jeudi 7 mai - par Christelle Néant

Seconde Guerre Mondiale – Le lien vivant des événements

La Seconde Guerre mondiale est de plus en plus loin de nous. Chaque année, les témoins de ce grand événement mondial et de la tragédie la plus profonde de l’humanité disparaissent, et avec eux le lien vivant des événements se perd.

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La génération actuelle, privée de la possibilité de communiquer directement avec les témoins de la guerre, reçoit généralement des informations sur celle-ci de sources secondaires et tertiaires, dont beaucoup ne sont pas dépourvues de biais et de distorsions directes.

Par exemple, aujourd’hui, certaines forces dans un certain nombre de pays, y compris celles dont les unités militaires ont combattu aux côtés des agresseurs nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, tentent de dépeindre la Wehrmacht et ses armées alliées comme des victimes inconscientes du régime totalitaire d’Hitler, et de les assimiler aux soldats soviétiques, qui sont également devenus, selon certains interprètes de l’histoire récente, « les otages du système stalinien ». Dans le même temps, des faits évidents et des données publiques montrent le contraire.

Pour les peuples de l’Union soviétique et de l’Armée rouge, la Grande Guerre Patriotique était une question de protection de la mère patrie contre la destruction de l’identité nationale et de l’État. La force d’agression colossale qu’était l’Allemagne nazie, au contraire, était nourrie par l’ouest et dirigée vers l’est de manière ciblée.

Le nazisme allemand a donné à l’Europe une véritable chance de mettre fin une fois pour toutes à son « mal de tête » – un grand pays avec un peuple indiscipliné qui vivait selon ses propres lois et ne voulait pas se soumettre à une puissance étrangère.

Voilà la « vieille dame Europe » partie à l’Est derrière le nouveau conquérant. De façon caractéristique, tous ces gens se sont retrouvés sous les bannières d’Hitler volontairement, et non à cause d’une mobilisation forcée ou d’une dévotion à l’idéologie nazie. Comme les Huns, les nazis allemands ont dirigé tout un assemblage de peuples, transformant l’attaque contre l’Union soviétique en une nouvelle invasion internationale.

Grâce à l’ouverture des archives militaires aujourd’hui, nous pouvons recréer l’image de ce qui s’est passé. Par exemple, on sait que 29 divisions d’infanterie et 16 brigades de 181 divisions ennemies qui ont attaqué l’URSS le 22 juin 1941 n’étaient pas allemandes, mais appartenaient à d’autres États européens.

Les frontières nord de notre pays ont été attaquées par les forces armées finlandaises, en Ukraine les gardes-frontières soviétiques ont d’abord dû repousser l’attaque non pas des troupes allemandes mais des unités militaires de Slovaquie et de Hongrie, au sud l’invasion a été menée par les armées roumaines. Cette assistance a sans aucun doute augmenté les capacités de combat de la Wehrmacht, lui permettant de concentrer ses forces de frappe dans les principales directions.

Dans le courant de la guerre, l’Italie s’est jointe aux opérations militaires contre l’Armée rouge, allouant à cette fin une armée complète avec de nouveaux équipements, ainsi que l’Espagne et la Croatie, qui ont envoyé des divisions de volontaires et de l’aviation sur le front de l’Est.

Quant aux troupes allemandes elles-mêmes (Wehrmacht et unités SS), plus de 1,8 million de personnes provenant d’autres États et nationalités les ont rejointes en bon ordre pendant la guerre. Parmi ceux-ci, 59 divisions, 23 brigades, plusieurs régiments, légions et bataillons distincts ont été formés, dont beaucoup ont été nommés en fonction de leur appartenance territoriale ou nationale : « Wallonie », « Galicie », « Bohême et Moravie », « Wiking », « Danemark », « Gembez », « Langemarck », « Nordland », « Nederland », « Charlemagne » et autres.

Une attention particulière doit être accordée à la composition nationale de la Garde d’Hitler – les troupes SS. L’historien russe M. I. Semiriaga dans son livre « Collaboration. Nature, typologie et manifestations pendant la Seconde Guerre mondiale » donne les données suivantes.

Sur les 38 divisions SS, seules 12 étaient composées d’Allemands, tandis que les autres étaient composées de Néerlandais (40 000), de Hongrois (40 000), d’Ukrainiens (30 000), de Flamands (25 000), de Lettons (25 000), d’Estoniens (12 500), de Français (10 000), d’Italiens (10 000), de Norvégiens (8 000) et autres. Beaucoup de ces unités ont combattu sur le front de l’Est et se sont battues avec acharnement.

Jusqu’à la dernière heure, les légions SS étrangères sont restées fidèles à Hitler. Des documents montrent, par exemple, que la division SS française « Charlemagne » fut parmi les derniers défenseurs du Reichstag et de la Chancellerie du Reich à Berlin.

