mercredi 8 juillet - par Christelle Néant

Pris dans le piège pour lequel ils ont payé : les opérations d’ingérence de l’Ukraine contre l’Europe – Partie 1

Vassily Prozorov est un ancien officier du SBU, les services secrets ukrainiens. L’année dernière, il a finalement quitté l’Ukraine pour la Russie, et a fait plusieurs déclarations publiques et interviews, donnant des détails sur l’utilisation de la torture par le SBU, ses prisons secrètes, et l’implication de l’Ukraine dans le crash du MH17. Prozorov a créé son propre centre d’enquête – UKR LEAKS – et vient de publier de nouvelles informations sur l’Ukraine. Dans cet article divisé en deux parties, Vassily Prozorov montre, à l’aide de documents internes qu’il a obtenus alors qu’il travaillait au SBU, comment l’Ukraine a lancé des opérations d’influence contre ceux-là mêmes qui lui ont appris à faire des opérations psychologiques et d’information, à savoir l’Europe, et comment Kiev a utilisé des pirates informatiques pour discréditer la Russie, en particulier dans le cas très sensible du crash du MH17.

Il se trouve que dans ma carrière professionnelle, j’ai eu à gérer directement ou indirectement un domaine d’activité spécifique, que l’on appelle à l’étranger la communication stratégique. Cela semble moderne et, il faut l’admettre, complètement inoffensif. Mais si l’on supprime le camouflage verbal, ce n’est rien d’autre que de la bonne vieille propagande au sens large du terme, accompagnant l’ingérence secrète dans les affaires intérieures d’autres pays.

Oui, ne soyez pas surpris, la propagande n’est ni une « invention » ni une « prérogative » du Kremlin, tous les pays et même l’Ukraine le font. Seulement, tout le monde l’appelle par des euphémismes différents pour masquer son impact sur l’esprit et le subconscient du public cible.

L’Ukraine moderne est, dans de nombreux domaines, un pays de paradoxes. Surtout en termes d’histoire, de corruption et de relations avec les autres pays. Prenons par exemple le point de vue des Ukrainiens sur les activités de Vladimir Lénine. Le leader du prolétariat mondial en 1918-1923 a permis à l’Ukraine de gagner les terres des actuelles régions de Kharkov, Lougansk, Donetsk, Kherson, Odessa et d’autres régions qui ne lui ont jamais appartenu. Il semblerait que nous devrions le remercier. Mais les « vrais patriotes », dans un élan d’indignation sincère, ont démoli ses statues à travers le pays. Ils disent aussi que l’URSS a occupé l’Ukraine, oubliant que pendant près de 30 ans, l’Union a été gouvernée par des natifs de la RSS d’Ukraine N. Khrouchtchev et L. Brejnev. Ainsi, la question de savoir qui a occupé qui peut être qualifiée sans risque comme étant ouverte à discussion.

Ou, par exemple, les autorités ukrainiennes prennent régulièrement de l’argent en Europe, promettant de l’utiliser pour combattre et éradiquer la corruption. Et… ils le volent en toute sécurité à chaque fois. De plus en plus de nouvelles structures de lutte contre la corruption sont créées – SAP [Parquet Spécial Anticorruption, NdT], NABU [Bureau National Anticorruption de l’Ukraine, NdT], GBR [Bureau National d’Investigations], etc. – qui finissent par se transformer en supermarchés de clercs, où l’on peut ouvrir ou faire fermer n’importe quel commerce pour une somme modique. Et même les pragmatiques les plus stricts de l’Occident ne peuvent rien y faire depuis des années. Ils ne veulent plus donner d’argent, parce que c’est inutile, mais il est impossible d’abandonner quelqu’un qui est accro au crédit, sinon ce sera pire.

Et il y a un autre paradoxe que je vais développer. Il concerne la sphère de la propagande et se présente comme suit.

Depuis 2014, les pays occidentaux ont commencé à financer la formation et le développement de structures en Ukraine engagées dans la communication stratégique, des opérations d’information et d’autres activités de sensibilisation. Un grand rôle a été donné à la formation des spécialistes ukrainiens par des instructeurs étrangers. Ce domaine d’activité était principalement dirigé contre la Russie et sa propre population. Mais les Ukrainiens, comme toujours, se sont montrés plus malins que tout le monde et ont commencé à mener activement des opérations psychologiques et d’information contre la population, les dirigeants et même les services secrets des pays occidentaux. Parfois ouvertement, parfois dans le dos de leurs patrons. L’Occident a en fait payé pour la propagande dirigée contre lui-même. Mais commençons dans l’ordre.

Communication stratégique à la Kiev : la copie ukrainienne issue de l’original américain

Instructeurs et conseillers étrangers

Après le coup d’État de février 2014, les nouveaux dirigeants étaient bien conscients qu’il serait difficile de rester au pouvoir sans le soutien de l’étranger, car le souci du peuple et de son bien-être ne figurait manifestement pas sur la liste de leurs intérêts. C’est pourquoi les politiciens ukrainiens ont commencé à positionner le pays comme victime d’une « agression hybride » de la part de la Russie, cherchant à obtenir une assistance complète de l’Occident. Cela a porté ses fruits, et l’Ukraine a été inondée de nombreux conseillers et experts d’Europe et des États-Unis, notamment dans les secteurs de la défense et de l’information.

Les organes de l’administration militaire et les services secrets ont commencé à travailler sous le contrôle étroit de leurs collègues occidentaux, principalement américains. Le processus de réécriture des documents de base selon les normes de l’OTAN a commencé, et le concept de communication stratégique (StratCom) est très vite devenu courant en Ukraine. Ainsi, en septembre 2015, ce terme est apparu dans la nouvelle doctrine militaire du pays. Elle a défini la communication stratégique comme une utilisation coordonnée et appropriée des capacités de communication de l’État – diplomatie publique, communication, opérations psychologiques et d’information visant à promouvoir les objectifs de l’État. La doctrine a ouvertement appelé la Russie le principal ennemi militaire de l’Ukraine.

Parallèlement, en septembre 2015, une feuille de route pour un partenariat en matière de communication stratégique entre le Conseil de sécurité nationale et de défense (CSND) de l’Ukraine et le Secrétariat international de l’OTAN a été signée. Dans le cadre de cet accord, des instructeurs étrangers spécialisés dans les opérations psychologiques et d’information ont commencé à donner des cours à leurs collègues ukrainiens.

J’ai moi-même eu l’occasion d’être formé sous la direction de spécialistes de la guerre de l’information, issus des forces d’opérations spéciales lituaniennes, à l’institut militaire de Jitomir.

Diplom of Vasily Prozorov

Diplôme en « Cours de base des opérations psychologiques ».

Les représentants de l’ancienne République soviétique ont activement « formé » le personnel des unités d’opérations psychologiques et d’information (OPSI) des Forces d’opérations spéciales (FOS) des forces armées (FAU) et du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) sur les questions touchant les esprits et les cœurs.

Je tiens à noter qu’en plus de former les « néophytes » ukrainiens, les « chauds lapins » baltes n’ont pas oublié les mondanités et ont montré de manière ouverte leur intérêt tout masculin pour le beau sexe parmi leur public. Les fidèles reconnaîtront à la fois Tatiana Romanova du 74e centre OPSI (unité A-1277, Lvov) et Anastasia Bagriytchouk du 16e centre (unité A-1182, Jitomir). Je ne peux rien dire de précis sur Romanova, mais le talentueux instructeur Klaus a rapidement réussi à trouver des approches pour Nastia Bagriytchouk et, apparemment, non sans avoir fait preuve de ses compétences professionnelles de suggestion et de persuasion.

Tatyana Romanova

Tatiana Romanova – Officier du 74e centre d’OPSI des FOS des FAU (Lvov)

Anastasia Bagriychuk

Anastasia Bagriytchouk – Officier du 16e centre d’OPSI (Jitomir)

Anastasia Bagriychuk in January, 2014

Anastasia Bagriytchouk en janvier 2014

Et il y a eu beaucoup de ces formations. Par exemple, de nouveaux cours intitulés « Ukraine Peer-to-Peer. Le défi de la désinformation ». Il est prévu que la formation se déroule de septembre à décembre 2020 à l’Université nationale de Kharkov. La particularité de ce programme sera la mise en œuvre du principe « d’égal à égal », qui prévoit que les étudiants ayant déjà suivi le cours feront office d’enseignants. Une soixantaine de militaires des centres OPSI, qui ont suivi une formation aux États-Unis sur les bases théoriques de la confrontation des informations, ainsi que sur l’organisation de « révolutions de couleur », transmettront leur expérience.

Le programme est organisé par l’agence de conseil américaine EdVenture Partners. Le plus intéressant est peut-être le fait que cette entreprise coopère activement avec les réseaux sociaux Facebook, Twitter, et l’hébergeur de vidéos YouTube, qui fourniront leurs ressources pour le soutien informationnel des cours. Et la question du blocage par Facebook des comptes d’utilisateurs, dont les propagandistes ukrainiens se sont toujours plaints, devrait être résolue dans un avenir proche. Ainsi, les Fake News, dont Donald Trump parle souvent, est un concept flexible. Certaines personnes ne sont pas autorisées, taboues et désapprouvées par le public, mais d’autres sont autorisées. Après tout, la lutte contre « l’agression russe » va tout faire passer par pertes et profits.

