samedi 9 novembre - par Dr. salem alketbi

Daech du point de vue américain

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Dans son rapport annuel sur la lutte contre le terrorisme, le département d’État américain a déclaré que, malgré la victoire de l’administration sur le groupe en Syrie, puis l’élimination de son chef Abu Bakr al-Baghdadi, Daech a élargi sa présence dans le monde en 2018.

«  Les tactiques terroristes et l’utilisation des technologies ont évolué tout au long de l’année 2018,  » peut-on lire dans le Country Reports on Terrorism. «  En outre, des terroristes aguerris sont rentrés chez eux après la guerre en Syrie et en Irak ou ont voyagé dans des pays tiers, posant de nouveaux dangers.  »

Bien que Daech ait perdu tout son territoire, le rapport indique qu’elle a prouvé sa capacité d’adaptation et de survie, notamment par ses activités visant à motiver ou orienter ses partisans par le biais de l’Internet.

Pour les spécialistes de la lutte antiterroriste, les conclusions du rapport américain ne sont pas si surprenantes. Tuer al-Baghdadi et vaincre son groupe sur le plan militaire ne signifie pas pour autant son éradication définitive.

Les organisations terroristes reposent avant tout sur une idéologie véhiculée pour persuader leurs sympathisants potentiels de s’engager activement dans les activités de l’organisation, ou du moins d’aider à promouvoir et défendre ses idées. En cette ère de l’informatique et de l’Internet, la viabilité de ces organisations demeure extrêmement élevée.

Ces organismes ont transformé le cyberespace en espaces de djihadisme virtuel. Ils chargent cet espace de plates-formes médiatiques gratuites qui font promouvoir leurs idées et leurs activités terroristes.

Difficile cependant de juger de l’efficacité de ces organisations et de leur capacité opérationnelle par leur seule présence en ligne. Une telle présence ne reflète pas nécessairement les niveaux spécifiques de menace que posent ces organisations, pas plus qu’elle ne signifie que le danger est complètement éliminé.

Pour déterminer les niveaux de risque et de menace, le véritable critère consiste à surveiller les mesures et les plans de ces organismes.

En particulier, on devrait surveiller sa capacité de mettre en œuvre ce qu’il promeut en ligne, qu’il s’agisse de menaces directes ou de celles prévisibles sur la base d’une analyse du discours et de la propagande des médias, les trajectoires de développement de l’organisation et ses régions géographiques d’intérêt.

Afin de déterminer la capacité spécifique de Deash à continuer, plusieurs facteurs doivent être notés.

Tout d’abord, à mon avis, vient le rôle du nouveau leadership. L’organisation a déclaré un successeur à al-Baghdadi, Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurashi.

L’annonce de la mort d’al-Baghdadi et la révélation de l’identité du nouveau dirigeant témoigne de la cohésion relative de l’organisation, du moins aux échelons supérieurs.

L’annonce a été faite en moins d’une semaine. Cela a peut-être contribué au fait qu’il y avait un «  testament  » de Bagdadi pour nommer son successeur, ce qui a aidé à résoudre toute controverse éventuelle sur la direction de l’organisation.

On note aussi dans l’annonce de l’investiture du nouveau chef de Daech qu’il a conservé le titre de «  Commandeur des fidèles et calife des musulmans.  » La déclaration de l’organisation à cette occasion que la poursuite de la démarche terroriste de Daech, en parlant de «  conquérir des pays.  »

Au cours de la période qui a précédé la mort d’al-Baghdadi, il n’y a eu aucun débat idéologique au sein du Conseil de la Choura de l’organisation à propos du concept d’État, du changement d’action cachée, des objectifs ou du modus operandi de l’organisation. La déclaration contient des références telles que «  l’Etat se trouve aujourd’hui aux portes de l’Europe et de l’Afrique centrale  ? Non, elle s’étend et persiste, si Dieu le veut, d’Orient en Occident.  »

Mais elle sous-entend aussi une reconnaissance de la défaite. La déclaration prend un ton de repli, «  Ne vous réjouissez pas, Amérique,  » en référence à ce qu’elle a accompli dans sa guerre contre l’organisation.

