vendredi 24 avril - par Baptiste B.

Réflexion sur l’endettement de l’État français : Notre dette, notre problème

En 2020, la France c'est une dette à 120% de son produit intérieur. Ce niveau d'endettement est un danger pour la pérennité de notre système économique. Il est aussi symptomatique d’une utilisation intéressée des politiques économiques visant davantage à manipuler un électorat sur le court terme qu’à assurer la santé économique française sur le long terme. 

« Une dette est pour l'homme libre une servitude cruelle. » (Proverbe latin).

La dette, du latin « debeo » c’est le « devoir, ce que l'on doit à quelqu'un ». Étymologiquement, s’endetter c’est donc être redevable envers quelqu’un et par conséquent renoncer à une partie de sa liberté Mais, depuis plusieurs décennies la dette publique semble être devenue un concept purement théorique et beaucoup remettent en question les véritables contraintes qu’elle représente : « On entend dire régulièrement qu’au-delà de 100% de dette par rapport à la richesse produite pendant un an (PIB) par le pays c’est la catastrophe. Cela n’a jamais été prouvé. Mais par contre on connaît au moins un pays endetté à plus de 200 % et qui n’en est pourtant loin d’en être mort : le Japon. » Jean-Luc Mélenchon. 

Alors la dette, est-ce grave docteur ?

Autrement dit, l’endettement exponentiel est-il un modèle économique viable ? Quelles seront les conséquences à long terme de l’endettement d’aujourd’hui ? Qui paiera ?

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Les politiques semblent avoir fait leur choix : la dette n’est pas la priorité. Depuis l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981, l’évolution de la dette publique a été implacable : 21 % du PIB en 1981, 34 % en 1990, 60 % en 2000, 80% en 2010 et enfin plus de 100 % en 2020. Ainsi, même si “la politique n'est passionnante que dans l'opposition ” (Georges Conchon), les politiciens semblent avoir trouvé un terrain d’entente sur l’adhésion aux thèses keynésiennes et la stimulation de la croissance par le déficit publique. Mais, "les crises de demain sont souvent le refus des questions d’aujourd’hui " (Lagadec), et l’on peut se demander si ce choix politique n’est pas davantage le fruit de la pression électorale que du courage politique ?

En janvier dernier Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du FMI déclarait que l’endettement massif des états ne représentait pas un danger tant que les taux d’intérêt seraient inférieurs aux taux d’inflation. La logique est implacable, l’inflation étant supérieure aux taux d’intérêt, elle permet de grignoter l’endettement. L’endettement massif devient non préoccupant et il convient de fustiger ceux qui le fustigent. Aujourd’hui en France, les taux sont négatifs (- 0,20 % en février 2020) et inférieurs à l’inflation, l’état s’endette donc gratuitement et devrait en suivant cette logique continuer de le faire.

Ce raisonnement admet donc comme première nécessité des taux d’intérêts extrêmement faibles. En pensant de la sorte nous nous enfermons dans la nécessité du maintien des taux d’intérêts à leurs niveaux actuels, soit -0.20%. Les états semblent ainsi rêver d’un monde aux taux négatifs ou l’endettement serait à jamais gratuit. Mais « après le rêve, le réveil nous montre la terre peu belle » (Augusta Amiel-Lapeyre) et le rayonnement actuel du taux négatif pourrait s’estomper plongeant notre économie dans une des phases les plus sombres de son histoire.

Car nous enfermer dans une logique de taux négatif serait une négation de toute l’économie et de ses principes fondamentaux. Premier principe : le risque a un coût. Il est impossible pour le créancier d’être sûr qu’il sera remboursé car la solvabilité de tout agent économique n’est jamais totale. Le taux d’intérêt rémunère ce risque en prenant compte de l’inflation. Renoncer au taux c’est nier le risque. Le taux négatif c’est aussi renoncer à l’idée que le temps a une valeur, au célèbre : « Time is money ». Le taux négatif nie le principe économique fondamental que le temps permet de faire fructifier son argent. Il nie la philosophie du progrès. En fait, le taux négatif c’est le nivellement par le bas car il admet la perte d’argent comme normale. L’investisseur investit pour perdre et les entreprises produisent à pertes. L’immobilisme devient l’idéal car il permet de ne pas perdre. Le taux négatif c’est nier l’inflation, le risque et la croissance. 

