jeudi 2 mai - par xavier dupret

Venezuela : un pays saboté ?

Le Venezuela fait figure de symbole en Amérique latine. La proposition d’un socialisme pour le XXIème siècle constitue, comme chacun peut s’en douter, le cœur de la confrontation avec les Etats-Unis. C’est ainsi qu’en mars 2015, l’administration Obama décrétait que le Venezuela constituait une menace pour la sécurité des Etats-Unis. Dans la foulée, des sanctions étaient adoptées contre Caracas. Les Etats-Unis sanctionnaient, en fait, des hauts fonctionnaires de l’Etat vénézuélien. Il leur était interdit d'entrer sur le territoire américain. De plus, leurs comptes bancaires aux Etats-Unis étaient gelés.

Le soutien des Etats-Unis à l’opposition vénézuélienne n’est plus à démontrer. En 2002, l’administration de Georges Bush Jr. a soutenu, sinon organisé, la tentative de coup d’Etat contre Hugo Chavez qui a échoué suite à la mobilisation des classes populaires contre les putschistes. Différentes sources, parfois même de l’aveu même de l’opposition vénézuélienne[1], démontrent à l’envi que les Etats-Unis, par un truchement de fondations, d’ONG et d’initiatives de coopération au développement, financent l’opposition vénézuélienne.

 

La menace

A ce stade de l’analyse, une remarque sur le fond s’impose. Les Etats-Unis représentaient, en 2017, 35,1% des dépenses militaires dans le monde[2], soit près de 600 milliards de dollars. En comparaison, le budget militaire du Venezuela était de 260,7 millions de dollars à la même époque[3]. De surcroît, le Venezuela ne possède pas l’arme nucléaire. Voilà qui donnera une idée plus objective de la menace réelle que représente Caracas pour Washington.

Alors que l’Oncle Sam pointe du doigt le Venezuela, les cours du pétrole s’effondrent sur les marchés. Au 1er janvier 2015, le prix du baril est tombé à hauteur de 45 dollars. Six mois plus tôt, un baril d’or noir valait encore 105 dollars. Le Venezuela est profondément dépendant de ses exportations de pétrole. Ces dernières représentaient 90% des recettes d’exportation du pays en 2017. Pour l’essentiel, il s’agissait de pétrole brut (80%)[4]. Alors que le revenu que le Venezuela tirait du pétrole diminuait drastiquement, la population était mise sous pression par les Etats-Unis. Il faut savoir que les Etats-Unis constituent le premier client (42% des exportations du Venezuela en 2017) et le premier exportateur à destination de Caracas (38% des importations vénézuéliennes la même année). Dès lors que la rente pétrolière ne permettait plus de faire entrer des capitaux comme autrefois quand le baril était à 100 dollars, le statut peu enviable de nouvelle grande menace pour les Etats-Unis a vite fait de jeter une partie de la population dans les bras de l’opposition. La dépendance économique constitue un aiguillon bien puissant. Le soutien local accordé à l’opposition la plus dure appartient sans doute déjà au passé dans la mesure où le président autoproclamé Juan Guaidó n’a jamais exclu une intervention militaire américaine pour mettre fin à la présidence de Nicolás Maduro[5].

En tout état de cause, les sanctions du géant US à l’encontre de la petite république sud-américaine se sont multipliées depuis 2015. Un véritable blocus financier a été mis en œuvre contre le Venezuela à partir du printemps 2016. C’est ainsi qu’en avril 2016, les institutions financières vénézuéliennes titulaires de comptes à l’étranger ont été limitées dans leurs capacités à rapatrier des fonds. Plus tard, en juillet 2016, la banque étatsunienne Citibank a obtenu que le réseau bancaire dit du Wolfsberg Group (qui regroupe plus de 30 banques de taille mondiale) s’abstienne de toute transaction avec les institutions vénézuéliennes, en ce compris le Trésor vénézuélien. Cette mise au ban de la communauté financière internationale a pesé lourd dans l’évolution de la trajectoire macroéconomique du Venezuela. Le pays a manqué d’argent frais pour pouvoir compenser la perte des revenus pétroliers. Ce type d’opérations n’aurait pas dû, au regard des chiffres, poser problème.

En 2015, la dette publique du Venezuela comptait pour 12,719% du PIB du pays[6]. Par comparaison, l’Argentine conservatrice de Mauricio Macri était endettée à hauteur de 35% du PIB et se finançait sans problèmes sur les marchés.

Parler de coup d’état financier n’a rien d’exagéré puisqu’en juillet 2016, le risque de défaut de paiement du Venezuela fixé par la banque états-uniennes JP Morgan était le plus élevé de la planète. Or, à cette époque, la dette totale du gouvernement, à cette époque, était inférieure à 16 points de PIB.

Faute de ressources, le Venezuela n’a eu d’autre « solution » que de recourir à la planche à billets. Très rapidement, le pays s’est retrouve à devoir jongler avec une hyperinflation. Pour mémoire, une situation d’hyperinflation apparaît lorsque l’inflation mensuelle est égale ou supérieure à 10%.

 

Pic du pétrole

Il a été écrit et répété que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, devant l’Arabie saoudite. C’est à la fois vrai et faux. Les réserves du Venezuela ont été évaluées par l’OPEP. Elles s’élèveraient à 302 milliards de barils, soit près de 25% des réserves mondiales[7]. Toutefois, l’exploitation du pétrole vénézuélien s’avère plus coûteuse à mettre en œuvre que dans la péninsule arabique. En effet, les réserves du Venezuela sont constituées de pétrole lourd qu’il convient de traiter après extraction. Voilà pourquoi son exploitation s’avère plus coûteuse que le pétrole saoudien.

Ces réserves de pétrole lourd, situées dans la ceinture de l’Orénoque, représenteraient l’équivalent de 256 milliards de baril, d’après Petróleos de Venezuela SA (PDVSA), la compagnie pétrolière appartenant à l’Etat vénézuélien[8]. Selon une étude états-unienne plus ancienne financée, entre autres donateurs, par la compagnie pétrolière ExxonMobil Corporation, la ceinture de l’Orénoque contiendrait plus de 270 milliards de barils[9]. Pour sa part, la presse financière états-unienne considérait que les réserves de pétrole lourd du Venezuela étaient de 296,5 milliards de barils[10]. Les chiffres sont, en tout état de cause, impressionnants.

