vendredi 21 mars 2008 - par Forest Ent

2008 année noire : le crépuscule des dieux

Depuis six mois, vous avez lu « ... a déclaré que les choses allaient s’arranger », « ... rebond deuxième trimestre... ». Et puis un jour le patron de Bear Sterns a dit que tout allait bien et une semaine plus tard cette banque à 30 milliards US$ avait disparu. Cette fois on y est ? On est tous d’accord ? La crise est bien là ?

Nous poursuivons ici notre chronique macro-économique d’une crise annoncée, commencée il y a un an, et les épisodes précédents de mars 2007, avril 2007, juillet 2007, octobre 2007 et janvier 2008. Ils étaient dans l’ensemble consacrés à l’annonce et aux symptômes de cette crise. Cette partie de la chronique est terminée, l’info étant maintenant parvenue dans la presse généraliste, à tel point qu’on va peut-être même finir par la voir dans Direct soir. Agoravox a ici fait honorablement son travail en diffusant à temps sur ce sujet des informations que l’on ne trouvait pas trop dans Le Monde ou La Tribune.

Le présent article sera consacré à caractériser cette crise.

Le stress ? Non, le cancer tout simplement.

Réfutons d’abord quelques interprétations positives.

Cette crise n’est pas une crise financière : l’impact sur l’économie est maintenant démontré.

Cette crise n’est pas une crise transitoire ou une crise de liquidités qui traduirait le fait que la monnaie est temporairement insuffisante pour accompagner une croissance vertueuse : les liquidités déversées depuis six mois à coup de kärcher n’ont eu aucun effet.

Cette crise n’est pas une crise immobilière : on la voit se propager rapidement à d’autres formes de titres.

Cette crise n’est pas une crise américaine : elle se propage déjà en UE et, malgré la fameuse « théorie du découplage » du FMI, on commence à sentir l’inquiétude gagner l’Asie.

En conclusion, c’est une crise économique mondiale. D’où vient-elle donc ?

Elle s’est manifestée au début par une augmentation des défaillances immobilières américaines. Le prix du logement avait beaucoup augmenté, mais la baisse des taux après 2002 avait permis aux ménages à la fois de s’endetter à taux apparemment faibles et même de continuer à consommer en gageant leurs logements. Cette baisse des taux vers 2002 tentait de relancer l’économie américaine après l’explosion de la bulle de 2001 qui portait sur les valeurs technologiques. Tout cela se résume à un excès de masse monétaire qui s’est porté d’abord sur les actions, puis la pierre, et résulte en un surendettement global.

Il apparaît ainsi que depuis l’époque Reagan les Américains s’endettent de plus en plus massivement pour maintenir leur train de vie. Pourtant, dans le même temps, on nous disait que leur « économie de la technologie et de la connaissance » était la plus performante et la plus productive de la planète. Pourquoi cette économie si performante ne leur a-t-elle pas suffi ? Pourquoi les ménages se sont-ils à ce point surendettés par rapport à leurs ressources (pour arriver au même résultat, il faudrait que les ménages français s’endettent de 750 milliards d’euros supplémentaires) ? Et pourquoi les actions puis les logements ont-ils été à ce point surévalués ?

Y=X*X

Commençons par une parabole.

Si vous inventez un métier à tisser automatique dans une ville où l’on fait la couture à la main, vous allez bien le vendre et gagner plein de sous. Et mettre plein de canuts au chômage. Vous allez bien placer vos sous, et pas tous les dépenser. Il va se vendre l’an d’après moins de pain. Si vous inventez maintenant l’électrophone, il n’y a plus personne à qui le vendre dans le coin. Ca sera par contre facilité si l’on augmente les salaires des gens qui font marcher les métiers automatiques. Il y en aura bien un ou deux pour acheter l’électrophone, et ça redonnera progressivement du travail aux anciens canuts.

En résumé, le mécanisme d’absorption du progrès technique par une société est un mécanisme lent, qui implique une redistribution progressive de la plus-value du capital vers le travail. A court terme, il est seulement générateur d’inégalités. C’est paradoxal parce que produire autant de richesses avec moins de main-d’oeuvre peut sembler un bienfait global. Mais ça ne fonctionne qu’avec des mécanismes d’adaptation et de redistribution, c’est-à-dire un certain équilibre social.

Pendant ce temps-là, avec vos gains vous avez acheté cher un beau logement dans un quartier d’inventeurs. Comme vous avez été plusieurs, ça a fait monter les prix. Du coup, un investisseur avisé a acheté un bout du quartier. Il a dû emprunter pour cela, mais ce n’est pas grave parce qu’il revendra plus tard plus cher. Tant qu’il y a de nouvelles inventions qui se vendent bien, ce n’est pas un problème. Il a emprunté cher, parce que la banque ne lui aurait sinon pas prêté, étant donné qu’elle gagne d’habitude 10 %/an en prêtant aux inventeurs à succès. Si jamais ce mécanisme s’arrête, l’investisseur est ruiné et la banque aussi. Il faut donc que les inventions continuent sinon tout le monde plonge.

En résumé, l’avidité est génératrice d’avidité. Si l’on s’habitue à une rentabilité élevée du capital, elle devient nécessaire par effet de « pyramide ».

You haul sixteen tons and what do you get ? You are one day older and deeper in debt.

Le surendettement des ménages s’explique par l’augmentation du prix de l’immobilier et surtout celle des inégalités. Le salaire médian en monnaie constante n’a pas varié aux Etats-Unis depuis trente ans. Un ouvrier américain a le même pouvoir d’achat qu’en 1978. Dans le même temps, le revenu moyen a augmenté de 3 %/an. Cela signifie que certains sont devenus riches pendant que la majorité stagnaient, et rétrogradaient en termes relatifs. Quant à l’augmentation des prix de l’immobilier, elle profitait bien sûr plus aux rentiers propriétaires de foncier qu’aux salariés endettés pour leur logement. Dans le même temps où le pouvoir d’achat stagnait, le prix du logement a triplé. Tout cela suffit à expliquer le surendettement d’une partie de la population, qui souhaitait maintenir son niveau de vie face à la charge de plus en plus lourde des rentes.

Cela explique aussi la bulle technologique : il fallait de nouvelles activités très rentables pour absorber la bulle de capitaux qui s’était formée. Mais elle a crevé parce qu’il n’y avait pas de salaires suffisants pour fournir les rendements élevés attendus. De manière anecdotique, regardons les secteurs les plus surinvestis en 2000 : IT et génétique. On imaginait sérieusement à l’époque que les gens allaient payer 1 $ pour voir une minute de film sur leur portable. Où auraient-ils trouvé le $ ? (Je me plais ainsi à penser que eMule a été le catalyseur de la crise actuelle.) Quant à la génétique, on en voyait des applications dans le domaine de la santé, mais qui aurait pu payer de nouveaux médicaments hors de prix dans le temps où les salaires stagnaient et le médical était progressivement démantelé ? Quant aux OGM, même s’ils avaient permis 10 % de gains de productivité de plus en agriculture, ça n’aurait jamais pu rentabiliser à ce point les investissements faits, et ça n’a même pas été le cas.

On spéculait sur une demande inexistante puisque la redistribution ne fonctionnait pas. Mais pourquoi ne fonctionnait-elle pas ?

Quelles étaient les sociétés qui gagnaient vraiment des sous avant le krach ? Bear Sterns et les autres banques, ce qui était logique puisque le capital était très rentable. Exxon et les autres pétroliers, ce qui est un cas particulier dont on n’aura pas la place de parler ici. Mais on notera surtout que Walmart gagnait bien des sous tandis que Ford et GM en perdaient, à tel point que GM ne pense pas pouvoir payer les retraites de ses employés. Quelle différence entre Walmart et GM ? Walmart importe de Chine alors que GM fabrique aux Etats-Unis. Cela explique pourquoi la redistribution n’a pas fonctionné  : grâce au jeu, qu’on ne peut décemment appeler qu’un jeu de cons, qu’a été la mondialisation telle qu’elle a été pratiquée.

Rappel des dogmes

Ce que vous disent tous les économistes officiels, tous les gens sérieux, toutes les institutions respectables, tous les partis politiques depuis vingt ans, RPR/UMP, PS et UDF/NC/MoDem inclus, c’est à peu près le truc suivant :

Les emplois peu qualifiés se barrent en Chine. C’est très bien. Ils nous vendront des chaussettes, gagneront ainsi un peu de sous et on leur vendra des Airbus. Il faut s’adapter ! Vive l’économie de la connaissance. Investissons dans la formation. Surtout laissons le marché fonctionner. Pas d’intervention ni de régulation. Le commerce international profite à tout le monde.

A long terme, ce n’est pas idiot, mais on a mis la charrue avant les boeufs en abandonnant des emplois avant d’en avoir d’autres pour les remplacer, et même une idée de mécanismes de solvabilité de la demande future. Dans quelques semaines, ces braves gens diront :

Ca a manqué un peu de régulation. Il faut une intervention pour empêcher l’absence de système financier d’asphyxier l’économie. Après, ça repartira comme avant.

Ces braves gens se sont foutus de votre gueule pendant vingt ans, consciemment pour ceux disposant d’un encéphale. La presse a relayé parce qu’elle était payée pour. Vous y avez cru parce que vous respectez l’autorité et pensez que vos gouvernants ont une certaine sagesse minimale. La crise de 2008 va mettre les masques à terre. On va maintenant vous demander de payer les pots cassés.

Le grand jeu de cons

En pratique, cela a été la mondialisation des riches contre les pauvres, des riches américains contre les pauvres américains, des riches français contre les pauvres français. Cela a été en pratique un moyen de bloquer les mécanismes de redistribution qui rendent le progrès technique supportable à moyen terme. Cela a permis de bloquer les salaires, multiplier et défiscaliser les revenus du capital, appauvrir les Etats et créer ainsi de nouvelles rentes capitalistiques.

Depuis quinze ans, la valeur des actions aux Etats-Unis a augmenté de plus de 10 %/an. Dans cette période, la croissance américaine et mondiale n’a jamais dépassé les 5 %/an. D’où est donc venue cette augmentation phénoménale des profits (nb. à P/E constant) ? D’une révolution technologique ? On la cherche encore, la bulle internet ayant crevé. Il ne reste qu’une hypothèse : elle provenait de la baisse des salaires. La stagnation des salaires occidentaux ne l’explique qu’en partie. Elle s’explique mieux par le recours à de la main d’oeuvre à bas prix. Ailleurs. En Chine. Ce qui avait par ailleurs l’avantage de maintenir la pression sur les salaires. L’utilisation progressive d’esclaves chinois limitait le salaire des ouvriers américains.