Le financement de ce programme éducatif sera, bien entendu, assuré par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), bien connue et maintes fois entachée, qui fait partie du Département d’État américain et qui a parrainé les révolutions de couleur.

Financement

Naturellement, l’Occident ne financerait pas d’opérations d’information contre ses propres pays. Des ressources ont été allouées à la lutte contre la soi-disant propagande et désinformation russe. Mais nous savons bien comment l’argent alloué est dépensé en Ukraine, à travers l’exemple de la lutte contre la corruption.

Pendant ce temps, des fonds considérables de l’Occident sont alloués à la communication stratégique. Les États-Unis sont sans aucun doute le leader des investissements dans ce domaine. Ainsi, pour 2019, 275 millions de dollars du budget américain ont été alloués au fonds destiné à contrer l’influence russe. Ce sont en effet des sommes colossales. Une partie importante de ces fonds a été allouée à l’Ukraine pour « protéger les infrastructures critiques et les mécanismes électoraux contre les cyberattaques » et pour «  soutenir la lutte contre la propagande et la désinformation venant de la Fédération de Russie ».

On trouve sur Internet de nombreuses informations sur le parrainage de divers projets anti-russes en Ukraine par des fondations étrangères, des organisations non gouvernementales et des agences gouvernementales. De l’argent destiné à la propagande a été alloué par : l’Agence pour le développement international du Canada, l’Ambassade des Pays-Bas, le Fonds de Développement des Médias de Masse de l’Ambassade des États-Unis en Ukraine, l’Agence suisse pour le développement international, le Centre libéral international suédois, ainsi que des dizaines de fonds étrangers, dont une place particulière revient au fonds « Renaissance » parrainé par George Soros.

Par exemple, en 2015, l’ambassade d’Allemagne en Ukraine, ainsi que la mission de l’UE à Kiev, ont fourni à la chaîne de télévision « Hromadske », qui pendant le Maïdan était le pilier médiatique des manifestations, environ un demi-million de dollars, ce qui représente presque un tiers du budget annuel de ce média.

Le projet StopFake a été soutenu par la Fondation internationale de Soros « Renaissance », le ministère tchèque des affaires étrangères, l’ambassade britannique et la Fondation Sigrid Rausing.

Les intérêts occidentaux en Ukraine sont activement promus par « Internews Ukraine » et « Media Detector ». Parmi leurs donateurs figurent l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), l’Atlantic Council, la fondation suédoise SIDA et l’ambassade de Suède.

Le Département d’État américain a fourni 10 millions de dollars pour la création d’un système de cybersécurité en Ukraine en 2017. Les fonds devaient être consacrés au « renforcement des capacités de l’Ukraine en matière de cybersécurité par le soutien à la réforme législative et réglementaire, la formation au cyberespace et la participation du secteur privé ». Au début de 2020, 8 millions de dollars supplémentaires ont été transférés dans le même but.

Un million de dollars a été promis par le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et des relations au travail du Département d’État américain en 2019 pour « promouvoir la liberté de l’Internet » en Ukraine. « L’objectif du programme est d’accroître la capacité des groupes à mener des actions de sensibilisation », est-il écrit sur le site web du ministère.

En mars 2020, il a également été rapporté que les autorités américaines ont accordé à l’Ukraine une subvention de 38 millions de dollars pour une campagne conjointe avec l’USAID «  L’identité nationale ukrainienne à travers l’activité des jeunes ». Selon les documents, la coopération quinquennale des autorités ukrainiennes, des militants publics et de l’USAID consiste à renforcer l’activité Internet des jeunes en Ukraine, la coopération avec les leaders d’opinion locaux, les hommes d’affaires et les influenceurs dans le segment russe d’Internet.

Qui fabrique une image positive de l’Ukraine

Le ministère ukrainien de la Politique de l’information (MIPU) a été l’organe exécutif responsable de la mise en œuvre du concept de communication stratégique jusqu’au 29 août 2019.

Le 29 août 2019, après la dissolution du ministère, ses fonctions ont été transférées au ministère ukrainien de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. Et il faut noter qu’après l’arrivée au pouvoir de Zelensky, la politique d’information dans le pays n’a pas beaucoup changé. Un exemple frappant est la préparation de la « loi sur la désinformation », élaborée sur la base du décret présidentiel « sur les mesures urgentes de réforme et de renforcement de l’État » N° 837/2019 du 8 novembre 2019.

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Le décret proposait au ministère « de créer un règlement sur les exigences et les normes en matière d’information, les mécanismes de distribution d’informations inexactes et déformées, d’interdire aux représentants russes de posséder ou de financer des médias en Ukraine, ainsi que de prévoir une responsabilité accrue en cas de violation de la législation sur l’information ». D’ailleurs, la censure continue de gagner du terrain.

L’impact de l’information à l’étranger est également traité par le ministère des Affaires étrangères, le service de sécurité ukrainien (SBU), le service de renseignement extérieur (SVR), la direction générale du renseignement et les centres d’information et d’opérations psychologiques des FOS des forces armées ukrainiennes.

En outre, en avril 2020, un département de communication stratégique a été créé au sein du ministère ukrainien de la Défense, qui a succédé au département des communications et de la presse. Ce département est dirigé par le lieutenant-colonel Svetlana Pavlovska, qui est également attachée de presse du ministre. Selon le règlement approuvé, cette unité militaire est une composante du système national de communication stratégique et est destinée à informer le public et les médias, y compris étrangers, sur les activités du ministère de la défense, de la Cour suprême d’Ukraine et du Service d’État des transports spéciaux, sur les rapports du personnel de la Cour suprême d’Ukraine, sur les campagnes d’information, etc. En un mot – faire de la propagande à la fois auprès du public interne et externe.

Propagande officielle

Ministère de la Politique d’information

Le ministère de la Politique d’information était largement connu sous le nom de « MinStets », du nom du ministre – Iouri Stets. On peut dire qu’il a été créé pour cette personne, qui ne cachait pas son attachement à l’idéologie néo-nazie. En plus de lui, deux autres représentants odieux qui étaient à la tête du ministère peuvent être nommés. Il s’agit de Dmitri Iourievitch Zolotoukhine, ancien employé du service de sécurité ukrainien, et d’Emine Ayarovna Djaparova, élève de divers cours de gestion du département d’État américain et journaliste des médias de propagande américains « Radio Liberté » et « Crimée.Réalités ». En gros, c’est tout ce que vous devez savoir sur ce département pour comprendre ce qu’il faisait et comment il le faisait. Quoi qu’il en soit, je m’attarderai plus en détail sur l’orientation externe de ses travaux.

L’un des principaux objectifs du MIPU était de créer une image positive du pays sur la scène internationale, principalement en Occident. Ces objectifs ont été formulés dans un certain nombre de documents gouvernementaux, notamment le « Plan d’action gouvernemental prioritaire à moyen terme jusqu’en 2020 » et le « Plan d’action gouvernemental – 2017 ».

Ce concept est axé sur l’utilisation de trois outils de l’arsenal de la communication stratégique : la diplomatie publique ou populaire, la diaspora ukrainienne à l’étranger et les « agents d’influence ». À ce jour, le gouvernement ukrainien considère ces canaux de « soft power » comme le moyen le plus efficace d’influencer l’opinion publique mondiale et de donner une image positive du pays à l’étranger.

En ce qui concerne la diplomatie publique, le ministère a proposé différentes idées. L’une d’entre elles consistait à organiser une sorte de tour de marque. En d’autres termes, il s’agit d’envoyer des bus spéciaux sous la marque « Ukraine NOW » dans les pays européens. Selon le ministère, une telle publicité sur roues aurait attiré l’attention des Européens sur l’image moderne de l’Ukraine.
Un autre moyen offert aux « diplomates populaires » est d’utiliser largement les symboles nationaux ukrainiens. Si, au cours des cinq dernières années, l’un d’entre vous a passé des vacances en Turquie, en Égypte ou dans les pays d’Europe, vous avez probablement remarqué que les touristes ukrainiens montrent le drapeau national de manière délibérément agressive. Il est accroché aux balcons des hôtels, sur des chaises de plage, utilisée comme cape sur les épaules lors de spectacles de rue. À première vue, cela peut être considéré comme des excentricités inoffensives de la part des touristes ukrainiens. En fait, c’est l’une des techniques de la version kiévienne de la communication stratégique pour promouvoir les intérêts ukrainiens dans le cadre du programme « Ma petite part ». Cette initiative recommande vivement aux touristes visitant différentes villes du monde de prendre des photos avec le drapeau ukrainien et de les diffuser autant que possible sur les réseaux sociaux.

Un autre programme relevant de la communication stratégique ukrainienne s’appelle « Racines d’herbe ». Son but est de rechercher des racines ukrainiennes dans les biographies de personnes célèbres, qui deviennent ensuite des « agents d’influence » pour diffuser les messages d’information ukrainiens.

