mardi 29 septembre - par GÉOPOLITIQUE PROFONDE

L’économie américaine va-t-elle tenir jusqu’à l’élection présidentielle de novembre 2020 ?

 

Mercredi 23 septembre, la place de Wall Street a clôturé en forte baisse, ce qui a tout de suite entrainé de nouvelles craintes sur d’éventuels risques d’effondrement de l’économie US.

La Bourse de New York a fini en baisse de 1,92% mercredi, en conséquence d’un regain d'inquiétudes sur l'état de l'économie américaine et par l'absence d'avancées au Congrès sur le renforcement du soutien à l'activité.

Ainsi, le Dow Jones a cédé 525,05 points à 26.763,13, l’indice S&P-500, plus large, a perdu 78,65 points, soit -2,37%, à 3.236,92. Et enfin le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 330,65 points (-3,02%) à 10.632,99. points.
On a pu observer une croissance de l'activité du secteur privé aux États-Unis qui a fortement ralenti au mois de septembre. Cette tendance révèle que la "première économie" du monde perd de l'élan en cette fin de troisième trimestre avec la persistance politique de la crise sanitaire.

D’ailleurs concomitamment à cela, les géants du numérique et des hautes technologies comme Apple (-4,19%), Salesforce (-4,76%), Amazon (-4,13%), Alphabet (-3,48%) ou Netflix (-4,19%) ont encore fois accusé des baisses spectaculaires, confirmant la correction observée ces dernières semaines. Tesla d’Elon Musk a, de son côté, chuté de -10,34%.

Cette réaction des marchés américains est inquiétante, dans la mesure où les institutions US font beaucoup, depuis la crise, pour porter l'économie américaine à bras le corps.

Étant donné que le Trésor et la Fed ont quasiment fusionné et sont pilotés depuis mars 2020 par BlackRock, on s’aperçoit que tous les acteurs institutionnels se sont démenés de toutes leurs forces pour maintenir le système en vie. Et malgré leur volonté, ce dernier montre des signes inquiétants de mort imminente.

Rappelons- le, le premier gérant d'actifs au monde s’est vu confier pour le compte de la Réserve fédérale, plusieurs programmes d'achats d'actifs, notamment sur les obligations d'entreprises. Ainsi, la puissance publique (et privée) américaine a cette fois, réussi à trouver les armes de destruction massives, pour tenter de sauver le système. Mais néanmoins, cela ne semble pas être suffisant.
Planche à billets de la Fed
 

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« Ouvrons les vannes à fond ! »

Ainsi, Mnuchin (le secrétaire au Trésor US et ancien de Goldman Sachs) et Powell (président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale) demandent encore officiellement plus de dépenses pour aider l'économie à se remettre de la pandémie et de la contraction de la production qui en a résulté.

Ces deux responsables suggèrent que de nombreux emprunteurs potentiels ont besoin de subventions, ce qui nécessiterait un nouveau financement du Congrès. L’économie nationale US est donc de façon officielle totalement subventionnée, et cela peu importe la nature ou la santé de l’entreprise. Zombie ou non-zombie tout le monde a le droit à sa dose.

Les deux hauts responsables économiques américains ont justifié leurs déclarations aux législateurs US en affirmant que les programmes de prêts d'urgence, destinés à soutenir l'économie frappée par le coronavirus fonctionnaient largement comme prévu. Mais cependant, ils ont également indiqué que cet effort (c’est-à-dire davantage de dépenses publiques) serait nécessaire pour soutenir une (hypothétique) reprise.

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré qu'il ne prévoyait pas de nouveaux changements qui faciliteraient l'accès aux programmes de prêts établis conjointement avec la Réserve fédérale.

« Je pense malheureusement que nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus », a-t-il déclaré mardi à la commission des services financiers de la Chambre.

Les responsables de la Réserve fédérale ont intensifié leurs appels à des dépenses publiques supplémentaires pour éviter une reprise économique inégale et prolongée après la pandémie de coronavirus.

La reprise avancerait plus vite « s'il y avait un soutien venant à la fois du Congrès et de la Fed », a déclaré mercredi le président Jérôme Powell au cours de la deuxième des trois journées de témoignage au Congrès.

La RUSSIE DÉDOLLARISE et la CHINE fait DISCRÈTEMENT de la PLANCHE À BILLETS


La menace du chômage, toujours présente


​En effet, le plan de relance massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, est désormais terminé, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin.