Certains pourraient rétorquer que ces taux, si illogiques soient-ils, n’affectent pas directement Monsieur et Madame tout le monde. C’est une erreur ! Les taux négatifs pénalisent la rentabilité des établissements bancaires et la prospérité de l’épargnant. Ainsi, “les taux négatifs sont comme une supernova qui va exploser” (William H Gross, gestionnaire du fonds PIMCO). Et, loin d’être le paradis de l’investissement et de la croissance, les taux négatifs seraient des étoiles attrayantes mais prêtent à exploser en plein vol. 

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Même si nous restons dans un monde ou les taux d’intérêt stagnent autour du zéro : aujourd’hui « la dette, c'est 116 millions d'euros par jour » (Archer). Alors, qui va payer ?

Ricardo nous a déjà avertis : « un déficit présent c’est un impôt futur ». La dette c’est ce que nous léguons aux générations futures c’est un lien économique fort qui nous unit et comme le disait notre président : notre dette « ce sont nos enfants qui la paieront ». Nous rêvons tous d’une France ou en mourant ne nous laisserions à nos enfants d'autres dettes que celles de la reconnaissance. Mais pour que cela se réalise nous allons devoir payer ! Et beaucoup… Pour l’économiste Jean Yves Archer, contraindre valablement la dette c’est la ramener aux alentours des 1,000 milliards d’euros. Ainsi, il faudrait dégager aux alentours des 1,700 milliards d’euros, soit 34 années d’effort collectif à hauteur de 5% de nos prélèvements obligatoires. Ces calculs ne constituent que suppositions théoriques. Mais ils nous permettent de comprendre l’ampleur de la tâche qui nous attend, le fardeau que représente cette dette pour les générations à venir et surtout l’incapacité de notre système fiscal à éponger notre dette. 

Notre système électoral actuel, voilà l’origine du mal. Pour être élu, un responsable politique doit promettre monts et merveilles à ses électeurs et leurs listes de propositions à la Prévert n’ont souvent pas d’autres financement que l’endettement. Ainsi, depuis le XX ème siècle les dépenses publiques sont passées de moins de 10 % à 57 % du PIB et ce dont nous manquons cruellement c’est de courage politique ! Aujourd’hui un gouvernement passe la première partie du quinquennat à se détacher du bilan des gouvernements précédents et la deuxième moitié à tâcher de se faire réélire. Les politiques économiques gouvernementales sont avant tout des outils de manipulation électorale. L’état n’est plus le « despote bienveillant et omniscient » de Tinbergen mais le personnage « cynique » de Nordhaus. Il est devenu un gestionnaire intéressé du pouvoir menant des politiques économiques court-termistes ayant comme objectif premier la satisfaction immédiate de l’électorat. Je ne veux surtout pas laisser entendre que les électeurs sont des simples suiveurs myopes aisément manipulables. Mais ils sont les victimes directes de ce jeu politico-économique entrepris depuis plusieurs décennies par le plus froid de tous les monstres froids.

La crise actuelle du covid-19 et le plan de relance nécessaire d’environ 500 milliards d’euros à l’échelle européenne pour y faire face vont inévitablement creuser encore davantage notre déficit. Ainsi, aujourd’hui plus que jamais, nous devons prendre conscience du danger que représente notre niveau d’endettement et ne nous pouvons plus remettre à demain les problèmes d’aujourd’hui. D’autant plus que notre soupape de sécurité que représente la zone euro est en en train de se fissurer. Lorsque vous avez une monnaie commune si un pays de la zone s’écroule financièrement, c’est la santé de tous les pays de cette zone qui est remis en question. Or, la situation financière de l’Italie inquiète l’ensemble des acteurs financiers. Et, alors que François Écalle, ancien rapporteur général à la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques, parle d’elle comme du « maillon faible » de la zone euro, les créditeurs semblent avoir perdue confiance en sa solvabilité. En effet, l’Italie emprunte désormais à 2,2 %, quand l’Allemagne est à -0,530 % et les mêmes interrogations se posent que pour la Grèce en 2012. L’Italie pourra-t-elle continuer à emprunter ? Si elle n’y arrive plus, que se passera-t-il ? Un retour à la lire ? En tout cas pour la France l’effondrement économique de l’Italie serait une catastrophe car « Si l’Italie tombe. Le prochain domino, c’est la France » (François Écalle).