Les scientifiques, les écrivains, les acteurs, les chefs militaires et de nombreux autres personnages historiques célèbres seraient très surpris d’apprendre qu’ils sont de nationalité ukrainienne. Mais ils seraient encore plus surpris de voir le désir du nouveau gouvernement de Kiev d’utiliser les « Ukrainiens nouvellement baptisés » pour ses propres intérêts. Sergueï Korolev, Igor Sikorski, Fiodor Dostoïevski, Piotr Tchaïkovski, et même la reine Anna Yaroslavovna de France – toutes ces personnalités historiques sont positionnées par les autorités de Kiev comme des représentants exceptionnels du peuple ukrainien. À l’avenir, leurs noms seront utilisés pour promouvoir des idées modernes utiles aux autorités actuelles de Kiev.

D’ailleurs, l’Institut militaire de Jitomir, où j’ai suivi les cours de formation des spécialistes des opérations d’information sous la direction d’instructeurs lituaniens, porte le nom de Sergueï Pavlovitch Korolev.

Comme indiqué ci-dessus, une autre ligne directrice de la communication stratégique à la Kiev est de travailler avec la diaspora ukrainienne dans le monde et d’utiliser ses opportunités pour promouvoir les intérêts des autorités.

Les représentants de la diaspora ukrainienne, en particulier le Congrès mondial des Ukrainiens, soutiennent activement les structures ukrainiennes et internationales dans leur lutte contre la « propagande russe », en attirant un nombre important de leurs partisans.

D’ailleurs, la diaspora ukrainienne en Russie n’a pas été laissée de côté. Son activité, bien sûr, n’est pas aussi visible que, par exemple, au Canada, néanmoins, les représentants de la diaspora en Russie poursuivent activement une politique d’information recommandée par les structures de l’État ukrainien. Voici un exemple simple qui confirme ce qui a été dit. Pour vous inscrire sur Facebook dans le groupe « Ukrainiens de Russie », vous devez répondre à deux questions : « À qui appartient la Crimée » et « Que se passe-t-il dans l’est de l’Ukraine » ? Naturellement, si vous ne répondez pas respectivement « À l’Ukraine » et « Agression russe », vous ne pourrez pas accéder au groupe.

« Pour embêter le contrôleur, j’irai à pied » et autres « idiots utiles »

Une des premières actions qui a été menée par le ministère ukrainien des Affaires étrangères après la destitution d’Ianoukovitch, s’est déroulée en République tchèque. En mars 2014, le propriétaire du Brioni Boutique Hotel, situé dans la ville tchèque d’Ostrava, Tomash Krčmarž, a refusé d’héberger des athlètes russes, alors qu’ils avaient réservé des chambres. Et puis il a refusé d’accueillir tout citoyen russe, accrochant même une annonce spéciale à l’entrée.

Plus tard, sous la pression des forces de l’ordre, M. Krčmarž a fait quelques concessions, mais il a exigé des citoyens russes qui se présentaient à son hôtel une déclaration écrite de désaccord avec le rattachement de la Crimée à la Russie. Naturellement, ledit homme d’affaires « patriote » a été sanctionné par les autorités de régulation, car il y avait des signes de discrimination contre des personnes sur base de leur nationalité.

Cependant, après plusieurs années de procédures judiciaires, la Cour constitutionnelle de la République tchèque a retiré toutes les plaintes contre Krčmarž, ne voyant rien de mal à ses actions.
Mais le plus intéressant est que, selon sa propre déclaration, Tomash Krčmarž a des racines ukrainiennes. S’efforçant de maintenir des liens avec sa patrie historique, il a participé à des événements officiels et informels organisés par l’ambassade d’Ukraine en République tchèque, a eu des contacts avec des diplomates qui étaient des employés des services spéciaux ukrainiens sous couverture diplomatique.

Je peux affirmer sans risque que la farce du propriétaire de l’hôtel n’était pas spontanée. L’idée est née à l’ambassade ukrainienne qui, fin février – début mars 2014, a commencé à recevoir des instructions des nouvelles autorités de Kiev. La mission diplomatique a été chargée d’obtenir d’urgence le soutien de la communauté internationale au coup d’État en Ukraine et le rejet de la sécession de la Crimée. Cette idée a été réalisée en République tchèque avec l’aide d’un résident local qui, depuis quelque temps déjà, avait été approché par des diplomates et était tombé dans les compliments et les souvenirs.

Naturellement, en Ukraine, les actions de ce monsieur ont été instantanément relayées dans les médias, qui ont appelé d’autres hôteliers à prendre exemple sur Tomash. Il a même été suggéré de lui décerner le titre de Héros de l’Ukraine. Et bien sûr, on a fait état de menaces envers le « patriote tchèque d’Ukraine » de la part de « méchants Russes » et d’agents du KGB-FSB de manière générale. Que puis-je dire – une méthode pour chaque occasion de la vie.

Référendum aux Pays-Bas sur l’accord d’association de l’Ukraine et de l’UE

Un exemple frappant de l’utilisation par la partie ukrainienne de méthodes de communication stratégique contre les pays occidentaux a été les actions par lesquelles l’Ukraine a essayé d’influencer les résultats du référendum aux Pays-Bas concernant la ratification de l’accord entre l’Ukraine et l’UE.

Ici, deux méthodes (telles que définies par le ministère ukrainien de la Politique d’information) ont été utilisées pour influencer la conscience néerlandaise de manière globale : la communication gouvernementale et la diplomatie publique. Pavel Klimkine, le ministre des Affaires étrangères, a été envoyé par le gouvernement aux Pays-Bas, afin de persuader personnellement les Néerlandais de voter en faveur de l’accord, en participant à une course cycliste. Grâce à la diplomatie publique, de nombreux militants ukrainiens et les célèbres athlètes de boxe, les frères Klitschko, ont débarqué aux Pays-Bas, et ont également essayé de convaincre les Néerlandais de soutenir le désir de l’Ukraine de rejoindre l’UE.

Comme le prévoit le concept de communication stratégique, les « diplomates populaires », étaient soutenus par les services secrets ukrainiens pendant le référendum. Selon les informations dont je dispose, si la tendance lors du vote était clairement défavorable à Kiev, les services de renseignement ukrainiens prévoyaient de perturber le référendum en utilisant leurs agents aux Pays-Bas. Il s’agissait notamment de l’utilisation d’un groupe de journalistes qui devaient créer une image négative du référendum et ainsi influencer la participation de la population. En vertu du droit local, si moins de 30 % de la population vote, le gouvernement a le droit de ne pas tenir compte des résultats du référendum.

Quel est le résultat final ? Malgré l’utilisation de ressources financières, humaines et organisationnelles assez importantes, comme le prescrit le concept de communication stratégique, la partie ukrainienne n’a pas réussi à atteindre ses objectifs. Lors du référendum, les citoyens néerlandais ont voté contre la ratification de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE.

Il est vrai que pour donner l’apparence d’une belle sortie de crise après la perte de la partie néerlandaise, la partie ukrainienne représentée par le ministre Klimkine a immédiatement déclaré que les résultats du référendum n’affecteront pas les aspirations européennes de l’Ukraine. Quoi qu’il en soit, Kiev a décidé de renforcer son complexe de communication stratégique vers l’Europe pour influencer l’opinion publique de l’Union européenne.

Comment placer la RPD et la RPL dans la liste des organisations terroristes

Continuant à accroître leurs efforts sur le front de l’information concernant le « théâtre de guerre européen », les officiels de Kiev ont activement impliqué le ministère des Affaires étrangères (MAE) en coopération avec les services secrets. De telles actions sont appelées opérations spéciales d’information. Un tel camouflage verbal est nécessaire pour dissimuler au public les objectifs et les techniques utilisées pour désinformer délibérément les audiences étrangères.

À titre d’exemple confirmant cette tactique de la communication stratégique ukrainienne, je vais citer un document et le commenter.

Letter from Ukrainian Foreign Ministry

Letter from Ukrainian Foreign Ministry

Lettre du ministre des affaires étrangères P. A. Klimkine au président P. A. Porochenko du 6 août 2014, code de classification : pour usage interne seulement

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Klimkine suggère au président Porochenko de concentrer les efforts de propagande de toutes les structures existantes sur le fait de convaincre le public étranger, que la RPD et la RPL sont des organisations terroristes. À cette fin, il est recommandé d’engager la responsabilité pénale du plus grand nombre possible de personnes pour des activités liées au terrorisme. En même temps, comme le recommande le ministre ukrainien des Affaires étrangères, pour convaincre les représentants des pays les plus pointilleux sur la pureté des documents juridiques, il est préférable que les décisions de justice relatives à ces affaires pénales soient déjà rendues.

Le public cible de cette opération était les dirigeants politiques des pays de l’UE, qu’il fallait persuader et pour lesquels il fallait créer artificiellement des arguments et des éléments d’information.