La couverture médiatico-idéologique qui s’est installée à leur sujet ne l’est pas moins. La production du pétrole vénézuélien serait, en dépit de telles ressources, en chute depuis de nombreuses années. L’explication la plus couramment diffusée tient à l’état d’incurie de PDVSA. Cependant, on notera, avec le plus grand intérêt, que des voix issues des rangs de l’opposition vénézuélienne font état de mesures répressives de la part du pouvoir en place à l’égard de cadres de PDVSA pour le moins indélicats. Sur un site peu susceptible de sympathies avec le gouvernement de Nicolás Maduro, on pouvait apprendre, il y a quelques mois, qu’« en décembre [2017], (…) le Bureau du Procureur général a envoyé en prison 67 cadres et directeurs de PDVSA pour des crimes allant de la falsification de données concernant la production à des détournements de fonds et à l’atteinte à la souveraineté du pays. Parmi eux deux anciens ministres du secteur pétrolier du gouvernement du président Nicolás Maduro. En outre, le procureur mène une enquête pénale contre Rafael Ramirez, ministre du pétrole et président de PDVSA entre 2002 et 2014. Jusqu’en novembre dernier, il était ambassadeur du Venezuela auprès de l’Organisation des Nations Unies. L’enquête porte sur sa possible participation à des opérations de blanchiment d’argent par le biais de la Banque privée d’Andorre (BPA) »[11].

Une certaine forme de lutte contre la corruption est donc en cours au Venezuela. On peut éventuellement, si l’on veut, en contester les modalités de mise en œuvre mais en aucun cas l’existence. Il semble, par conséquent, intellectuellement téméraire de faire reposer sur les seules épaules du gouvernement vénézuélien la chute de la production pétrolière nationale. Comment expliquer, dès lors, cette dernière ? En fait, la production pétrolière vénézuélienne a atteint son pic de production au tournant du millénaire. Qu’est-ce que cela signifie ? Un pic de production désigne l’instant où la production d'une ressource non renouvelable atteint son niveau maximal. A partir de ce moment, l’extraction de la ressource devient de plus en plus coûteuse. Le pic de la production vénézuélienne concerne le pétrole conventionnel. On peut l’apprendre en citant une source fort peu chaviste.

A savoir, l’agence publique états-unienne EIA (Energy Information Administration). Dans un rapport de 2015[12], l’EIA pointait même que ce pic avait été atteint à la fin des années 1990. Une autre source entrevoit une augmentation sensible des coûts à partir de 1994[13]. Or, Hugo Chavez a prêté serment comme président le 2 février 1999. A cette époque, la présidence chaviste ne surfe pas sur le pétrole. Le prix du baril atteint des niveaux historiquement bas. Le prix du baril est alors de 12,28$ le baril. La remontée des cours se produira surtout entre 2004 (36,05$ le baril) et 2012 (109,45$ le baril)[14].

Cette embellie ne permettra pourtant pas à la production vénézuélienne de redécoller et donc de retrouver son niveau du début des années 1990. En 2015, la production du Venezuela est de l’ordre de 2,6 millions de barils par jour[15] alors qu’en 1998, le Venezuela extrayait quotidiennement 3,5 millions de barils[16]. Le mouvement de baisse le plus impressionnant de la production vénézuélienne se situe entre le 1er janvier 2015 et mars 2016. Durant ces 15 mois, la production plonge inexorablement sous les 2,5 millions de baril par jour. Or, le prix du baril en 2016 est de 40,68 dollars le baril[17]. Exprimé en dollars de 1998, ce prix équivaut à 27,63$[18].

 

Faux semblants ?

C’est ici que l’hypothèse d’une rentabilité progressivement décroissante de l’exploitation du pétrole vénézuélien se justifie. Cette dernière est pleinement confirmée par la firme Rystand Energy, un bureau norvégien de consultance spécialisé dans le domaine de l’énergie. Le niveau de prix à partir duquel le pétrole vénézuélien devient rentable a été évalué par cette source à 27,62$ par baril pour l’année 2016[19]. Or, les coûts de production de l’extraction pétrolière n’ont cessé d’augmenter depuis des décennies au Venezuela. De 1968 à 1998, les prix de revient du secteur pétrolier national vénézuélien ont été multipliés par 5[20].

Cette batterie de données ne porte que sur la seule exploitation du pétrole conventionnel. Comme le notait l’EIA dans un rapport sur le Venezuela, l’objectif de production de pétrole lourd de l’Orénoque était d’arriver à un million de barils par jour en 2013. Le compte n’y était décidément pas puisque ce segment de la production pétrolière vénézuélienne n’était que de 6.000 barils par jour à l’époque[21].

Comment expliquer cet état de choses ? Comme nous l’avons vu, le pétrole lourd de l’Orénoque suppose de lourds investissements dans le traitement des pétroles de base obtenus après extraction. A ce sujet, la société privée états-unienne Platts, spécialisée dans la diffusion d’enquêtes et d’études sur le secteur pétrolier depuis 1909, était formel. Un programme d’investissements de 23 milliards unissant les efforts du gouvernement vénézuélien à ceux d’entreprises multinationales du secteur pétrolier a été développé dès 2013. Cette approche est, soit dit en passant, clairement plus proche du capitalisme d’Etat chinois (qui a, convenons-en, plutôt réussi) que de modèles davantage centralisés. On notera qu’à cette époque, le Venezuela était loin de constituer l’homme malade de l’économie latino-américaine . Certes, le pays subissait les affres d’une récession de l’ordre de 3,9% du PIB mais il s’agissait de la conséquence, somme toute prévisible, de la chute des prix du pétrole. Rien n’était perdu mais il était (plus que) temps.

La part incombant au gouvernement vénézuélien avoisinait, à l’époque, les 15 milliards de dollars sur les 23 exigés par ce grand plan d’investissement. Les sites d’exploitation de l’Orénoque visés par les nouveaux projets d’investissement étaient également exploités par des compagnies chinoises (CNPC) et russe (Rosneft). Les firmes Total et Chevron était également impliquées. Or, tout au long de l’année 2014 alors que le Venezuela cherche des capitaux, on note une dégradation continue de la cote de la dette publique vénézuélienne par les agences de notation occidentales. Pourtant, on observe, en 2013, une diminution du déficit budgétaire vénézuélien de 4,5 points de pourcentage. Il est vrai que le niveau du déficit budgétaire de l’Etat central était, en dépit de ces mesures de rationalisation, élevé (11,5% du PIB) [22].