Notre dette comme celle de beaucoup d’états occidentaux ne fait qu’augmenter depuis plusieurs décennies et même si elle n’est pas encore digne de celle des efforts de guerre elle s’en rapproche dangereusement. Aujourd’hui pour beaucoup de responsables politiques le meilleur moyen de résoudre un problème est de le nier, mais faisons preuve de courage et affrontons cette vérité. Car la lâcheté c’est de projeter sur les autres la responsabilité qu’on refuse et ignorer le problème de l’endettement c’est le rejeter sur nos enfants notre fardeau. 



31 réactions


  • Charles 24 avril 16:48

    Article intéressant. Je revoie tous ceux que ça intéresse aux écrits de l’économiste William Nordhaus sur la manipulation par les politiques des cycles économiques pour manipuler l’électorat.

    William D. Nordhaus, 1975. « The Political Business Cycle, » The Review of Economic studies


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 avril 16:57


    « Il faut voir dans la dette, non pas le fait que l’on vive au-dessus de ses moyens, comme on aime à nous le reprocher pour justifier les mesures draconiennes qu’on nous impose, mais le résultat de la dynamique qui anime le système dans son ensemble. Comment pourrait-il ne pas y avoir de la dette puisque sans dette il n’y a pas d’argent ? Mais il est tellement plus simple et lucratif pour ceux qui en tirent profit de culpabiliser le citoyen plutôt que d’admettre que si la monnaie est effectivement une dette par nature, elle est une dette de la société envers sa population et non de la société envers les banques. »
    Philippe Derudder - Les monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ? - 2012 - Pages 41


  • rogal 24 avril 20:53

    La démagogie électoraliste que vous décrivez est pour beaucoup dans le développement de notre dette publique.

    « Je ne veux surtout pas laisser entendre que les électeurs sont des simples suiveurs myopes aisément manipulables. » Bien sûr, mais nous avons l’ouïe fine.

    D’un autre côté, la réalisation des promesses est plus aisée lorsque la croissance est forte, ce qui a moins été le cas durant les dernières décennies.


    • titi 25 avril 11:58

      @rogal

      Vous ne vous souvenez plus de l’épisode de la « cagnotte » du gouvernement Jospin...
      Donc la cagnotte, que tous les partis de gauche ont présenté comme un excédent budgétaire à la veille des élections présidentielle, était un excédent de recettes par rapport à un prévisionnel.
      Jamais, absolument jamais il n’y a eu d’excédent budgétaire.

      Mais sous la pression électoraliste, le gouvernement Jospin a dépensé cette « cagnotte ».

      Genre : vous aviez prévu d’être à -1000 à la banque à la fin du mois... finalement vous êtes à -500. Du coup vous achetez un écran plat histoire d’être à -1000.

      Et le pire c’est que les personnes aux gouvernements à cette époque ne soit pas jugées.


    • rogal 25 avril 12:37

      @titi
      Très juste ; je n’ai nullement oublié. Dans mon souvenir l’annonce de la ’’cagnote’’ avait provoqué une vague de réclamations : « de l’argent en trop ; or j’en ai besoin ; donnez-m’en ». Et tout fut distribué.


    • Wald 25 avril 13:36

      @titi
      Si on devait juger sur les déficits publics, les prisons françaises n’y suffiraient pas.
      On pourrait juste faire crédit au 2ème septennat Chirac d’avoir entrepris quelque chose sur la question, dans une conjoncture correcte mais sans plus. Mais dès 2007, ce fut le retour au laxisme budgétaire.

      Sans compter les dirigeants à l’étranger. Si il faut faire passer en justice les dirigeants français, alors c’est le camp de concentration ou la balle dans la nuque immédiate dans une arrière-cour pour les dirigeants japonais.


