lundi 6 juillet - par beo111

Pour le RIC invisible

Je suis pour le RIC invisible. Invisible, ça veut dire invisible dans la constitution. Vous pourrez me demander : pourquoi ?

Dans ce cas, moi aussi je pourrai vous poser une question. Car après tout, si vous m'en posez une, pourquoi ne pourrais-je pas faire de même ? Surtout qu'il y a peut-être une autre question que vous souhaiteriez me poser : le RIC invisible, c'est quoi ?

Chaque chose en son temps.

Commencez par répondre, vous.

Voici ma question, ma première question : avez-vous l'impression que l'action des politiques a tendance à être dictée par les financiers multinationaux, et que en fait le capital règne sur nos pays ?

Si votre réponse est non, désolé de vous avoir importuné, vous pouvez quitter cet article.

Si votre réponse est oui, alors je vous pose une deuxième question. Après je réponds aux vôtres, promis.

Dites-moi, où est-il écrit dans la constitution que les financiers vont écrire les lois ? Où est-il écrit dans la constitution que l'argent est Roi ?

Ici, donc, deux possibilités. Soit vous savez, et alors ça tombe bien parce que moi je ne sais pas, et vous pouvez nous faire profiter de vos lumières dans la section commentaires en dessous de cet article.

Soit vous dites "nulle part", et auquel cas je vous accorde que je suis tout-à-fait d'accord avec vous sur ce point.

C'est donc à mon tour de prendre la parole et de répondre à vos interrogations.

Alors, pourquoi le RIC invisible ? Parce que l'important n'est pas qu'il soit dans la constitution, mais qu'il soit effectif. De la même manière que l'argent règne dans nos pays sans être mentionné dans la constituiton, le RIC doit s'effectuer sans y laisser de trace. Ou très peu.

Le RIC invisible, c'est quoi ? Comment ça marche ?

Alors en fait, il se base sur une procédure qui existe déjà dans la constitution, et qui a d'ailleurs été expérimentée il n'y a pas si longtemps. Je pense au référendum d'initiative partagée — d'initiative parlementaire en fait — qui précise qu'à l'initiative d'un cinquième des députés de l'Assemblée Nationale, et si ces derniers sont soutenus par une dixième du corps électoral, alors on peut organiser un référendum portant sur la question posée par les députés.

Vous pourrez me dire, oulà, mais il y a embrouille là, car l'initative et le choix de la question sont parlementaires, il n'y a pas vraiment d'initiative citoyenne là dedans.

C'est vrai, mais il y a un tout petit changement qui pourrait faire que l'initiative en serait citoyenne. Un tout petit changement non constitutionnel, mais simplement factuel. En fait il suffirait que les députés représentent les citoyens. Vraiment.

Alors, me direz-vous, n'est-ce pas déjà le cas ?

Non.

Non, c'est impossible, car la manière dont ils sont élus les met dans la main du capital. Vous pourrez toujours exhiber deux-trois députés ça et là qui semblent faire leur travail, mais la grande majorité des députés est corrompue. La preuve, elle a voté le CETA.

D'ailleurs, on le remarque bien, les citoyens tirés au sort de la convention sur le climat ont parmi leurs 149 propositions émis le souhait de renégocier ce traité transatlantique, donc de le refuser en l'état, mais Macron a dit non. Il a été élu pour cela d'ailleurs. Il a été aidé par les milliardaires car il était le seul candidat aux présidentielles ouvertement favorable au CETA.

Mais les citoyens, eux, sont contre le CETA, une fois que l'on leur a expliqué de quoi il s'agit. Mais ce n'est pas l'objet de cet article.

Là, on en est où au fait ?

Ah oui, si les députés représentaient les citoyens, alors la volonté des citoyens serait portée par les députés qui pourraient enclencher des référenda de part le dispositif existant déjà dans la constitution.

Mais tout cela est encore très vague, ce n'est pas assez concret. C'est, gazeux, comme dirait Moscovici.

Parce que la volonté des citoyens, ça ne veut pas dire grand chose. De quels citoyens parle-t-on ? 50 millions de citoyens vont-ils discuter entre eux pour exprimer quelle est leur volonté ? Cela n'a pas de sens. Tout le monde n'a pas le temps ou l'envie de parler en permanence de sa volonté politique. Car la vie politique n'est qu'une toute petite partie de la vie. Il y a la vie affective, la vie familliale, la vie professionnelle, quand on a la chance d'avoir un travail, la vie spirituelle quand on veut bien s'y intéresser, qui sont beaucoup plus importantes.