Plus tard, le chef de l’administration présidentielle, Boris Lojkine, a chargé le chef du SBU, Valentin Nalivaïtchenko, de « prendre immédiatement les mesures nécessaires pour fournir la justification juridique requise pour l’inclusion » de la RPD et de la RPL dans la liste des organisations terroristes de l’UE.

Letter from the Head of President's administration

Lettre du chef de cabinet du Président ukrainien au SBU

Vous comprenez où se situe le problème ? Les instances chargées de l’application de la loi sont encouragées à veiller à ce que le plus grand nombre possible de peines soient condamnées pour des articles du code pénal liés au terrorisme. Ainsi, il a été suggéré d’apposer a priori sur des centaines de milliers d’habitants de l’Ukraine, l’étiquette de soutien d’entités « terroristes ». Et la machine punitive a fonctionné. Pendant leur détention, on plaçait sur de nombreuses personnes des grenades et des cartouches pour les accuser de terrorisme. Il est difficile d’imaginer une façon plus insidieuse et plus sournoise de mener une opération spéciale d’information, que celle que les officiels de Kiev ont utilisée à l’égard des citoyens de leur propre pays.

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De nombreuses affaires de ce type se sont effondrées depuis devant les tribunaux. Et puisque jusqu’à présent l’Union Européenne n’a pas décidé d’inclure la RPD et la RPL dans ses listes d’organisations terroristes, cela veut dire que la partie ukrainienne n’a pas réussi à rassembler suffisamment de preuves contre ses citoyens qu’elle a accusés de terrorisme.

Désinformation de l’OSCE sur la situation dans la zone de conflit

Voici un autre exemple illustrant les tactiques de la communication stratégique ukrainienne.

Letter from Ukrainian Foreign Ministry

Letter from Ukrainian Foreign Ministry - Part 2

Letter from Ukrainian Foreign Ministry - Part 3

Lettre du ministère des Affaires étrangères aux autres départements de l’Ukraine

Comme il ressort clairement de ce document confidentiel, le ministère des Affaires étrangères demande aux structures étatiques ukrainiennes de présenter des contre-arguments réfutant les accusations que la mission de l’OSCE se prépare raisonnablement à porter contre l’Ukraine sur base des résultats de son travail dans la zone de l’opération anti-terroriste (ATO). Dans le même temps, les diplomates ukrainiens, énumérant des faits réels dans leur lettre, mettent intentionnellement le mot « accusations » entre guillemets, démontrant ainsi leur mépris pour la position de l’OSCE.

Entre-temps, les observateurs internationaux ont constaté de graves violations de la part des FAU (forces armées ukrainiennes). Ce document traite des opérations militaires menées contre des localités, de la violation du cessez-le-feu, et du placement de positions de tir d’artillerie lourde à l’intérieur des villes et villages.

Dans le même temps, le directeur du département de lutte contre les menaces venant de la fédération de Russie du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Plakhotniouk, a déclaré sans ambages que les « excuses » choisies seront utilisées par la partie ukrainienne pour réfuter toute accusation contre l’Ukraine.

Après cela, faut-il s’étonner que les parties n’aient pas réussi à adopter une déclaration commune sur les résultats de la mission de l’OSCE en Ukraine lors de la réunion régulière des ministres des affaires étrangères de l’OSCE ? Dans ce cas précis, la partie ukrainienne a réussi à neutraliser l’évaluation négative des activités de ses forces armées dans le Donbass et à imposer aux pays occidentaux un point de vue bénéfique pour Kiev.

La deuxième partie de l’enquête révélera les activités secrètes du SBU, du GUR et du SVR et leur l’impact sur la population et les dirigeants des pays occidentaux, en particulier la République tchèque et la Pologne.

Vassily Prozorov

Source : UKR-LEAKS

Article reproduit ici avec l'aimable autorisation de son auteur.


Personnes :

Petro Porochenko – Oligarque ukrainien, Président de l’Ukraine de 2014 à 2019.
Boris Lojkine – Homme d’affaires ukrainien et homme politique, chef de cabinet du Président ukrainien de juin 2014 à août 2016.
Valentin Nalivaïtchenko – Chef du SBU de 2006 à 2010, puis de 2014 à 2015.
Pavel Klimkine – Ministre ukrainien des Affaires étrangères de 2014 à 2019.
Andreï Plakhotniouk – Directeur du département de lutte contre les menaces venant de la fédération de Russie du ministère ukrainien des Affaires étrangères.
Iouri Stets – Ministre ukrainien de la Politique d’information de 2014 à 2019.
Dmitri Zolotoukhine – Vice-ministre de la Politique d’information de 2017 à 2019, ancien employé du SBU.
Emine Djaparova – Première Vice-ministre de la politique d’information de 2016 à 2019, diplômée de plusieurs cours de gestion du Département d’État américain, journaliste des sites de propagande américaine « Radio Liberté » et « Crimée.Réalités ».
Anastasia Bagriytchouk – Officier du 16e centre d’OPSI, unité A-1182, Jitomir
Tatiana Romanova – Officier du 74e centre d’OPSI, unité A-1277, Lvov

Organisations :

Le Conseil de sécurité nationale et de défense (CSND) – Organe de coordination placé sous l’autorité du président ukrainien chargé des questions de sécurité nationale et de défense.
Le ministère des Affaires étrangères (MAE) est l’organe étatique du pouvoir exécutif ukrainien qui met en œuvre la politique d’État concernant les relations extérieures de l’Ukraine avec les autres États et les organisations internationales.
Le ministère ukrainien de la Politique d’information (MUPI) est l’organe exécutif de l’État chargé de garantir la souveraineté de l’Ukraine en matière d’information et de surveiller la diffusion d’informations importantes sur le plan social en Ukraine et à l’étranger.
Le Service de sécurité ukrainien (SBU) est un organe spécial chargé de l’application de la loi, conçu pour assurer la sécurité de l’État. Il est subordonné au président ukrainien.
Le Service de renseignement extérieur de l’Ukraine (SVR) est un organe de l’État ukrainien engagé dans des activités de renseignement dans les domaines politique, économique, militaro-technique, scientifique, technique, informationnel et environnemental.
Le département de communication stratégique est une subdivision du ministère ukrainien de la Défense, conçue pour contrer les attaques informationnelles et mettre en œuvre une politique d’information commune au sein des forces armées ukrainiennes.
Le département principal du renseignement est l’agence de renseignement militaire du ministère ukrainien de la défense.
Les centres d’opérations psychologiques et d’information (OPSI) sont des unités militaires des forces d’opérations spéciales des forces armées ukrainiennes chargées de mener la guerre de l’information.



56 réactions


  • FaBiEn 8 juillet 22:19

    Du grand n’importe quoi comme d’hab...

    Du pur délire dans le néant...


    • Bernard Grua Bernard Grua 9 juillet 12:58

      Il est assez plaisant de lire Christelle Néant prendre la défense de l’Europe. La vie est pleine de paradoxes et de surprises. A quand une candidature de la DNR et de la LNR à l’Union Européenne ? On attend de notre « reporter terrain » qu’elle soit la première à livrer ce scoop.


    • skirlet 9 juillet 14:29

      Comme le disait Kozma Proutkov, « si tu as une fontaine, bouche-la : laisse la fontaine se reposer aussi », alias « la parole est d’argent, mais le silence est d’or » ce qui signifie que ne rien dire si tu n’as rien d’intelligent à dire est plutôt sympa.


    • JC_Lavau JC_Lavau 9 juillet 14:44

      Grua. Il n’y a aucune limite aux malheurs que tu souhaites aux jeunes républiques du Donbass.


    • Christelle Néant Christelle Néant 9 juillet 16:23

      @Bernard Grua
      Je crois que vous avez besoin de lunettes, ou de retourner en cours de lecture de CP-CE1. Expliquer en quoi l’Europe s’est prise les pieds dans le râteau ukrainien, en se prenant dans la tronche les méthodes douteuses auxquelles elle a entraîné l’Ukraine ce n’est pas défendre l’Europe. C’est lui mettre le nez dans son propre purin. Et vous avez aussi oublié de regarder la signature en bas de l’article. Vous pouvez donc de suite arrêter vos fantasmes délirants.


    • FaBiEn 9 juillet 19:16

      @Bernard Grua, Non elle n’est pas du coté de l’Europe,

      C’est une pro-Russe aigrie qui vit dans l’ancienne partie de l’Ukraine qui leur a maintenant été volée par ses alliés.

      Et elle a pour habitude d’agresser les personnes qui n’ont pas la même opinion qu’elle sur les forum, une vrai démocrate quoi...

       smiley


    • Christelle Néant Christelle Néant 9 juillet 19:18

      Je ne suis pas aigrie et le Donbass n’a été volé par personne. Je n’agresse pas les gens qui n’ont pas la même opinion que moi, je remet à leur place les trolls dans votre genre qui racontent des âneries. Alors oui ca pique un peu pour ceux comme vous qui vivent dans le monde merveilleux des bisounours et qui se font rappeler à la réalité, mais faut grandir un jour.


