lundi 13 janvier - par Christelle Néant

RPL – Un civil blessé et cinq habitations endommagées par les bombardements des FAU

Le 10 janvier 2020, les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ont bombardé la ville de Kirovsk, en République Populaire de Lougansk (RPL) à coup d’artillerie lourde, blessant un civil, et endommageant cinq habitations et plusieurs pièces d’infrastructure.

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Vendredi 10 janvier 2020, à 17 h 50, les FAU ont ouvert le feu depuis leurs positions situées à Gorskoye, sur la ville de Kirovsk, située en RPL, tirant six obus d’artillerie lourde. Au vu de la distance entre la ligne de front et la ville visée, il s’agit clairement un crime de guerre délibéré de la part de l’armée ukrainienne (impossible de faire croire ici à une erreur de tir, un dommage collatéral ou autre excuse bidon).

carte du bombardement de l'armée ukrainienne sur Kirovsk

Initialement, la représentation de la RPL au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC), avait annoncé qu’il s’agissait d’artillerie de 122 mm, mais une fois sur place, ils ont découvert des restes d’obus d’artillerie de 152 mm. L’analyse des fragments retrouvés sur place a permis de déterminer que ces obus ont été tirés par un obusier MSTA-B (obusier tracté de 152 mm).

Ces tirs des FAU contre le territoire de la RPL ont blessé un civil (un homme de 58 ans), et endommagé cinq habitations, ainsi qu’un gazoduc et des lignes électriques, laissant 60 habitations sans courant et sept sans gaz.

Maison endommagée par les tirs des FAU

éclats d'obus d'artillerie de 152 mm

Photos : Lug Media Centre

Maison endommagée par les tirs des FAU

Maison endommagée par les tirs des FAU

Maison endommagée par les tirs des FAU

éclats d'obus d'artillerie de 152 mm

éclats d'obus d'artillerie de 152 mm

Photos : Représentation de la RPL au sein du CCCC

« Cet incident confirme une fois de plus que les déclarations des autorités de Kiev sur leur engagement en faveur du cessez-le-feu ne sont pas vraies  », a souligné le bureau de la représentation de la RPL au sein du CCCC.

Suite à ce bombardement mené par les FAU, le ministre de l’Intérieur de la RPL, Igor Kornet, s’est rendu sur les lieux avec des inspecteurs pour s’entretenir avec les témoins du bombardement contre ce quartier résidentiel purement civil et recueillir leurs déclarations.

«  J’ai 83 ans, j’ai déjà vu deux guerres, et voilà le cadeau qu’ils m’ont envoyé pour la nouvelle année  », a déclaré le propriétaire d’une maison endommagée par les bombardements, Alexandre Plechakov.

« Ce ne sont pas des gens, mais des animaux. Est-il possible de tirer sur des maisons, même en hiver ? Depuis longtemps il faut mener le retrait des troupes partout, arrêter de tirer et s’asseoir à la table [des négociations – NDLR], résoudre les problèmes. Le plus important c’est de ne pas tirer,  » a déclaré le retraité.

Alexandre Plechakov a ajouté qu’en raison des bombardements, de nombreux habitants de la ville ont déménagé et sont partis vivre dans des zones plus sûres en RPL ou en Russie.

« Cela fait longtemps que je suis invité à partir d’ici, et je ne veux pas partir parce que presque tous mes proches sont morts et ont été enterrés ici dans le cimetière,  » a déclaré un autre habitant de Kirovsk.

La femme de l’homme qui a été blessé lors du bombardement a expliqué ce qui s’est passé.

«  Des coups de feu avaient été tirés plus tôt, c’est plus ou moins calme ces derniers temps. Un [projectile – NDLR] a touché la cour, blessé mon mari, détruit la maison, ruiné nos vies, et les enfants souffrent,  » a déclaré Ekaterina Boïko.

Elle a expliqué qu’au moment du bombardement, elle était dans la rue avec son petit-fils, et qu’ils ont survécu par miracle, car les obus ont explosé tout près d’eux.

« Mon mari m’a dit « l’essentiel, couche-toi, laisse-toi tomber ». Mais nous savons déjà comment nous comporter en cas de bombardement, car il y a eu [auparavant – NDLR] des bombardements et la maison voisine a été détruite », a déclaré madame Boïko.

Son mari, Sergueï Boîko, qui a été blessé lors du bombardement des FAU, a déclaré que l’obus tiré par les soldats ukrainiens est tombé à trois mètres de lui, alors qu’il courait pour se cacher dans la cave. L'homme a reçu un choc traumatique dû à l'explosion de l'obus, ainsi que des blessures légères provoquées par les éclats.

Civil blessé par les tirs des FAU

Photo : Lug Media Centre

« Ce sont des bâtards [les soldats ukrainiens – NDLR] : soit ils ne savent pas tirer, soit ils se font plaisir. Ils tirent sur des enfants et des adultes à travers toute la ville,  » a-t-il déclaré.

Monsieur Boïko a déclaré que pendant les vacances du Nouvel An, il avait entendu des bombardements, mais il ne s’attendait pas à ce que les Forces Armées Ukrainiennes bombardent les quartiers résidentiels de la ville de manière aussi cynique.

Voir le reportage (en russe) fait par le service de presse de la milice populaire de la RPL :

 

La milice populaire de la RPL a souligné que la situation sur cette portion du front s’est violemment aggravée après l’arrivée de la 93e brigade des FAU sur les positions situées face à Kirovsk. Cette brigade est connue dans le Donbass depuis longtemps pour ses crimes de guerre.