    • titi 25 avril 16:02

      @Wald

      La dette japonaise est une dette domestique.
      L’Etat peut remettre la main dessus à tout moment en édictant des règles fiscales ou successorales dessus.


    • Wald 25 avril 17:58

      @titi
      Oui, je suis d’accord sur le fait qu’elle est domestique, mais le Japon est une société qui n’est pas la nôtre. Un tel niveau d’endettement auprès de sa propre population n’est tenable que s’il y a une acceptation tacite de ne pas être remboursé, au moins partiellement, dans une société où la notion du sacrifice de l’individu par rapport au collectif n’est pas la même que chez nous.
      Une dette domestique est une solution moins pire, mais potentiellement, la population créancière peut être ruinée.


  • Aldo le néophyte 24 avril 23:09

    Vous citez Melenchon : « On entend dire régulièrement qu’au-delà de 100% de dette par rapport à la richesse produite pendant un an (PIB) par le pays c’est la catastrophe. Cela n’a jamais été prouvé. ...". C’est pas faux. A ce sujet je vous recommande vivement ceci : https://youtu.be/yeX_Zs7zztY Par ailleurs faire du système électoral le moteur essentiel de la dette, c’est vraiment court, mais alors très très court. C’est quoi le but de ce papier ?


  • DoubleB75 25 avril 01:37

    Je recommande ce papier.


  • DoubleB75 25 avril 01:40

    Je recommande cet article.


  • titi 25 avril 11:54

    On peut ergoter « ah si y’avait pas l’Euro », « ah si y’avait pas la Loi Pompidou »...

    Mais personne ne pose la bonne question : « ah mais pourquoi cette dette ? »

    La dette est un outil pour résoudre un problème.

    Et ce problème c’est le déficit.
    Le déficit est un outil pour relancer l’économie, faire des investissements, passer une crise.

    C’est un bon outil.

    Mais...

    Tout le monde communique sur un déficit en % du PIB. 3%, 5%, 6% ca parait finalement peu.

    Sauf que les recettes de l’Etat, ce n’est pas le PIB.

    Si on évalue le déficit de l’Etat au regard de ses recettes .

    On est sur 76 milliards de déficit pour 310 milliards de recette.

    Le déficit est donc de 25%.

    Ce qui peut se traduire aussi par :

    Avec la pression fiscale la plus élevée des pays de l’OCDE, les recettes de l’Etat français ne couvrent que 80% de ses dépenses.

    Pour couvrir les dépenses il faudrait augmenter les recettes de 25%, ce qui ferait passer le jour de libération fiscale du 27 juillet, au 15 septembre.

    Le jour de libération fiscale en Allemagne est au 10 juillet, pour un budget à l’équilibre.

    L’Allemagne ce n’est pas un pays un voie de développement : il y a un état providence qui fonctionne mieux que le notre (la crise du Covid l’a démontré), des infrastructures, etc...

    Avant de parler de la création monétaire, de la loi Pompidou, des Coronabonds, ou de tout ce qui traite de comment financer le déficit, la vraie question est pourquoi ce déficit.

    Avant de parler d’efficacité des recettes, il serait bon de parler de l’efficacité de la dépense.


    • Baptiste B. 25 avril 12:47

      @titi
      Merci pour votre commentaire.

      Alors oui, le déficit permet « de relancer l’économie, faire des investissements, passer une crise » comme vous dîtes. Mais nous n’avons pas eu de crises importantes tous les ans depuis Mitterrand pourtant nous avons eu le déficit.

      Je suis d’accord avec vous sur sur le fait que rapporter la dette au PIB peut être trompeur. 
      Par exemple, ce rapport peut porter à confusion notamment lorsqu’on le compare entre les différents états. Prenons l’exemple de deux pays, l’un qui n’est pas fait le choix d’être un état fortement social comme les Etats-Unis où la part de recettes publiques dans le PIB est d’environ 25% et un état fortement social comme la Suède où cette part est d’environ 47%. Si leurs rapports PIB/Dettes étaient ils porteraient confusion quant au véritable danger que représente leurs dettes pour notre économie.
      En fait lorsque l’on parle de la dette il faut prendre de nombreuses mesures en compte : recette fiscale/ taux d’intêrets sur 10 ans/ PIB ... .

