jeudi 19 avril 2007 - par Olivier Bonnet

EPR, transparence, fait accompli et désobéissance civique

Il a raison, José Bové, sur l’EPR (réacteur pressurisé européen). Il en parlait ce matin dans La matinale de Canal +. C’est quand même ahurissant que ce gouvernement, à onze jours du premier tour, se permette de prendre à la va-vite le décret autorisant la construction de ce réacteur nucléaire de dernière génération. Encore une fois, une décision majeure intervient en dehors de toute prise en compte de l’opinion des citoyens. Vite, pendant qu’on est encore au pouvoir ! Dominique Voynet est sur la voynetmême longueur d’onde : "Cette décision a été prise alors que le débat public n’était pas terminé, au mépris de la volonté des populations", a-t-elle déclaré sur TF1. Elle juge "accablant de constater que ce gouvernement, à la veille de quitter le pouvoir, cède à la mauvaise tradition de signer en vrac toute une série de textes qui permettent de satisfaire des clientèles". Le PS de son côté "s’engage à ouvrir un débat transparent et approfondi sur l’avenir de l’EPR au lendemain de l’élection présidentielle, pour définir les orientations de la politique énergétique du pays". Un débat national, bien-sûr ! Et un moratoire en attendant. "Pas d’accord" clame-t-on à droite. "Renvoyer perpétuellement au débat public, c’est aussi le moyen d’éviter de prendre des décisions", ose Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’environnement etNathalie_Kosciusko_Morizet députée de l’Essonne. Donc au lieu "d’éviter de prendre des décisions", on les impose vite fait une dizaine de jours avant que le pouvoir ne soit remis en jeu par les règles démocratiques... Passage en force. En outre, dites-nous, Nathalie, à quand remonte le dernier grand débat public sur le nucléaire ? Quand a-t-on exactement consulté les gens ? Mais il est vrai que le faire serait courir le risque de prendre certaines décisions... Alors ? N’est-ce pas justement la finalité de la consultation du peuple ? La question pour ou contre le nucléaire n’est désormais plus prioritaire, tant il semble acquis qu’on ne puisse tourner le dos à moyen terme à cette source d’énergie qui a le mérite de ne pas plomber la couche d’ozone. Arrêter le nucléaire ? Encore faut-il disposer de l’alternative. Travaillons-y. Mais en attendant, il y a un vrai déni de démocratie dans la pratique française d’opacité totale pour toutes les questions concernant le nucléaire. La façon dont on est, au mieux, sous-informé, quand il ne s’agit pas de pure désinformation... Et le nuage de Tchernobyl ? Allo Monsieur Sarkozy, en charge à l’époque de la lutte contre les risques chimiques et radiologiques ? Mensonge d’Etat. Et politique cynique du fait accompli  : à Flamanville, les travaux de terrassement sont déjà largement entamés. Nucléaire, OGM, lobbies, puissances de l’argent, droite politique, transparence et intérêt général : cherchez les deux intrus. Surtout éviter que les sortants ne soient à nouveau aux affaires. Donc miser sur le PSG. Parti socialiste de gouvernement. Sinon, on en revient au médiatique paysan moustachu diplômé d’une business school américaine. Qui préconise tout bonnement la désobéissance civique : "Je trouve aberrant qu’en pleine campagne électorale le gouvernement sorte un décret pour construire unebove_menotte nouvelle centrale nucléaire à Flamanville. C’est un déni de dé­mocratie. C’est prendre les citoyens pour des objets. (...) Ils seront peut-être capables de construire leurs pylônes, mais ils ne pourront pas laisser en permanence deux cents CRS derrière chaque pylône. Nous les démonterons..." Bien-sûr, c’est violer la loi. Mais le droit à l’insurrection face à l’injustice est un droit de l’homme ! Un dernier recours pour simplement obtenir le droit que les citoyens soient consultés sur des questions aussi cruciales. Evidemment, qu’on y parvienne par des voies non-violentes serait largement préférable.



69 réactions


  • Bulgroz 19 avril 2007 12:02

    Mais le droit à l’insurrection face à l’injustice est un droit de l’homme.... nous dit Olivier Bonnet.

    et donner un grand coup de latte dans les burnes des gens qui s’opposent à l’EPR, ça fait aussi partie des droits de l’homme ?

    C’est quoi la Démocratie, Monsieur Bonnet, c’est le droit d’une minorité anti EPR auto proclamée à l’insurrection et au bordel généralisé ?

    Où est l’injustice exactement ?


    • Tescontent 22 avril 2007 17:40

      Déclaration universelle des droits de l’homme de 1793, article 35 :

      Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


    • Cassandre 23 avril 2007 10:11

      Quel droit du peuple a été violé ? Celui de se faire empapaouter par des démagogues sectaires ?


    • Cassandre 23 avril 2007 10:35

      Au sujet de la prétendue inutilité de l’EPR :

      Il ne démarrera que vers 2012. D’ici là, il est très probable que les voitures électriques à batterie lithium seront sur le marché à un prix abordable, avec une autonomie de 200 km : de quoi percer sur le marché de la seconde voiture, de la voiture de ville et des flottes d’entreprise.

      Or il faudra de l’électricité sans émission de CO2 pour les recharger. Le calcul développé ici :

      http://www.manicore.com/documentation/voit_elect.

      permet de se rendre compte qu’il suffit d’un ou deux millions de voitures électriques pour occuper un réacteur (simple ordre de grandeur).

      Autre besoin en forte croissance prévisible : le développement des pompes à chaleur ou réversibles en chauffage et climatisation. Les économies dues à l’isolation renforcée arriveront trop tard, vu la taille du parc existant, et porteront en priorité, s’il y a un peu de logique dans les choix, sur les logements chauffés au fioul.

      On ne baissera pas fortement la consommation de combustibles fossiles sans basculement d’une part notable sur l’électricité, qu’il faudra bien produire.

      Sans compter les exportations : quand les rois de l’éolien s’apercevront que leurs émissions de CO2 ne baissent plus et qu’ils devront fermer des centrales au charbon sous la pression des accords internationaux de protection du climat, sans avoir prévu les capacités de remplacement, ils seront trop contents de nous acheter de l’électricité nucléaire.


  • tvargentine.com lerma 19 avril 2007 12:24

    Arrêtons cette démagogie sur le nucléaire français qui est une industrie la plus sécurisée au monde et n’a rien à voir avec le communisme nucléaire des ex-gauchistes qui nous disaient que le communisme était l’avenir de l’homme.