La référence à Daech étant aux portes de l’Europe et de l’Afrique centrale ne sert qu’à remonter le moral des éléments de Daech et à suggérer la force, la viabilité et l’expansion du Daech. En pratique et quelques jours après la publication de la déclaration, l’organisation a perpétué deux attentats terroristes. Le groupe a ciblé deux points militaires au Mali, tuant plus de 50 soldats.

De telles déclarations doivent être traitées avec la plus grande prudence. Cette déclaration ne prouve pas qu’il y a un nouveau dirigeant de l’organisation, ni que l’organisation est capable de se ressaisir, surtout en l’absence d’informations précises sur son identité ou sur sa nationalité.

Il se peut que cette annonce soit l’une des ruses des éléments de l’organisation pour garder le projet en vie, en attendant ce qui se passera plus tard.

Du point de vue analytique, l’indicateur le plus important est que le business du terrorisme est encore jeune et couvre une vaste zone géographique du monde. En 2018, les opérations terroristes se sont étendues à 84 pays, dont environ 85 % au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Seuls 10 pays (Afghanistan, Syrie, Irak, Inde, Nigeria, Somalie, Philippines, Pakistan, Yémen, Cameroun, Inde, Nigéria et Syrie) ont subi environ 75 % de tous les attentats terroristes dans le monde.

Les organisations terroristes continuent de recevoir des fonds suffisants pour mener à bien leurs crimes, dans des zones géographiques qui souffrent déjà du terrorisme ou ne sont pas sous le contrôle de l’État mais des milices terroristes.

Un des aspects les plus dangereux chez Daech est que ses membres ne sont pas tous des fervents partisans. Une grande partie de ses éléments sont des mercenaires. Leur fidélité à l’organisation dépend de la mesure dans laquelle les nouveaux dirigeants de l’organisation peuvent continuer d’acheter leur loyauté grâce à de l’argent qui peut encore être entre les mains de ces grands éléments.

Avant sa défaite militaire, l’organisation disposait, selon des estimations occidentales, de ressources estimées à six milliards de dollars au plus fort de ses activités. L’organisation les a reçus de taxes, d’extorsion, de vols de banque en Irak, de revenus provenant de la vente de pétrole et de gaz et d’autres revenus.

Mais l’effondrement de l’état présumé de l’organisation et la fragmentation de ses éléments, ainsi que l’effondrement de son réseau de sécurité, ont remis en question le fait qu’une part importante des fonds de l’organisation est toujours là.

En somme, le rapport américain sur le terrorisme avertit le monde que la mort de Bagdad ne signifie pas la fin de la menace terroriste.

Il est donc impératif de maintenir la continuité et l’efficacité des plans, stratégies et alliances antiterroristes à l’échelle mondiale, afin de ne pas créer les conditions favorables à une nouvelle vague de cette menace mondiale.



8 réactions


  • berry 9 novembre 21:24

    Il s’incruste, le propagandiste émirati.

    Sa présence n’est pas souhaitée par les lecteurs, à chaque article il se prend un vent, mais il insiste quand même. C’est un vrai pot de colle.

    Comment faut-il lui dire ?

    Dégage, l’affreux, on t’a assez vu !


    • sls0 sls0 11 novembre 05:12

      @berry
      Ses articles sentent tellement la propagande qu’ils sont contre-productifs.
      Les commentaires remettent l’église au milieu du village et permettent d’expliquer d’un façon plus impartiale qui doit faire réfléchir.
      Il est utile, non pas à ses maitres, mais permet des commentaires.


  • machin 10 novembre 07:15

    ATTENTION !

    Peste émirati*.


    *Maladie en voie d’éradication.