Cette donnée ne veut, cependant, pas tout dire. Certains pays d’Amérique latine ont été, à l’époque, plus durement traités par les marchés que d’autres. Ils avaient pour point commun de n’être pas alignés sur les Etats-Unis. C’est ainsi que le 9 avril 2015, le Mexique plaçait sur les marchés pour un milliard et demi de dollars de dettes à 100 ans (oui, un siècle !) assorties d’un taux d’intérêt de 4%. Un semestre plus tard, l’Argentine trouvait 670 millions de dollars à 5 ans avec un taux de 9,4%[23]. En bonne logique, c’est l’Argentine qui aurait dû bénéficier du taux le plus faible puisqu’elle empruntait un montant moins élevé et, c’est un critère décisif, pour une période moins longue. Une durée de remboursement d’un siècle représente, en effet, un risque énorme pour un créancier. Il aurait donc été normal que le Mexique doive s’acquitter, dans ces conditions, d’un taux d’intérêt plus élevé puisque le taux d’intérêt représente, lit-on dans les manuels, une prime de risque. Bien sûr, on pourra arguer que l’Argentine présente un profil de crédit particulier puisque le pays avait restructuré sa dette de manière particulièrement musclée quelques années auparavant. Dont acte.

Ite missa est ? Pas vraiment car comment expliquer les taux qui ont été infligés à l’Uruguay à la même époque ? Montevideo ne se caractérisait pas par un déficit budgétaire élevé (-2,1% du PIB)[24] et avait pas été moins dure que l’Argentine avec ses créanciers lors de la restructuration en 2003. De surcroît, le pays n’est resté en défaut de paiement que quelques mois au cours de cette année. Le Mexique, en revanche, avait encore renâclé au paiement de sa dette extérieure de 1982 à 1990[25] et comptait, en 2015, un déficit budgétaire de 3,4% de son PIB[26]. Pourtant, l’Uruguay a, à la même époque, émis de la dette pour 1,2 milliards de dollars à 35 ans, grevé d’un taux d’intérêt de 5%[27]. Soit un taux d’intérêt supérieur pour une durée de remboursement inférieur, donc un risque moindre que dans le cas du Mexique.

On peut penser que 15 milliards de dollars d’un coup pour rénover le secteur pétrolier vénézuélien, c’était trop. Continuons alors les comparaisons Mauricio Macri ramène la droite au pouvoir à Buenos Aires en 2015. L’Argentine va alors être traitée en petit chouchou des marchés. C’est ainsi que les pouvoirs publics argentins vont émettre, au bas mot, pour 76 milliards de dollars US de dette extérieure[28]. Un prêt de 15 milliards pour le secteur pétrolier vénézuélien aurait eu davantage de pertinence d’un strict point de vue économique puisqu’il s’agissait d’un investissement rentable alors que les prêts consentis à l’Argentine avaient pour but exclusifs de couvrir les déficits du pays, soit une dépense de consommation. Cherchez l’erreur.

Bref, le Venezuela entreprend, en 2013, une réorientation de son secteur pétrolier vers les hydrocarbures lourds. Pour cela, il fallait investir. Or, le Venezuela ne disposait pas de tels capitaux, alors que sa situation économique n’avait rien de désespéré.

La relance de la production pétrolière du pays n’a donc pas été financée à cette époque. Pourtant, cette opération eût été rentable puisque les revenus d’exportation du Venezuela auraient augmenté. On pourrait rétorquer que cette vision des relations entre acteurs étatiques et financiers est trop politique alors que les marchés n’ont pas de cartes de parti. On balaiera cet argument d’un revers de la main en faisant valoir que la finance occidentale est sous perfusion des Etats depuis l’automne 2008. La frontière entre le politique et l’économique est, depuis, bien poreuse dans les pays qui ont exporté le néolibéralisme aux quatre coins de la planète.

Pour les Russes et les Chinois, accorder un crédit de 15 milliards de dollars était absolument envisageable, vu les réserves abondantes dans ces deux pays. Cependant, un tel geste aurait signifié pour le Venezuela et ses importantes réserves pétrolières d’entrer au sein des BRICS (soit le groupe formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) comme contrepartie (géo)politique. On se bornera à constater que cette option n’a jamais été activée par Caracas.

 

Story telling impérial

La suite est connue. Le sabotage financier du pays n’a, dès lors, fait que s’aggraver pour en arriver à la situation que nous connaissons aujourd’hui. Et à la fin de l’année 2016, l’agence de notation chinoise Dagong était contrainte de revoir à la baisse la note de la dette vénézuélienne qui était alors unanimement considérée comme un actif spéculatif. Les sanctions américaines vont, par la suite, porter un coup de grâce à l’économie vénézuélienne.

A ce propos, le récit dominant nous répète ad nauseam que le Venezuela se trouve aujourd’hui en situation d’urgence humanitaire. Les chiffres nous incitent à tempérer ce constat. Il est, certes, indéniable que l’économie vénézuélienne va mal. Le Panorama de la sécurité alimentaire publié par quatre agences de l’ONU calcule que 11,7% des Vénézuéliens souffraient de sous-alimentation en 2017. C’est autant qu’au Paraguay, pays ami des Etats-Unis et, à ce titre, jamais dénoncé. Ce chiffre est, certes, supérieur à la moyenne régionale (6,1%). Pourtant, rien ne permet, sur cette base, de décréter l’urgence humanitaire. Le taux de sous-alimentation au Venezuela ne dépasse que de peu la moyenne mondiale (10,9%). De surcroît, si l’on considère que le Venezuela fait partie des Caraïbes (rappelons, à cet égard, que le Venezuela est membre de l’Association des États de la Caraïbe), force est de constater que ce point de référence s’avère favorable pour Caracas dans la mesure où le taux de sous-alimentés dépasse les 17,2% de la population dans cette partie du monde. De surcroît, en 2002, 16,3% de la population vénézuélienne souffrait de malnutrition, soit un score supérieur à ce qui prévaut aujourd’hui[29].