Les demandes d’allocations chômage se sont maintenues à un niveau historiquement élevé de 870 000 la semaine dernière, ce qui suggère que le marché du travail continue de se remettre lentement de la pandémie de coronavirus. Les demandes d'emploi sont en baisse significative par rapport à un sommet de près de 7 millions en mars, mais elles ont stagné à un peu plus de 800 000 au cours des dernières semaines.
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Pour information et pour vous donner un aperçu de la situation, c'est un peu plus de quatre fois les niveaux enregistrés avant que le coronavirus ne touche le pays de l’oncle Sam ce printemps. Les économistes abondent tous dans le sens de la FED et expliquent que sans un rapide nouveau coup de pouce budgétaire, l'emploi et la consommation vont être de nouveau impactés et que par voie de conséquence cela va stopper la timide reprise de l'économie américaine.

Néanmoins ce consensus porté par Wall Street n’est pas partagé par le Congrès qui semble avoir du mal à s’accorder avant l'élection présidentielle. En effet, le climat politique aux États-Unis dans cette campagne présidentielle est de plus en plus tendu.

La guerre à mort entre républicains Trumpistes et les démocrates semble si violente qu’elle a un impact concret sur les marchés. Le mois de septembre a été très mauvais pour Wall Street et on a observé un net recul de la bourse pendant ces trois dernières semaines,

Des antagonismes entre Steven Mnuchin, la présidente de la chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, mais aussi Mark Meadows secrétaire général de la Maison blanche témoignent de cette incertitude politique aux États-Unis.

Ce cirque politique (magnifiquement illustré par les démocrates hystériques) se déroule sous nos yeux alors que dans le même temps la situation économique aux États-Unis est catastrophique. D’ailleurs Mnuchin et Powell le savent, c’est pourquoi ils crient à l’aide. Ils savent qu’il est important que le système du roi dollar survive encore quelques mois. Jusque-là l’économie US n’a survécu que parce que les autorités ont injecté des milliards de dollars (à des niveaux encore jamais vus jusqu’alors) et parce que Wall Street a bien voulu continuer de croire (c’est son intérêt à court-moyen terme).

En vérité, nous sommes encore dans l’antichambre d’une nouvelle ère ou aucune logique ne peut permettre d’expliquer les mouvements des marchés. Bien malin celui qui sera capable de dire quelle bulle éclatera en premier et quelle secousse entrainera avec elle toute la chute d’un système.

Le compte à rebours est lancé, la plupart des experts pensent que rien ne va bouger jusqu’à l’élection du 5 novembre 2020.

Ils ont sûrement raison… En attendant, attendons !

Marc Gabriel Draghi

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29 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 septembre 10:22

    « Bien malin celui qui sera capable de dire quelle bulle éclatera en premier et quelle secousse entrainera avec elle toute la chute d’un système. »

    On ne sait pas non plus exactement où et quand auront lieu les prochains tremblements de terre en Turquie, en Sicile et dans la région de Naples. Mais on sait qu’il y en aura parce que ces villes sont sur des zones sismiques.

    De la même façon, on sait que l’« économie de marché » est cyclique et que l’accumulation de capital cesse régulièrement de procurer des ressources aux spéculateurs-spoliateurs qui n’ont même pas la capacité de contrôler les catastrophes qu’ils engendrent et coulent souvent avec leur propre navire pourri. Mais ils préfèrent couler que d’envisager une autre façon d’envisager la navigation.


  • Septime Sévère 29 septembre 10:52

    ’ach’ment impressionné, je suis. 

    Merci Géopolitique Profonde. 

    Et Fort Knox, dans tout ça ? 

    C’est de l’or ou du tungstène plaqué ? 


  • pierrot pierrot 29 septembre 11:12

    La crise économique mondiale actuelle est atypique car elle a été provoqué par la nécessité de préserver la santé avant l’économie.

    Je pense donc que en 2 ans le « trou » économique des principaux pays (il y aura des exceptions) sera bouché.

    Bien sûr elle aura fait de nombreuses victimes dans certains secteurs (aéronautique, tourisme, restauration, commerces, spectacles ...) mais aussi des secteurs avantagés.


  • binary 29 septembre 11:43

    La meilleure façon de détruire l économie des USA, est de voter Biden.


