pour aller plus loin, et pour répondre plus sur le fond, je peux certes être d’accord avec Florence Gauthier face à Chouard au sujet du commis de confiance. Mais je ne peux pas aller plus loin. Car si le représentant est troqué contre un mandataire cela veut dire que le peuple s’organise en état une deuxième fois, et toute l’histoire de France crie, que dans un État-nation il n’y a la place que pour une seul état. On ne fait pas état contre état, ou alors ça se termine très mal.

      Par contre, ce sur quoi je souhaite attirer votre attention, c’est que je propose une technique, un mode opératoire qui permet de savoir simplement si l’élu tient ses promesses. En effet, si son grand électeur dit que c’est oui, c’est que oui. Et s’il dit que c’est non, c’est que c’est non.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 11 novembre 2020 10:57

      @beo111
      J’avais lu votre article, et sans en penser de mal, je n’en pense pas de bien.
      Vous faite une curieuse expérience de laboratoire en trempant le concept de démocratie direct dans le bain institutionnel actuel, et ses pratiques rétrogrades...
      Ex : vous évoquez les promesses des politiciens, mais comment y-aurait-il encore des politiciens en démocratie direct ? Comment qui que ce soit serait en position de promettre quoi que ce soit ?


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 11:25

      @Opposition contrôlée

      On est pas d’accord sur le fond, c’est une chose. Moi je trouve qu’à l’heure actuelle la démocratie directe dans le meilleur des cas, c’est la population qui décide et les robots qui agissent. Le problème, c’est que ça nous rend complètement dépendants des robots et c’est extrêmement dangereux.

      Même si, vu que mon gagne-pain c’est de programmer des machines, d’un point de vue professionnel je suis pas forcément contre, mais il n’y a pas que la vie professionnelle dans la vie, ne l’oublions pas.

      Mais c’est surtout sur la forme que je ne vois pas. Comment allez-vous instaurer une démocratie directe ? Moi j’ai une stratégie claire pour minimiser la corruption des élus. Mais vous, pour changer la constitution, on fait comment ?


    • babelouest babelouest 13 novembre 2020 09:38

      @beo111 changer la Constitution, il suffit de le faire (après avoir viré tous les politiciens), au lieu de perdre son temps en campagnes politiques.
      .
      On peut se référer par exemple à cette proposition :
      https://ti1ca.com/s7wljial-2020-09-28-2020-09-28.pdf.html

      .
      Incidemment, elle est basée sur la démocratie directe le plus possible, et je ne vois pas du tout ce que viennent faire ici les robots, bien au contraire.


  • Lucadeparis Lucadeparis 10 novembre 2020 23:08

    Les Grecs ne parlaient pas de « démocratie directe », mais de démocratie…

    On est en démocratie si la population est souveraine, c’est-à-dire décide des choses les plus importantes, et c’est le référendum qui le permet, en premier lieu le référendum constitutionnel (comme en Suisse où tout changement constitutionnel est soumis à référendum).

    L’augmentation de la population fait qu’il y a trop de décisions pour qu’elles soient toutes prises directement. Les décisions secondaires peuvent être prises par des assemblées de citoyens tirés au sort, des représentations statistiques de la société : la démocratie n’est que secondairement indirecte. Des décisions encore plus secondaires, exécutives, peuvent être prises par les ministres (par exemple élus sans candidatures à un tour, lors des deux ou trois journées référendaires annuelles) et les administrations.

    Quant à l’accusation du peuple, qui n’auraient que les élus qu’ils méritent, elle ne tient pas effectivement parce que ce sont les partis qui les choisissent, mais aussi parce que ce sont les riches qui financent les partis et les médias pour influencer, et plus profondément parce que dans nos ploutocraties/non démocraties, les élus se sont instituées l’irresponsabilité, c’est-à-dire la nullité du mandat impératif : donc il n’y a pas de lien réel entre un programme et les électeurs.


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 15:19

      @Lucadeparis

      J’ai dit ce que je pensais du mandat impératif, et je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’avis. Ça c’est sur le fond.

      Sur la forme, regarde le problème : j’aimerais bien collaborer avec Decidemos pour les prochaines élections départementales. Donc organiser sur mon canton une primaire pour désigner un candidat citoyen.

      Et concrètement, j’aimerais bien utiliser le logo Decidemos dans le courrier que j’enverrai à mes grands électeurs tirés au sort. Ces derniers feront une élection sans candidat.

      Le problème, c’est que comme l’élection est libre, peut-être que le candidat désigné voudra profiter du soutien d’un gros parti local, autre que Decidemos.

      Donc le voilà le problème : avec tes mandats impératifs et les décisions qui peuvent changer tout le temps au gré des votes des adhérents, eh bien peut-être que je ne pourrai pas faire les choses comme je le prévois.


    • Lucadeparis Lucadeparis 12 novembre 2020 19:22

      @beo111

      Je viens de retourner sur ton article « Le mandat impératif » afin de vérifier que tu n’avais pas contre-argumenté à mon dernier commentaire, du 7 octobre 22:53 : https://www.agoravox.fr/commentaire5871856. Je précise qu’en démocratie, je parle de mandat impératif pour des mandataires qui n’ont pas de programme venant d’eux, devant exécuter les décisions démocratiques, populaires.


      Pour utiliser le logo de Decidemos, il faudrait que tu en sois membre (ce qui n’est pas encore le cas d’après le listing) et que ton utilisation soit dans le cadre de ses statuts et autres décisions (c’est pourquoi il y a très peu de publications sous le nom de Decidemos).