Il devenait impossible de taxer les revenus du capital. Cela aurait « fait fuir les investisseurs » vers des contrées plus accueillantes. En fait, ils résident dans une île de pirates, mais il faut bien qu’ils viennent collecter la soupe. Le fonds CCC qui vient de faire faillite était domicilié à Guernesey. Lazard et Microsoft sont domiciliés aux Bermudes. Halliburton à Dubai, etc. Les revenus du capital sont devenus intouchables.

Ne pouvant imposer les revenus du capital et imposant des salaires en baisse, les Etats s’appauvrissent. Ils vendent ainsi leurs bijoux de famille, comme ASF et GDF. C’est tout bénéfice pour les investisseurs, qui savent en tirer meilleur profit. La charge des rentes pèse ainsi de plus en plus lourdement sur le travail.

Le biais du système est que pour maintenir les profits élevés, il faut continuer à vendre au prix américain en fabriquant au prix de Shangai. Pour cela, il faut des acheteurs solvables. Il y en a eu de moins en moins. Il n’y en a aujourd’hui plus assez et la partie est terminée.

Comment en est-on arrivé là  ?

« Comment en est-on arrivé là ? », question que l’on voit maintenant tous les jours dans les journaux.

Vous souvenez-vous d’avoir un jour assisté à un débat à l’Assemblée où l’on discutait du pour et du contre du « libre-échange international » ? Vos représentants vous ont-ils souvent interpellé sur ce sujet ? Vous l’ont-ils présenté comme enjeu majeur, avec avantages, inconvénients ? Vous souvenez-vous comment nous y sommes venus ?

Ou bien vous souvenez-vous plutôt de tous ces gens qui vous disaient «  la mondialisation est un phénomène inéluctable auquel nous devons faire face en nous adaptant et en montrant que nous, Français, sommes aptes à remporter la compétition internationale  ; il n’y a pas de débat ; c’est une évidence ; circulez ».

La plupart des traités de libre-échange ont été négociés au GATT puis à l’OMC par un représentant de la commission de l’UE, rédigés en directives européennes et ratifiés par transposition. Il n’y a jamais eu de débat de fond. C’est l’UE qui voulait. L’UE, ce n’est personne. C’est une nécessité si l’on veut continuer à exporter, ce qui est vital, n’est-ce pas. « NAFTA, we hafta ».

Ces traités sont par définition supérieurs aux lois des pays. Vos Parlements discutent pour rien d’économie depuis vingt ans. Ils sont tellement ficelés dans tous les sens que l’on ne peut plus s’en sortir avec simplicité.

En route pour Verdun

Qui va payer la crise ? Les créanciers ou les salariés ? Il y aura une forte pression pour « nationaliser les pertes », c’est-à-dire sauver les créances des créanciers pour « empêcher l’asphyxie du système financier ». Même si vous râlez un peu, on vous en collera un paquet. C’est par exemple la nationalisation de Northern Rock, la garantie de Bear Sterns vis-à-vis de JP Morgan, la baisse des ratios prudentiels de « Freddie et Fannie », etc.

C’est ce à quoi appelle dans Le Monde du 20/3 un certain Jean-Hervé Lorenzi « professeur à Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, conseiller de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, membre du Conseil d’analyse économique » :

Si l’on veut éviter le pire, c’est-à-dire une vraie phase de dépression économique aux Etats-Unis et en Europe, il faut employer les grands moyens. Cela consisterait à créer de grands instruments vraisemblablement publics qui récupéreraient une large partie de ces fameux actifs dépréciés et qui les cantonneraient en se donnant ainsi le temps et les moyens de mutualiser les pertes et de les étaler sur une longue période. Ce ne serait pas la première fois que l’on procéderait ainsi. Toute crise financière suppose à un moment de prendre en charge collectivement les pertes. Reste que plus l’on attend, plus cela coûte cher.

Si ce n’est pas un plaidoyer pro domo, ça... C’est le meilleur moyen d’engager la dépression. Ceci coûtera cher aux contribuables et abaissera encore leur pouvoir d’achat.

En tout cas, l’argent redevant rare, ce monde va être encore plus sans pitié. Les mécanismes de redistribution seront moins que jamais à l’ordre du jour, et cela va finir d’étrangler la machine. Y a-t-il une nouveauté dans tout cela ? Non, la situation est exactement la même qu’en 1880 et en 1925. S’il y a un Zola ou un Steinbeck parmi vous, qu’il affûte sa plume.

Nota bene

Il peut être surprenant dans un article sur cette crise de n’avoir parlé ni du pétrole ni de l’Irak ni du dollar en tant que monnaie d’échange, qui ont tous bien évidemment un rôle important. C’est uniquement pour obtenir un article de taille raisonnable. Et puis il faut bien préserver la suite de cette chronique, ainsi que les nombreuses publications universitaires qu’il y aura pendant quelques décennies sur la crise de 2008.



207 réactions


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:03

    Bonjour,

    J’ai en attente un billet qui dit à peu près le contraire et minimise largement ce spectre de 1929-2008, espérons qu’il sera accueilli pour un débat contradictoire

    bonne journée, avant la marée noire du crash economique


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 10:22

      Ah non. On n’est pas tous d’accord. smiley

      Jetez quand même un oeil là :

      http://finance.yahoo.com/q/bc?s=000001.SS&t=2y

      (en enlevant l’espace avant le ? qu’ajoute l’éditeur HTML de AV)

      et bonne journée aussi. smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:30

      Je vois et je suis au courant, la bourse de Shangai est largement surévaluée, les Chinois ont joué à la bourse comme les Américains en 29, c’est ce que j’explique dans mon billet (pas encore en ligne) mais le réajustement se fera sans une grosse incidence économique, au détriment des classes moyennes chinoises. Espérons qu’il ne vont pas lutter à mort contre la bourse, une fois qu’il auront perdu leurs sous


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 mars 2008 01:42

       @ Forest Ent : je suis tellement d’accord que je n’ai rien a ajouter... sauf ma prévision d’une solution politique qui rendra la situation encore bien pire... pour ceux qui veulent toutes les péripéties de la longue saga qui a mené à cette fin du monde, je vous invite à  45 petits textes sur le sujet... que vous resumez impeccablement ici en quelques pages. 

      Pierre JC Allard

       


    • Ceri Ceri 24 mars 2008 10:43

      on peut faire beaucoup de parallèles entre aujourd’hui et les années 20-30. Par exemple la baisse des salaires demandée par le patronat, l’augmentation continue du chomage et du sous emploi (et donc le rapport de forcer avec les entreprises qui se retourne au détriment des travailleurs), le refus des entreprises de participer aux cotisations sociales, le poids de la Banque de France dans les politiques menées (aujourd’hui c’est la BCE). Ils n’ont pas fait sauter Blum (et d’autres ) pour rien. On ajoute à ça un bon degré d’affairisme (affaire Stavisky notamment), des relents anti parlementaires et l’ambiance est similaire.

      Il y a aussi les médias qui étaient tenus par le patronat, comme- Le Temps, ancêtre du Monde interdit après la guerre pour collaborationnisme, ou Le Figaro (qui cesse de paraitre en 42, quand mm), où on pouvait lire, en plus des idées fascisantes, l’ensemble des arguments du patronat contre les progrès sociaux.

      Et quand, début des années 30, le Front Populaire pointe son nez, on prépare un coup d’Etat fasciste avec les Ligues, financées aussi par le patronat. On n’en est pas là, je m’égare.

      Mais les revendications sociales sont aussi fortes aujourd’hui, la propagande contre ces avancées sociales est également très forte, et il semble que la population n’ait pas plus son mot à dire au sujet des politiques économiques et sociales, toujours décidées entre 4 murs par des technocrates.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 mars 2008 15:45

       @ hihihi. Si vous n’avez pas de temps pour le "pourquoi" vous pouvez prendre le pouls du désastre en cours en lisant uniquement cet article.  Si vous préférez rester dans la bonne nouvelle, lisez plutôt celui ci.

      PJCA 


    • Rage Rage 24 mars 2008 23:12

      Bonsoir (nous sommes lundi soir),

      Comme d’habitude, un article d’une extrême lucidité, je dirais même d’une grande clairvoyance.

      Mondialisation, capitalisation, rentabilité/profit à 15% l’an : il faut bien pressuriser tout le système pour que sommet de la pyramide puisse jouer avec des valeurs qui lui semblent "acceptables".

      Le problème de ce jeu mondial, c’est que l’on en touche les limites. Il n’est plus possible de dégager de la plus-value à gogo sur le clampin de base car celui-ci est endetté, pouvoir d’achat menotté et salarialement plafonné.

      La redistribution du "pactole" est le seul régulateur de l’économie mondial : si l’on ne redistribue pas, à terme le jeu veut que soit concentré dans un nombre extrêmement limité de main l’essentiel de la finance mondial. Problème : quand le rapport de force tourne à l’incapacité de la masse à pouvoir alimenter la machine à plus-value, il faut trouver des solutions.

      Depuis 2001 et les crises successives, des facteurs convergents ont "assêché" les miettes, pillés les plus vulnérables et concentré plus que de raison la masse financière monétaire.

      Des empires colossaux détiennent plus de "cash" que bon nombre d’états du monde.

      Parallèlement les états se sont affaiblis, endettés, aveuglés : nos gouvernants n’ont soit rien voulu comprendre soit rien voulu entendre. Quoiqu’il advienne, un ministre de l’économie ne peut RIEN aujourd’hui : cela se joue ailleurs et surtout à un autre niveau.

      On ne décrète pas la croissance : on ne peut qu’installer les conditions de celle-ci. On ne peut pas en même temps laisser croire à un chômage à 5%, à un croissance à +de 3% avec une société qui ne produit plus rien dans ses usines, qui construit peu -c’est moins le cas...jusqu’à maintenant-, innove peu, dépense beaucoup, importe énormément et vend ses forces.