      Mais, on pourrait aussi parler de dette nette c’est à dire une dette à laquelle on soustrait les « réserves financières » des états : les actifs financiers (actions..). Dans ce cas au contraire cette dette nette serait inférieure à la brute (environ 37% du du PIB en 2007 pour la France).

      La comparaison des résultats économiques de la France est extrêmement populaire. Logique ! Nous sommes deux pays aux histoires liées et sur le même contient. Je ne rentrerai pas dans une comparaison entre la France et l’Allemagne dans ce commentaire (il faudrait un livre). Simplement, je pense que la culture économique des Allemands est différente de la notre. Les Allemands n’aiment pas la dette, elle se traduit d’ailleurs par « Schuld » mot qui se traduit aussi par faute, cela n’explique pas tout évidemment mais c’est déjà une piste de réflexion.

      Je suis d’accord que le véritable problème est celui des dépenses : que fait-on avec cet argent ? Et j’explique brièvement mon point de vue dans l’article.


  • Louis 25 avril 12:08

    Merci pour cet article instructif !

    Le désir du pouvoir peut en effet parfois pousser l’homme à oublier sa morale.

    Le contexte économique actuel difficile ne peut cependant pas se soustraire au raisonnement.


    • Baptiste B. 25 avril 12:12

      @Louis
      Merci pour cotre commentaire.

      Le contexte est également à prendre en compte vous avez raison. Mais le choix du courage politique est lui intemporel.


  • rogal 25 avril 12:43

    Vivre noblement c’est mener grand train en empruntant tout ce qu’il faut pour ça, mais sans rembourser le bourgeois, ce couillon.


  • Wald 25 avril 14:18

    Article intéressant, qui assume des idées qui ne sont pas majoritaires ici.


    Au sujet de l’Italie, que vous abordez en fin d’article.

    Le seul scénario à les yeux crédible de remboursement pour l’Italie serait une explosion technologique à effet rapide et mondiale, de type Singularité Technologique (voir Ray Kurzweil) qui générerait une très forte croissance. Hors ce cela, il est difficile d’envisager une remboursement de la dette. Dans les points noirs de l’Italie :

    -fort endettement

    -démographie très mauvaise

    -résultats scolaires PISA merdiques 

    -et en plus, gros exode des diplômés 

    La seule question autour de cette dette italienne, qui ne sera jamais payée « à la régulière » est « qui l’aura dans l’os ? ». Ce sera soit un défaut (le créancier l’a dans l’os mais avec de gros dégâts pour le débiteur), soit de la création monétaire (tout le monde porte le chapeau de la perte de valeur de la monnaie).

    Ou, autre scénario, une vente massive de leur patrimoine, qui pourrait effectivement régler le problème, au prix de la cession de fait de parts de leur territoire. Exemple, qui peut paraitre farfelu, la vente de Venise (pour une somme forcément astronomique) à Blackrock ou un état en ayant les moyens, qui ferait tourner la machine à cash à son profit. Après tout, le Pirée a bien été vendu aux Chinois.


  • zygzornifle zygzornifle 25 avril 16:27

    Réflexion sur l’endettement de l’État français : Notre dette, notre problème

    La France est le pays le plus taxé au monde , les gouvernements successifs dépensent l’argent des contribuables comme un gosse son argent de poche dans un magasin de bonbons….

    Les énarques sont une plaie pour le pays , tout ce qu’ils touchent part en fumée , ils sont hautement nuisibles , ils sont comme des tiques sur le dos d’un animal suçant le sang j’jusqu’à sa dernière goutte ….


    • Baptiste B. 25 avril 16:59

      @zygzornifle

      Vous avez raison, la France est le pays le plus taxé du monde. L’étude annuelle de l’Organisation pour la coopération et le développement (OCDE) sur la fiscalité révèle que la France est en 2017 le pays le plus taxé au monde avec des recettes fiscales atteignant 46,2 % de son PIB. Elle est juste devant le Danemark (46% de son PIB). 
      L’augmentation de la pression fiscale est une tendance de long terme dans les pays développés. En effet, la moyenne des recettes fiscales des pays de l’OCDE s’élèvaient à 34,2% du PIB en 2017 contre 33,8 % en 2000.