Au regard des critères du Programme Alimentaire Mondial, le Venezuela n’est pas un pays qui peut être considéré comme relevant d’une situation d’urgence humanitaire. En ce qui concerne la pénurie de médicaments, l’explication est simple. « Le Venezuela est sujet à un embargo », rappelle de son côté Pierluigi Testa, gestionnaire de programmes d’urgences chez Médecins sans frontière, quand on l’interroge sur la difficulté de se procurer des médicaments ».[30]

Le récit dominant visant à faire accroire que le Venezuela se trouve en situation d’urgence humanitaire ne tombe pas du ciel. Fin 2015, le général Kelly, à l’époque commandant en chef de l’unité de l’armée américaine responsable des actions en Amérique latine et dans les Caraïbes. (SouthCom) déclarait, dans une interview accordée à la chaîne CNN (en espagnol), que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir au Venezuela en cas de crise humanitaire dans ce pays[31]. Or, en 2015, le taux de malnutrition au Venezuela était de 9,8%[32]. Parler de crise humanitaire, au regard de cette donnée, était donc franchement prématuré. L’avertissement du patron de SouthCom prend tout son sens si on le replace dans le contexte de déstabilisation financière du Venezuela.

Pour comprendre cette obsession anti vénézuélienne, il faut, par-delà les symboles, pointer le rôle primordial du pétrole dans le bras de fer entre Caracas et Washington et par-delà, dans la partie géostratégique qui se joue au Venezuela. Pourtant, on lit, parfois à gauche d’ailleurs, que l’intérêt des Etats-Unis pour le Venezuela ne peut être fondamentalement motivé par le pétrole. Certes, « les Etats-Unis produiront près de 14 millions de barils de brut par jour dans cinq ans, un niveau qui n'a jamais été atteint par aucun autre pays dans l'histoire »[33]. Ce retour en force des Etats-Unis sur la scène pétrolière mondiale a pour point de départ la mise en valeur des gisements de pétrole de schiste. Ces derniers désignent les pétroles légers que l’on retrouve dans des roches poreuses et extraits par fracturation hydraulique, c’est-à-dire l’injection à haute pression d’un liquide destiné à fissurer la roche (appelée roche-mère). Cette situation rend, pour l’heure, les Etats-Unis beaucoup moins vulnérables face aux pressions de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Hélas, une analyse objective des utilisations du pétrole dans une économie moderne permet d’exclure cette hypothèse « La légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500.000 barils par jour de brut extra-lourd du Venezuela »[34].

Ce constat, finalement peu surprenant, modifie de fond en comble les perspectives. Il est une autre donnée, davantage financière, qui vient confirmer cette situation d’interdépendance entre les Etats-Unis et le Venezuela. L’exploitation du pétrole de schiste américain a, en effet, la particularité d’être très exigeante du côté du financement. Là encore, un rappel de données matérielles de base s’avère nécessaire. « La fragilité du schiste tient précisément à son mode d'extraction. Les puits forés par fracturation hydraulique s'épuisent vite : selon la Fed régionale de Kansas City, la production des puits dans le bassin du Bakken [situé dans l’Etat du Dakota du Nord] diminue de près de 70 % la première année, et de plus de 85 % dans les trois ans, contre un recul de 10 % par an pour un puits conventionnel. Pour maintenir une production d'un million de barils par jour, il faut jusqu'à 2.500 puits de schisteEn Irak, moins d'une centaine suffit. Les puits sont, certes, moins onéreux à construire qu'une plate-forme offshore, mais leur durée de vie est très courte. Pour continuer à croître, ou simplement maintenir la production à un niveau constant, les producteurs de schiste n'ont d'autre choix que de forer en permanence »[35].

Ce modus operandi nécessite un approvisionnement constant en liquidités du système de production par fracturation. Tant que les taux d’intérêt sont restés proches de zéro, tout allait bien. Le cash coulait à flots et était fort bon marché. Le secteur du pétrole de schiste US s’est financé par la dette. Puisque les taux étaient bas, il était toujours possible de rembourser une dette en en contractant une autre. Ce refinancement permanent par la dette est classique du capitalisme dans ses phases de folie spéculative. Entre 2005 et 2015, les remboursements d’intérêts du secteur ont, vu la pression à la baisse des taux états-uniens, progresser deux fois moins vite que les montants empruntés. Au total, la dette des producteurs US a triplé.

Certes, l’augmentation des taux d’intérêt aux Etats-Unis est, pour l’heure, à l’arrêt. La FED (la Banque centrale des Etats-Unis) semble bien décidée à ne plus augmenter les taux. Ce qui offre indubitablement un répit au secteur du pétrole de schiste US. Ce soulagement, toutefois, sera de courte durée. Si la FED laisse ses taux inchangés, c’est parce que les perspectives pour l’économie mondiale particulièrement sombres. Une remontée un peu trop brutale des taux ne ferait évidemment qu’aggraver les choses. Lorsqu’une récession surviendra aux Etats-Unis, vraisemblablement au cours de l’année 2020, les secteurs surendettés seront, en tout état de cause, les premiers à passer à la trappe. A ce moment, le miracle du schiste US appartiendra au passé. Il est même probable que sans la crise de 2007-2008 et la baisse des taux à laquelle elle a donné lieu, le secteur du schiste n’aura jamais vu le jour aux Etats-Unis.

C’est alors que le pétrole vénézuélien redeviendra une priorité pour l’Oncle Sam. Sans aucun plan de financement en soutien, le pétrole vénézuélien revient aujourd’hui à un peu plus de 27 dollars le baril alors que le schiste US, qui a été dopé au dollar bon marché pendant plus de dix ans, affiche un prix de revient de 23,35 euros. La différence n’est pas énorme (14,6%) et est réversible en cas de refinancement de la filière vénézuélienne qui pourrait alors amortir ses coûts sur une production plus importante.

L’hypothèse de la centralité du pétrole dans le conflit en cours entre Caracas et Washington n’a rien de simpliste. D’ailleurs, peut-on légitimement séparer l’importance du pétrole dans les sociétés contemporaines du jeu d’acteurs des grandes puissances autour du Venezuela aujourd’hui ? Vraisemblablement pas. C’est ainsi que l’existence, indubitable, par ailleurs, d’une lutte d’influence entre le pôle sino-russe et les Etats-Unis au sujet du dossier vénézuélien est appréhendable au travers de facteurs socioéconomiques depuis un certain temps déjà.

La Chine représentait 18% des importations vénézuéliennes en 2017 contre 2,1% en 2002. Pékin est aujourd’hui le deuxième fournisseur du Venezuela. A fur et à mesure que les productions chinoises monteront en gamme, nul doute que la Chine occupera une place croissante dans la balance commerciale du Venezuela. Cette tendance de fonds, que l’on retrouve dans d’autre pays d’Amérique latine et d’Afrique, ne risque pas de calmer les ardeurs de Washington à l’avenir.