      Nous avons vendu les brevets, vendu les savoirs-faire, vendu l’intelligence en croyant que les autres étaient trop bêtes pour faire de même. Nous avons profité des niches du marché pour refourguer notre cam’ sans comprendre que nous avions en face des calculateurs.

      En générant de la croissance la Chine et l’Inde sont, avec leur population, en passe de changer les rapports de force mondiaux.

      En se sabordant par la guerre en Irak, une politique économique castatrophique et une politique ultra-néoconservatrice, les Etats-Unis vont emmener dans leur sillage ceux qui auront cru bon de les aider.

      2008 sera l’année d’un changement historique de rapport de force mondial.

      La Chine sera aussi forte que les USA s’affaibliront, que l’UE stagnera et que la communauté dite internationale s’avèrera incapable d’agir face aux décisions du "plus fort " (cf Tibet).

      Il faut nous préparer à ne plus être maître de nos destins car plus en position de force : voilà pourquoi nous allons payer cher le fait d’avoir élu des incompétents à la tête de notre pays... comme aux USA.


  • aye 21 mars 2008 10:13

    Je ne pense pas que cette fois-ci on s’en remettra ou alors dans 100 ou mille ans.

    cette fois la partie est finie.


  • Talion Talion 21 mars 2008 10:27

    Un excellent article Forest, comme d’habitude. IL expose simplement et vulgarise avec efficacité la situation.

     

    J’ai bien aimé aussi le petit clin d’oeil au P2P qui a certainement été le révélateur d’un malaise et le premier moyen pour le citoyen de base de placer un "NON" sans appel à un système qui devenait de plus en plus kafkaien.


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:06

      Salut, cher ami.

      Il y a deux décisions politiques qui ont semblé sur le moment totalement illogiques et incompréhensibles (au moins pour moi) : le DMCA (EUCD/DADVSI) et l’invasion de l’Irak. Elles sont par contre explicables si l’on admet que leurs initiateurs raisonnaient de la manière présentée ici.


  • jako jako 21 mars 2008 10:29

    Très convaincant merci à l’Arbre , avec sa permission je vais le conserver .

    C’est exactement ce que je pense , on a juste oublié la consomation.


  • Aspiral Aspiral 21 mars 2008 10:33

    Mesurer à longueur de temps les dimensions de sa prison ne permettra jamais d’en sortir. tant que chacun a pu en "profiter", on n’a pas voulu savoir que le capitalisme est une maison construite sur le sable de la confiance. Dès que cela n’a plus été si bien, le mensonge est venu saper les fondation d’un système qui n’est pas autre chose que l’emballage pseuso-scientifique de la même chose que toujours : l’individualisation des profits et la socialisation des pertes. Eternel humain ! les débats d’ex-pères sur l’avenir ne changera rien à cet avenir quel qu’il soit, mauvais de toute façon, partout. On n’a pas tiré comme il l’aurait fallu les leçons des années quarantes, trop focalisés sans doute sur l’horreur des camps (le doigt) pour voir le vrai problème (la lune) c’est-à-dire le scientisme qui a généré tout cela. La civilisation entère est devenue un camp, au plus grand profit des mafieux qui ont fait de la loi un terrain de jeu.


    • Aspiral Aspiral 24 mars 2008 04:12

      Vous n’aurez pas compris
      Vous n’aurez pas compris, lorsque viendra mon heure,
      Vous n’aurez pas compris grand chose à ma chanson,
      Vous n’aurez pas compris, mais il faut que je meure,
      Pour qu’à votre folie soit donné le pardon.
      Vous n’aurez pas compris, vous fermerez vos portes,
      Vous fermerez vos c˛urs au soleil de l’amour,
      Et vous vous en irez, lamentable cohorte,
      Vers d’autres horizons qui reculent toujours.
      Oh ! Gethsémani ! la lune danse dans les arbres,
      Oh ! Gethsémani ! le vieux pressoir est plein de fruits.
      Vous n’avez pas compris la beauté du message
      Que je vous apportais en frémissant de joie,
      Vous n’avez pas compris, vous croirez être sages
      En clouant la sagesse au gibet de la croix.
      Et vous profanerez toute la paix du monde
      En faisant retentir les cris de votre orgueil.
      Et vous vous en irez pour conquérir le monde
      Mais nous n’y sèmerez que la ruine et le deuil !
      John Littleton
       

      Bonne fête de Päques à ceux qui y croient encore, à l’amour et à la vie !


  • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 10:34

    @forest

     

    bravo pour cet article ! la vie est dure mais pas pour tout le monde et notre président qui fréquente plus les patrons du cac40 qui ont multiplié exponentiellement leurs revenus depuis vingt ans que le monde ouvrier dont le salaire suit à peine l’inflation dont le vrai taux est caché par le pouvoir ne peut pas mesurer le désarroi de la population ! il a d’ailleurs triplé le sien l’an passé

     

    c’est vrai que parler du cours du brut aurait rallongé l’article , mais ce sont les moins aisés qui en souffrent le plus , alors que cette hausse est complétement artificielle et ne profite qu’à une poignée des spéculateurs qu’on devrait jeter dans ces barils et recouvrir de plumes !


    • petite baffe petite baffe 24 mars 2008 20:35

      C’est sur qu’on peut compter sur L’Oréal, Total ou LVMH pour faire progresser l’humanité.

      Les véritables innovations techniques qui auront une influence sur notre vie ne viendront pas des entreprises du CAC 40. D’ailleurs ces gros groupes préfèrent augmenter aujourd’hui les dividendes versées à leurs actionnaires au détriment de la R&D.

       


  • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 10:40

    Forest, très bel article, très clair comme toutes vos explications. Quel est votre point de vue personnel pour

    sortir de cette crise ?


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 10:53

      Il faudra longtemps pour apurer la situation financière, mais l’exemple du Japon montre que plus on le fait vite mieux ça vaut. Ne sauvons pas les banques ! Ce que nous pouvons faire de moins pire est de continuer à importer un peu pour éviter le chaos en Chine.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:54

      Fanfan, il y a un point de vue personnel pour sortir de cette crise, c’est qu’en fait il n’y a pas de crise économique comme en 1929 mais une crise financière qui produira un ou deux point de croissance en moins et tout va repartir


    • Philou017 Philou017 21 mars 2008 11:11

      @Dugué

      Que faites-vous du déficit abyssal des Etats-unis qui croit d’année en année. Les E-U vivent à crédit sur le reste du monde. Avec le dollar qui plonge, ça ne saurait durer. Et on n’a pas fini de découvrir des banqueroutes financieres. Sans compter le pétrole qui grimpe, sans qu’on voie une raison pour que cela s’inverse.

      La crise actuelle me parait une crise de fond, pas une crise conjoncturelle.


    • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 13:45

      Léon, nationalisations ? avec quel argent ? qu’est-ce que cela apporterait à l’économie française ?


  • Bulgroz 21 mars 2008 10:40

    On le voit avec les contradictions entre Forest et Dugue que le monde est partagé en deux : les Zoptimistes et les Bezimistes.

    Les zoptimistes pensent que dans quelques années, il n’y aura plus que de la merde à manger.

    Les Bezimistes pensent qu’il n’y en aura pas pour tout le monde ;

     

    Ps : Désolé de son contretemps C’était en attendant de me forger une opinion sur votre article.


  • Fouinos 21 mars 2008 10:43

    Merci à Sylvebarbe pour cet article clair qui me permet de comprendre un peu ce qui se passe.

    Je ne sais pas si vous avez raison sur tout, mais en tous cas, c’est pas dénué de sens. Et comme j’ai tendance à penser la même chose : j’applaudit !

    J’attends la suite avec impatiente.

    Au passage, je suis étonne de pas avoir encore lu pallas venir dire que de toute façons, les pauvres n’ont que ce qu’ils méritent...

     

     

     


  • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 11:10

    Forest, Bernard, merci de vos posts.

    L’appauvrissement et la précarisation d’une partie pauvre de la population me semble le point d’achopemement de cette crise. A mon humble avis, il faut recentrer sur l’humain, le travail avec plus d’emplois de services à la personne (crèches, activités para scolaires, gériatrie), aide à la création des TPE, des artisans, agriculteurs. Réhumaniser les "quartiers" en y réintroduisant commerces, vie sociale et municipale.

    La spirale infernale de toujours plus d’inventions pour créer de nouveaux besoins et permettre de verser qq bas salaires, a montré ses limites (outre l’aspect poluttion et destructions d’énergies premières).

    Au fai t orest, sur votre site je n’ai pas vu le Canard, c’est ma vue qui baisse ou un oubli ?


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:03

      Je n’avais pas la prétention d’énumérer tous les titres. Le "canard", qui est le seul journal où je trouve des infos et que je lis régulièrement, est 100% indépendant.


    • Eloi Eloi 21 mars 2008 15:45

      Fanfan,

      Selon moi, le propos de l’article n’était pas de disqualifier la technique, mais de pointer du doigt le problème de la non-redistribution des richesses (et plus généralement les musures sociales) sensée accompagner le développement technique.

      Problème donc plus politique que technique !

      Cibler un faux-problème n’apporte rien ! Il faut viser fort et juste !

      (il ne semble pas possible aujourd’hui de nier ce que la science a pu apporter ; et ca ne vaut pas dire non plus nier ses désagréments : soyons objectifs, pas idéologiques)

      Cordialement


  • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2008 11:14

    On privatise les profits et on socialise les pertes apparamment.

    Il y aura peut -etre de grands bouleversements (surtout pour les plus pauvres), mais les plus puissants vont profiter de cette crise, en rachetant tout à bas prix, concentrant encore leurs pouvoirs.

    Il ne restera bientot plus que "the big company", controlant tout.

    C’est triste on n’y peut rien, le capital à gagné, les masses ne se révolteront pas car trop soumises et abreuvées de propagande.

    Des millions d’américains se retrouvent à la rue, ils acceptent docilement leur sort, sans rien dire.

    On a tondu le mouton, et maintenant on va l’envoyer à l’abbatoir le regard vide et désemparé.

    On va envoyer tout ces moutons mourrir sur les champs de batailles aux cris de "Vive la patrie, Vive la liberté, Vive la démocratie"

    Mais je n’irai pas me sacrifier pour monsieur le banquier, il ira sans moi la faire sa guerre.

    Je suis un pauvre mouton tondu qui refuse de mourrir pour engraisser le banquier !