    • skirlet 9 juillet 23:20

      Ce gugusse est infichu de distinguer le russe de l’ukrainien et de lire ne serait-ce qu’une page de Wikipédia, sans parler des sources plus sérieuses, alors rien d’étonnant qu’il émet autant de bêtises au millimètre carré...


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 00:51

      @Cristelle néant. Vous semblez piquée au vif. J’en suis désolé. Et moi qui vous complimentais sur votre civisme européen. L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est-ce pas ? Après, je dois vous avouer que je ne vous lis pas. C’était juste le titre, sur lequel j’étais tombé par hasard. Cela ne m’empêche pas d’’admirer votre talent prolifique à inventer des histoires. Et, que diable, ne faisons pas la fine bouche ! Le volume compense largement la médiocrité de la plume et l’absence de courtoisie du propos.
      Quand vous irez porter le dossier de la DNR à Bruxelles, buvez donc une bière à ma santé.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 01:07

      @FaBIEn. Merci de ces précisions. smiley


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 juillet 01:36

      Piquée au vif ? Nullement. Ne vous donnez pas une importance que vous n’avez pas. Je suis juste effarée de voir que vous êtes toujours incapable de comprendre/lire un article avant de commenter, ce qui fait que vous sortez contresens sur contresens, et âneries sur âneries.
      Contrairement à vous je n’invente pas d’histoires, je rapporte des faits. Que vous ne les aimiez pas je m’en fous comme de ma première pampers.
      Et pour ce qui est de souhaiter que les habitants du Donbass vivent en sécurité sous un régime qu’ils ont choisi, ça tombe bien ils ont choisi en 2014 de quitter l’Ukraine ne vous en déplaise. Donc si vous étiez honnête vous seriez contre l’envoi de l’armée contre la population du Donbass.
      Pour le reste votre second commentaire est diffamatoire. Il sera donc traité comme tel.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 10:45

      @Christelle Néant Voyons, voyons, il n’y a pas lieu d’être « effarée ». Que certains, dont je fais partie, ne perdent pas de temps à lire vos papiers, c’est la vie ma petite dame. Après, il me semble que l’on a le droit de trouver cocasse un de vos titres.


    • skirlet 10 juillet 13:33

      Ah que les grands esprits se rencontrent... Le flot de conscience du dénommé Bernard Grua me rappelle un membre de l’Union des écrivains soviétiques (dont le nom est resté inconnu à la postérité) qui a déclaré : « Je n’ai pas lu cet écrivain, mais je le désapprouve totalement ! » Ce sujet trouve également son écho chez Mikhaïl Boulgakov dans le roman « Maître et Marguerite » :

      – Eh bien quoi, mes vers ne vous plaisent pas ? demanda Ivan avec curiosité.
      – Ils me font horreur.
      – Et lesquels avez-vous lus ?
      – Mais je n’ai jamais lu aucun vers de vous ! s’exclama nerveusement le visiteur.
      – Alors, comment pouvez-vous dire … ?
      – Eh ben quoi ? dit l’inconnu. Comme si je n’en avais pas lu d’autres.

      Les classiques sont souvent de fins psychologues et décrivent bien les personnages dont Bernard Grua est un digne successeur. Ces personnages ne perdent pas leur temps à lire ni à s’informer, et de ce fait ils n’ont rien de probant à dire. Mais pour donner de l’importance à leur petite personne, ils viennent taquiner les autres rien que pour se montrer... Heureusement, la lecture de leur prose prend très peu de temps car cette dernière est très insignifiante, ce qui libère un peu de temps pour s’amuser en les décrivant en tant que spécimens pas très intéressants mais assez courants.


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 juillet 14:23

      @Bernard Grua,
      Je confirme qu’il vous faut d’urgence retourner prendre des cours de lecture niveau CP et CE1, car vous êtes incapable de comprendre ce que vous lisez (mes commentaires en l’occurrence). Moi qui croyait que l’école obligatoire et gratuite avait éradiqué l’analphabétisme en France...
      Ce qui m’effare ce n’est pas que vous ne me lisiez pas, ça je m’en fous totalement. Ce qui est effarant c’est que vous commentiez sans lire et sans comprendre ce que vous lisez. Résultat vous commentez systématiquement à côté de la plaque, et vous passez pour un idiot à chaque commentaire. Mais ça c’est votre problème, pas le mien. smiley


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 16:11

      @Christelle Néant. Dommage qu’il n’y ait pas de cocotiers à Donetsk, vous y grimpez à la première contrariété. Détendez-vous, il n’y a rien de grave. Le texte que vous avez recopié pour « faire » cet article ne mérite pas que vous vous mettiez dans cet état. Il y a quand même des trucs plus importants dans la vie.
      Permettez-moi de vous redire que j’ai adoré votre titre qui est du bon marketing pour un produit proposé ne présentant aucun intérêt. Quel art pour accomoder les restes ! 
      Oui, c’est quoi, en fait, ce papier ? Une taupe, qui veut tenter de prouver qu’il a fait le boulot pour lequel il était payé. Même si le résultat est, il faut le reconnaître, indigent.
      Vous savez, et c’est là que cela devient intéressant, je me demande si ce type n’a pas été retourné par le SBU et qu’il refile au FSB des documents sans importance, méritant d’être déclassifiés. Si tel est le cas, les Ukrops pourront vous dire, une fois de plus, merci.


    • skirlet 10 juillet 16:51

      Наша песня хороша, начинай сначала smiley


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 17:37

      @Skirlet « la lecture de leur prose prend très peu de temps car cette dernière est très insignifiante »...
      Bon, je me suis dit, voilà un monsieur qui doit écrire. Allons voir. Cela a été rapide. Aucun article publié. « ce qui libère un peu de temps pour s’amuser ». Effectivement, il s’amuse : 1705 commentaires postés. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 juillet 17:42

      @Bernard Grua
      En plus de ne pas savoir lire vous prenez vos fantasmes pour la réalité. Il n’y a aucune contrariété provoquée chez moi par vos propos dont le niveau d’indigence et de bêtise crasse est tellement abyssal qu’il descend plus bas que le point le plus bas de la fosse des Mariannes.

      Je ne me mets dans aucun état. Vos commentaires indigents me font rire si vous saviez. Je dois me retenir pour ne pas vous rire à la figure quand je vous répond.

      Vous pouvez essayer de minimiser ce que dit cet article, la vérité est là. Et croyez moi c’est pas fini. Ces documents ne sont pas sans importances et d’autres qui viennent d’être divulgués aujourd’hui par d’autres recoupent ceux de Prozorov et prouvent que l’Ukraine non seulement fait de l’ingérence envers d’autres états, y compris lors des élections américaines de 2016, mais qu’en plus c’est un État terroriste.

      Ouille ca va vous faire mal quand vous allez vous assoir d’avoir soutenu un pays comme celui là. Je vous conseille d’en trouver un de cocotier et vite pour y grimper et vous y cacher quand votre soutien à un état terroriste et totalement corrompu vous éclaboussera.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 19:00

      @Christelle Néant. Je mettais vos propos sur le compte de la contrariété. Ok, je me suis trompé. Force est donc de reconnaître, qu’il s’agit de votre façon normale de vous exprimer...

      En ce qui concerne le papier que nous commentons, il ne vous a peut-être pas échappé que j’ai fini par le lire. J’aurais mieux fait de m’en abstenir. Je le trouve vide. Nous ne sommes pas d’accord à son sujet. Ce n’est pas grave. Évitons les emportements et les insultes de cour d’école. En ce qui me concerne, j’ai passé l’âge. Vous aussi, je l’espère.

      Nous n’avons pas les mêmes expériences en termes militaires, en terme de renseignement, en terme géopolitiques et en termes géographiques.
      Vous ne connaissez que le Donbass, d’après le Maidan. Un Donbass qui a perdu près de 2 millions de ses habitants. Un Donbass qui a reçu une population interlope de tout le continent venue s’affronter par-dessus une ligne de front. Je connais l’Ukraine et la Russie de St Petersbourg à Vladivostok. J’ai vécu avec des Russes de toutes conditions et de différentes nationalités. J’ai écrit à ce sujet, sur ce média et sur « Russia Beyond ». Vous fréquentez des rebelles « ukrainiens », des proxy russes et des mercenaires de toutes origines. Nous n’avons pas les mêmes relations dans cette partie du monde.
      Votre photo de profil est celle d’une personne revêtue de la tenue de combat que vous portiez dans une zone sécurisée. Si cela vous fait plaisir, pourquoi pas ? Moi, de mon passage dans l’armée de terre et dans la Marine, j’ai appris que le port de la tenue de combat dans la vie civile, en France, est interdit.

      Forcément, toutes ces différences peuvent que conduire à des appréciations divergentes, sans même parler de vos valeurs, qui, je pense, sont assez différentes des miennes. Alors pourquoi pourrions nous avoir le même avis sur les tribulations d’une petite taupe ? Ce 0,07 shashlik-vodka vous fascine ? Grand bien vous fasse !

