mercredi 16 décembre 2020 - par Ethan Roffe

Un accord post-Brexit avec les États-Unis pourrait être le dernier clou au cercueil de l’économie britannique

Alors que Joe Biden s'apprête à reprendre sérieusement la Maison Blanche, il semble que l'espoir d'un accord commercial avec les États-Unis s'échappe de Boris Johnson.

Aujourd'hui, la perspective d'un Brexit « dur » est plus probable que jamais. Johnson a exhorté ses concitoyens à se préparer à un tel scénario, et cela représente de grandes pertes pour la Grande-Bretagne. Les restrictions pourrait complètement balayer l'économie du royaume. 

  « Cela nuira à nos exportations. Plus de 50% de nos importations en provenance de l'UE seront interrompues ou deviendront plus chères, qu'il s'agisse de produits alimentaires, de médicaments, de produits chimiques ou de composants industriels. Les droits de douane sur les produits alimentaires de base seront de 20% ou plus, et ce à une époque de pauvreté alimentaire croissante » , déclare Jonathan Freedland, chroniqueur pour The Guardian. 

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Plus récemment, Johnson a tenté de limiter ces sombres perspectives avec un accord avec les États-Unis. Donald Trump, fervent partisan du Brexit, a promis au Royaume-Uni un accord commercial majeur. Mais aucun des politiciens n'est entré dans les détails, ce qui est devenu un point de discorde au Royaume-Uni. 

La question principale des accords potentiels était de savoir qui en aurait réellement l'avantage. Les économies de la Grande-Bretagne et des États-Unis peuvent désormais rivaliser dans leur déclin. Même avant la pandémie, les agriculteurs américains avaient du mal à vendre leurs produits. C'est pourquoi ils pourraient remercier Trump et ses guerres commerciales. Dans une tentative d'apaiser les agriculteurs, les autorités ont commencé à les payer plus chère, et en 2020, ce soutien de l'État atteint un record de 37,2 milliards de dollars, selon le ministère de l'Agriculture des États-Unis. La Grande-Bretagne est apparue comme la solution parfaite au problème.

  « Les États-Unis adoptent une approche agressive des négociations commerciales : ils adoptent une position ferme et mettent leurs propres intérêts au premier plan. Ils profiteront certainement du fait que la Grande-Bretagne aura besoin d'un accord commercial après le Brexit » , a déclaré Charles Grant, directeur du Center for European Reform. 

En faisant pression sur les entreprises américaines, Trump entendait leur ouvrir le marché britannique. Johnson semblait également faire du lobbying pour les entreprises étrangères. Il a même commencé à travailler sur la révision des normes alimentaires, qui étaient plus élevées dans le pays qu'aux États-Unis. De cette façon, les fermes britanniques seraient privées non seulement de l'Europe, mais aussi d'un marché intérieur inondé de produits américains de mauvaise qualité. 

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Compte tenu de ce qui précède, les sujets britanniques peuvent pousser un soupir de soulagement lorsque Biden menace de se retirer de l'accord. Mais comment les démocrates arrivés au pouvoir aux États-Unis changeront-ils les perspectives de l'accord ? 

D'une part, une Grande-Bretagne indépendante perd sa valeur politique pour les États-Unis. Il avait auparavant une voix au sein de l'UE, mais ses prouesses politiques ont maintenant faibli, d'autant plus que l'administration Biden parie sur un redémarrage des relations avec l'Union européenne. 

Biden pourrait donc bien conclure un accord avec Londres, mais à ses propres conditions. Le gouvernement britannique dans cette situation devra créer l'illusion de la victoire ou rejeter complètement un accord non rentable. Cependant, la deuxième option est peu probable. 



17 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 décembre 2020 11:52

    Johnson a parié sur le mauvais cheval en croyant pouvoir créer avec les isolationnistes américains un axe financier Wall-Street/City.