    • amiaplacidus amiaplacidus 29 septembre 12:09

      @binary

      Pas d’accord avec vous, Trump a largement prouvé en quatre ans qu’il avait la bonne méthode pour le faire.
      Endettement maximum, mais pas grave, comme les transactions internationales se font en $, c’est aussi le reste du monde, donc vous et moi entre autre, qui paie les pots cassés.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 septembre 12:27

      @binary

      La meilleurs façon de détruire l’économie américaine, c’est de la confier à des Américains, non as ceux qui sont à la Maison Blanche, mais ceux qui élaborent les stratégies : compagnies multi et trans—nationales, GAFAMS, banques, etc... ils n’en ont rien à foutre de « l’économie américaine ».
      Ce qui compte, c’est le résultat, en dollars, en Yuans ou en Euros !


    • binary 29 septembre 14:04

      @Séraphin Lampion
      c est ce que je dis. Votez Biden. Trump, est un vendeur immobilier. Il connait ses ennemis.


    • Guiver Guiver 29 septembre 16:02

      @binary
      Voir, de détruire le monde.
      Que se serait-il passer si ça avait été la démocrate Clinton au lieu de Trump au pouvoir quand Erdogan a demandé l’application de l’article 5 de l’OTAN quand ses troupes se sont fait bombarder par les Russes en Syrie ?
      Trump a beaucoup de défaut, mais il œuvre manifestement pour la suppression de l’état profond et évite autant que possible les conflits. Il faut être dingue pour vouloir le remplacer par un démocrate.


  • eau-du-robinet eau-du-robinet 29 septembre 19:29

    Si les Russes payent les Chinois en Euros voire en Dollar, n’importe, cela n’empêchera pas le système financier dans son ensemble de s’écrouler dans un proche avenir car la BCE tout comme la FED ainsi la Bank of Japon font tourner à mort la planche à billet ! Ce système financier dans la main des joueurs qui prennent la bourse pour un Casino Royal vas finir par exploser !
    .
    Et malheureusement, ce n’est qu’un début, car d’ici la fin 2020, la dette atteindra certainement la barre des 125% du PIB. Le plus fou, c’est qu’en dépit de ces niveaux stratosphériques, les taux d’intérêt des obligations de l’Etat français restent bas et même négatifs jusqu’aux échéances de dix ans. Face à cette anomalie, de plus en plus de voix continuent de s’élever pour appeler à continuer d’augmenter la dette publique. L’argument est simple : puisque s’endetter ne coûte rien, autant en profiter et advienne que pourra ! D’ailleurs, le Japon n’est-il pas à près de 240% de dette publique / PIB et personne ne s’en plaint !


    • Iris Iris 29 septembre 19:47

      @eau-du-robinet

      Est-ce vraiment grave que les états s’endettent ?


    • PETRUS 1971 29 septembre 19:52

      @Iris

      Ça dépend pour faire quoi avec le flouze !


    • Iris Iris 29 septembre 20:11

      @PETRUS 1971

      C’est vrai, mais s’il est dépensé pour la bonne cause ?


    • Shawford 29 septembre 20:17

      @Iris

      Il y a t’il meilleure cause à partager entre ami.e.s que le contenu et le contenant de mon pseudo ?


    • Iris Iris 29 septembre 20:21

      @Shawford

      Non, surtout s’il est accompagné d’un plateau de fromages puants... je veux dire odorants.


    • Shawford 29 septembre 20:27

      @Iris

      On va commencer avec du Morbier, du Roquefort et/ou de la Fourme d’Ambert, tout ce qui a un goût de cendre incandescent, la pâte ferme et la fermentation bien mixée l’un dans l’autre ! smiley smiley


    • Iris Iris 29 septembre 20:45

      @Shawford

      Je rends les armes !


    • Shawford 29 septembre 20:49

      @Iris

      A la bonne heure, mais garde bien le masque et tes tricks de la folie, avec tous les jokers dans tes manches... j’ai pas envie de me retrouver au paddock avec une vieille chamelle tuberculeuse quand j’irai butiner Mylène FARMER par exemple ! ^-^

      <3


  • uleskiserge uleskiserge 1er octobre 12:50

    Trump ne sera pas réélu car les jouisseurs en politique ( au sens psychanalytique) ne le sont jamais ; ils font un tour de piste et s’en vont ; en France : sarkozy.


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