samedi 29 mai 2021 - par Nicolas Cavaliere

Un contre-État

C'est l’heure d’appliquer enfin une concurrence libre et non faussée.

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Il est difficile de ne pas percevoir que ces derniers temps, la machine qui gouverne a tendance à imposer de plus en plus d’ordres à des citoyens qui n’en demandent pas tant. Que fait-on quand une machine ne donne plus satisfaction dans un monde où la concurrence est la règle, sur un continent où la concurrence même est inscrite dans sa Constitution ? On en change, on en produit une autre, on en consomme une autre.

Je propose donc l’instauration d’un contre-État, voire de plusieurs, sur le modèle pétitionnaire, regroupant les citoyens qui ne se reconnaissent plus dans l’organisation présente et prêts à en fonder une autre, voire des autres. Il ne s’agit pas de remplacer l’État existant par un procédé révolutionnaire mais de le laisser fonctionner tout seul de son côté avec les personnes que cela intéresse encore. De la même manière que les avions de plusieurs compagnies peuvent atterrir sur le même aéroport ou que les mêmes lignes d’électricité délivrent la même énergie à des clients d’entreprises différentes, il est donc techniquement possible que les citoyens d’un(e) même nation/territoire puissent adhérer à l’État de leur choix. L’État actuel devra s’effacer et laisser le libre marché faire son œuvre. S’il connaît la désaffection de ses clients, il devra adapter son offre, au risque de mettre la clef sous la porte.

Le contre-État que je propose instruirait ses propres enfants, enterrerait ses propres défunts, battrait sa propre monnaie, délivrerait ses propres cartes d’identité et passeports, choisirait les membres de sa propre Assemblée, voterait ses propres lois, concevrait ses propres assurances, aurait sa propre police, établirait ses propres bâtiments abritant ses propres institutions. Il pourrait garder la même devise et le même hymne, ces éléments sont évidemment passés dans le domaine public. Et le tout sur le territoire actuellement délimité selon les traités internationaux et reconnu comme la France. Oui, tout ceci s’appliquerait également à Clipperton. Si d’autres citoyens d’autres nations souhaitent y adhérer, il faudra penser à assurer un travail de traduction suffisant. Pour le moment, je me contente de penser en français.

Dans mon optique, la première des assurances prises pour ses citoyens serait de ne pas leur demander patte blanche à chaque visite dans tel ou tel endroit en montrant une preuve de leur prétendue santé. Je connais beaucoup de gens enrhumés et ils sont pourtant capables de courir comme des lièvres. La seconde serait de permettre à tous celles et ceux intéressé(e)s par l’exercice du pouvoir de l’exercer selon une logique de tirage au sort, le tirage au sort décidant aussi de la durée de l’exercice pour un temps calendaire défini entre 1 an et 5 ans, que le poste soit national, régional, département ou local, ou à tout autre échelon qui s'imposera. Pour le reste, c’est à débattre, je ne comprends rien à la politique.

Car ceci est d’abord une question économique. L’environnement faisant naître dans chaque humain son désir et les moyens de l’exprimer, il n’y a pas de raison que le domaine de la politique échappe à ces suggestions de la Nature. Autrement dit, la loi de Say s’applique également aux systèmes politiques, et il n’y a pas de raison que la dictature et la démocratie ne puissent pas cohabiter sur un marché ouvert. Tout le monde sait d’ailleurs que la frontière entre un « territoire occupé » et un autre « non occupé » est fine comme du papier à cigarette.

Au nom du libre échange, créons donc un contre-État. Cela demande, comme pour toute association ou entreprise, un investissement et une signature. Il n’y a qu’un registre à ouvrir.



20 réactions


  • In Bruges In Bruges 29 mai 2021 09:15

    Bonjour Nicolas.

    Vous qui aimez la bonne musique, vous savez bien que certains avaient bien essayé d’instaurer un contre-Etat dans la fin des seventies, du coté de Lauren Canyon, L.A.