Suite à la rotation des unités qui se trouvent sur le front, la 93e brigade des FAU s’est installée sur cette portion du front fin 2019. Depuis lors, la situation s’est aggravée et le nombre des bombardements a augmenté.

Ainsi, durant les dernières 24 h, cette même brigade a tiré 40 munitions d’armes légères et de lance-grenades contre le territoire de la RPL.

La 93e brigade des FAU s’est aussi illustrée hier par l’incendie d’une de leurs fortifications, près de Kriakovka. Un des soldats, en état d’ébriété, a tiré une fusée éclairante dans l’abri fortifié, qui a été détruit par l’incendie qui en a résulté. Trois soldats ukrainiens ont été grièvement brûlés lors de cet incident.

Comme on peut le voir les belles paroles de paix de Zelensky, et de ses ministres, montrent toute leur vacuité face aux faits. L’envoi sur le front d’unités connues pour leurs crimes de guerre, et l’absence de toute sanction envers les soldats et les commandants qui mènent ces bombardements criminels contre des civils, montrent que l’Ukraine n’a toujours pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk, ni même de simplement mettre en œuvre le cessez-le-feu pourtant prescrit par ces mêmes accords.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider



9 réactions


  • San Jose 13 janvier 20:05

    La Russie usera-t-elle de son influence pour aider l’Ukraine à se faire rembourser son Boeing abattu en Iran ? 


    • Guy19550 Guy19550 13 janvier 21:08

      @San Jose
      Pourquoi ferait-elle cela ? Du reste l’Iran rejette également la responsabilité sur les terroristes américains. Le Pentagone est même associé à des terroristes et Trump serait poursuivi en justice par les iraniens. Attendons que l’enquête dévoile plus d’informations. Selon une certaine presse, l’avion volait sur le retour vers l’aéroport, sans doute à cause d’un manque d’entretien des ukrainiens. C’est ainsi qu’il a été pris pour cible par un missile iranien, il y avait 10 secondes pour en décider. Si le vol n’était pas dans une trajectoire civile, c’est un peu normal qu’il ait été abattu, surtout que j’ai lu aussi que l’avion ne communiquait pas. Bref, les boites noires devront en dire plus et ce travail ne sera pas fait par les terroristes américains mais par les Français. Bref, tout baigne.


    • San Jose 14 janvier 08:25

      @Guy19550
      .
      citation  : si le vol n’était pas dans une trajectoire civile, c’est un peu normal qu’il ait été abattu, surtout que j’ai lu aussi que l’avion ne communiquait pas. 
      .
      Je comprends. Un avion en détresse par définition peut suivre n’importe quelle trajectoire, dictée par son aérodynamique parfois altérée et par ce qui lui reste de possibilités de manoeuvrer . D’autre part les pilotes manquaient terriblement de sang-froid pour n’avoir pas clairement rendu compte à la radio tandis qu’ils se débattaient avec une urgence vitale et des commandes répondant peut-être mal. Autant de raisons pour l’abattre. Ben oui, quoi. 
      .
      Je resterai donc sur mon monomoteur léger plutôt que passer sur Boeing, et de votre côté évitez de me répondre à l’avenir. Merci Guytou. 


  • JC_Lavau JC_Lavau 13 janvier 20:17

    Voyons, comment dire de façon politically and terroristically correct ?

    Voilà : ces tireurs sont des individuels déséquilibrés

    C’est bon ?


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 janvier 20:25

      @JC_Lavau
      [mode ironie=ON] Nan, pas de point. La vraie excuse bidon pour leur catégorie c’est « ce sont des patriotes qui défendent leur pays contre l’agression russe (imaginaire), et en fait ils ont tiré sur l’armée russe » [mode ironie=OFF]


  • San Jose 13 janvier 20:50

    Nous ne savons toujours pas ce que contenaient en réalité les boîtes de conserve d’hier. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 janvier 21:14

      @San Jose
      Ben écoutez, allez à Kiev, achetez une boîte et envoyez là à un laboratoire et vous nous faites un article de compte rendu. Vous m’excuserez, mais je ne peux le faire moi même étant interdite d’entrée sur le territoire ukrainien.


    • San Jose 13 janvier 23:28

      @Christelle Néant
      .
      C’est que je ne sais si moi-même je pourrai entrer en Ukraine. 
      Je m’y suis rendu par la Pologne en 2005 dans ma 106, ai été arrêté par un barrage militaire cinquante kilomètres avant Tchernobyl, et ai eu des ennuis à la douane en ressortant. 
      J’avais 2000 euros en liquide. Personne ne m’en avait demandé le compte à l’entrée, mais à la sortie on m’a embêté parce que je n’avais paraît-il pas le droit d’en ressortir plus de 800. J’ai fait l’imbécile, avec beaucoup de facilité, et on a fini par me laisser filer non sans m’avoir montré mon nom en cyrillique enregistré sur un écran d’ordinateur. 
      Cet incident joint à notre amitié, voilà qui peut me valoir des difficultés à la frontière. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 janvier 23:43

      @San Jose
      Au vu de ce que vous décrivez, oui en effet y a un risque pour vous aussi, bien que je pense qu’il y a prescription (normalement les interdictions sont édictées pour 3 ou 5 ans).


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