    Manque de bol, c’est le camp des globalistes qui a le vent en poupe. Et parmi eux, Soros, qui est à Bide ce que Talleyrand était à Napoléon : l’éminence grise (et de la merde dans un bas de soie). Pour filer la métaphore napoléonienne, Johnson attendait Grouchy, et ’est Blücher qui s’est pointé. (Z’est bas mieux et z’est Blücher !)


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 décembre 2020 12:02

      @Séraphin Lampion

      PS : depuis que Soros a fait sauter la banque d’Angleterre en 1992 (lien), c’est pas vraiment le grand amour entre la gentry britannique et lui…


    • charlyposte charlyposte 16 décembre 2020 17:19

      @Séraphin Lampion
      Sans parler de l’Irlande le siège des GAFA ! hum, j’ai comme un doute ! hormis un conflit.


    • agent ananas agent ananas 16 décembre 2020 19:42

      @Séraphin Lampion
      Johnson a parié sur le mauvais cheval en croyant pouvoir créer avec les isolationnistes américains un axe financier Wall-Street/City.

      FYI, la GB a conclu récemment des accords avec le Canada, le Japon et Singapour ...
      Bref, entre globalistes et souverainistes nous assistons au théâtre de l’absurde et sommes exaspérés en attendant God...ot ...


  • samy Levrai samy Levrai 16 décembre 2020 12:59

    C’est beau la propagande europeiste... , on pourrait croire que ceux qui sont dans l’UE s’en sortiraient mieux que les autres mais cette idiotie ne supporte pas la lumière... A part la soumission , la pauvreté, la guerre, la dictature, le chômage qu’est que l’UE apporte à ses membres qui pourrait manquer au Royaume Unis ?


    • Laulau Laulau 16 décembre 2020 14:22

      @samy Levrai

      UE ou pas, privilégier les échanges transatlantiques plutôt que trans-manche et une pure connerie, tant du point de vue écologique que commercial. Désolé mais si j’étais anglais je préférerais trouver du poulet de Bresse sur les étals que du poulet javellisé made in USA.


    • samy Levrai samy Levrai 16 décembre 2020 15:21

      @Laulau
      Sans dec tu ne sais pas que l’UE est table ouverte ? la chine, le Qatar et le Zimbabwe y font ce qu’ils veulent... Je comprends que l’on veuille des accords avec des pays souverains mais pourquoi faire des accords avec l’UE ?
      Si j’étais anglais je mangerais des poulets anglais comme cela c’est toujours fait pendant des milliers d’années .


    • Attila Attila 16 décembre 2020 18:34

      @samy Levrai
      Et du rosbeef !

      .


    • charlyposte charlyposte 16 décembre 2020 19:29

      @Attila
      Le corned de beef ! smiley


    • Laulau Laulau 17 décembre 2020 10:12

      @samy Levrai
      Si vous étiez anglais et que vous avez du pognons vous mangeriez peut-être du poulet anglais..... sinon vous mangeriez du made in usa. Le royaume uni importe 60 % des denrées alimentaires qu’il consomme.


  • agent ananas agent ananas 17 décembre 2020 00:15

    Ouf, ce n’était qu’une resucée des délires de Jonathan Freedland, un supporter pro-remain, un farouche anti Corbyn, un halluciné qui voit l’antisémitisme partout, un apologiste des crimes d’Israël et du nettoyage ethnique des palestiniens ... Bref, avec un tel éditorialiste The Guardian à depuis le milieu des années 2000, rejoint Le Monde, Libé et le New York Times au rayon du papier Q ...

    Certes il est possible que les produits en provenance de l’UE deviennent plus chers en GB, mais ce n’est pas dans son intérêt ... la France, l’Allemagne et l’Italie, entre autres, ont une balance commerciale excédentaire, ils exportent plus qu’ils importent de GB ...