Le matin du 2 mai 1945, après l’annonce de la reddition de la capitale du IIIe Reich, les 30 derniers combattants de la division Charlemagne sur les 300 qui étaient arrivés à Berlin quittent le bunker de la Chancellerie du Reich, où il ne reste plus personne en vie. Avec les Français, le Reichstag était défendu par des membres SS estoniens.

En outre, des Lituaniens, des Lettons, des Espagnols, des Hongrois et des Néerlandais ont participé à la défense de Berlin, partageant le sort de toute l’armée nazie. Et le sort de ces personnes n’est pas du tout regrettable ! La guerre n’est pas un carnaval, où tout le monde se trompe en portant des masques, et les agresseurs et leurs complices ne sont pas des victimes innocentes de la propagande, inconscientes des conséquences de leurs décisions et de leurs actions.

C’est juste qu’en 1941-1945, l’Europe a été une fois de plus trompée dans ses espoirs. Le système de mobilisation soviétique s’est avéré plus puissant et plus résistant que la machine militaire et économique allemande et que le complexe économique européen qui travaillait à son plein potentiel.

L’art de la guerre et la technologie ont dépassé l’ennemi. La fermeté d’esprit et l’endurance du peuple soviétique n’ont fait que se renforcer face au danger. L’Allemagne nazie elle-même, ses satellites et ses assistants volontaires ont subi une défaite militaire complète et un désastre national. C’est un fait qui, malgré tous les efforts, ne peut pas et ne pourra pas être désavoué par les points de vue « compétents » et la recherche « fondamentale » ultérieurs.

Simon Kostankevitch
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider



10 réactions


  • Yann Esteveny 7 mai 10:22

    Message à Madame Christelle Néant,

     

    Le nazisme et le communisme sont deux systèmes totalitaires.

    En 1940, le communisme Soviétique travaillait depuis vingt années ardemment à la destruction de son peuple, ce qui n’était pas le cas du nazisme depuis son avènement.

    Cette présentation de Simon Kostankevitch sur la Seconde Guerre Mondiale ne sera certainement pas partagée par un Polonais, un Finlandais, un Estoniens, etc...L’année 1945 marque pour certains la fin de la guerre pour d’autres c’est le début d’une occupation.

    L’armée de Vlassov n’est pas évoquée dans le texte, pas plus que la question politique du communisme et de l’anticommunisme. En 1940, le communisme soviétique enterre provisoirement son idéologie pour remettre en avant la Patrie : c’est ce qui lui permet de sauver son régime. Une bonne leçon à tous !

    Le totalitarisme se poursuit dans le présent avec les interdictions historiques. Aujourd’hui en France depuis trente années la loi du communiste Monsieur Gayssot régit les propos qui peuvent être tenues publiquement sur des sujets de la Seconde Guerre mondiale.

    Respectueusement


    • Guy19550 Guy19550 7 mai 11:29

      @Yann Esteveny
      « L’année 1945 marque pour certains la fin de la guerre pour d’autres c’est le début d’une occupation. »
      C’est sans doute vrai car quand c’est terminé, on remet de l’ordre selon ce que les vainqueurs ont réalisé. Je ne pense pas qu’en Europe de l’ouest il y ait eu de grands changements avec cela, mais en Europe de l’est, les choses sont probablement très différentes. Ceci dit, avec la construction européenne, où les boches et les collabos volent les autres, on ne voit plus les choses comme avant et certains préfèrent retrouver leur nation plutôt que celle qui se dessine au sein de l’Europe. On n’est donc pas sorti de l’auberge !


    • JP94 7 mai 16:47

      @Yann Esteveny
      au lieu de vous ridiculiser en vous faisant le valet des falsificateurs de l’histoire qui vous gouvernent le cerveau et le reste, ayez un peu de décence et apprenez de la bouche même de ceux qui ont combattu le fascisme, pas de la bouche des collabos !


    • Christelle Néant Christelle Néant 7 mai 16:59

      @Yann Esteveny
      Simon a connu l’URSS donc il connaît mieux que vous ce qu’était le communisme. En 1940 ca faisait 20 ans que l’URSS se modernisait à vitesse grand V pour rattraper son retard. C’est original comme destruction de son peuple. Le reste de votre commentaire est à l’avenant.


    • JP94 7 mai 17:25

      @Christelle Néant
      je ne peux que confirmer la validité et toute la pertinence de vos propos, connaissant et côtoyant moi-même ici de nombreux Russes et Ukrainiens et même des Géorgiens, qui partagent à 100% les analyses de Simon, et de plus, sont excédés par l’arrogance de ces Occidentaux qui n’ont jamais mis un pied en URSS et jamais partagé la vie des Soviétiques, mais qui se permettent de leur donner des leçons sur eux-mêmes et leur propre pays.


    • Yann Esteveny 7 mai 18:12

      Message à Madame Christelle Néant,

      Vous êtes libre d’imaginer que le communisme soviétique a été une marche vers le progrès pour la Russie et que seuls quelques pauvres fous dissidents souhaitaient perturber. J’ignore qui est Simon Kostankevitch mais si vous estimez que son expertise m’interdit d’évoquer le communisme alors vous illustrerez bien le lien vivant entre le passé et le présent.