      Enfin, l’Europe n’est pas une chasse gardée. Je comprends qu’après ces années à Donetsk vous en rêviez, comme tous les Russes que j’ai rencontrés en Russie d’Europe ou en Sibérie. Un jour, qui sait, vous serez remerciée pour avoir alerté l’UE sur le grave danger que représentent les menées, subversives à vous en croire, de l’Ukraine à son égard. Je reconnaîtrai, alors, que je me suis trompé.


    • JC_Lavau JC_Lavau 10 juillet 19:44

      Grua : « tenue de combat que vous portiez dans une zone sécurisée ». Sécurisée ? Et tu prouves cela comment ? Les tireurs de bécasseaux, snipers, tu connais ? Il y en a qui tirent au 12,7 mm, antichar.


    • skirlet 10 juillet 19:54

      @Bernard Grua

      Chuis flattée : vous avez pris le temps pour aller voir mon modeste profil smiley Eh non, je n’écris pas sur Avox, je ne suis pas la seule à m’être inscrite pour pouvoir commenter. Car, comme je l’ai dit plus haut, « la parole est d’argent et le silence est d’or » : ma modestie innée ne me permet pas de pondre des articles sans une réelle valeur ajoutée, contrairement à certains que je m’abstiens de montrer de doigt. En ce qui concerne l’amusement, je ne vous arrive pas à la semelle, parce que je lis les articles avant de les commenter (contrairement à certains que je m’abstiens de montrer de doigt). Pour m’amuser encore mieux, j’ai jeté un oeil sur votre profil. Russophile, vous dites ? “Минуй нас пуще всех печалей и барский гнев, и барская любовь”, ou sinon avec de tels amis on n’a pas besoin d’ennemis.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 20:05

      @JC_Lavau Et la tenue de combat est très utile contre un 12,7 mm, antichar... Comme le camescope.


    • JC_Lavau JC_Lavau 10 juillet 20:25

      Grua. La malveillance te sert de cerveau.

      Je n’ai fait non plus aucune énumération de la variété de schrapnels.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 20:31

      @Skirlet Je vous suggère de relire mon premier commentaire. Je ne parlais que du titre. Je connais trop la prose de Christelle Néant pour avoir envie de la lire. Mais quand j’ai compris que ce n’était qu’un copié-collé, j’ai voulu savoir quel était le 0,07 qui en était à l’origine. Ainsi que j’ai eu l’occasion de l’écrire, je n’ai pas vu de scoop. Ce qui rendait encore plus délirant le titre fracassant.
      Maintenant parlons de vos « lectures ». Oui, j’aime la Russie, mais pas Poutine. Après tout, demande-t-on au Russe francophile d’aimer Macron, ou précédemment, Chirac, Sarkozy et Hollande ? Maintenant, je cite votre jugement : « Russophile, vous dites ? “Минуй нас пуще всех печалей и барский гнев, и барская любовь”, ou sinon avec de tels amis on n’a pas besoin d’ennemis. » A l’évidence, vous n’avez lu aucun de mes papiers sur la Russie et publiés sur Agoravox. Je n’en fais pas une affaire. Sur les dizaines de milliers de lecteurs, je ne suis pas à une Skirlet près. Je note, juste, que malgré votre « modestie innée » vous vous prenez les pieds dans votre reproche tournant en boucle. Cela ne traduit-il pas plutôt un sérieux manque d’inspiration. Dans ce cas, le silence est d’or, effectivement.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 20:34

      @JC_Lavau. Il est peut-être possible d’éviter la grossièreté dans les commentaires, non ? 


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 juillet 21:30

      @Bernard Grua
       smiley smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

       smiley

      Je suis morte de rire, non sérieusement, y a tellement d’âneries dans votre commentaire que j’ai cessé de les compter dès le troisième paragraphe.
      Pour citer Vladimir Vladimirovitch qui s’est retrouvé face à ce genre de situation : Vous me faites rire. Merci. Ça fait du bien de rire après une dure journée de travail.
      Franchement c’est une performance pour entrer au 95 Квартал afin de remplacer Zelensky qui n’a plus le temps de jouer les clowns ? Allez admettez-le que vous cherchez à vous reconvertir dans le comique....
      Vous croyez toujours que la RPD et la RPL ont perdu 2 millions d’habitants, alors que les bouchons dans le centre de Donetsk prouvent que la plupart sont revenus dès que les bombardements ont suffisamment diminué d’intensité (contrairement à vous j’ai vu l’évolution de 2016 à maintenant). La population des deux républiques est quasiment identique à celle d’avant la guerre.
      Vous ne connaissez ni le Donbass, ni l’Ukraine ni la Russie. Il ne suffit pas d’avoir voyagé et d’avoir vécu avec les gens, il faut être capable de comprendre l’autre et de ne pas transposer sur lui ses propres biais et croyances. Et vous n’en êtes pas capable. Vous croyez vraiment que tous les Russes et moi-même rêvons de l’Europe ? Morte de rire smiley smiley smiley Rien que cette phrase montre que vous n’avez rien compris à rien de ce que vous avez vu, lu et entendu. Regardez ce pour quoi les Russes ont voté dans les amendements à la constitution russe. Ce qu’ils pensent dans leur grande majorité des valeurs de cette Europe à laquelle vous pensez qu’ils rêvent. Rien que ça décrédibilise totalement votre propos.
      Tout comme votre appréciation de ma tenue. L’aéroport de Donetsk une zone sécurisée ? Vous êtes sérieux ? C’est une position militaire. Sans parler de votre comparaison ridicule de la France, qui est un pays en paix, au Donbass qui est toujours une zone de guerre active soumise à la loi martiale.
      Vous vivez en pleine féérie. J’ai rarement vu des gens aussi déconnectés de la réalité que vous l’êtes. Mais au moins ça me fait rire un bon coup de lire vos âneries.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 21:52

      Merci pour cette longue réponse.


    • skirlet 11 juillet 00:31

      @Bernard Grua

      J’ai fait un effort de lire votre prose à vous... Mouais, avec ces titres quelque peu (?) racoleurs que vous mettez à vos articles (surtout ceux qui se terminent par le point d’interrogation) il n’y a pas de quoi venir attaquer Christelle ad hominem, procédé pas très honnête décrit, entre autres, par Karel Čapek. Peu me chaut le nombre de « vos » lecteurs, il n’a aucune incidence sur mon avis. Peu me chaut également si vous aimez Poutine ou pas après tout, il n’est pas un billet de 500 euros pour plaîre à tout le monde. Mais cette déclaration conjuguée à ce que vous mettez dans vos écrits donne une idée sur votre personnage. J’en ai déjà vu des « russophiles » comme ça, et l’extrait que vous avez cité reste valable. De plus, se déclarer « ukrainophile » dans le contexte actuel est tout aussi parlant. En tout cas, vous avez l’air préférer l’argent plutôt que l’or...


    • skirlet 11 juillet 00:47

      @Christelle Néant

      Tu as raison : il y avait une époque où les Russes rêvaient de l’Europe et des « States ». Je le confirme, chuis témoin smiley Mas cette époque est révolue depuis un bon moment déjà, et je crois que notre ami Bernard n’actualise pas ses infos ou côtoie cette frange de la population russe qui continue à rêver, en oubliant (ou en occultant) le fait qu’elle est très minoritaire.


    • Bernard Grua Bernard Grua 11 juillet 11:56

      Mes amis russes sont principalement des Sibériens. Je n’en connais que très peu à Moscou et à St Petersbourg. Donc, je confirme ce que j’écrivais à Christelle Néant. Nous ne cotoyons pas les mêmes personnes. Libre à vous de penser que je ne connais qu’une minorité et que vous connaissez les représentants de l’opinion majoritaire. En tout cas, les Russes avec qui j’ai échangé sur leur pays le connaissent très mal, même s’ils affirment qu’il s’agit du plus beau pays du monde.

      Ce patriotisme affiché n’est pas en phase avec la surprise voire les mises en garde qu’ils manifestaient quant aux diférents endroits que je visitais ou que je voulais visiter dans leur pays. Je confirme que la Turquie ou l’Europe sont bien leurs destinations privilégiées.En Russie, je n’invente rien vous le savez, pour dire qu’un objet est de qualité, on dit qu’il est européen.

      Il y a un double discours, inaccessible aux Français, qui demande du discernement. Rien ne change. Le discours politiquement correct ou conforme à l’idéologie, est celui systématiquement affiché. Les discussions franches sont réservées à la cuisine, après plusieurs verres de vodka. Ce ne sont pas des propos qui se tiennent sur les forums. 

      Finalement l’amour sincère de la Russie, vous le trouvez en Asie Centrale. Principalement de la part de ceux qui y ont fait leur service militaire. Peut-être est-ce seulement leur jeunesse quils regrettent ? Mais il me semble que c’est plus profond que cela.

      Pour ce qui est des habitants ou ex habitants du Donbass, je ne les ai pas rencontrés localement. Je le reconnais En revanche j’ai été convié à une réunion de réfugiés à Kiev. J’ai aussi accueilli, à Nantes, une maman et ses deux filles de Donetsk qui avaient fui la guerre. https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/olga-et-ses-filles-ont-fui-lukraine-et-la-guerre-2772658

      Je voudrais, par ailleurs, souligner que de très nombreux fils et filles des Dirigeants russes vivent en Occident. Cela peut, au moins, questionner.

