jeudi 1er mars 2007 - par JL

35 heures et heures sup’

Nicolas Sarkozy, les 35 heures, et les heures sup

Analyse du projet de défiscaliser et d’exonérer de charges les heures travaillées au delà de 35 par semaine.

Cette proposition de Nicolas Sarkozy promue sous le slogan "travailler plus pour gagner plus" trouverait selon lui, sa justification dans le fait qu’elle entraînerait un surcroît d’activité donc créerait des emplois.

Nous n’étudierons pas ici les différentes alternatives qui paraissent a priori plus légitimes et moins engagées, notamment l’abrogation de la loi des 35 heures ou l’autorisation de recourir selon des modalités classiques aux heures supplémentaires à partir de la 36ème.

Nous analyserons succinctement les conséquences de la proposition de l’UMP, du point de vue du salarié, de celui du profit et de celui de l’emploi, dans la seule hypothèse d’un recours généralisé à 5 heures supplémentaires. Bien entendu, seuls le raisonnement et l’ordre de grandeur des résultats sont à considérer.

Pour finir, nous comparerons avec une contre proposition.

Situation actuelle. Soit un salaire horaire net de 100 (1). L’heure normale est payée 80, les caisses de prévoyance et de solidarité reçoivent 60 qui représentent une rémunération potentielle et différée sous forme de retraite, assurance maladie, chômage, etc. Le coût du travail pour l’employeur est 140.

L’heure Sarkozy. De la 36ème à la 40ème (2), serait payée 80+10% soit 88 au salarié, et ne coûterait que 88 à l’employeur, vu que les caisses ne recevraient rien.

L’heure supplémentaire Sarkozy coûterait donc 37% de moins à l’employeur que l’heure normale.

Le salarié percevrait quant à lui, 8 de plus immédiatement en compensation de la perte de 60 au titre de sa rémunération différée. Mauvais calcul. "Travailler plus pour gagner plus" ? Ce slogan est une supercherie ! La baisse de rémunération effective est de ... 37% ! Si notre travailleur est prévoyant, il lui en coûtera beaucoup plus que les 8 unités supplémentaires net versées par heure auprès de caisses complémentaires pour compenser la perte des 60 unités acquises au titre de l’heure normale. "Travailler plus pour gagner moins" donc.

Mais les conséquences vont au delà de ce simple constat navrant.

Quel impact sur la croissance ? Quelles sont les entreprises qui créeraient des emplois grâce à cette mesure ? Pour commencer, remarquons tout de suite que 7 salariés travaillant 40 heures, font le même travail que 8 à 35 heures, et pour un coût inférieur de 5% (3).

De sorte que, si beaucoup de chefs d’entreprises verront dans cette mesure une aubaine, ce n’est pas pour autant qu’ils augmenteront leur productivité en rapport. Pour compenser une perte d’emplois de 15%, il faudrait 15% de croissance. Si l’on admet que ce recours aux heures supplémentaires permettrait à la moitié des entreprises, ce qui est optimiste, d’accroître leurs production c’est 30% de croissance qu’elles devraient faire, pour seulement éviter d’aggraver les difficultés sociales. Il y a fort à parier que cet objectif irréaliste ne sera pas atteint, et donc génèrera de nouveaux chômeurs, d’anciens cotisants. N. Sarkozy parle de courage ? Facile en faisant assumer les risques aux autres.Quid des cadres ? Les cadres on le sait, ne sont pas soumis au régime des heures supplémentaires. Il est à craindre que dans ce contexte, les entreprises préfèreraient recourir dans la mesure du possible à des non cadres - dont le travail au delà de 35 heures serait on l’a vu, assimilable à du travail au noir - qu’à des cadres dont le salaire est à 100% soumis à cotisations. La prochaine étape logique serait d’exonérer de prélèvements obligatoires une part de ce salaire avec l’accord des cadres puisqu’on leur permettra en échange de payer moins d’impôts sur ces revenus ! Amère ’victoire’ pour les cadres.

Comment justifier que certains contribuables auraient le droit de soustraire une part de leur salaire à leur déclaration de revenus, car c’est de cela qu’il s’agit ? Comment empêcher la généralisation d’un tel processus ? Ce qui vaut pour les cadres, vaut aussi pour les artisans, pour tous ceux qui ne sont pas payés à l’heure mais à la tâche, par contrat... La généralisation de cette mesure à tous les contribuables reviendrait à instaurer une ’progressivité négative’ de l’IR ! Un artifice aussi compliqué qu’inique, aboutissant à faire payer plein pot les revenus moyens voire faible et peu les revenus supérieurs.

Effet de seuil et motivation des RMIstes. Nicolas Sarkozy soutient que les minima sociaux sont si élevés qu’ils encouragent les profiteurs du système à ’feignasser’ (si je puis me permettre cet oxymoron marrant). Sa réforme dont il est question ici ne permettra pas d’augmenter les bas salaires, au contraire, de sorte que l’écart entre RMI et ’Smic 35 heures’ risque de se réduire encore. Ce n’est pas lui faire un procès d’intention que de dire qu’il est évident que, sur sa lancée et pour être logique avec lui-même, pour répondre à cette question il lui suffira de réduire les minima sociaux.

Ainsi, avec un simple slogan populaire (travailler plus pour gagner plus), Sarkozy s’il était élu pourrait anéantir notre modèle social en deux temps trois mouvements, avec la bénédiction de son électorat populaire. Cette proposition est une proposition de dupes, gagnant deux fois pour l’entreprise, perdant deux fois pour le salarié.

Une contre proposition. Evidemment, il faut faire l’inverse : peu de charges sur les premières heures, et davantage sur les surplus. Pourquoi obliger l’employeur qui, dès qu’il crée un emploi doit aussi cotiser pour les Assedic ? N’est-ce pas déjà beau de soulager d’un RMI ce budget ? Qu’est-ce qui compte le plus pour un jeune ? D’abord ce qu’il gagne tout de suite, s’intégrer, acquérir l’expérience ; ensuite mais seulement ensuite, penser à ses vieux jours. Donc le seul slogan convenable c’est "travailler maintenant pour les besoins de maintenant, travailler plus pour assurer l’avenir". Un deal gagnant gagnant pour les trois parties : patrons, salariés, caisses de prévoyance.

Par exemple, peu ou pas de charges sur 35 premières heures compensées par une sur-taxation des suivantes aurait deux conséquences immédiates : une bouffée d’air pour les emplois à 35 heures d’une part, d’un coté, un coût en charge équivalent au système classique pour les emplois à 40 heures et plus de l’autre. Ainsi, les pertes d’emplois des uns liées aux recours aux heures supplémentaires des autres sans croissance à la clé, seraient automatiquement corrélées à une augmentation des recettes de la protection sociale.

Et bien sûr, il ne faut pas défiscaliser les heures supplémentaires, au contraire : une telle disposition serait à l’envers du bon sens. L’objectif de la proposition de l’UMP, de toute évidence, n’est pas la ’réparation’ de notre protection sociale, mais bien la casse de tout le droit du travail.

(1) On imagine un salaire brut horaire quelconque, au hasard 20 euros, payé donc 100x0.2 euros.

(2) Ou peut-être 10% jusqu’à 39, 20% ensuite.

’3) Et mieux même puisque, compte tenu des coûts fixes, 7 salariés même à masse salariale égale coûtent moins cher à l’entreprise : gestion, rendements, formations, infrastructures, etc.



73 réactions


  • (---.---.149.144) 1er mars 2007 12:07

    Et pendant ce temps la, les allemands portent l’âge de la retraite de 65 à 67 ans................ smiley


    • Jojo2 (---.---.158.64) 1er mars 2007 12:13

      Hors sujet. Ce qu’il faut c’est montrer la faille du raisonnement.


    • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:10

      « Et pendant ce temps la, les allemands portent l’âge de la retraite de 65 à 67 ans »

      C’est vrai. D’ailleurs, on devrait faire travailler les enfants, parceque pendant ce temps là, les chinois le font.


  • Rocla (---.---.111.122) 1er mars 2007 12:09

    C ’est presque aussi compliqué que le fonctionnement d’ un hélicoptère .

    Rocla


  • (---.---.139.6) 1er mars 2007 12:23

    A propos des taxes douanières du FN (qui arrangeraient beaucoup de choses). Pour les curieux de nouveautés, ne serait-ce que pour les critiquer, allez voir de quoi il retourne exactement sur : http://www.veritesurlefn.org/m...


  • Leonard (---.---.36.15) 1er mars 2007 12:33

    Cette explication me fait penser a ce que j’apprenais a l’ecole concerant le travail des russes pendant le regime communiste : Les gents travaillaient leurs heures pour la communaute avec un salaire de misere et apres le boulot il travaillait pour eux. Donc ils travaillaient plus dans l’apres parce que ca leur rapportait directement.

    Ce systeme revient au meme : les 35h pour la communaute et le reste pour sa pomme. C’est pas une tres grande avancee a mon avis. Ca ouvre la porte a une plus grosse taxation pendant les 35h puisque les gents sont encourages a compenser en travaillant quelques heures de plus.

