vendredi 14 septembre - par Christelle Néant

Premier ministre ukrainien : L’Ukraine a été jetée dans le gouffre de la dette

Depuis le Maïdan, l’état financier de l’Ukraine ne fait que se dégrader. Même le Premier ministre ukrainien, Volodomir Groïsman, a admis sur la chaîne Inter TV, que l’Ukraine est dans une situation catastrophique du point de vue de sa dette, et qu’à cause de cela le pays doit collaborer avec le FMI (en clair augmenter drastiquement les tarifs du gaz, comme demandé par l’institution).

Car si l’Ukraine ne satisfait pas à ces exigences, et n’obtient pas une prochaine tranche d’aide pour payer ses dettes antérieures, alors l’Ukraine sera amenée au bord du défaut de paiement.

« Nous avons été jetés dans un profond gouffre de la dette. Il est évident que l’économie est en croissance, mais nous avons une dette sur nos épaules que nous ne pouvons pas rembourser par nous-mêmes. Nous devons accéder aux marchés étrangers, restructurer notre dette et réduire les intérêts« , a déclaré le Premier ministre.

Il a aussi assuré qu’il était pour la « réduction du prix des ressources naturelles » (càd du gaz).

« Mais si l’Ukraine ne remplit pas les conditions requises, elle sera menacée d’un défaut de paiement. Voulons-nous une crise ? Je ne suis pas un Premier ministre de crise, je suis un Premier ministre anti-crise. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les gens, réduire l’inflation et augmenter les revenus réels« , a-t-il souligné.

Le Premier ministre a déclaré que suite au mémorandum signé avec les créanciers, les promesses n’ont pas été tenues – ce qui a sapé la confiance en l’Ukraine.

« Je dois régler le problème. La mission du FMI est arrivée. Nous travaillons actuellement et entretenons des relations constructives. Nous rendrons compte des résultats de nos pourparlers dans deux semaines« , a déclaré M. Groïsman.

La mission du FMI est arrivée à Kiev le 6 septembre. À la suite de la visite, une décision sera prise quant à l’allocation d’une prochaine tranche d’aide.

Une condition essentielle pour obtenir cette tranche est l’augmentation du prix du gaz pour la population jusqu’au niveau du marché, soit une hausse de 60 à 70 %. Une hausse intenable pou la population ukrainienne, dont les 2/3 n’arrive même pas à payer l’ensemble de ses factures. Pourtant, malgré les risques sociaux et politiques de cette décision, Groïsman a annoncé qu’il était prêt à prendre une telle mesure.

Pour rappel, demain matin, 14 septembre, la cour d’appel de Londres rendra son verdict concernant la dette de 3 milliards de dollars (plus les intérêts qui courent depuis 4 ans, soit environ 5 milliards de dollars au total) que l’Ukraine doit à la Russie. Si Kiev est condamnée, alors l’Ukraine sera virtuellement en défaut de paiement, car incapable de rembourser une telle somme.

Christelle Néant



8 réactions


  • aimable 14 septembre 14:29

    pour les entrainer la ou ils sont , le diable leur a fait visiter le paradis en leur faisant croire que c’était l’enfer .


  • toma 14 septembre 15:08

    Je vis à Berlin, il y a nombre d’ukrainiens ici... Ca laisse pantois... Ici depuis 2007, je n’ai jamais vu cela, le nombre de travailleurs pauvres qui viennent 2 fois 3 mois chaque année... ce nombre a tout simplement explosé. 


    On parle rarement politique avec ces gens, il y a cette pudeur de ne pas trop savoir ce que l’interlocuteur pense en face et surtout de fâcher les gentils européens qui les ont « libéré » de la dictature poutiniste, alors ils ferment leur gueule, viennent bosser comme des esclaves ici, c’est triste à voir d’un pays qui de facto, comme on l’a si souvent dit dans le Donbass, a tout pour devenir une grande Suisse en Europe du sud-est. L’Ukraine c’était une puissance nucléaire, spaciale, aéronautique, militaire, agricole, culturelle en devenir. Mais au lieu de cela, on lui a fait prendre le chemin du néo-nazisme et de l’esclavage par la dette, bref, c’est devenu l’Argentine de l’Europe (en pire). 

    Moi je remarque juste un nombre incroyable d’ukrainiens dans les institutions culturelles russes, que ce soit la Maison de la Russie avec ses cours de danse, de dessin et leur английский колледж où tous les petits russophones apprennent l’anglais, sur la Friedrichstrasse ou dans les crèches russophones, des arméniens, des russes musulmans, des ukrainiens et mêmes de baltes. 

    Et aussi que plein d’apparts sont vendus sur plan à des ukrainiens qui envoient leur progéniture se réfugier étudier ici. (ca doit ^tere pareil d’ailleurs vers l’Est aussi hein)

    Je me dis que l’avenir chez les gens normaux n’est pas si noir que cela. Le problème se situant ailleurs chez les cons placés là-haut. 