  • herve33 21 mars 2008 11:23

    Excellent article , qui montre qu’on est véritablement à un tournant de civilisation , la crise économique qui se profile va avoir des conséquences sur la vie de tout le monde , et on peut dire que si tout cela se passe sans guerre , on aura échapper au pire .

    Cette crise va nous faire prendre conscience que la machine économique telle qu’on nous l’a vendue ( mondialisation , délocalisations ... ) n’est qu’une machine à broyer l’humain . Tous nos concitoyens s’apercevront qu’ils ont été largement trompés , et vont demander des comptes , et sincèrement j’aimerais pas etre à la place de ces patrons du CAC40 ou des grandes banques ou des politiques en place actuellement .

    Mais cette crise sera peut etre une chance de remettre les choses en place , dévisser les lobbies qui dirigent ce monde , créer une société au service de l’Homme et non du Capital .

     

     

     


    • Eloi Eloi 21 mars 2008 15:49

      Actuellement, dans les écoles, on n’apprend pas que :

      "l’entreprise est là pour subvenir aux besoins"

      mais que :

      "l’entreprise est là pour générer du profit"

      Comment s’étonner ? Comment s’étonner que nos besoins ne soient pas satisfaits ? Comment une telle redéfinition de l’économie a-t-elle pu s’implanter (à notre insu ?) ?


    • Aspiral Aspiral 23 mars 2008 08:45

      Insensiblement, comme la grenouille qui meurt de chaud dans le bocal qu’on chauffe tout doucement. par non prise en compte des changements au niveau des structures d’espace et de temps que la technologie a permis, les investisseurs, des gens courageux, ont été progressiement remplacés par des joueurs. On a inversé le sens de la pyramide sociale -elle repose actuellement sur la pointe On a aussi inversé le sens du temps : on ne s’intéresse plus qu’au passé et à ses acquis au lieu d’aller de l’avant en assumant de vrais "risques".


  • ZEN ZEN 21 mars 2008 11:26

    "..Le surendettement des ménages s’explique par l’augmentation du prix de l’immobilier et surtout celle des inégalités. Le salaire médian en monnaie constante n’a pas varié aux Etats-Unis depuis trente ans. Un ouvrier américain a le même pouvoir d’achat qu’en 1978.."

    Je crois que Forest a pointé dans ce passage un des noeuds principaux du problème. Comme le Canada dry, cette crise ressemble à une crise financière, mais elle a des racines socio-économiques plus profondes, excellemment soulignées par Forest...elle est la conséquence presque prévisible d’un changement de nature du capitalisme depuis les années 70.


  • cumulus 21 mars 2008 11:39

    Cet article n’est pas du tout convaincant.

    Pour construire un jugement, il faut évaluer les bénéfices du système.

    Par exemple, sur BFM ce matin, ils disaient que depuis 10 ans 25 % de la croissance mondiale est générée par la finance moderne .

    LA croissance du PIB mondial est de l’ordre de $4000 milliards par an.

    Le monde a donc gagné $40 000 milliars de PIB en 10 ans dont 10 000 milliards grace aux nouveaux outils financiers.

     

    Ces gains sont à comparer aux pertes de la crise actuelle qui sont évaluées à 600 milliards.

    C’est vrai c’est une grosse somme mais ce n’est que 6% des gains de l’économie (donc de tout le monde)

    Le plus gros problème c’est que personne ne sait qui a perdu ou perdra tout cet argent.

     

     


    • Fouinos 21 mars 2008 11:57

      " personne ne sait qui a perdu ou perdra tout cet argent. "

      La réponse est dans le texte : "privation des banques" et donc partage entre tous des pertes !

      Le seul soucis, c’est que les plus faibles qui vont en souffrir. Mais si ca ne vous dérange pas...

       


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:02

      La croissance mondiale, je ne sais pas, mais celle de BFM certainement. smiley

      Malheureusement, tous ces chiffres de nature quasi religieuse ventilés à fond depuis si longtemps par l’OCDE n’ont aucune réalité économique.

      Notez simplement que si la "croissance du PIB mondial" en $ a été de 5%an, la baisse relative du $ de 25% depuis un an vient d’annuler 5 ans de "croissance".


    • Bulgroz 21 mars 2008 12:11

      Tous les économistes s’accordent pour dire que dès cet été, la crise sera en voie de résorption.

      Stabilisation de l’USD à un niveau un peu plus haut qu’aujourd’hui dès que la BCE aura annoncé une légère baisse de son taux directeur. Reprise de l’activité aux US et de l’épargne permettant la baisse du déficit Américain.

      On parle de pertes financières de l’ordre de 600 Milliards d’USD. Combien de ces 600 Milliards sont dues à la surévaluation des actifs ? J’ai acheté un truc pour 100 à quelqu’un qui l’avait payé 80, je l’ai réévalué à 150 car c’est ainsi que je l’ai évalueé au prix du marché et maintenant je sais que cela vaut 90. Soit une perte financière de 60 inscrite dans les comptes mais j’ai perdu 10 de pognon en réalité.

      La solution pour éviter ce genre de problème serait de revenir à la bonne règle comptable de l’inscription de la valeur d’un actif à sa valeur d’acquisition, basta.

      Et ça le monde politique est en mesure de l’imposer.

      Alors, je repose cette question : de ces pertes annoncées ; combien sont uniquement dues à des surévaluations fictives (pertes fictives suite à gains fictifs). ?

      Ne me dites pas zéro, j’ai connu ça.

       


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:22

      C’est la même question que celle de M Verhille, et elle n’a pas de bonne réponse. Il n’y a pas de valeur objective d’un actif.

      Par exemple, Google avait il y 3 mois un P/E de 40, qui a baissé un peu depuis. D’après vous, combien vaut Google ? La valeur de ses immobilisations matérielles ? Ce n’est presque rien. Ses bénéfices ? Prenez alors un P/E standard de 14. Sa croissance des dernières années ? Qu’est-ce qui vous prouve qu’elle va se poursuivre ?

      La question de la valeur objective des actifs n’a pas de sens dans un marché : la valeur d’un actif est le prix de la transaction, et il n’y en a aucune autre.


    • anomail 21 mars 2008 12:48

      >25 % de la croissance mondiale est générée par la finance moderne .

      Excusez ma naïveté, mais comment crée-t’on des richesses juste avec un système financier, sans que personne ne fabriques rien ?


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:52

      On fabrique des billets. smiley


    • herve33 21 mars 2008 12:53

      "Le monde a donc gagné $40 000 milliars de PIB en 10 ans dont 10 000 milliards grace aux nouveaux outils financiers."

      Quel Monde ? certainement celui du citoyen lamba qui n’a vu progressé son pouvoir d’achat que de quelques pour cent , peut-etre les pays émergents mais là aussi , le peuple n’en a récolté que des miettes , sans parler de la campagne chinoise qui elle vit toujours comme il y a 50 ans , voire pire . 

      Tous ces bénéfices vont alimentées des comptes , ou fond de pension qui exigent des rendements en dehors de toute réalité physique , sans aucune création de richesse . Tous cela ne sont que des instruments financiers visant à drainer le peu de richesse des pauvres vers une minorité de personnes ultra - riches qui elles ne consomment pas , donc ne font pas tourner l’économie .

      Quant à croire que cette crise n’est que passagère , même les médias traditiionnels commencent à parler de crise , c’est vous dire si la situation est grave .

      Même si la crise , c’est un peu leur fond de commerce , bravo , à Europe2020.org qui depuis Mars 2006 parlait de crise systémique globale alors que tous les soit-disant experts en riaient . Force est de constater qu’ils se sont pas trompés et leurs prévisions pour fin 2008 sont loin d’etre optimistes ( www.europe2020.org )

       

       

       

       

       

       


    • herve33 21 mars 2008 13:14

      Pour ce qui croient encore que la crise est mineure .

      http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?&news=5292980

      ET cela n’est que le début ....

       


    • Bulgroz 21 mars 2008 13:18

      Forest,

      Vous balayez d’un revers de manche l’argument de l’incription comptable d’une valeur comme si les transactions financières se faisaient dans l’ignorance des documents comptables.

      Si c’était vrai, comment la Société Générale qui avec des pertes de 2,x milliards au titre des Subprimes (je ne parle des pertes Kerviel) peut se payer 50% de la Rosbank (CEI) pour 1,2 milliard d’euros sans attendre le résultat de l’augmentation de capital ?

      Quant à Google (société à actifs virtuels), sa valeur devrait se calculer sur la base des Cash flows passés et non futurs.

       


    • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 13:31

      La valeur d’un bien = prix qu’un acheteur est prêt à mettre pour l’acquérir.


    • cumulus 21 mars 2008 14:11

       

      Anomail dit :

      "Excusez ma naïveté, mais comment crée-t’on des richesses juste avec un système financier, sans que personne ne fabriques rien ?"

      C’est assez facile à expliquer. Il suffit :

       

      • de mettre les ressources financières là où il y a des besoins pour permettre que la production augmente plus vite (exemple : en Inde ; le niveau de vie moyen augmentera de 14% cette année, donc probablement la production s’il y a des investissements)
      • de faciliter les échanges en permettant aux industriels de limiter certains risques (cours des matières premières, de la monnaie ) en les transferrant  vers ceux qui accepte du risque (spéculateurs )

      En fait ce que j’ai compris, c’est qu’il y a beaucoup trop d’argent "liquide" dont beaucoup ne savent plus quoi faire. Par exemple c’est un peu raide pour un chinois d’accepter sans réagir de disposer de $1000 milliards de réserve et d’en voir une bonne partie s’évaporer.

      C’est pour cela que le système se dérègle.


    • cumulus 21 mars 2008 14:26

       par Forest Ent (IP:xxx.x06.8.145) le 21 mars 2008 à 12H02  a dit "Malheureusement, tous ces chiffres de nature quasi religieuse ventilés à fond depuis si longtemps par l’OCDE n’ont aucune réalité économique.La croissance mondiale, je ne sais pas, mais celle de BFM certainement."

      Si ce que dit l’OCDE n’ a aucune réalité économique, qui dit (au moins en partie) la réalité économique ?

       De toute façon l’augmentation du niveau de vie en Chine, en Inde en Russie et en Afrique, c’est une réalité, et c’est que mesure le PIB. C’est imparfait mais cela a le mérite de faire concensus.