 

[1] Lire à ce sujet l’interview très révélatrice de Frédéric Lévêque (permanent du Centre National de la Coopération au Développement) accordée à la RTBF le 13 mars 2015. Ur l : https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-raisons-du-bras-de-fer-entre-les-etats-unis-et-le-venezuela?id=8930607 (date de consultation : 8 mars 2019).

[2] GRIP (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité), Dépenses militaires mondiales : La planète ne désarme pas, Luc Mampaey, 22 juin 2018 [en ligne], Url : https://www.grip.org/sites/grip.org/files/BREVES/2018/EC_2018-06-22_FR_L-MAMPAEY.pdf. Date de consultation : 8 mars 2019.

[3] Banque mondiale, septembre 2018.

[4] The Observatory of Economic Complexity, janvier 2019.

[5] Le Temps, édition mise en ligne le 9 février 2019.

[6] Banque mondiale, février 2019.

[7] OPEC, Annual Statistical Bulletin, 2018.

[8] PDVSA Annual Report, 2010.

[9] MANIK TALWANI, THE ORINOCO HEAVY OIL BELT IN VENEZUELA (OR HEAVY OIL TO THE RESCUE ?), THE JAMES A. BAKER III INSTITUTE FOR PUBLIC POLICY OF RICE UNIVERSITY, Septembre 2002, p.2.

[10] Wall Street Journal, édition mise en ligne le 18 juillet 2011.

[11] Humberto Marquez, Venezuela. L’industrie pétrolière dans le gouffre, publié 18 décembre 2017 sur le site A l’Encontre-La Brèche, Url : https://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/venezuela-lindustrie-petroliere-dans-le-gouffre.html (date de consultation : 14 mars 2019)

[12] EIA, Country Analysis Brief : Venezuela, 25 novembre 2015.

[13] Ricardo Hausmann, Francisco Rodríguez, Venezuela Before Chávez : Anatomy of an Economic Collapse, Pennsylvania State University Press, 2014.

[14] OPEP, mars 2019.

[15] EIA, Country Analysis Brief : Venezuela, 25 novembre 2015.

[16] Forbes, édition mise en ligne le 29 janvier 2019.

[17] OPEP, février 2019.

[18] US Government, Consumer Price Index (CPI), février 2019.

[19] Wall Street Journal, édition mise en ligne le 15 avril 2016.

[20] Ricardo Hausmann, Francisco Rodríguez, op.cit.

[21]S&P Platts, At The Wellhead : Crawling Along In Venezuela’s Orinoco Belt, 10 février 2014.

[22] Ministerio del Poder Popular de Economía y Finanzas, República Bolivariana de Venezuela, décembre 2018. Les divergences de vues entre Caracas et les agences de notation occidentales sont notoires en matière d’évaluation de la dette publique nationale. Le gouvernement vénézuélien part du principe que la comptabilité de PDVSA (qui est une société anonyme) est distincte de celle du Trésor. Mais, selon les Occidentaux, le fait que PDVSA ait été soumise à des ponctions régulières de la part du gouvernement pour financer le déficit budgétaire doit conduire à une fusion des deux périmètres. On se bornera, par-delà ces passionnantes polémiques comptables, à constater qu’un plan d’investissement dans le bassin de l’Orénoque eût été de nature à faire diminuer le déficit public puisque les recettes fiscales du gouvernement auraient été en croissance du fait de l’augmentation de la production pétrolière.

[23] InfoBAE, édition mise en ligne le 7 octobre 2015.

[24] Banque mondiale, mars 2019.

[25] Carmen M. Reinhart, This Time is Different. Chartbook : Country Histories on Debt, Default, and Financial Crises, NBER Working Paper No. 15815, mars 2010, p.76 et 120.

[26] Banque Mondiale, décembre 2018.

[27] InfoBAE, ibid.

[28] Ámbito Financiero, édition mise en ligne le 26 février 2018.

[29] Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (ONUAA), Programme Alimentaire Mondial (PAM), Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), Panorama de la seguridad alimentaria y nutricional en América Latina y el Caribe, Santiago, 2018, p.6.

[30] Cité par le quotidien suisse Le Courrier, édition mise en ligne le 4 mars 2019.

[31] CNN (en Español), Entrevista al general John Kelly en CNN, 28 octobre 2015 (Url : https://www.youtube.com/watch?v=5O34fsZG2Tw). Date de consultation : 17 mars 2019. Le passage de l’entrevue consacré au Venezuela peut être visionné à la quinzième minute du programme.

[32] Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (ONUAA), Programme Alimentaire Mondial (PAM), Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), ibid.

[33] Les Echos, édition mise en ligne le 11 mars 2019.

[34] Le Temps, édition mise en ligne le 13 février 2019.

[35] Les Echos, édition mise en ligne le 18 décembre 2018.

 



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  • brunat-celine 4 mai 21:34

    Quant à Claire qui attend le « sauvetage des USA », elle n’a visiblement pas compris qu’ils y sont déjà et que ce sont eux qui ont causé ce bourbier. Alors croire que les américains viennent dans des pays pour les sauver, c’est quand même délirant quand on voit ce qu’ils ont fait en Irak, en Syrie, etc.

    @Claire, « sans que cela ne pose le moindre problème » : c’est n’importe quoi ! Quand on réfléchit 2 minutes, on voit que les récessions provoquent de la misère, une montée du fascisme et des guerres ! Regardez 1929 et 2008 par exemple... Ah c’est vrai, une récession ne touche que les plus pauvres, donc ça ne vous intéresse pas. Je ne suis pas très calée en économie mais ça coule de source, quand même !

    Enfin, si on analysait les commentaires de tout le monde ici, il y a de quoi y passer la nuit et en devenir fou !


  • brunat-celine 5 mai 11:40

    @Claire

    dette des années 1980 en Amérique latine, l’hyperinflation en Argentine sous le gouvernement d’Alfonsín (1983-1989), en Équateur à la fin des années 90, la crise mexicaine de 1994, celle de l’Argentine – encore – en 2001, ou celle de l’Uruguay en 2002. Ces crises régionales ont un aspect commun : elles se produisent invariablement sous des gouvernements néolibéraux. C’est que les économies latino-américaines sont structurellement propices à ce genre de crises, qu’elles soient régies par un pouvoir « socialiste » ou néolibéral.