      Les fais sont là : la France prélève beaucoup et elle s’endette beaucoup. Alors où va l’argent ? Comment pouvons nous avoir que le 26 ème IDH le plus élevé (ex-aequo avec la Tchéquie) ?

      Il y a plusieurs éléments à prendre en compte pour répondre à cette question et il est sûr que les responsables politiques et les différents gouvernements successifs doivent prendre leurs parts de responsabilité. Mon article ne les épargne guère et je critique cette utilisation trop fréquente des politiques économiques à des fins personnelles et carriéristes.

      Cependant, je pense qu’il important de ne pas tomber dans la caricature. De ne pas crier au « tous pourris » ! J’espère que j’ai toujours raison de croire que certains politiques ont toujours une véritable vision et ne sont pas de simples carriéristes. Peut-être que je suis naïf, peut-être que je changerai d’avis, mais j’y crois.


  • papat 25 avril 16:48

    donc si je comprends bien , si la France crée 1 milliard à 0% de sa propre banque et qu’elle rembourse 1 milliard à Rothschild à 2%(200 millions ) , l’année suivante elle ne doit plus les intérêts . j’ai bon ou c’est trop simple ? 


    • Baptiste B. 25 avril 17:27

      @papat
      Merci pour votre commentaire.

      N’hésitez pas à me dire si je n’ai pas totalement compris votre question.

      Si l’état français emprunte 1 milliard d’euros à un taux d’intérêt à 0% sur 1 an auprès d’un créancier (agent à capacité de financement), on peut alors considérer qu’il s’endette gratuitement. Pourquoi ? Le taux d’intérêt c’est le taux par lequel vous allez multiplier votre emprunt pour savoir combien rembourser au créancier : en d’autres termes c’est le coût du crédit.

      Si le taux d’intérêt est supérieur à zéro, le crédit à un coût et le débiteur remboursera plus que ce qu’il a emprunté. Dans votre exemple, si l’état français emprunte 1 milliard auprès d’un acteur financier privé à un taux à 2% pour 1 an, l’état devra rembourser dans 1 an les 1 milliard (soit l’argent emprunté) plus 20 millions (2% de 1 milliard) lié au taux d’intérêt, soit un total de 1 milliard 20 millions (1 milliard x 1.02). Cette situation économique est logique, lorsque quelqu’un prête de l’argent, il prend le risque de ne pas être remboursé et il ne peut plus utiliser cet argente qui lui aurait peut être permis de le faire fructifier, le taux d’intérêt compense ces deux pertes.

      Cependant, aujourd’hui les taux varient autour de zéro. Dans votre exemple si l’état emprunte 1 milliard, il devra seulement rembourser 1 milliard. Il ne rembourse pas plus que ce qu’il a emprunté : il s’endette gratuitement.
      Si jamais le taux est négatif : il remboursera moins que ce qu’il a emprunté, il est payé pour emprunter. 
      Comme je l’explique un peu plus en détail dans l’article ces deux situations (taux zéro ou négatif) nient les principes fondamentaux de l’économie.


    • Charles 25 avril 17:38

      @Baptiste B.

      Dans ce commentaire tout est clair et votre réflexion fait du bien car elle relève du bon sens. 
      Cependant, pourquoi parlez vous du taux négatif comme « négation du progrès » dans l’article ? 


    • Baptiste B. 25 avril 18:14

      @Charles

      Quand je parle du taux négatif qui « nie la philosophe du progrès », je parle bien de l’idée qui se cache derrière le taux négatif. En fait, le taux négatif nie la « philosophie du progrès » car il refuse de voir l’intervalle de temps qui sépare le prêt de son remboursement comme une source de progrès, un espace temporel qui va permettre à l’homme de s’améliorer et dans ce cas de générer un profit.

      Quand je parle de philosophie du progrès, je parle de l’idée que le temps qui passe représente pour l’homme une possibilité de s’améliorer. En d’autres termes, que demain nous aurons progressé et c’est cela qui nie le taux négatif.