      "Notez simplement que si la "croissance du PIB mondial" en $ a été de 5%an, la baisse relative du $ de 25% depuis un an vient d’annuler 5 ans de "croissance".

       

      Le $ n’est qu’une unité de mesure. Les variations ne sont pas proportionnelles à la croissance ou décroissance du PIB mondial justement parce qu’il est mondial.

       

      Cdlt,

       

       

       

       


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 16:14

      Oui et non

      Prix = valeur qu’un acquéreur est prêt à payer à un instant T, ce qui ne préjuge en rien la valeur de ce même bien à un instant T1

      De plus si ce bien est un bien de production tout dépend de sa capacité à rendre possible du profit dans le futur. Et ce grâce au travail qui permet de le mettre en oeuvre en vue de produire des richesses ou marchandises ou services vendables.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 16:17

      Oui et non

       Valeur d’une bien = prix qu’un acquéreur est prêt à payer à un instant T, ce qui ne préjuge en rien la valeur de ce même bien à un instant T1

      De plus si ce bien est un bien de production son prix au présent et dans le futur dépend de sa capacité à rendre possible du profit . Et ce grâce au travail qui permet de l’utiliser en vue de produire des richesses ou marchandises ou services vendables sur un marché porteur.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 16:18

      Excusez l’erreur, voir la suite


    • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 17:40

      Sylvain, le prix ne correspond t-il pas à la valeur attribuée au bien. C’est un "équilibre" entre ce que le vendeur accepte de recevoir en échange du bien et l’acheteur.

       


    • Prêtresse Prêtresse 21 mars 2008 19:28

    • k2pal k2pal 22 mars 2008 13:21

      @cumulus 21/3

      non, dans votre commentaire vous sous-entendez qu’il y a quand même industrie et économie réelle.

      Une réponse à la question est la suivante :

      on crée de la richesse à partir de rien (cela signifie que c’est une richesse potentielle, virtuelle ) en utilisant du crédit pour engranger des bénéfices financiers grace aux outils modernes dévoyés au service de la spéculation (par exemple les contrats à terme).

      Mais il faut tout de suite préciser que ces "bénéfices" n’ont pour pendants que des crédits ici et là qui ne sont jamais remboursés. Le système tourne sur l’idée que le "crédit global en cours " ne cesse jamais.

      Or en période de tensions économiques et sociales, la confiance n’étant plus au rendez vous, on peut s’apercevoir que la masse des crédits représentent beaucoup beaucoup plus que la richesse tangible, qui dans une optique de liquidations pourrait être vendue pour rembourser les dettes. Et il n’y a aucun "boni de liquidation" à attendre , qu’un énorme et abyssal "mali" mondial.

      Certes des actifs réels existent bien , même s’ils ont tous été très sur-évalués, alors la conséquence sera que ces actifs vont aller dans les mains d’une petite élite à qui l’on a confié la gestion de la monnaie. Pour eux il n’y aura que des moins values "comptables" mais il seront bel et bien propriétaires de valeurs bien réelles : des terrains, des immeubles, des savoirs faire, de l’or et des matières précieuses, des forêts, des lacs et des îles, que sais je encore. Enfin de quoi vivre très confortablement tandis que ceux qui pouvaient encore flamber au casino iront prendre leur soupe aux resto du coeur du coin !


    • Prêtresse Prêtresse 22 mars 2008 15:08

    • Darwa 22 mars 2008 23:38

      Et alors...

      L’important ce n’est pas la croissance du PIB c’est la reditribution des richesses. C’’est sympa de faire du 25% de croissance graçe a la finance mais si c pour en redonner que dalle aux salariés...

      En plus le calcul du PIB ne veut rien dire. Il tient compte des stocks et des flux et donc n’est pas exclusivement fait de gains reel...

      Dans le PIB aussi y’a de la speculation.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 23 mars 2008 12:20

      Le prix est à mon sens la valeur telle qu’elle se réalise à un moment donné T sur un marché, selon la loi de l’offre et la demande ; mais la valeur renvoie aussi au temps de travail qu’il a fallu dépenser pour le produire a et qui avait un coût différent du prix à l’instant T (T-1) et à l’espérance de profit que ce bien, en tant que condition de production de plus value, rend possible à l’instant T+1.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 23 mars 2008 13:56

      Le prix est à mon sens la valeur telle qu’elle se réalise à un moment donné T sur un marché, selon la loi de l’offre et la demande ; mais la valeur renvoie aussi au temps de travail qu’il a fallu dépenser pour le produire a et qui avait un coût différent du prix à l’instant T (T-1) et à l’espérance de profit que ce bien, en tant que condition de production de plus value, rend possible à l’instant T+1.


    • Rosemarie Fanfan1204 23 mars 2008 21:21

      Sylvain, prenons l’exemple d’un tableau de Van Gogh. Au moment où le peintre fait son tableau, la valeur du tableau = toile + prix des peintures. Plus le temps passé. Le peintre ne vend pas la toile, les acheteurs ne lui trouvant pas de valeur. Pas même le prix des matières premières. A ce jour, le même tableau vaut des millions d’euros. Le pripiétaire actuel d’un tableau de Van Gogh le met en vente. Le prix de vente sera égal à la valeur estimée par l’achteur.


  • Charles Bwele Charles Bwele 21 mars 2008 12:53

    @ Forest

    Encore merci pour ces éclaircissements chronologiques à cette vieille branche  qui fut certainement un remarquable prof d’économie dans une vie antérieure.

    Amicalement


  • Bulgroz 21 mars 2008 13:00

    "Vous souvenez-vous d’avoir un jour assisté à un débat à l’Assemblée où l’on discutait du pour et du contre du « libre-échange international » ? Vos représentants vous ont-ils souvent interpellé sur ce sujet ? Vous l’ont-ils présenté comme enjeu majeur, avec avantages, inconvénients ?" dit Forest.

    Le meilleur moyen de débattre, c’est encore dans les partis politiques, allons voir du côté des sites de l’UMP, PS et Modem et Désir D’Avenir. Regardons la page et les titres d’ « Actualités » de ces 4 sites. (inutile d’aller voir, pour cette démonstration, chez PCF et Besancenot). S’il y a un lieu pour susciter l’intérêt des politiques c’est peut être là !!.

     

    UMP

    http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites

    Un seul cap : les réformes (chercher la croissance)

    Nicolas Sarkozy relance l’union Europe - Méditerranée (chercher la croissance)

    Le nombre d’allocataires du RMI en baisse de 8% (chercher la croissance)

    Aller plus loin et plus vite dans les réformes (chercher la croissance)

    Promotion réussie du dispositif d’heures supplémentaires auprès des PME (chercher la croissance)

    Un train pour l’emploi (chercher la croissance)

    Accroître l’entreprenariat féminin (chercher la croissance)

    Immigration : une loi pour réussir l’intégration (chercher la croissance)

     

    PS (canal historique)

    http://www.parti-socialiste.fr/

    Tchad : le scandale Sarkozy (polémique)

    Transports : Pour une gauche en action ! (il faut du fric tout de suite !)

    Logement : la droite laisse faire, les socialistes agissent (il faut du fric tout de suite !)

    Le plan banlieues n’est pas à la hauteur des enjeux (il faut du fric tout de suite !)

    L’argumentaire retraites (il faut du fric tout de suite !)

    L’argumentaire santé (il faut du fric tout de suite !)

     

    MODEM

    http://www.mouvementdemocrate.fr/

    "Le spectre politique français est en mouvement et la question du pluralisme est centrale" souligne François Bayrou (auto pub)

    Le mot de réforme est incantatoire. Il cache la réalité : depuis 25 ans, nous vivons au-dessus de nos moyens" selon Jean Peyrelevade (? ?????)

    Pour Corinne Lepage, les municipales traduisent "une contestation des Français de la manière dont le président de la République a mené la barque France depuis mai 2007"

    "Je suis décidé à mener une vie faite d’enracinement local et de construction au plan national d’un centre fort" affirme François Bayrou

    François Bayrou : "Il y aura d’autres batailles, il y a aura d’autres combats, et je vous le promets, il y aura d’autres victoires."

     

    Désir d’Avenir (PS bis de notre dame de la compassion)

    http://www.desirsdavenir.org/

    Ségolène Royal invitée de l’émission "chez FOG" [22/03/08] de Franz-Olivier Giesbert à 17 H 55 sur France 5 samedi 22 mars (auto Pub)

    Ségolène Royal juge "tardif" le déroulement du prochain congrès du PS mais "ne veut pas se mêler des problèmes de calendrier".(cuisine interne)

    Ségolène Royal à la Fnac St Lazare de Paris, vendredi 21 mars entre 12 h 30 et 14 h [19/03/08]  (auto Pub)

     Ferveur pour Ségolène Royal au Salon du Livre. [19/03/08]  (auto Pub pour préparer le chemin de croix de notre Dame de Vie)

    Visite de Ségolène Royal, hier, à Florange, Thionville et Longwy pour soutenir les candidats socialistes. [13/03/08] Article du Républicain Lorrain (pour régler le problème de la sidérurgie)

    « A Longwy ça va le faire ! » (? ???) 


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 13:09

      Je n’entrerai pas ici dans ce débat.

      J’ai constaté que UMP et PS ont pratiqué dans le passé la même politique vis à vis de l’UE et l’OMC. Je n’en ai fait porter le poids sur personne en particulier, et surtout pas sur Sarkozy qui ne peut être considéré responsable de 20 ans d’errements. J’espère que vous l’avez noté.

      La situation de crise qui va se présenter est nouvelle, et inscrite ni dans le programme de l’UMP, ni du PS. A l’exécutif légitimement élu de faire face.


    • Bulgroz 21 mars 2008 13:34

      Forest,

      Je pense que vous faites un peu dans la mauvaise foi ségoliste,

      Vous dites que pour avoir un « papier de taille raisonnable », vous ne voulez parler « ni du pétrole ni de l’Irak ni du dollar en tant que monnaie d’échange, qui ont tous bien évidemment un rôle important. »

      Mais d’un autre côté, vous vous fendez de 100 signes pour regretter que le débat au niveau national n’est pas porté par nos représentants politiques.

      Je vous fais le bilan comparé des thèmes abordés par les partis politiques et vous faites la fine bouche en renvoyant dos à dos PS et UMP. Qui fait dans la pédagogie, qui fait dans la Démagogie ?