    Nous avons vu dans quel etat ils ont laissé ces pays.

    Les « verts-voynet »,nous en serons débarassés au prochaine élection et nous les remettrons à leur vrai valeur RIEN.

    La démagogie populisme leur à rapporté des revenus conséquents et ils en ont faient leur fond de commerce.

    Regardons à la ville de Paris comment ils mettent en application leur politique d’exclusion sociale et d’enrichissement du patrimoine immobiler des plus riches

    Sans parler des travaux qui vont ressembler au nouveau mur de Berlin,pour éviter que la populasse ne viennent « polluer » l’air frais de ces bobos new-age

    VIVEMENT LE 22 AVRIL 2007 !


  • aurelien 19 avril 2007 12:52

    Complètement d’accord pour dénoncer les dangers du nucléaire, mais exploiter cela à des fins électorales pour madame Voynet, et au détriment de José Bové (en l’affulant d’nue vieille image emmenottée) est pour le moins douteux de la part d’un journaliste, tout rédacteur citoyen qu’il est.


  • Cassandre 19 avril 2007 18:22

    En arrêtant Superphénix par décret, sans débat parlementaire, l’équipe Jospin-Voynet a retiré aux socialistes et écolos le droit moral d’écrire ce genre de pamphlet, au demeurant truffé d’âneries monumentales (p. ex. confusion entre couche d’ozone et changement climatique).

    Pour un peu de sérieux sur l’EPR et les débats publics QUI ONT EU LIEU (un sur l’EPR, l’autre sur les déchets nucléaires) et le débat parlementaire QUI A EU LIEU (sur la politique énergétique), lire ceci, repris du site www.sauvonsleclimat.org :

    "Nous saluons la publication du décret EPR et déplorons la méconnaissance du dossier chez les candidats à la présidentielle.

    Que la France poursuive dans la voie de la production d’une électricité nucléaire, principale alternative réaliste à l’utilisation de combustibles fossiles dans les centrales électriques, est le premier motif de notre satisfaction : le choix du nucléaire est à la fois le moins cher et le plus efficace pour réduire les émissions de gaz carbonique qui menacent le climat de la planète.

    Notre deuxième motif de satisfaction est que ce décret couronne le premier débat public portant sur la politique énergétique ayant eu lieu dans notre pays. De plus, ce premier débat illustre la continuité de l’Etat puisque la loi sur l’organisation du débat public, portant, entre autres, création de la Commission nationale du débat public a été proposée par le gouvernement Jospin et votée en février 2002. Elle a été appliquée successivement par les gouvernements Raffarin et Villepin. Et le récent décret montre que l’Etat continue à fonctionner même en période électorale.

    « Sauvons le Climat » a participé aux débats sur l’EPR et sur la gestion des déchets radioactifs. Nous avons constaté que les organisations antinucléaires ont, dès le début, mis en cause la légitimité de ces débats et s’en sont retirées au premier prétexte. Pour elles, il est clair que les seules procédures démocratiques sont celles qui aboutissent à la victoire de leurs idées. Remarquons que les candidats à l’élection présidentielle qui se sont faits les porte-parole du réseau « Sortir du Nucléaire » (Madame Voynet et Monsieur Besancenot) ne semblent pas vouloir s’embarrasser de consultations démocratiques pour arrêter la construction de l’EPR, alors que celle-ci a été autorisée par le vote d’un Parlement démocratiquement élu.

    Monsieur Bayrou propose qu’un nouveau débat tranche du sort de l’EPR. Qu’apporterait ce nouveau débat qu’on ne trouve déjà sur le site de la Commission Particulière du Débat Public (http://www.debatpublic-epr.org/) et dans les rapports de l’OPECST (Office parlementaire des choix scientifiques et techniques) ? Tout comme les autres candidats, Monsieur Bayrou a eu l’opportunité de participer au Débat public de 2005-2006 sur l’EPR. Il ne semble pas qu’à l’époque ce débat ait beaucoup éveillé leur attention ; leur réveil tardif relèverait-il de l’opportunisme électoral ?

    Le manque de connaissance du dossier EPR dont font preuve certains candidats est d’ailleurs confondant. A titre d’exemple, ils ne font pas la différence entre, d’une part, un investissement dans un instrument de production rentable (le nucléaire produit une électricité deux fois moins chère que le gaz et trois fois moins chère que l’éolien), fait par une entreprise dont le rôle essentiel reste d’assurer la fourniture d’électricité aux français, et, d’autre part, des crédits publics qui pourraient être utilisés librement d’une autre manière, par exemple pour financer la Recherche . Encore plus étonnant, parmi les utilisations possibles, selon eux, de ces 3 milliards d’euros, on trouve l’encouragement aux énergies renouvelables.

    Savent-ils(elles) que la loi POPE (loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique) déclinée par la Programmation pluriannuelle des investissements(PPI) a prévu la construction, d’ici 2015, d’une puissance éolienne 10 fois supérieure à celle de l’EPR - mais pour une production annuelle d’électricité seulement de l’ordre de celle de 2,5 EPR - dont le coût d’investissement sera de l’ordre de 27 milliards d’Euros (9 fois l’EPR) ? Qui plus est, le financement de ce programme sera largement assuré par la procédure d’obligation d’achat qui est, du fait du prix élevé offert aux producteurs, équivalent à une taxe sur l’électricité dont le montant annuel atteindra 4 milliards d’euros après achèvement du programme.

    Sur l’ensemble des dix premières années de fonctionnement de ce programme, les consommateurs d’électricité auront dû payer un surcoût de 40 milliards d’euros. Ces éléments nous conduisent à RECLAMER UN DEBAT PUBLIC SUR LE PROGRAMME EOLIEN.

    Certes, le premier débat public sur le nucléaire a laissé à désirer, essentiellement à cause du faible nombre de participants (rien ne prouve qu’il en serait autrement d’un nouveau débat sur le même sujet - note du commentateur). Il serait souhaitable, à l’avenir, que les collectivités locales soient parties prenantes dans l’organisation des séances publiques.

    Derrière certaines critiques de ces débats se profile l’idée que la représentation nationale devrait voir ses prérogatives législatives réduites au profit de procédures référendaires. Déjà certains défendent l’idée d’un référendum sur l’EPR.