  • phan 10 novembre 13:17

    11 Septembre : le mythe du XXI° siècle  Auteur : Webster G. TARPLEY
    Webster G. Tarpley
    Historien spécialisé dans le terrorisme après la seconde guerre mondiale, journaliste, Webster G. Tarpley, s’est fait connaître en 1978 par son enquête sur l’assassinat d’Aldo Moro, à la demande de parlementaires italiens. Sa biographie de George W. Bush père et ses essais sur les dérives fascistes du gouvernement américain en font un opposant farouche du gouvernement actuel des États-Unis.
    Résumé
    Révolutionnaire, d’une écriture brillante, La Terreur fabriquée : made in USA révèle comment fonctionne le terrorisme sous faux pavillon. Sur les forums Internet, comme celui d’Amazon.com par exemple, les lecteurs s’extasient : « Un livre-phare qui dépasse largement tout ce qui a été écrit sur le 11/9. » Expert des opérations sous fausse bannière, (son premier livre traitait des « Brigades rouges »), Tarpley démolit la théorie du complot élaborée par le gouvernement. Son analyse percutante et personnelle du 11/9 lui a valu des réactions enthousiastes de la part des auditeurs de radio dans tout le pays.
    La Terreur fabriquée sidère le lectorat par son modèle de travail impliquant un réseau de taupes, de lampistes, de professionnels paramilitaires et de médias corrompus.
    Cet ouvrage radical n’est pas un livre de plus sur le 11 Septembre : c’est une analyse en profondeur des relations géopolitiques internationales, mais aussi du comportement de l’oligarchie au pouvoir, par un spécialiste d’une immense érudition.

    « Le terrorisme d’origine incertaine, utilisé comme justification de guerres menées à l’étranger et contre ses propres citoyens : une étude comme La Terreur fabriquée de M. Tarpley était attendue depuis longtemps et ouvrira, espérons-le, les yeux de nombreuses personnes. »
    - Gerhard WISNEWSKI, journaliste et producteur de télévision allemand, 
    auteur de Operation 9/11, de Mythos 9/11, et de Les Dessous du TERRORisme.

    « Je ne connais personne d’autre qui dénonce sans aucune crainte le terrorisme d’État comme [le fait] Webster G. Tarpley , une référence pour de nombreux journalistes d’investigation. Il déploie sa vision globale d’historien avec la précision d’une vigie de nos sombres élites actuelles. »
    - Barrie ZWICKER, journaliste canadien primé, auteur de documentaires. 

    « La Terreur fabriquée est brillamment écrit ; on ne peut s’arrêter de le lire. Webster rend un jugement dévastateur. Mes félicitations ! Je le recommande de tout cœur. »
    - Andréas Von BÜLOW, ancien ministre allemand de la Recherche et de la Technologie, membre de la commission parlementaire sur le renseignement, 
    et auteur de La CIA et le 11 Septembre.

    • phan 12 novembre 07:12

      Depuis près de quatre décennies la mouvance djihadiste a été entretenue pour des buts précis de déstabilisation de certains pays. De fait, ces groupes djihadistes sont interchangeables, qu’ils s’appellent Al Qaïda ou Daesh, dès lors qu’ils accomplissent ce pourquoi ils ont été créés. Rien n’indique que demain, les laboratoires ès-terrorisme occidentaux, ne préparent pas l’avènement d’une nouvelle hydre plus mortifère.
      Notons cette particularité qui fait que depuis l’avènement du terrorisme à grande échelle – et sa manipulation par les puissances occidentales – nombre de pays dans le monde en ont plus ou moins souffert, sauf Israël. Curieux, mais le fait est là ! Voulant savoir si Daesh va se battre pour « libérer » la Palestine, l’autoproclamé calife dudit « Etat islamique » Abou Bakr al-Baghdadi asséna : « Il n’est écrit nulle part dans le Coran, qu’il fallait sauver la Palestine. » Dit autrement, il n’était pas là pour combattre Israël. En fait, l’objectif assigné à Daesh est circonstancié et circonscrit aux seuls Etats arabes avec le résultat que l’on connaît. L’Irak et la Syrie détruits ont été ramenés un siècle en arrière. D’autres pays arabes sont sous la menace. En démonstration en juin 2014, l’armée d’invasion de Daesh avec chars et blindés, drapeau noir au vent, à mis à feu et à sang Mossoul. Ainsi, Daesh disposait d’une armée professionnelle – évaluée en 2014 à quelque 30 000 personnes – surgie du néant, qui en quelques heures occupa le tiers d’un pays aussi vaste que l’Irak. Qui peut gommer l’autre armée de mercenaires – estimée par le Pentagone à 70 000 individus issus de près de 80 pays – venus combattre, aux côtés des rebelles [eux-mêmes formés et armés par l’Occident et fiancés par Riyadh], sous la bannière de l’« islamisme » le gouvernement laïc syrien ? A ce propos, il est étonnant de relever que ce sont les deux seuls pays arabes, officiellement laïcs, qui ont été attaqués et détruits. Il est évident que tout n’a pas été dit sur cette apparition subite et ordonnée du terrorisme dans une région qui en était exonérée auparavant.