    Ca ne pousse pas aller bosser parce que ce sont des heures supplementaires a faire pour pas grand chose alors que sans travailler meme en gagnant un peu moins c’est moins fatiguant.

    Au point ou en est la fiscalite en france, ce n’est pas en posant des patchs de-ci de-la que le probleme sera resolut mais en reprennant tout depuis le debut. Et quant a refaire la fiscalite autant remettre le budget et les priorites de l’etat en place et tout le reste avec.


  • Stephane Klein (---.---.19.227) 1er mars 2007 12:40

    Enfin une critique constructive et argumentee.

    Oui, le programme de Sarko en la matiere est une vraie usine a gaz qui risque fort d’etre peu efficace et qui traduit bien le conformisme sous-jacent du heraut de la rupture.

    La contre-prosposition est tout autant conformiste : complexite donc cout en terme de fonctionnaires pour faire fonctionner le ’machin’ propose.

    Apres 30 ans de bureaucratie dont les couches s’accumulent les unes sur les autres, la meilleure de reformes est celle qui tend vers plus de simplicite : Abrogation des 35h (si, c’est possible legalement) et liberalisation-privatisation du secteur de l’assurance sante, veiellesse et chomage, on verra alors les gains en pouvoir d’achat qui en resulterons..


    • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:14

      « liberalisation-privatisation du secteur de l’assurance sante, veiellesse et chomage, on verra alors les gains en pouvoir d’achat qui en resulterons. »

      Les « gains en pouvoir d’achat » ? Pour les personnes avec un bon job, un bon salaire et une bonne santé sûrement, pour les autres, qu’ils travaillent ces assistés.


    • Gnole (---.---.192.187) 1er mars 2007 20:02

      La libéralisation des systèmes de santé, vieillesse et chomage ne fonctionne pas aux USA et en angleterre, pourquoi ferions nous mieux qu’eux ???


  • Emmanuel (---.---.87.194) 1er mars 2007 14:04

    Très fine analyse de l’arnaque qui se prépare pour mettre à disposition des employeurs une force de travail la moins chère possible qu’ils n’auront donc de cesse de promouvoir et dont les conséquences seront :

    - appauvrissement de l’état (c’est à dire de tous) qui perdra le montant des cotisations non perçues sur ces heures travaillées.

    - aliénation de l’individu au travail. Cela se dégrade depuis presque une génération (maladie musculo-squelettiques, nerveuses, dépressions, ...)

    - destruction de lien social et familial. Le temps qu’on passe au travail on ne le passe pas ailleurs. Voir par exemple cette étude de l’UNICEF qui place l’angleterre 21ème sur 21 pays riches pour le bien être des enfants en l’expliquant que les adultes travaillent trop pour s’en occuper...

    Il est temps d’interroger le travail.

    Pourquoi et pour qui travaille-t-on.

    Actuellement on travaille :
    - à 45% pour ceux qui ne travaillent pas (les actionnaires)
    - pour payer la publicité destinée à nous faire acheter des choses dont nous n’avons pas besoin (1200€ par an et par foyer)
    - pour payer la voiture pour aller au travail
    - pour payer son logement à des prix prohibitifs liés à la spéculation (de ces mêmes actionnaires à qui on donne une partie de notre travail)
    - ...

    On pourrait continuer longtemps comme ça !

    Donc TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS = GROSSE GROSSE ARNAQUE d’autant que le gagner plus est lié historiquement à un rapport de force qui n’évolue pas actuellement dans le sens des salariés et que le gagner plus de demain sera sans aucun doute le gagner mois d’après demain.


    • (---.---.36.15) 1er mars 2007 15:17

      « TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS = GROSSE GROSSE ARNAQUE »

      C’est pas exactement ca. Travailler plus pour gagner plus est une evidence. L’aranque c’est le gain minimum qui en resulte avec la fiscalite francaise.

      Bien evidement cela ne peut s’appliquer a tous les metiers mais en general si par exemple je reste a mon boulot plus longtemps il est fini plus rapidement. Donc mon boulot est vendu plus rapidement et le suivant prendra le meme chemin. J’aurai donc travailler plus et aussi gagner plus ... avec une fiscalite qui ne m’aura pas ponctionne lourdement sur mon temps de travail « normal ».

      Un medecin qui veut gagner plus il ouvrira son cabinet plus. Un artisan qui en veut plus travaillera plus. Toujours a la meme condition que ce plus soit taxe en meme proportion que les horaires « normales ».


    • Emmanuel (---.---.87.194) 1er mars 2007 17:54

      J’en ai oublié 2/3 au passage :

      on travaille aussi :

      - pour se soigner des maladies occasionnées par le travail (stress, fatique, contact avec des substances nocives) ou en tout cas par le type de société que l’on a choisie (Voir le livre Ces maladies créées par l’homme du docteur Belpomme).

      - pour payer des personnes à effectuer un travail que l’on pourrait faire soi-même si l’on avait plus de temps : garde d’enfant, bricolage

      - pour acheter des choses que l’on pourrait faire soi-même si l’on avait plus de temps : cuisine, vêtements.

      - pour acheter de manière addictive des gadgets ou consommer des produits (voyage, relaxation, cosmétiques) destinés à compenser la dureté du travail.

      Bref tout cela pour dire que lorsqu’on entend parler d’une sorte de fatalité qu’il faudrait travailler plus (ce qui donne par exemple version journalistique dans « rue des entrepreneurs sur France inter » par Brigitte Jeanperrin : « tout le monde sait, qu’on le veuille ou non qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps ») et bien on n’est pas dans le domaine de la rationnalité mais dans celui de la pensée unique et de l’idéologie.


    • (---.---.34.15) 8 mars 2007 15:45

      Tout votre raisonnement repose sur : « Pour commencer, remarquons tout de suite que 7 salariés travaillant 40 heures, font le même travail que 8 à 35 heures »

      Ce qui est naturellement faux. Ce n’est pas le même travail qui est effectué mais le même nombre d’heures. Il s’agit de deux choses différentes ... Cette méprise est d’ailleurs une des raisons principales de l’échec des 35 heures : les 4 heures perdues n’ont pas été compensées par des embauches (ou marginalement) mais par des gains de productivités dans l’industrie et des réaménagements dans les services. Par contre, les 35 heures ont entrainé un gel des salaires catastophique pour le pouvoir d’achat des francais.


    • JL François Marie 8 mars 2007 18:36

      Je vous l’accorde, j’aurais dû dire « font la même quantité de travail.. ».

      Non, tout mon raisonnement n’est pas fondé sur cette constatation (qui est à considérer d’un point de vue macroscopique).

      Dans votre commentaire on ressent de la rancoeur. Si vous lisez ce que j’ai écrit plus bas, vous verrez que je ne dis pas autre chose que vous : j’ai moi-même vu mon salaire gelé pour cause de 35 heures. smiley


    • Maxxi 9 mars 2007 00:25

      Bonjour,

      Même si je suis globalement en phase avec votre argumentaire et plus généralement avec le fait que cette mesure telle que présentée serait une aberration, j’avoue que le fait de comparer les 8 de rémunération supplémentaires à la perte des 60 de charges sociales salariales et patronales me chagrine un peu... C’est en effet considérer que les 60 perdus, comme vous le dites avant, sont une rémunération différée mais oublier qu’elle n’est que POTENTIELLE !
      - OK pour les cotisations retraites (même si dans le système francais comme vous l’expliquez les cotisations retraites ne paient pas notre propre retraite mais celles des actuels retraités.)
      - sur l’assurance maladie et l’assurance chomage : le fait de travailler une heure supplémentaire n’est sans doute pas ce qui va amener le travailleur à être plus malade (évidemment, on peut parler du stress, etc...), ni ce qui va augmenter sa probabilité d’être un jour au chômage... Faisant ainsi de ces cotisations des rémunérations différées TRES potentielles !

      Ainsi, si on se place du point de vue du travailleur, il y a fort à parier que cette heure supplémentaire, payée 10% de plus que la normale, représente tout de même une belle opportunité et soit très attrayante. Sans même considérer que la plupart des gens verront avant tout le gain de pouvoir d’achat immediat et n’auront pas le réflexe de penser au manque à gagner futur dû à la non cotisation à la retraite. On pourrait même aller plus loin dans le raisonnement, et dire qu’un travailleur particulièrement sain et prévoyant mettrait à profit cette rémunération supplémentaire pour en investir une partie à long terme en vue de sa retraite (les fameux fonds de pension...), dont il serait assuré de bénéficier LUI, alors qu’avec notre système actuel par répartition c’est beaucoup plus aléatoire...

      En tous cas, nous sommes d’accord pour dire que et les salariés et les employeurs verraient avant tout des avantages à cette mesure, ce qui aurait pour effet de concentrer encore plus la demande de travail sur un trop faible nombre de travailleurs...