    S’il fallait se défaire des préjugés idéologiques qui embourbent le débat autour du Vénézuéla, on pourrait y voir sans trop de détours la faillite d’une économie capitaliste périphérique, soumise à des contraintes structurelles dues à sa place dans la division internationale du travail, héritée de son passé colonial, qui fait de ce pays un mono-exportateur de pétrole à l’économie bien fragile. Une fois ces données prises en compte, il est aisé de comprendre les crises monétaires qui en découlent.

    https://lvsl.fr/venezuela-quand-trump-et-macron-apportent-leur-soutien-a-vingt-ans-de-strategie-putschiste


  • brunat-celine 5 mai 11:44

    Excellent article !!


  • brunat-celine 5 mai 12:17

    Apparemment le Maroc, l’Algérie sont les prochains sur la liste des nazis USA Europe Israël Une déstabilisation sous prétexte d ’islamistes et attentats fomentés par les Blackwaters

    L’Algérie sous la menace de déstabilisation du Mossad, de la CIA et du Maroc ? - YouTube https://m.youtube.com › watch

    https://www.dailymotion.com/video/xp6nis Les mercenaires du FN qu’on retrouve dans tous les pays en guerre en Afrique et pays arabes en guerre. Cest les memes qui s’infiltrent dans les gilets jaunes pour casser le mouvement Ils brulent meme des voitures dans les cités

    Tous les pays en voie de déstabilisation qui s’allient à la Russie tomberont tôt ou tard car la Russie est un infiltré des USA Europe Israël

    Le bruit court qu’au Maghreb, et plus précisément en Algérie et au Maroc, une tentative de déstabilisation est en train de voir le jour. Après la Tunisie, la Lybie, le Niger, le Tchad, le Mali, le Soudan, les deux derniers remparts à l’impérialisme sioniste en Afrique du Nord seraient en danger. Bernard Henri Levy, célèbre symptôme d’un futur bain de sang est sur les starting blocks auprès du MAK (groupe séparatiste kabyle). Ban Ki Moon tente la zizanie entre l’Algérie et le Maroc avec des propos très dangereux sur le Sahara * et Mohamed VI, le roi du Maroc, finit par se rendre en Russie pour la conquête de nouvelles alliances


    • JL JL 5 mai 13:15

      @brunat-celine
       
       ’’la Russie est un infiltré des USA Europe Israël’’
       
       C’est pour ça que les Républicain comme les Démocrate US sont d’accords pour inscrire la Russie sur la liste des États ennemis des US et qui soutiennent le terrorisme !
       
       Waouh, la feinte !


    • titi 5 mai 14:39

      @brunat-celine

      Cette semaine à Agadir, il y avait des exercices conjoints, Maroc, UK, et USA.

      Pour la déstabilisation du Maroc, je pense que vous repasserez.


    • titi 5 mai 14:44

      @brunat-celine

      Ce qui est sûr c’est que Poutine est un phénomène de foire.

      Un épouvantail.


    • brunat-celine 5 mai 16:30

      @titi Poutine ami Saddam Hussein Poutine ami de Kadafi Poutine ami de Maduro et Maduro va tout simplement tomber lui aussi grâce au traître Poutine

      Poutine est tout sauf un phénomène de foire ! Il joue un rôle majeur dans toutes les déstabilisations dans le monde. En fait, il joue systématiquement double jeu : il prétend être l’allié de pays comme l’Irak, la Libye de Kadhafi ou le Venezuela de Maduro puis il en profite pour leur soutirer des informations, les surveiller au profit des USA, auxquels il est en fait allié malgré les apparences !

      Ce fut le cas aussi en Irak où Poutine a confirmé la propagande de Bush pour appuyer ses attaques, comme le montre cette dépêche Reuters du 19 juin 2004 :

      « Moscou - Vladimir Poutine a déclaré hier que la Russie avait informé à plusieurs reprises Washington du fait que l’Irak de Saddam Hussein préparait des attentats sur le territoire américain, confirmant ainsi une thèse défendue par l’administration Bush. »

      Poutine a conforté Bush pour attaquer l’Irak et a envoyé Primakov à Saddam Hussein en 2003 pour lui dire de quitter le pouvoir comme le prouve cet extrait :

      "Evgueni Primakov dirigé les services secrets, été ministre des Affaires étrangères et enfin Premier ministre.

      C est un spécialiste du Moyen-Orient, où il a passé de très nombreuses années jusqu à devenir le meilleur expert russe de la région.

      Il a bien connu en particulier Saddam Hussein

      Le récit par Primakov de son dernier entretien avec Saddam est saisissant : < J ai rencontré Saddam pour la dernière fois à la fin de février 2003, trois semaines avant le déclenchement par les Américains d une nouvelle guerre contre lui, cette fois pour le renverser.

      Le président Poutine m’a chargé de lui porter un dernier message, à lui délivrer personnellement, en tete à tete. S il suivait sans délai la recommandation qui venait de Moscou, il pouvait encore éviter la guerre : le président Poutine lui conseillait dans le message qu il m avait confié de démissionner volontairement de la présidence et de laisser le Parlement appeler à des élections démocratiques pour le remplacer. Pour éviter de créer un vide complet, source d instabilité, il pourrait conserver la responsabilité du parti Baas."

      Juste ces 2 textes montrent que Poutine est un allié de longue date des USA tout en ayant fait semblant d’être l’ami de Saddam et de Kadhafi : il a fourni des informations aux américains pour aider à les faire tomber. Bref, c’est un traître !

      Après, si vous ne restez que sur Agoravox et chez les faux dissidents comme Soral, vous continuerez à soutenir Poutine qui est en fait l’allié des USA et d’Israël. C’est le même topo pour l’Iran qui est aussi l’allié des occidentaux.

      Tout le discours selon lequel la Russie et l’Iran s’opposent aux USA et à Israël est de la désinformation.


    • brunat-celine 5 mai 17:24

      @JL

      Le site réseau international est un site de désinformation crypto sioniste et confusionniste et il ya en beaucoup de site comme lui mdr hahaha


    • JL JL 5 mai 18:43

      @brunat-celine
       
       Ah oui ?
       
       Alors les médias msm aussi sont des sites de désinformation crypto sioniste

      , parce que j’ai entendu cette info sur France Inter.
       
       smiley


    • brunat-celine 5 mai 21:43

      @titi T’es pas au courant que l’Algérie est en cours de déstabilisation en ce moment ?


  • JL JL 5 mai 13:23

    Gaido avait réussi à débaucher une poignée de militaires : ils en ont profité pour foncer avec des blindés dans la foule des soutiens à Maduro et ont utilisé les images pour inonder les médias occidentaux de fake news, accusant les forces du régime d’écraser ses opposants.