      Bref, tout ceci appelle la nuance et montre qu’on ne peut pas se contenter d’affirmations lapidaires. Enfin, pour conclure sur une touche d’humour vous savez probablement que l’un des centres commerciaux les plus appréciés de Moscou est le « Evropeisky Shopping Centre ».
      https://www.inyourpocket.com/moscow/evropeisky-shopping-centre_41004v
      Son emblême est le symbole de l’Euro. 
      https://bernardgrua.files.wordpress.com/2020/07/1_g2jgar7jvklhjal1rxfhjq.jpe g


    • skirlet 11 juillet 16:22

      En tant qu’originaire du Donbass, qui était encore au pays en 1989, j’aurais pu dire plusieurs choses sur « Olga et ses filles », ainsi que sur le style de cet article, mais trop la flemme. Une seule chose : si tu essaies de t’accrocher en France, il faut dire les choses que l’on veut entendre. Mea culpa, j’ai fait presque pareil à une certaine époque. C’est pas très glorieux, mais c’est de la survie. Elle se sentait « Ukrainienne » en habitant à Donetsk ? Ça c’est franchement ridicule.

      Et oui, c’est vrai : il y avait une époque où on fantasmait sur l’Occident, vu que toute l’information nous venait essentiellement des films. On pensait naïvement que « chez eux », c’est comme « chez nous » mais en mieux. Que tout ce qui est bien est préservé, et tout ce qui n’est pas bien est corrigé. C’est évidemment faux, et maintenant que les gens voyagent et même s’installent à l’étranger (provisoirement ou pas), ils peuvent s’en rendre compte d’eux-mêmes. Il y a eu également une ruée des jeunes filles désirant épouser un étranger, voici une chanson de l’époque qui illustre la situation... Beaucoup ont déchanté. Et ne confondons pas les « élites » qui ont fait des investissements à l’étranger quand le pays allait mal et les autres.

      Les discussions franches sont réservées à la cuisine, après plusieurs verres de vodka.

      Parce que le KGB veille ? smiley Sur les forums, il y a des critiques parfois tellement violentes qu’en France leurs « émetteurs » seraient déjà en préventive. Et franchement, si on voit que l’étranger voudrait entendre telle ou telle chose, pourquoi ne pas la lui dire... Ce n’est pas difficile et ça lui fait plaisir. Il ne s’agit même pas de l’hypocrisie mais d’une forme de politesse. Un étranger reste un étranger, et on ne lui parlera jamais comme à un « sien ».

      En ce qui concerne le Donbass, vous dites ne pas y être venu. Tout est dit.


    • Daruma 12 juillet 07:26

      Je me suis dit la même chose en lisant son commentaire. Je crois qu’à force de se vautrer dans le mensonge et le déni on en devient stupide. J’ai beau être préparé et habitué à ce genre de réactions, ça m’étonne toujours. Heureusement, je commence à être immunisé. Du moins c’est ce que je croyais. Il y a quelques semaines je discutais avec un Ukrainien. Un type sympa et qui m’avait l’air assez intelligent... jusqu’à ce qu’il me dise, en parlant du Maïdan : « Американцы не при чём » (les Américains n’y sont pour rien, les Américains n’ont rien à voir là-dedans). Les bras m’en sont tombés. Evidemment, je n’ai pas poursuivi la discussion, découragé par l’ampleur de la tâche qui m’attendait et par l’effort titanesque que je devrais fournir si je voulais essayer de le convaincre. J’ai donc changé de sujet. En y repensant, le soir, je me suis dit qu’il me serait moins difficile d’escalader l’Everest que d’arriver à lui faire comprendre à quel point il se trompe.


    • Daruma 12 juillet 07:36

      Ce message était adressé à Christelle Néant.


    • Christelle Néant Christelle Néant 12 juillet 13:05

      @Daruma

      Ah oui là effectivement ça va loin rayon déni. Les photos de Nulland avec ses cookies sur le Maïdan sont pas secrètes pourtant...


    • skirlet 12 juillet 16:08

      @Daruma

      Je m’excuse sauvagement, mais c’est « ни при чём » smiley Faute courante même parmi les natifs, ce qui n’enlève rien au sens de votre commentaire : il se peut que pour certains ce déni est une sorte de défense psychologique. Parce qu’il faut être vraiment galactiquement stupide pour nier une telle évidence...


    • Daruma 12 juillet 22:54

      @skirlet Merci pour la correction. J’avais un doute, ma première intuition était donc la bonne. Ensuite j’ai eu la flemme de chercher. smiley

      En ce qui concerne le type, il n’est pas stupide, c’est ça le drame. Quand une personne est endoctrinée à ce point, malheureusement vous ne pouvez rien faire car tout ce que vous dites et les preuves que vous exhibez ne servent à rien. Elle est enfermée dans ce qui s’apparente à une croyance religieuse. Toute discussion est donc totalement inutile, et la phrase célèbre de Descartes « Le bons-sens est la chose du monde la mieux partagée » vous semblera bien ironique. La seule chose qu’on puisse faire c’est d’instiller le doute, genre « que faisait le directeur de la CIA en Ukraine quelques jours après le Maïdan ? », dans l’espoir que cette graine germera un jour, puis changer de sujet. Et il ne faut pas être ambitieux en abordant un niveau de compréhension du réel trop profond : je ne me fatigue pas, par exemple, à leur parler de l’Etat profond américain ; cela aurait le même effet que si je leur disais que des petits hommes verts ont atterri dans mon jardin.

      François Bégaudeau décrit très bien la bêtise des « intelligents » dans son livre Histoire de ta Bêtise. Il nous explique comment une personne bien outillée intellectuellement peut s’abêtir ou se montrer intelligemment bête quand elle refuse une réalité qui la dérange.


    • skirlet 13 juillet 14:02

      @Daruma
      De rien smiley
      En fait, la stupidité ou l’intelligence de chacun est une chose relative : on peut être compétent dans un domaine, se débrouiller dans un autre (ou plusieurs), mais il en reste beaucoup où on n’est pas compétent... Et là, on est bien obligé de se fier à ceux qui y sont compétents, parce que se former en tout est impossible. Après, on peut faire confiance tout en branchant son cerveau et en recoupant plusieurs infos sur le sujet. C’est là que la psychologie s’en mêle : si on a envie que les choses soient ainsi et pas autrement, on a tendance de sélectionner les infos allant dans le « bon » sens et occulter les autres. Comme le disait le poète, ах, обмануть меня несложно, я сам обманываться рад. Il est parfois plus facile de vivre en fermant les yeux sur la réalité... Ceci dit, je ne connais pas du tout ce gars, et loin de moi l’idée de le dédouaner smiley
      Je ne connaissais pas ce livre de François Bégaudeau. Merci, je vais y voir de plus près smiley


    • Daruma 13 juillet 17:57

      @skirlet 

      Je suis entièrement d’accord avec vous. L’erreur, on peut la corriger. Avec l’illusion, c’est une autre paire de manches : elle persiste même quand on a prouvé sa fausseté, parce qu’on veut continuer à croire. En politique, ça consiste à penser que si une chose ne marche pas c’est qu’il faut encore plus de cette même chose, par exemple plus d’Union Européenne. Se greffe là-dessus la peur de reconnaître qu’on s’était trompé depuis le début : trop douloureux pour l’ego.

      Il faut arrêter de s’étonner qu’une personne intelligente puisse défendre intelligemment une thèse fausse et sombrer dans la bêtise. Elle saura défendre son opinion mais sera incapable de se rendre compte que son expérience subjective, ses croyances, ses préjugés, ses affinités et ses émotions la piègent dans une perception déformée de la réalité. La pensée de clan fait le reste : elle s’entoure de gens qui pensent comme elle et qui la confortent dans ses croyances. L’auto-duperie ne concerne pas des gens comme Attali ou BHL, qui sont de simples ordures machiavéliques. Je la vois plutôt chez un Raphaël Enthoven. Il est brillant, cultivé, supérieurement intelligent, mais il est pétri de phobies qui l’empêchent de percevoir la réalité : russophobie, poutinophobie, populismophobie, giletjaunophobie, démocratophobie, identitairophobie, patriotismophobie… Cela dit, on a beau comprendre les mécanismes de l’auto-duperie et de l’auto-aveuglement (qui atteint des sommets stratosphériques en Ukraine et aux États-Unis), je reconnais qu’il est difficile de ne pas céder à l’exaspération.


  • sls0 sls0 9 juillet 14:12

    Un responsable US de l’OTAN vient d’annoncer que l’OTAN ne bougera pas en cas de conflit entre l’Ukraine et la Russie. Ça devrait ce calmer coté Ukrainien.


    • skirlet 9 juillet 14:30

      Rien ne peut calmer le côté ukrainien, c’est dans la tête...


    • Christelle Néant Christelle Néant 9 juillet 16:26

      Merci pour le lien, très intéressant.