    • François Marie (---.---.73.200) 9 mars 2007 09:25

      Maxxi, vous écrivez : «  »OK pour les cotisations retraites (même si dans le système français comme vous l’expliquez les cotisations retraites ne paient pas notre propre retraite mais celles des actuels retraités.) «  »

      Et plus loin : «  »On pourrait même … dire qu’un travailleur particulièrement sain et prévoyant mettrait à profit cette rémunération supplémentaire pour en investir une partie à long terme en vue de sa retraite (les fameux fonds de pension...), dont il serait assuré de bénéficier LUI, alors qu’avec notre système actuel par répartition c’est beaucoup plus aléatoire...«  »

      Peut-être ne percevez-vous pas très bien l’aspect positif de la retraite par répartition : les cotisations actuelles paient pour les retraités actuels qui ont eux-mêmes en leur temps, payé pour leurs anciens. En contrepartie, les retraites des futurs retraités seront payées par les futurs travailleurs. Notez que votre retraite sera proportionnelle à vos cotisations cumulées, comme je l’ai expliqué dans un autre post.

      Le discours libéral actuel, qui a pour objet de vous vendre des fonds de pensions en même temps que de faire baisser le coût du travail a entrepris de ’casser’ cette solidarité intergénérationnelle avec ce type d’arguments : « nous (sous entendu, les jeunes) ne voulons pas payer vos retraites ». Ils y arriveront peut-être. Ne croyez pas que ce sont les retraités actuels qui en souffriront : Nous avons cotisé, nos retraites seront honorées encore des années... Ce sont les travailleurs actuels, qui auront préféré investir 8 euros dans des fonds de pensions au lieu de 60 dans des caisses solidaires qui en pâtiront.

      Vous opposez l’intérêt individuel (LUI, POTENTIELLE) à l’intérêt collectif. Pour ce qui concerne l’assurance maladie, par exemple, lequel d’entre nous se plaindrait de payer plus qu’il n’en profite ? Nous préférons tous être en bonne santé. Et payer pour les autres, ceux qui sont malades. En ce qui concerne le chômage, c’est pareil.

      Pour ce qui concerne la retraite, une partie seulement des cotisants en bénéficiera au delà de sa cotisation, et une autre en deçà. La durée de vie est une inégalité contre laquelle les fonds de pensions ne pourront rien faire de plus que les caisses actuelles. Et ne croyez pas que ces fonds de pensions soient fiables dans la durée. De récents scandales nous le prouvent, avec ces dirigeants qui ont ruiné des millions de retraités qui leur avaient fait confiance.

      Qui sait de quoi demain sera fait ? Les dirigeants passent, les peuples demeurent. N’écoutez pas les sirènes, investissez dans la solidarité intergénérationnelle. Tous ceux qui ont des enfants, des petits enfants, et qui ne font pas partie de la minorité fortunée, les plus nombreux, comprennent cela.

      Un mot : je ne dénigre pas les fonds de pension, ce n’est pas le sujet des débats mais cela mérite un autre article qui j’espère verra le jour bientôt. Mais fonds de pensions ou pas, la baisse unilatérale du coût du travail est un hold up au détriment des salariés. La vraie question n’est pas de savoir s’il faut investir 8 euros dans des fonds de pension plutôt que 60 dans la solidarité, mais 60 dans des fonds de pension ou 60 dans la solidarité. Et ça change tout !


    • JL François Marie 9 mars 2007 09:28

      PS. je n’ai pas confirmé ’réponse de l’auteur’. Voici qui est réparé.


  • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 14:23

    « L’heure supplémentaire Sarkozy coûterait donc 37% de moins à l’employeur que l’heure normale. »

    Cette seule constatation montre tout le danger intrinsèque et les dérives inhérentes d’une telle mesure !


    • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:17

      Et le but déclaré, c’est de baisser le chômage !

      Ou sarkozy est complétement con, ou est il est sournois.


    • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 16:38

      Les 2 mon capitaine !


  • sweetsmoke (---.---.241.2) 1er mars 2007 14:56

    Lumineux et brillant ! Si le peuple de france se creusait un peu plus la tête et se mettait à décortiquer chaque mots des politiques, il n’aurait qu’une envie, leur botter le cul !


  • Albert (---.---.102.41) 1er mars 2007 15:20

    Désolé, tout en notant que, je n’ai pas eu encore le temps d’approfondir les calculs qui me semblent arithmétiquement corrects de céder à la réaction immédiate ,devant cette affirmation : « travailler plus pour gagner plus »

    Au moment où les gens de Saint-Nazaire , de Toulouse,de Maulne sont dans l’angoisse(salarié d’Airbus et sous-traitants ;environnement commercial proche ,je dose pas dire etc.)


  • gem gem 1er mars 2007 15:42

    laissez donc les économistes (dont ceux du PS) faire leur boulot (quitte à le vérifier si vous en êtes capable), au lieu de vous prendre pour l’un d’eux...

    Je ne sais pas si le raisonnement de Sarkosy est juste, mais je sais que vos savants calculs ne tiennent aucun compte de l’effet (éventuel) sur la production et la compétitivité des entreprises, et que cela suffit à les rendre faux.

    On dit aussi que R. Barre prédisait que les 35 h payées 40 se transformeraient en 40 h payées 35. On n’y est pas encore, mais on y va à grand pas. Sarkosy ou pas...

    Petite erreur en passant : quand on passe de 8 x 35 h à 7 * 40 h, la baisse d’emploi n’est pas de 1/7 = 15 %, mais de 1/8 = 12,5 %.

    Faut-il 15 % de croissance pour créer l’emploi nécessaire pour compenser ? Cela supposerait que dans l’économie française il n’y a que des salairés, et qu’ils sont tous au 35 h sans heures sup. supposition douteuse...


    • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 16:40

      Mais Gem vous ne nous expliquez toujours pas l’étrange logique de payer des heures sup moins cher que des heures normales !!!!


    • gem gem 1er mars 2007 17:39

      @mcm

      qui vous a dit que je voulais expliquer ça ? Au mieux je peux faire des suppositions. Par exemple que c’est une méthode pour faire baisser les charges (en moyenne sur la durée totale du travail) et supprimer de facto les 35 h, mais sans le dire...


  • T’as-t’y vu l’trou d’ma sécu (---.---.193.13) 1er mars 2007 16:35

    « il faut faire l’inverse : peu de charges sur les premières heures » Et comme il y aura bien plus d’heures de travaillées dans les 35 premières, ça fera autant de moins à verser au tonneau des Danaïdes, alias Trou de Sécu.

    Ça n’est pas mieux que le projet de Sarko, lui-même aussi débile que le CPE de Villepin. Tout ça c’est cautère sur jambe de bois et rustine sur pneu pourri. A s’obstiner à rouler avec des pneus pourris, quelle qu’en soit la marque, on finit dans les décors.


  • Gandalf_nouvelordi (---.---.241.144) 1er mars 2007 16:38

    « travailler plus pour gagner plus »

    quelle supercherie sociale ! ou comment encourager les employeurs à concentrer les heures de travail dont ils sont besoins dans un minimum d’emploi, et éliminer du marché du travail tous ceux qui ne veulent pas ou simplement ne peuvent pas se permettre de travailler plus que de raison. sarko n’a pas l’air de s’en rendre compte, mais avoir une famille, des enfants à éduquer, ca demande aussi qu’on y consacre du temps, et beaucoup de francais manquent dejà cruellement de temps à consacrer à cet aspect de leur vie.

    Sarko dit « à quoi ca sert d’avoir du temps libre (35 heures) si on n’a pas d’argent pour en profiter ? » je lui répond : "à quoi ca sert de gagner plus si on n’a pas de temps pour en profiter, ou si les contraintes d’organisation familiales imposées par le surplus de travail engendrent de nouvelles dépenses (gardes d’enfants...) ?

    travailer plus pour ne plus avoir le temps d’éduquer soi meme ses enfants et les laisser livrés à eux même ?

    le travail ne se partage pas ? mais que propose Sarko ? prenons l’exemple d’un patron qui a besoin de 140 heures de travail pour une activité. Il a le choix entre enbaucher 4 personnes à 35 heures, ou 3 personnes faisant des heures sup (46 heures par semaines). sarko propose tout simplement de favoriser cette derniere solution. résultat : seuls ceux qui sont pret à sacrifier leur vie privée pour leur boulot trouveront un emploi... bel équilibre de vie... et ceux qui voudront simplement se partager raisonnablement entre leur vie profesionnelle et privée se retrouveront au chomage... à vivre aux frais du contribuable. et come ces heures sup ne financeront pas les systèmes sociaux, on voit mal comment le système s’équilibrera.

    Bref, sarko et l’économie, c’est tout le monde aux 50 heures ou creve... avec ca, on va aller loin !


  • tvargentine.com michel lerma 1er mars 2007 21:34

    Votre argumentation est assez navrante car dans le monde du travail ,oui,nous voulons travailler PLUS (+) pour GAGNER DE L’ARGENT.