     

    https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=v%C3%A9n%C3%A9z%C3%A9la+militaires+foncent+dans+la+foule


    • titi 5 mai 14:37

      @JL

      « pour inonder les médias occidentaux de fake news, accusant les forces du régime d’écraser ses opposants. »

      Lol


    • JL JL 5 mai 15:10

      @titi
       
       cette vidéo a été diffusée à plusieurs reprises sur les télévisions françaises.


    • titi 5 mai 16:20

      @JL
      Et dans les dernières secondes de la vidéo vous voyez les policiers anti
      émeutes qui font une « ligne », ainsi qu’un canon à eau.

      Alors je ne sais pas si ce sont les putchistes face aux partisans du régime, ou le régime face a ses opposants, mais ces militaires, ou plutôt policiers, sont en position de maintien de l’ordre.

      Mais ce que je sais c’est qu’on renverse rarement l’ordre établi, ce qui est le but d’un putsch, en le maintenant.


    • JL JL 5 mai 20:01

      @JL
       
       il est clair que la foule sur laquelle fonce le blindé, c’est le peuple, le vrai, et non pas les paramilitaires blancs, mâles, d’extrême droite de Guaido lesquels, quand ils agissent portent un brassard bleu.


  • brunat-celine 5 mai 16:39

    Poutine est entouré par des 80%d’oligarques juifs sionistes

    Le vrai président des USA est le gendre de Trump l’israélien Jared Kushner propulsé conseiller spécial de Trump

    Le petit fils de Trump se prénomme Théodore en hommage à Théodore Herzl fondateur du sionisme

    France USA Russie =Israël CQFD

    La prodigieuse histoire d’amour entre Trump, Poutine et Nétanyahou

    Dans la campagne pour être reconduit à son poste, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a réussi le tour de force d’obtenir le soutien de Donald Trump et de Vladimir Poutine. Qualifiez-le d’escroc ou de va-t’en guerre, mais qui d’autre que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou pourrait se vanter d’avoir tenu deux sommets réussis avec les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine, le tout à quelques jours des élections israéliennes ? Ses motivations immédiates sont claires, mais il y a quelque chose qui va au-delà de son utilisation manifestement habile de la diplomatie à des fins électorales. Il y a des dimensions stratégiques plus importantes à de telles réunions.Comment un dirigeant d’un tout petit État, politiquement contesté et corrompu, a-t-il réussi à amener les deux superpuissances mondiales à faire ce qu’il leur demandait et à respecter son calendrier ? La réponse réside dans l’amitié tripartite qui s’épanouit depuis un certain temps et qui pourrait façonner le Proche-Orient pour les années à venir.Tout a commencé par une réunion dans la Trump Tower à la fin septembre 2016. Le premier ministre Nétanyahou, qui était à New York pour le sommet annuel de l’ONU, est venu rencontrer Donald Trump, le candidat républicain à la présidentielle américaine. La rencontre s’est rapidement transformée en master class de géopolitique mondiale, selon l’ancien conseiller Trump Steve Bannon. Le premier ministre israélien chevronné, fort de quatre mandats, a formé le milliardaire novice en politique sur l’importance des relations entre les États-Unis et Israël à l’ombre des réalités amères du Proche-Orient. Les deux se sont bien entendus. Énormément.


  • brunat-celine 5 mai 16:43

    lors d’un face-à-face inédit

    18h17 , le 16 juillet 2018, modifié à 20h30 , le 16 juillet 2018

    Par

    Arnaud Focraud

    Donald Trump et Vladimir Poutine ont participé lundi en Finlande à un sommet bilatéral très attendu, qui avait pour objectif d’apaiser les relations américano-russes. La proximité affichée par le président américain a scandalisé des élus démocrates mais aussi des figures républicaines.

    Vladimir Poutine et Donald Trump ont participé à un sommet historique à Helsinki, en Finlande. (Reuters)

    Partager sur :

    Proximité de circonstance ou détente durable ? Lundi à Helsinki, en Finlande, Donald Trump et Vladimir Poutine ont participé à un sommet très attendu qui visait à réchauffer des relations fébriles entre les Etats-Unis et la Russie. Les deux intéressés ont en tout cas loué les mérites de leur rencontre. « Nous avons eu un dialogue direct, ouvert et très productif », s’est félicité le dirigeant américain au cours d’une conférence de presse conjointe. « Les pourparlers se sont tenus dans une atmosphère franche et de travail. Je les considère très réussis et très utiles », a appuyé le président russe, qui a expliqué avoir accepté cette rencontre car son homologue avait pour ambition de « normaliser les relations russo-américaines ».

    Lire aussi - Donald Trump voit dans l’Union européenne un « ennemi »

    Avant cela, les deux hommes ont eu un tete-à-tete historique qui a duré plus de deux heures dans un salon du palais présidentiel de la capitale finlandaise, qui a une longue tradition d’accueil de sommets Est-Ouest. Ils étaient accompagnés seulement de deux interprètes, avant un déjeuner de travail élargi avec leur délégation respectiv


  • brunat-celine 5 mai 16:44

    Continuez à croire que Poutine anti système !!! hahaha hahaha mdr


  • brunat-celine 5 mai 16:45

    Moscou

    10h29 , le 28 juillet 2018

    Par

    Alexis Boisselier

    Le président russe Vladimir Poutine a répondu favorablement à l’invitation de Donald Trump. La rencontre devrait avoir lieu l’année prochaine.

    Donald Trump et Vladimir Poutine lors de leur rencontre à Helsinki. (Reuters)

    Partager sur :

    Entre Donald Trump et Vladimir Poutine, c est le bal des politesses. Depuis leur rencontre à Helsinki le 16 juillet, les deux dirigeants multiplient les amabilités. Alors que le président américain avait invité il y a quelques jours son homologue russe à Washington, ce dernier a répondu qu il était pret à se rendre dans la capitale américaine. En retour, il a meme invité Donald Trump à Moscou. « Le président Trump attend avec impatience de recevoir le président Poutine à Washington après la Nouvelle année, et il est ouvert à une visite à Moscou après la réception d’une invitation formelle », a répondu la Maison blanche dans un communiqué.