    • papat 26 avril 02:51

      @Baptiste B.
      merci pour votre réponse mais ce n’est pas ce que je voulais dire et je vais me servir d’un exemple si vous voulez bien ...
      un ménage emprunte à 3% pour l’achat d’un bien immobilier en 2000
      3 ans plus tard ce ménage trouve un prêt à 1%
      que fait il ? comme il est plus futé que nos pseudo élites il transforme son prêt à 3 pour passer à 1.
      ses mensualités baissent et sa durée d’endettement aussi.
      pourquoi la france ne peut pas emprunter à 1 pour rembourser à 3 ?
      parce que macron de Rothschild la tient par les .....


  • Claude Simon Claude Simon 25 avril 16:54

    Le monopole de l’argent-dette est voulu, il sert bel et bien de situation de rente (40-45 milliards par an).

    Nous vivons dans une « république » où celui qui créé la valeur est celui qui imprime la monnaie et en perçoit l’intérêt, alors que nous devrions être d’accord sur le fait que celui qui créé une valeur monétisable est bel et bien celui qui travaille.

    Lors de la crise de 2008, étant donné la montée des taux d’intérêts, le déficit coûtait 60-65 milliards par an.

    La baisse des taux depuis par la BCE a permis de revoir cela à la baisse.

    Comment cela va être négocié maintenant ? Excellente question.


  • Jonas 25 avril 18:58

    A l’auteur

    Merci , pour cet article. Malheureusement , l’économie n’est pas une discipline très appréciée par les Français . Et c’est dommage ! Je ne cesse de rappeler sur ce site cet handicap , par rapport à nos voisins. Cela est dû au fait , que la France est fille aînée de l’Eglise , une Eglise dont le Dieu est l’Etat.

     D’ailleurs l’OCDE , a fait classer la France comme bonnet d’âne en économie.  Cela n’a rien d’étonnant , puisque , lors des dernières élections présidentielles , Marine Le Pen avait démontré sa maîtrise de l’économie , Mélenchon , lui ne sait pas faire la différence entre la dette japonaise détenue en majorité par le peuple japonais , et celle de la France  détenue en majorité par des investisseurs étrangers. 

    Un autre homme politique , un phénomène en économie,  le socialiste Benoît Hamon , toujours lors des dernières présidentielles , soutenait , sur France Inter ( questions des auditeurs) que les entreprises du CAC40 , distribuaient les dividendes avant de faire le bilan ,afin de favoriser les actionnaires. 

    Comment expliquer que , cette France pauvre , détient le record du monde d’épargne . Dans les comptes courants , les livrets d’épargne, et les plans d’épargne , plus de 360 milliards d’euros. Comprenne qui pourra !  





  • lola 25 avril 23:03

    Dette publique : pas de quoi paniquer !

     

     En dépit de la montée structurelle de la dette, la puissance publique n’a jamais eu de mal à la financer. Qui sont les investisseurs qui nous font confiance ? Il y a encore peu de temps s’appliquait, en gros, la règle des trois tiers : un tiers de Français (compagnies d’assurances, fonds d’investissement...), un tiers d’Européens non Français et un tiers de non-Européens. Mais, avec le lancement des politiques monétaires dites de quantitative easing, c’est-à-dire l’achat de titres de la dette publique par la Banque de France pour le compte de la Banque centrale européenne (BCE), la donne a changé. De ce fait, la part des investisseurs domestiques a grossi de manière importante. Ainsi, la Banque de France détient aujourd’hui environ 20 % de la dette française, le même niveau que les compagnies d’assurances. Le poids des investisseurs étrangers a de ce fait diminué. A partir de janvier 2019, la BCE n’achètera plus de nouveaux titres de dette publique. Cela aura-t-il un effet sur notre capacité à la financer ? A priori non, et pour deux raisons. D’une part, à chaque fois que les titres déjà détenus arriveront à échéance, la BCE continuera à réinvestir l’argent dans l’achat de nouvelles dettes. D’autre part, les investisseurs en quête de placements sans risque en Europe voient fondre le marché de la dette allemande : le pays accumule les excédents budgétaires, il rembourse sa dette ancienne sans en créer de nouvelle. Nombre d’investisseurs devraient se tourner de plus en plus vers la dette française. Pas d’inquiétude donc sur notre capacité à la financer.