    Un tel type de référendum serait actuellement inconstitutionnel, mais, surtout, il déboucherait sur une paralysie complète de notre pays : pourquoi pas des référendums sur les constructions de routes, d’éoliennes, de nouvelles usines, de stades et même de théâtres et de musées.... Les questions posées ne porteraient, en définitive, que sur les inconvénients de chacun de ces équipements et les réponses seraient alors presque toujours négatives.

    Serait-ce trop espérer de nos candidats qu’un jour ils se soucient d’éclairer nos concitoyens plutôt que de tomber dans tous les pièges de la démagogie ?"


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 21 avril 2007 13:39

      @ Cassandre : « En arrêtant Superphénix par décret, sans débat parlementaire, l’équipe Jospin-Voynet a retiré aux socialistes et écolos le droit moral d’écrire ce genre de pamphlet »

      Je n’ai ma carte ni du PS, ni des Verts.


    • Cassandre 21 avril 2007 13:45

      Très bien, mais dans ce cas pourquoi ne pas avoir rappelé les épisodes précédents, dans le nucléaire comme dans d’autres domaines ? Que pensez-vous de la demande de débat public sur le programme éolien ?


    • BMD 8 mai 2007 17:56

      @si débat il y a c’est sur toute la politique énergétique,y compris ses incidences sur la santé,qui forme un tout et pas seulement sur l’un ou l’autre de ses aspects.Cela devrait commencer par la mise sur la table de propositions de scénarios concrets par les uns et les autres, comme il commence à en exister, mais sans tenir compte pour l’instant des aspects sanitaires.


  • La mouche du coche La mouche du coche 19 avril 2007 21:21

    J’aime beaucoup Nathalie Kosciusko-Morizet smiley


  • Tescontent 19 avril 2007 21:33

    EPR est une vitrine, un joujou franco-français qui continuera à consommer une des rares matières fissiles :l’uranium enrichi . Or, ce ne sont pas les chinois ou les indiens qui nous l’achèterons puisqu’ils projettent (et vendrons moins cher....) des centrales** consommant un combustible plus abondant et moins cher : le Thorium (non fissile) plus abondant qui n’a besoin que d’une « allumette » d’uranium enrichi U5 pour se transformer en uranium fissile U3, transformation en continu***, qui exclut toute fusion du coeur du réacteur.

    **L’élément fertile Thorium 232 est transformé en élément fissile Uranium 233 (U3) dans la centrale, tout comme dans nos centrales actuelles l’élément fertile uranium 238 est transformé en élément fissile plutonium 239 . Dans les deux cas, c’est l’uranium 235 fissile qui initie la réaction nucléaire , d’ou les recherches actuelles sur la spallation afin de ne pas continuer à le gaspiller comme dans nos centrales actuelles.

    *** le problème des déchets n’est pas résolus, ni d’ailleurs celui de la prolifération des armes(nécessité actuelle d’utiliser le U5) .


    • Cassandre 20 avril 2007 09:06

      C’est tout de même curieux que personne ne se souvienne que le militaire PRECEDE le civil quand il s’agit de nucléaire, alors que l’Iran est en train de le démontrer une fois de plus ! Pas besoin de réacteur pour faire une bombe à l’uranium très enrichi, il suffit de calutrons (Saddam Hussein) ou de centrifugeuses, et d’une chimie du fluor et de l’uranium.

      La prolifération découle d’abord des fuites de compétences, qui sont plus difficiles à arrêter que les trafics de matériaux.

      Quant au thorium, très bien mais rien en vue avant la « génération IV » (réacteurs à sels fondus). Pas de difficulté insurmontable, mais beaucoup de recherches et de mises au point de détails, et toute une industrie à créer, de la mine au recyclage des déchets.


    • martoni 21 avril 2007 19:00

      allumette, allumette il faut le dire vite ! il faut quand même plusieurs tonnes d’U233 pour démarrer un réacteur à sels fondus de thorium ... et quel réacteur produit de l’U233 ? les réacteurs à eau pressurisé bien sûr smiley

      voir http://www.x-environnement.org/jr/JR04/huffer.html


    • Cassandre 20 avril 2007 09:16

      C’est vrai, il y a vraiment de quoi être inquiet quand certains s’arrogent le droit de savoir ce que pense la population (forcément comme eux, bien sûr), alors qu’ils se montrent incapables de simplement comprendre les arguments des autres dès qu’ils n’aboutissent pas aux conclusions qui leur conviennent.


    • BMD 2 mai 2007 15:51

      Quel principe était le vôtre quand Superphénix a été arrêté par décret sans le moindre débat public ?Avez-vous à l’époque émis la moindre protestation ?


  • Dalziel 20 avril 2007 00:36

    le droit à l’insurrection face à l’injustice est un droit de l’homme !

    A condition, bien sûr, que ce soient Bonnet et ceux de sa bande qui décident de ce qui constitue, et de ce qui ne constitue pas, une injustice.

    Autrement, ce serait le bordel...


    • Tescontent 22 avril 2007 17:38

      Déclaration universelle des droits de l’homme de 1793, article 35 :

      Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


  • TSS 20 avril 2007 10:18

    question aux« yes men » pro nucleaire : accepteraient ils qu’une ligne à 400000 volts passe au dessus de leurs maisons avec tout les rayonnements induits et la nocivité pour l’organisme humain que cela comporte ? pourtant cela va se passer ainsi ! mais est ce important ? aucunement puisque ce n’est pas au dessus de leurs maisons !!


    • Rand 20 avril 2007 10:42

      Accepterais tu que tes enfants n’ai plus d’air respirable à cause de la multiplication des gaz à effets de serres qui s’amplifiera considérablement si on sort du nucléaire à l’heure actuelle ?

      Tu veux faire comme royal ? réduire la part du nucléaire de 80 à 50%, histoire de multiplier par 3 les émissions de gaz à effets de serre ? ou totalement supprimer le nucléaire et les multipluer par plus de 10, rendant l’air irrespirable d’ici 2050, sans parler du réchauffement qui va avec.. ?


    • Dalziel 20 avril 2007 17:47

      Tu veux faire comme royal ? réduire la part du nucléaire de 80 à 50%, histoire de multiplier par 3 les émissions de gaz à effets de serre ? ou totalement supprimer le nucléaire et les multipluer par plus de 10, rendant l’air irrespirable d’ici 2050, sans parler du réchauffement qui va avec.. ?