    Lire aussi - Trump : pourquoi meme les Républicains ont été choqués par ses déclarations face à Poutine

    Initialement envisagé pour l’automne à Washington, le prochain sommet Trump-Poutine aura finalement lieu « l’année prochaine », avait annoncé mercredi l exécutif américain


  • brunat-celine 5 mai 16:47

    Ils préparent ensemble la déstabilisation du Venezuela

    Trump et Poutine ont évoqué le Venezuela lors d un échange téléphonique

    Par AFP - Washington - 03/05/2019 - 18:09

    Trump évoque un échange « très positif » avec Poutine sur le Venezuela

    AFP


  • brunat-celine 5 mai 17:01

    Comme les pays arabes détruits avec l’aide qu’apporte Poutine aux USA, Israël et à l’Europe

    La Russie et la Chine fait partie du nouvel ordre mondial. La Russue, comme l’Iran, la Turquie et les pays du Golfe sont alliés des Etats-Unis, de l’OTAN, de l ONU, de l’Europe et d’Israel. Le but de tous ces pays est la destruction des pays arabes ainsi que de leur population.

    L’avenir est fait de dictatures et de nazisme pour les pays occidentaux et l’avenir des pays arabes est fait de destructions et massacres et Poutine est le chef de cette coalition sanguinaire. Il reprend le role des Etats-Unis qui sont derrière lui.

    Poutine suit les projets du Nouvel Ordre Mondial et est un citoyen d’honneur de la City, elle qui finance toutes les guerres. Ses conseillers sont à 80% des oligarques juifs. Poutine lui-même finance toute l’extrême droite en Europe (y compris le Front National, avec des dons de plusieurs millions d’euros). Pareil qu’Hitler et le nazisme qui étaient soutenus par les banquiers. Exactement la même chose. Poutine appartient à l’OTAN et est allié aux USA et Israel, il va juste détruire tous les pays arabes, exterminer tous les sunnites , c’est tout. Dès que Poutine et Trump Netanyahou vont s’associer, le monde va sombrer dans le chaos total. Des centaines de millions de morts supplémentaires pour servir les intérêts d’Israel et du grand capital .


  • brunat-celine 5 mai 17:02

    Vous pouvez toujours rêvez que Poutine vienne sauver le monde !!! hahaha hahaha


  • brunat-celine 5 mai 17:07

    On comprend bien pourquoi Poutine était pour la guerre en Irak en jouant double jeu

    Un vrai traître !!!

    A vrai dire, la Russie, premier producteur mondial d’hydrocarbures est d’ores et déjà un bénéficiaire net de la crise irakienne ; avec une économie et un budget extrêmement dépendants des recettes pétrolières, la hausse du prix du baril n’est pas pour déplaire à Moscou même si la baisse du dollar limite l’ampleur des recettes. Cet aspect très prosaïque n’a jamais été sous-estimé par Moscou : la Russie a des intérêts financiers très spécifiques en Irak qui n’a jamais remboursé la dette contractée du temps de l’Union soviétique qui s’élève à huit milliards de dollars. Et les compagnies pétrolières russes qui sont aujourd’hui le fer de lance de l’économie ont des visées très précises sur les ressources irakiennes : le géant Loukoïl avait déjà signé un contrat prometteur résilié unilatéralement par l’Irak à la fin de l’année dernière


  • brunat-celine 5 mai 17:13

    Meme pour l’Irak, Poutine était un traître

    Le double-jeu de Vladimir Poutine Le ministre russe des Affaires étrangères a menacé d’un veto russe la résolution anglo-américaine. Mais le jeu russe est plus subtil qu’il n’y paraît. Imprimer l’articleEnvoyer l’articleRéagir à l’article De notre correspondant à Moscou

    La Russie n’a plus aucun doute : il y aura bien une guerre contre l’Irak. A l’inverse de Jacques Chirac qui affirme vouloir tout faire pour éviter ce conflit armé, , la diplomatie russe ne s’embarrasse guère de ces considérations morales et humanitaires. Plusieurs membres influents du gouvernement ont déjà exprimé publiquement leurs convictions. A son arrivée à Téhéran mardi, le ministre de Affaires étrangères s’est dit convaincu que la guerre était inévitable. Et le week-end dernier, le ministre des Finances a indiqué que la Russie était fin prête pour faire face à la guerre : « Nous pouvons affronter tous les scénarios et nous n’avons pas peur de cette guerre » a commenté Alexeï Koudrine.

    Cette décision de Bagdad s’est traduite par une très nette inflexion de la position de la Russie, beaucoup plus menaçante à l’encontre de Saddam Hussein : « Si le régime irakien ne coopère pas davantage et plus rapidement avec les inspecteurs en désarmement, la Russie pourrait se rapprocher des positions de nos partenaires du Conseil de sécurité des Nations unies » avait menacé Vladimir Poutine : des propos interprétés comme un ralliement aux thèses américaines, d’autant que dans le même temps, George W. Bush semblait offrir des garanties à la Russie, affirmant que ses intérêts seraient préservé

    Mais c’est un ralliement en demi-teinte et presque du bout des lèvres : « Le ministre des Affaires étrangères peut dire une chose et Vladimir Poutine peut en dire une autre », estime le politologue Sergueï Markov. Et selon un diplomate occidental, « le partenariat stratégique de la Russie avec les États-Unis est primordial et toute décision diplomatique découle de ce nouveau


  • JL JL 5 mai 18:48

    @ la modération en chef :
     
     c’est insupportable, cette nouvelle fonctionnalité qui consiste à replier les commentaires.
     
     J’ai beau chercher, je ne voit vraiment pas ce que ça peut apporter en plus et à qui. En revanche, c’est clairement un moins dans la navigation.


    • JL JL 5 mai 19:28

      @JL
      je ne vois pas !


    • brunat-celine 5 mai 19:30

      @JL

      Tu voudrais supprimer tous les commentaires qui ne vont pas dans ton sens.

      Tu n’aimes pas qu’on te contredise avec des preuves irréfutables n’est ce pas ?


    • JL JL 5 mai 19:51

      @brunat-celine
       
       Si je me plains de ce repliage ridicule ce n’est pas parce que je voudrais supprimer des commentaires, banane ! C’est bien au contraire parce que je veux qu’ils s’affichent clairement !
       
       Ce repliage stupide a pour effet de les masquer ! Toi pouvoir comprendre ça ?


    • brunat-celine 5 mai 20:40

      @JL

      Pardonnez-moi je n’ai pas bien saisi le sens mdr


  • xavier dupret xavier dupret 5 juin 10:32

    Erratum. une faute de frappe m’échappé. Veuillez m’en excuser. j’ai écrit le critère de l’hyperinflation est une inflation mensuelle est égale ou supérieure à 10%". Il fallait lire 50% au lieu de 10%. Mille excuses !


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