    Montez dans ma vieille VW cabrio verte, je vous emmène, c’est Arman Mélies qui fait le guide et la bande son ( belles guitares avec juste assez de vibrato, de la reverb, et des drum « qui tapent fort derrière »).

    Warning : cette chanson, une fois rentrée dans votre tête,n’en ressort plus que par le sommeil...

    https://www.youtube.com/watch?v=KOwJtHjP2i8

    Mais Mélies a tort : le temps ne s’est pas arrêté, cet empaffé... Hélas. Reste que oui,« la vie est trop courte pour qu’elle soit petite »


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 mai 2021 09:46

    Le problème, c’est que le marché politique est mondial et que cette concurrence existe bien, mais à l’échelle de la planète, et sur le modèle de la grande distribution qui a éliminé les petits commerces.

    Les zones de chalandises tournent autour des gros groupes qui se les partagent : USA, Chine, Russie, Inde, UE qui se les partagent en imposant des statuts plus ou moins intégrés qui vont du franchisé reversant des royalties avec une certaine liberté mais en respectant la charte de communication et un cahier des charges minimum, jusqu’au groupe pyramidal contrôlant tout, jusqu’à une partie de la production et la labellisation de ses propres produits..

    En fait, pour l’UE, il s’agit d’une enseigne de produits discount appartenant au groupe OTAN qui écoule ses invendus et ses DLC.

    La concurrence entre ses groupes est meurtrière, mais à l’intérieur de leurs territoires ils détiennent des monopoles qu’ils s’ingénient à faire passer pour un « marché libre » en diversifiant les marques, comme Danone avec les yaourts et Unilever avec les lessives, et ils appellent ça « démocratie » : vous avec le chois entre Cajoline, Cif, Omo, Skip, Persil, Coral ou Sun. Vous pouvez même choisir un produit vert, écolo, de toutes façons la multinationale se régale et vous gobez.

    Si vous voulez vous implanter sur leurs terrains, il va vous falloir des munitions !


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 29 mai 2021 10:08

      @Séraphin Lampion

      Des munitions ? Pourquoi donc ? Ce n’est que du commerce ! Ce si doux commerce !

      Blague à part, je ne vois pas de différence de posture entre un résistant politique et un professionnel réclamant sa liberté d’entreprendre avec qui bon lui semble et comme bon lui semble. Aligner les principes déclamés à tout va depuis trois siècles en Europe et gravés depuis dans un texte commun avec la réalité de la discrimination « sanitaire » va être particulièrement compliqué pour les zélites.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 mai 2021 10:11

      @Nicolas Cavaliere

      Moi non plus, je ne vois pas de différence !
      Les ex-commerçants des centre-villes non plus ne voient pas la différence : ils ne sont plus là
      Je ne sais pas où ils sont passés. Ils sont sans doute tous allés se retirer dans les villas somptueuses qu’ils ont fait construire sur la côte ?


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 29 mai 2021 10:16

      @Séraphin Lampion

      En plein dans le mille !

      Une fois fortune faite, il n’y a plus besoin de travailler, ni de la tête, ni des mains.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 29 mai 2021 11:05

      @Séraphin Lampion
       
       ’’... sans doute tous allés se retirer dans les villas somptueuses qu’ils ont fait construire sur la côte  ?’’
       
       Avec les dédommagements perçus au titre de fermeture pour Covid. Mais tous ? Non, les plus malins.


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 29 mai 2021 10:54

    ’’c’est à débattre, je ne comprends rien à la politique.’’

    La politique ce n’est pas l’art de savoir ce qu’il faudrait faire mais de ce que l’on peut faire.