      Respectueusement


  • JP94 7 mai 17:18

    Excellent article, qui analyse exactement les enjeux actuels de l’Histoire. ( je ne connais pas Simon Kostankevitch auxquel il est proprement ridicule de vouloir donner des leçons.

    Précisons à certains que tous les Polonais et Estoniens ne sont heureusement pas à l’image des fachos qui les gouvernent. Ceux que je connais, résistants eux-mêmes ( nonagénaires) descendants de grands résistants en France, eux, estiment à juste titre le rôle primordial de l’Armée rouge dans la Victoire contre le nazisme  et de plus, comme le rappelle l’article, que cette guerre était essentiellement tournée à l’est, pour les raisons invoquées.

    C’est une grande honte que d’oser bafouer leur mémoire, qui à prétendre leur reconnaître quelque mérite, mais la Guerre des classes n’est pas fini, et il n’y a que deux clans, pas trois : combattre le communisme , c’est accepter le fascisme, même hypocritement. et il est pour le moins cocasse de nous seriner l’antienne du totalitarisme quand on voit comment les médias sont tenus en laisse ici, et les manuels d’histoire falsificateurs, l’exclusion du pluralisme à l’Université, et précisément les mesures envisagées pour le coronavirus : tout sauf la santé.

    La défaite de l’Ouest, de même que celle de la Pologne et de la Tchéquie étaient programmées : la première semaine après son invasion par les nazis, l’URSS avait plus bombardé l’Allemagne que la GB invaincue ... sur son sol depuis le début de la guerre et les usines d’armement de la Ruhr n’ont jamais été bombardées, ni la Suède empêchée de livrer son minerai indispensable aux usines d’armement du Reich qui n’avait sur son sol pas de minerai de fer ( déjà dans la 1ère GM).

    Demandons à nos zélateurs de la thèse du totalitarisme comment ils expliquent la fascination à l’ouest pour Hitler et Mussolini ( notamment pour Ford et Renault), comment ils expliquent les flux de capitaux américains puis français pour financer le Reich ? et la répression des grèves juste après 1 an et demi de Front Populaire : en toute démocratie naturellement, sauf que les donneurs d’ordres sont les futurs collabos, pas les ouvriers !

    Mais il y avait hier un reportage qui avait trait à un Ukrainien très connu des résistants du Nord : Vasyl Poryk, lieutenant de l’armée rouge qui intégra comme de nombreux Soviétiques, la résistance française ( certains qualifieront cela de totalitarisme et d’occupation, si l’on suit leurs syllogismes).

    En fait le reportage concernait les résistants soviétiques en France.

    il est passé , hier sur une chaîne russe pour lequel j’avais un lien ( ils font des tas d’émissions pour le 75ème anniversaire de la Victoire contre le nazisme (petit rappel à nos tenants du totalitarisme : c’est l’URSS qui a essentiellement triomphé du nazisme ; le totalitarisme n’est pas un concept historique, il a été créé par la maîtresse du nazi Heidegger, après coup, et à ce titre je pense qu’adhérer à un concept créé ad hoc, par une telle personne est pour le moins suspect) 

    voici le lien, mais ça ne donne que la chaîne ( fourni par un Polonais, eh oui !) 

    https://live.russia.tv/channel/3


    par ailleurs, en français et en russe, on peut avoir ceci, pour le 8/9 mai : c’est un film réalisé sur le régiment immortel pour les 75 ans de la Victoire que n’ont pas digérée bien d’autres personnes que les nazis -mais ils ne peuvent pas le dire.

    https://crsc.fr/event/documentaire-nbsp-r-giment-immortel-mouvement-mondial-nbsp-2020/



  • chantecler chantecler 7 mai 17:48

    Bonjour Christelle ,

    Je suis tombé hier sur deux vidéos « d’interdit d’interdire » -histoire de la seconde guerre mondiale- , passionnantes...

    Je me permets de donner le lien de la seconde qui concerne plutôt la guerre à l’est La première est tout autant passionnante .

    Il sera facile à ceux que ça intéresse de la trouver ....

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/74842-jean-lopez-sur-la-seconde-guerre-mondiale-deuxieme-partie

    Cdt.


  • Guy19550 Guy19550 7 mai 18:48

    Je suis perdu avec les commentaires, je l’avoue. Ce qui serait plus intéressant c’est de développer les choses pour éviter la quatrième guerre mondiale (la troisième étant la construction européenne). Comme je ne vois pas avancer les choses de manière favorable, j’espère vivre bientôt au Portugal, les gens y sont plus gentils et plus sociaux. Cependant, j’ai un ami ici qui est plus handicapé que moi et je veux aussi continuer à l’aider, de ce fait ce que je veux faire pour la fin de mes jours est légèrement retardé. @ plus !


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