mardi 4 décembre - par Christelle Néant

Perquisitions et interrogatoires de prêtres de l’UOC-MP par le SBU

Après le vote de la loi martiale en Ukraine et la perquisition qui a eu lieu chez le Père Supérieur de la laure de Kiev-Petchersk, les autorités ukrainiennes continuent d’accroître la pression sur l’Église orthodoxe ukrainienne canonique (UOC-MP), pour justifier de la dépouiller de ses monastères, églises et chapelles, afin de les donner ensuite à l’Église autocéphale bidon créée par Constantinople sur base des Églises ukrainiennes schismatiques.

Photo : Mikhaïl Palintchak / TASS

Après la résidence du Métropolite Paul, fouillée par le SBU le 30 novembre, ce sont les bâtiments et lieux de résidence appartenant l’UOC-MP dans les diocèses de Kiev, Jitomir, Nogorod-Volyn et Ovroutch-Korosten qui ont été perquisitionnés, lundi 3 décembre, par les services de sécurité ukrainiens, pour y chercher des preuves de la prétendue « incitation à la haine inter-religieuse » dont serait coupable l’Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Lors de ces perquisitions, les agents du SBU et la police ont emporté des clefs USB, des ordinateurs et des documents imprimés.

Huit perquisitions au total, auxquelles viennent s’ajouter les interrogatoires d’une vingtainede prêtres de l’UOC-MP venant des éparchies de Rovno et Sarny, toujours par le SBU.

Le caractère complètement fabriqué et politiquement motivé de l’enquête menée par le SBU transparaît dans ces interrogatoires massifs de prêtres, qui ont été convoqués sans savoir pourquoi !

« Une part significative du clergé du diocèse de Sarny a reçu une convocation pour interrogatoire, et 20 prêtres du diocèse de Rovno ont reçu une convocation à témoigner sans explication sur ce sur quoi ils devaient témoigner  », a déclaré le département d’information et d’éducation de l’UOC-MP.

D’après l’UOC-MP, ses archevêques commencent à recevoir des appels téléphoniques du SBU exigeant de venir discuter dans leurs locaux.

D’après Vadim Novinski, député d’opposition à la Rada, qui a divulgué ces faits, de telles actions visent à mettre la pression sur l’UOC-MP « dans un seul but – contraindre les hiérarques de l’Église orthodoxe ukrainienne à participer au conseil d’unification de ce que la population appelle déjà « l’Église du patriarcat de Porochenko ». »

Alors qu’UNIAN reprend la propagande officielle et la fausse accusation d’incitation à la haine inter-religieuse avancée par le SBU, l’archevêque de l’église de l’Exaltation de la Sainte Croix de Jitomir a souligné, que la seule chose qui se trouve sur les supports saisis ce sont des chants et concerts religieux… Le SBU va-t-il nous sortir que les chants sacrés orthodoxes sont une incitation à la haine inter-religieuse ?

Ces méthodes de persécution de l’Église orthodoxe rappellent celles utilisées il y a un siècle par un autre régime, pourtant honni par la junte de Kiev actuelle : le régime soviétique.

Ce parallèle a été fait par les frères de la laure de Potchaïev qui ont écrit une lettre pour faire part de ce qui se passe.

«  Nous sommes obligés d’affirmer qu’à l’heure actuelle, les autorités ukrainiennes utilisent des méthodes communistes pour lutter contre l’Église orthodoxe.
Par exemple, il y a environ 100 ans, les dirigeants bolcheviques, en particulier L. D. Trotski, et ceux qui l’accompagnaient, se sont donné pour tâche de créer une organisation de l’Église orthodoxe sous le contrôle des autorités soviétiques. C’est ainsi qu’est apparu le mouvement rénovationniste ou « Église vivante ». Une des idées principales de cette organisation était l’abolition du monachisme.
Après la création de l’organisation rénovationniste, les bolcheviks commencèrent une bataille active avec l’Église orthodoxe qui devint illégale. Sous le slogan de la « complicité avec la contre-révolution », des églises et des objets de valeur de l’Église furent saisis et des répressions sévères furent utilisées contre le clergé. Il est à noter que les schismatiques-rénovateurs étaient soutenus par le Patriarcat de Constantinople.
Cette « Église vivante » n’a même pas duré trente ans, mais l’Église canonique est inébranlable jusqu’à ce jour.
 »

Pour les frères de la laure de Potchaïev, le but est clair : confisquer les biens de la laure de la Sainte Dormition de Potchaïev et les transférer à l’Église issue des schismatiques une fois l’autocéphalie accordée.

D’ailleurs la lettre fait un parallèle intéressant en soulignant qu’aujourd’hui, comme il y a un siècle en arrière, le Patriarcat de Constantinople soutient ceux qui persécutent l’Église orthodoxe canonique.

Après la guerre civile dans le Donbass, voilà que Kiev a officiellement lancé une guerre de religion sur l’ensemble de son territoire, utilisant la loi martiale et ses services de sécurité pour persécuter ceux qui refusent de soutenir une vision politicienne et ultra-nationaliste de la religion.

En guise de conclusion, je vais citer le Métropolite Onuphre, chef officiel, légitime et reconnu de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (Église canonique), qui est accusé avec ses hiérarques d’incitation à la haine inter-religieuse, et je vous laisserai juger si celui qui tient de tels propos est une personne qui incite à la haine.

« Les gens qui font le mal et qui l’aiment, haïssent le bien. Et tout ce qui est lié au bien, ils le traînent dans la boue. Nous devons aimer le bien et nous efforcer d’être les porteurs du bien. Et ce sera utile pour tous, et pour nous, et pour ceux qui vivent à nos côtés. Et en son temps, chacun donnera une réponse à Dieu pour ce qu’il a fait, de mal, de bien… L’homme répond pour tout. Ce n’est pas une menace, c’est la vérité.  »

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider



3 réactions


Réagir