      Actuellement tu fais partie de Décidons Nous-Mêmes et tu peux déjà utiliser cette participation.

      Nous laissons les citoyens des circonscriptions choisir librement et démocratiquement leur méthode de désignation de leurs candidats aux élections (élection sans candidat, tirage au sort…). Tant que tu es seul dans ta circonscription, tu peux faire selon ta méthode. Si d’autres démocrates te rejoignent, vous déciderez démocratiquement si vous poursuivez selon ta méthode ou une autre.

      Les candidats de Décidons Nous-Mêmes seront ceux qui s’engagent devront se soumettre à une charte des candidats et à un accord de coalition (actuellement surtout discuté avec Brest La Liste Citoyenne). L’accord de coalition suppose l’unanimité des groupes y participant. Cela m’étonnerait que les grands partis acceptent un choix local et démocratique des candidatures (en général l’essentiel du pouvoir dans les partis classiques est dans une oligarchie des commissions de désignation des candidatures, les copains coquins se distribuant les bonnes places…).


    • babelouest babelouest 13 novembre 2020 09:43

      @Lucadeparis le mandat impératif est une nécessité : je l’explique dans ma proposition de Constitution. Cela implique aussi que soient bannis les partis politiques, mais pas les cercles de réflexion politique. En revanche ceux-là ne peuvent pas présenter de candidats, et seules des.personnes physiques peuvent leur faire des dons limités.


    • Lucadeparis Lucadeparis 13 novembre 2020 16:10

      @babelouest
      Très bien.
      Pour aller plus loin, étudie le concept d’élection sans candidats. Il n’y a plus besoin de campagnes électorales ainsi et le choix du mandataire impératif (et exécutif) est ainsi plus démocratique.


  • troletbuse troletbuse 11 novembre 2020 09:31

    Vous avez oublié les merdias qui appartiennent aux milliardaires. Ce sont eux qui décident sauf pour les maires des petites communes, ces dernières qui vont bientôt disparaître pour la plus grande joie de nos politicards.


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 11:13

      @troletbuse

      C’est vrai que l’intercommunalité forcée est un gros gros problème.

      Pour le reste, assez de blabla et passons à l’action, même si ça fait mal. Le confinement ne sera pas éternel, quand c’est fini je ne mets plus les pieds dans un restau qui diffuse BFM ou CNEWS, même si je suis invité.


  • xana 11 novembre 2020 14:04

    il est parfaitement inutile de définir ta « démocratie directe » : Nous ne sommes plus au temps des anciens grecs et notre définition du « peuple » a aussi bien changé. La démocratie (directe, car la démocratie représentative est une escroquerie) n’a encore jamais été tentée. C’est pourquoi ses détracteurs prétendent qu’elle est irréalisable.

    Le fait est qu’une démocratie directe est parfaitement réalisable, mais elle imposera certainement des changements importants dans notre société. Le premier sera l’éradication de la corruption, dans un pays où la corruption est à peine criminalisée (les délits en col-blanc sont rarement punis, et jamais un ministre corrompu n’a connu la cellule des pauvres).

    Les peines en cas de corruption devraient atteindre AU MOINS celles jusque-là réservées aux crimes de sang : Ceux qui font mourir le peuple de faim et de misère devraient connaître eux aussi les peines les plus graves, voire l’échafaud.

    Il faudra probablement aussi se préoccuper de la distribution de la richesse en instituant un MAXIMUM pour les biens de ce monde. Que certains soient un peu plus riches que d’autres, soit, mais des millions de fois ? Or c’est cette richesse excessive qui est le moteur de la corruption. Proposons que la collectivité puisse connaître la totalité de chaque patrimoine, et confisque TOUT ce qui dépasse un maximum fixé par la loi, et punisse très sévèrement les tricheurs.

    Tant qu’on considèrera les faits de corruption comme véniels, il sera inutile de s’interroger sur une démocratie. Tant qu’on admettra que des riches puissent disposer d’une puissance financière assez grande pour influer sur l’avenir de la communauté, il ne pourra y avoir au mieux qu’une république de voleurs.


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 14:16

      @xana

      Vous proposez donc l’expropriation ?


    • xana 11 novembre 2020 14:27

      @beo111

      La Propriété c’est le Vol. Ce n’est pas moi qui l’ai dit.

      Ca me paraît absolument abusif que certains disposent de milliards quand les autres meurent de faim et de misère. Et qu’avec ces milliards ils s’emploient à en gagner encore davantage en corrompant les institutions.
      Mais sans doute trouvez-vous cela normal ?

      Je propose l’expropriation de ce qui sera reconnu comme excessif au regard de la loi. Et l’exécution des corrompus et des tricheurs.

      Mais sans doute verserez vous une larme sur ces gens, puisque vous n’en versez pas sur les victimes.


    • beo111 beo111 11 novembre 2020 15:09

      @xana

      La propriété privée est un droit de l’homme. Je le respecte.

      Et effectivement, je ne verse pas de larme, j’agis.

      J’agis pour limiter la corruption, tout en respectant la propriété privée.


  • cleroterion cleroterion 7 décembre 2020 20:53

    Bonsoir Beo

    Je réagis sur vos propos quant à la corruption des personnes tirées au sort.

    Chouard a fait une très bonne analyse à ce sujet que je vous recommande vivement.

    Cdt

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Necessaire_proces_de_l_election.pdf


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