  • zygzornifle zygzornifle 17 décembre 2020 08:57

    Les anglais sont des malins, pingres et pique assiettes, je ne me fait pas de soucis pour eux ....


    • Parrhesia Parrhesia 18 décembre 2020 10:54

      @zygzornifle
      Certes !
      Les connaissant un peu moi-même, je me fais infiniment moins de soucis pour eux que pour nous !
      Nous, frônçais, qui d’ores-et-déjà, ne sommes plus au sein de la contre-europe que ce que la Palestine est au sein du Proche-Orient... C’est-à-dire que nous ne sommes mêmes plus considérés par qui que ce soit comme un état digne de ce nom !!!
      Ce qui ne dérange personne parmi les restes politiques de la France ; ni les verts, avatars de la révolution prolétarienne qui s’ignorent, ni les incolores-inodores-insipides d’en marche, avatars de l’ultra-libéralisme qui s’ignorent, ni les centristes/LR et consorts, avatars du capitalisme financiarisé qui se prennent pour le sel de la terre mais que tout le monde ferait bien d’ignorer.
      Tous ceux-là n’œuvrant finalement que pour le compte de marionnettistes qui les manipulent dans le but de réduire la France en ruines après l’avoir dépouillée de son ancienne prospérité socio-économique et de toute la substance intellectuelle et humaniste qui la caractérisait naguère encore !!!


  • Djam Djam 17 décembre 2020 11:23

    Ne jamais oublier que si effectivement il y a un réel risque de fragmentation de ce qu’est l’Angleterre (Irlande et Ecosse finiront peut-être par reprendre leur indépendance ?), la City est le cœur nucléaire de la finance anglo-américaine. 

    Il y a l’UK et au milieu, état dans l’état, la City. Le fric, la grande lessiveuse de l’économie mondiale tourne en grande partie dans ce trou noir cerné de tours impersonnelles.

    Johnson fait comme Macron, il tient un rôle dans une pièce écrite en temps réel dans les coulisses. Il reçoit le texte dans son oreillette, comme Macron dont toutes les décisions viennent des « conseils » d’un mec toujours discret, Alexis Kholer... un type pas net du tout quant à ses magouillages dans plusieurs affaires (comme toujours avec ces mecs-là) dont la société MSC (sté maritime marseillaise). 


  • HELIOS HELIOS 18 décembre 2020 00:51

    En tout cas, les rosbeefs sont bel est bien tirés d’affaires avec l’UE, c’est déjà ça, le plus dur est fait.

    Pendant que nous allons merder pendant 3, 4 ou 5 ans à nous remettre du virus grace aux règles européennes Les britanniques vont s’organiser et passer des accords avec le reste du monde pour leur plus grand bien. 

    .

    Ils ne mettrons pas plus de temps que nous pour s’en sortir, je suppose même que ce sera plus rapide, et apres le décollage c’est nous qui les regarderont avec envie, mais ligoté à l’UE.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 décembre 2020 01:10

      @HELIOS

      vouais va raconter ça vers Boulogne et on va voir ta gueule a l’entrée de l’hôpital.


    • HELIOS HELIOS 18 décembre 2020 12:12

      @Aita Pea Pea

      Boulogne, c’est en France, faut pas oublier... et de l’autre coté, a Douvres, tout va bien.

      Ils peuvent bien pleurer, crier... il ne leur manque que la révolte, mais pour cela, il faut avoir des c..illes, et, à Boulogne, comme dans tous le reste de la France, elles ont été rangées au grenier pendues comme les champignons au séchages.

      D’ailleurs, ceux que je connais dans cette régions sont plutôt en colère contre l’UE, que contre les anglais... et je pense qu’ils ont plutot raison.

      L’UE est comme Macron, un discours et une position de rassemblement par devant
      ...et par derriere de la division, de la competition inutile, tout pour affaiblir les nations.

      Même pas foutue d’avoir ne serrait-ce que le quart des vaccins neccessaires a ses habitants.... 


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