Non, pour que ce soit concret, il faut que ce soit discrétisé. N'attendons rien de la masse informe. Écoutons les citoyens concrets.

Là dessus d'ailleurs, faisons comme Macron. Tirons au sort des citoyens. Mais tirons-les directement au sort sur les listes électorales. Et pas 150. Parce que 150 c'est arbitraire. Mais 577. Car 577 c'est le nombre de députés. 577 c'est le nombre de sièges au Palais Bourbon, là où sont assis les députés. C'est concret.

Et ces 577 citoyens tirés au sort sur les listes électorales, qu'est-ce qu'ils font ? Eh bien si on veut qu'ils soient écoutés par les députés, ce sont eux qui doivent les désigner. Ainsi les députés, au lieu de relayer les désirs des milliardaires qui les ont fait élire, relayeront les préoccupations des citoyens qui les auront concrètement élus.

En quelque sorte, ces 577 citoyens doivent être de grands électeurs.

C'est ça, le RIC invisible.



27 réactions


  • babelouest babelouest 6 juillet 13:14

    C’est un point de vue !

    Personnellement j’ai pris la peine de réécrire la Constitution (dix ans de reprises, de réflexions, de nouveaux barrements-apports). Dans cette nouvelle mouture le RIC est partout, EN TOUTES LETTRES. Évidemment cela implique avant d’appliquer cette nouvelle loi primordiale de façons certainement pas douces de virer ceux qui décident actuellement. TOUS ceux qui décident, et surtout ceux qui n’apparaissent pas au premier plan. On peut ne pas aimer, mais à mon avis si on veut s’en sortir vraiment, il faudra bien un jour en passer par là. Je rappelle que même Gandhi admettait que dans certaines circonstances, on n’avait que le choix de se soumettre pour toujours, ou d’utiliser la violence.

    https://ti1ca.com/63p5h6dm-2020-06-22-2020-06-22.pdf.html

    Le Peuple est LE SEUL SOUVERAIN. Dans sa diversité, certes, mais aussi dans son unité, car nulle fraction du peuple ne peut décider (c’était déjà dans le préambule de la Constitution de 1789, même si Siéyès avait une façon particulière de l’interpréter comme il l’a annoncé le 7 septembre 1789.)

    https://ti1ca.com/njat47wj-Sieyes-sur-democratie-Sieyes-sur-democratie.zip.html


    • beo111 beo111 6 juillet 17:07

      Oui, je pense que Sieyès a raison. La France ne peut être une démocratie, et le peuple ne peut être souverain que via ses représentants. À condition qu’ils représentent vraiment le peuple, d’où l’objet de l’article.


  • samy Levrai samy Levrai 6 juillet 14:24

    Sans dec et rien sur ce qui fait les lois ? rien sur ce qui fait la justice ? rien sur ce qui bat la monnaie ( l’économie) ? rien sur ce qui decide de la paix et de la guerre ? 

    Donc on reste non indépendant , non souverain et on fait mal aux coléoptères ... Comme si la première chose à faire n’était pas de restaurer la democratie... rendre le pouvoir à la nation, au peuple.


    • beo111 beo111 6 juillet 17:09

      Oui, rendre le pouvoir au peuple, via ses représentants, il n’y a pas d’autre solution.


    • babelouest babelouest 6 juillet 18:20

      Permettez-moi de n’être PAS DU TOUT d’accord. La seule vraie démocratie, c’est l’anarchie vue par Élisée Reclus et Michel Bakounine. Celle qui fut expérimentée à Paris en 1871.


    • samy Levrai samy Levrai 6 juillet 18:34

      C’est au peuple de décider, pas à ses representants, s’il en veut ou pas ( de ses representants ).

      pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.


    • beo111 beo111 6 juillet 18:47

      Beaucoup de bonnes choses dans la Commune de Paris. Le problème, c’est l’exécution de prêtres, même la laïcité maçonnique a fait mieux comme compromis.

      La Commune de Paris fait aussi un peu penser au fédéralisme à la Proudhon, système qui est assez populaire chez les gens qui s’intéressent à la théorie politique.

      D’ailleurs à l’origine de la Vème, l’élection du Président de la République par le Sénat (représentants des collectivités locales) procédait un peu de ce principe.

      Le problème, c’est le référendum de 58, le passage au suffrage universel direct pour désigner le PR. Donc à tous ceux qui veulent un fédéralisme à la Proudhon je réponds la même chose : vous n’êtes pas démocrates, car vous vous opposez aux plus de 80% de français qui ont voté contre votre système.