     Une dette maîtrisée et financée peut tout de même devenir inquiétante si l’argent a été utilisé n’importe comment. En moyenne, sur la période 1978-2017, le solde budgétaire hors investissements publics a été excédentaire de l’équivalent de 0,8 % du PIB. La dette de l’Etat a donc à peu près servi à financer intégralement de l’investissement, avec même un petit surplus pour les autres administrations publiques. Seules les années de fort ralentissement de l’activité (le début des années 1990, la période de crise des subprime et de la zone euro) correspondent à des situations dégradées. Mais, de manière structurelle, la dette de l’Etat français finance surtout de l’investissement.

     N’y a-t-il donc aucun sujet d’inquiétude à propos de la dette française ? Si, il y en a même trois. D’abord, si le niveau actuel apparaît supportable, bien financé et peu coûteux, une nouvelle crise importante - par exemple des tensions dans la zone euro dues aux problèmes budgétaires italiens, à un Brexit dur, à la faillite retentissante d’une Deutsche Bank mal en point, etc. - emmènerait la dette vers des niveaux plus risqués et moins contrôlables. La France se doit donc de maîtriser la progression de ses déficits publics et de sa dette. Ensuite, au-delà de ces événements conjoncturels et qui ne dépendent pas de la France, la tendance structurelle de la montée de la dette française résulte pour une partie significative de l’idéologie anti-impôt des gouvernements de tous bords qui se sont succédé au cours des vingt dernières années. La présidence Macron poursuit la même trajectoire et adopte le même discours volontaire de réduction de la dette, tout en se privant des moyens d’y arriver en supprimant des recettes fiscales. Enfin, s’il faut s’inquiéter d’une dette, c’est aujourd’hui plutôt celle des entreprises privées qui suscite des craintes. Le Haut Conseil de stabilité financière, l’organisme chargé de surveiller le système financier français afin d’éviter les prochaines crises, s’en est déjà ouvert plusieurs fois au cours des derniers mois. De fait, on constate une montée rapide de l’endettement des entreprises françaises, une utilisation d’une partie des fonds empruntés pour de la spéculation financière et une évolution complètement à contre-courant par rapport aux autres pays européens.

     

    Christian Chavagnieux, Alternatives économiques, 17 décembre 2018.


    • Baptiste B. 26 avril 00:02

      @lola
      Merci pour votre commentaire.

      Pour moi, l’article de Christian Chavagnieux, publié dans Alternatives économiques le 17 décembre 2018, confirme que la dette française est aujourd’hui préoccupante.

      Selon lui la dette en 2018 n’est pas encore « supportable », mais elle pourrait devenir préoccupante si certaines situations venaient à se produire.

      Une des situations serait : «  des tensions dans la zone euro dues aux problèmes budgétaires italiens ... emmènerait la dette vers des niveaux plus risqués et moins contrôlables ». Or, la situation économique de l’Italie est tout sauf rassurante à l’heure actuelle (comme je l’explique dans l’article).

      Par la suite il affirme que : la dette « résulte pour une partie significative de l’idéologie anti-impôt des gouvernements de tous bords qui se sont succédé au cours des vingt dernières années ». Je ne pense pas que l’on puisse dire que la France est le pays de « l’idéologie de l’anti-impôt ». En effet, la France est le pays le plus taxé du monde. L’étude annuelle de l’Organisation pour la coopération et le développement (OCDE) sur la fiscalité révèle que la France est en 2017 le pays le plus taxé au monde avec des recettes fiscales atteignant 46,2 % de son PIB. Elle est juste devant le Danemark (46% de son PIB).


    • Baptiste B. 26 avril 02:38

      @Baptiste B.
      J’ai écris : Selon lui la dette en 2018 n’est pas encore « supportable », en voulant dire : selon lui la dette en 2018 est encore « supportable »


  • max188 27 avril 13:51

    merci pour cet article !


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