      Si d’aventure Royal est élue, elle va décevoir tellement de monde qu’elle ne sera même pas candidate en 2012. Et, en cinq ans, elle aura pas le temps de réduire grand-chose... smiley


  • Pierrot Pierrot 21 avril 2007 10:39

    Bonjour à tous,

    Cet article me semble malhonnête intellectuellement ou mal informé.

    En effet, le lancement du nouveau réacteur EPR a été précédé de 5 années de débats publics nationaux, en autres, sans être exhaustif :

    - nombreux débats citoyens sur l’énergie en 2003 dans l’ensemble de la France,
    - nombreux débats citoyens et sur les déchets nucléaires en 2005 et en 2006 dans toute la France,
    - Débat et loi sur l’énergie au Parlement en 2005,
    - Enquête publique et consultation locale dans le Cotentin en 2006.

    de plus, en 2006, divers instituts publics au service du public dont :

    - Avis favorable du Conseil Economique et Social,
    - Autorisation de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) en février 2007 en accord avec la loi sur la transparence nucléaire.

    Où est le déficit démocratique ? si ce n’est dans la tête des personnes qui ne sont pas convaincues ou diront toujours non ?

    Par contre de nombreuses centrales énergétiques au charbon et au gaz sont mises en service, « juste assez petites » pour ne pas justifier de consultation nationale.

    Cordialement.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 21 avril 2007 13:35

      @ Pierrot ? Mal-informé, dans ce cas, pourrait-on répondre, avant de corriger : si une telle foultitude de débats et concertations s’étaient bien déroulées, comment se fait-il que personne n’en entende parler ? Est-ce le meilleur moyen d’informer la population quand la communication est si nulle que personne (sauf vous) ne soit au courant ? Et pour aborder une autre idée agitée dans ce papier : que dites-vous de la culture du secret qui entoure la chose nucléaire ?


    • Cassandre 21 avril 2007 14:01

      Personne n’en entend parler parce que les médias en parlent très peu, et ils en parlent très peu parce que qu’ils n’ont pas de journalistes compétents et supposent (avec raison, je le crains) que ça n’intéresse en fait que très peu de monde.


    • Pierrot Pierrot 21 avril 2007 16:26

      Ces débats dont vous n’avez pas entendus parler ont concernés plusieurs dizaines de milliers de personnes aisi que de nombreux membres d’associations écologiques anti nucléaires.

      Il y avait même de nombreuses affiches dans le métro parisien.

      Vivez vous la tête dans le sable ou êtes vous vicitmes de la maladie de l’alzeimer ?

      Bien cordialement. Pierrot


    • BMD 8 mai 2007 15:37

      Il n’y a pas que le nucléaire où se pratique la culture du secret. Pourquoi par exemple ce black-out, sans jeu de mots, sur les énormes dangers pour la santé que représentent les centrales thermiques au charbon, en particulier en Allemagne et au Danemark où il y en a beaucoup, avec la « complicité objective » des verts Allemands et Danois, mais aussi des verts français ?


    • Mysticman Mysticman 19 septembre 2007 03:47

      DE VOUS, IL S’AGIT DE DESINFORMATION.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 19 septembre 2007 08:21

      Vos accusations sont parfaitement gratuites. Quoi que j’écrive, vous vous précipitez de toutes façons pour laisser 15 000 commentaires pour m’attaquer.

      Et au fait : d’après la netiquette, il est impoli d’écrire en majuscules, ça donne l’impression que vous criez. Mais il est vrai que l’impolitesse, pour quelqu’un qui m’a traité deux fois déjà de « Pute de presse »...


    • Mysticman Mysticman 19 septembre 2007 10:58

      Une vraie impolitesse pour celui qui m’a diffamé plus d’une fois (pauvre type, va prendre ta pilule, pauvre crotte, abruti). Et vous ne vous pas le niez que ce ne sont pas diffamations. Car ce sont ne pas des injures mais des diffamations quand même.

      La différence c’est que le terme employé certes une injur mais je l’ai utlisé au 3ème degré. Voilà.

      Vou n’avez rien à dire je pense.


    • Mysticman Mysticman 19 septembre 2007 11:06

      Quand à mes accusations non elles ne sont pas gratuites.

      Vous instrumentalisez l’information pour faire passer vos opinions politiques. Je suis désolé défendre et excuser le poujadisme de José Bové, c’est réactionnaire de votre part et ce n’est en rien journaliste. Et lorsque vous faites passer cela pour un droit de l’homme, il y a une ambiguité. Lorsqu’il s’attaque aux OGM, il s’attaque à la propriété privé, donc il doit être condamné et sanctionné.

      Vous ête réac car vous refusé le progrès scientifique et technologique. Un vrai réac de gauche dont certaines thèses frisent assez vite avec des souverainistes de droite dans la lignée de Pasqua.

      Ce n’est pas un vrai journaliste. Vous vous comportez en dictateur méprisant et impoli envers ceux qui ne sont pas d’accord avec vous et qui sont des gens respectables (je ne parle pas de trolls faf et racistes)


  • christian 21 avril 2007 11:51

    Même technique pour adapter la loi française à la législation sur les OGM. Décret en Mars 2007, alors que le texte était déjà passé au Sénat en 2006....

    Mais, les députés de la majorité ne voulaient pas le voter à quelques mois des législatives connaissant la position des Français face à ce problème. Une fois réélus pour cinq ans, ils seront plus « courageux » pour voter contre l’avis de plus de 80% des Français. Et on veut enseigner l’instruction civique aux enfants. Que les représentants du Peuple l’applique d’abord ! Démocratie, on nous dit....


    • Cassandre 21 avril 2007 14:06

      Que savez-vous de l’avis des français ? En cas de referendum, on peut espérer une information beaucoup plus fournie, ne se réduisant pas aux images de moustachu à pipe une faux à la main, et donc une évolution de l’opinion, les « pour » ayant enfin droit à la parole.

      N’oubliez pas les écarts parfois considérables entre sondages et résultats des élections !


    • Tescontent 22 avril 2007 00:27

      Mon cher Cassandre, tu es vraiment cassant et aussi coriace que les plants de colza OGM que nous a montré Envoyé spécial avant-hier . Pour moi, le spectacle des vaches allemandes aussi malades et mourant de maïs OGM aussi lamentablement que les vaches folles me décide finalement de revenir à mon choix initial de voter pour le moustachu qui avait bien animé notre contre-forum d’Evian en 2003 , car il n’y aurait aucun avenir pour l’agriculture biologique en autorisant EN PLAIN CHAMP les OGM quand on a vu comment les champs de colza ont contaminé toutes les exploitations du voisinage au point que Monsanto s’en croit maintenant propriétaire ! Amitiés sans gêne .