    • beo111 beo111 6 juillet 18:50

      Pas de représentant Samy ?

      Alors on fait comment ?

      On vous écoute.


    • babelouest babelouest 6 juillet 18:52

      « .....vous vous opposez aux plus de 80% de français qui ont voté contre votre système.... »

      Leur a-t-on donné ce choix justement ? Je crains très fort que NON.


    • samy Levrai samy Levrai 6 juillet 18:57

      Des représentants à notre service pour ce que nous voulons bien déléguer, des techniciens pour mettre au point ce que nous aurons décidé.

      Mais avant tout il faut penser à rendre le pouvoir au peuple, ne pas empapaouter les citoyens en leur balançant les effets et en évitant soigneusement les causes de leur absence de pouvoir .


    • babelouest babelouest 6 juillet 19:03

      Je dois préciser : quand ces gouvernements aujourd’hui lancent un référendum, c’est qu’ils sont sûrs grâce à la propagande d’avoir ce qu’ils veulent : le résultat de 2005 les a surpris. Donc ils ont dissous le Peuple.


    • beo111 beo111 6 juillet 22:02

      Renseignez vous babelouest. Moi j’étais pas né, et de ce que l’on m’en a dit c’était un peu la dictature sous le Général, mais les gens votaient ce qu’ils voulaient au référendum. La preuve, il s’est barré lorsque le peuple a refusé sa réforme des collectivités.


    • beo111 beo111 6 juillet 22:07

      Samy, des techniciens pour mettre au au point ce que nous aurons décidé. Et si les techniciens disent que ce n’est pas possible ou trop dangereux, on fait comment ?

      Et puis bon, les transferts de souveraineté ce sont les députés qui les ont votés, donc le problème principal est bien au niveau de la représentativité populaire.


    • babelouest babelouest 7 juillet 03:54

      A l’époque du général, j’étais déjà encarté en tant que jeune gaulliste, et aujourd’hui encore je n’ai pas à en rougir, la preuve :

      http://alliancesociale.free.fr/la-reforme-pancapitaliste.html

      Les vrais gaullistes détestaient les capitalistes, mais ils n’appréciaient pas non plus les communistes, parfois un peu violents. C’était il y a plus de 50 ans....


    • samy Levrai samy Levrai 7 juillet 10:11

      @ Beo111

      Si les techniciens qui sont nos serviteurs rechignent on les vire et on en nomme d’autres, en democratie c’est le peuple qui décide pas les techniciens, eux ils sont pour trouver des solutions et les mettre en oeuvre. Le conditionnement de masse empeche t il de comprendre ce qu’est une démocratie ?

      Le problème est que le peuple / la nation n’est plus souverain, il faut donc rendre le pouvoir à ceux qui n’auraient jamais du le perdre ( faire payer les usurpateurs me semblent aussi très sain), après nous pourrons decider de ce que nous voulons par le RIC et non ce que nos soit disant représentants veulent.


    • beo111 beo111 7 juillet 10:42

      Merci beaucoup pour votre lien, c’est la meilleure expression du gaullisme social que j’ai jamais lue.

      Maintenant, je ne puis que constater que cela apporte de l’eau à mon moulin : comment expliquer que cette participation des salariés au capital de l’entreprise n’ait jamais fait l’objet d’une loi ? Une seule solution : la corruption des députés.

      Cette corruption est systémique, et seul le tirage au sort des grands électeurs peut la combattre.


    • beo111 beo111 7 juillet 10:45

      Samy, les techniciens sont nos serviteurs, c’est pas tout-à-fait faux, mais poussé à l’extrême c’est un peu puéril, à mon avis.

      Mais allez-y, comment rendez vous le pouvoir au citoyen ?


    • babelouest babelouest 7 juillet 13:33

      @beo111

      Je pense que de Gaulle y penchait, mais vu qu’il est parti, se sentant désavoué, rien n’a eu le temps de se faire. Une telle réforme ne se bâtit pas en un jour. Il faut aussi compter que s’il y avait parmi les ténors des gaullistes de gauche (oui, on peut les appeler ainsi) comme René Capitant, Louis Vallon, Philippe Dechartre, Léo Hamon, Michel Jobert, Yvon Morandat, Jean Charbonnel, plus tard Jean-Pierre Chevènement bien sûr, il y avait aussi hélas nombres d’anciens du MRP aux vues bien plus droitières, ce qui n’arrangeait rien, comme Debré (Michel) ou Pompidou, et tant d’autres. Vous n’avez pas connu cette période, moi si, et je ressentais tous les jours ces frictions qui empêchaient les bonnes réformes de passer sans une rude foire d’empoigne.