    Je suis moi même informaticien et la mise en place des 35h version Aubry est un enfer pour les employés et les responsables d’entreprise

    Pour les employés qui travaillent en horaires décalés ,c’est le plafonnement des heures et des journées de travail (OUI C’EST L’ACTUELLE REALITE)et des plannings de travail digne d’EMILE ZOLA

    Oui nous avons des RTT,mais nous voulons GAGNER DE L’ARGENT

    Pour les employeurs c’est l’IMPOSSIBILITE de faire travailler ses collaborateurs qui veulent travailler (+) plus,et donc de permettre à ses salariés d’arrondir leur fin de mois.

    Avant les 35h Aubry TOUS les informaticiens vous le dirons nous pouvions travailler pour de l’argent et nous avions la possibilité de vivre confortablement nos fins de mois.

    Avec les 35 h,nos salaires ont été bloqués et nous sommes astreints à des horaires et des astreintes non payés et devant ses contraintes débiles,les sociétés industrialisent les emplois d’informaticiens,elles recherchent le moindre coût et délocalisent maintenant ses emplois qui été encore voici peu,des emplois à très forte valeure ajoutée,pour les entreprises,les salariés et l’économie du pays car l’argent retournait dans le circuit économique Français en achat de biens et d’équipements

    En plus votre argumentation est vraiment REACTIONNAIRE car vous préférez que l’ETAT subventionne encore des emplois pour et uniquement « pour les jeunes » mais pas pour les autres qui disposent d’années d’expériences et qui aujourd’hui ne trouvent plus de travail bien payé car reservé maintenant à des « jeunes » mal payés et qui ne rapportent rien dans les caisses de retraites et qui coûtent énormement d’argent aux contribuables français,appauvrissant ainsi la société française dans son ensemble.

    Oui,il faut supprimer les 35h version Aubry pour instaurer la durée de travail hebdomadaire à 35heures non annualisée

    Oui il faut défiscaliser au delà des 35heures car cela évitera aux grosses SSII(sociétés de services informatiques) de délocaliser le centre de traitement informatique à l’étranger comme la slovaquie ou le Maroc et devenir plus compétitif au niveau européen et aux salariés de gagner (+) plus d’argent afin de dépenser plus (+) en achetant (+) plus de biens d’équipements et de services.

    Vous êtes retraité informaticien dans les télécoms

    Oui,nous avons compris ,vous êtes un fonctionnaire de France Télécom à la retraite !

    Et bien j’espere que les fonctionnaires cotiseront prochainement 40 ans et qu’une taxe de solidarité nationale soit instaurée sur les anciens fontionnaires à la retraite,car votre retraite c’est nous qui vous la payons et nous en avons marre de voir des REACTIONNAIRES comme vous porter des jugements irresponsables sur ce que vous n’avez jamais connu : les fins de mois difficile.


    • JL François Marie 2 mars 2007 11:03

      « Il y a aujourd’hui un réformisme libéral, ou réformisme de droite. Cela peut paraître un peu curieux parce que, historiquement, le réformisme a été une position de gauche, modérée, qui voulait éviter la révolution, avec des politiques de type social-démocrate, tout en étant soucieuse d’affirmer le pouvoir de l’Etat social, de développer le droit du travail, la protection sociale, les services publics, contre le libéralisme. Précisément parce que ce réformisme de gauche n’avait pas si mal réussi, qu’il était parvenu à construire des régulations sociales assez fortes, il y a désormais la possibilité d’un réformisme de droite, dont l’objectif est de démanteler ces constructions. C’est l’orientation de ce qu’on appelle le néolibéralisme. […] Il y a un critère simple pour distinguer le réformisme de gauche du réformisme de droite. Le réformisme de droite s’attaque au droit, à l’Etat, soupçonnés d’être des entraves au libre développement des entreprises, à l’exigence d’être compétitif, concurrentiel à tout prix. C’est le discours dominant dans la politique actuelle. » (Robert Castel)

      De sorte qu’il y a deux sortes de réactionnaires : ceux de droite et ceux de gauche. Dont acte.


    • JPL 8 juin 2007 05:44

      @ lerma

      vous changez de travail et d’affiliation politique au gré de vos commentaires

      dans le meilleur des cas vous êtes un affabulateur

      dans le pire des cas un manipulateur en service commandé

      sur le fond : on peut toujours chercher à gratter sur le coût du travail en Europe, au premier chef sur les salaires. Il y a un tel écart avec les pays en train de se développer que tous les emplois délocalisables le seront très vite s’il n’y a un minimum de régulation pour amortir le choc. Avec le salaire d’un ingénieur américain on fait travailler 11 indiens (dixit grands patrons de l’informatique aux US). Gratter même 20% sur le coût de l’heure de l’américain ne change pas le choix économique....


  • philippe delcroix (---.---.100.188) 2 mars 2007 09:32

    Il aurait peut-être plus judicieux de dire travailler mieux, pour gagner plus en s’adressant aux responsables et dirigeants d’entreprises de tout ordre qui ont laissé filer le déficit de notre balance commerciale faute de n’avoir pas pu ou su exporter, ou prendre à temps les mesures qui s’imposaient pour éviter des crises majeures (Airbus etc...)nom d’un chien, il y a pourtant assez de méthodes qualité ( Ishikawa, matrice Kepner-Tregoe etc...) pour éviter ça ! Qu’est-ce qu’on vous apprend dans vos « Grandes » écoles !


  • JL François Marie 2 mars 2007 10:35

    Merci à ceux qui ont fait l’effort de lire attentivement ce texte que j’ai essayé de faire court et clair. Merci à Agoravox d’avoir accepté de publier ce point de vue polémique.

    Et je remercie particulièrement ceux qui ont exprimé ici parfois avec enthousiasme (Léonard, Stépahne Klein, Emmanuel, mcm, sweetsmoke, Gandalf-nouvelordi, pardon si j’en oublie) leur solidarité avec ce point de vue. Je voudrais leur demander pourquoi il n’y a pas de débat public sur un sujet aussi important à mon sens, qu’était la directive Bolkestein en son temps.

    à Gem, je vous accorde que 7/8 c’est 12.5% de moins, reconnaissez que 8/7 c’est 15% de plus…

    à Michel Ierma : je n’ai pas bien compris vos explications. En particulier quand vous dites : « Oui, il faut supprimer les 35h version Aubry pour instaurer la durée de travail hebdomadaire à 35heures non annualisée ». Ps. J’ai cotisé 40 ans, ne vous déplaise.

    à Philippe Delcroix : je pense que ce commentaire ne m’est pas adressé ? Cela irait mieux en le disant. Merci.

    Sur les critiques concernant la ’contre proposition’. Je n’ai suggéré cette proposition que pour souligner l’absurdité de celle de Sarkozy. Vous voudrez bien noter que j’ai préconisé l’abandon de la loi des 35 heures, ou ce qui est un peu différent, l’autorisation de recourir aux heures supplémentaires selon les modalités classiques. Au sujet de cette loi des 35 heures, il ne faut pas oublier que les salariés y ont laissé des plumes. Je peux en témoigner.

    Au sujet du pourquoi de la proposition Sarkozy, je renvoie les lecteurs à l’excellent petit ouvrage que vient de faire paraître Jacques Généreux, qui explique que « la nouvelle droite se fiche du bien commun et accomplit un projet destructeur : abolir le modèle de société solidaire élaboré depuis l’après guerre… ».

    Bonne lecture à tous. smiley


    • JL François Marie 2 mars 2007 10:36

      Sur la retraite, j’aimerais ajouter une petite explication très simple (je ne suis pas spécialiste) que je crois utile pour certains.

      En gros il existe en France, outre les régimes spéciaux, la sécurité sociale et les caisses complémentaires. Quelles différences ? Les cotisations pour la retraite reversée par la sécurité sociale sont obligatoires, les cotisations pour les caisses complémentaires sont facultatives et le plus souvent négociées par les conventions collectives.

      Les cotisations versées pour la retraite de la sécu sont soumises à un plafond, et la retraite correspondante reversée au cotisant est limitée à un maximum : ceci veut dire que, tant que le salaire n’atteint pas ce plafond, il paie au prorata de son salaire, mais pour les salaires qui dépassent ce plafond la part au delà du plafond n’est pas soumise à ces cotisations.

      Les caisses complémentaires, comme leur nom l’indique, permettent de se constituer une retraite complémentaire. Ces caisses fonctionnent également par répartition : le salarié acquiert des points au prorata de ses cotisations, et sa retraite le jour venu sera proportionnelle aux points acquis. En général les conventions collectives prévoient de verser en complémentaire les cotisations relatives à la part au delà du plafond de la sécu de sorte que, en gros, les cotisations restent proportionnelles à la totalité du salaire.

      Les conditions de départ à la retraite sont fixées par des règles que je n’évoquerai pas ici. Disons simplement que le salarié ’peut’ prendre sa retraite à 60 ans mais il peut aussi continuer à travailler, donc aussi à cotiser. L’employeur peut mettre d’office son salarié à la retraite à seulement 65 ans, pas avant.

      Ceci a pour conséquence que celui qui a peu cotisé et qui ’part’ à 60 ans aura bien entendu une plus maigre retraite que celui qui aura beaucoup cotisé ou qui ’part’ à 65 ans.