  • bernard29 candidat 007 21 avril 2007 12:05

    je veux un débat ! na ! et un moratoire dans l’attente du débat ou de la décision. ?

    la question n’est pas le débat, la question est la décision. Parce que vous croyez que lors du débat les protagonistes peuvent se convaincre mutuellement ???, en prenant à témoin la population ?, en sortant des sondages d’opinion pour accréditer leurs thèses respectives ?

    Il peut y avoir des débats, et il y en a, mais qui vous dit que les débats sont toujours démocratiques ? Pour qu’un débat soit démocratique il faudrait que chaque personne ou groupe de personnes intéressés puissent donner on avis et participer à la décision et pas seulement ceux qui crient le plus fort ou sont organisés en groupe de pression. Ainsi, la seule décision démocratique est le vote des citoyens donc issue d’un référendum.

    Si cette demande de débat ou de moratoire, n’est pas accompagnée d’une demande de référendum, ça ne veut rien dire, ou alors cela veut dire que les opposants considèrent avoir toujours raison.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 21 avril 2007 13:31

      Banco pour le référendum.


    • Cassandre 21 avril 2007 14:15

      D’accord, mais aussi sur les éoliennes, sur les centrales thermiques à flamme, sur chaque modèle de voiture à plus de 120 g CO2/km, sur l’interdiction des chauffages au fioul, au charbon ou au gaz dans les constructions neuves, sur toute création d’aéroport ou d’autoroute, sur les limitations de vitesse, sur la taxation des énergies fossiles, sur l’importation de vins de Californie, d’Australie et du Chili, sur chaque modèle d’OGM (un par un, chaque cas est particulier) etc...

      Participer aux décisions « politiques » du pays devenant un travail à temps plein, il faudra aussi songer à le rémunérer !


    • Pierrot Pierrot 21 avril 2007 22:44

      Je pense qu’un référundum sur ce sujet serait anticonstitutionnel. Domage . Cordialement. Pierrot


    • Tescontent 22 avril 2007 00:47

      Moi qui habite à côté de Geneve , les suisses vôtent au moins une demi-douzaine de fois par an sur des questions encore plus variées (ils ne demandent pas à être payés ! ) et pour ne pas être trop dérangés , les suisses vôtent par correspondance à 80% . Pour info , 200 000 français habitent la Suisse dont 30.000 à Genève , il y a 6 bureaux de vôte installés pour demain !


    • BMD 2 mai 2007 11:21

      Ne prenez pas ce risque. Les Suisses viennent de confirmer par référendum leur choix du nucléaire ! Je ne suis pas un inconditionnel du nucléaire, mais je trouve étrange que les antinucléaires aient besoin de développer autant d’arguments qui ne tiennent pas la route au premier examen,tels que la production soi-disant énorme de gaz carbonique par le nucléaire ( des antinucléaires militants m’ont mis dans la main des tracts à ce sujet dans un débat sur l’énergie et j’ai lu là-dessus des énormités sur un site Belge !), la durée de vie des réserves d’uranium ( j’ai lu là dessus des énormités sur le site de sortir du nucléaire !), la faiblesse de la contribution du nucléaire à la consommation énergétique mondiale et donc à la réduction de l’effet de serre( j’ai lu encore lundi dans Les Echos là-dessus un court article de Monsieur Lhomme qui est un magnifique exemple de désinformation )et j’en passe !Maintenant nous avons tout ce cinéma sur l’EPR !L’impresssion que cela me donne, c’est qu’il existe dans ces associations intégristes des officines qui se sont spécialisées dans le développement d’arguments à l’usage des personnes qui les prennent pour argent comptant parce qu’elles n’ont pas n’ont pas la culture nécessaire pour juger de leur pertinence et plus particulièrement pour entretenir la flamme de celles de ces personnes qui sont convaincues d’avance.Je témoigne ici que chaque fois que j’ai essayé de discuter de ces arguments avec des membres de ces associations,la discussion a été impossible : absence ou refus de réponse, réponses à côté de la question,diatribes contre les lobbys dont je suis automatiquement accusé de faire partie.Nous voici maintenant avec un appel à l’insurrection ; tout cela ne serait-il pas un peu paranoïaque et très antidémocratique ?Et pourquoi avoir besoin de développer de tels arguments et avoir cette attitude si la cause que l’on défend est juste ? Il ne manque pas à propos du nucléaire de questions qui posent débat, mais encore faut-il pour y voir clair que le débat soit mené sur des bases aussi objectives que possibles et non sur des absurdités.D’autre part, la question du nucléaire ne doit pas être isolée du débat plus général sur l’énergie, comme veulent absolument le faire les antinucléaires intégristes:car il faut traiter également et le plus objectivement possible des possibilités actuelles et futures de toutes les autres formes d’énergie, sans oublier d’examiner de près les conséquences de leur utilisation sur la santé publique ( de ce point de vue, le lourd silence des associations écologistes françaises et allemandes sur les méfaits du charbon est scandaleux. J’ai posé à ce sujet des questions précises à Green Peace et je n’ai obtenu que les abonnés absents)


  • Bulgroz 21 avril 2007 14:29

    Mais le droit à l’insurrection face à l’injustice est un droit de l’homme.... nous dit Olivier Bonnet.

    Comment peut on écrire cela ?


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 21 avril 2007 14:33

      Ben, je sais pas, en tapant une succession de lettres dans le bon ordre sur un clavier ? D’ailleurs, vous avez réussi à l’écrire vous aussi. Ou bien avez-vous eu recours au copier/coller ?

      En fait, je ne comprends pas votre question. Le droit à l’insurrection face à l’injustice vous gêne ? Sous Vichy, vous auriez donc gentiment appliqué les lois, alors ?


    • Cassandre 21 avril 2007 16:42

      La question est plutôt : qu’est-ce qu’une injustice ? Qui en décide ? Qui corrige le tir ?

      Dans notre style de pays, le référentiel a tendance à être la déclaration des droits de l’homme, et une Constitution, votée à la majorité, se charge d’organiser les pouvoirs publics, dont les pouvoirs législatifs et judiciaires.

      Jusqu’à nouvel ordre, on applique donc la constitution de la 5ème République. Les litiges doivent être portés devant les tribunaux compétents.

