samedi 26 octobre 2019 - par Le Cri des Peuples

Diplomatie de pachyderme : la lettre de Trump à Erdogan

Trump a toujours voulu quitter la Syrie, mais en a longtemps été empêché par son administration indocile. Il a saisi l’opportunité offerte par l’offensive turque pour quitter le Nord-Est syrien avec armes et bagages, en faisant retentir ses barrissements censés dissimulés cette débâcle humiliante. Sa lettre tonitruante adressée à Erdogan était surtout destinée à faire taire les accusations de l’opposition démocrate, qui se moquent bien du sort des Kurdes, mais qui n’allaient pas rater cette nouvelle occasion de s’en prendre à lui.

Le Président turc, qui a été un des principaux acteurs de la cabale internationale visant à détruire la Syrie mais dirige le seul pays souverain de l’OTAN, a tout simplement jeté cette lettre à la poubelle (un geste impensable pour Londres, Paris ou Berlin, bien que les capitales occidentales soient traitées avec beaucoup moins d’égards par Washington), et s’éloigne davantage de son alliance avec les Etats-Unis. Moscou, Pékin et Téhéran ne peuvent que se féliciter du déclin fracassant de l’empire américain, en proie aux spasmes de l’agonie.

François Hollande, qui a lui aussi investi énormément dans la chute de Damas (souvenons-nous des tirades de Fabius sur le bon boulot d’Al-Nosra en Syrie, et sur le boucher Assad qui ne mérite pas de vivre), a pris la mesure du désastre :

Que s’est-il produit dans cette peut-être dernière étape du conflit syrien ? La victoire de tous ceux qu’on ne voulait pas voir triompher : le régime de Bachar, la Turquie qui, en réalité, veut pourchasser les Kurdes, qui sont nos alliés, et Vladimir Poutine, qui est le faiseur de paix et qui lui-même a des soldats qui viennent, en même temps d’ailleurs que les Iraniens, protéger et sauver le régime de Bachar al-Assad.

Sayed Hasan

 

***

Trump Letter Erdogan

MAISON BLANCHE

Washington

9 octobre 2019

A Son Excellence

Recep Tayyip Erdogan

Président de la République de Turquie

Ankara

 

Cher Monsieur le Président,

Concluons un accord avantageux ! Tu ne veux pas être responsable du massacre de milliers de personnes et je ne veux pas être responsable de la destruction de l’économie turque, mais je le ferai. Je t’ai déjà donné un petit échantillon avec l’affaire du pasteur Brunson.

J’ai travaillé dur pour résoudre certains de vos problèmes. Ne laisse pas tomber le monde. Tu peux conclure un bon accord. Le général Mazloum est disposé à négocier avec toi, et il est disposé à faire des concessions que les Kurdes n’auraient jamais faites auparavant. Je t’envoie confidentiellement une copie de sa lettre que je viens de recevoir.

L’histoire te considérera favorablement si tu agis de manière juste et humaine. Elle te considérera à jamais comme le diable si de bonnes choses ne se produisent pas. Ne joue pas les durs à cuire ! Ne sois pas fou !

Je t’appellerai plus tard.

Cordialement,

Donald Trump

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