      Un travailleur imprévoyant ou peu averti, pourrait se réjouir de cet état de fait et ’profiter’ pleinement d’un salaire non amputé de ces cotisations complémentaires. Il risque à l’âge de la retraite de le regretter amèrement.

      Un mot, mais c’est le plus important, sur le mécanisme de répartition, base du système de retraite. Les comptes des caisses de retraites sont, en principe équilibrés quand les cotisations perçues pendant une période considérée permettent d’assurer le paiement des retraites versées pendant la même période. Vu du coté du salarié, cela signifie qu’il paie pour les anciens quand il est actif, et plus tard, les nouveaux travailleurs paieront pour lui. C’est d’un simplicité biblique. On appelle cela la dette intergénérationnelle.

      Or il se trouve que le discours dominant aujourd’hui, il y a même des ouvrages en librairie sur ce sujet, consiste à dire « nous les jeunes, ne voulons pas payer vos retraites ». Reprenons cet exemple de ’l’heure Sarkozy’ qui coûte à l’employeur 37% de moins que l’heure normale. Ces 37% retirés à la protection sociale, le travailleur n’en verra pas la couleur. Ce sont les actionnaires qui en bénéficieront. Autrement dit, ce sont les actionnaires qui ne veulent plus payer les cotisations sociales, et qui exacerbent par des slogans trompeurs (divisant pour régner) la concurrence intergénérationnelle.


    • (---.---.140.77) 3 mars 2007 01:03

      Et après travailler plus cela sera travailler plus VITE bande de fainéants !!!

      De qui se moque t’on !!!!


  • PetitChat (---.---.208.77) 5 mars 2007 16:48

    Bonjour,

    je ne sais pas si votre contre-proposition est la bonne solution, mais je sais que celle de NS est effectivement très mauvaise. Car encore une fois ce seront les actionnaires et entreprises qui vont être avantagés au detriment des employés. J’ai l’impression d’entendre une meute de petits chefs qui ne pensent qu’au chiffre inscrit sur leur fiche de paye a la fin du mois. Mais j’espere que tout le monde verra un peu plus loin que le bout de son nez, que ce n’est pas parce que soi-meme on va gagner plus sur le moment qu’au final on va y gagner. Il faut penser a regarder la globalité des choses, et ca a plutot tendance a faire défaut dans la société d’aujourd’hui. Bien sur un salaire décent est important, mais il ne doit pas résulter d’heures supplementaires.

    Je suis aussi informaticienne et si dans ma boite les plannings sont des plannings de fous ce n’est pas parce que nous ne voulons pas bosser, mais parce que les patrons et actionnaires refusent d’embaucher des personnes avec un salaire décent et préférent se reposer sur les quelques qui n’hesitent pas a faire pres de 15 heures supp par semaine et pour pas grand-chose ... quelle aubaine pour eux la reforme des heurres supp de NS !! Mais pour ceux qui ont une famille, qui payent pour faire garder leurs enfants, qui ont envie de profiter de leurs enfants .... je pars le matin a 7h30 et je rentre le soir a 18h30, je refuse de faire des heures supp pour pouvoir boucler le mois alors je suis mal vue dans ma boite ... en plus je suis une des rares femmes et la seule a avoir un enfant.

    Pour moi ce slogan c’est vraiment quelque chose de sournois, histoire de vraiment bien faire passer la pilule aupres de ceux qui se rendront compte trop tard qu’ils se sont fait avoir.


    • JL François Marie 5 mars 2007 18:50

      Bonjour, votre commentaire justifie à lui seul mon article. Je pense que cette mesure prévue par NS est aussi dangereuse que la directive Bolkestein il y a deux ans. Curieusement personne n’en parle.

      L’objectif réel de cette mesure est bien évidemment de faire baisser le coût du travail. L’aggravation du taux de chômage, non seulement n’inquiète pas les néo-libéraux, mais fait partie de leur plan de casser la société solidaire construite entre l’après guerre et le début des années 80.

      Vous trouverez dans le petit ouvrage de Jacques Généreux « Pourquoi la droite est dangereuse » une explication claire et argumentée de cette affirmation. Un autre ouvrage lumineux : « Comment les riches détruisent la planète » d’Hervé Kempf.

      L’informatique est un domaine où les gains de productivité ont été les plus spectaculaires. De la même façon, dans le domaine de la pêche hauturière, les progrès techniques ont été considérables. Il en est ainsi dans beaucoup de secteurs d’activité. Pourtant, dans tous ces secteurs, on observe une aggravation des conditions de travail et une diminution des rémunérations.

      PS : Ma contre proposition c’était juste pour souligner, par comparaison, l’iniquité de celle de NS.

      Re PS : Si cette réforme était adoptée, je suppose qu’il serait encore plus difficile de refuser des heures supplémentaires. Dans cette perspective, il faudrait penser plus que jamais aux prud’hommes, et l’argumentation que j’ai produite ici ne serait peut-être pas inutile.

      Cordialement.


  • Yakumbo 30 mai 2007 21:19

    Faisons simple : Les heures supp ce que je peux en faire : j’ai 10 employés dans ma PME , j’en vire 2 et je paye les 8 autres qui restent en heures supp pour remplacer les deux que j’ai virés . Les 8 sont contents , et moi je paye moins d’impots . Non ??


    • JL JL 31 mai 2007 09:03

      Oui, c’est tout à fait ça. De plus, ils ne paieront pas d’impôts sur ces revenus là.

      La question devra être posée, concernant le chef d’entreprise lui-même, qui peut comme vous le savez, être salarié de sa propre entreprise. Jusqu’où pourra-t-il utiliser ce dispositif pour son propre compte ? Pour celui de son conjoint, de ses proches ?

      On le voit, cette mesure est un cheval de Troie dangereux pour notre dispositif fiscal.


    • JL JL 31 mai 2007 09:53

      Par exemple un patron de TPE qui gagnant entre 5 et 10000 euros mensuels, déclarant la moitié en heures supplémentaires verrait ses impôts divisés par 3 ou davantage !


    • titi 4 mai 2011 09:21

      Exemple complètement faux...

      1. Le patron de TPE est considéré comme « cadre dirigeant » et donc les heures supplémentaires ne s’appliquent pas. Un cadre dirigeant n’a pas d’horaire légale.

      2. Por ceux pour lesquelles les heures supplémentaires s’appliquent, elles sont contingentées : 24 heures sur 12 semaines.


    • titi 4 mai 2011 09:24

      Qui plus est un patron de TPE qui utiliserait le « salaire » comme principale rémunération n’est pas un bon gérant.
      « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouzes »


  • JL JL 6 novembre 2007 20:11

    aujourd’hui il semble que ça pose plus de pb que ça n’en résoud.


  • JL JL 2 décembre 2007 14:24

    Selon JL Bourlanges (ce matin dans « L’esprit Public »), « la défiscalisation des heures sup profite aux salariés riches, célibataires, pas aux smicards ni aux pères de familles ». C’est un accroissement, non seulement des inégalités, mais de l’injustice.

    Maintenant il est clair que le but poursuivi est de ruiner les caisses de solidarité. Pour ce qui concerne l’exonération des chareges :

    « Toujours plus décomplexée, la droite sarkozyste fait sauter toutes les digues. En réformant la Sécurité sociale ou le statut de la fonction publique, elle n’a qu’un but : démolir l’héritage social de l’après-guerre. Seulement, elle risque fort de se heurter à un obstacle de taille : la Constitution et son préambule de 1946. » http://interdits.net/interdits/index.php?option=com_content&task=view&id=206&Itemid=65

    Pour ce qui concerne la défiscalisation : outr que l’argent se trouve de fait pour le Fisc avoir maintenant une odeur, puisque l’origine permet la défiscalisation, cette mesure profite aux plus riches des travailleurs : le cadeau est proportionnel à l’impôt. Un smicard exonéré fiscalement ou un père de famille ne profitera pas de cette mesure autant qu’un salarié haut de gamme ou un célibétaire.


  • JL JL 3 mai 2008 09:05

     

     

     

    Aujourd’hui, le gvt se flatte que 50 millions d’heures supplémentaires ont été effectuées en un an. Si 1 millions de salariés sont concernés, cela fait 1 heure par semaine et par individu !

    PJCA écrit dans un article ""Il y a moins de travail, moins de travailleurs et la plus grande partie du travail qu’on fait, en col roulé plus souvent qu’en col blanc ou bleu, grand-papa n’aurait même pas appelé ça du travail. On vit dans une société de services, une société d’économie tertiaire, il ne reste que 16% de la main-d’œuvre en industrie aux USA. Le cambouis et la sueur sont devenus des raretés plaisamment rétro, comme le communisme. Alors on ne se retrouve plus. Il n’y a plus de prolétaires. On a fait disparaître la classe ouvrière.""