      Qu’attendez vous ? Au-dessus, il y a même une Cour européenne.

      Nous ne sommes pas (encore) en temps de guerre, pas envahis, et il n’y a pas de génocide en cours.

      Alors, qu’est-ce que Vichy vient faire ici ?!!!?


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 21 avril 2007 16:58

      La référence vichyssoise est là pour illustrer le droit à l’insurrection que vous contestez.


    • Bulgroz 21 avril 2007 17:00

      L’armée étrangère pro EPR vient de nous envahir ?


    • Tescontent 22 avril 2007 01:03

      L’appel d’Emile Zola est un bon exemple d’insurrection face à l’injustice ! L’idéal serait de s’en tenir à cette liberté d’expression . La notoriété de Zola a fait le reste . L’abbé Pierre est (pour moi) un autre exemple d’insurrection de conscience et peut-être que « sa » loi n’aurait pas été vôtée si les don quichottes n’avaient pas encouragés d’installer ILLEGALEMENT quelques centaines de tentes à Paris . Un des premiers à avoir contribué à rédiger et diffuser un manifeste prônant l’insurrection de conscience a été Pierre Rabbhi , non-violent et paysan aussi . Amitiés .


    • Tescontent 22 avril 2007 17:29

      Déclaration universelle des droits de l’homme de 1793, article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »


    • Tescontent 22 avril 2007 17:33

      Déclaration universelle des droits de l’homme de 1793, article 35 :

      Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


    • Cassandre 23 avril 2007 09:06

      Quels sont les droits violés en l’espèce ?


    • Mysticman Mysticman 20 septembre 2007 16:56

      Arrêtez vos fantasmes paranoiaques et psychiques.

      Ca n’a rien à voir !


    • Mysticman Mysticman 20 septembre 2007 16:58

      "Arrêtez vos fantasmes paranoiaques et psychiques. Ca n’a rien à voir ! "

      Je m’adresse à l’auteur.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 20 septembre 2007 17:18

      Comme pour les OGM, le peuple devrait donner son accord pour des décisions aussi importantes qui pourraient engager sa survie à terme.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 20 septembre 2007 17:20

      Je ne parlais pas à Mysticman, l’homme qui poste une multitude de commentaires sur tous mes articles même les plus anciens pour dire à quel point il me hait. Il est atteint de bonnetophobie pathologique smiley


  • Bulgroz 21 avril 2007 16:02

    Je vous trouve minus pour le coup, Bonnet, on comptera les voix de chacun aux résultats des élections....

    Nous compterons les voix de Lepen, Sarkozy, PDV, Ségo et Bayrou comme étant des voix pro EPR, d’accord ?

    J’étais pas né sous Vichy et vous, vous étiez un grand résistant ?


  • TSS 21 avril 2007 20:30

    le reacteur EPR est parfaitement inutile ! A l’heure actuelle nous sommes en surproduction,nous vendons 20% de notre production à l’etranger et si notre futur gouvernement d’abrutis respecte ses promesses sur l’environnement nous ferons encore plus d’economies.quand à la soi disant independance economique c’est un leurre.les 30000 tonnes d’uranium necessaire viennent de l’etranger ! nous n’en produisons pas un gramme.Ce projet, c’est tout simplement pour faire plaisir aux copains d’Areva !! si le generateur marche aussi bien que celui de Finlande on va vers un nouveau superphenix. oui ! à l’argent depensé pour les eoliennes,les hydroliennes(eoliennes sous marine)les panneaux photovoltaïques mais basta le nucléaire !!!


    • Cassandre 23 avril 2007 09:13

      Sortir de l’illusion (www.sauvonsleclimat.org) : non, les renouvelables ne peuvent pas remplacer le nucléaire.

      Que l’éolien, la plus mature des énergies renouvelables, soit une alternative à considérer, c’est une certitude que personne de sensé ne songe à contester !

      « Sauvons le Climat » a déjà expliqué pourquoi cette perspective ne présente d’intérêt pour limiter les émissions de gaz carbonique que dans des régions dotées de centrales au charbon, fuel ou gaz (cas des Danemark, Allemagne et Espagne, pays européens leaders de l’éolien ; ou en Corse, ou dans nos DOM-TOM) mais qu’elle n’aurait aucun avantage écologique chez nous puisque la production d’électricité de l’hexagone ne produit pratiquement pas de gaz à effet de serre.

      Allons plus loin : une sortie du nucléaire est-elle possible sans recourir à des centrales thermiques ?

      Au soir du 17 mars 2007, « Sortir du nucléaire » a sorti un communiqué triomphant, tonitrué sur les ondes et complaisamment relayé sans contradiction par les médias, dont est extrait l’avant-dernier paragraphe suivant : « Le premier réacteur EPR coûterait au minimum 3,3 milliards d’euros, payés directement par les consommateurs d’EDF. L’étude du cabinet d’étude d’experts indépendants “Les sept vents du Cotentin” montre que cette même somme permettrait de produire autant d’électricité à partir d’énergies renouvelables et de créer 15 fois plus d’emplois. » Chiche !

      Sachant que l’investissement requis pour la conception, la construction et la mise en service de 1 kW éolien[1] tourne autour de 1300 €, il serait effectivement possible, avec « cette même somme », de construire un ensemble éolien de 2540 MW installés.

      Observons ce qui se passerait concrètement dans un tel cas :

      1) en France, le vent souffle convenablement environ 2 300 heures par an , donc la solution alternative des « Sept vents du Cotentin » pourrait produire, en moyenne annuelle, 2300 x 2540 = 5,8 TWh, c’est-à-dire moins de la moitié que l’EPR (12,9 TWh[2]). La durée de vie d’une éolienne est estimée à 15 années, celle de l’EPR sera de 60 ans. L’alternative éolienne produirait donc 15 x 5,8 = 87,6 TWh au lieu de 60 x 12,9 = 774 TWh, soit presque 9 fois moins d’énergie sur sa durée de vie,

      2) pour produire chaque année autant que l’EPR, il faudrait en fait installer plus de 5600 MW. soit 1120 éoliennes du type le plus puissant (la « 5M » de l’Allemand Repower), dotées de mâts de 120 mètres et dont les pales culminent à 183 mètres de hauteur, sur 560 km² environ[3],

      3)et aussi presque tripler les lignes électriques (encore plus de pylônes) pour passer, les jours de vent favorable, une puissance presque triple de celle, quasi-constante, délivrée par le réacteur honni !