  • sls0 sls0 10 novembre 13:41

    Malgré qu’elle était hyper protégée, la mère Merkel était espionnée par le NSA.

    Et pour Daech il ne serait pas possible pister sur internet ?

    Daech, une créature des USA et de leur potes du golf. Ils existeront tant que ce sera nécessaire à la stratégie US et de celles de leurs potes locaux.


  • @ Dr al Bikette vous devriez consulter ......bêêêh  !!!


  • phan 12 novembre 06:37

    Les experts en armement des Nations Unies soupçonnent que des avions de combat étrangers ont participé à des frappes de précision contre un camp de réfugiés en Libye, qui a tué au moins 53 personnes, les EAU étant le principal suspect.
    La mort des réfugiés détenus au centre de détention libyen, près de Tripoli, a marqué l’un des pires massacres de la guerre civile dans le pays.
    Aucun pays n’a admis avoir perpétré le massacre, mais des sources ont dit à la BBC en arabe que l’enquête était axée sur les Emirats Arabes Unis (EAU).
    Un diplomate libyen a révélé au service de langue arabe du New Arab que les responsables de l’ONU disposent de preuves prouvant la participation de drones chinois appartenant aux EAU pour renforcer les forces loyales au chef de milice Khalifa Al-Haftar, au sud de Tripoli.
    Une source dans le rapport de la BBC a également déclaré qu’« un nombre inconnu de Mirage 2000-9 » avions de combat opéraient depuis les bases aériennes libyennes de Jufra et Al-Khadim au moment de l’attaque meurtrière.
    « Les Émirats arabes unis ont rendu public un contrat signé par la Libye en 2012 pour l’achat d’avions de combat avancés aux Émirats, mais la partie libyenne a montré que ce contrat n’avait pas été exécuté. Cependant, les Émirats arabes unis ont envoyé les avions à la base Al-Khadem pour soutenir Haftar », a déclaré le diplomate libyen.
    Il a également déclaré que le chef de l’armée nationale libyenne, le général voyou Khalifa Haftar, entravait l’achèvement de l’enquête.
    Le gouvernement libyen soutenu par l’ONU - qui contrôle la capitale, Tripoli, et impliqué dans une guerre avec les forces de Haftar - a envoyé une lettre officielle à la Chine, demandant une enquête sur les liens entre les Émirats arabes unis et les drones, a déclaré le diplomate.
    Les coordonnées des centres de migrants ont été partagées avec les deux parties pendant la guerre pour assurer leur sécurité, a déclaré la Mission spéciale des Nations Unies en Libye à la BBC.
    Les personnes tuées et blessées lors de l’attaque auraient été des migrants d’Afrique subsaharienne en route vers l’Europe. Ces meurtres pourraient constituer des crimes de guerre, a déclaré Michelle Bachelet, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
    Les Émirats arabes unis avaient été accusés d’avoir mené l’attaque par le gouvernement libyen soutenu par l’ONU, tandis que les forces de Hatar ont nié toute implication.
    Les Émirats arabes unis et l’Égypte, qui ont soutenu Haftar tout au long du conflit en Libye, n’ont pas encore commenté l’histoire.
    « S’il existe des preuves concrètes d’une intervention militaire directe de pays extérieurs, c’est totalement inacceptable et doit faire l’objet d’une enquête au plus haut niveau », a déclaré l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Libye, Peter Millet, devant la BBC.
    Des affirmations similaires ont été faites dans un rapport de l’ONU publié en 2017, qui accusait les Émirats arabes unis de violations similaires de l’embargo international sur les armes contre la Libye.
    L’ONU a déclaré que les Émirats arabes unis avaient construit une base aérienne à Al-Khadim qui a fourni un soutien aux forces de Haftar.
    L’embargo sur les armes imposé à la Libye a été signé par les Émirats arabes unis en 2011, à la suite des signatures du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France et de l’Italie.
    Traduction SLT

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