    Je pense qu’il y a encore des travailleurs. De moins en moins peut-être mais ceux-là sont de plus en plus exploités. Les jeunes des pays occidentaux refusent le travail manuel, viennent grossir les rangs des Rmistes cependant que les exploitants de MO clandestine ont de beaux jours devant eux. En France, l’objectif de 25 000 reconduites à la frontière serait paraît-il dérisoire par rapport aux entrées illégales. Un peu comme les saisies de drogue par rapport à ce que les dealers écoulent.

    Nb. J’ai reçu ma feuille de déclaration de revenus : Une nouvelle rubrique a été ajoutée qui s’intitule : "Heures supplémentaires : revenus exonérés connus".

    Dans la "Fiche de calculs facultatifs" il n’est évidemment nulle part fait mention des sommes éventuellement inscrites à cette rubrique.


    • JL JL 30 août 2008 05:52

      Chômage et heures sup : au royaume d’Ubu

      "Le 21 août 2008, Christine Lagarde, Ministre de l’économie, se félicitait du succès de la loi TEPA, et tout particulièrement de son volet heures supplémentaires. Une semaine plus tard, l’ANPE confirmait la remontée du chômage au mois de juillet."

      "Le nombre des heures supplémentaires déclarées - 182 millions au second trimestre 2008 - s’est accru de 6 % par rapport au premier trimestre 2008 et de près de moitié par rapport au premier trimestre 2007. Du coup, les exonérations correspondantes ont déjà coûté 1 355 millions à la Sécurité sociale sur les six premiers mois de l’année, auxquelles il faut ajouter les pertes d’impôt sur le revenu pour le budget de l’Etat. Soit un coût total estimé à 4 milliards d’euros en 2008 pour les finances publiques par Christine Lagarde. Quasiment la moitié du déficit de la Sécurité sociale cette année. Une politique qui profite surtout aux plus grandes entreprises : 85 % des entreprises de plus de 2000 salariés ont eu recours à ce dispositif contre moins du tiers des entreprises de moins de dix salariés."


  • JL JL 26 décembre 2008 09:13

    La situation est devenue telle aujourd’hui, que les économistes de tous bords conviennent que "La défiscalisation des heures supplémentaires une mesure complètement folle". Thomas Piketty, répondant à Christian De Boissieu sur France Inter ce 26 décembre.


  • JL JL 4 février 2009 08:52

    Enfumage sur les heures sup’ (lemonde.fr, 3/2/9) : " Pourquoi le gouvernement a-t-il transmis au Parlement, dès la fin janvier, un rapport sur les heures supplémentaires en 2008 ? Pourquoi cet empressement à publier des chiffres au conditionnel, alors qu’il aurait suffit d’attendre trois semaines pour s’appuyer sur les chiffres définitifs que publiera l’Acoss (1) vers le 20 février ?

    La seule urgence, semble-t-il, était d’enfumer l’opinion. Lui faire croire que la loi d’août 2007, dite TEPA (2) avait réellement engendré des heures supplémentaires en les défiscalisant et en les exonérant de charges sociales. Lui faire croire que " travailler plus pour gagner plus ", ça avait marché, fût-ce un peu. Et que le gouvernement n’avait pas jeté 3 milliards d’euros " sur le sable ", comme le dit Nicolas Sarkozy à propos des plans de relance par la consommation d’antan.

    … Regardons toutefois de plus près ces 30 millions d’heures supplémentaires effectuées en 2008 dans le monde agricole, selon les espoirs de la ministre de l’Economie.

    Sur quoi Christine Lagarde s’est-elle appuyée pour arriver à ce chiffre ? Sur le recensement des heures sup’ recensées au premier semestre par la Mutualité sociale agricole. Un recensement dont le gouvernement nous dit quasiment tout dans un tableau bourré de chiffres à l’euro près. C’est à la page 12 de son rapport : nombre d’heures " normales ", nombre d’heures supplémentaires et complémentaires, nombre de salariés agricoles concernés, salaires perçus, rémunérations des heures sup’, etc.

    Or ce tableau recèle de très curieuses informations, qu’il suffit de calculer à partir des chiffres publiés. Les ratios intéressants ont été calculés dans le tableau ci-dessous. On y apprend par exemple que le salaire horaire brut " heures normales " des salariés agricoles a diminué entre l’hiver et le printemps 2008. On y apprend encore que les heures supplémentaires ont été moins bien payées que les heures normales. On y apprend enfin qu’un salarié agricole a effectué en moyenne à peine plus de 27 heures par semaine au printemps dernier - heures supplémentaires comprises. ""

    http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2009/02/03/enfumage-sur-les-heures-sup/


  • JL JL 25 février 2009 08:56

    "Le scandale des heures supplémentaires : malgré la crise, le recours aux heures supplémentaires défiscalisées a encore progressé au dernier trimestre 2008. D’évidence, il ne s’agit pas de faire face à un surplus d’activité, mais de remplacer les salariés qui ne sont plus là." (Denis Clerc, fondateur d’Alternatives Economiques)



    http://www.alternatives-economiques.fr/le-drame-des-heures-supplementaires_fr_art_633_42066.html
     


  • JL JL 16 mars 2009 20:14

    Alternatives Economiques a lancé une pétition contre les exonérations sociales et fiscales dont bénéficient les heures supplémentaires au détriment de l’emploi. Cette initiative est soutenue par l’hebdomadaire Marianne.

    Si vous souhaitez soutenir cette initiative, la pétition peut être signée à l’adresse suivante : www.alternatives-economiques.fr/petition.
    Et n’hésitez pas, bien sûr, à relayer cet appel autour de vous si vous le jugez pertinent...


  • titi 3 mai 2011 23:07

    A la demande de JL je vais donc repréciser les calculs qu’il a effectué...

    Considérons un brut de 100 et donc un « super brut » de 140.
    Nous avons donc un net à 80, 20 de cotisations salariales et 40 de cotisations patronales.

    Ce que je vais représenter sous la forme 80/100/140 (net/brut/super brut)

    Le super brut étant grosso modo le cout du travail.

    Que prévoit la loi TEPA ?

    Dans le cas des heures supplémentaires, la baisse des cotisations ne concerne pas la totalité des cotisations sociales :
    - Elle concerne la quasi totalité des cotisations salariales : à l’exception des « complémentaires »... pour simplifier on va dire que c’est la totalité ;
    - Elle concerne une déduction forfaitaires des cotisations patronales. Cette cotisation forfaitaire est de 0,5 euros par heure. Soit au maximum si je considère le taux horaire le plus bas, c’est à dire le smic, et que je rapporte aux 100 du brut, une économie de 5,5 (*)

    Ce que prévoit également la TEPA, c’est la fin des dérogations permettant la majoration des 4 premières heures supplémentaire à 10% => désormais le taux de majoration des premières heures supplémentaire c’est 25% pour tout le monde.


    Donc si je reprends l’exemple de JL :
    80/100/140
    Representait en heure sup avant la TEPA (j’applique 10%)
    88/110/154

    Maintenant j’applique l’un après l’autres les dispositifs TEPA :
    Le passage du taux de majoration de 10 à 25 nous donne
    100/125/175
    J’applique l’exonération des charges salariales :
    100/100/150
    J’applique l’exonération des forfaitaires des charges patronales :
    100/100/144,5

    A comparer à ce qu’annoncait JL :
    88/88/88

    On est loin du compte....


    (*) s’agissant d’une réduction forfaitaire, cette réduction est la plus forte sur les petites remunération. Or les petites rémunérations sont déjà en grande partie exonérées (dispositif fillon), et dans ce cas on est pas dans le schéma 80/100/140 et le gain est donc bien moindre. Mais bon... je simplifie.


    • JL JL 4 mai 2011 09:59

      titi,

      D’une part votre raisonnement s’applique pour les 4 premières heures, mais est caduc pour les suivantes puisque j’aurais annoncé 100/100/100 à comparer avec 100/100/144,5 sous réserve de la suite.

      Suite : j’aimerais voir les § de la loi qui prévoient ces dispositions, notamment le fait que la déduction sur ls charges patronales ne serait que de 0.5 euros par heure sur des cotisations majorées de 25%.

      Enfin et surtout, je note que le salarié a tout de même perdu, puisque le super brut et surtout le brut sont inférieurs à ce qu’ils étaient avant.

      Ainsi, avec une disposition qui semble avantageuse, les salariés y perdaient du pouvoir d’achat, et cela est indéniable.


    • titi 4 mai 2011 10:46

      @JL


      Du coté de salarié on passe d’un
      80/100/140

      100/100/144,5....

      Je vois pas bien où il y perd.
      Vous considerez dans vos intervention que les « charges salariales » n’en sont pas vraiment puisqu’il s’agit d’un salaire différeré.
      Je ne suis pas tout à fait d’accord dans la mesure où les cotisations salariales d’aujourd’hui financent le salaire des ceux qui en on besoin aujourd’hui. Si demain ce salarié a besoin de ce salaire différé rien ne prouve qu’il sera le même, voire qu’il sera encore disponible en l’absence de personnes pour le financer.

      En fait le salarié touche aujourd’hui ce qu’il aurait touché « éventuellement » demain.