      4) le prix de revient de l’EPR est estimé par le Ministère de l’Industrie à 0,045 €/kWh mais EDF[4] est obligée d’acheter l’énergie éolienne, énergie renouvelable la plus économique à ce jour, si l’on excepte l’hydraulique, à 0,0835 €/kWh. Les « consommateurs d’EDF » paieront donc presque double, sûrement ravis de la sollicitude de « Sortir du nucléaire » à leur égard ?

      5)si cette paradisiaque « ferme » éolienne était bâtie, elle procurerait de l’emploi, certes : au mieux à 600 personnes[5], c’est-à-dire pas plus d’emplois permanents que le réacteur abhorré.

      Est-il besoin de préciser que, du fait de notre maîtrise industrielle, les emplois requis par la construction de l’EPR en usines et sur le site de Flamanville, seraient, eux, évidemment situés en France pour la plupart ?

      6) il est important de savoir que lorsque le vent est nul, insuffisant ou trop fort, il faut disposer d’une énergie de substitution à celle, défaillante, des éoliennes, qui, à défaut de nucléaire, ne peut provenir que de la combustion des fossiles (gaz, pétrole, charbon, lignite),

      7)le « foisonnement » éolien ayant ses limites, l’exploitation d’un fort contingent de centrales hautement productrices de CO2 deviendrait indispensable pour assurer l’équilibre du réseau et la survie du pays, ce qui mettrait en grand danger la nature ainsi que les générations futures,

      8) enfin, n’oublions pas que, au prix auquel seront bientôt vendus les combustibles fossiles s’ajoutant à celui de la production éolienne, l’utilisation de l’électricité deviendrait un signe extérieur de richesse réservé aux classes aisées.

      Nous conclurons en notant : qu’il serait temps pour Stéphane Lhomme et ses « 765 associations » de sortir de l’illusion.

      Référence : Pour une analyse critique de l’« étude » des « sept vents du Cotentin » voir notre communiqué du 24 avril 2006 : « A Cherbourg les antinucléaires ont trahi l’écologie et le climat ».

      Notes

      [1] Sur terre, ce qui est le cas des éoliennes opérationnelles en France. Comme l’éolien industriel est indéniablement mature, cette technologie cumulant plus de 75000 MW dans le monde, il y a peu d’espoir que les coûts baissent significativement (actuellement ils ne cessent de monter, les subventions nourrissant l’inflation). Par ailleurs, les experts s’accordent sur un montant double en offshore mais on manque totalement de recul sur cette filière.

      Rq. : toutes les données utilisées sont issues de l’ADEME, et corroborées par la Commission de Régulation de l’Energie, instance indépendante installée par la loi du 10 février 2000 (qui institua aussi l’obligation d’achat des énergies renouvelables).

      [2] L’EPR a une puissance de 1600 MW et est disponible à 92%. Pouvant donc fonctionner 8059 heures/an, il produira, en moyenne, 12,9 TWh (milliards de kWh).

      [3] Trois fois la hauteur de Notre-Dame de Paris, sur une surface équivalent au dixième du département de la Manche !!!

      [4] Loi sus-dite, complétée par les arrêtés tarifaires « Cochet » (juin 2001) et « Olin-Loos » (juillet 2006). A noter toutefois que l’éolien est la moins chère des énergies renouvelables pour produire de l’électricité. Le tarif d’achat de l’offshore a été fixé à 0,132 €/kWh, pendant 20 ans.

      [5] Total annonçait, le 8/12/2005 (selon l’AFP, reprise par Enerpresse), que son « plus grand projet éolien à terre en France [...] devrait générer une vingtaine [d’emplois] pendant la phase d’opération » (30 éoliennes de 3 MW, en Aveyron).


    • BMD 2 mai 2007 10:17

      Une remarque en passant : nous produisons effectivement pour le moment plus d’électricité que nous n’en consommonset selon vous c’est une raison de ne pas construire l’EPR ? Mais pourquoi alors devrions nous investir dans un programme massif de constructions d’éoliennes ?


  • Mijo Mijo 22 avril 2007 00:44

    A Cassandre et à Pierrot,

    Concernant le débat public sur l’EPR : Quel beau modèle de débat démocratique où ont été censurées les contributions d’associations participantes et où le gouvernement a opposé le secret défense au contenu inquiétant d’un certain document... qui n’a depuis plus de secret pour personne, mais je ne vais pas m’étendre.

    Pourquoi un référendum sur l’EPR serait-il anti-constitutionnel ? Pour permettre un vrai débat citoyen, il serait peut-être temps de changer de constitution...

    Mijo


    • martoni 22 avril 2007 09:39

      « où ont été censurées les contributions d’associations participantes »

      Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd ! Je suis allé au débat public sur l’EPR de Bordeaux, les associations anti se sont plantés à l’entrée du débat avec un porte voix pour gueuler que ce débat n’était pas démocratique et qu’elles le boycottaient, vive la censure ! Par contre elles ne se sont pas génées d’écrire toute une tartine dans le fascicule du débat.

      Mais apparement c’est une habitude des anti de ne pas participer aux débats sauf si le débat est à sens unique (et dans leur sens bien sûr, voir aussi le débat sur les déchets, le débat sur l’énergie, ...).

      Je commence à comprendre l’appelation « Khmers verts » que certains leurs donnent smiley


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 22 avril 2007 09:44

      Une boutade de Christophe Alévêque : « quand on voit certains écologistes, on a de la sympathie pour la pollution ! »


    • Pierrot Pierrot 22 avril 2007 16:39

      Bonjour, mais pas du tout. Ce sont certaines associations se prétendant écologistes qui ont refusé les débats citoyens. C’est le droit mais il ne faut pas se plaindre ensuite.

      J’ai participé à 2 débats au centre de la Vilette à Paris. Ils étaient de bonne tenue intellectuelle et les antinucs étaient à peu près aussi nombreux que les pronucs.

      Le réferundum sur ce sujet est anticonstitutionnel actuellement.

      Par contre, il est toujours possible de modifier la constitution française sur ces sujets comme en Suisse où les débats citoyens ont aboutis à ne pas donner le droit de vote pour les femmes dans certains cantons allémaniques ! démocratie exemplaire ?