     


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 29 mai 2021 11:18

      @Francis, agnotologue

      Ce que l’on peut faire n’est déductible que de ce que l’on sait déjà faire. La capacité de produire étant confisquée par les automates et celle de négocier par les code-barres, nous en venons à consommer notre vie comme des machines. La politique n’a aucun rôle dans un cadre si bien réglé. Pour revenir au point de départ de tracé du cercle, le politique professionnel d’aujourd’hui, certainement le plus assisté de tous, qui ne saurait conduire sa propre voiture tellement il est habitué à disposer d’un chauffeur, est incapable de comprendre quoique ce soit à la politique. Le jeune habitué à commander son McDo sur son smartphone, idem.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 29 mai 2021 11:41

      @Nicolas Cavaliere
       
       ’’La politique n’a aucun rôle dans un cadre si bien réglé’’
       
       Ne jetez pas la chose avec le nom qu’on lui a donné svp : savoir ce que l’on peut faire est essentiel pour une action efficace et peu importe le nom que l’on donne à cette capacité.


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 29 mai 2021 11:46

      @Francis, agnotologue

      « Ne jetez pas la chose avec le nom qu’on lui a donné svp »

      J’essaie, mais c’est dur. Pour savoir ce que l’on peut faire, il faut d’abord se passer de l’idée d’efficacité, et nous en sommes béatement prisonniers.


  • Et hop ! Et hop ! 29 mai 2021 14:41

    On peut créer une société, une compagnie, une association, une franc-maçonnerie, on peut lui donner des statuts qui décident comment on y entre, comment on en sort, mais elle sera forcément une personne de droit privé.


    Donc elle aura une nationalité (comme les personnes physiques), et elle n’aura aucune des prérogatives de la puissance publique, elle ne sera pas reconnue par les autres États, elle ne pourra pas traiter avec eux pour émettre des passeports. 

    Il faudrait partir d’une personne de droit public existante, et la rendre souveraine .


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 30 mai 2021 20:50

      @Et hop !

      On peut créer n’importe quoi dans ce domaine, et lui donner le nom qu’on veut. Il suffit de définir en amont les principes qui en soutiendront la structure.


  • In Bruges In Bruges 29 mai 2021 18:25

    Keynes, Gramsci.

    Laisser faire, laisser passer.. ou pas.

    Je vous trouve bien sérieux, M. Cavalier.

    Music.

    « Nothing else matters », dirait la belle Lucie Silvas. Née en 1977, deux ans avant que je ne me mette derrière les consoles.

    Dommage, car j’aurais bien pris ce slow comme « nettoyeur »à l’Apocalypse, et ça l’aurait fait, pour sûr.

    https://www.youtube.com/watch?v=nyQ8wMOiCFQ


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 30 mai 2021 11:43

      @In Bruges

      Ah, elle est belle, mais tant à qu’à utiliser Metallica pour nettoyer l’apocalypse :

      https://www.youtube.com/watch?v=Wkvd7pbfM78&ucbcb=1


    • In Bruges In Bruges 30 mai 2021 13:41

      @Nicolas Cavaliere
      Vous vous méprenez, monsieur Cavalier.
      Je ne suis ni Cégétiste, ni porté sur les métallo ou le Métal Hurlant...( mais je sais bien que « nothing else matters » c’est une « cover » de Metal.)
      Et la Miss Lucie Silvas, sans atteindre les sommets vocaux d’une Beth Hart ou d’une Clare Maguire, mérite mieux que votre commisération sur son physique avantageux.
      Pour tenter un compromis mou, à la bruxelloise, je vous propose de nous quitter avec ce couple (musical) assez fusionnel.
      Je les avais vu il y a bien des années à 5 mètres, dans un concert semi-privé sur la plage de Scheveningen , à La Haye. Impressionnants de complicité. Du sucre Candy,quoi...

      https://www.youtube.com/watch?v=uIPDa3MbS_I


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 30 mai 2021 16:44

      @In Bruges

      Votre allégeance à la musique seule se suffit.

      Pas mal ce duo, ça devient même émouvant sur la fin. Fusionnel, oui, même si le manche de la guitare ne rentre pas dans le trou du saxophone.


  • Old Dan 29 mai 2021 23:27

    ...
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    .
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