      A partir de la 4ème heure la majoration est de 50%

      On passe donc de
      80/100/140

      A :
      1. 120/150/210
      2. 120/120/210
      3. 120/120/204,5

      Mais en fait ce cas a peu de chance de se produire car les heures supp « défiscalisées » sont contingentées à 24heures sur 12 semaines.

      Pour le décret des 0,5 / heure : décret n° 2007-1380 du 24 septembre 2007, JO du 25.
      Concernant ce point j’ai pris l’hypothèse la plus simple car il existe des variantes en fonction du fait que le salarié soit « forfaitisé » ou pas.


    • titi 4 mai 2011 10:48

      Oups

      Du coté de salarié on passe d’un
      88/110/154

      100/100/144,5....


      Vous aviez corrigé je suppose.


    • titi 4 mai 2011 10:55

      D’ailleurs pour l’anecdote dans le « salaire différé » il y a la « prévoyance ».

      La « prévoyance » en gros c’est le veuvage.
      Donc de toute façon le(la) salarié(e) n’en verra pas la couleur puisque c’est pour son(sa) conjoint(e).
      Même les célibataires cotisent au veuvage.

      Donc niveau salaire différé c’est pas vraiment ça...


    • JL JL 4 mai 2011 11:07

      titi,

      ce débat est lointain pour moi et je vous avoue que c’est dommage que personne ne soit intervenu dans ce sens à l’époque : relisez les commentaires.

      Ceci dit, vous écrivez : « En fait le salarié touche aujourd’hui ce qu’il aurait touché »éventuellement« demain »

      Je suis évidemment d’accord, puisque je n’ai jamais considéré les « charges », enfin une partie (*) autrement que comme un salaire différé. Mais là, ça nous renvoie au débat sur les retraites.

      Bien sûr, dans cet article j’avais grossi le trait, et je n’avais pas vu que, peut-être, l’intention première était de préparer cette attaque sur les retraites que l’on a connue.

      (*) Pour ce qui concerne les charges, justement : il faut distinguer entre les cotisations retraite (l’acquisition de droits) qui est effectivement du salaire différé, et les autres charges qui sont en fait des taxes qui ne devraient pas alourdir le coût du travail.

      Ceci est particulièrement vrai pour les « cotisations chômage » : c’est une charge qui pèse suir le travail et constitue une double peine pour les travailleurs. En effet, plus une entreprise automatise, plus elle aggrave e chômage et moins elle contribue au traitement social du chômage. A l’inverse, plus une entreprise a recours à des travailleurs, plus elle contribue à la résorption du chômage, et plus elle paie de cotisations chômage.

      La manière de financer le traitement social du chômage est archaïque et constitue une prime au vice, une punition à la vertu. Ce système pervers doit être dénoncé avec force et remplacé par une contribution qui devrait être perçue sur les seuls revenus du capital.


    • titi 4 mai 2011 11:27

      « Ce système pervers doit être dénoncé avec force et remplacé par une contribution qui devrait être perçue sur les seuls revenus du capital. »

      J’avoue que je vois pas bien pourquoi.

      Le principe des contributions sociales est que ces contributions ont une contrepartie : l’ouverture de droits.

      Soit les revenus du capital entre dans l’assiette des contributions et alors ceux ci génèrent des droits. Et dans ce cas on a rien solutionné sur la péréquations cotisants/ayants droits.

      Soit ils n’entrent pas dans l’assiette.


    • JL JL 4 mai 2011 11:55

      titi,

      il semble que vous raisonniez en « exécutant », en partisan du statu quo, c’est-à-dire quelqu’un qui applique à la lettre le rêglement sans remettre en cause quoi que ce soit.

      Je crois avoir assez bien expliqué pourquoi ce système, justifié dans un contexte de plein emploi, est archaïque et pervers dans un contexte de taux de chômage aberrant. Et par définition, un système archaïque dans un contexte (relativement à lui) aberrant est un système aberrant et qui a conduit à faire dire, même à des dirigeants socialistes : « Contre le chômage, nous avons tout essayé ».

      Non Mr Mitterrand, vous n’avez pas cassé ce système aujourd’hui pervers qui produit du chômage.

      Il n’appartient pas aux salariés d’acquérir des droits pour se prémunir contre le chômage, dès lors que ceux qui produisent ce chômage excessif en tirent profit.


    • titi 4 mai 2011 12:16

      Non je ne suis pas pour le statu quo.

      En l’espèce je suis pour une « nationalisation ».

      Je m’explique...
      Aujourdhui il y a deux budgets celui de l’Etat alimenté par des impots, celui du social alimenté par des cotisations. Au final tout fini dans la dette de l’Etat.
      Le budget de l’Etat est géré par de bons copains issus de l’ENA, qui sont malgré tout responsables devant le suffrage universel.
      Celui du social est géré par de bons copains issus du syndicalisme responsables devant personne.

      Faire participé les revenus de capital au système social, sans contrepartie (ouvertures de droits) revient donc à créer un impot dont les recettes seraient à la disposition des branquignoles de la CGT et du MEDEF. Nul doute que si demain on lève 10 milliards ils viendront demain en demander 10 de plus et après demain encore 10.

      Pas d’accord.
      Ou alors que le système social devienne un système d’Etat, géré par des fonctionnaires et dont la direction serait assurée par des gens responsables devant le suffrage universel, comme l’est aujourd’hui la direction du budget de l’Etat.
      Et dehors les Thibault, Chérèque et Parisot qui iront vivre des cotisations des adhérents et des bouquets du 1er mai. Je ne doute pas encore que la cylindrée des voitures de fonction en prendrait un sacré coup...


    • JL JL 4 mai 2011 12:55

      titi,

      je suis favorable à une nationalisation du système, et depuis longtemps, et je maintiens mes posts ci-dessus, que vous pouvez relire sous ce prisme.


    • titi 4 mai 2011 14:36

      Le problème est que tant que cette « nationnalisation » n’a pas lieu, il n’y a pas de solution.

      Ce que je vous reproche c’est de donner écho aux contre verités de M.Thibault et Emmanuelli.
      Les truc du genre : « le capital ne participe pas à l’effort commun ». Bah si et sans contrepartie.
      La CSG+ RDS sur les revenus du capital prend 1 point par an depuis 10 ans.
      A votre avis les bailleurs dont les revenus sont touchés par ces hauses ils font quoi ? Ces 10% ce sont les locataires qui se les prennent.
      Les associés de TPE dont le dividende est l’essentiel des revenus ils font quoi ?

      Qui accepterait que son revenu soit amputé de 10% en 10 ans ?

      Et pourquoi ? Tout simplement parce que nous n’avons pas à faire à des gestionnaires.
      Pour eux c’est simple : j’ai des dépenses ? pas de problème je créé un impot ou une taxe pour avoir la recette qui va avec.
      A aucun moment la performance de la dépense n’est analysée. Pas plus que la performance du recouvrement d’ailleurs


    • JL JL 4 mai 2011 15:03

      titi,

      c’est vous qui énoncez fes contre vérités : le rapport revenus du capital / revenus du travail, est passé en 3 décennies de 30 / 70 à 40 / 60.

      Pour vous qui savez compter, cela signifie que, pendant que les révenus du travail stagnaient, ceux du capital augmentaient de 50%.

      Et encore, il faut rappeler que si les revenus du travail n’affichent pas la baisse aussi spectaculaire que la réalité voudrait, c’est que les médiocres augmentations de salaires ont été essentiellement absorbées par les très hauts revenus, en même temps que l’accroissement des inégalités.

      Quand j’atais jeune, un salaire d’ouvrier suffisait à faire vivre une famille modeste. Aujourd’hui, il en faut deux, et avec un salaire de cadre, on y arrive difficilement. Les gadgets électroniques à obsolescence programmée ne remplissent pas les ventres, pas plus que les aliments irradiés et bourrés d’additifs suspects. L’eau était pure et gratuite. Et il n’était pas nécéssaire de posséder une voituire pour ses déplacements quotidiens.

      En revanche, les riches d’aujourd’hui sont plus riches que ls génératioons passée. : les classes motyennes et modestes vivent de moins en moins bien cependant que les classes aisées vivent de plus en plus richement.

      Et toutes vos arguties n’y changeront rien.


    • titi 4 mai 2011 16:55

      « travail, est passé en 3 décennies de 30 / 70 à 40 / 60. »

      Turlututu.

      Vous oubliez totalement dans vos raisonnements l’évolution des cotisations sociales qui étaient quasi inexistantes il y a 30 ans et le poids de la fiscalité.
      J’affirme au contraire qu’il y a une baisse des revenus nets, y compris ceux du capital.
      L’écart entre les anciens revenus et les nouveaux est parti dans le tonneau des danaides nommé sécurité sociale.


    • JL JL 4 mai 2011 19:23

      titi,

      vous ne croyez pas que pour quelqu’un qui soughaite s’en tenir ce qui est incontestable, vous poussez le bouchon un peu loin ? !

      titi dit : « L’écart entre les anciens revenus et les nouveaux est parti dans le tonneau des danaides nommé sécurité sociale. »

      La Sécu a tout bouffé ?! Et ce serait parti dans les poches de qui , selon vous ?

      pfff !