      Dans d’autres pays les débats démocratiques pourraient valider la lapidation des femmes adultères, des laïques et mécréants et l’interdiction des livres de Voltaire ... démocratique, voire même l’affirmation que le soleil tourne autour de la terre comme le dit la Bible et autres livres « saints ». ?

      Hitler a accédé au pouvoir de façon démocratique ainsi que Napoléon III par référundum etc.

      Bien cordialement.


    • Ashura Ashura 23 avril 2007 09:24

      « Pourquoi un référendum sur l’EPR serait-il anti-constitutionnel ? »

      > parce que la constitution limite drastiquement le concours au référendum, qui ne peut être invoqué que pour changer la constitution elle-même, ou ratifier les traités internationaux.


    • BMD 2 mai 2007 10:21

      Les Suisses ont recours au référendum : en l’occurence, ils ont eu il ya peu un référendum sur le nucléaire qui a confirmé le maintien du nucléaire chez eux.


  • Christoff_M Christoff_M 22 avril 2007 06:24

    On peut critiquer le matracage orienté PS-UMP. Mais on ne peut pas nier que divers partis très à gauche et écolos, ont tout fait pour se neutraliser, voire certaines qui se sont ralliées avant le premier tour pour avoir un portefeuille...

    Résultat les verts que les français avaient envie de soutenir ne représenteront que quelque % comme d’habitude par manque de discipline et manque de cohésion, avec toutes les vedettes qui sont venues semer la zizanie pour leur ego !

    Nous sommes bien loin de la maturité des verts allemands et c’est vraiment regrettable que les petits partis n’arrivent pas à avoir plus de discipline et de discernement pour peser réellement sur le dernier élu...


  • Lucrezia 23 avril 2007 09:02

    Ne devrait-on pas retirer TOUT mandat représentatif ou en cours de rélection, aux élus qui incitent à la désobéissance civique ? En effet, Citoyen Français essayez donc de désobéir à la Loi ou à l’administration Française et vous verrez si la cse prison n’exsite pas pour vous ... Les Politiques ne SONT PAS AU DESSUS DES LOIS et encore moins les élus d’extrême Gauche ... qui croient avoir le bon droit ... Les luttes se gagnent dans les urnes ... C’est ce qu’on appelle la Démocratie...Et si cela n’avance pas assez vite, il faut vous en prendre à vous même, c’est que vous êtes MAUVAIS et n’arrivez ni à convaincre et encore moins à séduire ... Alors remettez-vous donc un peu en question ....


  • Cassandre 23 avril 2007 14:57

    Un autre article d’Agoravox offre un autre éclairage sur cette problématique :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22524

    Morceaux choisis :

    "Les groupes ont beau, dans l’Histoire, avoir multiplié les égarements tragiques, rien n’y fait.

    Dans « Cuisine et dépendances », une comédie d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri (2004), Georges n’a pas de mal à rembarrer son beau-frère qui lui vante les mérites du présentateur de télévision reçu à dîner, en soulignant que « 75 % des gens sont d’accord avec lui » et que, donc, « c’est la majorité.
    - La majorité ? se moque Georges. Laquelle d’abord ? Celle qui pensait que la terre était plate, celle qui veut le rétablissement de la peine de mort, ou celle qui se met une plume dans le cul parce que c’est la mode ? »

    René Descartes, bien avant lui, avait tranché dans son « Discours de la Méthode », paru en 1637 : « (...) La pluralité des voix n’est pas une preuve qui vaille rien pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu’il est bien plus vraisemblable qu’un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple. »

    Jean de La Fontaine a renchéri en 1668 dans sa fable « Démocrite et les Abdéritains ». Les habitants d’Abdère traitent Démocrite de fou parcequ’il imagine que la matière est composée d’atomes : ils le “psychiatrisent” donc en invitant Hippocrate à l’examiner. Mais un bref échange avec Démocrite suffit au grand médecin pour découvrir que le fou n’est pas celui qu’on pense et La Fontaine de conclure : « Le peuple est juge récusable. / En quel sens est donc véritable / Ce que j’ai lu dans certains lieux, / Que sa voix est la voix de Dieu ? » "

    (Allusion à l’expression « Vox populi, vox Dei »).

    La décision EPR ressortit à de nombreuses problématiques imbriquées : énergie, climat, croissance économique, rapports de force européens, intérêts industriels concurrents... Le referendum est tentant pour en finir avec les controverses, mais comment informer complètement une part significative d’un corps électoral qui a pris, en plus, la mauvaise habitude de confondre referendum et plébiscite pour ou contre les gouvernants en place ?

    Tout compte fait, il me semble que le referendum aggrave les défauts de la démocratie représentative (risque de dérive démagogique, lire Tocqueville) au lieu de les réduire.


    • Pierrot Pierrot 23 avril 2007 22:48

      Tout à fait de votre avis : le référundum avilit la démocratie mais ne la renforce pas.

      Bien cordialement. Pierrot


  • gummibärli 12 mai 2007 22:31

    Oui, tous le monde aime le nucléaire, jusqu’au jour où l’on veut installer une nouvelle centrale ou un lieu de stockage de déchet radioactif dans les parages de son village...

    Moi je suis verni, je peux admirer chaque matin les volutes de vapeur d’eau s’élevant au dessus des tours de refroidissement situées à 10 km de mes fenêtres et je sais qu’en cas de coup dur, j’ai mes pastilles de iode prêtes à l’emploi dans la pharmacie.


  • Luciole Luciole 19 mai 2007 09:47

    J’imagine que le nucléaire n’est pas totalement sans risque (la circulation automobile non plus) mais je préfère me prendre un jour un nuage radioactif plutôt que de voir des millions d’Africains mourir de soif à cause du réchauffement climatique.

    Les débats publics me semblent tout à fait nécessaires pour que les gens s’informent et s’intéressent un peu plus aux décisions importantes dans ce pays. J’espère seulement qu’ils ne penseront pas qu’à leur intérêt personnel mais aussi à celui de la planète entière.

    Mais cela aussi, c’est en discutant avec les autres que l’on y vient, je pense...


  • Mysticman Mysticman 20 septembre 2007 21:48

    « Il est atteint de bonnetophobie pathologique »

    Arrêtez-vous êtes risibles ! Je n’ai rien contre vous mais contre certaines choses que vous défendez avec lesquelles je suis en désaccord. Je ne vous ai pas du tout Monsieur Bonnet. Arrêtez votre paranoia pathologique un peu, je n’ai pas de « bonnetophie ». Ca n’existe pas chez moi.


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