    • Guy19550 Guy19550 9 juillet 18:49

      C’est pas aussi simple. Les cowboys font des agrandissements dans le port de Kherson et de ce fait ils sont déjà concernés par un conflit à venir. On le voit à d’autres choses également (suffit de regarder les brits, les canadiens et les cowboys). Peu importe que l’Otan intervienne ou pas. Disons qu’en un premier temps, il n’y aura pas d’intervention, mais si l’Ukraine entre dans l’Otan par la suite, cela deviendra possible. 


  • Guy19550 Guy19550 9 juillet 15:12

    Olala, c’est de la haute voltige et franchement, moi pas être capable de juger des « idéaux » que l’Ukraine a essayé de développer. Cela va très loin, il est vrai mais là, moi je décroche.

    Ce que je sais, c’est que ni les US ni les européens n’ont acceptés l’appelation de « terroristes » pour les républiques, que Klimkin s’est ridiculisé au parlement européen quand il a été question de réintégrer la délégation de Russie. Et pour le reste, je préfère et de loin, me baser sur des faits précis pour arriver à une conclusion.

    La notion de guerre hybride est soutenue par l’Allemagne (Merkel l’a reconnu ouvertement), Obama a reconnu que le putch a été appuyé par les cowboys pour donner une chance à l’opposition. Maintenant, l’histoire est un perpétuel recommencement et il y en a qui ont déjà déchanté, mais pas tous encore.

    L’Ukraine a maintenant moins de crédit en Europe qu’avant, les cowboys un peu plus qu’avant... mais croire que le monde va changer et devenir raisonnable est futile et ridicule, car l’homme est une bête, c’est en fin de compte le seul animal qui tue par plaisir. 


  • La Hyr La Hyr 9 juillet 15:28


    Pris dans le piège ukrainien…..d’une patate chaude...

    cette nommée Ingénierie sociale ou pratique de manipulation psychologique à des fins d’ escroqueries….

    Pour les plus méticuleux l’on pourrait comme savent le faire certains milieux juridiques français….afficher « un mur des cons »….pour y épingler...la liste non exhaustive des adhérents d’Ukraine et d’autres pays européens.

    La Répoublique française devrait y être pointée car elle a des super stars de ce niveau, suivez du regard mon index, il ne pointe pas la lune, mais une géante du système : Jupiter.


    Vassily a fait le Job...bon travail Christelle.


  • Guy19550 Guy19550 9 juillet 15:31

    https://tass.com/politics/1176461

    curieux pour la suite...


  • Guy19550 Guy19550 9 juillet 18:27

    pour savoir sur quel pied danser. Dès que l’Ukraine sort des accords de Minsk, des choses peuvent changer pour chacune des parties et s’ils ne sortent pas, on va continuer éternellement comme maintenant avec des emplâtres. Je crois que tout le monde réalise ce qu’il en est exactement mais que personne ne veut prendre une décision qui malgré tout devra se prendre par la suite.


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 20:47

      L’Ukraine déteste les accords de Minsk mais elle n’en sortira pas. Abandonner Minsk, cela voudrait dire abandonner les sanctions contre la Russie. Aucun homme politique ukrainien ne prendrait un tel risque face à l’opinion.


    • Daruma 12 juillet 09:09

      @Bernard Grua Christelle Néant a raison quand elle dit que vous vivez dans une réalité fantasmée. De quelle opinion parlez-vous ? L’opinion publique ? Parce que vous croyez qu’elle est homogène ? Vous croyez que la majorité veut les sanctions anti-russes ? Je vis en Ukraine. Je peux vous dire que la majorité silencieuse n’est pas favorable aux sanctions et n’est pas hostile à la Russie. Mais elle est obligée de se faire discrète. Dois-je vous expliquer pourquoi ? Ce que vous appelez l’opinion c’est la partie, non négligeable malheureusement, de la population qui s’est laissé infecter par la propagande. Ils sont plus visibles car ils se sentent forts, ils se sentent légitimes et sont persuadés d’avoir raison puisque ce qu’ils « pensent » c’est ce qu’ils entendent tous les jours à la télé.

      Un exemple. Il y a quelques semaines, je me trouvais à un repas de famille. C’était un anniversaire. A un moment, la personne dont c’était l’anniversaire (elle fêtait ses 26 ans) me dit, de but en blanc : « Tu dois apprendre l’ukrainien puisque tu vis en Ukraine. » Je lui ai répondu que j’apprendrais volontiers l’ukrainien s’il n’était pas, depuis quelques années, associé à un nationalisme mortifère qui veut s’imposer en écrasant toutes les différences." Silence gêné de la vingtaine de personnes attablées. En partie pour ne pas gâcher l’anniversaire par un débat politique houleux et ainsi éviter les disputes, mais surtout pour ne pas contrarier la personne dont c’est l’anniversaire. Il faut préciser qu’il travaille pour l’administration. Vu son jeune âge et, surtout, vu sa profession, rien d’étonnant à ce qu’il ait été endoctriné. Seul le père m’a dit qu’il était d’accord avec moi. En observant les convives, j’ai compris qu’il disait ce que tous pensaient tout bas. Evidemment la situation aurait été différente à Lvov. Mais dans le sud de l’Ukraine, ce sont surtout les jeunes, désireux de s’occidentaliser, qui sont endoctrinés. Les autres sont conscients de toute cette mascarade absurde et suicidaire.

      Tout ça pour dire que le risque c’est de s’exposer à la furie des groupes extrémistes. Ceux qui sont contre l’annulation des sanctions mais ne sont pas extrémistes seront mécontents, manifesteront peut-être, mais ne se livreront pas à des actes de violence.


    • skirlet 12 juillet 16:17

      Oui, c’est vrai pour l’ukrainien : je le connais bien, j’ai lu plein de livres dans cette langue, mais depuis quelques années elle me donne des boutons. Pour voir, j’ai ressorti un livre pour enfants que j’aimais bien quand j’étais ch’tite... Eh non, ça ne passe pas. Le nazionalisme qui monte depuis quelque temps, lié à l’utilisation de l’ukrainien, me révulse trop c’est plus fort que la nostalgie de l’enfance. Pareil pour la broderie : « вишиванка » est devenu pour moi presque un gros mot. Dans quelle région du sud vous habitez, si ce n’est pas un secret ?


  • Guy19550 Guy19550 10 juillet 01:50

    J’ai été faire un tour sur le site : https://ukr-leaks.com/en/Inform/Home/Index

    Est-ce que quelqu’un sait comment il a pu vivre avec « l’élite » des services secrets ukrainiens de 2014 à 2019 ? 

    Que faisait-il avant 2014 ?

    Comment a t-il vécu les premières années après 2014 ?

    Ce sont des questions que je trouve intéressantes à éplucher car s’il s’agit d’un individu qui a changé de camp, je me pose des questions relatives à la période d’occupation nazie.

    Si cette personne n’acceptait pas les choses telles qu’elles se sont dessinées depuis 2014, comment cela a t-il pu passer inaperçu dans son entourage ?

    Etait-il isolé ou laissé en isolation par les autres qui eux sont restés fidèles aux nazis ?

    Un cas pareil demande de la précaution et un rapport psychologique. 


    • Bernard Grua Bernard Grua 10 juillet 12:28

      Il n’est pas certain qu’il s’agisse d’un retournement de veste. Le SBU entre 2010 et 2014 était largement contrôlé par le FSB. Des taupes ont pu y rester. Malgré tout, je doute de cette hypothèse. Il n’y a rien de fracassant dans les « révélations » et les documents produits. On y lit une politique d’influence classique, un jeu diplomatique normal, quelques éléments de la vie des services secrets et des ragots de bas étages. Il me semble que le bonhomme cherche à se monnayer et à se montrer plus important qu’il ne l’est en réalité. Mais c’est un avis purement personnel.


    • skirlet 10 juillet 13:37

      Les preuves, les sources prouvant ce « contrôle ». Sinon ça s’appelle « copier du plafond ».


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 juillet 14:25

      @Guy19550
      Il travaillait pour la Russie déjà avant de s’y rendre. Les éléments sont dans l’article que j’avais fait l’an passé sur Prozorov : http://www.donbass-insider.com/fr/2019/03/26/ex-agent-du-sbu-revelations-sur-le-mh17-lusage-de-la-torture-etc/


  • Guy19550 Guy19550 11 juillet 02:22

    Je vais lire ou relire cet article avec attention, mais plus tard car la nuit est déjà trop avancée. La réponse du Grua n’est pas déplacée je trouve et correspond bien à ce que je peux craindre. Le mot taupe est important. Je ne dis pas que cela en est une mais cela pourrait être le cas et si c’est le cas, il faut savoir qu’il est très difficile de dépister la vérité de la situation exacte. De là la liste des questions que j’avais mis dans mon commentaire. Je n’accuse personne en faisant cela mais j’insiste sur le fait qu’il faut être très prudent en rapport avec ce genre de situation car cela peut cacher autre chose et ce type de personne peut fort bien avoir un double jeu.


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