      Ne répondez pas, titi, vous me fatiguez !


    • titi 5 mai 2011 22:28

      « pas que pour quelqu’un qui soughaite s’en tenir ce qui est incontestable, vous poussez le bouchon un peu loin  »

      Bah c’est pas bien compliqué... je vous ai déjà donné des pistes dans le sujet sur la fiscalité. Si il y a 30 on était sur une base de 70 pour les revenus salariés (ce qui est votre affirmation), alors aujourd’hui les 70 ne sont plus que 64,4 rien que par le fait de la CSG.


      Petit rappel :
      Dans ce sujet vous avez exposé que le cout du travail ce décomposait en
      80/100/140 (net/brut/cout du travail=super brut)
      Et avez affirmé que toute baisse du cout du travail profitait au capital... vous serez donc d’accord pour en déduire que toute hausse du cout du travail est une perte pour le capital.

      Ceci étant dit jetons un oeil ici : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP449.pdf

      Page 2...

      On est passé entre 1950 et 1994 de 6% de charges salariales à 20 %. 
      Dans la même période les charges patronales sont passées de 26,8% à 39,6%.

      Donc en résumé on est passé en 44 ans de
      94/100/127
      à
      80/100/140

      Donc le salarié a perdu 14... et le capital a également perdu 13...
      Et ca c’était une époque ou la CSG était symbolique...
      Et tout ca, ca va alimenter le tonneau des danaides..


    • titi 5 mai 2011 22:43

      « La Sécu a tout bouffé ?! Et ce serait parti dans les poches de qui , selon vous ? »

      En 2003 le total de dépense de la sécu était de 385 milliards..
      En 2009 le total de dépense de la sécu était de 494 milliards..

      Ca fait 109 milliard soit 28 % d’augmentation en 6 ans !!!

      Qu’est ce qui peut justifier une telle envolée de la dépense alors même qu’en même temps de plus en plus de médicaments sont déremboursés, il y a eu la mise en place de la franchise médicale, etc... ???
      C’est le tonneau des danaides.

      Si tous les 6 ans il faut trouver 28 % de financement supplémentaire il faut vite vite vite arrêter les dégats...


  • titi 4 mai 2011 14:43

    Et pour en revenir aux heures supp, et à la TEPA en particulier.

    Alors évidemment vous êtes bien occupé à faire du « Sarkozy Bashing ».

    Il n’empêche que dans la TEPA, il y a des choses bien : portabilité de la prévoyance et portabilité des mutuelles en cas de rupture de contrat.
    Et même cette histoire d’heure sup, car le corollaire de la TEPA c’est l’uniformisation des situations issues des 35h.


  • JL JL 2 juillet 2011 14:44

    « La calamité des heures sup (suite et fin ?) par Guillaume Duval, 1er juillet 2011 : Un rapport parlementaire du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, rendu public le 30 juin dernier, dresse un bilan très négatif de la dernière mesure encore en vigueur du paquet fiscal adopté en 2007 : le subventionnement massif des heures supplémentaires. (...) cette mesure aurait été détournée par les entreprises pour verser des primes défiscalisées et non soumises à cotisations sociales sans être la contrepartie de véritables heures supplémentaires additionnelles »

    http://www.alternatives-economiques.fr/la-calamite-des-heures-sup—suite-et-fin—_fr_art_633_54936.html 


  • Dominique Dominique 14 octobre 2015 13:23

    La réalité du terrain, c’est quoi ? Lorsque les heures détaxées étaient en vigueur, le salarié acceptait plus facilement de faire des heures en plus, sachant que ces heures supp étaient mieux payées que les heures normales, et qu’elles impacteraient peu sur ces impôts. Dès que les heures détaxées ont été supprimées, le salarié refusait plus souvent de faire des heures supp, sachant qu’il allait payer plus d’impôt. Ce qui, dans les faits, s’est révélé exact. Je l’ai moi-même constaté. Et ce n’est pas pour cela que l’entreprise allait embaucher une personne de plus:il fallait se débrouiller avec le même effectif.  En effet, comment remplacer une personne malade pour 8 jours ? Un arrêt-maladie se prévoit rarement : donc l’employeur est prévenu au dernier moment, dans le meilleur des cas, à l’heure où le salarié doit embaucher. Souvent, après. Si l’employeur décide d’embaucher pour remplacer le salarié malade, il s’adresse à Pôle Emploi : il aura des candidats 1 ou 2 jours après. Il devra faire les entretiens, sélectionner un candidat, le former, faire les formalités d’embauche, etc... Ou alors, faire appel à une agence intérim, ce qui lui coutera un max. 

    Bilan : plutôt de d’embaucher, il va s’appuyer sur son personnel présent pour effectuer la même charge de travail. Et le salarié, que gagne-t-il ? Il va aller plus vite pour effectuer plus de travail, sans être payé plus. Alors que si les heures détaxées étaient restées en place, tout le monde y trouvait son compte.

    Ce que je décris, c’est la réalité vécue comme responsable de magasin dans la distribution discount.


    • JL JL 15 octobre 2015 10:18

      @Dominique

      bien entendu qu’on peut trouver des cas où les heures sup détaxées arrangeaient salariés et patrons. Mais ces cas sont l’exception, et je pense qu’il faut raisonner globalement, sur la majorité des situations.

      Pour un cas comme celui que vous citez, il n’est pas raisonnable de faire un dispositif qui permet de faire des centaines, voire des milliers d’abus. 

      J’appelle abus le recours massif aux heures sup avec pour seule raison le profit, dans un contexte de chômage de masse. Et aberration, un dispositif qui favorise ces abus.

      Mais nous savons qu’en politique, une absurdité n’est pas un obstacle, hélas.


  • JL JL 9 novembre 2015 08:52


    ’’ L’augmentation du temps de travail se porte bien, merci pour elle. Dans les boîtes privées, c’est le chantage au débauchage qui aboutit à un contournement de la durée légale. Justement ce que veut généraliser le gouvernement « socialiste » actuel et ce que préconise le très gauchiste Ernest-Antoine Macron. On rappellera pour mémoire que la réduction de l’esclavage salarié est une lutte historique de la classe ouvrière et que c’était un marqueur essentiel de la gauche, toutes tendances confondues. Du sang, beaucoup de sang a coulé justement dans la lutte contre les prétentions toujours plus cannibales des patrons. Le massacre de Chicago du 4 mai 1886, qui est à l’origine de la fête internationale du premier mai était une réaction de l’État états-unien et des intérêts qu’il représentait contre la lutte pour la journée de huit heures aux Etats-Unis. Cette tendance n’a jamais faibli et, en gros, la tendance historique allait dans le sens d’une réduction du travail, tant que le rapport de force imposait au patronat et à ses représentants élus de ne pas s’aventurer sur ce terrain miné.

    journee-8h

    La contre-révolution actuelle a comme effet logique l’inversion de la tendance, dans les entreprises mais également –signe que les choses sont en train d’atteindre un point de non-retour– dans l’administration publique : l’inénarrable Éric Ciotti, caniche à poil ras mais aux dents aiguisées de Sarkozy dans les Alpes Maritimes, vient de faire voter une loi augmentant le temps de travail de tous les agents territoriaux. Sans aucune concertation, au moins c’est franc. On s’attend à voir le gouvernement envoyer la troupe contre ce délinquant, qui s’asseoit sur le code du travail…

    Au-delà de la question de la durée du temps de travail, ce qui permet ce genre de saloperie, c’est également ce qu’est devenu la réalité du travail, dans le cadre d’une concurrence sans limites permise par la mondialisation capitaliste et la dérégulation complète relayée par les bureaucrates ultra-libéraux de Bruxelles. La réalité, c’est une précarisation totale des emplois, la perte de tout cadre de défense par la lutte et la mise en danger de la santé des travailleurs, exploités jusqu’à l’épuisement voire jusqu’au suicide. Cette précarisation est également permise par le reflux des structures d’auto-défense populaire et d’une culture politique et syndicale de lutte des classes et de résistance.

    Le documentaire de Jean-Michel Carré, sorti en 2006 –les choses ont empiré depuis– analyse les effets du management cannibale hégémonique, qui vise le profits à court terme et n’hésitera jamais à broyer ceux qui le rendent possible par leur travail. En se fondant sur des études de chercheurs et sur l’expérience de salariés de différents niveaux de hiérarchie, il analyse la destruction des formes de solidarité collective, la construction de l’isolement et la mise en concurrence directe des salariés entre eux. Il effectue une plongée au cœur des systèmes d’évaluation permanents des individus, démonte la logique d’encouragement à la délation. Bref, il montre les dispositifs de déshumanisation du travail au profit du seul rendement. Les récentes déclarations du PDG d’Air-France sur la nécessité de virer plusieurs milliers de personnes alors que les profits n’ont jamais été aussi élevés sont là pour rappeler que cette engeance ne sera freinée que par une seule chose : le rapport de force

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