      Et puis, quand bien même, à quoi cela servirait il de se cabrer comme un cabris pour regretter le temps de la marine à voile où le libre échange n’existait pas comme un José Bové, cela change quoi ?

      S’il y a un débat, c’est bien celui là, comment éduquer nos concitoyens à se battre dans ce monde de plus en plus dominé par les autres ?


    • Mr.K (generation-volée) generation-volée 21 mars 2008 17:07

      gardé votre propagande pro-ump pour vos amis , ceci n’a rien a voir avec le sujet.

      vous venez polemiqué aussi bassement que les polemiqueur socialo que vous denoncé !!!!!!!!!!!!!!


    • Gilles Gilles 21 mars 2008 19:01

      Bulgroz

      "à quoi cela servirait il de se cabrer comme un cabris pour regretter le temps de la marine à voile où le libre échange n’existait pas"

      Ah mais si le liébralisme et la mondiaisation existait déjà en ces temps hyper reculés. Même au temps de l’Empire Romain d’ailleurs...les romains commerçaient même avec la Chine.

      Se sont justement la forme et la rapidité des changrments, ce que justement pointe Forest, qui a évolué


    • Bulgroz 21 mars 2008 19:23

      Gilles,

      Si quelqu’un pense qu’il est possible de changer le monde, alors oui, tout est jouable.

      Dans le cas contraire, il est illusoire de lutter et de laisser penser aux populations que le changement est possible comme Besancenot.


  • geko 21 mars 2008 13:10

    Article de haute volée qui je l’espère aura la Une du jour !

    Forest, vous dites "Cette crise n’est pas une crise américaine : elle se propage déjà en UE" :

    Parceque les bourses européennes chutent ? Parceque l’euro monte à une valeur qui devient insupportable pour l’UE ?

    Dans l’un de ses articles Mr Santi soutenait la solidité des banques française. Qu’en pensez vous ? Quelle est la marge de manoeuvre de la BCE ?

    Enfin une dernière question si vous le permettez : Pourquoi ne règlons pas nos factures pétrolières en Euros ? Est ce parceque ce n’est politiquement pas envisageable ?

    Sinon le contribuable paiera les pots cassés du jeu de cons, comme vous le dites "en route pour verdun" version guerre religieuse !

    Quelle misère d’en arriver au 21èm siécles pour voir toujours boucler la même connerie humaine !

    Merci. Cordialement.


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 13:50

      Parce que les bourses européennes chutent ? Parce que l’euro monte à une valeur qui devient insupportable pour l’UE ?

      Déjà parce que la situation en Angleterre, Irlande, Espagne, Portugal est la même qu’aux US. Lisez "les échos" de ce matin sur l’Irlande.

      Sinon, en dehors de l’activité économique en général, je me demande si l’augmentation de la marge de la grande distribution sur les commodities n’est pas un moyen de faire face à la baisse de la demande.

      Dans l’un de ses articles Mr Santi soutenait la solidité des banques française. Qu’en pensez vous ?

      Des grosses boîtes comme BNP, SG, AXA ne sont pas différentes de Citigroup ou AIG, et sont exposées aux mêmes risques.

      Quelle est la marge de manoeuvre de la BCE ?

      Aucune. La politique monétaire est désormais inopérante.

      Pourquoi ne règlons pas nos factures pétrolières en Euros ?

      C’est le sujet pétrole/Irak/dollar que je n’ai pas voulu traiter ici. Trop long. La prochaine fois peut-être. smiley


    • geko 21 mars 2008 14:17

      Merci pour votre réponse Forest.

      ".., je me demande si l’augmentation de la marge de la grande distribution sur les commodities n’est pas un moyen de faire face à la baisse de la demande"

      Cette hausse n’est elle pas en partie imputable à une baisse des marges en volume de la grande distribution ?


  • snoopy86 21 mars 2008 13:19

    Bravo Forest

    Top article

    Vous et moi sommes d’accord depuis bien longtemps sur le diagnostic

    La question majeure devient : jusqu’où celà va t’il nous entraîner ?

    Le lien entre la crise de 29 et la deuxième guerre mondiale devrait nous porter à réfléchir..


  • Danjou 21 mars 2008 13:24

    Bravo pour votre article, j’en partage sans réserve l’essentiel. Je ne peux que conseiller à tous de lire ou relire le livre de Maurice Allais, La Mondialisation, paru en 1999. Le Nobel 1988 d’économie écrit en page de garde : "Ce livre est dédié aux innombrables victimes dans le monde entier de l’idéologie libre échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée et à tous ceux que n’aveugle pas quelque passion partisane."

    Il écrit encore à propos du culte de la penséee unique : "Il est érigé en postulat que le fonctionnement libre et spontanée du marché conduit obligatoirement à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux ! Ce postulat serait évident et ne nécessiterait aucune démonstration. Ce résultat a été obtenu par un matraque intensif de l’opinion organisé par des médias à la solde de puissants lobbies internationaux, suivis par le reste des médias et les hommes politiques qui emboitent le pas sans se poser de questions et même se glorifient d’être des libéraux confondant ainsi le libéralisme et le laissez fairisme."

    Il faut également insister sur l’immense responsabilité de la classe politique qui s’est couchée devant la finance (création monétaire, indépendance de la banque centrale, privatisation énérgie etc...)

     


  • freedom2000 freedom2000 21 mars 2008 13:30

    L’une des causes majeures de la crise actuelle  ? G. W Bush. Dès son arrivée au pouvoir en 2000, cet abruti s’est dépêché de redistribuer des milliers de milliards de dollars sous forme de baisse d’impôts aux riches (au lieu de servir de cet argent pour lancer les grands travaux publics et remoderniser les infrastructures).

    Tous ces capitaux se sont déversés aussitôt dans l’immobilier et la bourse, contribuant à la bulle actuelle.

    Merci à Mr Bush et consors

     


  • aquad69 21 mars 2008 13:34

    Bonjour Forrest Ent,

    merci de votre article on peut plus clair ; je suis bien d’accord avec vous, ce n’est pas une crise passagère.

    A titre d’information, et si vous ne le connaissiez pas déjà, allez donc faire un tour sur Europe2020.org ; ils insistent évidemment un peu lourdement pour vous vendre leur abonnement, mais leurs communiqués gratuits sont déjà passionnants : ils avaient commencé à prévoir tout ça depuis bientôt deux ans !

    cordialement Thierry


  • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 13:41

    Une démonstration impeccable, avec peut-être un léger abus d’une de ces robinsonnades dont les économistes sont friands.

    Le défaut est peut-être que l’analyse reste encore close dans une pensée du troc, ou la monnaie jouerait un rôle neutre. Ce qui n’est assurément jamais le cas, elle est moyen d’échange, de réserve et aussi violence. Une régulation possible pourrait s’écarter de la voie planificatrice en dénationalisant la monnaie, et notamment en permettant la création de monnaies locales non thésaurisables.


  • Hakim I. 21 mars 2008 13:42

    Ca confirme ce que je me dis depuis longtemps ...

    La mondialisation n’est finalement que la légalisation de la contrebande.

    La bataille était perdue d’avance.

    En caricaturant grossièrement, on a d’un coté une zone qui a besoin de passer par des années de recherches avant de trouver un produit innovant créateur d’une dynamique économique. De l’autre, 9 mois de gestation + 8 à 12 ans de croissance et on a une main d’oeuvre asservie donc peu couteuse et productive.

    A mon sens, les taxes douanières limitaient ce genre de compétition truquée.

    C’était folie que de penser que le libre échange était viable. Libre échange rimant pour moi avec rééquilibrage du niveau de vie mondial, (entre des salaires moyens de 1500€ et... que dalle). Ce qui ne ne peut mener qu’à un monde où la séléction naturelle est loi.

    On va m’accuser de prosélytisme mais je m’en fiche quitte à être moinssé.

    Le principe du prêt à intéret est une aberration, on vit aujourd’hui dans un monde où l’on est considéré comme riche par l’argent qu’on nous doit, et non par les biens que l’on posède on se retrouve du coup avec des capitaux dépassant largement ce que le travail peut fournir.

    En feuilletant les pages de l’histoire, on voit que beaucoup de gens sont devenus esclaves suite à un surendettement... à méditer .

    Vos articles sont un puit d’enrichissement, je vous en remercie Forest .


    • jondegre jondegre 21 mars 2008 14:53

      "C’était folie que de penser que le libre échange était viable. Libre échange rimant pour moi avec rééquilibrage du niveau de vie mondial, (entre des salaires moyens de 1500€ et... que dalle). Ce qui ne ne peut mener qu’à un monde où la séléction naturelle est loi."

      C’est pourtant ce qui se passe : le reequilibrage du niveau de vie mondial. Et comme en face ils sont bien plus nombreux et que nos elites ne comptent rien lacher (et manoeuvrent dans ce sens) sur leur prope niveau de vie, c’est la classe moyenne occidentale qui va trinquer.


  • miwari miwari 21 mars 2008 13:55

     

    Très bon article Forrest, clair et simple à comprendre.

     Une question cette crise que traverse l’Amérique peut-elle influer sur leurs choix présidentiel, je pense à McCain ce « va en guerre » car là on est mal parti je n’ose imaginer la situation future.

     Merci et bonne continuation


  • GreenGarden GreenGarden 21 mars 2008 14:03

    Une analyse convergente de Michel Aglietta Professeur de Sciences économiques à l’Université de Paris-X Nanterre, bon vulgarisateur qui en une vingtaine de minutes nous prédit un avenir sombre :

    www.dailymotion.com/tag/RCE/video/x4rn7j_integrale-partie-1_news

    www.dailymotion.com/related/8008255/video/x4roil_integrale-partie-2_news

     

     


    • miwari miwari 21 mars 2008 15:06

      Liens postés par GreenGarden à visiter absolument pour ceux qui veulent en savoir plus.

      Merci GreenGarden


  • SciFi SciFi 21 mars 2008 15:26

    Forest,

    merci pour cet article, qui répond à une partie des interrogations que j’avais eues sur un autre fil (mondialisation).

    En fait, votre article montre que ce n’est pas tant la mondialisation elle-même qui a posé problème, mais plutôt la façon dont on s’y est pris : absence d’un chef d’orchestre pour mener le projet à bien en tenant compte d’un timing compatible avec la restructuration d’une société armée pour vivre dans ce nouveau contexte. Là, nous sommes d’accord.