    • Christelle Néant Christelle Néant 14 septembre 16:46

      @toma
      L’avenir des gens normaux va se scinder en deux voies, ceux qui réussissent à aller ailleurs, et qui vont plus ou moins s’en sortir. Et ceux qui sont coincés en Ukraine. Ceux là leur avenir est plus que noir....


    • toma 14 septembre 18:57

      @Christelle Néant
      Bwah, ca va finir avec les vieux et les retraités qui n’ont pas à changer de pays car c’est trop tard, plus ceux qui ne savent pas bouger, parce que toute la famille est en Ukraine...


      Sinon, ceux qui parlent un peu hongrois, demanderont le passeport hongrois, pareils pour le roumain, ceux qui parlent polonais ou allemand iront bosser dans ces pays en essayant d’y trouver un âme charitable qui tombera amoureux, c’est sûrement fort pareil pour ceux qui se dirigeront vers la Russie dans les mêmes conditions. 

      Il restera les femmes seules dont les mari seront partis seuls bosser, et les nazis qui auront confiance au grand avenir du pays neuf. 

      De toute facon, il n’y aura plus aucun job qualifié en Ukraine, que de la main d’oeuvre à bas cout. L’industrie a été détruite et le statut de pays de transit fiable définitivement perdu du point de vue russe. 

      Je rappelle que avec les missiles Veovoda, l’Ukraine avait un programme commun avec le Brésil pour en faire des lanceurs de satellite, ca a lamentablement échoué, au grand plaisir des usa, qui gardent les sud-américains dépendants d’eux. 

      L’Ukraine devait fournir des avions à l’Algérie entre autres, rien ne se passe. Je pense qu’il y avait aussi la Croatie pour des chars, et l’Indonésie, rien ne sort des chaines. Triste. 

      Bref, ca va finir en atelier de couture pour l’Europe, de productions à bas couts proche de nous, déjà l’Ukraine à taux fixe en rapport au dollar, se bat avec les pays les plus pauvres d’Afrique pour la dernière place du classement sur bien des sujets. (L’Ethiopie par exemple au rythme actuel devrait dépassé le PIB ukrainien dans 4-5 ans, ca laisse dire)

      Ne pas oublier que du temps de l’URSS, les pays les plus aisés étaient la DDR, suivi de l’Ukraine et ensuite le Russie, en parlant des analyses de PIB par habitant. Là, le PIB ukrainien est du niveau de 2005, donc aucune croissance en 13 années... 95 milliards (2100 USD par hab) (sous Ianoukovith c’était encore 190 milliards, le double)... la Russie c’est 1400 milliards 10,000 USD par hab), bref, partant de la parité en 1990, ca laisse songeur de la qualité du personnel politique. Après, je compare à la Russie, pas pour justifier quoi que ce soit, mais pour comparer les trajectoire de deux pays ex-soviet, — la Pologne est du même acabi (500 milliards pour 13.000 usd par habitant) partant derrière l’Ukraine, certes intégrée au bloc UE, elle a largement amélioré le tout.

      Après, je pense qu’on peut prendre un graphique pour la corruption, l’endettement, la démographie,... on arrive à la même triste conclusion. 

      Si les ukrainiens de souche de l’Ouest voulait leur indépendance, on avait cas séparer le pays sur le Dniepr. 

    • Christelle Néant Christelle Néant 14 septembre 19:53

      @toma
      Si les instances internationales avaient écouté la volonté du peuple dans les différentes régions de l’Ukraine et avait appliqué cette volonté on n’en serait pas là... L’Ukraine aurait été scindée de manière pacifique.


  • JMBerniolles 14 septembre 19:05
    L’intervention du FMI c’est le début du dépeçage de l’Ukraine et de sa vente à la découpe.
    Le modèle grec se propage dans les pays européens tournés vers l’occident.

    Nous sommes là à un tournant

    On pouvait craindre une offensive militaire généralisée mais visiblement le régime de Kiev n’est pas en état de lancer cette campagne en l’absence de soutien de la part des militaires français, allemands et autres… Comme souvent la vengeance pour cette impuissance s’exerce sur les civils…



    • Christelle Néant Christelle Néant 14 septembre 19:51

      @JMBerniolles
      La cour de Londres a donné du temps à Kiev en acceptant l’appel de la décision concernant la dette de 3 milliards que l’Ukraine doit à la Russie. L’affaire va donc devoir être rejugée. Mais c’est juste sauver du temps, et cela fait que Kiev est moins sous pression financière, et donc a moins besoin d’attaquer.


  • Guy19550 14 septembre 19:49

    Les tranches précedentes ont aidé à financer la guerre. Donc pour moi, c’est plus radis qu’ils revevraient. C’est d’ailleurs interdit (en principe) au FMI de financer des états en guerre. Heureusement que les républiques pensent à l’avenir, je pense à deux sites sidérurgiques qui ont redémarré (à comparer avec celui sous contrôle des ukrainiens du côté de Mariopol qui est mort).


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