      .

      C’est vrai, aujourd’hui ce qu’on appelle « réformes » correspond au démontage de tout ce qui s’était fait quand De Gaulle était là. Ce n’était pas un homme « de gauche », mais il était intelligent, et sa droite tenait plus à un fond chrétien (dont ont joué « les maîtres de forges » en apportant aux ouvriers de petits avantages les liant d’autant plus à eux). C’était à une certaine période ce qu’ont connu les employés des Zaibatsu au Japon : là aussi c’est terminé.


    • samy Levrai samy Levrai 7 juillet 14:38

      D’abord et avant tout en quittant l’UE, l’euro et l’OTAN qui empêche notre indépendance , puis en demandant au peuple à nouveau souverain ce qu’il veut comme système lui garantissant que jamais plus nous ne tombions sous la coupe de puissances étrangères. Il y a un préalable puis tout est possible, sans le préalable rien n’est possible.

      https://www.youtube.com/watch?v=Qi2z_UBhSWs


    • samy Levrai samy Levrai 7 juillet 14:42

      @ Beo111

      Nous avons eu un vol de democratie poussé à l’extrême... as tu trouvé cela puéril ? connais tu le thermodynanisme ? Comment le pouvoir du peuple pourrait il être puéril et le pouvoir oligarchique financier ne pas l’être ? par conditionnement ?


    • beo111 beo111 8 juillet 00:24

      Merci pour le lien vers l’histoire de France, c’est justement dans mon étude, je regarderai quand j’aurai le temps.

      Par contre pour sortir de l’UE et de l’euro il faut notamment une majorité à l’Assemblée. Or tant que les députés seront corrompus on ne voit pas comment ils voteraient dans ce sens.

      Pour l’OTAN il suffit que le PR, le chef des armées en veuille ainsi. Mais vu qu’il y a des inconvénients ça me parait mieux que les représentants du peuple donnent leur avis là dessus.


    • beo111 beo111 8 juillet 00:33

      Le pouvoir oligarchique financier est puéril dans le sens où il n’a pas de contre-pouvoir. Donc tel un adolescent il repousse toujours ses limites, et rien ne l’arrête dans sa connerie. À l’heure actuelle parait-il que les considérations environnementales le feraient douter, mais ça ne change pas grand chose pour les prolétaires.


    • samy Levrai samy Levrai 8 juillet 09:54

      Les représentants du peuple se sont assis sur un referendum... Les representants du peuple ont contre nos intérêts et notre volonté transmis notre souveraineté a des étrangers . Ils ont perdu toute légitimité et leurs avis nous indiffèrent, ne suis tu pas l’actualité ? la bascule à Charlot devrait pouvoir leur rendre un peu de sens democratique...


    • samy Levrai samy Levrai 8 juillet 10:04

      Nous sommes dans un parti unique et avons en gros la même organisation que l’Ex URSS...

      Ne te sont présentés par les medias de masse ( appartenant à une dizaine de millardaires mais que nous subventionnons !) que ceux qui adhèrent ( de l’extreme gauche à l’extreme droite ) à la soumission euro atlantiste.

      Les députés et sénateurs ne faisant que retranscrire en droit français , les directives qui leur sont dictées, ils ne peuvent « briller » que par les sujets de société clivants et la surveillance/repression des pauvres.


  • HELIOS HELIOS 6 juillet 14:42

    répondre a vos question ? voila, tout en une seule phrase :

    La loi du plus fort encourage les plus bas instincts


    Pour le reste, ce n’est guerre compliqué, il reste le mensonge, l’influence, l’ignorance, l’égoïsme, incompétence, la facilité (pas d’effort) etc... la liste est longue et cela s’appelle en un seul mot : la MORALE... et on sait pourquoi les plus forts détruisent toute spiritualité, parce que justement, la spiritualité construit la morale.


    • beo111 beo111 6 juillet 17:15

      Justement, le grand électeur est en position de force, il est donc rassuré de ce point de vue là. Mais il n’en reste pas moins soumis à un principe de responsabilité, devant sa famille, ses proches, son entourage, sa proximité. Beaucoup de figures, que le mental est obligé de synthétiser sur le plan moral, ou spirituel.


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