    Ce qui est catastrophique, c’est qu’aucune leçon n’est tirée de ces crises et que les économistes ne sont pas d’accord sur les remèdes à apporter : Il me semble que c’est ZEN qui avait fourni ce lien sur un autre fil, où l’on trouve toujours des voix pour affirmer que "l’innovation financière produit d’elle-même les réponses aux crises" (Myron Scholes).

    Cela augure mal de l’avenir après cette crise.

    "L’avidité est génératrice d’avidité" : c’est tellement évident que l’on se demande comment les principaux acteurs économiques peuvent penser que le marché pourra se réguler seul. A moins qu’eux-mêmes ne profitent du système...

     


  • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 15:28

    Forest Ent voit juste en imputant la crise financière actuelle à un excès de masse monétaire s’étant accru depuis plusieurs dizaines d’années.

    Les économistes officiels (mais aussi les autres) comme la presse n’ont pas volé les compliments que leur adresse Forest Ent.

    Comment en est-on arrivé là, demande-t-il, sans fournir de réponse franche et claire. Il me reprendra si je trahis sa pensée en tentant de l’expliciter.

     On comprend bien son idée seulement suggérée : par la faute du mondialisme qui nous prend notre travail, et que les institutions européennes ont eu grand tort d’imposer. Il met aussi en cause la rapacité des employeurs s’attribuant le produit de la croissance économique en des profits croissants au détriment des travailleurs dont la rémunération stagne.

     

    Pourquoi diable Forest Ent ayant vu juste sur le rapport entre la crise financière et l’excès de masse monétaire abandonne cette piste et se laisse surprendre par des leurres : la mondialisation diabolisée, l’exploitation des travailleurs par les capitalistes, les inégalités croissantes de revenus.

    C’est parce qu’il laisse trop courir sa propre imagination et qu’il aime trop les batailles d’idées au lieu de rechercher et d’utiliser ce qui est à peu près objectivement connu des réalités ou peut l’être : au niveau global, et vu en tendance sur une trentaine d’années, la répartition primaire des produits du travail entre les travailleurs et les sociétés n’a pas suivi la tendance qu’il invoque, au contraire même peut-être, du moins pour la France. Et ce n’est pas par les capitalistes que les travailleurs sont grugés, mais par l’état qui s’est immiscé dans ce partage en s’attribuant maintenant la part du lion.

     

    En continuant sur la piste d’abord empruntée puis abandonnée de sa recherche, Forest Ent n’aurait pas manqué de voir, là aussi, l’état ayant fabriqué ces océans de monnaie où il a vu pertinemment la cause première de la crise financière. Et il n’ignore sans doute pas que c’est une volonté politique au moins trentenaire de doper la croissance économique qui a conduit à cette inondation monétaire. Mais, si la croissance économique en a été effectivement artificiellement « boostée », les caisses des spéculateurs l’ont été énormément plus.

     

    Analyser ainsi correctement la genèse de la crise actuelle permet de mieux identifier les remèdes et de mieux en prévoir les conséquences, sans s’abandonner à un catastrophisme stérile. Inutile de s’étendre sur les remèdes : c’est cesser de vouloir doper la croissance de l’économie et de jeter à tous vents de la monnaie.

     

    Pour les conséquences inéluctables, elles sont pour l’instant sans doute difficilement mesurables. A supposer que cesse l’alimentation en munitions des spéculateurs, qu’il y ait résorption progressive des excès de monnaie,  et progressivement cessation du dopage de l’économie, il y aura sans le moindre doute le contrecoup défavorable du sevrage sur le niveau de l’activité économique. Ce qui est artificiellement acquis un jour ne peut qu’avoir à être rendu. Les dégâts doivent être mis à la charge des spéculateurs. Difficile de prévoir le degré de brutalité et la durée du ralentissement de la croissance, mais il est certain que ce sera temporaire, avec au bout du compte retour à un fonctionnement plus sain de l’économie.  


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 17:29

      Je pense que vous surestimez le rôle dans cette histoire de la dépense de l’Etat, car les pays les plus touchés, US, UK, sont ceux où elle est la plus faible relativement.


    • JL JL 23 mars 2008 09:39

       

      J’ai lu avec délectation cet article remarquable, ainsi que tous les commentaires jusqu’ici.

      R. Verhille écrit : ""Et ce n’est pas par les capitalistes que les travailleurs sont grugés, mais par l’état qui s’est immiscé dans ce partage en s’attribuant maintenant la part du lion… c’est une volonté politique au moins trentenaire de doper la croissance économique qui a conduit à cette inondation monétaire. Mais, si la croissance économique en a été effectivement artificiellement " boostée ", les caisses des spéculateurs l’ont été énormément plus. ""

      En somme si je comprend Roland Verhille dit : ""L’état a pris l’argent des travailleurs … et l’a donné aux spéculateurs". C’est ça ?


  • Gzorg 21 mars 2008 16:00

    Bonjour Forest

    Encore un trés bon article à votre actif...

    N’etant pas moi même dans l’economie, si je pre-sentais depuis longtemps qu’on allait se diriger dans ce mur que vous decrivez si bien, je suis donc obligé de me référer a des articles comme ceux de LEAP pour entendre autre chose que les habituels leçons de liberalisme que l’on lit et entend dans la presse MSN.

    Vous semblez avoir une vue assez nette sur ce qui se passe....

    ma question est donc la suivante, peut on porter credit au tableau qu’a fait LEAP pour décrire les differentes phases de cette crise systemique (qu’ils avaient tout de même prédit il y a un an dèjà), je parle recisement de ce tableau ci.

    Par ailleurs en cas d’effondrement massif du dollar face à l’ensemble des autres devises mondiales, l’Euro apparaitra t-il comme une valeur refuge , ou est-ce là un faux espoir ?

     


    • Forest Ent Forest Ent 22 mars 2008 00:43

      Ce tableau est vraisemblable, mais je ne me hasarderais pas pour ma part à donner un timing aussi précis.

      Quelles seront les valeurs-refuges pour les investisseurs ? Il me semble que l’or peut monter encore pas mal, mais il faut peut-être se méfier de l’art moderne. A chacun ses choix dans un contexte où il est évident que les actions, la pierre et le dollar vont baisser.


  • Alberjack Alberjack 21 mars 2008 16:08

    Rien à ajouter aux commentaires qui précèdent.

    Juste un mot pour féliciter l’auteur pour son article que j’ai trouvé très juste.


  • frédéric lyon 21 mars 2008 16:14

    A Bulgroz :

    Des banques ou des institutions financières ont des pertes car elles se sont trop exposées aux risques des prêts hypothécaires aux USA.

    En particulier Bear Searns, qui a coulé et qui a été rachetée par une concurrente, à une fraction de sa valeur initiale (en Bourse)

    Carlyle Capital, filiale du Group Carlyle spécialisées dans les placements dits "alternatifs" (plus risqués !) a coulé.

    Qui a payé ? Les actionnaires, comme cela est normal. Ceux de Bear Searns et ceux du Groupe Carlyle. Les actionnaires sont là pour assumer leurs risques.

    Par ailleurs la Banque Centrale Américaine a baissé ses taux et alimenté le marché monétaire pour éviter que des acteurs, par ailleurs sains et profitables, ne soient étranglés par un défaut de liquidités.

    Tant que vous ne verrez pas les gens faire la queue devant les banques pour retirer leurs dépots, vous pouvez dormir tranquille.

    C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait conseiller aux corbeaux qui dansent en ce moment même autour du totem en chantant "ils sont foutus, ces maudits capitalistes" : Pourquoi ne vont-ils pas plutôt retirer leurs dépots chez leurs banquiers, afin d’attiser la "crise" qu’ils appellent de leurs voeux en hululant ?

    Par peur du ridicule ?

    Voilà pourtant ce qui serait un acte "révolutionnaire" authentique !!

    Tandis que pondre des âneries sur Agoravox, c’est du vent, un pet de Nonne, et ça n’ira pas bien loin. Ce sont des révolutionnaires qui ne payent pas de leur personne et qui ne veulent même pas risquer leurs maigres économies. Des petits bourgeois qui font ce que savent faire les petits bourgeois : ergoter, enculer les mouches, se gratter la tête, organiser des discussions de café du commerce, pérorer tant et plus, écrire des articles pour des publications qui ne leur demanderont ni leurs diplômes ni leurs états de service en se faisant passer pour un expert.

    Voilà pourquoi Dugué et Forest End sont subitement devenus économistes, spécialistes du "système financier international".

    Tout ceci est risible.

     


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 17:36

      Cher collègue expert, vous y connaissez au moins autant que moi.

      Carlyle Capital, filiale du Group Carlyle spécialisées dans les placements dits "alternatifs" (plus risqués !) a coulé. Qui a payé ? Les actionnaires, comme cela est normal.

      Eh non !

      CCC n’était pas une "filiale" de CG, mais un fonds indépendant.

      Il n’était pas spécialisé dans les placements risqués. Tout au moins, il n’était pas vendu comme tel, et c’est ce qu’on lui reproche.

      Ce ne sont pas les seuls "actionnaires" qui y ont laissé des plumes, mais également les déposants, les dépôts n’étant pas garantis.

       

       


    • Philou017 Philou017 21 mars 2008 16:28

      Il suffit de rebatir un monde qui n’est pas axé sur la recherche de profit de quelques élites. Pour cela, il faudrait oublier la répétition sans fin faite par les médias "qu’il n’y a rien d’autre qui marche".

      En 68, on disait l’imagination au pouvoir. Pari perdu, apparamment..


    • JL JL 23 mars 2008 09:52

      Alchimie, je suppose que si vous étiez thérapeute vous conseilleriez à vos patients de recommencer leur vie ?

      Ce discours qui consiste à dire que "ceux qui remettent en cause l’ordre, que dis-je, le désordre établi sont des archaïques qui prônent un retour à la bougie" est agaçant.

      Vous auriez une alchimie à vendre pour nous rendre une nature vierge, encore pleine de ressources, non polluée ?


  • zygopetalum 21 mars 2008 16:23

    Bonjour à tous.

    Dans ces conditions catastrophiques pour les US comment peut-on expliquer que depuis le 1er janvier 2008 le Dow Jones perde seulement 6,8 % et le CAC 40 exactement 19,9 %, soit près de 3 fois plus ?

    Cordialement.


  • Pelletier Jean Pelletier Jean 21 mars 2008 16:39

    @Forest,

    Magnifique papier, comme d’habitude ,pour autant on ne voit pas bien dans le "prisme" de la dénonciation ce qui permettrait politiquement de sortir de cette crise par "le haut" en sauvegardant les intérêts des plus démunis (encore faut-il partager cet objectif) ..

    Si l’on part de ton analyse, qui ne conteste en rien le phénomène de la mondialisation, mais qui démontre quels en sont les ressorts et les perversités, je serai tenter de dire que seule une internationalisation de la réponse politique a une chance de sauver la mise. ou du moins une réponse européenne .... on est mal barré .... j

    e ne vois rien en cela dans les gouvernement socio démocrates européens actuels ... et parait-il le "sinistre" Berlusconi risque de reprendre la main aux prochaines élections italiennes et en France nous avons encore Sarkozy et les patrons du CAC 40 pour 4 ans au moins.

    Je desespère.... et l’éclairage que tu nous donne à lire porte aussi en lui le germe de cette désespérance.

    Nous mourons donc instruits.

     

    bien à toi.

     

    Jean


    • Forest Ent Forest Ent 22 mars 2008 00:54

      Chacun met son espérance où il le souhaite. Je ne l’ai personnellement jamais placée dans l’économie ou la politique, mais dans le fait qu’il y ait eu à toutes les époques, quelque noires qu’elles aient pu être, des gens pour venir en aide à leur prochain.


  • frédéric lyon 21 mars 2008 16:40

    On parle couramment de "bulle spéculative" à propos des marchés financiers.

    Je propose qu’on étende l’usage de la formule aux articles d’un certain nombre de nos contributeurs qui sont de véritables spéculateurs, au sens plein du terme, et je dirais même des spéculateurs qui n’ont pas froid aux yeux.

    Prenez un Forest End, par exemple, qui nous prédit ici même, et c’est un scoop dont il nous a gentiment réservé la primeur, l’effondrement du capitalisme dans un remake de la Crise de 1929 (à laquelle, est-il besoin de le dire, il n’a, rien compris, il sait seulement qu’elle a existé et il voudrait que ça recommence pour des raisons qui lui appartiennent en propre !). Et bien je soutiens que Forest End est un intrépide spéculateur intellectuel, un mec qui a des couilles dans le cerveau, et je n’oserais pas imaginer les positions d’investissements qu’il prendrait s’il était à la tête d’un hedge fund.

    Son hedge fund ne ferait pas long feu et ses actionnaires perdraient sûrement leur culotte, mais peu importe, ce qui compte ce n’est pas le résultat, mais la spéculation pour le plaisir de dire n’importe quoi.

    La spéculation intellectuelle ravalée au rang du délire psychotique à prétention politique ou philosophique.

    Mais nos petits gars ne sont pas malades, non, pensez-vous, c’est plutôt le monde qui courre à sa perte !

     


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 17:19

      Je vous remercie de vous soucier de mes affaires. Elles vont bien. Merci beaucoup. smiley


    • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 17:34

      Qu’il n’y ait que Lyon qui soit en bonne santé mentale est plutôt une bonne nouvelle pour.... les autres


    • Bulgroz 21 mars 2008 17:51

      Je pense, Forest Ent, sans vouloir vous vexer, que Roland Verhille et Frédéric Lyon ont raison.

      Vous faites sans doute des bonnes analyses mais vos conclusions sont erronées, en particulier de mettre sur le dos du libre échange les dérives de certaines opérations financières. Je pense que vos conclusions sont obérées par une ségolinite aiguë

      La ségolinite, c’est prier pour le collapse universel afin de pouvoir ramasser la mise et espérer ainsi guérir dans un formidable élan de solidarité, les écrouelles des GENS MALHEUREUX.

      Certains souhaitent ainsi prédire le pire à des fins purement politiciennes et idéologiques et espérer la mise en place d’un monde idéal.

      Il n’y a pas de monde idéal, seulement un monde de plus en plus dominé par les autres. L’important est donc de vivre avec, de le bien comprendre et d’en tirer un meilleur parti.

      Il n’y a pas de crise économlque, seulement, une grosse crise financière qui démarrera sa resorption dès l’été.

       


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 18:12

      Pourquoi me vexeriez-vous en signalant aimablement que vous ne faites pas le même diagnostic que moi ? M Verhille est également très courtois.

      Je pense que M Lyon a tort de s’énerver. Cet article n’attaquait personne en particulier. Je ne vois pas trop comment j’aurais dû le rédiger de manière moins polémique. C’est une opinion sur la macro-économie. Elle se discute, comme les autres.


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 17:21

      Le libre-échange tel qu’il est pratiqué est amha la cause principale de la crise qui s’est manifestée d’abord par les subprimes.


  • tvargentine.com lerma 21 mars 2008 17:22

    Nouveau record historique de créations d’entreprises en france

    Le nombre de créations d’entreprises du mois de février 2008 est en hausse par rapport au mois de janvier 2008 (+2,6 % en données corrigées des variations saisonnières). Le nombre de créations des mois de décembre 2007, janvier et février 2008 est en hausse (+16,1 %) par rapport aux mêmes mois un an auparavant. Les secteurs qui contribuent le plus à cette hausse sont le commerce, les services aux entreprises, la construction et les services aux particuliers (sources ACOSS)

    HEURES SUP DEFISCALISEES

    Les données relatives aux entreprises de plus de dix salariés indiquent que 54 % d’entre elles y ont désormais recours. Elles étaient 38 % en octobre, 49 % en novembre et 51 % en décembre (données corrigées).

    Plus de la moitié de ces heures supplémentaires ont été réalisées dans les secteurs de la construction, des transports, des services opérationnels, des hôtels, cafés et restaurants et l’industrie d’équipements mécaniques.

    Les résultats obtenus en 2007 encouragent le Gouvernement à poursuivre dans la voie sur laquelle il s’est engagé afin d’atteindre le plein-emploi en 2012  : celle de réformes ambitieuses en faveur de la croissance et d’un meilleur fonctionnement du marché du travail.

    L’emploi a évolué en 2007 à un rythme exceptionnellement vigoureux, avec 297 700 créations nettes d’emplois dans le secteur marchand, soit une hausse de près de 60 % par rapport à 2006.

    Les importantes créations d’emplois dans la construction et surtout dans les services viennent contrebalancer les destructions d’emplois dans l’industrie qui se sont poursuivies à un rythme désormais moins soutenu.

    Avec la création de 40 000 emplois non marchands, ce sont environ 340 000 emplois supplémentaires qui ont été créés en 2007, meilleure année en la matière depuis 2000.

    Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE en catégorie 1 (c’est-à-dire les personnes sans emploi, immédiatement disponibles, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée à temps plein) a diminué de 194 800 sur un an pour s’établir à 1 897 300 fin 2007, le plus bas niveau depuis 1984. Á la fin du 3e trimestre 2007, le taux de chômage calculé par l’INSEE était de 7,9 %.

    Ces résultats sont d’autant plus satisfaisants que le dynamisme de l’emploi a duré tout au long de l’année 2007, y compris au 4ème trimestre avec près de 60 000 emplois créés dans le secteur marchand.

    Le sursaut du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE observé en janvier, mois traditionnellement moins bien orienté, doit être relativisé, en attendant les chiffres de février et de mars.

    En outre, la baisse du chômage a bénéficié à tous les publics , notamment les jeunes, les seniors et les chômeurs de longue durée (avec une baisse spectaculaire de près de 21 % sur un an pour ces derniers).

    Enfin, entre le 3e trimestre 2006 et le 3e trimestre 2007, la proportion de contrats à durée indéterminée dans l’emploi total, comme celle des emplois à temps complet, est restée stable.

    La création d’emplois ne se fait donc pas au détriment de la qualité de l’emploi.

    Dans un environnement économique devenu plus incertain depuis le début de l’année, la poursuite de cesévolutions favorables passe par une accélération des réformes engagées.

    L’accord des partenaires sociaux du 11 janvier et la fusion de l’ANPE et des Assédic sont deux acquis importants. La réforme du service public de l’emploi se poursuivra avec la mise en place d’une offre de service renforcée en direction des entreprises et des personnes à la recherche d’un emploi, et avec la renégociation de la convention d’assurance chômage. Le chantier de la réforme de la formation professionnelle a été lancé : l’objectif est qu’elle débouche d’ici la fin 2008.

    Enfin, le Gouvernement de Nicolas Sarkozy veille à la situation des personnes particulièrement fragilisées sur le marché du traval.

    Après les mesures prises en 2007 pour décourager les entreprises de se séparer prématurément de leurs salariés seniors durant les années des gouvernements "socialistes" et la mise en place en janvier 2008 d’une nouvelle offre de service renforcée en faveur du retour à l’emploi des demandeurs d’emploi âgés, le « rendez-vous retraite 2008 » sera l’occasion d’aller plus loin.

    Par ailleurs, le revenu de solidarité active, dont l’expérimentation a été engagée sous l’égide du haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, a pour objet d’inciter les bénéficiaires de minima sociaux à prendre ou reprendre un emploi et il est démontré maintenant de la réussite de cette politique sociale

    Bref,voila un peu d’information réaliste dans ce brouillard de négativisme qui vire au négationisme avec des articles anti-sarkozy primaire et d’un anti-américanisme qui n’est qu’une caricature d’un système économique.

     

     

     


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 17:31

      Il faut savoir.

      L’autre jour, c’était une crise grave. Vous arrivez à tenir la même opinion 24h d’affilée ?


    • wesson wesson 21 mars 2008 18:35

      moralité,

      tout vas bien en France, circulez il n’y a rien à voir et les gens sont content.

       

      Si vous en êtes convaincu ....


    • Bigre Bigre 21 mars 2008 19:03

      Qui peut encore croire les statistiques officielles ? Les créations d’emploi / d’entreprises, il faut toujours les mettre en parallèle avec les pertes d’emplois / fermetures d’entreprises.

      Jusque maintenant, je trouvais certaines de vos interventions drôles. Là, je sature mais je compatis. Tant de naïveté m’émeut. 


Réagir